Pas à pas, à l’écoute du silence

Couverture Pas à pas, à l'écoute du silence

C’est étrange, je n’arrive pas à écrire sur cette bande dessinée. Voici un mois que je l’ai lu et un mois que je veux en parler, mais je ne trouve pas les mots. Chaque fois je reste bloquée sur la page blanche. J’ai tout d’abord pensé que je devais me laisser le temps de digérer la lecture, mais là il faut que je me lance où le souvenir de mes premières impressions va s’estomper.

La première chose qui m’a marqué dans cet album c’est sa couverture, sobre, poétique et intrigante. Elle a su me donner envie de découvrir ce récit. Puis vint le feuilletage, et l’impression fut toute autre. Mon premier ressenti face au dessin était négatif. Je n’aimaient pas trop le style, mais surtout ce qui me dérangeait c’était le manque de différenciation dans les visages, tout le monde à la même tête et un simple coup œil ne permet pas savoir si on a à faire à un vieux ou à un jeune, une femme où un homme. Cela me troublait et j’allais et venais entre les page avec l’obsession d’identifier le sexe de l’un de personnages sans me poser pour lire. Très vite j’ai compris que je n’abordais pas du tout la bd de la bonne manière. Pas à pas n’est pas un album qui se feuillette. Il faut y entrer par la grande porte, faire les présentation et petit à petit s’y sentir comme chez soi.

J’ai donc appuyé sur le bouton restart de ma lecture et suis revenu à la première page. J’ai commencé à lire…

Un auteur de BD en mal d’inspiration loue une petite maison de campagne en Bretagne pour fuir sa trop grand popularité qui semble bloquer sa créativité. Là, lors d’une soirée, il rencontre une femme qui l’intrigue. Elle joue les stars avec ses lunettes noir. Du moins c’est la première impression qu’il en a. En réalité elle est aveugle depuis un terrible accident survenu quelques années plutôt. Au fil des rencontres une relation intime se lien entre l’auteur en mal d’inspiration et cette femme en pleine reconstruction de soi. Leur échanges se construisent autour d’une troisième rencontre, celle avec Chu Ta, un peintre chinois du XVII siècle.

pas à pas à l'écoute du silence

Alors que mon impression au feuilletage était assez négative, en me plongeant vraiment dans la lecture, mon sentiment était tout autre. Les premières pages ne me parlaient pas, le personnage est peu attachant. Puis la rencontre s’opère, entre Pierre et Lucie, entre Pierre et Chu Ta, mais aussi et surtout entre le récit et le lecteur.

J’en oubliais mes premières impressions sur le dessin pour me laisser séduire par le cadrage qui ne donne pas une vue d’ensemble mais un ensemble de détails : des lèvres, une mains sur le bol chaud de thé, un livre posé sur la table… Cet ensemble de détails donne, je trouve, un aspect très sensuel au récit.

J’ai été très touché par cet album mais je ne serais pas vraiment dire pourquoi. Il se dégage de cette histoire une intimité et une poésie qui m’a touché en plein cœur sans que je sache exprimer clairement ce qui m’a touché. Peut-être cette façon de regarder le détail, l’instant présent. Il y a quelque chose de très zen dans ce récit, que l’on retrouve parfaitement dans l’esprit de la couverture.

Une très belle surprise qui, comme dit-on, m’a sorti de ma zone de confort.


Pas à pas, à l'écoute du silence - Couverture (cliquer pour agrandir l'image)Pas à pas à l’écoute du Silence

Tanguy Dohollau

Des ronds dans l’O éditions

collection roman graphiques

2017

sur le site de l’éditeur

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4 réflexions au sujet de « Pas à pas, à l’écoute du silence »

  1. Après t’avoir entendue sur cet album, je te lis. Tu m’intrigues davantage encore… tu sais qu’il est dans ma PAL, il va falloir que je l’en sorte 😉

    1. j’espère qu’il te plaira 🙂
      J’ai reçu ton mail juste après avoir fini ma chronique, dommage pour la lecture commune. Ce sera pour une prochaine fois avec grand plaisir.
      Hâte de lire tes impressions

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