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Noragami – le tome 1

Je vous ai déjà parlé de la série animé, aujourd’hui je vais vous parler du premier tome du manga, sorti en janvier. Merci à Mei-Amadis du blog L’Antre de la louve et aux éditions Pika pour le concours qui m’a permis de remporter ce premier tome. Ah! C’est malin ! Maintenant à cause de vous j’ai une nouvelle série en cours !

Revenons à nous moutons !

L’histoire de départ :

Yato est un petit dieux guerrier, situé tout en bas de la hiérarchie divine nippone qui compte des milliers de dieux. Son rêve : être vénéré par des milliers de disciples. Pour y arriver il est prêt à tout ! Il note son numéro de portable partout : “En cas de problème appelez Yato au xx xx xxx”. Seul certaines personnes, celle qui se trouvent à la frontière entre le monde des morts, le higan, et le monde des vivants, le shigan, sont capable de voir ce numéro.

Armé d’un shinki, attribut divin, il se bas contre les ayakashi, créatures peuplant les angles mort, cet espace entre le shigan et higan, fait d’émotions et de malédictions. Les ayakashi sont partout et cherchent à s’emparer des esprits les plus fragiles pour les faire basculer du mauvais côté.

En tant que divinité guerrier, la seule chose que Yato sache faire c’est se battre. Ses shinki deviennent des armes grâce aux quelles il peut détruire les ayakashi.

Tout irais bien pour ce dieu s’il n’avait pas un sale caractère ! Ses shinki le lâchent les uns après les autres et il en est réduit à accepter de bien basses besognes. C’est en courant après un petit chat qu’il fait la rencontre de Hiyori, une jeune lycéenne très sensible, capable de le percevoir. A partir de là le destin de la jeune fille tout comme celui du dieu le moins populaire du Japon vont basculer. Qui vient en aide à l’autre ?

 

Avec ce premier tome le décor est planté. Nous somme dans le Japon contemporain. Comme souvent le fantastique et le réel se chavauchent. Le monde des dieux et des démons se confond dans celui des humain, qui les côtoient sans les voir. La plupart d’entre eux du moins, car ceux qui sont proche de craquer, prêt à basculer dans l’au-delà, se tenant à la frontière entre la vie et la mort peuvent voir ces créatures spirituelles. C’est ainsi que ceux qui ont besoin d’aide peuvent apercevoir les messages laissé par Yato et l’appeler à l’aide.

Yato est sans doute le meilleur personnage de la série, drôle et disjoncté, ce dieu sdf est à l’antipode de l’image qu’on peut se faire d’un dieu et c’est précisément en ça qu’il est original et que sa prestance fait mouche. Il est attachant et drôle avec son allure de loser. Ce qui ne l’empêche pas d’être sérieux et fort. C’est qu’une arme à la main il a la classe Yato ! Peut-être que le côté loser n’est pas assez accentué, du moins dans sa version papier. J’avais l’impression que cet effet était plus efficace dans l’anime.

Ceci dit l’anime est très proche de ce premier tome, je n’ai noté aucune dissonance ni dans le récit ni dans le caractère des personnages.

La lecture est très agréable. L’univers folklorique est abordé de façon originale et le tout est traité avec une bonne dose d’humour sans pour autant tomber dans la farce ou la parodie. Des sujets très graves y sont abordés comme par exemple le harcèlement à l’école et le suicide.

La façon dont le harcèlement est traité est d’ailleurs intéressante. Tout en mettant l’accent sur la difficulté et la souffrance de la victime, on souligne également sa responsabilité. Se poser en victime n’est-ce pas une façon d’aggraver la situation ? Dit comme ça cela peut paraître simpliste, mais je suis partisan d’un mode de pensée qui nous rend responsable des situations que nous vivons. Mais là je m’égare ! C’est pas un cours de philo, c’est un manga qui trouve un juste équilibre entre humour et sérieux, entre fantastique et réalité.

J’ai pourtant un reproche à faire à ce premier tome : il est peut-être un peu trop lisse, trop bien calibré. C’est bien fait, bien dessiné, bien dosé, humour, action, fantastique et jolies lycéennes… ça sent la recette du “bon manga” à plain né ! Il lui manque une petite touche d’originalité, de folie… ce petit quelque chose qui fait qu’on s’en souviens, que sa nous marque. Là, je n’ai rien senti de tout cela. J’ai juste trouvé que l’idée et les personnages sont sympa et que la recette est bien appliqué. Il faut maintenant que la mangaka se lâche et sorte des sentier battu.

A la lecture du petit bonus en fin de tome on apprends que la mangaka avait l’habitude de travailler avec un scénariste et que c’est son premier titre en solo, ce qui apparemment n’est pas sans stress. C’est peut-être cette peur de ne pas bien faire, ou le fait de ne pas trop savoir comment mener sa barque tout seule qui donne ce résultat : un bon scénario mais trop de retenue. ça me fait penser à un commentaire que quelqu’un avait fait sur un autre manga : on sent que c’est calibré pour l’adaptation en anime. Je sais plus qui avait dit ça, ni dans quel contexte (si le coupable se reconnait, qu’il se dénonce) mais c’est tout à fait ça !

A voir si l’auteur arrive à se lâcher dans les tomes suivants. Et tout cas les ingrédients sont là pour faire une bonne série.

En revanche, la chute du premier tome manque de punch. C’est pas assez percutant pour que l’envie irrépressible de lire la suite nous affecte. Je lirais volontiers la suite, mais je vais pas me précipiter en librairie.