Archives quotidiennes :

Nouveautés manga #17 – avril 2017

Dans les bonnes résolution 2017 j’exprimais le souhait de présenter chaque dernier jeudi du mois ma sélection de sorties manga et puis… comme d’habitude T_T Le dernier numéro de Nouveautés manga date de janvier.

Les nouveautés d’avril

Le dernier envole du Papillon

Kan Takahama

Glénat

résumé : Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables.
Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère… (source : Canal BD)

pourquoi ? une belle couverture, une histoire de courtisane, de quoi intriguer.


Sa majesté le chat

Akihiro Kimura

Doki doki

résumé : des histoires de chat. Encore…

Pourquoi ? Mimiko adore les manga de chat, elle les collectionne. Celui-ci viendra compléter sa collection.


Nos yeux fermés

Akira sasô

Pika

résumé : La vie n’est pas tendre avec Chihaya… Et elle le lui rend bien. Le bonheur ? Elle ne connaît pas. Son père alcoolique, sa mère partie, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts. Un jour, son pied heurte accidentellement la canne d’Ichitarô, un non-voyant. À partir de cet instant, ce jeune homme à la joie de vivre communicative va tout faire pour entrer dans la vie de Chihaya et lui faire voir le monde autrement.

Dans ce conte moderne touchant, Akira Sasô nous invite à voir le monde autrement qu’avec nos yeux, un vrai hymne à la tolérance, à l’acceptation des autres et de leurs différences, mais aussi un hymne à la vie, dans ce qu’elle a de plus simple et de plus beau.
Les personnages s’animent sous le crayon de l’auteur, qui dépeint avec simplicité la vie quotidienne d’un trait doux qui invite à la réflexion et au calme. (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? vous avez lu le résumé ? Que dire de plus.


Ryôma

Masaya Hokazono

Black Box

résumé : Suite à l’arrivée de l’amiral Perry et de ses « bateaux noirs » qui forcent le japon à s’ouvrir à l’Occident, le samouraï Ryôma Sakamoto se met à rêver à toutes les possibilités qui lui sont ouvertes, et décide d’aider à renverser le shogunat tokugawa et à créer un Japon moderne. Au gré de ses rencontres et de ses décisions inopinées, ce jeune homme extravagant va se frotter à différents courants en quête du pouvoir et laisser sa marque dans les débuts du Japon moderne. (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? Pour compléter mon article Quand l’anime nous parle d’histoire #1 – La Bakumatsu 😉


 Gost & Lady

Fujita Kazuhiro

Ki-oon

résumé : Au XIXe siècle, le théâtre royal de Drury Lane est connu pour être hanté par un spectre terrifiant. L’homme, vêtu d’un long manteau gris et coiffé d’une perruque poudrée et d’un tricorne, n’apparaît que lors des premières de pièces vouées au succès !

L’homme en gris, ou Grey, comme il souhaite qu’on l’appelle, aime les pièces de qualité pour une raison bien particulière : c’est quand les gens sont captivés par le spectacle que les esprits enragés nés de leurs sentiments négatifs s’apaisent et se taisent enfin. Le silence, le calme, c’est à cela qu’il aspire !

Des monstres créés par des âmes torturées, il en a vu dans son existence de fantôme. Mais rien ne l’avait préparé à sa rencontre avec Florence Nightingale… La jeune fille de bonne famille débarque un jour à Drury Lane, avec sur ses épaules l’esprit le plus énorme et le plus terrifiant qu’il ait jamais vu ! Indifférent à son entourage, c’est l’âme de sa propre créatrice que ce dernier réduit en lambeaux à longueur de journée… Plus étonnant encore, Florence voit Grey ! Le pas décidé et le regard triste, elle lui lance une supplique : “Tue-moi…” Ces mots scellent le sort de ces deux êtres que tout oppose, pourtant liés par un destin plus fort que la mort… (source : Manga Sanctuary)

pourquoi ? que ce soit la couverture sobre ou le résumé très kitsch, ça m’intrigue


Et pour vous , quelle nouveauté en avril ?


Les nouveautés de février-mars

Pays de Neige de Kawabata Yasunari  

  

  

Matsuo Bashô 1


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La littérature de l’exil du Chili ~by Yomu-chan

Bonjour, bonjour,

Aujourd’hui je vous propose un article dans le cadre du challenge Amérique Latine. Vous l’aurez compris avec le titre je vais vous parler du Chili et de l’exode massif qui l’a frappé suite au coup d’état de Pinochet en 1973.

Le contexte:

Le Chili est un pays qui possède beaucoup de ressources naturelles, ce qui a fait de lui la cible de nombreuses entreprises internationales. Jusqu’en 1970 une grande majorité des infrastructures étaient privatisées et le capitalisme avait creusé de profondes inégalités parmi les citoyens.  C’est pourquoi l’arrivée au pouvoir de l’Unité Populaire, avec Salvador Allende, en 1973 est synonyme d’espoir pour le peuple. Allende entreprend de re-nationaliser une partie des infrastructures du pays, et prend des mesures sociales qui visent à rétablir l’égalité et a répartir les richesses.

Salvador Allende

Seulement cela ne plaît pas beaucoup au patronat ni au Etats-Unis d’Amérique qui possédaient presque le monopole de ces richesses. Ainsi débute une période troubles où les mouvements de droites et les libéraux tentent de renverser le pouvoir en place et les attentats se multiplient.  Pour répondre à cette menace deux « camps » se divisent parmi les gauchistes : les révolutionnaires qui veulent asseoire leur nouveau régime en répondant par des actions violentes aussi, et les réformistes, comme Allende, qui  cherchent à changer le pays en passant par les voies légales et a éviter les violences.  Seulement il n’aura pas le temps d’aller jusqu’au bout de son programme puisqu’en 1973 Pinochet bombarde le palais présidentiel, où Allende se suicidera, et c’est la junte militaire qui  prend le pouvoir. C’est le début de la dictature. Pinochet prend soin d’emprisonner, de torturer et de tuer ses opposants. Il prend le contrôle de la justice et s’auto-proclame dirigeant du Chili.

Sous la dictature le Chili est victime de ce qu’on appelle un « apagòn cultural », une panne de courant culturel. Pinochet ferme les universités, arrêtes les étudiants et les professeurs, poursuit les poètes et tout les artistes qui défendaient une positions différentes de la sienne. Et évidemment il stoppe tout les projets culturels initiés par Allende. Une importante censure se met en place. Ces nouvelles mesures font l’effet d’un électrochoc juste après la « révolution culturelle » sous le gouvernement de l’Unité populaire.

Pinochet

Se sont toute ces choses qui font qu’une grande partie de la population décide de s’exiler : pour sauver sa peau, pour fuir un régime dictatorial. Cet exode massif, qui concerne beaucoup les intellectuels et les artistes, donne naissance à une vraie culture chilienne de l’exil.

L’Araucaria de Chile :

L’Araucaria de Chile est une revue qui a vu le jour en 1978, on parle de « la revue culturelle de l’exil chilien ».  Elle fut publiée tout les trimestres pendant 12 ans (jusqu’en 1989). On compte un total de 48 numéros qui font chacun à peu près 200 pages. Elle adopte un petit format (21 cm de hauteur pour 13 cm de largeur).  Elle fut publié dans 37 pays et circulera dans une cinquantaine de pays (dont au Chili clandestinement). La rédaction fut d’abord établie à Paris jusqu’en 1984, puis elle s’est déplacée à Madrid. Les rédacteurs, comme les collaborateurs, eux ne se trouvaient pas tous à Paris, on ressentait dans l’équipe éditoriale une fragmentation géographique à l’image de l’exil et de ces citoyens chiliens éparpillés dans le monde.

Beaucoup de revues ont vu le jour durant cette période d’exil, mais l’Araucaria est celle qui demeure la plus prestigieuse. Notamment par le nom de certains de ses plumes : Gabriel Garcia Marquez, Julio Cortazar, Carlos Fuentes ou encore Isabel Allende.  La revue était comme un objet culturel de référence entre les chiliens exilés et pour tout les intellectuels de culture hispanique. On y trouvait des articles de critiques littéraires, des textes de poésie ou de prose, des réflexions sociologique sur le devenir du Chili, etc. Un contenu pluridisciplinaire qui cherchait à « penser le Chili ». La revue représentait une large partie de la production intellectuelle et culturelle chilienne; avec un équilibre entre création et analyse. Ils en viennent même à prendre l’exil comme objet d’étude, on lui accordant une multitude de point de vue: historique, psychologique, social, etc.

n°45 Araucaria de Chile
Sommaire du n°44 Araucaria de Chile

Les objectifs de la revue étaient de combler « l’apagòn cultural ». Elle place la culture comme une forme de résistance politique. L’Araucaria est née du constat que la dictature va durer et que le statut d’exilé est une chose qui va s’inscrire dans le temps : cette revue donne la possibilité d’un rassemblement patriotique. Si elle est  une revue littéraire, elle a tout de même une vraie dimension politique. Elle est fondée à l’initiative  du Parti Communiste Chilien (en 1976 le Chili connait une grande politique de répression que Pinochet concentre sur l’extermination  des communistes et des militants d’extrême gauche.) On ressent cela rien qu’en lisant les éditos de chaque numéro. J’ai tenté de vous traduire (soyez indulgent svp) un passage de l’édito du n°45 :

C’est un travail difficile que de trouver une nouvelle fois le chemin démocratique que l’on a perdu. Rendre au pays son identité historique originale est une mission politique, mais aussi morale, qui devra proposer la correction des  habitudes de cohabitation sociale, la propreté d’une atmosphère irrespirable pour quelque chose de plus que le smog : le règne de la corruption, du conformisme, la course sans freins pour le triomphe économique individuel, le mépris pour les valeurs minimales de communication et pour la solidarité collective […] C’est la refondation du pays qui est en jeu. Et nous sommes tous appelés à apporter nos efforts, éradiquons pour toujours les pratiques du dictateur et de son régime.

Les années de publication d’Araucaria correspondent à l’apogée  de l’activité politique de l’exil chilien et à la solidarité française (c’est d’ailleurs le journal L’Humanité qui cède des locaux pour la rédaction de l’Araucaria). En 1979 Pinochet montre un numéro de l’Araucaria à la TV et le présente comme un objet de propagande perverse des marxistes; il la présente aussi comme une revue luxueuse. En réalité elle fonctionnait avec seulement 2 salariés et une vielle machine à écrire. L’aspect luxueux est du à la maquette, c’est Guillermo Tejada qui a conçu la premier numéro et le logo. De plus la revue pouvait compter sur la collaboration bénévole de nombreux plasticiens, peintres, sculpteur, dessinateurs, graveurs, et photographes chiliens. Aucun collaborateurs, ni ami de la cause (qui distribuaient et vendaient la revue) n’étaient payé. L’Araucaria de Chile reposait sur un principe de solidarité.

n°45 Araucaria de Chile

Sur la fin de la dictature la revue tenta d’intégrer des collaborateurs chiliens encore sur place afin de s’assurer une entrée sur le territoire pour accélérer la chute de Pinochet et pouvoir continuer à vivre après la dictature. Mais la revue cessa d’exister à la fin de l’ère de Pinochet. C’était une production littéraire intrinsèquement liée à l’exil et elle disparu avec lui.  Pour les exilés l’écrit fut le lien avec le Chili, pays d’origine perdu. Cet écrit de l’exil était comme un territoire chiliens fictionnel que les victimes de l’exode pouvaient s’approprier. Un territoire reconstitué avec des mots. Et l’Araucaria était comme la capitale de ce territoire. Cette revue représente la mémoire de l’exil et l’héritage que les exilés laissent à leurs enfants restés en France.

L’araucaria est un arbre que l’on trouve au Chili. Pourquoi avoir choisit ce nom ? Peut-être pour se rappeler l’enracinement à la terre de leur pays même s’ils en étaient éloignés.

Pour mon article je me suis appuyé sur le n°1305 de la revue Homme & migrations, consacré à l’exil chilien en France.  En particulier de l’article Cariz Melina « ‪Araucaria de Chile‪. La revue culturelle de l’exil chilien », celui de Gaudichaud Franck « ‪Le poids de la défaite. Retour sur les origines de l’exil politique chilien (1970-1990)‪ », et  celui de Raùl Morales La Mura «L’accueil des exilés latino-américains en Europe».

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