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Prezzemolina – conte de mon enfance

A la maison nous n’avions pas de télé, en revanche ma mère nous racontait souvent des contes. Le soir avant de se coucher (si on était sages), dans les champs pour mieux travailler, en voiture pour qu’on se tienne tranquille… Les occasions ne manquaient pas de se faire raconter une histoire. A l’ancienne, tradition orale. Avec les petites variantes selon l’envie et le temps à consacrer aux histoire. Il y a avait les histoires courtes pour quand elle était pressée ou fatiguée, et les histoires longues pour quand on avait bien mérité. Parmi ces dernières j’aimais beaucoup Prezzemolina. Un conte italien proche de celui de Raiponce. Je le préférait à ce dernier, qu’elle nous racontait aussi.

Ma mère connaissais de nombreux conte qu’elle tenait de ses parents et grand-parents. Si je garde de très bon souvenir de ces moment partagés avec elle, j’ai oublié les détails des contes. Et ça me rend très triste. Je ne peux pas les transmettre à mon tour. J’ai d’abord pensé organiser une veillé avec ma mère pour prendre note des contes que j’ai oublié mais ce n’est pas facile à organiser puisque plusieurs centaines de kilomètres nous séparent. J’ai donc fait quelques recherches sur le net et je suis tombé sur cette version de Prezzemolina qui ressemble beaucoup à celle que me racontait ma mère. C’est une version recensé par Italo Calvino et adapté par Virgilio Savona. J’ai adoré écouter ce conte, ça m’a ramené en enfance, malgré les petites différences cela m’a permis de me remémorer l’histoire que nous racontait ma mère.

Pour ceux qui ne parlent pas italien, voici le conte traduit raconté à ma manière :

Prezzemolina 

C’era una volta

une femme enceinte qui habitait à côté de la maison des méchantes fées. Dans leur potager elles faisaient pousser de magnifiques persils. Un jour la femme eu une terrible envie de persil et ne put se retenir, elle entra dans le jardin des méchantes fées et mangea leur persil. Ne s’étant pas fait prendre, elle recommença le lendemain et le surlendemain. Mais les méchantes fées se rendirent compte qu’il manquait du persil et décidèrent de tendre un piège au voleur. Cachées dans le potager elles attendirent que le voleur vienne. Cela ne tarda point, poussé par son envie de persil la femme entra dans le potager. Aussitôt les sorcières furent sur elle et menacèrent de la tuer.

-Tu as mangé notre persil, nous te mangerons !

Terrifiée la femme les supplia de la laisser en vie. C’est alors que les sorcière lui proposèrent un marché encore plus cruel : quand l’enfant sera assez grand pour les servir la femme devra leur remettre.

Le temps passa et une jolie petit fille naquit. Comme elle avait une tâche en forme de persil on l’appela Prezzemolina.

Les années passèrent et la femme oublia sa promesse. Mais quand Prezzemolina devint une jolie jeune fille les méchantes fées vinrent réclamer leur dû et c’est ainsi que Prezzemolina se retrouva au service des trois terribles fées.

Le premier jour elle l’amenèrent dans une chambre toute noire et sans lumière et lui demandairent de la peindre en blanc et avec tous les oiseaux du ciel.

-Mais comment puis-je peindre, je n’ai ni peinture, ni pinceaux. Se plaignit Prezzemolina.

Mais les méchantes fées ne voulurent rien savoir. Si le soir même la chambre n’était pas repeinte, elle la mangeraient. Sur ces mots elle sortirent. Prezzemolina était désespérée. Comment allait-elle s’en sortir.

Le neveu des méchant fées, un très beau jeune homme nommé Memé, était venu rendre visite à ses tantes mais il ne les trouva pas chez elles. Seul y avait Prezzemlina en sanglot. Ému le jeune homme lui demanda ce qui la tracassait autant.

-Je dois repeindre cette pièce en blanc et avec tous les oiseaux du ciel mais je n’ai ni pinceau, ni peinture. Jamais je ne pourrais y arriver et les méchantes fées vont me manger.

-Ne t’inquiète pas, je vais pouvoir t’aider. Si tu me donne un baiser.

-Je préfère encore me faire manger par les méchantes fées que de me faire embrasser par un homme ! S’exclama Prezzeolina.

Amusé par cette réponse, le jeune homme décida de l’aider quand même et en deux coup de baguette tout fut fait.

Quand les méchantes fées rentrent, elle n’en crurent pas leur yeux, comment étais-ce possible ? Il leur fallait trouver autre chose. Après avoir longuement réfléchit l’idée leur vint de l’envoyer chez leur cousine, une méchante sorcière qui vivait dans un palais.

C’est ainsi que le lendemain elle appelèrent Prezzemolina et lui demandèrent de se rendre dans lele palais récupérer la boite magique de leur cousine.

Prezzemolina parti et en chemin elle rencontra Memé.

-Où vas-tu ainsi ? Lui demanda le jeune homme.

-Je vais au château de la sorcière chercher la boite magique pour vos tantes.

-Ecoute bien mes conseils et tout se passera bien – lui dit Memé- Tu croisera une porte qui grince et qui claque, prends cette huile et graisse là avec. Elle te laissera passer. Tu croisera des chiens affamés qui se mangent entre eux, prends ce pain et donne leur, ils te laisserons passer. Tu croisera un cordonnier qui n’a plus rien pour recoudre ses souliers, donne lui cette fil et il te laissera passer. Tu croisera un boulanger qui ballais avec ses mains, avec ces balais tu l’aidera et il te laissera passer. Arrivée devant une fontaine tu trouvera le palais de la sorcière, si elle te dit « attends », tu dois te dépécher.

Après avoir chaleureusement remercié Memé, elle se mit en route avec l’huile, le pain, le fil et les balais. En chemin elle croisa la porte qui grinçait et claquait et elle l’huila. La porte la laissa passer. Plus loin elle croisa les chiens affamés, elle leur jeta les pains et ils la laissèrent passer. Chemin faisant elle arriva devant le cordonnier qui n’avais plus rien pour réparer ses soulier, elle lui donna le fil et il la laissa passer. Elle arriva devant le boulanger qui nettoyait avec ses main. Elle lui donna les balais et l’aida à nettoyer avant de poursuivre son chemin. Enfin elle arriva devant une fontaine et là se trouvais le palais de la sorcière. Elle frappa et la sorcière répondit :

-attends, j’arrive. C’est que je ne suis plus toute jeune…

Mais, se souvenant des paroles de Memé, Prezzemolina se précipita à l’intérieur du palais, s’empara de la boite magique et s’en fuit en courant.

La sorcière cria :

-Boulanger arrête-la !

Mais le boulanger répondit :

-je n’avais rien pour nettoyer et elle m’a donné des balais, je la laisse passer

Alors la sorcière de plus en plus en colère cria :

-cordonnier arrête-la !

mais le cordonnier répondit :

-des années que je n’avais plus rien pour recoudre mes souliers et elle m’a donné du fil, je la laisse passer

-Chiens mordez-la !

mais les chiens répondirent :

-nous n’avions rien à manger et elle nous a donné du pain, nous la laissons passer.

Et Prezzemolina passa.

Folle de rage la sorcière cria :

-Porte ferme-toi !

Mais la porte répondit :

-voilà des années que grince et je claque et elle a huilé mes gonds, je la laisse passer.

Et Prezzemolina passa. Elle couru jusqu’à ce qu’elle se sente en sécurité puis s’assis sur un rocher pour reprendre son souffle. Là, assise sur son rocher, elle fut prise d’une curiosité terrible. Que cachait donc cette boite magique ? Pourquoi les méchantes fées tenait-elle tellement à la récupérer ? Juste une petit coup d’œil ça ne pourra pas faire de mal. Mais à peine eu-t-elle ouvert la boite que de tout petit musiciens en sortirent et se dispersèrent partout dans la clairière, impossible de tous les rattraper. Désespérée Prezzemolina se mit à pleurer.

-Pourquoi pleures-tu ? Lui demanda Mmé qui venait de la rejoindre.

Elle lui expliqua qu’elle avait, sans le vouloir, fait échapper tous les petits musiciens de la boite

-Je peux tout arranger contre un baiser. La rassura Memé

-J’aime encore mieux me faire manger par de mauvaises fée, que d’être embrassé par une homme ! répliqua Prezzemolina.

Amusé, Memé décida de l’aider quand même. Et d’un coup de baguette magique tous les petits musiciens retrouvèrent leur place dans la boite.

En voyant rentrer Prezzemolina avec la boite magique, les mauvais fées enragèrent. Elle tenaient tant à manger la jeune fille qu’elle réfléchirent à une autre ruse.

Tandis qu’elle mettaient au point leur nouveau plan, Memé vint leur rendre visite.

-Que vous arrive-t-il mes tantes ? Vous avez l’air très en colère.

-Figure-toit que nous avions envoyé Prezzemolina chez notre cousine pour quelle se fasse manger, mais elle est revenue saine et sauve. Encore ! Cela ne peut plus durer. Demain nous mettrons notre nouveau plan à exécusion.

-quel est ce plan ? Demanda-t-il innocemment

-Nous mettrons une grande marmite d’eau à chauffer et nous lui ferons croire que c’est pour faire la lessive, quand elle sera près de la marmite nous la jetterons dedans.

-Mais c’est un très bon plan mes tantes. Je reviendrais demain pour voir si tout c’est bien passé.

Mais avant de s’en aller, Memé alla voir Prezzemolina pour la prévenir.

-Quand elles te donneront la lessive tu diras qu’il n’y a pas assez de charbon et tu descendra à la cave, je t’y attendrais.

Le lendemain, les méchantes fées mirent l’eau à chauffer et donnèrent la lessive à Prezzemolina

-il n’y a pas assez de charbon, je vais aller en chercher. Leur dit-elle.

Elle ne se méfièrent pas et la laissèrent descendre à la cave. Là, Memé l’attendais. Il la pris par la main et la conduisit devant 4 bougies.

-Ce sont les âmes des méchantes fées. Lui expliqua-t-il. Nous allons les éteindre et les méchantes fées mourrons.

Et il soufflèrent les bougies, les unes après les autres. A mesure que les bougies s’éteignait, les méchantes fées tombaient raides mortes. La dernière, la plus grosse, était celle de la méchante sorcière. Ensemble ils soufflèrent et elle mourut.

-Maintenant que les méchantes fées ne sont plus là nous allons nous marier et nous vivrons dans le palais de la sorcière.

C’est ainsi que Prezzemolina et Memé héritèrent de toutes les richesses des méchantes fées, ils s’installèrent dans le palais et firent une magnifique fête pour leur noces.

e a me che c’ero, non dettero niente.

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Prezzemolina dans Fiabe di fanciulle fatate, illustré par M. Di Giorgio

Cette version de Prezzemolina est très proche de cette que me racontait ma mère mais il y a pourtant plusieurs différences : les tâches qu’elle doit accomplir et les personnages qu’elle rencontre quand elle se rend au palais ne sont pas exactement les mêmes, ce que contient la boite non plus. Mais la différence la plus remarquable c’est la fin. Dans mon souvenir le neveu des méchantes fée demande à ses tantes la main de Prezzemolina, elle la lui accordent à une condition, Prezzemolina doit préparer le repas et la table des noces avec une bougie collé sur chaque doit. Prezzemolina colle les bougies sur ses main mais ne peut plus rien faire, le jeune homme intervient et prépare tout en quelques coups de baguette magique. Les fées acceptent leur défaite et donnent leur bénédiction pour le mariage. Personne ne meure et tout le monde est heureux à la fin.


 

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