MPM fait sa revue de presse #2

Leur est venue de vous livrer une deuxième fournée d’articles piochés de-ci de-là sur le net ou dans la presse écrite. N’hésitez pas à intervenir et laisser vos impressions et réactions (je veux des commentaires !)

La blogosphère :

Scantrad “je ne t’aime plus, mon amour” :

Je commence ce tour de la blogosphère par un article de Meloku (Nostoblog) : Le scantrad, une solution ou un problème ? (Je vous promets que je n’ai reçu aucun bakchich !) Cet article est intéressant et par bien des aspects je partage son point de vue. J’aurais voulu y réagir  directement, mais sur le moment je ne pouvais pas et… trop d’eau ayant coulé sous le pont j’ai décidé de réagir directement ici.

Si je comprends les arguments de Meloku et je plussoie plusieurs de ses suggestions, je n’ai pas la même vision du scantrad. Si Meloku présente le phénomène comme l’ennemi à abattre, je ne suis pour ma part pas aussi tranchée que lui. Mon avis n’engage que moi et ne s’appuie que sur mon expérience personnelle, je n’ai fait aucune étude comportementale auprès d’autres usages. Par ailleurs ne travaillant ni de près ni de loin dans l’édition, les préoccupations de marche sont bien loin de moi. La seule conséquence que la santé du marché du manga peut avoir sur moi c’est dans l’offre qu’il me propose (ce qui est quand même très important !). Voici donc pour ce qui est du cadre de ma réflexion.

Le scantrad et moi :

Contrairement à ce que semblent avancer de nombreux acteurs du marché du livre, le numérique ne menace aucunement à mes yeux le livre papier. Rien ne peut remplacer la sensation de tenir un livre entre les mains, le caresser, le feuilleter, le sniffer… (appelez-moi fétichiste du livre), ni le scantrad gratuit et illégal, encore moins l’offre numérique payante. Et si je n’ai fait aucune étude comportementale du lecteur manga, j’en ai tout de même parlé autour de moi et tous ceux avec qui j’ai pu échanger partagent cette vision sensuelle du livre. Leur plaisir de lecture entre l’écran et le papier n’est pas le même. Parmi les lecteurs avec qui j’ai échangé certains sont adeptes du numérique (légal ou pas), mais il ne se passerait jamais de livres papier ! Le numérique ne vient pas remplacer, mais compléter leur bibliothèque. Une sélection qualitative s’opère : tel livre je veux le posséder en chair et en os (si j’ose dire), pour tel autre je me contente d’une version numérique. Les livres qu’on aime vraiment on veut les avoir en dur sur son étagère, pas en html quelque part sur le réseau.

Mais je vous parle là du numérique en général. Le scantrad à la particularité d’être gratuit et ILLÉGAL. Si je ne condamne pas cette pratique, je pense que chacun devrait être bien conscient de son caractère illégal. Nombreux doivent être les utilisateurs, surtout parmi les plus jeunes, à ne pas se rendre compte de l’importance de cet aspect essentiel du scantrad. Si je ne travaille pas pour l’édition, je travaille encore moins pour l’inspection des fraudes et je ne vais pas condamner ici le piratage. Mais il faut être bien conscient qu’en lisant du scantrad nous lisons des images volées par des fans à des auteurs qui ne recevront pas un centime pour le travail qu’ils ont fourni. Et Dieu sait que le travail de mangaka n’est pas facile. Si vous aimez le travail d’un auteur, la moindre des choses est de vous acheter ses bouquins pour le remercier (pourquoi pas en version numérique légale si elle existe).

Consciente de cet aspect essentiel du scantrad, je ne l’ai pas pour autant banni complètement de mes habitudes. Cependant, j’ai commencé à y introduire une certaine déontologie que certains jugeront hypocrite, mais qui me permet d’avoir la conscience tranquille (enfin presque). Par exemple, je me fait un devoir de ne jamais lire un scantrad d’un manga disponible en français. Si le manga est disponible chez nous je me conforme à l’une des ces trois possibilités : 1) l’acheter, 2) m’en passer parce que je ne suis pas convaincue, 3) l’emprunter à la bibli ou un ami.

Et si le manga n’est pas disponible en français ? C’est là que mon avis diverge de celui de Meloku. Si je veux absolument lire un auteur en particulier et que celui-ci n’est pas disponible en France, je n’en ai rien à taper de la richesse de l’offre qui cache peut-être un titre dont le style pourrait éventuellement faire penser à ce que je cherche. Il arrive que je veuille lire un manga d’un tel auteur et pas un autre ! Et c’est là que le scantrad devient mon allié, mais pas une fatalité. Je vais prendre quelques exemples concrets :

Prenons le cas d’Est Em. J’ai acheté Tango, son seul manga disponible en France (un yaoi publié par les éditions H, merci à eux !). J’ai beau avoir épluché les catalogues de plusieurs éditeurs, Tango reste le seul manga d’Est Em disponible en France. Ayant eu un coup de cœur pour ce manga et surtout pour la mangaka, je suis allée chercher sur le net ce que l’édition française n’avait pas su m’offrir. Le net lui m’a offert des scantrad gratos grâce auquel j’ai pu explorer l’oeuvre de l’auteur. Suite à cette exploration, j’ai pu découvrir à quel point j’aime cet auteur (sans conteste l’une de mes préférées). Ne posséder aucun de ses autres livres m’a rendue malheureuse. Trouver gratuitement sur le net ne suffit pas à me satisfaire. C’est là que je me suis tournée vers les éditions étrangères (merci a-yin !) et voilà que j’ai fait venir des USA d’autres manga. Est-ce qu’ici le scantrad a ici remplacé l’offre légale ? A-t-elle était un frein à l’achat ? Eh bien non ! Elle en est le moteur. Si je n’avais pas lu des scantrad en anglais, l’idée de m’acheter des éditions américaines ne me serait même pas venue.

Je pourrais dire la même chose sur les manga d’Ono Natsume. Après avoir lu (et acheté) tous ses manga disponibles en français (Ristorante paradiso, Gente, Goyô), j’ai lu plusieurs scantrad de ses yaoi (écris sous le pseudo Basso) avant de me tourner vers l’offre étrangère et m’acheter les seinen parus de l’autre côté de l’Atlantique (La Quinta camera, not simple, Tesoro, Danza). Promis : si vous publiez ses yaoi je les achète tous ! (bon j’y crois pas du tout, mais on peut toujours rêver).

Je ne vais pas faire de mon cas une généralité, mais je voulais faire entendre ma petite voix sur le débat “scantrad ennemi de l’édition” car dans mon cas, le scantrad a été une incitation à la consommation d’offre légale et pas un substitut. Je vais même aller plus loin et vous avouer que sans le scantrad je ne me serais probablement jamais intéressé au manga.

Je ne souhaite pas pour autant promouvoir cette pratique. Je pense que le scantrad doit être utilisé comme un outil de découverte pour ensuite se tourner vers une offre légale qui, faut le dire, est très riche en France. Et qui peut-être complété, au besoin, par les éditions étrangères (tout le monde parle un minimum d’anglais, non?).

Et pour ce qui est du budget, le manga est un hobby comme tous les autres, il demande un minimum d’investissement en temps et en argent. Et pour ceux qui ont un petit porte-monnaie il existe toujours des solutions alternatives (comme nous le rappel fort bien Meloku) : les bibliothèques (de plus en plus fournies en manga) et le marché du livre d’occasion grâce auquel j’ai constitué ma petite collection sans pour autant me ruiner (une grande partie de mes manga je les ai trouvés pour 2/3€ pièce).

Voilà pour ce qui est du scantrad et moi. Maintenant, n’oubliez pas de lire l’article de Meloku si ce n’est pas déjà fait. 🙂

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Akata chez les éditeurs :

A l’occasion du premier anniversaire d’Akata en tant qu’éditeur indépendant, Sweetmadonna (Il était un fois un manga) avait dressé un bilan de leur première année : 2014 : l’année I pour Akata. Le deuxième anniversaire approche, en attendant un nouveau compte rendu je vous invite à relire ce vieil article et à le compléter en faisant un tour chez Gemini (Le Chapelier fou) et lire Mangez des Pommes Bio – Entretien avec Bruno Pham (Akata), très long, mais très intéressant.

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Rain town :

Sur Le dino Bleu vous pouvez (re)découvrir un très joli court métrage : Rain town. C’est beau et poétique.

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C’est à boire qu’il me faut !

Je suis tombé grâce aux joies du repost sur un vieil article de Paul Ozouf (Journal du Japon) consacré au Saké, cet alcool de riz venu du soleil levant : Le saké : à la découverte d’un emblème japonais. Article intéressant, je regrette néanmoins que ça n’apporte pas vraiment d’aide à ceux qui voudraient acheter un petit saké là maintenant toute de suite.

Avez-vous déjà eu l’occasion de boire du saké ? La première fois que j’en ai bu c’était au Brésil, dans un restaurant de sushi a tomber par terre. Le saké nous était servi très chaud dans des petites carafes en terre cuite. Entre lui et moi ce fut l’amour à la première gorgée. J’ai d’ailleurs vidé les carafes de tous mes camarades ^^ j’étais la seule à avoir aimé. Depuis je rêve de reboire cette boisson des dieux et quand j’ai découvert un resto de sushi dans ma ville je me suis empressé de commander un saké que j’ai demandé chaud. On m’a ramené une bouteille en verre légèrement tiédie. J’ai demandé à ce qu’on me chauffe le saké car je le voulais chaud et pas tiède, on m’a ramené la bouteille quelques minutes plus tard toujours aussi tièdes (apparemment il ne connaissent pas la signification du mot chaud dans ce resto) tant pis, je le boirais tiède… Première gorgée… arg ! mais c’est quoi ce truc immonde ! Ce n’était vraiment pas bon :'( maintenant je n’ose plus demander de saké ni en acheter de peur de refaire la même mauvaise expérience. Faudra-t-il que je retourne au Brésil pour reboire un bon saké ?

souvenir du Brésil - Florianopolis
souvenir du Brésil – Florianopolis

 

La presse écrite :

Un magazine sur l’histoire du Japon ? J’ai pas résisté même si j’en ai déjà plein chez moi ^^ en plus il y avait en complément un dvd de Harakiri de Misaki Kobayashi

Un dossier très intéressant sur les droits des homosexuels dans le monde, un magazine qui apporte un autre regard sur l’actualité et le monde.

J’aime bien les Cahier de Science & Vie, c’est toujours très intéressant. Celui de ce mois-ci nous parle de la naissance des ville.

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14 réflexions sur « MPM fait sa revue de presse #2 »

  1. De rien 😉 ! J’ai un peu le même usage que toi des scantrad, mais finalement, je n’en use pas beaucoup: je manque déjà de temps pour lire ce que j’achète T-T .

    1. oh moi c’est pareil. Au début j’ai commencé par lire du scantrad puis à m’acheter des manga. Maintenant le scantrad doit représenter 2% de mes lectures manga sur un an, mais j’en lit toujours. Surtout pour le yaoi parce que ce qui sont chez nous ne correspond pas forcement à ce que j’ai envie de lire à quelques exceptions prés

      1. Outre le temps, j’ai les yeux qui crament devant l’écran. En plus, je suis incapable de me concentrer devant un écran et je finis souvent par faire autre chose, alors que je suis motivée!!! D’ailleurs, je continue à vouloir lire Moto Hagio en scans vu que les chances sont minces ici, et en 2 ans, j’ai dû lire 3 (4?) volumes de Zankoku na kami ga shihai suru O_O pourtant je suis motivée… Il m’arrive aussi de découvrir des mangaka par les scans, visuellement s’entend car l’envie de lire ainsi n’y est pas. Et là aussi, je finis donc par passer à l’achat ;). Quand j’ai vraiment envie d’un manga gratuit (oui parce que je n’ai plus de place…) je vais en médiathèque.

        1. T’as du y croire quand l’anthologie de Moto Hagio est sortie, non ?
          Moi de façon générale je n’aime pas lire à l’écran, liseuse j’ai pas essayé mais, si c’est possible, j’opte pour la version papier. Mais pour les yaoi de Basso, pas trop le choix XD

          1. Oh non quand l’anthologie de Moto Hagio, je croyais surtout que Poe no ichizoku sortirait (disponible en Italie ou en Pologne, rien aux Etats-Unis ou ici… pfff)!!!! J’y croyais vraiment à vrai dire. Mais non, circulez y’a plus rien à voir TT-TT . En fait, j’espérais surtout un glissement vers les titres SF, comme Marginal ou pourquoi pas Barbara Ikai. Depuis, j’ai fini par acheter pas mal de titres traduits en chinois (une véritable galère car Moto Hagio, ça n’a pas l’air d’avoir bien marché là-bas non plus xD donc plus rien en neuf…). Zankoku na kami ga shihai suru, je n’y croyais pas du tout: 17 volumes (les autres séries « longues » de Moto Hagio, ça se joue vers 4-5 volumes pour illustrer un peu, voire 7 pour Mesh mais chaque volume compte peu de pages)… Et aujourd’hui, je n’y crois plus du tout. J’aurais aimé, évidemment! Quand je vois toutes les sorties ici, et rien pour une mangaka comme Moto Hagio, j’avoue que ça me tue. Je croise les doigts pour son dernier titre SF, AWAY, surtout qu’il s’agit d’une adaptation d’une nouvelle qui a connu une traduction chez Picquier (là, tout de suite, je ne trouve pas). C’est pas gagné vu le succès des shôjo SF (The Top Secret en témoigne). Sinon, j’essaie de croire en La Reine Margot également en cours, même si au fond, il ne m’intéresse pas du tout (mais si ça peut refaire parler de Hagio…).

            Quant à basso, je te comprends ^^ . D’ailleurs, Ono comme est em ne sont pas les plus difficiles à lire en scans, et je veux trop un jour lire Kono no tabi wa ou encore Hatarake! Kentauros, contrairement à Moto Hagio (je le sens quand je lis en chinois, c’est tellement pénible, pour moi, les idéogrammes…). J’y ai cru quand est em s’est rendue au TCAF… snif. Et Ono, la grande déception, j’y croyais à fond quand Viz sortait ses one-shot 😮 !!!! Même à Taïwan, à part Goyô (comme aux US donc), Ono n’a pas du tout marché (d’ailleurs, j’achète une série chez un éditeur qui ressemble à une sorte de Panini de chez nous, et je suis sûre qu’elle est abandonnée à UN volume de la fin O_O – même chose avec un autre BL de Ichiko Ima d’ailleurs lol).

            Les liseuses, je n’ai pas testé mais ça a l’air bien. Après, je ne me vois pas acheter une liseuse: j’aime comme toi aller en bibliothèque. De plus, ce que j’aime dans le livre physique, c’est que je peux le lire sans intermédiaire (pas de batteries, pas d’appareil, juste mes yeux et le livre suffisent), je peux le prêter, et surtout, je peux toujours le revendre à quelqu’un. C’est un bien à moi. Avec le dématérialisé, j’ai l’impression de payer juste l’accès à l’œuvre =/ . En plus, on peut avoir tellement de livres sur soi que c’est mission impossible pour une indécise dans mon genre: je ne finirais, je pense, PLUS RIEN. Une date de rendu en bibliothèque me permet de lire des livres sans images mine de rien (chez moi, des romans pas lus et achetés depuis 10 ans… donc la liseuse, je n’en parle même pas). Pour les gens qui bougent beaucoup en revanche, c’est très utile. Surtout que je n’ose même pas imaginer certains déménagements ^^; (et déjà le mien).

          2. « The top secret » faut que je le lise !

            Pour Ono Natsume et Est Em je vérifie régulièrement le catalogue de leur éditeur américain, mais rien ! Sig! Et le lire en jap… ça va pas être possible. Quand j’ai voulu acheter Goyô en librairie le libraire à fait une espèce de grimasse et me sort « ah! Ono Natsume… mouai… c’est un de ses auteurs à qui les éditeurs donnent leur chance mais.. » j’étais dégoûte ! avec toutes les merdes qu’il vendes me tenir un discours pareil sur Ono Natsume. Ok, on peut ne pas aimer mais elle fait pas de la merde, elle ! Bref

            Pour les liseuses c’est sans doute très pratique dans les transports en commun. Moi je me trimbale toujours avec un sac à dos plein de bouquin, c’est lourd ! En revanche pour que la lecture de BD et manga soit vraiment agréable sur un tel support, faut que la mise en page soit étudié pour. La dernière fois que j’ai lu une BD numérique (tout ce qu’il y a de plus légale) j’ai trouvé agaçant de devoir monter/descendre l’image sans arrêt, pourtant j’avais un grand écran. Juste numériser les planches faites pour sortir en livre ce n’est pas satisfaisant.

            Ah! déménagement ne m’en parle pas ! Le dernier m’a valu de regards courroucé et je suis prévenue : pour le prochain je me trimbale les cartons de bouquins toute seule 😀

          3. Je compatis pour tes bouquins lors de ton déménagement >_< .

            Je ne sais pas si tu aimeras The Top Secret, en tout cas c'est très yaoisant et je n'avais pas aimé au tout début pour ça mais les enquêtes me plaisent beaucoup sans parler du dessin de Shimizu. Au moins, aujourd'hui, c'est terminé en France 🙂 . J'aimerais beaucoup lire son dernier one-shot, Deep Water…

            Quant à ton libraire, je crains qu'il ait raison. Ono, Iwaoka sont des auteures ayant un style un peu particulier. Kana les teste, et si ça ne marche pas… voilà. Après, ce qui me tue dans ce fameux "deuxième marché mondial" (comme on aime tant à le répéter…), c'est qu'il n'y a pas la place pour certains auteurs 🙁 .

            Je ne lis pas très vite donc ça va, j'ai juste un ou deux manga dans le sac 🙂 . Pour le moment, le problème de poids ne se pose pas au quotidien!

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