Archives quotidiennes :

top ten tuesday #13

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Rendez-vous hebdomadaire créé par The Broke and the Bookish et repris par  Frogzine. 30Chaque semaine un top ten sur un thème imposé.


Les 10 personnages que vous embarqueriez dans votre équipe en cas d’apocalypse

Je ne sais pas si je vais en trouver 10 mais dès que j’ai lu le thème j’ai pensé à Shiroe de Log Horizon. Il serrait un allié redoutable.

J’embarquerais aussi Idgie de Beignets de tomates vertes pour sa bonne humeur, sa force de caractère et son incroyable débrouillardise. Avec une fille comme ça dans l’équipe l’apocalypse n’a qu’à bien se tenir.

Ensuite j’ai pensé à Chen de Chinaman, faut un homme droit et honnête bon pour la castagne pour défendre l’équipe. Et comme un c’est pas assez je prends aussi Ryô Saeba de Angel Heart, pas sur que « droit » et « honnête » lui conviennent pas pour la castagne il y a pas mieux et au fond il a bon cœur.

Comme vieux sage je choisie Kenzo Okada de Je ne suis pas mort parce qu’un homme capable de survivre seul dans la forêt ça peut être très utile !

Ken de Le chef de Nobunaga pour la cuisine. Faut bien manger ! Et un homme avec autant d’inventivité et d’adaptabilité avec l’expérience des cuisine de guerre ça sera surement utile.

Torakichi de père et fils nous sera très utile aussi avec ses talents d’herboriste quitte à embarque avec nous son fils.

J’embarque également Mikoshiba de Le maître des livres. Quoi un bibliothécaire ? Spécialisé en littérature jeunesse en plus ! Ben quoi, un gars qui s’y connais en littérature jeunesse aura sans doute de tas idées géniales pour s’en sortir et des tas d’histoires à nous raconter pour remonter le moral des troupes.

Et pour la fin le meilleurs : Jésus et Bouddha ! Et ouais, je suis comme ça moi. Je les prends dans Les vacances de Jésus et Bouddha 😉

Avec une équipe comme ça je devrait pas trop mal m’en sortir 🙂

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Gomorra ~by Yomu-chan

Bonjouuuur ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman d’un genre bien particulier : la narrative non-fiction. Objet d’étude de mes cours de littérature, je me suis passionnée pour ce type de lecture. Je vous en donne un premier aperçu avec cette modeste analyse de Gomorra. J’espère avec le temps de vous livrer d’autres chroniques sur cette narrative non-fiction (il faudra peut-être que je fasse un petit billet pour expliquer ce que c’est ^^’)

Info livre :

Gomorra est une oeuvre de Roberto Saviano, auteur italien.  Le livre fut édité pour la première fois en Italie par les éditions Mandadori, puis en France en 2007 par Gallimard (le traducteur est Vincent Raynaud). Le livre, suite à son grand succès a été traduit dans plus de 40 langues.

Je voulais vous dire un mot sur ce titre « Gomorra », qui a priori ne veut rien dire mais qui est en fait lourd de sens. Il s’agit effectivement d’un judicieux mélange de « Camorra » (organisation mafieuse napolitaine) et de « Gomorrhe » (dans la bible : ville détruite par les feux sacrés à cause de ses mauvaises mœurs).  Titre qui prend tout son sens quand on lit l’ouvrage, vous le comprendrait plus bas 😉

Résumé de l’œuvre :

Gomorra est un long reportage sur la camorra, organisation mafieuse napolitaine. En fait sur environ 450 pages l’auteur décrit le système du crime organisé en Italie. Il en dépeint la hiérarchie, et explique explicitement où et comment elle exerce son influence. C’est quelque chose de nouveau, car si on sait tous que la mafia existe et qu’elle représente le crime (la drogue et le meurtre) on n’a pas forcément conscience de l’emprise qu’elle peut avoir sur un pays et les conséquences que cela a sur une population. Ainsi Roberto Saviano entreprend de démêler les fils complexes d’une telle organisation. Il structure son livre en 11 chapitres, chacun axé sur un domaine relatif à la mafia, et c’est comme ça qu’il fait un panorama assez exhaustif de toutes les activités de la camorra.

Il explique logiques et mécanismes, met en évidence les lieux clés des activités criminelles, donne des noms, raconte des anecdotes, et met en lumière la vie infernale des habitants de Naples et ses environs qui subissent ça depuis des décennies.

thèmes abordés :

Ce qui est intéressant avec Gomorra c’est que l’auteur s’attaque à une entité déjà bien connue : La mafia (surtout italienne). Le crime organisé a en effet donné lieu à plein de mythes, tant à travers diverses personnalités (des parrains charismatiques), qu’à travers des récits d’aventures, d’amours, etc… Pourtant ici Roberto Saviano s’acharne à montrer ce qu’il y a derrière cette image médiatique de la mafia (sans la démentir tout autant, car cela reste une part de la vérité). Mais il met surtout en avant les vraies problématiques du milieux. En mettant des coups dans l’image aventureuse et l’idée un peu embellie de la mafia, il montre que leur seule axe c’est le profit, le profit, toujours le profit. Et cela ne passe pas toujours par des domaines très glamour (comme le sont les cartels de la drogues et les complot d’assassinat, qui existe bel et bien mais ne sont pas tout) : par exemple une grande partie des capitaux de la camorra passe à travers les constructions immobilières, ou le traitement des déchets.

A côté de ça, comme je l’ai déjà dit, Saviano met un point d’honneur à traiter les conséquences de la présence d’une telle organisation. Car si les guerres de clans donnent lieu à des assassinats de mafieux par des mafieux, ces derniers ne sont pas les seules victimes. On relève beaucoup d’autres morts, parmi les civils, directement liés à la camorra. Et sans que cela aille toujours jusqu’à la mort, les gens évoluant dans un climat empoisonné par la mafia, vivent un véritable enfer, économique et social.

Genre littéraire :

Indéniablement Gomorra appartient à la narrative non fiction. On parlera souvent de “roman documentaire” pour désigner l’œuvre. Et si l’auteur lui-même s’identifie à Truman Capote initiateur de ce mouvement, il y a quelques point dans ses choix d’auteurs qu’il faut étudier pour comprendre quelle définition Roberto Saviano donne à ce genre de littérature.

Effectivement, Truman Capote fait l’apologie d’un journalisme où l’auteur doit-être invisible. Et pourtant Saviano veut son livre comme un vrai témoignage. Mêlant anecdotes informatives et intimité.

C’est certes un ouvrage d’information, mais auquel il donne plus de profondeur en y ajoutant le vivant et donc les sentiments, les siens surtout puisqu’il en est l’auteur et le narrateur.

Il pense son livre comme le fruit de son combat personnel contre la camorra. Et ce point est intéressant car c’est ce qui donne à l’ouvrage son aspect romanesque. Sans quoi Gomorra ne serait qu’une longue liste de nom, et de structure, et il nous serait difficile de comprendre l’impact réel que cela a dans la vie des gens. Selon moi le choix que fait Saviano de s’intégrer au récit, s’inscrit dans une véritable démarche engagée. Roberto Saviano a une définition du journalisme, en tout cas du roman narrative non fiction, qui diverge un peu de celle de Capote, puisqu’il affirme à plusieurs reprise dans son livre qu’il ne peut faire ce qu’il fait en étant étranger au système qu’il décrit. Il fait la promotion d’un journalisme de terrain et de présence (dans le texte).

Dans un article du Monde on peut lire ces mots de Roberto Saviano : « Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction,  je me suis donc inspiré du genre « nonfiction novel » de Truman Capote. J’ai utilisé la liberté et l’indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d’être une fuite de la réalité, comme elle l’a souvent été pour beaucoup d’écrivains du sud de l’Italie, et devient l’instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable. »

l’écriture, le style :

Gomorra n’est pas un livre facile à lire. Bien qu’il aborde des thèmes très intéressants, qui touchent à la fois notre émotivité et notre conscience de citoyen. Il reste un ouvrage très dense pas très digeste, de mon point de vue.

Bien que Roberto Saviano y intègre des anecdotes intrigantes ou émouvantes, la plus grosse partie du livre est constituée d’informations. On peut avoir des pages entière de noms, de définition d’un système hiérarchique, de l’état économique de tel ou tel domaine ou autres choses pas toujours facile à comprendre du premier coup. L’auteur utilise aussi beaucoup de termes techniques, ou ne cesse de citer des sources. Heureusement des notes sont souvent ajoutées en bas de pages (d’ailleurs des fois ces notes font la moitié de la page). Le texte est aussi bourré de références littéraires et cinématographiques. Pas toujours facile de suivre.

Place et intérêt de l’œuvre dans la production de l’auteur :

Il faut parler et de la place que prend Gomorra pendant son processus d’écriture et après sa publication.

D’abord Roberto Saviano s’implique énormément dans l’écriture de ce livre. Il dédie plusieurs années de sa vie à son enquête. Et s’introduit profondément dans l’univers qu’il cherche à décrire. D’abord il est né au cœur du territoire de la camorra et l’a vu à l’oeuvre durant toute sa jeunesse, et quand sa colère envers l’organisation devient trop forte il décide dans une démarche volontaire d’aller traquer les informations pour en comprendre le fonctionnement et ainsi nous le décrire dans son livre. C’est pourquoi il va travailler sur les chantiers de la camorra, il va travailler sur le port, il va être serveur lors de leurs mariages, etc. Et quand la guerre des clans éclate, il va jusqu’à se munir d’une radio connectée à celles de la police et se rend sur les lieux des meurtres pour voir les victimes de ses yeux.

Parlons ensuite de l’impact qu’à eu le livre une fois publié. Il a été un succès national et international. Suite à ça l’auteur est beaucoup sollicité pour des discours, des rencontres publiques, pour animer des émissions TV, etc… Puis en 2008 Gomorra est adapté au cinéma dans un film qui va représenter l’Italie aux Oscar. Et enfin le livre et son auteur donnent naissance à une série TV, en plusieurs saison (en France diffusées par canal+ ).

Gomorra, en plus d’être un best-seller international (ce qui veut dire qu’il a un véritable impact social), prend aussi une place énorme dans la vie de son propre auteur. Puisque celui-ci est depuis sa parution placé sous protection policière. Ce livre, souvent qualifié de “livre coup de poing” se place comme une provocation faite à la mafia et à son immense pouvoir, faisant ainsi de Roberto Saviano une cible, souvent menacée de mort. L’auteur est donc devenu un symbole de la lutte contre la camorra, et devient une vraie personnalité publique. Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano doit repenser l’organisation de sa vie qu’il ne maîtrise plus vraiment. Effectivement la protection policière impose un rythme de vie particulier et secret, privant l’individu d’une vie sociale “normale”. Depuis maintenant 10 ans, Roberto Saviano a cessé d’être seulement lui, il est maintenant obligé d’exister en tant que “l’auteur de Gomorra” et doit donc supporter toute les responsabilités que cela implique : si ça signifie qu’il est un auteur mondialement connu, et qu’il a symbolisé une avancée dans la lutte anti-mafia, ça fait aussi de lui un homme traqué dont l’existence et les choix ont forcément un impact publique. Il est souvent discrédité; par des hommes qu’on peut facilement soupçonné d’être en lien avec la mafia, notamment Berlusconi. Il a d’ailleurs aussi été accusé de plagiat, ayant réutilisé des articles de journalistes dans son livre.

Roberto Saviano lui-même avoue dans plusieurs interview et dans certains articles qu’il regrette avoir écrit Gomorra, pas pour ce qu’il représente mais pour l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de ses proches.

Si l’auteur parle de regrets, il semble tout de même apprécier travailler son image médiatique. Je dis ça en pensant aux innombrables photos de lieu où il adopte presque toujours une pose d’individu torturés et mystérieux. XD

 

Mais toute l’ampleur que prend le phénomène Gomorra dans la vie de son auteur nous fait nous poser une question intéressante sur la narrative non fiction : ce ne sont pas seulement des livres, mais aussi le fruits de recherches, et d’existence de véritable individus. Et quels place leur donne-t-on, à la fois dans leur livre et dans la réalité après la publication de ce dernier ?

avis perso :

Comme dis plus haut j’ai eu du mal à le lire, sombrant souvent en crise aiguë de sieste après une dizaine de page. Mais cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire j’ai aimé aborder ces sujets importants.  Si il est un peu long à décoller, le livre sait manier un certain équilibre entre info pure et dure et sensibilisation. Ce n’est pas un véritable récit (dans le sens où ça ne suit pas une chronologie particulière, pas de développement autour de personnages principaux, pas de suspens) mais un bon outils de compréhension du système, qui arrive tout de même à utiliser certains code du roman pour le rendre accessible et agréable parfois.

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