Archives mensuelles : septembre 2012

Un bon bol de douceur avec Natsume Yuujinchou

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Titre original : 夏目友人帳

Studio : Brain’s base

Réalisateur : Takahiro Omori

Musique : Makoto Yoshimori

Chara design : Akira Takata

4 saison de 13 épisodes chacune :

  • Natsume Yuujinchou (2008)
  • Zoku Natsume yuujinchou (2009)
  • Natsume yuujinchou san (2011)
  • Natsume yuujinchou shi (2012)

  site officiel

Série non licencié en France.

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Synopsis :

Natsume Takashi possède une étrange capacité qui lui permet de voir les yokai et autres esprits habituellement invisibles à l’œil humain. L’histoire commence quand, il casse sans le vouloir la barrière que retenais Madara prisonnier. Celui-ci lui relève l’existence du « livre des amis » que Natsume a hérité de sa grand-mère. Ce livre contient les noms de tous les yokai que Reiko a battu dans le passé, et donne, à son détenteur, le pouvoir de les commander. Natsume décide alors de rentre leur rendre leurs noms. Madara, séduit par la personnalité du jeune Natsume va devenir son garde du corps, en échange de quoi il recevra le « livre des amis » à la mort de Natsume. La vie de Natsume en sera bouleversé.

Mon avis :

Je reste dans l’univers du folklore japonais avec cette deuxième série. Mais ici l’ambiance n’est pas du tout la même, je dirais même qu’en tout point Natsume Yuujinchou s’oppose à Mononoke, dont je vous ai parlé dans ma précédente chronique.

natsume yuujinchou 4

Première différence : la couleur ! Si avec Mononoke on est surpris par la surabondance de couleurs vives, Natsume Yuujinchou nous offre un univers aux couleurs pastel, teintée une légère lumière blanche tel une photo surexposée, qui donnent à l’anime une atmosphère onirique. On semble évoluer comme dans un rêve éveillé. Peut-être est-ce la façon dont Natsume perçoit le monde, après tout, pour quelqu’un qui voit l’invisible, la frontière entre rêve et réalité doit être bien floue.

natsume yuujinchou détail

Outre la couleur, le dessin est également très différent. Avec Natsume Yuujinchou nous avons un chara design beaucoup plus classique et une animation plus fluide. L’ensemble est très agréable. Le trait  fin du dessin accentue l’effet de légèreté que nous laisse la coloration. L’ambiance est calme et paisible. 

Quant au héros, il a connu une vie difficile, la solitude, l’abandon, le rejet… Les personnages de ce type ne sont pas rares dans les anime. Mais ici, Natsume se différencie des personnages au sombre passé par sa personnalité. On aurait pu imaginer un personnage aigri, rongé par la haine et le désir de vengeance. Il n’en est rien ! Natsume reste profondément bon et généreux. C’est un personnage très attachant et son côté un peu trop gentil et naïf est contrebalancé par Nyanko-sensei qui cumule pas mal de vices. Celui-ci apporte à l’anime une touche d’humour non négligeable. Toujours le mot pour rire, la petite remarque sanglante, premier pour une nuit de beuverie, avec son allure de manekineko obèse, il est très drôle.

natsume yuujinchou 3

C’est agréable de le voir évoluer au fil des épisodes et des saison. Il ouvre son cœur, apprends à faire la paix avec lui-même et à se faire des amis, aussi bien dans le « camp » des humains que dans celui des esprits. Et ne vous fiez pas à son allure fragile et efféminé, il est bien plus fort qu’il n’y parait.

Côté action, si certains épisodes sont plus mouvementés, souvent il ne se passe pas grand chose. L’accent est mis sur l’aspect psychologique, aussi bien dans la personnalité et les motivations des yokai, que sur Natsume et ses relations aux autres. L’action passe souvent au deuxième plan. Pourtant on ne s’ennuie jamais. Moi qui est tendance à toujours privilégier les animes cours, j’ai enchaîné les 4 saisons sans avoir le temps de dire « ouf ». C’est simple, une fois la série commencée, je n’arrivais plus à m’arrêter.  Et ça,  ça ne m’était pas arrivé depuis un moment   : )

Un anime idéal pour faire le plein de bon sentiments, sans lourdeur. Mignon, mais pas mièvre. Un bon bol d’air frai et de douceur dans ce monde de brutes ! ça fait du bien, de temps en temps : )

Personnages principaux :

attention spoiler (léger)

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Natsume Takashi : jeune lycéen solitaire et réservé, il est doté d’un pouvoir lui permettant de voir les yokai et autres esprits. Longtemps rejeté à cause de ce don, il s’est renfermé sur lui-même. D’une nature très généreuse, il ne demande pourtant qu’à se faire des amis. Bien que très bien accueilli dans sa nouvelle famille et son nouveau lycée, il a beaucoup de mal à s’ouvrir aux autres, de peur de les décevoir et de souffrir. Peu à peu, il va prendre confiance en lui et lier de nouvelles amitiés, à la fois avec des esprit et des humains.

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Natsume Reiko : grand-mère de Takashi. Celle-ci étant morte très jeune, Takashi ne l’a jamais rencontré. Portant, quand il découvre qu’elle avait le même pouvoir que lui, il va se sentir proche d’elle et va chercher à mieux la connaître. Dans l’anime elle est très présent à travers les souvenirs des yokai à qui elle a prix le nom. En rendant leur nom aux différents yokai du « livre des amis », Natsume peut accéder aux souvenirs de leur rencontre avec Reiko. La personnalité de Reiko est très différente de celle de son petit fils. Isolée à cause de son don, elle en veut à la terre entière. Bagarreuse, elle défie tous les yokai qu’elle croise. Non tant parce qu’elle les déteste, mais parce que c’est la seule façon qu’elle a pour se créer des relations.

pic_natori.pngNatori Suichi : acteur le jour et exorciste la nuit (ou l’inverse), il a, comme Natsume, le pouvoir de voir les yokai. Il les déteste, les détruit ou les exploite. Mais, au contact de Natsume, pour qui il se prend d’affection, il va s’adoucir.

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Tanuma Kaname : lycéen, il partage avec Natsume certaines caractéristique. Doté d’un pouvoir moins puissant, il ne peut pas voir les yokai mais il ressent leur présence ce qui lui cause des problèmes de santé. Solitaire et introverti, il n’est pas très doué pour communiquer avec les autres.

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 Kitamoto Atsushi et Nishimura Satoru : sont deux lycéen enjoués  avec qui Natsume va se lier d’amitié, bien qu’il leur cache tout de ses pouvoirs.

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 Sasada Jun : déléguée de classe, elle se doute du pouvoir de Natsume et n’a de cesse de le harceler pour qu’il lui avoue. Ce sera peine perdue, il s’entête à tous nier. Je la soupçonne d’avoir un faible pour Natsume.

pic_taki.pngTaki Touru : Victime d’une malédiction, elle rencontrera Natsume qui l’aidera à se débarrasser du yokai qui la poursuit.  Descendante d’une ancienne famille de onmyoji, elle a quelques connaissance dans le domaine des esprit. Il deviendrons amis et elle sera la seule avec Tanuma à connaître la vérité sur Natsume et Nyanko-sensei. Elle a un faible pour ce dernier, qu’elle trouve trop mignon o_O

pic_fujiwara.pngFujiwara Touko et Shigero : couple sans enfants, ils ont invité Natsume à faire partie de leur famille. Très gentils, il font tout leur possible pour qu’il se sente enfin chez lui.

Les yokai :

pic nyankoNyanko-sensei (alias Madara) : Puissant yokai contraint de garder la forme de manekineko, il a été battu par Reiko dans le passé. Son nom figure dans le « livre des amis ». Amusé par Natsume, il décide de rester à ses côté pour le protéger. Si au début ce n’est pour lui qu’une façon de tuer l’ennuie, il fini par s’attacher au jeune Natsume, bien qu’il prétende toujours le contraire. Il a un sale caractère, s’emporte facilement, est bagarreur, et aime par dessus tout boire et manger, toujours prêt à se soûler. Dans sa véritable forme il est très puissant et peu facilement se débarrasser des autres yokai. Natsume le surnomme Nyanko-sensei.

natsume yuujinchou yokaiHinoe : yokai ayant l’apparence d’une femme, tombée amoureuse de Reiko dans le passé elle prend Takashi sous son aile. Elle aime se moquer de lui et de Madara.

natsume-yuujinchou-yokai-misuzu.jpgMisuzu : Très puissant yokai qui après avoir voulu récupérer le livre des amis, s’offre comme garde du corps à la place de Madara. Il refusera de récupérer son nom afin de rester au service de Natsume.

Opening 1 :

« Issei no sei » interprété par Kita Shihei

Je l’aime bien celui-là   ^__^

 


Et le manga ?!

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Ben… je l’ai pas encore lu    -_-‘

Mais je peux quand même vous donner les infos de base :

Écrit et dessiné par Yuki Midorikawa à partir de 2005. Le manga est d’abord prépublié dans Lala Deluxe (bimensuel) puis dans Lala (mensuel). Il compte 14 volumes au Japon (toujours en cours) dont 13 sont déjà publié en France par Delcourt, sous le titre Le pacte des Yôkai.

Chose étonnante, il s’agit d’un shôjo. Ben oui, un shojo sans histoire d’amour, ça existe. Ceci explique sans doute pourquoi l’accent est mis sur les relations et la psychologie des personnages et non pas sur l’action. Je vais peut-être bien me mettre au shôjo, moi…    ^_^

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Mononoke, un ovni au royaume de l’anime japonais

mononoke logoTitre original : モノノ怪

Réalisateur : Kenji Nakamura (Tsuritama…)

Chara design : Takashi Hashimoto

Musique : Yasuhara Takanashi (La filles des enfers, Naruto, Fairy Tail…)

Studio : Toei Animation Co., Ltd

année :2007

durée : 12 épisodes de 25 minutes

Cette série est un splin-off de la série Ayakashi : Japanese Classic Horror, reprenant le personnage de l’apothicaire du troisième arcs : Bakeneko

site officiel

Toujours pas licencié en France

Synopsis :

Un apothicaire dont on ne connais pas le nom est doté d’un pouvoir lui permettant de ressentir les mononoke, sorte d’esprit vengeurs. Il possède une épée magique pouvant les neutraliser mais celle-ci ne peut être dégainé que s’il connais la forme, la vérité et la raison du mononoke.

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On suit cet apothicaire dans 5 aventures différentes, sans relations les unes avec les autres :

Zashiki-warashi : une femme enceinte vient chercher refuge dans une auberge où séjourne l’apothicaire, elle se voit attribuer une chambre hantée par un mononoke.

Umibozo : l’apothicaire se trouve sur un bateau avec une femme, un samouraï, un riche marchand, un moine et son disciple. Le bateau va être dévié de sa route et mené dans une partie de la mer sous emprise d’un ayakashi.

Noppora-bô : l’apothicaire se retrouve en prison avec une femme emprisonné pour le meurtre de toute sa famille.

Nue : l’apothicaire se retrouve mêlé à une compétition d’encens où 3 hommes s’affrontent pour gagner la main de dame Ruri, héritière d’une prestigieuse école d’encens.

Bakeneko, cette dernière reprend la trame du troisième et dernier  arc de la série Ayakashi, la transposant dans un décor différent, plus moderne (à vue de nez, je dirais années 20). Ici différents personnages qui participent à l’inauguration d’un train seront emprisonné dans un wagon par un démon chat qui veut se venger.

Mon avis :

Difficile de décrire cet anime. Un OVNI, voilà ce que j’ai tout de suite pensé. Les premières minutes m’ont même laissé assez perplexe. « Mais c’est quoi ce truc? » me suis-je demandé. Faut avouer que le graphisme et l’animation de Mononoke sont très loin de ce à quoi nous sommes habitué dans l’anime japonaise.

Si le chara design est original et étonnant, les paysages et les décors le sont encore plus. Ce qui frappe au premier abord c’est la surabondance de couleurs et de motifs. Puis une animation plutôt minimaliste. Dans certaine scènes des éléments aux couleurs très vives s’insèrent dans un décors plutôt gris, alors qu’ailleurs l’ensemble du décor est hyper chargé.

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Les personnages masculins, en dehors de l’apothicaire au charme inquiétant, sont pour la plupart grotesque et leur mimiques exagérées. Les jeunes femmes sont quant à elle moins caricaturé.

mononoke-detail-2.jpg

Différents types de graphismes se succèdent où se mélangent dans un même plan. Comme ci-dessus, dans un élément du décor : le bouddha peint sur les mur est  très diffèrent du personnages assis à la table, ou entres les personnages comme dans les scènes de la gare des derniers épisodes où les personnages principaux se déplacent dans une foule de mannequins. Quant au dessins noir et blanc représentant le jeune samouraï, il traduit à la perfection l’état dans d’angoisse oppressante ressentie par les personnages dans cette scène. Ce jeu de styles, de matières et de couleurs contribue à faire ressortir les émotions négatives originelle des mononoke auxquels sont confronté les personnages, ainsi que leurs propres peurs et tourments.

mononoke détail 5  mononoke détail 4

Tout au long de l’anime, l’influence des arts traditionnels japonais est palpable, donnant à certaines scène l’aspect d’une estampe, d’une peinture  ou d’une pièce de théâtre. L’inspiration estampe et peinture se retrouve énormément dans les décors notamment sur les mur et portes coulissantes, toujours richement décorés. Du théâtre en retrouve également une certaine ambiance sonore. A noter que l’anime possède une très bonne bande sonore.

Si au premier abord j’ai été déconcerté, j’ai finalement beaucoup aimé cette série. Séduite par son originalité et son ambiance décalé, j’en ai aussi apprécié les histoires. On se laisse facilement prendre au jeu. Seul bémol, la dernière aventure, Bakeneko, ambiantée dans un Japon plus moderne, m’a moins séduite. Le décor est beaucoup plus sombre, on n’y retrouve pas l’aspect hyper coloré, caractéristique de l’anime.

Un vrai petit bijou à déguster. ça change et ça fait plaisir !

Intrigués ? Bon, allez, je vous met une petite vidéo pour vous mettre en appétit  (^_^)

Vous en voulez encore ?
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Allez, comme je suis sympa, voici l’opening de Charlie Kosei (voix) et Ryota Komatsu (accordéon), j’adore ! Je vous met aussi l’ending, mais, moi, je suis pas fan, trop classique, jolie voix, ok, mais… bof. Par contre, je ne sais pas qui chante le ending, si vous savez, envoyez moi un mp, merci 😉
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 Opening :
Ending :

 

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L’homme sans talent

  l-homme-sans-talent.jpgTitre original : 無能の人 (Munō no hito)

Cette bande dessinée de Yoshihara Tsuge, au style sombre rappelant le gekiga, s’inscrit dans un genre de manga particulier, appelé par la critique watakushi manga (私漫画) et traduit en français par bande dessinée du moi, en référence à un style littéraire japonais du début du XX siècle : le watakushi shôsetsu ou shishôsetsu, le roman du moi.

La bande dessinée du moi n’ayant jamais formé un mouvement assumé par les auteurs la pratiquant, sa définition est plutôt floue. Néanmoins, Béatrice Maréchal en donne les caractéristiques principales : récit court, porté par un personnage principal en proie au malaise vis à vis de la société et de lui même. Le personnage est mis en scène dans son quotidien. La bande dessinée du moi s’inspire de l’expérience vécue par l’auteur, pourtant il ne s’agit pas d’une autobiographie puisque l’expérience de l’auteur est mise au service d’un récit fictif.

L’homme sans talent est un recueil de différentes histoires publié par Tsuge dans la revue Comic Baku dans les années 80. C’est une de ces histoires qui donne son titre au recueil.

La version française est publié aux éditions Ego comme X, traduit par Fréderic Bollet (2004). A l’heure actuelle, c’est son seul manga traduit en français.

Résumé :

Sukezô Sukegawa rate tout ce qu’il entreprend. Auteur de bande dessinée, il s’est mis à refuser les commandes car elles ne correspondent pas à ce qu’il veut faire. Il arrête de dessiné. Après avoir rencontré un antiquaire, il s’essaye à la vente de vieux appareil de photo, mais la mode passe et il ne vends plus rien. Il ouvrira un stand de vente de pierre sur les berge de la rivière où il tente de vendre les pierre recueillis dans cette même rivière. Évidemment, il n’en vends pas une. N’a-t-il vraiment pas eu de chance dans sa vie,ou a-t-il mis un soins particulier à la rater ?

    l'homme sans talent planche

Mon avis :

Au premier abord tout m’a paru laid. Le dessin est sombre, déprimant, le personnage apathique, les décors glauques, les détails triviaux… Puis, à la lecture, de toute cette laideur émane une certaine beauté, une certaine poésie.

L’œuvre ne laisse pas indifférent. Moi, elle m’a particulièrement troublé. En refermant l’album, j’étais habité par une certitude plus que angoissante : « l’homme sans talent c’est moi ». Avouez qu’il y a de quoi paniquer ! Je vais finir par vendre des pierres au bord de la rivière ! Remarquez, il y a une rivière pas loin de chez moi, et j’aime ramasser des cailloux, j’ai plus qu’à leur trouver des noms poétiques…

Blagues à part, on ressent vraiment le mal de vivre du héros qui cherche et ne trouve pas sa place dans la société. Toujours à la recherche d’un métier qui pourrait lui convenir, ce ne sont pas les idées qui lui manquent, mais celle-ci sont soit irréalistes, soit finissent par mal tourner. En lisant, je me demandais si le protagoniste est vraiment victime du contexte comme il le laisse à entendre quand il raconte son expérience en tant que vendeur de vieux appareil photo. La mode passée, il se retrouve sans travail. Pourtant, il m’a donné l’impression de quelqu’un qui s’applique à rater sa vie, qui met beaucoup d’énergie dans des idées voué à l’échec dès le départ, tout en laissant passer de bonnes occasions. On le voit par exemple refuser une commande de bande dessinée au nom d’une prétendue intégrité artistique, alors qu’il est dans le besoin. Est-ce la peur de l’échec qui le pousse à l’échec ? Je ne me lancerai pas dans une analyse psychologique du personnage, qui serait hors de ma portée. Cependant, en lisant cet album, je me suis posée pas mal de questions, sur le personnage et l’auteur mais aussi sur moi-même.

Les détails du quotidiens du protagoniste sont si saisissant que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une œuvre autobiographique. C’est là que j’ai appris la particularité de la bande dessinée du moi dont Tsuge est l’un des auteurs emblématiques. En lisant sa biographie ainsi qu’une interview de lui sur le site de Ego comme X j’ai découvert un homme souffrant d’angoisse, dépressif. Cet état dépressif est particulièrement palpable dans les planches de l’homme sans talent.

Au fils de mes recherches, un détail m’a frappé, dans la littérature concernant Tsuge on fait référence au manga Munô no hito sous une autre traduction que celle proposé par l’éditeur Ego comme X : on parle de l’homme inutile et non pas de l’homme sans talent. Cette traduction me semble plus pertinente car le personnage ne semble pas, à mes yeux, dépourvu de talent, mais il est évident que son talent est inutile. Il est incapable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il est incapable de se trouver une place qui lui convienne dans la société. A ce titre, on peut considérer qu’il n’est pas seulement inutile pour lui-même et sa famille, mais surtout pour la société à laquelle il ne parvient pas à s’intégrer. Cette incapacité à trouver sa place est la source de sa souffrance, comme elle est la source de la souffrance de l’auteur et de bon nombre de « personne inutiles » qui se reconnaitront dans le personnage de Sukezô  Sukegawa.

l'homme sans talent planche 2

L’homme sans talent de Tsuge a été adapté au cinéma en 1991 par le réalisateur Naoto Takenaka.

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Pour aller plus loin :

  • Interview de Tsuge Yoshiharu par Hiroshi Yaku, éditeur de la revue Comic Baku, réalisé en 1987, à lire sur le site des éditions Ego comme X : link
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Roujin Z

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OAV (80 min) de Hiroyuki Kitakubo (北久保 弘之), réalisé en 1991 aux Studios APPP. Le scénario est de  Katsuhiro Otomo (大友 克洋), surtout connu pour son manga/film Akira. La musique est de Bun Itakura et le chara-design de Hisashi Eguchi, Art-design Satoshi Kon.

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Disponible en DVD chez Kazé  →  link

Bande annonce :

Synopsis :

Dans un futur proche, la société japonaise se trouve confronté au problème du vieillissement de sa population. A fin de résoudre ce problème, le ministère de la santé propose une solution : un robot capable de prodiguer tous les soins nécessaires, le Z-001. M. Takazawa est contraint de devenir le premier cobaye de cette expérience. Le robot muni d’une intelligence artificielle est capable d’évoluer, l’expérience tourne mal. Haruko l’infirmière qui s’occupait de M. Takazawa comme bénévole veut l’aider à le sortir de là après que le robot ai réussi à lui faire savoir qu’il souffre. Le robot, aidé de jeunes étudiants infirmiers et de vieux hackers tente de soustraire le vieux Takazawa aux griffes du ministère de la santé.

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Mon avis :

Pour les nostalgiques, ambiance cyberpunk années 90 assuré ! Moi je l’ai trouvé un peu vieillot, autant dans son design que dans ses couleurs. Les visages anguleux des personnages m’ont rappelé ceux de Tokyo Godfathers de Satoshi Kon.

Si je n’ai pas trop apprécié l’esthétique de ce film, l’histoire est, elle, très intéressante dans la mesure ou elle touche un sujet sensible : le vieillissement de la population. D’une part ce thème est peu abordé, ce qui en fait de cet OAV une oeuvre originale. Par ailleurs le film permet de se poser des questions sur un problème qui touche désormais tous les pays développés, le nombre de plus en plus important de personnes âgées et la façon dont ceux-ci sont traités. Quels solutions apporter ? Les solutions les plus pratiques, sont-elle les plus humaines ?

Bien que le thème soit très intéressant et plutôt bien traité dans ce film, je déplore un peu le manque d’humour du film. Si je continue ma comparaison avec Tokyo Godfathers, qui traite également un problème sociologique grave : les sans-abris, le film est très drôle et fait passer le message par le rire. Ici, il y a des scènes qui sont censées faire rire, mais moi je ne les ai pas trouvé très amusantes. Par exemple, le personnages du jeune étudiant maladroit, qui se lance dans l’aventure pour séduire la jolie Haruko et qui se fait à chaque fois arrêter, il est plus grotesque que drôle.

Pour conclure je dirais donc que le thème est intéressant, mais que le film ne m’a pas convaincue.

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Light novel (en France)

En regardant mes statistiques hier matin, j’ai vu qu’un (ou une) internaute avait été conduit jusqu’au blog par la recherche suivante « liste de tous les light novel licencié en france ». J’étais surprise. Il est vrai que j’ai cité le terme à plusieurs reprises et que j’en donne la définition dans le lexique. Mais ça s’arrête là.

Pourtant cette recherche a piqué ma curiosité. Moi aussi j’aimerais en savoir plus sur les light novels et, pourquoi pas en lire un ou deux afin de me faire une idée (^-^)

Mais, au fait, un light novel c’est quoi?

Le light novel est un style de roman japonais qui vise un public jeune (ado et/ou jeunes adultes). Il s’agit plus d’un divertissement que de littérature à proprement parler. Les textes plus simples que ceux des romans habituels : prédominance des dialogues, paragraphes et phrases courtes, furigana* donnant la lecture des kanji difficiles… Généralement un light novel ne dépasse pas les 50.000 idéogrammes. Les textes sont accompagnés d’illustrations. L’histoire peut se dérouler sur plusieurs tomes. Avant de paraître en format poche, ils sont généralement pré-publiés dans des revues spécialisées, comme le manga.

n°6Après avoir vu et beaucoup aimé la version animé de No.6, j’ai trouvé le light novel écrit par Atsuko Asano et Momomi Machida traduit en français, aux Éditions du Rocher. Si je ne l’ai toujours pas acheté, c’est que sur les 9 tomes de la série originale, les Éditions du Rocher n’en ont publié que 5. Et j’ai bien peur que les traductions aient été stoppées, puisque le dernier tome est paru en 2009 et depuis… rien. J’ai pas très envie de commencer une série si je ne peux pas en lire la fin ! D’autant plus que c’est justement la fin de l’histoire qui est un peu trop vite bâcle dans l’anime.

Finalement, j’ai décidé de faire quelques recherches sur le net pour savoir quel autres light novels sont licenciés en France. C’est là que je suis tombé sur un petit article qui disait que très peu de light novel sont traduit pour le marché francophone. De plus, l’article déplore la façon dont ceux-ci sont commercialisés citant en mauvais exemple La Mélancolie de Haruhi Suzumiya de Naguru Tanigawa publié chez Hachette jeunesse. L’éditeur a, en effet, supprimé les illustrations originales de Noizi Ito et modifié la couverture.

La caractéristique du light novel, outre un style d’écriture très abordable, c’est justement d’être accompagné d’image. Pourquoi l’éditeur a-t-il fait ce choix ? Pas étonnant que la publication de la série Suzumiya Haruhi a été stoppé dès ce premier tome.

Tout comme l’auteur de l’article, je pense que la cible du light novel c’est avant tout les fan de manga et anime. Quel fan, après avoir flashé sur un anime, n’a pas eu envie de lire la version manga pour y découvrir quelques détails supplémentaires, mieux connaître les personnages ou tout simplement partager un peu plus leur univers. De même, après avoir lu un manga, c’est avec plaisir qu’on se laisse aller à en visionner la version animé. Pourquoi ne pas joindre le light novel à ce media mix, comme ça se fait au Japon, d’ailleurs.  Bien sûr, si le manga et le light novel sont publiés par deux éditeurs différents c’est pas évident à mettre en place.

Je pense néanmoins qu’il serait plus intéressant de mettre l’accent sur la corrélation anime/manga/light novel et pourquoi pas jeu vidéo, figurines, et autres goodies

L’article, qui date de 2010, annonçait l’intention de Glénat de publier des light novel. Ci tôt dit, ci tôt fait. j’ai filé sur le site de l’éditeur. En voilà un éditeur intelligent ! Glénat a ajouté les light novels au catalogue de Glénat manga, regroupé dans la collection Roman.  En 3 clics j’ai pu visionner leur offre, qui, pour l’instant, se compose de 5 séries :

  • D. Gray-man Reverse de Katsura Hoshino et Kaya Kizuki (1 tome, en cours)
  • L’épée de l’empreur de Baku Yumemakura (2 tomes, en cours)
  • Library wars de Hiro Arikawa (3 tomes, en cours)
  • Roman One Piece de Eichiro Oda (1 tome, terminé)
  • The sky crawlers de Mori Hiroshi (2 tomes, en cours)

library-wars.jpg        the-sky-crawlers.jpg       D.-Gray-man.jpg

Si Glénat l’a fait, les autres aussi, non ? Naïve que je suis, bien-sur que non ! Les gens intelligents, finalement ça court pas les rue. Mais non, je suis pas méchante, c’est juste que trouver des light novel en français est un véritable parcours du combattant. Faut être motivé ! Mais je baisse pas les bras, je  poursuis mes recherches sur le net et découvre la série Les 12 Royaumes de Fuyumi Ono et Akihiro Yamada publiée par Milan jeunesse. Je file sur le site de l’éditeur et j’y passe 3 plombes pour… rien !!

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Si les éditions Milan ont le mérite d’avoir publié le light novel au même format que l’original, c’est hors collection. Impossible de savoir s’il y en a d’autres ou pas, à moins de se taper tout le catalogue… et encore. Pour dire les choses poliment : je n’ai pas du tout aimé leur site. C’est finalement en allant sur Amazon que j’ai découvert que Milan avait publié un deuxième light novel : La Chasseuse de bête de Nahoko Uehashi. Après ça, j’ai encore fouillé, mais je n’ai rien trouvé. J’ai fini par jeter l’éponge.

Résultat de l’expérience ? Si vous cherchez des light novels, armez-vous de courage !!

Moi, j’en ai eu assez de chercher, mais si vous connaissez d’autres titres et/ou d’autres éditeurs proposant des light novels traduits en français, laissez un petit com 😉


Edit :

Voici quelques autre light novel publié en français :

  • Blood, la nuit des prédateurs. Momoru Oshii. Panini manga
  • Le chevalier d’Eon. Ubukata Tô. Calmann-Levy
  • Les chroniques d’Arslan . Tanaka Yoshiki. Calmann-Levy
  • Chroniques de la guerre de Lodoss. Mizuno Ryû. calmann-Levy
  • Deth note. Nisio Isin. Kana
  • Dragon ball. Toriyama Akira. Hachette
  • Dragon Brothers. Tanaka Yoshiki. Hachette
  • Fullmetal alchimiste. Inoue Makoto. Fleuve noir
  • Gardien de l’esprit sacré. Uehashi Nahoko. Milan
  • Guin saga. Kaoru Kurimoto. Fleuve noir
  • Love & Destroy. Hamasaki. Tonkam
  • Shaman king. Mitsuhi Hideki. Hachette
  • Trinity Blood. Yoshida Sunao. Hachette
  • Vampire knight. Fujisaki Ayuna. Panini manga
  • Video Girl. Tomita Sukehiro. Tonkam
  • Zetman. Katsura Masakuzu. Tonkam

 

Je ne suis pas sûre que tous les livres cité puissent être considéré comme des light novel, mais comme les éditeurs français ne spécifient jamais s’il s’agit d’un light novel ou d’un autre genre de littérature, il est assez difficile d’être catégorique.

Certains d’entre vous auront reconnu les titres de manga ou animes. Il s’agit parfois de roman adapté en anime/manga, parfois de l’inverse. Certain manga/anime à succès sont novélisé. Soit le light novel reprend l’histoire du manga en détaillant certains passages obscures, soit le roman traite de personnages secondaires ou de nouvelles intrigues originales reprenant les héros du manga.

Si vous connaissez d’autres titres, merci de me les communiquer 🙂


Edit 2 :

Les light-novel critiqué sur Ma petite Médiathèque :


Edit 3 :

Light-novel ~ les éditions françaises


 

Edit 4 :

Envie d’en savoir plus sur le light novel ? articles à lire ailleurs :

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Perdue dans la campagne gâtinaise, j’ai découvert Saint Généroux

En ce moment j’ai envie de nouveauté !

Alors, après avoir inauguré hier la rubrique Manhua, aujourd’hui je me lance dans Balades & Voyages : une petites rubrique qui se propose de vous présenter quelques uns des lieux où j’ai eu le plaisir de me promener, et qui sait, peut-être vous donner des idées de voyage   ^_^

Rien que ça, ben ouai  😉

Et c’est aussi une occasion, pour moi, de partager avec vous, quelques unes de mes photos, non pas que je suis bon photographe, mais j’adore prendre des photos. J’espère qu’elle vous plairons ^-^

Allez, place au premier article : Découverte de Saint Généroux.


C’est à l’occasion d’une visite guidée gratuite organisé dans le cadre des mercredis d’été par T2A que j’ai découvert ce charmant petit bled de la Gâtine profonde.

Hein?! la quoi?!

La Gâtine. Territoire champêtre des Deux-Sèvres. Si vous ne savez pas où sont les Deux-Sèvres, personne ne vous en voudra. Sachez, néanmoins, que le département se situe à l’ouest, entre la Vienne et la Vendée. ça y est, vous y êtes? Bon, au milieu il y a la Gâtine et sa verdoyante nature, ses bocages et … tout en haut, un petit village de 300 habitants perché à flan de colline : Saint Généroux.

Qu’est-ce que je foutais là, pour une visite guidée en cette fin de vacances estivales ? Et bien, c’est justement pour le savoir que j’y suis allée, armée de mon amie Toinette et de Mimi-chan (ma petite dernière, 4 ans). Je n’est pas été déçue.

Le village est vraiment charmant. Le temps semble s’y être arrêté et seul les quelques rares voitures nous rappellent le présent. La visite a commencé par la traversée d’un ravissant pont  roman datant du XII, XIII siècle.

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Avant de se poursuivre sur les berges du Thouet, rivière qui prend sa source à Le Beugnon (en pleine Gâtine ^_^) et qui se jette dans la Loire à Saumur.

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Petit tours rapide du village : vielles pierres et tranquillité…

Et cette porte de hangar qui a attiré mon attention ^-^

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Puis, on est tous monté au cimetière où une anecdote amusant nous attendait. Le guide, qui n’est pas vraiment un guide au sens stricte du terme, mais plutôt un habitant enthousiaste, nous présente le village de façon décontracté. Pas de ton solennel ou de pompeux cours d’histoire, c’est dans la bonne humeur que l’on gravit une des nombreuses petites rues hyper pentues du bourg.

Retour sur la place de l’église. Mimi n’en peu plus d’attendre , depuis le début de la visite elle me tanne : elle veut voir l’église ! Trop tard !! Quand on rentre enfin dans l’église, la faim l’a gagné et plus rien ne pourra détourner son attention de son estomac vide. Faut avouer qu’un enfant de 4 ans est naturellement plus intéressé par son estomac que par les églises pré-romanes, si rares soit-elle dans la région. Et moi, qui aie oublié les « bananes pour les singes », le « fourrage à drôles » !! Je tente, tant bien que mal, de suivre la visite, tout en calmant une bêtes féroce affamé qui tente de me mordre. Elle a vraiment les crocs !! Espèce de vampire !

L’église, donc. Magnifique bâtisse de style pré-roman. Une des plus anciennes églises du Poitou, elle date du X siècle. Bien que remanié au XII et restauré au XIX, l’église est un intéressant témoignage de l’architecture carolingienne.

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L’architecture extérieur de l’église, avec son abside et ses deux absidioles parallèles et juxtaposées, les ornements géométriques et motifs en faux joins de mortier rouge, est vraiment très belle.

L’intérieur, plus modeste, frappe surtout par sa luminosité. Une des originalités de cette église réside dans son mur à claire-voie formé de 3 arcs, surmontés de 3 arcatures formées par  3 petits arcs sur colonnettes chacune. La nef, qui à l’origine se composait d’une salle unique, a été modifié au XII siècle : une double rangée de 3 hautes arcades la séparent aujourd’hui en 3 parties.

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La visite est terminée ! Pour le grand bonheur de Mimi (et de ma cuisse qui commençait à saigner), à la fin de la visite nous avons eu le droit à une petite collation. Le fauve est calmé, nous allons pouvoir reprendre la voiture et retourner vers la civilisation. Finalement, ce fut une après-midi très agréable. Un petit coin de campagne perdue où il fait bon s’arrêter pour une petite pause bucolique.


Liens :

Tourisme Animation en Airvaudais

Tourisme en Gâtine

Églises ouvertes, églises accueillantes 

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Une vie chinoise – tome 1

Cela faisait un moment déjà que je souhaitais créer une nouvelle rubrique dédiée aux manhua, bande-dessinée chinoise. Je vais avoir le plaisir de l’inaugurer aujourd’hui en vous parlant du premier tome d’Une vie chinoise, manhua franco-chinois publié par Kana dans la collection Made in (2009).

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Dessin : Li Kunwu

Scénario : P Ôtié

Résumé :

Une vie chinoise est un récit autobiographique romancé revenant sur la vie de Li Kunwu.

Tome 1 : Le temps du père

L’histoire commence avec la rencontre du Secrétaire Li (25 ans) et de la jeune Xiao Tao (17 ans) dans un petit bourg de la province du Yunnan en octobre 1950. De leur union naîtra, cinq ans plus tard Xiao Li.

Ce premier tome nous raconte l’histoire de la Chine vécue par Xiao Li, de sa naissance, en 1955, jusqu’à la mort du Grand Timonier, Mao, en 1976 alors que le jeune Xiao Li est dans l’armée.

C’est au travers du regard subjectif du héros que nous découvrons les grands  bouleversement que va connaître la société chinoise durant ces deux décennies.

Chapitre 1 : Rouge. Pur.

La petite enfance de Xiao Li se déroule pendant le Grand bond en avant. La Chine veut booster sa production, notamment celle de l’acier. Afin d’atteindre les buts fixés, toute la population est mise à contribution, y compris les petits écoliers. Mais la mauvaise gestion des ressources va provoquer une terrible famine de 1959 à 1961.

Chapitre 2 : Le petit livre rouge.

Xiao Li a 11 ans quand commence La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne (1966). Muni de leur petit livre rouge, dont il ont appris le contenu par cœur, les petits collégiens, trop jeunes pour rejoindre les gardes rouges, vont « jouer » à les imiter et créant leur propres brigades de combat, sillonnant leur quartier à la recherche de tous les vestiges de la Chine « féodale ». Leurs professeurs aussi finirons sur la place lors de la première « assemblée d’autocritique ». C’est dans cette ambiance de chaos général que  Xiao Li passera son adolescence. Grâce au relation de son père il entre en apprentissage chez un peintre : le professeur Zhu.

Chapitre 3 : Armée rouge.

Ce dernier chapitre commence avec l’entrée dans l’armée du jeune Xiao Li en 1972, et se termine par la mort de Mao, le Grand Timonier, dont l’annonce laisse les jeunes soldats dans un état d’hébétude. Que vont-il s devenir, maintenant que Mao est mort ?

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Mon avis :

Voici une oeuvre autobiographique très intéressante qui nous fait vivre l’Histoire au lieu de nous la raconter. A travers le regard du jeune Xiao Li on découvre comment les chinois de l’époque on vécu les grands bouleversement de la Chine Maoïste.

En lisant ce manhua, j’ai repensé aux nouvelles de Bùi Minh Quôc (En un instant, une vie – Bùi Minh Quôc). Bien qu’il ne s’agisse pas du tout du même type de récit, les deux sont ambiantés dans un pays communiste et écrit à la première personne. Les réflexions, les informations que P Ôtié et Li Kunwu nous livrent au fil de ce roman graphique, se rapprochent des réflexions que Bùi Minh Quôc laisse transparaître dans ses nouvelles, tel, par exemple, les effets pervers d’une mauvaise gestion des ressources.

Avec Une vie chinoise j’ai pu en apprendre plus sur cette période de l’histoire chinoise, tout comme les nouvelles de Bùi Minh Quôc m’en ont appris d’avantage sur le Viet Nam communiste. Ce qui renforce l’intérêt de ses deux témoignage, c’est qu’il nous sont livrés par des personne ayant vécu dans le pays. C’est d’autant plus intéressant que le communisme se situe aux antipodes de la société dans laquelle j’ai moi-même grandi. C’est difficile d’appréhender ce que ça implique pour la population quand on se contente de lire un livre d’histoire.

Bien que le scénario d’Une vie chinoise aie été écris par un français, celui-ci à travaillé en étroite collaboration avec le dessinateur Li Kunwu, dont la série romance la vie. Il ne s’agit donc pas d’un regard extérieur venant apporter un jugement sur l’histoire de Chine. Une vie chinoise est le fuit d’échange entre deux auteurs, l’un français, l’autre chinois, qui permet d’offrir à la fois le regard subjectif de celui qui a vécu tous ces bouleversement socio-culturels et une approche permettant au public étranger de comprendre, de mieux appréhender les événement contés.

Le dessin de Li Kunwu est très particulier, plutôt sombre, des trait noirs, langes. Les personnages sont stylisés, cependant l’ensemble est très expressif. Le texte est à la fois agréable et percutant. L’ensemble fait de se manhua, une oeuvre que l’on dévore rapidement et que l’on veut relire à peine terminée, pour s’assurer d’en avoir saisi les moindre détails. Bien que je l’ai découvert en empruntant ce premier tome à la bibliothèque, il rentre dans la catégorie des livre que j’aime posséder pour les relire à l’envie.

Une idée cadeau, peut-être 😉

(oui parce que à ce prix là, il faut prévoir ! Près de 20€ le tome, tout de même. Heureusement la série ne comte que 3 tomes)

Lire un extrait : link

Les auteurs :

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Li Kunwu est l’un des rares artistes de sa génération à avoir pu vivre de la bande-dessinée tout au long de sa carrière. Membre du parti Communiste, il a d’abord travaillé dans la Bande-dessinée de propagande, puis il s’est intéressé aux minorité culturelles de la région du Yunnan. Il est l’administrateur de l’Association des artistes du Yunnan et de l’Institut chinois du dessin de presse. Bien que ce soit un auteur connu et reconnu en Chine, aucun de ces travaux n’est encore traduit en
Français.

P Ôtié scénariste de bande dessiné à ses heures perdues, il s’agit ici de son premier ouvrage BD publié. De son vrai nom Philippe Autier, il a vécu en extrême-orient de nombreuses années. Il est directeur du Bureau de Wuhan de la Mission économique Ubifrance en Chine depuis 2008.


à lire aussi moi avis sur le tome 2 et 3

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