le coin écolo #4 ~ compost à tous les étages

Voilà un article qui était en train de prendre la poussière dans ma boite à brouillon. Des toiles d’araignée plein les lignes, des champignons qui poussent ça et là… il était temps que je me décide à le mettre à jour et à le publier !!!

C’est lors d’un apéro (ah! ça! pour l’apéro on en trouve toujours du temps) que le compost est venu s’incruster dans la discussion et je me suis dit qu’il était vraiment temps que je publie quelque chose sur ce sujet. Parce que je suis une pro du compost ? Nooon, pas du tout ! Je fais du grand n’importe quoi, mais ça marche quand même. 🙂 Et c’est justement pour ça que je veux en parler ! Tout le monde peut faire du compost. Moi j’aime le compost. J’adore ça. Quand je ne peux pas faire de compost, je suis trop malheureuse. J’ai dû être un lombric dans une autres vie XD

Le compost c’est pas que pour les écolos !

Tout le monde peut faire son compost, pas besoin d’être un agriculteur en bio ou en permaculture pour s’y mettre. Vous mangez des légumes ? Vous avez un petit bout de terrain ? Vous avez tout ce qu’il faut pour préparer un petit compost. Et si ce n’est pas dans les règles de l’art peu importe, vous n’avez pas besoin de fertiliser une exploration agricole. Juste envie de moins jeter dans le tout-venant et si au passage on peut faire du bien aux pots de fleurs et aux plantes vertes, c’est tout bénef.

20160619_134335
les tomates adorent le compost

Du compost au jardin

Les règles de l’art

Un bon compost requiert des doses bien précises de matières carbonées, appelée matières brunes, et azotées, appelées matières vertes, que l’ont doit, en théorie, superposer en couches alternées d’environ 20 cm. Il faut 20 à 30 fois plus de matières carbonées que de matières azotées. Il faut un bon taux d’humidité (entre 40 et 60%) et une bonne oxygénation du tas pour que ça se décompose et que ça ne fermente pas. Le tas fera environ 1- 1.5 m de long et de large et pas plus d’1 m de haut.

Sauf que dans une maison on produit deux fois plus de matières vertes que de matières carbonées et que le plus souvent on n’a pas assez de matière pour faire de bonnes couches distinctes de 20 cm. Comment faire ?

Du compost pour les nuls

À chaque fois que je lis un ouvrage qui explique comment bien faire un compost je me dis que je fais vraiment du grand n’importe quoi et que ça ne va jamais marcher, puis je vais au jardin et je me rends compte que j’ai obtenu un joli compost et que mes plantes adorent. Alors je me dis que les règles c’est bien, mais que si on est nul on peut quand même s’en sortir. Et comme on n’est pas l’école, on s’en fout d’avoir un 20/20 😛

Dans quoi faire son compost ?

J’ai expérimenté 2 méthodes : le tas à l’air libre et le composteur en plastique noir. Ce qui suit est le résultat de ma propre expérience, et rien de plus.

Un tas à l’air libre :

Dans un coin à l’abri des regards et du soleil de mon grand jardin de l’époque, j’avais aménagé de façon très simple un espace compost. À l’aide de 6 pieux en bois j’ai fait une structure rectangulaire : un pieu tous les mètres, et du grillage à poules cloué à mes pieux. La partie devant étant détachable pour pouvoir plus facilement brasser le compost. J’ai commencé par remplir le premier carré puis quand celui-ci a atteint le mètre de hauteur j’ai rempli le second et laissé tranquillement mûrir le premier tas. Une fois le deuxième carré plein, j’ai tamisé le premier tas en remettant dans le tas frais tous les morceaux non encore bien décomposé et j’ai utilisé le reste dans mon potager. Pour tamiser le compost, j’avais fabriqué un tamis de fortune avec une chute de grillage à poules et 2 bouts de tasseaux également de récup. J’avais fait ce tamis suffisamment large pour le poser sur une brouette. De la sorte je pouvais directement verser dessus des pelletées de compost secouer un peu. Ce qui reste sur le grillage retourne au compost et le terreau récolté dans la bouette part direct aux pieds des framboisiers et autres plantes dans le jardin.

Un composter bien civilisé :

En déménageant je me suis retrouvé avec un jardin beaucoup plus petit et sans coin abrité du regard du coup j’avais pas trop envie de faire un tas de compost là devant tout le monde. Ce n’est pas super esthétique. J’ai donc opté pour une version plus raffinée : le composteur en plastique (certaines mairies en prêtent). J’en ai d’abord acheté un petit et me suis vite rendu compte que cela ne suffirait pas, j’en ai donc acheté un deuxième plus grand. Je fonctionne comme avant. On en rempli un, puis quand celui-ci est plein. On le laisse travailler et on remplit le second. Quand ce dernier est plein, je vide le premier et distribue le compost aux différentes plantes du jardin.

j’ai acheté ce modèle chez Castorama

Résultat de mon expérience : le tas à l’air libre avec mon petit grillage à poules était peut-être moins joli, mais c’est quand même beaucoup mieux. Déjà c’est beaucoup plus pratique pour brasser le compost. Puis on peut plus facilement le surveiller. Et le plastique supporte mal le temps. En à peine 3 ans, les composteurs sont déjà pas mal usés, la petite trappe n’est finalement pas pratique et quand je veux aérer le compost, je suis obligé de le faire par l’ouverture du haut. Et ça fait une drôle de position pour manier la fourche ! Pas facile, facile ! Maintenant que je les ai achetés, je vais les user jusqu’à la moelle, mais une fois qu’ils auront rendu l’âme, j’opterais pour une autre solution. Je pense me bricoler quelque chose avec du grillage un peu plus costaud. On peut aussi acheter un composteur en bois ou en bricoler un avec des palettes de récup.

 Je mets quoi dedans ?

Eh ben, moi je mets un peu prêt tout ce qui est biodégradable. On l’a vu dans les règles de l’art, il faut alterner des couches de matières vertes (azotées) et brunes (carbonées). Moi je ne produis pas de déchets en quantité suffisante pour faire de jolies couches de hauteur désirée. Du coup, je jette dans le composteur au fur et à mesure les déchets de ma cuisine et de mon jardin. Je garde de côté les cartons que j’ajoute par petites doses, surtout quand j’ai beaucoup de matière verte (tonte de gazon par exemple).

Voilà la liste non exhaustive de ce que je jette dans mon compost :

  • Épluchures de légumes et de fruit y compris les épluchures d’orange et citron
  • les noyaux des fruits
  • la tonte de gazon (si j’en ai trop, j’en mets directement aux pieds des arbustes et des plantes potagères comme un paillage)
  • les restes de repas (riz, pâtes, pain rassis… et même les os du poulet et autres reste de viande en petite quantité)
  • les cartons du papier toilette/essuie-tout
  • des cartons non imprimés que je déchire en morceau et ajouter par petites doses
  • des petites chutes de papier
  • le papier journal qui a servi à recueillir les épluchures de pomme de terre (avec modération à cause de l’encre)
  • les sachets en papier du vrac qui sont déchiré
  • des bouts de tissus en matières organique (coton, laine) qui ne peuvent pas être recyclés pour autre chose (trouver ici comment recycler de vieux t-shirts en coton)
  • des mouchoirs en papier
  • les branchages (broyé quand je suis motivé, grossièrement coupé au sécateur quand je n’ai pas de temps)
  • les feuilles mortes
  • de la cendre (avant ma maison était chauffée au bois et nous produisions beaucoup de cendre, je me suis rendu compte que faire de grosses couches de cendre ce n’était pas top pour le compost. Je gardais de la cendre à déverser directement aux pieds des salades et autres plantes pour les protéger des limaces. Après la pluie il faut recommencer)
  • les mauvaises herbes avec leurs racines et tout
  • des plantes d’appartement qui ont rendu l’âme
  • les poissons rouges qui sont mort (pour mes poissons d’amour, je veux qu’ils aient une sépulture digne)
  • la terre devenue stérile dans de vieux pots d’agrément à refaire
  • les bouchons en liège que je ne recycle pas (généralement je m’en sers pour faire un drain au fond des pots de fleurs)
  • quand il fait très sec je l’arrose avec l’eau ayant servi à laver les légumes ou faire la vaisselle (j’utilise du produit vaisselle 100% biodégradable) ou l’eau des aquariums

Bref un peu près tout ce qui peut retourner à la terre. Certaines choses mettront du temps à se décomposer (comme la peau de l’avocat), mais ce n’est pas un problème, lorsque je brasse un tas de compost je récupère tout ce qui n’est pas parfaitement décomposé pour le jeter dans le nouveau compost. Au passage cela permet d’ensemencer le nouveau tas.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Un tamis pour mon compost. #diy du soir 😁 #monjardin #bricolage

Une publication partagée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Avant je ne mettais pas de viande de peur d’attirer les rats. Je la mettais de côté pour un voisin avec un gros chien, mais… celui-ci ayant déménagé j’ai commencé à jeter les restes de viande au compost aussi, et je n’ai aucun souci.

Depuis peu j’ai commencé à faire du bokashi dans ma cuisine (voir ci-dessous).  Au lieu de jeter directement mes déchets de cuisine au compost, je prépare du bokashi et quand celui-ci est prêt, je verse le contenu du saut dans le compost et mélange avec les autres déchets du jardin.

Espace ludique pour les enfants

source : http://www.hugolescargot.com/coloriage/jardinage-boite-a-compost-13040.htm

J’ai trouvé ce coloriage très mignon. Une façon ludique d’aborder le sujet du recyclage des matières organiques avec vos enfants (ou même ceux des autres).

Et si on n’a pas de jardin ?

Pas de panique, si vous n’avez pas la chance d’avoir du terrain, mais que vous voulez réduire vos déchets ménagers et recycler la matière organique, il existe des solutions.

Lobricompost

Lombricomposteur 'Compost'Home'
lombricomposteur vendu par Magellan

Le lobricomposteur peut être placé dans une maison, sur une terrasse ou un balcon. S’il est à l’extérieur en revanche il doit être protégé du froid.

Le principe est simple. Plusieurs bacs en plastique au fond perforé sont superposés les uns sur les autres. Et remplis les un après les autres. Le premier bac n’est pas perforé, mais muni d’un robinet et sert à récolter le « jus » de lombric qu’on utilise dilué dans l’eau d’arrosage pour fertiliser ses plantes d’intérieur et ses balconnières.

Il faut ensemencer avec des lombrics le premier bac de déchets organiques, ensuite ils se reproduiront tous seuls. Quand un bac est plain en en pose dessus un second et on commence à le remplir, les lombrics migrent d’un bac à l’autre, seuls. Quand votre dernier bac est plein, vous pouvez vider le premier qui est surement déjà décomposé.

Il ne faut surtout pas mettre de viande dans le lombricompost sous peine d’avoir de très désagréables odeurs dans votre maison. En revanche des petits bouts de cartons non imprimés, de mouchoirs en papier, de cartons à œufs seront très appréciés par les lombrics.

Bokashi

Le bokashi est aussi une solution utilisable en intérieur. Il s’agit ici non pas de décomposition, mais de fermentation, ce qui est un peu plus délicat. La fermentation se fait en absence d’oxygène, le saut doit donc être toujours hermétiquement fermé. Par ailleurs on a besoin d’un mélange de micro-organismes efficaces qu’il faut ajouter à nos déchets à chaque nouvel ajout.

L’avantage du bokashi c’est qu’on peut y mettre des restes de viandes, en revanche pas de carton ou de papier. L’inconvénient c’est qu’il faut acheter régulièrement des ferments bokashi.

Contrairement au lombricompost, le bokashi ne transforme pas les déchets en terreau. La matière que l’on met dans le bokashi reste intacte. Mais tout comme avec le lombricompost, on produit un jus qui, utilisé dilué à 1/100 ou 1/500 sert à fertiliser ses plantes d’intérieur ou de jardin.

Quand on a un extérieur le contenu du saut, une fois le cycle de fermentation achevé peut être utilisé soit directement enfui dans la terre, soit incorporé au compost.

En appartement en revanche il faudra le vider dans une poubelle organique, de plus en plus de villes mettent en place le ramassage des déchets organiques.

Faites-vous du compost ? Avez-vous déjà testé le lombricompost ou le bokashi ? comment recyclez-vous vos déchets biodégradables ?

 

 

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *