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Voyageur malgré lui ~ by Yomu-chan

Bonjour ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre qu’il m’a été donné à lire dans le cadre de mes cours de littérature, qui portent en ce moment sur « la quête et l’enquête ». Après avoir rendu ma fiche de lecture à mon professeur j’ai l’autorisation de vous la publier ici, ne soyez donc pas étonnée par la forme très scolaire de cet article 🙂

Je vais donc vous parler de Voyageur malgré lui, un roman de Minh Tran Huy, publié aux éditions Flammarion.

Résumé de l’œuvre :

Au détour d’une promenade new-yorkaise Line apprend l’existence d’Albert Dadas, le premier cas recensé de dromomanie. Il s’agit d’une pathologie qui pousse les malades à partir en voyage, abandonnant malgré eux famille et emploi. Line va alors se prendre de passion pour cet homme, et de cet intérêt va naître une réflexion sur le voyage en lui-même, sur le fait de laisser son chez-soi et de partir à la découverte d’un autre monde. Elle s’interroge sur les différentes raisons qui poussent les gens à partir de chez eux, et cette réflexion la mènera a étudier le parcours de différent individus, Albert Dadas d’abord, Samia Yusuf Omar ensuite, et puis de sa propre famille vietnamienne maltraitée par la guerre.

Biographie de l’auteur:

Minh Tran Huy est une auteur française d’origine vietnamienne . Elle est diplômée de lettres, elle fut journaliste, d’abord comme rédactrice en chef adjoint du Magazine Littéraire, puis comme chroniqueuse pour des émissions littéraires. Elle publie son premier roman en 2007 : La princesse et le Pêcheur, et son deuxième, La double d’Anna Song, en 2009, ce dernier fut récompensé par plusieurs prix dont le prix Pelléas, le prix des lecteurs du Salon Livres et Musiques de Deauville, et le prix Drouot. Elle abandonne finalement sa carrière de journaliste pour devenir directrice de collection pour les éditions Flammarion. Elle est aujourd’hui l’auteur de huit romans.

Voyageur malgré lui prend une place très importante dans l’œuvre et la vie de l’auteur puisqu’il pourrait presque s’agir de son autobiographie. Effectivement si le thème principal de cet ouvrage est le voyage, l’abandon de sa terre natale, Voyageur malgré lui se penche beaucoup sur l’Histoire du Vietnam et le déracinement de nombreuse familles issues de ce pays. Ainsi quand l’on connaît les origines de l’auteur, mises en évidence sur la quatrième de couverture avec une photographie la représentant et un commentaire de l’éditeur sur sa nationalité, on peut tout à fait entamer la lecture de ce roman comme étant les confidences personnelles de l’écrivaine.

Minh Tran Huy aime à mettre en scène le pays de ses parents dans ses écrits, on retrouve notamment cela dans La double vie d’Anna Song.

Bibliographie sélective de l’auteur :

La Princesse et le prêcheur, Actes Sud, 2007.

Le Lac né en une nuit et autres légendes du Vietnam, Actes Sud, 2008.

La double vie d’Anna Song, Actes Sud, 2009.

Comment la mer devient salée, Actes Sud junior, 2011.

Minh Tran Huy

Thèmes abordés :

Vous l’aurez compris le thème principal de ce roman c’est le voyage. Mais pas le voyage touristique, il s’agit plutôt de ceux qui n’ont pas eu le choix de voyager, ou qui ont dû s’appuyer sur le voyage pour construire leurs vies. Le titre est explicite. Ici l’auteur a voulu analyser cette forme de départ : un départ souvent forcé, incontrôlable qui a des répercussions non négligeables sur l’existence des individus. Ainsi Albert Dadas est malade et ses périples lui ont valu la perte d’une épouse, Samia placera tout ses espoirs de vie et de survie sur ses départs, et les oncles et tantes de Line auront beaucoup à perdre également…

Albert Dadas dessiné par son médecin

Cette notion de voyage se mue peu à peu en exil quand le personnage finit par ne s’intéresser qu’aux membres de sa famille vietnamienne tourmentée par les guerres et les départs. Minh Tran Huy se penche ainsi sur la nécessité salvatrice de l’ailleurs, mais la douleur de ceux qui restent trop longtemps loin de chez eux. Cette notion d’exil est un vaste sujet. Il a, en effet, fait couler beaucoup d’encre. L’expatriation engendre des sentiments paradoxaux ; le soulagement et la frustration, le renouveau et la nostalgie, le succès et la défaite. Ce sont ces émotions que l’auteur tente de coucher sur papier, des notions à la fois très personnelles et à la fois tristement universelles. Ainsi le travail de l’écrivain est de réussir à rendre tout cela vivant pour purger la peine de nombreux individus ; je pense que Minh Tran Huy y parvient plutôt bien, et qu’un lecteur ayant vécu cet exil saura se reconnaître dans les mots de Voyageur malgré lui.

Dans son questionnement sur le voyage l’auteur initie une réflexion sur les frontières. Elle s’interroge sur les évolutions de ces dernières, sur leur pertinence, leur justesse et l’impact parfois terrible et effrayant, tout puissant, qu’elles peuvent avoir sur la vie des gens. « Je dispose des moyens de transport modernes qui ont manqué à Albert et des libertés dont Hoai et Samia ont été privées. Bénéficie du droit d’aller et venir à ma guise simplement parce que je possède les papiers adéquats, obtenus sans rien faire d’autre que de naître au bon endroit, au bon moment […] Cette liberté que j’ai longtemps considérée comme allant de soi m’a été accordée de manière ni plus ni moins arbitraire qu’elle a été refusée à ces femmes : il n’y a guère qu’une feuille de papier qui nous sépare ».

Autre thème abordé par l’auteur : le lien entre espoir et désespoir. On l’a vu plus haut Minh Tran Huy pose son écriture sur une fine alternance entre sentiments opposés et paradoxaux. Ce qui ressort de ce jeu c’est le terrible balancement des individus entre l’espoir d’un avenir neuf et meilleurs, en sécurité, l’espoir d’un retour serein et réconfortant et le désespoir d’un non-retour déchirant, le désespoir d’un voyage qui n’arrive pas. Même dans les solutions on arrive à trouver des éléments de tristesse, et l’Homme doit composer avec cela.

Si il y a un mouvement qui anime le livre c’est bien la quête identitaire que mène le personnage à travers son père. Effectivement on ressent dès les prémices du roman un attachement particulier entre cette fille et son père, un lien un peu étrange puisqu’on nous décrit une relation très intime, presque fusionnelle, «[…] je pense que mon père et moi ne formons qu’une seule et même entité. […] Je crois que mon père ressent tout ce que je ressens, qu’il a vécu les mêmes choses, éprouvé les mêmes besoins, les mêmes désirs, les mêmes colères – je suis une extension de lui et lui de moi », mais à la fois une relation basée sur le silence et le non-dit, « Il ne fallait pas compter sur lui, en revanche, pour tenir une conversation. Il semblait tomber d’une autre planète à chaque fois que je lui parlais ». Ainsi cette relation apparaît parfois comme un peu trop idéalisée, et l’admiration envers le père peut peut-être même mettre mal à l’aise. Et pourtant c’est en cherchant à mieux connaître ce père avar de paroles, en cherchant à reconstituer le passé de sa famille, en cherchant à comprendre les traumatismes de celle-ci, que Line va construire son identité. Revendiquant son héritage elle comprend et prend enfin conscience, comme un soulagement, de l’impact que le passé a sur son présent, et comment le refus des mots et de l’évocation des souvenirs peut enfermer les gens. C’est ce travail de libération de la mémoire qui lui permet d’asseoir son identité. Ainsi le travail de Minh Tran Huy met en évidence comme il est important pour comprendre son présent de retracer ses origines, de donner vie à la mémoire.

Sans être un livre historique Voyageur malgré lui donne son importance aux traumatismes de l’Histoire, d’abord il lève le tabou des guerres coloniales. En montrant comme il est difficile pour les individus d’en parler, de raconter, Minh Ttran Huy traduit les attentes de toute une génération héritière de ce conflit d’Indochine et qui pourtant n’a jamais vraiment pu comprendre ce qu’il s’y été passé. L’école encore aujourd’hui en parle très peu et les victimes encore moins. Dans son texte l’auteur commence a libérer la parole. Elle ne cherche pas a retracer les événements historiques mais s’intéressent aux gens et a leur ressenti. Il en va de même pour le récit de la vie de Samia Yusuf Omar, en décidant de raconter ce parcours tragique Minh Tran Huy tente de mettre un visage sur l’horreur qui se déroule en Somalie.

Samia Yusuf Omar

Tonalité de l’œuvre :

La tonalité de l’œuvre est assez déroutante. D’abord parce qu’on la prendrait presque pour une autobiographie. Rédigée comme un journal de bord elle nous emmène dans l’intimité des pensées de Line que l’on croirait réelle tant ses problématiques et ses réflexions sont ancrées dans la réalité. Il faut faire un effort pour prendre conscience qu’il s’agit d’une fiction. De plus l’auteur, ancienne journaliste, donne un aspect particulier à son travail, on la sent très bien documentée ; la façon même d’écrire s’apparente parfois a un reportage, si bien que tout paraît très «vrai ». Cet aspect de véracité pousse le lecteur a réfléchir sur le monde qui l’entour, puisque c’est son environnement qui est décrit dans ce livre. C’est par la force des choses très émouvant, comme peut l’être un témoignage.

C’est effectivement un texte qui fait réfléchir, qui pousse a s’indigner sur l’injustice et la cruauté du monde. Mais qui finalement, même s’il inquiète, montre comment l’on peut et comment l’on doit chercher a composer avec ce monde.

Avis personnel :

Si l’œuvre commence sur un sujet intriguant, la dromomanie, j’ai tout de même trouvé qu’elle mettait du temps a « commencer ». L’auteur tarde a amener son propos. Mais une fois que la réflexion est lancée la lecture est très plaisante, on apprend beaucoup de choses, ce qui est formidable. En revanche je n’ai pas réussi a m’attacher aux personnages, joue sûrement le fait que mon parcours personnel et familial ne rejoint pas du tout le leur ; pourtant les réflexions proposées sont universelles… L’écriture de Minh Tran Huy, même si elle a beaucoup de qualités, dont un rythme agréable, une certaine poésie et une sensibilité certaine, n’a pas su me rapprocher de Line et de son père. J’ai même parfois trouvé le personnage de Line (et presque l’auteur) un peu prétentieuse de vouloir mettre des mots si « intimes » sur des histoires qui ne sont pas les siennes…

Mais je dirais quand même que la lecture de Voyageur malgré lui fut un agréable moment et j’en ressort instruite, la tête pleine de questions et de curiosité.

Top Ten Tuesday #20

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Rendez-vous hebdomadaire créé par The Broke and the Bookish et repris par  Frogzine. Chaque semaine un top ten sur un thème imposé.


Les 10 livres anglophones que vous conseillez à quelqu’un qui veut se lancer dans la lecture de romans en anglais

Je n’en ai pas 10 à conseiller mais je citerais quand même les 2 dernier titres que j’ai lu en anglais parce que je les ai trouvé relativement facile à lire alors que je suis pas très à l’aise en anglais (malgré les longues années d’études), du coup ce sont des titres intéressant pour ceux qui comme moi n’ont pas l’habitude de lire en anglais et qui ont envie de ce lancer.

La série de Ann Granger, après un premier tome en français, j’ai voulu poursuivre les enquêtes de Lizzie en anglais et c’était très agréable (même si j’avoue ne pas avoir compris tout les termes se référant à la mode de l’époque victorienne ^^’). Je le conseille comme première lecture en anglais parce que le niveau de langue est assez simple et l’ambiance sympa, en plus il s’agit de roman policier donc on a pas un texte tarabiscoté et poétique, textes qui peuvent certes être beaux mais pas facilement abordables par des néophytes.

Après avoir lu l’adaptation manga du Protectorat de l’ombrelle, j’ai enchaîné avec le roman en anglais. Comme le manga m’avait donné envie de découvrir le manga et que je connais déjà l’histoire je me suis dit que ce serait parfait pour une lecture en VO, en effet, connaissant déjà les grandes lignes de l’histoire cela me permettais de comprendre l’intrigue même si je ne comprenais pas tout le vocabulaire. Et très vite je suis entré dans le roman. Après un premier chapitre laborieux (ça faisait une éternité que je n’avais pas lu en anglais) c’est devenu de plus en plus fluide.

Ma méthode c’est de ne pas m’arrêter sur les mots que je ne connais pas sauf s’il m’empêchent de comprendre un élément essentiel de l’intrigue . Au fur et à mesure qu’on avance les termes reviennent et avec le contexte on peut deviner ce qu’il signifient.

Il y a deux autres roman auquel je pense mais que j’ai, moi, lu en français :

3

Le Seigneur des anneaux de Tolkien, moi je l’ai lu en français et même si j’ai adoré l’histoire je trouve qu’il y a d’horribles longueurs ou la description d’une verte colline prend 3 pages. J’en parlait avec Tenger et elle m’a dit qu’en anglais les description sont beaucoup moins longues et barbantes. alors ça vaut le coup ! Parce que c’est le seul défaut que j’ai trouvé au roman 🙂 Si un jour j’ai le temps j’aimerais le relire en VO.

4

Enfin je pense à l’incontournable saga Harry Potter. Comme c’est un roman jeunesse et que la difficulté de langage augmente au fur à mesure des tomas, c’est parfait pour apprendre la langue. D’ailleurs je devrais m’y mettre séance tenante !

Enfin j’ajoute à cette liste mes 2 prochaines lectures VO (si, si, j’y crois)

5

Couverture Les Châteaux, tome 1 : Le Château de Hurle

Roman à l’origine du film Le château ambulant des Studios Ghibli

6

Couverture When Marnie Was There

Un autre des roman ayant donné naissance à un film des studio Ghibli : Souvenirs de Marnie