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Indiquer l’âge sur les romans jeunesse, bonne ou mauvaise idée ?

Indiquer l’âge du lecteur cible au dos des romans jeunesse, est-ce vraiment une bonne idée ? A priori, je dirais que cela peut être une aide précieuse pour l’adulte qui souhaite offrir un livre qu’il n’ a pas lu lui-même. Il m’est arrivé très souvent de chercher un roman à offrir sur une thématique précise pour un enfant de mon entourage et de n’en connaitre aucun personnellement. C’est là que l’aide du libraire devient précieuse, mais si l’âge est directement indiqué sur la quatrième de couverture je gagne du temps en présélectionnant des ouvrages susceptibles de correspondre aux capacités de lecture de l’enfant et à ses attentes. Sur un même thème, il est évident qu’on ne lira pas les mêmes choses à 8 ans qu’à 12. Trouver alors une notion d’âge sur la quatrième de couverture est une aide précieuse.

Mais il y a un effet pervers auquel je n’avais pas songé jusqu’à ce que Mimiko, inquiète, vienne me montrer la quatrième de couverture du petit roman qu’elle était en train de lire (et d’apprécier). Il était écrit « 6-8 ans ». Or, elle en a 10. Angoisse et désespoir ! Était-elle en train de lire un livre pour les petits ? La question de l’âge est un sujet très sensible dans ces périodes-là. Et j’ai bien vu que le spectre de la honte planait au-dessus de son plaisir de lecture. Je me suis, bien sûr, empressé de la rassurer. Que cela voulait seulement dire qu’on était capable de lire ce livre à partir de 6/8 ans, mais que rien n’empêche de l’apprécier à un autre âge. Regarde-moi, je lis bien des romans jeunesse. L’argument est-il vraiment rassurant ? Ça, c’est un autre sujet !

Sa remarque m’amène à me poser la question de la pertinence du « 6-8 ans » écris au dos livre. S’il y a un âge auquel tous les enfants apprennent à lire à l’école, chacun y va a son rythme, tous n’ont pas la même aisance et puis, un roman, s’il est bien fait, peut se révéler aussi amusant à lire à 6 qu’à 10 ans. Cette annotation m’est apparue comme étant trop précise et restrictive, interdisant presque l’accès au roman à ceux qui n’entreraient pas dans le créneau des 6-8 ans.

Ce n’est qu’une petite anecdote, mais cela m’amène à penser que les éditeurs devraient préférer des formulations plus vagues  tel que « à partir de 6 ans » comme on peut le voir sur de nombreux roman. Cela restera une indication précieuse pour l’adulte acheteur quant au niveau de langue du livre, mais n’enfermera pas le roman dans un cadre trop strict, laissant à chaque enfant la possibilité d’y prendre plaisir quelques soit son âge, sans qu’il se sente rabaissé.

En revanche, de nombreux éditeurs font le choix de ne pas indiquer l’âge sur les quatrièmes de couverture, et j’avoue qu’en l’absence d’information je me sens parfois un  peu perdue, tel enfant aura-t-il la maturité pour lire tel au tel roman ? Même après avoir lu un roman jeunesse, je ne sais pas toujours à partir de quel âge celui-ci peut être apprécié.

La question d’ailleurs peut également se poser par rapport aux bibliothèques. Est-ce mieux d’y trouver les romans classés par tranche d’âge du lecteur afin que celui-ci se dirige directement vers des livres qu’il est capable de comprendre et ne se perde pas dans une offre abondante, et pas forcement adapté à ces capacités ? Ou, au contraire, faut-il mélanger les genres et les âges pour ouvrir les horizons du jeune lecteur, et qu’il s’essaye à d’autres lectures peut-être un peu plus ardues ?

Quel est votre avis sur la question ? Faut-il indiquer un âge ou laisser le jeune lecteur choisir au grès de ses envies quitte à tomber sur un livre un peu trop difficile ?

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