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Mon ami Frédéric

Je ne sais pas ce qui m’a attiré vers ce titre exactement. L’instinct sans doute. Des que je l’ai vu j’ai voulu en savoir plus. Suivant aveuglement les conseils de Blandine et mon instinct, je l’ai acheté sans pousser plus avant mes recherches, dans le but de l’offrir à mon neveux, grand dévoreur de livres. Mais j’étais tellement attiré par ce titre que je n’ai pas résisté à la tentation de le lire avant de lui offrir !

Je vous parlait récemment de ces livres qui vous appellent, et bien Mon ami Frédéric est un de ceux là.

L’histoire :

Le narrateur est un petit allemand né entre les deux guerres. A une semaine d’intervalle est né Frédéric son voisin, un petit allemand juif. Les deux enfants se lient d’amitié. Mais cette amitié sera mise à rude épreuve par leur époque et l’Allemagne nazi.

Le roman est écrit à la première personne, c’est l’enfant qui parle et il nous raconte la montée du nazisme vue pas les yeux d’un enfant, avec les choses qu’il ne comprends pas ou qu’il comprends par instinct mais qu’il ne peut pas expliquer. Le narrateur nous parle du nazisme, de l’antisémitisme mais aussi de ses jeux avec son camarade, de ses sorties en famille, des difficultés à joindre les deux bout de ses parents… A travers les yeux du narrateur on découvre une époque où il ne faisait pas bon vivre mais où les enfants savent rire et jouer, toujours et malgré tout.

J’ai trouvé ce petit roman superbe. Il raconte simplement cette Allemagne des années 30-40, avec un vocabulaire qui permettra au jeune lecteurs de suivre. Le texte est simple mais pas simpliste. Il est simple mais il est beau.

Les deux enfants sont touchants et vrai. Tout est très réaliste. Et si l’histoire qui nous est conté est horrible, l’auteur sait doser la douceur de la vie d’un enfant avec la dureté de l’Histoire qui le dépasse. Il sait raconter l’atrocité avec des mots justes sans tomber dans l’exagération ou dans le pathos. Il sait aussi raconter cette atrocité aux enfants, en douceur pour ne pas trop les choquer mais pour qu’il sachent, qu’il comprenne et, espérons-le, pour qu’il ne commettent pas les mêmes erreurs. Il sait aussi raconter ce qu’était l’Allemagne de l’époque sans manichéisme. Il y a pas d’un côté les bons de l’autre les méchants. Il y a surtout une majorité de gens ordinaires qui savant pas comment s’en sortir, qui font ce qu’il peuvent et qui ne prennent pas forcement les bonnes décisions.

Un très beau roman qui m’a beaucoup touché par son fond mais que j’ai trouvé également agréable dans la forme. S’il s’adresse aux enfants à partir de 10 ans. Moi qui en ai bien plus je me suis régalé.

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