Archives mensuelles : décembre 2012

Katori Shintô Ryû : le ken-jutsu

Le ken-jutsu (剣術) n’est qu’une des nombreuses disciplines étudié dans la Katori Shintô Ryû. Cependant elle est très importante par deux aspects : tout d’abord parce que c’est par elle que commence l’entraînement, puis parce que, comme nous avons dit dans l’introduction, le Karori Shintô Ryû  est une école d’arme crée par et pour les samouraïs, et quel est l’arme de prédilection du samouraï ? son sabre, évidemment. C’est tout tout naturel de commencer son entraînement par cette discipline.

Mais avant d’aller plus loin dans la présentation du ken-jutsu, voyons un peu l’étymologie de ce mot :

Ken-jutsu s’écrit 剣術 

le mot est composé du kanji 剣 (ken) qui signifie sabre 

et 術 (jutsu) qui signifie art, technique.

J’attire ici votre attention sur la différence qu’il y a entre le 術 (jutsu) et le 道 () de kobudô (voir introduction). Le terme jutsu fait référence à une technique, il est utilisé dans de nombreuses désignation de l’art de la guerre. Le dô est une voie, cela dépasse la simple notion de maîtrise de la technique pour y ajouter une dimension beaucoup plus spirituelle, morale et personnelle. Celui qui s’engage dans une voie va y dédier sa vie autant par l’entraînement physique que par le respect des valeurs défendues par cette voie. Ainsi, alors que le ken-jutsu (剣術) fait référence à la techniques du sabres, à l’art de manier le sabre, le kendô (剣道) c’est la voie du sabre. En d’autres termes, le jutsu se réfère à la pratique, aux techniques nécessaires au combat, alors que le se réfère au développement personnel à la fois physique et spirituel.

Le ken-jutsu est donc l’art de manier le sabre. Cependant, afin d’éviter de se blesser ou d’abîmer son précieux sabre, lors des entraînements, on n’utilise pas de katana. Les différents kata sont exécuté avec des armes en bois : le bokken.

Le bokken 木剣

bokken (木剣) sabre de bois aussi appelé bokutô (木刀), cette dernière appellation étant plus courante au Japon ou l’on préfère utiliser le kenji ken (剣) en préfixe comme dans 剣術 (ken-jutsu) et le kenji katana (刀) en suffixe (prononcé alors tô). 木 signifie quant à lui bois.

Le bokken est une arme en bois reprenant les caractéristiques du ken. Utilisé de tout temps pour l’entraînement, et même parfois au combat, il permet d’éviter d’abîmer son ken ou de se blesser durant l’entraînement.

Miyamoto Musashi (宮本 武蔵) est connu pour ses combats au bokken, notamment contre Kojirô Sasaki (佐々木 小次郎), célèbre bretteur de son époque.

Kojiro-Sasaki-et-Miyamoto-Musashi.gif

Traditionnellement fabriqué en chêne blanc ou rouge du japon, la forme du bokken varie selon l’école. Généralement il mesure 105 cm et pèse entre 400 et 500g. Sa forme doit aussi être adapté au pratiquant, les femmes utilisent généralement un bokken plus léger que les homme en raison de la masse musculaire moins puissante. Quoi qu’il en soit, ses caractéristiques (longueur, poids, centre de gravité) doivent être similaires à celle du ken pour permettre un bon entraînement aux techniques de ken-jutsu. Il existe également des écoles qui étudient la pratique du bokken en tant que telle, profitant des ses qualités propres et non comme substitut d’un ken

Source : « Le Bokken ». Dragon n°31

La forme du bokken varie d’une école à l’autre. Le bokken du Katori Shintô Ryû est légèrement plus court (97 cm) et plus épais (entre 520 et 620 g) qu’un bokken classique et n’a pas de garde (tsuba).

bokken-katori.jpg

source de l’image : link

Armé de son bokken, le budoka (pratiquant de budo) va exécuter des kata (enchaînement de mouvements imposé). Car la pratique du Katori Shintô Ryû se fait par l’exécution de kata. Il ‘ny a pas d’échanges libres, ni de compétition. On exécute les kata encore et encore, perfectionnant ses postures, la rapidité du geste, l’équilibre, etc. Plus on avance dans l’apprentissage plus les kata deviennent complexes et subtiles.

Dans l’introduction, nous parlions de l’aspect secret de l’école. Bien que les secrets soient moins précieusement gardé que par le passé, il est toujours cultivé et ce même au niveau de la pratique en dojo. Je m’explique : quand on commence l’apprentissage on nous enseigne un kata que l’on doit reproduire à la lettre. Or ce kata dissimule la véritable
gestuelle, celle qu’il faudrait appliquer en cas de combat. Au fur et à mesure que l’on avance dans son apprentissage, on nous révèle tel ou tel geste dissimulé. Le débutant restant dans l’ignorance. Ce qui fait que finalement, après 3 ou 4 ans de pratique, on découvre encore des détails cachés du premier kata qu’on nous a appris. C’est fascinant, mais cela demande beaucoup de patience.

Les kata s’exécutent à deux. Comme il n’y a pas de compétition, on ne parle pas d’adversaire mais de partenaire. Les deux partenaires vont jouer chacun un rôle différent : celui de l’élève et celui du professeur. Le professeur ouvre le kata par une première attaque puis fait des ouvertures permettant à l’élève de lancer à son tour des attaques.

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Le ken-jutsu se divise en trois sous-disciplines : les techniques au sabre long, les techniques avec deux sabres utilisé simultanément (ryô-tô) et les techniques au petit sabre (小太刀/kodachi).

Dans un prochain article, je vous présenterais les 4 premiers kata de ken-jutsu, nécessaires au passage du premier dan.

それじゃ, また

-_-_-_-_-

petite précision apporté par Step (commentaire sur overblog) : « en fait le bokken katori est fidèle aux dimensions d’un sabre réel contrairement au bokken standard qu’on utilise pour les katas de kendo et en aikido. Le bokken standard n’est pas fait pour reproduire parfaitement le travail au sabre mais pour perfectionner une technique, la position de la lame est plus importante que sa maitrise donc la lame est donc un poil plus long et la poignée un poil plus courte. Dans le katori comme c’est la maitrise du sabre qui l’emporte le bokken est donc plus fidèle à la réalité en terme de dimension et de poids. »

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Une vie chinoise – suite et fin

Cet été je vous avais parlé un manhua franco-chinois qui m’avait enthousiasmé : une vie chinoise. La lecture de la suite m’a bien moins séduite.

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Le dessin est toujours aussi intéressant, mais on s’y habitue. L’histoire prend un tournant mois intéressant. Enfin, non, ce n’est pas que l’histoire soit moins intéressante en soi, c’est plutôt que cela ne rentre pas en résonance avec mon ressenti et ma sensibilité occidentale. Je m’explique : l’auteur est membre du parti communiste chinois, alors je ne m’attendais pas des critiques ouvertes. Mais là, j’avais presque l’impression de lire de la propagande et cela m’a vraiment dérangé. Bien que les auteurs cherchent à rester neutres, il y a un moment où, avec toute la bonne volonté possible on est obligé de prendre position. Et si cette BD retrace la vie de Li Kunwu, elle est bien obligé de nous faire partager son point de vue sur ce qui se passe en Chine durant les périodes cités. Alors que dans le tome 1 il parle de son expérience dans les brigades rouges tout en les critiquant. On n’aura plus vraiment de critique sur les politiques suivantes. Cela ne doit pas être encore à l’ordre du jour en Chine.

Les révoltes étudiantes, les manifs de la place Tian’anmen, le Tibet… autant de sujet qui nous interpellent, nous les occidentaux mais qui ne sont pas importants pour l’auteur, qui prétend que c’est le sentiment que partagent la plupart de ses compatriotes, et je veux bien le croire. Pas important ? Mais alors, qu’est-ce qui est important ? Ce qui compte c’est de rester fidèle au parti ! Un parti qui change de direction comme de chemise ? Oui, mais peu importe ce que le parti veut, il faut vouloir la même chose. À la lecture de la scène où le père, envoyé par le passé dans un camp de rééducation par le parti, et qui, sur son lit de mort, dit à son fils que, quoi qu’il arrive, il doit rester fidèle au parti, je n’ai pas pu m’empêcher de penser le plus grand mal de ce cher monsieur. J’ai eu beau essayer de rester impartiale, de ne pas juger, de me dire qu’il faut respect le point de vue d’une autre culture et blablabla… Il y a des choses qui me dépassent et ce genre de comportement en fait partie. Mais ça ne s’arrête pas là.

Qui a-t-il de plus important encore? le progrès. Et là, moi je bondis ! Alors, le pays prend une direction qui nous mène tous droit dans le mur, basé sur un modèle que l’on sait ne plus être viable, basé sur la surconsomation de matière première dont les reserves commencent déjà à fléchir, la production de bien inutiles, la pollution, l’oppression, des nombreux sacrifices au passage… Mais c’est pas grave, ce qui compte c’est de progrès ! Là encore, j’ai beau me dire qu’il s’agit d’un point de vue d’une culture différente, je ne peux pas adhérer.

À cause, finalement, de cette idéologie distillé à petites dose homéopathique, mais tout de même présente entre les lignes, je n’ai pas du tout adhéré à la suite de cette série. Il y a quelques bons passages, des tas de choses intéressantes, mais cela m’a laissé un goût amère dans la bouche. J’ai d’ailleurs dévoré le premier tome et mis plusieurs mois à lire la suite, et encore quelques mois à me décider à en parler. Parce que en réalité, cela fait déjà plusieurs mois que j’ai lu les tomes 2 et 3 et ce qui m’en reste, c’est que je n’ai pas aimé.

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The Tempest

The tempest

The Tempest

Réalisé par Jlie Taymor

adapté de la pièce éponyme de Shakespeare (1611)

USA – 2010

Disponible en DVD et Blu-ray

Synopsis :

Sur une île déserte vit Prospera avec sa fille Miranda et leur esclave Caliban. Prospera, duchesse de Milan a été condamné à l’exil, trahie par son frère Antonio qui usurpe le pouvoir et fait alliance avec le rois de Naples, Alonso, ennemi juré de Prospera. Celle-ci, puissante magicienne, attend le moment où elle pourra se venger. Le jour où le roi de Naples et son frère se trouvent à bord d’un bateau au large de l’île, Prospera, aidée d’Ariel va mettre son plan de vengeance à exécution.

Bande Annonce :

IFrame

Mon avis :

Une ambiance assez étrange se dégage de ce film où effets spéciaux, musique électro et costumes extravagants se mélanges au texte de Shakespeare. Étrange certes, mais pas désagréable. Les acteurs sont très bons, surtout les deux napolitains (Stefano et Trinculo) naufragés sur l’île. Ils apportent une touche d’humour particulièrement hilarante et so british.

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Dans la pièce de Shekespieare, le personnages principal est un homme, Prospero. Ici, il devient Prospera et c’est pour notre plus grand plaisir puisque Helen Mirren est superbe. Ariel, l’esprit aux ordres de Prospera, n’est pas en reste. Toujours accompagné d’effets spéciaux et d’étranges musiques, il est un régal pour les yeux et les oreilles.

the tempest prospera et ariel

Le film possède peut-êtres quelques lourdeurs, et les puriste n’apprécieront peut-être pas de voir Shakespeare ainsi adapté. Moi, n’ayant jamais lu Shakespeare dans texte, j’ai trouvé ce film plutôt agréables, avec des scènes très drôles, d’autres un peu trop dramatiques et quelques longueurs. Cependant, la photographie est très belle, un vraie plaisir pour les yeux.

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Casting :

Prospera : Helen Mirren

Miranda : Felicity Jones

Ferdinand (fil du rois de Naples) : Reeve Carney

Stefano : Alfred Molina

Trinculo : Russel Brand

Caliban : Djimon Hounsou

Antonio : Chris Cooper

Alonso : David Strathairn

Sebastian (frère du roi) : Alan Cumming

Ariel : Ben Whishaw

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Avec Antonio das mortes, je m’initie au « cinéma novo » brésilien

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Titre original : O Dragão da maldade contra o Santo Gerreiro

Film de  Glauber Rocha, 1969

Prix de la mise en scène au Festival de Canne de 1969

Synopsis :

Dans le Sertão, région aride du sud-est brésilien, Coirana,  un agitateur de foule qui se réclame du mouvement des cangaceiros, inquiète un propriétaire terrien aveugle qui fait venir Antonio das Mortes, un ancian toueur à gages, pour le touer. S’ensuit un buel entre les deux hommes et Antonio das mortes tue Coirana. Après la mort de celui-ci, Antonio das mortes comprends la justesse de son combat et part en guerre contre son ancien employeur qui entre temps à engagé d’autres tueurs pour se débarrasser de lui.

Mon avis :

Le film n’est pas du tout réaliste, les scènes de combat absurdes alternent avec les postures théâtrales. Le film ne semble pas vraiment suivre une suite logique, ni chronologique d’ailleurs. La musique est principalement composé par des chants traditionnels du nordeste brésilien aux voix stridentes et franchement désagréables à entendre. J’avoue que je me suis vraiment forcée en arriver à bout.

En revanche, je trouve que la recherche esthétique de la photographie est très intéressante. Si le décor n’est pas très beau (cela tient du fait que la région ne le soit pas : cailloux et poussière et… cailloux et poussière) certaines scènes bien qu’elle nous laissent un peu surpris par leur manque de réalisme et les poses statiques des acteurs, offrent de très belle photographies. Le jeu d’acteur, fait penser plus au théâtre qu’au cinéma.

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Extrait :

Le Réalisateur :

Glaber-Rocha.jpgGlauber Rocha (1938-1981) est un homme de cinéma aux multiples casquettes : réalisateur, producteur, scénariste, mais aussi acteur, monteur et compositeur. Il a également travaillé comme journaliste pour la critique cinéma.

Son travail en tant que cinéaste s’inscrit dans le mouvement du « cinéma novo ». Ce mouvement cinématographique brésilien est inspiré par le néo-réalisme italien et le cinéma « nouvelle vague » français. Il est contemporain de la « nouvelle vague » portugaise également appelée « cinema novo ». Le mouvement né suite à la faillite de plusieurs entreprises de cinéma dans les années 50.

Mais, au fait, un cangaceiro, c’est quoi ?

Le Cangaço est le non donné à une forme particulière de banditisme du nordeste brésilien, qui sévit du milieu du XIX au début du XX siècle. Le Sertão, cette région brésilienne, est très aride et difficile à cultiver. Les disparité sociales y sont très marqué et la pauvreté est rude. Beaucoup de femme et d’hommes pauvres se révoltent contre les propriétaires terrien pour rejoindre le cangaço et devenir cangaceiros, bandit nomades au style reconnaissable : vêtements et gants en cuir décoré avec ruban coloré et pieces métalliques.

Afin de combattre les cangaceiros, l’état paye des bandes armées qui les pourchassent : les volantes. Ces bandes sont composé de 20 à 60 hommes armées.

Le plus célèbre des Cangaceiros est sans nul conteste Lampião, devenu un héros populaire. Né en 1897, il est tué par la police en 1938.

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Lampião

Sources : wikipédia


 

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Mawaru Penguindrum : du surréalisme au ninportnawak

Je reviens à l’anime avec une série assez particulière qui m’a laissé une impression mitigé : des aspects très intéressants s’y mêlent à du grand n’importe quoi. Mais, avant de vous livrer mon avis sur cette série, petit tour par la fiche technique et le synopsis :

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Titre VO : 輪るピングドラム

Réalisateur : Kunihiko Ikuhara (Sailor Moon)

Studio : Brain’s Base

Année : 2011

Durée : 24 épisodes

Disponible en DVD chez Kazé

Mawaru pinguindrum pomme

Synopsis :

Shoma et Kanba vivent seuls avec leur petite sœur malade. Celle-ci décède mais revient miraculeusement à la vie grâce à une entité qui prend possession de son corps en passant par un ridicule chapeauen forme de pingouin. Sous l’emprise du chapeau, Himari demande à ses frère de récupérer le penguindrum, grâce auquel il pourront définitivement sauver leur sœur. C’est quoi ce penguidrum ? Ben, justement, les deux frères vont devoir le chercher sans savoir ce qu’ils cherchent. Vont suivre une série d’aventure et de rencontrer plus surréalistes les unes que les autres.

Mawaru pinguindrum kanba  Mawaru pinguindrum shoma

Mon avis : 

Le début commence avec une histoire somme toute assez banal : deux frères pour qui leur petite sœur malade est tout, des allusions flirtant avec un amour incestueux, encore ! à croire qu’il n’y a que les petites sœur qui soient b-biiiip ! Excusez-moi je m’égare. Mais c’est un thème très récurrent et avec lequel j’ai beaucoup de mal, surtout quand c’est la cent cinquantième fois qu’on nous ressert le plat…

L’intrigue se complexifie de plus en plus, d’abord avec la résurrection de Himari et l’apparition de 3 pingouins dans le but est… de nous faire rire et puis c’est tout, ils parlent pas , ils ne servent à rien, on ne sais même pas pourquoi ils sont là. Chacun le sien, peut-être un reflet de la personnalité du personnage auquel ils sont associés… Enfin peu importe. D’autres personnages se greffent à l’histoire, tout d’abord Ringo Oginome qui joue un rôle très important, le professeur Keiju Tabuki pour qui Ringo nourri une passion malsaine, Yuri Tokikago la fiancé de Keiju et enfin Masako Natsume qui en a après Kanba mais faut arriver à la fin pour comprendre pourquoi.

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L’histoire se complexifie, les personnages se multiplient et peu à peu on voit la toile du destin qui les lie les uns aux autres. Cela aurais pu être intéressant mais… non, pas vraiment. Le scénario s’emmêle dans des complications superflues. À force de vouloir créer des liens entre les personnages, ça fini par faire perdre son sens au début de l’histoire. Plus on avance moins on comprend, à se demander s’il y a jamais eu quelque chose à comprendre. Le scénario donne l’impression d’être écrit au fur et à mesure sans que l’auteur ne sache trop où il va. L’histoire fini par perdre toute logique, toute plausibilité, pour ne plus faire qu’un beau pastiche très dramatique.

Après avoir lu tout ça, vous devez penser que je n’ai pas aimé. Mais si, sinon je n’aurais pas regardé les 24 épisodes. Ce que j’ai aimé dans l’anime ce n’est pas tant l’histoire, que j’ai laissé au deuxième plan, mais sa réalisation. Le graphisme est très agréable, hyper coloré, très pop. Et puis, il y a plusieurs idées que j’ai trouvé intéressantes et/ou drôles. Tout d’abord la façon dont sont représentées les scènes où nos héros évoluent au milieu de la foule. La foule devient un ensemble de figurine blanches, toutes identiques et indifférenciée, parmi lequel seuls les personnages de l’histoire gardent leur apparence. La foule n’est plus un ensemble d’individualité distincts, mais un individu unique pourvu de plusieurs corps. Cela donne un sentiment de grande solitude, on se sent aussi un peu perdu, un peu comme égaré sur une planète étrangère. Ce procédé me rappelle un certaines scène de Mononoke où on dépersonnalise également la foule pour en faire une masse anonyme.

Mawaru pinguindrum foule

Autre aspect intéressant : la structure des épisodes. On suit l’histoire comme si l’on prenait le métro, à chaque épisode on suit son tracé de gare en gare jusqu’au terminus, un panneau de signalisation numérique nous indique la nature du flash back auquel on va assister, les séquences sont séparé par les portes permettant d’accéder au quai… L’idée est originale et donne du rythme et une cohérence à l’ensemble.

Mais l’idée sans doute la plus amusante, c’est la forme que prennent les délires et fantasmes de Ringo Oginome : entre théâtre de papier et la revue Takarazuka. Dans ces délires la belle Yuri y joue toujours un magnifique rôle alors que Ringo se retrouvé toujours rejeté. C’est une mise en scène toujours très excessive, parodique et très drôle. Si les délire de Ringo prennent cette forme ce n’est pas un hasard puisque Yuri est une célèbre actrice de Takazazuka. On peut d’ailleurs voir aussi quelques extrait des pièces où elle joue et c’est également parodié. J’ai jamais vue une de leur revue mais ça ne fait aucun doute que l’anime en rajoute un paquet sur le kitch.

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Après il y a d’autres détails auquel je n’ai pas vraiment adhéré, comme, par exemple, le processus de « transformation » de Himari qui en fait des tonnes pour rien et se fini par une dégaine vraiment pas terrible, dont le ridicule arrive à faire oublier le sexy. Je n’ai pu m’empêcher de penser au processus de transformation de Sailor Moon qui à l’époque me tapait encore plus sur les nerfs, parce que là, en plus, il y a des méchant qui attendent pour attaquer. Bon ici, Himari peut prendre son temps, elle risque rien, mais bon j’ai pas bien compris l’intérêt si ce n’est la parodie. Mais à la longue c’est un peu lourdingue.

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Pour conclure je dirais qu’il y a de l’idée mais que c’est, à mon goût, pas franchement une réussite. À voir ce que le réalisateur nous proposera ensuite, serai-t-il garder les bonnes idées et l’humour tout en se débarrassant du superflu et des complications inutiles ?

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Le journal de mon père

Ce manga était sur mon étagère depuis des mois. Presque un an. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, je ne me décidais pas à l’ouvrir. Comme si j’attendais le bon moment. Mais, quand est-ce le bon moment ? A force d’attendre, j’en avais presque oublié son existence.

C’est il ya quelques jours, à la suite d’une conversation sur la page Facebook de Ma petite Médiathèque à propos de Taniguchi, que l’envie m’est venue de lire Le journal de mon père, enfin !

Une fois la lecture commencé, je ne l’ai pas regretté. Si je devais avoir un regret, c’est d’avoir tant attendu.

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父の暦, (Chichi no koyomi)le jounal de mon père 2

Jirô Taniguchi (谷口 ジロー)

Shogakukan (1995)

Casterman (2007)

L’histoire :

Yoichi apprend la mort de son père et doit se rendre dans sa ville natale pour la veillé funèbre et les obsèques. N’étant pas retourné au pays natal depuis 15 ans, ce retour va faire resurgir en lui de nombreux souvenir. C’est à la veillé funèbre que, par la bouche de son oncle Daisuké, Yoichi va apprendre à connaître son père pour lequel il éprouvé une grande rancune depuis l’enfance, n’ayant jamais accepté le divorce de ses parents. Il découvrira des trait de caractère de son père qu’il n’avais jamais imaginé.

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Ce que j’en ai pensé :

Pour ce qui est de la forme, je possède une superbe version cartonné. Et même si je préfère, en général lire les manga en sens de lecture original, faut avouer que c’est une belle édition que Casterman nous offre là. Quant au dessin, on reconnais au premier coup d’œil le trait caractéristique du maître, à la fois réaliste et stylisé. Simplifié au point que ses personnages semblent avoir tous un peu la même tête. Ce qui rend peut être l’ensemble un  peu trop impersonnel. D’ailleurs, quand la femme du protagoniste réapparaît au dernier chapitre, alors qu’on ne la voit pas depuis le chapitre 1, je ne l’ai pas reconnu. N’ayant pas retenu son nom, j’ai mis quelques pages à me rendre compte de l’identité de ce personnage qui semblait important.

Le dessin, tout comme l’ambiance me rappellent énormément Quartier lointain, le premier manga de Taniguchi que j’ai lu. Bien que ce dernier aie une dimension fantastique, complètement absente dans le journal de mon père, on y retrouve des thématiques similaires : le retour vers le pays natal et les relation père-fils avec les rancunes et les non-dit qui s’accumulent aux fil du temps.

Si le dessin de Taniguchi très épuré est agréable à l’œil, j’avoue avoir préféré ses dessins plus complexes, plus expressifs de son manga Le sommet des Dieux dont j’aurais aimé vous parler. N’ayant pas encore eu l’opportunité de finir la série, il faudra encore patienter un peu.

Mais revenons au journal de mon père !

le journal de mon père 4Le scénario est particulièrement réussi. Taniguchi a réussi à nous faire passer les émotions et les sentiments qu’éprouve Yoichi après une longue absence, le ressentiments qu’il éprouve pour son père depuis l’enfance, le traumatisme qu’a laissé en lui le divorce de ses parents… Toutes ces émotions, Taniguchi sait nous les raconter. Il sait aussi nous montrer le faussé qui sépare le ressenti d’un enfant et la réalité des adultes qui l’entourent. Peu à peu, en écoutant son oncle lui parler de se père qu’il connaissez si peu, Yoichi se rends compte que le ressentiment qu’il éprouvé pour son père durant toutes ces années, n’était pas justifié. Mais maintenant il est trop tard. Trop tard pour parler à son père, trop tard pour apprendre à le connaître, à le comprendre.

Le contexte est triste : on est à une veillé funèbre, les personnages se remémorent des moments douloureux du passé… Mais ce n’est jamais mélodramatique. Tout est exprimé avec tendresse et retenue. Et le ton est juste. En lisant ce manga j’ai pensé à ma propre histoire, à ma propre relation avec mes parents. Et bien que mon expérience soit très différente de celle vécue par Yoichi, j’ai pu m’identifier dans ses réaction d’enfant têtu et obstiné, dans sa rancune et dans son incompréhension. J’ai trouvé cette histoire très émouvante. Cet album était un cadeau de ma mère. Maintenant que je l’ai lu, j’aimerais lui prêter. J’espère que ça la touchera, comme j’ai été touchée.

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Prix du Jury Œcuménique de la BD (2001)

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Quant d’heure nostalgie avec Pandi

Cette foi, la chronique livre jeunesse ne sera pas dédiée à un livre que je découvre, mais à une oeuvre qui me renvoie en enfance.

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j’ai emprunté un des albums de Pandi à la bibliothèque pour Mimi-chan. Depuis bientôt deux semaine elle me le réclame chaque soir. Et moi, qui généralement déteste le genre de livre enfant simpliste à l’instar de L’âne Trotro, T’chupi, Petit ours brun (alors lui vraiment j’ai jamais pu le piffrer!)… avec Pandi je suis ravie.

Tout d’abourd j’aime beaucoup le dessin, c’est « cro mi’non » comme dirait Mimi-chan. Et puis c’est ma madeleine à moi. Je me souviens avoir possédé plusieurs de ses albums quand j’étais toutes petite. Déjà à l’époque la bouille du petit panda m’avais fait craquer et depuis j’ai un faible pour ces petites bêtes.

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Et finalement, l’histoire n’est pas si simpliste que ça. Contrairement à T’choupi où l’on ne raconte le quotidien d’une journée ordinaire, Pandi fait appel à l’imagination. Et contrairement à Trotro qui ne fait que des bêtise, Pandi invente des jeux amusant et pas stupides, comme par exemple partir à l’aventure dans la maison un jour de pluie en jouant les explorateurs. Le vocabulaire y est aussi plus recherché, tout en ayant des phrases simples. Mimi-chan y a appris des tas de nouveau mots :

« maman, c’est quoi l’aventure? »

« maman, c’est quoi un explorateur? »

« maman, c’est quoi un oasis ? »

« maman, ça veut dire quoi ascension ? »

Cela implique que je passe du temps à essayer de trouver des explications qu’elle puisse comprendre. Comment expliquer ce qu’est l’aventure ? Mais c’est plus stimulant que « à la cantine il y a du poisson pané et des petits pois » ou « T’choupi enlève son manteau ».

Non seulement l’histoire est un chouia plus complexe, plus imaginative, mais en plus on y trouve le deuxième degré : alors que Pandi prétend avoir trouvé un oasis, l’image montre le frigo. L’enfant doit alors comprendre ce qu’est une oasis et pourquoi Pandi prétend que le frigo en est une. Cela stimule son imagination et donne de bonne idée de jeux.

Et moi, je savoure ma madeleine sur le lit de mon enfant (^-^)

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Malheureusement les albums de Pandi ne sont plus commercialisé, mais on peut encore en trouver d’occaz.

Quant à l’auteur, Oda Taro, je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos sur lui, si ce n’est qu’il est italien, de son vrai nom Antonio Lupatelli. Il a travaillé en France sous le pseudonyme Tony Wolf, puis en Italie sous le nom de Oda Taro comme illustrateur pour livres d’enfants.

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Chinaman, BD western bol de riz

C’est le hasard qui m’a fait tomber sur cette BD à la médiathèque, l’idée m’a amusé et je me suis dit, pourquoi pas.

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La première fois que j’ai ouvert le tome 1 j’ai été un peu agressée par l’image, toutes ses couleurs, trop d’informations. Faut dire que je lis plus tellement de BD et me suis si bien adaptée au dessin noir et blanc du manga que je ne savais plus où regarder. Passé cet effet de surprise, mes yeux se sont réhabitués au monde en couleur et j’ai commencé la lecture.

Chen débarque en Amérique avec son ami Chow. Tout deux travaillent comme garde du corps pour un homme de la triade chinoise. Celui-ci dupe Chen pour de l’argent et une alliance avec Hupper, un malhonnête homme blanc. A cause des plans malveillants de son patron, la femme dont Chen était tombé amoureux meurt. Chen décide de se venger et de quitter la communauté chinoise pour vivre en solitaire dans le grand ouest américain. Pas facile quand on est chinois dans un pays fraîchement colonisé par des blanc pétrit de préjugé raciaux.

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Lors de ses voyages, Chen, connu maintenant sous le nom de Chinaman, va faire de belles rencontres qui l’aideront à faire son deuil et aller de l’avant. D’autres rencontres moins heureuses seront également au rendez-vous. Bien qu’il souhaite faire profil bas, Chinaman ne peut s’empêcher de venir en aide aux autres et de se retrouver impliqué dans des histoires parfois bien dangereuses.

Si le dessin ne m’a pas attiré à priori, il est plutôt agréable, réaliste et bien réalisé. C’est surtout le scénario et l’ambientation qui sont l’intérêt de ce titre. Un western à la sauce chinoise c’est pas courant et voir les scène de kung fu alterner avec les grande chevauché dans l’ouest sauvage, brigand et cowboys au grand chapeaux c’est assez amusant. Mais en dehors de ce cadre original, le scénario est bien construit, on suis Chinaman dans son évolution, du grade du corps dévoué à l’homme libre. Il se construit au fil des voyage, des rencontres. Il y a de l’action mais aussi la réflexion du héros sur lui-même et sur le monde qui l’entoure. Et en profite au passage pour dénoncer le racisme, la ségrégation. On nous montre l’importance de la communauté chinoise dans cette Amérique en devenir qui ne se compose pas seulement de « blancs » et de « rouges ». Si Chinaman ressent la nostalgie du pays et des siens, il se fera aussi des amis chez les blancs où tous ne sont pas aveuglés par les préjugés. Une belle aventure, un beau personnage.

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Chinaman

Dessin de TaDuc

Scénario de Le Tendre

Publié d’abord chez Humanoïdes Associés (1997 – 2000), puis chez Dupuis, collection Repérages à partir de 2001.

9 tomes parus

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2 Daniel Lee pour le prix d’1

Lassée par les navets américains, j’ai voulu voir ce qui se faisait ailleurs dans la même catégorie. C’est ainsi que nous avons choisit Dragon Squad, film d’action hong-kongais réalisé par Daniel Lee.

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Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a bien rit tant le scénario et truffé de ces petites incohérences et détail ridicules qui viennent donner une saveur bien particulière à ce genre de films.

Quand on a l’habitude des film de kung fu (un de mes péché mignon) on n’ pas peur des scénes ridicules. Sauf que, en général elle sont pleinement assumée en tant que ridicules. Ici c’est très sérieux. Ce qui rend le film encore plus drôle.

Quand les personnages apparaissent on assiste à de sorte de flash back nous les présentant, on croirait revoir Sailor Moon et ses petites copines se changer (pendant trois plombes) avant de ce décider enfin à attaquer le méchant. Comme dans tous les film d’action, les gentils sont sensé être super fort, tireurs hors paire, mais arrivent à manquer une cible presque immobile à 3 mètres d’eux. Avec un tireur d’élite qui les canardes du haut d’un immeuble, il prennent le temps de se faire des petits coucou. Ou encore, le chef de la police enguele tant qu’il peut son équipe de choc car ils n’ont pas réussi à protéger le prisonnier ; chose étrange, personne ne pense à lui rappeler qu’ils leur à fait suivre une voiture leurre et non pas la camionnette où se situait le dit prisonnier. Ils ont beau être super doués dans leur spécialité, ils vont avoir du mal à protéger un prisonnier qu’on ne leur confie pas ! Voilà le genre de détail qui de toute évidence ne choquent ni le scénariste ni le réalisateur (il me semble que le réalisateur a participé à l’écriture du scénario, c’est sans doute pour ça). Moi, ça me fait mourir de rire. Franchement, quand les héros se prennent une balle, on est presque content, ils ne l’ont pas volé ces andouilles.

Mais tout de même, malgré toutes les gaffes et stupidités du scénario, on ne tombe pas aussi bas que  Unités d’élite. Les scènes de baston ne sont pas trop mal. C’est l’aventage des film d’action asiatique, quelques passes de kung fu et tout de suite ça en jete mieux que les grosses brutes américaines (enfin, y a des brutes américaines qui offrent aussi quelques belle bagarres).

A noter la présence de Sammo Hung. Si vous êtes fan de film de kung fu son nom ne doit pas vous être inconnu. Sauf si comme moi, vous n’avez pas la mémoire des noms, alors je vous met une photo:

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Et maintenant, ça vous dit quelque chose ? Moi je l’aime beaucoup, il a l’art de faire des combat avec les objet les plus improbables. Ici c’est une bouilloire qui y passe 🙂

Avec tout ça, j’en oublie de vous donner le synopsis. Je vais me contenter de vous mettre la bande annonce :

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black maskFort de ce film merdique haut en couleurs, je suis allée faire un tour sur le web et voilà que je tombe sur un autre film de Daniel Lee, dispo sur Youtube, avec rien moins que Jet Li. Alors bon, s’il y a Jet Li, je ne peux que regarder. Il s’agit de Black Mask, une histoire avec des super-hommes crée par l’armé. Fallait pas s’attendre à des merveille avec ce réalisateur. Mais là ! L’un des commentaires sur youtube disait « le pire film de Jet Li », j’ai bien peur qu’il ne soit pas loin de la réalité. Daniel Lee réussi à nous livrer un film aussi nul du point de vu de la scénographie et de celui de la chorégraphie des combat. Dans ce film, tout est sans intérêt. C’est grotesque mais le réalisateur se prend encore très au sérieux.Ou alors faut le prendre au deuxième degré, auquel cas, c’est pas assez drôle.

Décidément avec ce réalisateur, j’ai pas fait bonne pioche.

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Pink Diary, un shôjo français

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais vous parler d’un shôjo. Et pour cette première chronique shôjo je n’ai pas choisi n’importe lequel ! Ce dont je vais parler aujourd’hui c’est d’un shôjo français. Et oui, français.

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Si le mot manga sert simplement à désigner la bande-dessiné au Japon. Par sa particularité, le manga est un style à part entière qui attire de plus en plus d’auteurs dans le monde. Bien sûr nous avons vu l’influence du manga sur le manhwa coréen, dont certains auteurs se contentent d’en copier le style pour répondre à la demande du marché. Mais aujourd’hui, le manga attire également des jeunes auteurs occidentaux. Dans certaines bandes dessinées française on sent la forte l’influence du manga, comme par exemple dans Nanami, ou encore l’immeuble d’en face. Si sur le site de l’éditeur, ce dernier est présenté comme un manga français, je ne partage pas cet avis, cela reste différent. Mais le titre dont je vais parler aujourd’hui est un authentique Manga français. Alors, sans plus attende, entrons dans le vis du sujet.

Résumé :

Kiyoko, lycéenne de 16 ans, ne parle plus à Tommy, un amis d’enfance, depuis 4 ans car il a déçu tous les espoirs qu’elle fondait sur leur relation. Mais voilà que Tommy et sa petite amie vont étudier dans le même lycée que Kiyoko et son frère jumeau. Alors que Tommy rêve de reformer le trio de choc du passé. Kiyoko s’entête, Sashiko devient la victime de harcellement dont seul Keinji, frère de Kiyoko, semble s’apercevoir. Et ce n’est que le début des problèmes ! S’en suivront complications sur complications.

Ce que j’en pense :

Avant tout commentaire je me dois de préciser que le shôjo et moi… c’est pas vraiment le grand amour. Les histoires à l’eau de rose, ne m’attirent pas vraiment, je ne suis pas fleur bleu, pas romantique pour un clou… et par conséquence je n’en lis que très rarement. Disons quand le hasard (ma fille) en pose devant moi, ma curiosité me pousse à les lire. J’en ai donc lu assez peu.
J’ai vu pas mal d’anime type shôjo mais, ça fait longtemps que je m’en abstient, sauf rares exceptions (Natsume Yuujinchou) car franchement les « je t’aime, moi non plus », j’en ai vite marre.

Alors pourquoi parler d’un shôjo ? Pour en dire du mal ? Ben non, justement ! Le titre et la couverture rose avec des petit cœurs me donnerais presque la nausée, mais bon, il était posé juste devant moi. Et puis je savais que l’auteure était française, du coup j’ai pas résisté à la tentation d’y jeter un œil.

numérisation0038Je dois dire que ce premier tome ne m’a pas franchement donné matière à abandonner mes à priori sur le genre. Une héroïne qui fait d’une petite déception amoureuse de l’enfance, la fin du monde… franchement j’ai passé l’âge (à vrai dire, je ne l’ai jamais eu, mais ça c’est une autre histoire…). Mais le dessin m’a plus, très épuré. Sans tous ces surplus typiques du shôjo avec étoiles, bulles, roses et autre fleurs à profusion. Le dessin me ferais d’ailleurs plus penser à un shônen qu’à un shôjo. Plus clair, plus simple, plus dynamique. Puis les petites caricatures des personnages de Jenny sont à croquer. Du coup l’histoire m’a laissé complètement insensible, mais la dynamique de l’ensemble : dessin, cadrage, scénario, ont fait que fini le premier tome j’ai machinalement commencé le deuxième, sans même m’en rendre compte.

Et, en avançant dans la lecture, j’ai commencé à vraiment aimer ce que j’étais en train de lire. L’intrigue devient moins basique, moins niaise aussi. On est plus sur le « petit chagrin d’amour qui est une fin du monde », mais des problèmes de plus en plus graves se greffent sur l’histoire de départ : harcèlement, blessures psychologiques profondes, anorexie, et même tentative de suicide. Du tragique en veux-tu en voilà. Mais bien que le scénario devienne de plus en plus tragique (voire même un peu trop, l’auteur s’acharne sur ses pauvres personnages !) le traitement n’est jamais tragique. Je dirais même que les petits problèmes du départ sont traité de façon plus grave que les gros problèmes qui s’en suivent.

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Il y a un bel effort de traitement psychologique des personnages, même si on peu se demander si tous les tarés de la ville ne se sont pas donné rendez-vous dans le même lycée, tant il y a d’ados à GROS problèmes. Entre la petite Sashiko au lourd passé qui devient victime de harcèlement. Akemi son bourreau, jeune fille tyrannique et dangereuse, d’une cruauté peu vraisemblable, Yuki fidèle bras droit pas très bien dans sa tête non plus (je vous dis pas pourquoi, sinon, il y a plus de suspens ^-^) il y a une belle brochette de personnages déséquilibrés. Finalement, le trio de départ se relève le plus normal, aussi peut-être le plus mur, capable de prendre du recul et de chercher des solutions.

Tout au long de l’histoire les personnages évoluent énormément et si Jenny à un talent, outre celui de nous offrir un joli dessin très agréable à regarder, c’est de nous maintenir en haleine. Le scénario, objectivement et à posteriori ne casse pas vraiment des baraques, mais une fois le nez dedans, on reste scotché et on enchaîne les volumes les uns après les autres, jusqu’au dernier. « Quoi ? Déjà fini? » se dit-on après avoir refermé le huitième et dernier tome.

numérisation0039Alors oui, j’ai aimé un shôjo. Peut-être est-ce justement parce que l’auteure est française qui cela m’a paru plus mature. Enfin, mature n’ai pas vraiment le mot. je dirais moins mièvre, moins fleur bleu. On en est plus au stade du premier baiser (même s’il y en a, c’est un shôjo, tout de même). L’auteure n’hésite pas à aborder des sujet graves tel que l’anorexie, tout un gardant un esprit optimiste de fond.

J’ai trouvé que c’était un bon manga. Pas hyper profond, ni un chef d’oeuvre. Mais franchement un très bon manga qu’on lit avec beaucoup de plaisir. Même si à la fin il n’en reste pas grand chose d’autre que le fait d’avoir passé un bon moment.

Fiche technique :

Auteur : Jenny

Éditeur : Delcourt

Volumes : 8 (terminé)

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