Archives pour la catégorie BD

petit panier gourmand de manga

J’avais prévu de présenter tout un tas de manga culinaire pour le mois Des livres en cuisine mais… j’ai choisi le pire des mois ! Je n’ai vraiment pas eu le temps de m’occuper du blog du coup je vais faire une version accélérée de ce que j’avais prévu.

Couverture Mitsuko attitude, tome 1Mitsuko Attitude – tome 1 et 2

résumé :  Après la mort de son père, Mitsuko s’installe chez son oncle. Elle découvre alors une famille surprenante qui, obsédée par sa santé, adopte des pratiques qu’elle juge extrêmes. D’abord réticente, Mitsuko apprendra à leurs côtés qu’une bonne hygiène de vie est essentielle pour vivre plus heureux avec soi-même mais aussi avec les autres. Et il n’est pas trop tard pour changer ses habitudes ! (source : MangaSanctuary)

mon avis : J’ai été surprise par ce manga assez étonnant. Étonnant par l’approche santé qu’il propose car en dehors des habitudes de vie de la famille qui accueil la jeune femme, ce manga est très classique. La famille surprend par sa manie de la bonne santé qui passe avant tout par l’assiette : ils mangent très peu de viande, beaucoup de fruits et de légumes, veillent toujours à assembler les aliments de façon à faciliter leur digestion… la digestion semble être au centre de leur obsession, encore plus que la santé au sens général. Il mangent hyper équilibré mais ça ne leur suffit pas ! Faut encore qu’il fassent des lavement quotidiens ! Soyons honnêtes, ils sont fous. S’il y a de très bon conseils à tirer de se manga, la famille est dans l’extrême. Ce qui crée des situations très cocasses et embarrassantes pour notre jeune héroïne. C’est assez drôle. Dommage que le reste soit trop classique. L’héroïne pour commencer qui sort tout droit du moule à héroïne shôjo parfaite, le cousin qui joue le rôle du beau ténébreux incontournable, la petite cousine pour la touche kawaï, et avec le deuxième tome (à ma grande déception) on ajoute à l’intrigue encore plus de classicisme avec l’arrivée du beau gosse rebelle et pourtant si doué à l’école, adulé de toutes mais qui n’a d’yeux que pour notre héroïne. J’aurais aimé une héroïne un peu plus loufoque pour accompagner la trame « santé et digestion » du manga mais j’ai quand même pris du plaisir à lire ces 2 premiers tome. Je pense continuer la série

Heartbroken chocolatier – tome 1 :

résumé : Souta, qui suit des études dans une école de confiseries, sort avec Saeko, une fille qui a un an de plus que lui. Il est tombé amoureux au premier regard, il y a quatre ans et a finalement réussit à sortir avec elle, l’année dernière, juste avant Noël. Parce que sa petite amie aime vraiment le chocolat, chaque jour, Souta confectionne des confiseries en faisant du chocolat, dans le but de la garder et de lui faire plaisir. En effet, la belle est distante, et lui donne l’amère impression de ne pas s’intéresser à lui… Malgré ses efforts, Souta arrivera t il a vivre une passion dévorante avec Saeko ? (sources : MangaSanctuary)

mon avis : si je trouve que Mitsuko Attitude est un peu trop classique dans ses personnages et leurs interactions que dire de ce manga à l’eau de rose chocolaté. J’ai trouvé le personnage principal assez pathétique et vraiment pas attachant, la fille pour qui il en pince stupide et… les autres personnage assez insignifiants. Quand à l’intrigue, je vois pas trop ce que je pourrait attendre du manga. Franchement je n’ai pas été convaincue par ce premier tome, mais j’ai bien envie de lire un tome de plus pour me faire une meilleure idée de la série.

Geonbae -tome 1

résumé : Moi qui aime tant le makgeolli (alcool de riz), j’ai sauté de joie quand on m’a confié le scénario de Geonbae. Je continue à boire deux à trois fois par semaine mais plus ça va, plus je me découvre des goûts de luxe. Heureusement qu’il y a le makgeolli, doux au palais et pour le porte-monnaie. J’espère que Geonbae vous emmènera dans un voyage dans le temps pour redécouvrir nos alcools traditionnels comme le soju (spiritueux) à l’ancienne et tant d’autres boissons fermentées. (source : MangaSanctuary)

mon avis : après avoir lu et relu A vos papilles, j’ai eu envie de découvrir la série qui en est à l’origine : Geonbae. Ayant aimé le spin off, je n’ai pas été déçue par ce manhwa. J’y ai retrouvé la même ambiance emprunte à la fois de gourmandise et de réalisme gustatif, les même personnages attachant et sympa. Geonbae est peut-être moins accessible que A vos papille car le sujet n’est plus la cuisine coréenne dans son ensemble mais les alcools coréens or en France ce n’est pas une chose qu’on a l’habitude de boire, personnellement je n’en ai même jamais vu, du coup suivre toutes les discussions sur le goût et la fabrication de tel ou tel breuvage reste très théorique. Je n’arrivais pas à mettre un goût sur les mots, plus encore qu’avec A vos papille où la présentation de certains plats était très exotique. Néanmoins cela reste intéressant dans la mesure où ça nous fait découvrir un aspect de la culture coréenne, de son industrie agroalimentaire et des ses traditions. C’est avec plaisir que je lirais la suite.


Et parce qu’il y a pas que les manga dans la vie, je vous propose aussi une BD 🙂

Couverture Mamette, tome 1 : Anges et pigeonsMamette – tome 1

résumé :Toute en rondeurs et le chignon vissé sur la tête, voilà une adorable grand-mère qui a oublié de grandir Loin d’être une mamie nostalgie, Mamette est une gourmande de la vie qui tente de rester connectée au monde moderne. Pas toujours facile de comprendre le langage SMS des bambins du quartier, mais elle a plus d’un tour dans son cabas pour leur enseigner les bonnes manières. Et sur le banc du square où Mamette, la revêche Mam’zelle Pinsec et les autres refont le monde, les discussions vont bon train et sont rarement tristes. Dans leur paradis envahi de pigeons, elles posent un regard décalé et comique sur notre quotidien. À la fois, douce et sucrée, Mamette va vous faire fondre à coup sûr ! (source : BDSActuary)

mon avis :  L’année dernière j’avais profité des livres en cuisine pour vous parler de La cuisine de Mamette, un livre de recette en bd qui avait eu un grand succès à la maison. Son dessin tout en douceur et ses jolie couleur avaient ravi Mimiko qui a passé des heures à le feuilleter (et me passer commande au passage). Pour retrouver ce plaisir, cette année je lu la série qui en est à l’origina : Mamette, enfin le premier tome. Une jolie bd qui met en scène une mamie toute dodue qui adore la bonne bouffe et qui ne peut résister à une sucrerie. Mamette, veuve depuis des année, occupe ses journée en compagnie des vieux du club, tous franchement drôles, des enfants du voisinage ou encore en cuisine et à table. C’est que Mamette est drôlement gourmande ! Et les recommandations du médecin ne feront pas grand poids face à son amour des bon petits plats. Une adorable bd pour sourire et se détendre, même si on a plus l’âge du rayon jeunesse (qui a dit qu’il y avait un âge pour lire de la littérature jeunesse XD moi j’adore ça que ce soit du côté de la bd ou des romans, une âme d’enfant sans doute…) Envie d’une pause grand-mère câline ? Je vous conseille la lecture de Mamette 😉


Des livres en cuisine bis challenge coréen

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Rocky & Cie

Apprendre en s’amusant c’est un concept que j’ai toujours aimé. Alors quand l’éditeur m’a contacté pour me présenter la collection Rocky & Cie j’étais curieuse. Cette série de mini-BD destinée aux jeunes lecteurs a « pour vocation d’aider les enfants à gérer leurs soucis, leurs angoisses, leurs petits bobos tout en les divertissant. Elle met en avant des valeurs humaines comme la solidarité, le courage, la tolérance, le partage… » Présenté comme ça ça ne pouvait que donner envie de se faire une idée par soi-même.

J’ai eu le plaisir de découvrir cette collection à travers 2 albums : La Reine, c’est moi ! sorti le 1er septembre et L’anniversaire d’Enzo. Ces deux albums sont scénarisés par Stephan Valentin, docteur en psychologie spécialisé dans la petite enfance, et dessiné par
Jean-Claude Gibert.

Très honnêtement les couvertures aux couleurs criardes et le style du dessin ne m’attiraient pas vraiment, mais le concept me semble intéressant.

Sans être séduite par le graphisme, j’ai apprécié de voir l’effort fait par les auteurs pour présenter un groupe d’amis très hétéroclites. Fille de pharmacien ou fils de chômeur, métisse à la peau matte ou petite fille d’origine asiatique, cette clique de copains et varié tant par leur origines sociales, leur couleur de peau et leur caractères personnels. Chaque enfant peut ainsi plus facilement s’identifier tout en faisant passer au passage un message de tolérance et de fraternité. Bien que cela manque de subtilité et que les personnages correspondent à de gros cliché. La petite chinoise est une intello, le fils de prolo un peu gros et la fille de pharmacien une petite peste ultra gâtée… Peut-être aurait-il était sympa de mixer les codes et de présenter des personnages à contre courant des stéréotypes. Passé cette première impression, j’ai trouvé que les histoires proposées sont très simple mais efficaces. En tant qu’adulte je ne peut pas dire avoir pris plaisir à la lecture, mais ce n’est pas à moi que ça s’adresse. Ces bandes dessinées s’adressent à de jeunes enfants et leur racontent des histoires en lien direct avec leur quotidien et leurs préoccupations concrètes. Il ne s’agit pas ici de vivre des grandes aventures mais de se poser quelques questions sur la façon d’agir et régir dans la cours d’école, avec ses copains de classe, à la maison… bref ça leur parle de la vraie vie, avec des vrais inquiétudes d’enfant.

La reine, c’est moi ! montre les conséquences que peut avoir un comportement capricieux et tyrannique. Rosalie s’isole en voulant toujours imposer sa volonté à ses amis. Cette histoire permet à l’enfant de se positionner et comprendre ce que peut entraîner un comportement capricieux mais cela donne aussi des piste pour ceux qui ont un amis avec ce genre de caractère. Faire la part des choses, essayer de comprendre et de canaliser, ne pas se laisser influencer…

Quant à l’anniversaire d’Enzo, il touche un événement capital de la vie des enfants ordinaire du primaire : les fameux anniversaires ! Être invité ou ne pas être invité c’est toujours un drame shakespearien dans leur petites têtes. Enzo, qui est un bien gentil garçon, a beaucoup de mal a accepter que les camarades de classe préfèrent l’anniversaire d’un prétentieux plutôt que le sien. Mais il apprendra à relativiser et à se rendre compte que le plus important ce n’est pas être populaire mais avoir de vrais copains autour de soi.

Avec simplicité et humour ces deux petites histoires parlent aux enfants de leur problèmes quotidiens en donnant des portes de sorties et un regard positif. Mais alors, le message est-il passé ? Que sont devenues les petite bd une fois passées dans les main de Mimiko ?

En tout honnêteté elles ne font pas le poids face aux Légendaire (en ce moment il n’y en a que pour eux) mais Mimiko les a tout de même adopté et mise en place privilégié avec ses livres de chevet. Leur tout petit format en fait un objet facile à manipuler et à glisser près de soi.

Je dirais qu’en toute modestie ses petites bande dessinées remplissent leur rôle : aider les enfants à gérer leur quotidien en leur parlant de ses choses ordinaires qui les préoccupent. Une collection qui peut aussi être utile dans le bibliothèques des accueils périscolaires et les centres aérés. Et pourquoi pas en classe ?

⇒ retrouvez Rocky & Cie sur le site de l’éditeur


lecture 5 sur 6
lecture 5 sur 6
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Le sixième dalaï-lama – tome 1

Après la Soupe aux cailloux c’est à une autre nouveauté des éditions Fei de faire la une : Le sixième dalaï-lama de Guo Qiang (scénario) et Zhao Ze (illustrations).

La couverture est magnifique. Le trait de Zhao Ze tendre et délicat donne envie de découvrir cette histoire, surtout qu’il s’agit de la vie du sixième dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, ayant réellement existé à la fin du XVII.

L’histoire commence en 1694 à Tawang, au sud du Tibet de l’époque. Lobsang Rinchen vit avec ses parents, paysans-esclaves. Il y mène une vie paisible. Il fait la connaissance de la fille du chef du village, Makye Ame, et de sa servante. Les trois jeunes gens se lient d’amitié et peu à peu les sentiments de Lobsang et Makye évoluent. Pendant ce temps, l’empire de Chine, qui tient le Tibet sous sa coupe, découvre la mort du 5ème Dalaï-lama, celui-ci doit être au plus vite remplacé par sa réincarnation sous peine de voir un conflit armé éclater. C’est ainsi que Depa Sangyé Gyatso, régent du Tibet ayant assuré le pouvoir depuis la mort du dalaï-lama survenue il y a déjà 15 ans, part à sa recherche vers le sud. Il tombe sur Lobsang qu’il identifie comme étant la réincarnation du précédent dalaï-lama. La vie des trois jeunes gens va s’en trouver bouleversée. Mais l’aventure ne fait que commencer, Lobsang ne sait encore rien des épreuves qu’il aura a affronter.

Ce premier tome prends le temps de planter le décor, on voit l’amitié liant Lobsang et Makye naître et évoluer tandis que loin de leur village l’équilibre politique du Tibet s’ébranle. On comprend à travers les différentes planches le système complexe où le pouvoir spirituel et administratif de Lhassa doit composer avec le pouvoir militaire du Khan, roi du Tibet mongol,  et l’influence de l’empire de Chine (pour mieux se repérer une carte est proposé).

C’est un très bon premier tome qui nous permet de découvrir la société de l’époque et de s’attacher aux personnages. C’est une mise en bouche magnifiquement illustrée qui donne envie de connaitre la suite. Alors que l’album se termine avec le départ de Lobsang, on se demande ce qui l’attend a Lhassa. Comment réagira le khan ? Et l’empereur de Chine ?

J’aime les lectures qui joignent l’agréable à l’utile. Avec cette bande dessinée on prend du plaisir, c’est beau et léger. L’histoire de ce premier tome n’est en soi pas particulièrement palpitante mais tout ce qu’elle nous apprend sur le Tibet du XVII siècle est intéressant. Une lecture qui plaira aux jeunes (une histoire d’amour contrarié et des menaces qui pèsent sur le jeune héro) mais aussi aux plus vieux qui pourront en apprendre plus sur la structure politique de l’époque tout en profitant des illustrations de Zhao Ze qui propose de très belle planche et une superbe coloration. De quoi bien commencer votre rentrée 2016 😉

Un mot sur le format : couverture cartonnée, 19 x 27 cm, nous sommes dans un format BD et non manga, ce qui permet de bien profiter des couleurs. J’aime particulièrement les paysages.


Un grand merci aux éditions Fei qui nous ont permis de découvrir ce beau manhua qui a ravis toute la famille. Je le conseille au jeunes et moins jeunes lecteurs intéressés par l’extrême-orient, les aventures épiques et les beau paysages. Je le conseille également aux bibliothèques et CDI pour son caractère instructif.

⇒ sur le site de l’éditeur vous pouvez lire un extrait

Et si vous en avez l’occasion, faites un tour à l’exposition Le sixième Dalaï-lama de Zhao Ze qui se tiendra à la librairie-galerie Fei du 3 novembre au 6 décembre 2016 (1, rue Frédéric Sauton, 75005 Paris). Vernissage en présence de l’auteur le 3 novembre.


lecture 2 sur 6

Le coin des curieux :

Tsangyang Gyatso

Si ce premier tome est très agréable à lire il m’apparaissait évident que Guo Qiang livre une version très romancée de la  vie du 6ème Dalaï-lama. J’ai eu envie d’en savoir plus sur ce personnage historique et je suis allée chercher un livre très intéressant : Histoire des Dalaï-lama Quatorze reflets sur le Lac des Visions de Roland Barraux pour y lire la vraie histoire de Rigdzin Tsangyang Gyatso (1683-1706).

[ne pas lire la suite si vous voulez garder tout le suspens de la série

risque de spoiler]

Sangyé Gyatso est nommé régent du Tibet par le 5ème Dalaï-lama en 1679. A la mort de ce dernier Sangyé Gyatso envoie plusieurs troupes rechercher l’incarnation du dalaï-lama mais garde la mort de ce dernier secrète.

C’est en 1685 que l’un de ces groupes rapporte la naissance surnaturelle d’un enfant dans une famille influente du sud du Tibet, dans le pays de Moeun (actuellement en Inde). L’enfant est alors âgé de 3 ans et après avoir passé avec succès les épreuves d’identification est envoyé avec sa mère dans le plus grand secret dans le monastère de Tsöna où il reste 12 ans. L’éducation religieuse qu’il y reçoit est assez médiocre notamment à cause du grand secret dans laquelle elle doit se faire.

C’est en 1697, alors que le jeune dalaï-lama a 15 ans, que son existence est officiellement révélée et qu’il prononce ses vœux de premier degré (getsul). Il reçoit le nom religieux de Lobsang Rigdzin Tsangyang Gyatso.

Dès son intronisation en tant que 6ème dalaï-lama le jeune Lobsang se désintéresse des enseignements religieux et du pouvoir temporel, leur préférant la poésie et la musique. Ses poèmes sont les plus populaires de l’anthologie tibétaine et il est le premier auteur de poésies amoureuses.

La pluie délave
Les chants d’amour
Ecrit à l’encre noire ;
Mais l’amour dans le cœur
Sans nulle trace d’écriture
Reste à jamais gravé

Plusieurs de ses chants font allusion à une jeune fille de son pays natal, c’est sans doute dans ces chants que Guo Qiang puise l’inspiration pour créer le personnage de Makye Ame.

S’éloignant de plus en plus des enseignements religieux, Lobsang s’adonne à la débauche dans les tavernes de Lhassa où il boit en compagnie de ses amis et rencontre de nombreuses maîtresses

Si la servante vit à jamais
Le flot de vin ne s’épuisera.
La taverne est mon refuge,
Avec du vin je suis content.

Le régent fait pression sur Lobsang pour qu’il  prononce ses vœux définitifs (gelong) mais celui-ci refuse et revient même sur ses premiers vœux, redevenant ainsi un laïc. Malgré la renonciation aux vœux monastiques, Lobsang n’en reste pas moins la réincarnation du dalaï-lama. Il continue de vivre au Potala.

palais du Potala

Le 6ème dalaï-lama se désintéressant du pouvoir politique, c’est toujours Sangyé Gyatso qui dirige le Tibet. Ses manœuvres politiques déplaisent à Lhabsang Khan qui le fait prisonnier puis le fait décapiter en 1706. Après s’être débarrassé du régent le khan cherche à évincer le dalaï-lama. Il tente de le destituer mais sa première tentative échoue. Il réussi à le faire prisonnier pour le conduire en Chine sous ordre de l’empereur de Chine, mais alors qu’il quitte Lhassa escorté par les soldats mongoles, les moines et les laïques qui l’escortent se révoltent et s’enferment dans le monastère. Le monastère est assiégé et Lobsang conscient de l’inégalité du combat décide de se rendre. Cette fois il part vers la Chine sans opposer de résistance et disparaît au bord du lac Gunganor, au sud du Kokonor. Si on ne retrouve plus de traces écrites de lui après le 14 novembre 1706, les légendes prennent le relais. Certains prétendent qu’il aurait succombé à la maladie, d’autres qu’il aurait été assassiné. Enfin d’autres espèrent que sa vie aurait longtemps continuée, qu’après une vie de débauche à Lhassa il se soit racheté en amenant la bonne parole bouddhique en Inde et au Népal et qu’il ne soit mort qu’en 1746.

Lobsang fut le seul dalaï-lama a avoir renoncé aux vœux monastiques et à ne pas recevoir de sépulture. Il a laissé son emprunte dans le cœur des tibétains notamment grâce à sa poésie qui est toujours chanté de nos jours.

Barraux conclue son chapitre sur  Rigdzin Tsangyang Gyatso en rapportant une légende qui dit qu’en quittant sa région natale Lobsang aurait planté 3 santals en disant que le jour où les 3 arbres auraient la même taille il reviendrait dans son pays. En 1959 les habitants de la régions remarquèrent que les 3 arbres avaient la même taille et une forme identique. Les trois arbres prirent feu et peu après les habitants apprirent les troubles qui agitaient le Tibet. Le dalaï-lama revint dans la région en la personne de Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama en route pour son exil en Inde.

Bien que la version de Guo Qiang soit beaucoup plus romantique que ce que j’ai pu lire dans Histoire des Dalaï-lama, je suis curieuse de savoir comment l’auteur va mettre en scène la suite de la vie de ce personnage à la fois historique et mythique. Et j’ai hâte de retrouver les somptueux paysages de Zhao Ze.

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Le monde selon Franquin

Quand avec K.bd la question s’est posé de faire un spécial Franquin, j’ai tout de suite dit oui. La perspective de relire cet auteur bd lu dans mon enfance me réjouissait. J’avais le souvenir d’avoir avalé quelques aventures de Spirou et Fantasio, tandis que mon oncle et ma mère sont des inconditionnels de Gaston. Quand à mes enfants, elles ont toujours aimé le Marsupilami. Le focus Franquin ne pouvait que me plaire et pourtant.

Parmi les lectures recommandées pour les synthèses k.bd il y avait Idées noires (que je ne connaissais pas du tout), un album des aventures de Spirou et Fantasio au choix, un Gaston la gaffe et un Marsupilami. Si j’avais bien quelques albums de Gaston la gaffe qui trenaitent dans mes étagères, ainsi qu’un album du Marsupilami dans celle des filles, point de Spirou made in Franquin à l’horizon. Je me suis donc fiée aux avis d’expert et j’ai choisit Le Nid des Marsupilamis et Z comme Zorblug.

Un retour en enfance raté avec Zorblug

La magie du retour en enfance n’a pas opéré. J’ai trouvé la lecture de Z comme Zorblub plutôt ennuyeuse.

Fantasio se fait enlever par une voiture sans conducteur. Cette voiture lui laisse un message pour le professeur je sais plus quoi de Champignac qui semble dans un premier temps ne pas prendre la chose au sérieux. Finalement Zorblug, l’auteur de l’enlèvement se manifeste en personne au professeur de Champignac. Le prendra-t-il plus au sérieux ? Quel est le machiavélique plan de Zorblug qui tient absolument à se que le professeur le rejoigne ?

Des questions qui auraient pu faire monter la tension mais, non ! Gag sur gag, rien qui m’a fait franchement rire. Un rythme vraiment pas soutenu. Du blabla à plus savoir quoi en faire… Je suis désormais trop habituée à la lecture rapide du manga où l’image en dit autant que les dialogues sinon plus. J’aime que ça aille vite et que ça parle peu. Là, la seule chose que j’ai vraiment trouvé drôle c’est la chute. Se donner tant de peine pour un plan machiavélique si dérisoire il y a en effet de quoi sourire.

ça va mieux avec le Marsupilami

Sans dire que j’ai trouvé le nid des Marsupilamis passionnant, j’ai tout de même pris plus de plaisir à lire se tome qui réuni 2 histoires courtes. Etant plus courtes, je n’ai pas eu l’impression d’ennui et d’intrigue qui traîne en longueur comme dans le précédent tome.

La première aventure raconte la découverte par Seccotine, une amie de Spirou et Fantasio, d’un couple de marsupilamis en Palombie. A grand coup de Houbi et de Houba, le texte est plus court et… du coup moins ennuyeux. L’humour marche bien, du moins j’ai trouvé ça plus simple et plus amusant que Zurblog.

La deuxième aventure du tome : La foire aux gangsters nous ramène à la civilisation (et au dialogues qui n’en finissent pas !). J’ai survolé les bulles trop longues du coup… ben j’avais pas capté la subtilité de l’intrigue. Décidément, les aventures de Spirou et Fantasio sont bien trop prolixe pour la lectrice paresseuse que je suis, sans parler du fait que je ne suis pas du tout sensible à l’humour basé sur les jeux de mots (que je ne comprends jamais). De plus (détail insignifiant pour certain mais important pour moi) la police utilisée rend la lecture particulièrement difficile, j’ai du mal à distinguer les mots les uns des autres.

La queue du marsupilami: histoire d’en avoir le cœur net j’ai piqué dans la bibliothèque de Mimiko ce tome et cela confirme mon ressenti. J’aime bien le Marsupilami parce que je peux en suivre  les aventures, simples et drôle, même sans lire le texte.

Grands enfants:

Après des lectures très jeunesse j’ai aussi tenté ma chance avec Gaston la gaffe qui fait tant rire mon oncle. La encore ce fut un échec. Je ne trouve pas ça très drôle t je m’ennuie. Il m’aurra fallu plus d’un mois pour venir à bout d’un seul tome.

Ma lecture a été si attentive que je ne comprends même pas le titre de l’album.

Humour noir

Comme je l’ai dit je ne suis pas très sensible à l’humour présent dans les aventures de Spirou et Fantasio. Le fait est que je ne suis pas sensible à l’humour de Franquin. Ces Idées noires m’ont peu fait rire. Si j’ai trouvé quelques pages amusantes, d’autres percutantes et le tout d’une incroyable actualité, de nombreuses case m’on laissé dubitative, je les ai relu deux fois en me demandant ce qu’il y avait de drôle et … j’ai pas trouvé. Le problème c’est que l’album s’ouvre avec ces cases là du coup je rechignait à lire la suite. Or plus j’avançait dans l’album plus j’y était sensible. 

Je ressort de ce spécial Franquin assez déçue. Cet auteur n’est pas pour moi.

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Sherlock Fox – pour les enfants, vraiment ?

c’est au rayon bd jeunesse que je suis tombé sur le tome 1 de Sherlock Fox (série prévue en trois tomes et dont le tome 1 date de 2014, aux éditions Glénat) avec Du Yu au dessin et JD Morvan au scénario. Il se trouve que nous venions d’emprunter les dvd de la série animé Sherlock Holmes (celle réalisé par un certain Hayao Miyazaki ) du coup je me suis dit qu’après avoir visionné la version chien de Sherlock, lire la version renard ça pouvait être sympa. Et puis, j’aimais bien la couverture :

Finalement, dès les premières pages on apprends qu’on n’a pas à faire au fameux Sherlock Holmes mais à Ney Quitsu, un renard commissaire de police surnommé Shelock Fox. (Vous avez bien sûr remarqué le jeu de mot sur le nom du personnage… moi il m’a fallu deux minutes pour percuter -_-‘ je trouvais ça un peu bizarre comme nom… XD).

Quand j’ai compris qu’il ne s’agissais pas de Sherlock Holmes j’étais déjà séduite par le dessin de Du Yu (que je découvre avec ce titre) et je n’y ai pas vraiment prêté attention. Je me suis laissé porter par le récit, dans ce monde peuplé d’animaux, ou Ney Quitsu nous assène de bonne paroles pleine de morale et de bon sens toute en menant ses enquêtes.

Peut-être la façon de faire passer le message manque de subtilité (elle en manque cruellement je dirais) mais cela colle assez bien à ce personnage un peu hautain, qui se place au dessus des autres par son grand sens de la morale et de la justice.

Je m’appelle Ney Quitsu.

Je suis commissaire de police.

Et je suis un renard.

Je sais ce que vous allez me dire : c’est un  lieu commun. Il m’a vallu le surnom de « Sherlock Fox ».

Le renard est connu pour être rusé, vif, beau parleur… tout ce qu’il faut pour être un bon enquêteur.

Mais faites attention, les lieux communs sont les meilleurs amis du racisme.

Et le racisme n’est pas une opinion… Mais un délit.

Le ton est donné depuis le début. Quitsu va nous faire la morale. Mais c’est plutôt une bonne morale : égalité, respect de la lois, ne pas laisser l’instinct animal gouverner ses actes, etc.

Le récit commence avec le dénuement d’une enquête. Ney Quitsu dévoile le coupable de l’affaire sur laquelle il enquêtait devant un parterre de suspect et nous raconte comment il l’a démasqué. On découvre à travers son récit la société dans laquelle évoluent les personnages. Une société d’animaux qui après des siècles de dur labeur ont réussi a bannir l’instinct animal afin de tous vivre en bonne entente.

A peine cette enquête banale conclue, Ney Quitsu se voit attribuer une nouvelle enquête beaucoup plus sensible : un cadavre est retrouvé. Et ce qui a causé la mort pourrait être le pire des tabou : de la zoophagie !

J’ai piqué cette bd chez les enfants avec en tête l’idée de la faire lire à Mimiko, mais… le ton y est vraiment pas pour des enfants de son âge. En dehors du crime de zoophagie que l’ont peut aisément assimiler au cannibalisme, c’est le ton générale du récit qui m’a un peu surpris. Comme cette scène dans les bois entre un lapin et une jument que je me voyais pas du tout expliquer à ma fille :

Tu me sens ?

Ma cherie, tu me sens ?

Je… … je t’aime

Mais ce n’est pas se que je te demande…

Oui, mais c’est la vérité

Tu ne veux pas me répondre

Ce n’est pas ça, mais…

Ou encore le discours de notre cher Quitsu qui traverse les bas fond

Mais la réussite la plus extraordinaire… c’est que nous avons su mettre fin à la sexualité dans le seul but de la reproduction.

Certains, encore aujourd’hui, trouvent cela d’une perversion hors du commun.

Pour ma part, je le vois comme la victoire ultime de la raison sur la passion.

Vous êtes sur que c’est bien une bd pour enfants ? Ou c’est moi qui suis prude ? XD

Bien que j’attendrais un ou deux ans avant de mettre (enfin remettre) cette bd dans les mains de Mimiko, moi j’ai passé tout de même un très agréable moment de lecture. La morale trop ostentatoire de Quitsu m’a surprise, comme le ton plus mature que ce que j’attendais, mais l’ensemble fonctionne très bien. J’ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs, l’ambiance générale et la façon de raconter l’histoire. A la fin, j’avais envie de lire la suite. Dommage qu’elle ne soit pas encore sortie.

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sur le site de l’éditeur

lire un extrait

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Couleur de peau miel – la boucle est bouclé

Ce n’est que 4 ans après avoir découvert Couleur de peau : miel avec les 2 premiers tome de ce triptyque autobiographique Jung, que je lis enfin sa conclusion.

Dans ce troisième tome, Jung quadragénaire, décide enfin de retourner en Corée. Pour ce premier voyage sur la terre qui l’a vu naître, il sera accompagné par une équipe de tournage qui filme ce retour pour l’adaptation cinématographique de Couleur de peau : miel. Dans ce troisième volet Jung devenu adulte se remémore quelques souvenir de jeunesse, parle avec son enfant intérieur,  échange avec l’équipe de tournage et réfléchi beaucoup à son expérience et a ses sentiments d’abandon et de déracinement. Il est enfin apaisé, mais la blessure est toujours là et elle lui laissera pour toujours une cicatrice.

Dans ce troisième tome il y a beaucoup d’émotion. C’est très touchant. Bien que ce soit moins amusant à lire que le premier tome ou les farces joué par la fratrie faisant rire malgré la réflexion sus-jacente sur l’adoption. Ici on est plus dans la réflexion et moins dans l’expérience de vie.

Le dessin est toujours très agréable, le ton est plus sérieux. C’est un adulte qui parle aux adultes, le premier tome parlait à l’enfant, le deuxième à l’adolescent révolté. 3 albums, 3 périodes, une vie. Une très belle autobiographie qui m’a beaucoup ému et qui m’a fait réfléchir sur l’adoption, un sujet qui me tenait à cœur depuis ma plus tendre enfance. Dans mon premier article je disais avoir toujours désiré adopter un enfant. La lecture de couleur de peau : miel m’a marqué au point de me faire changer d’avis.

→ à lire aussi mon avis sur les 2 premiers tomes, les avis de Lunch et Badelel (tome 1 et 2) et Mokamilla

Couleur de peau : miel est aussi un film. Après avoir lu le dernier tome j’ai eu envie d’enchaîner avec l’adaptation animé. Dans j’avais pu voir il y a 4 ans les premières images.

Dans ce film les prises de vue réelles sont mêlée à l’animation. On y voit Jung arriver dans sa famille Belge, y grandir. Puis revenir en Corée pour ouvrir son dossier d’adoption dans l’espoir d’en apprendre plus sur ses parents naturels. Le retour de Jung ne nous est pas livré à la fin, mais parsemé par petites touches tout au long du film. Sa voix off nous raconte son ressenti, tandis que l’animation nous montre ses souvenir d’enfance.

J’ai trouvé ce film extrêmement touchant et j’avais les larmes aux yeux même après avoir déjà lu la bande dessiné. C’était peut-être même trop touchant. Mimiko qui l’a regardé avec moi en a été bouleversé.

En revanche j’ai eu un peu de mal avec la technique d’animation que je n’ai pas trouvé assez fluide. C’était parfois déstabilisant.

Que vous choisissiez la bande dessiné ou le film (pourquoi pas les deux), je vous conseille vivement ce témoignage touchant et personnel.


bd et film d’animation
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Zaï Zaï Zaï Zaï

Avez-vous votre carte de fidélité de grande surface sur vous ? Non ? Vous deviez remédier rapidement à cet impair ou vous risqué d’avoir de sacré ennui ! C’est ce qui arrive au héros de Zaï Zaï Zaï Zaï. Il se rend tranquillement au supermarché du coin, achète quelques courses et un poireau, mais voilà qu’au moment de passer à a caisse catastrophe ! Il a oublié sa carte de fidélité dans l’autre pantalon. Il n’en faut pas plus pour faire paniquer la caissière, faire accourri le vigile, puis la police. Le héros tente de s’échapper à la traque de la police. Les journaux télévisé s’en donnent à cœur joie, invitant des experts. Faut dire que l’homme est un auteur de BD, ça explique tout ! Tout le monde à son mot à dire, au bistrot, à l’école, en famille… Le point de départ de ce “road movie” est complètement absurde et plus on avance dans le récit plus ça devient du grand n’importe quoi.

J’avoue que la couveture ne me faisait pas du tout envie et quand mes camarades k.bdéens ont proposé ce titre pour le prix k.bd j’y suis allée à reculons. Les premières pages feuilletées sur le coin d’une table étaient loin de m’avoir fait changer d’envie ! What the fuck ? Le mec se fait courser par la police parce qu’il a pas de carte de fidélité ? O_o

Et bien, j’avais tort !

Avant de rejeter l’album j’ai eu envie d’y regarder de plus près et passé la surprise que crée le côté complètement absurde de cette aventure, j’ai vite adhéré à l’histoire. Au début cela me faisait sourir et plus j’avançais dans le récit et plus ça me faisait rire. Maintenant je l’affirme : c’est franchement drôle. Sous cette épaisse couche d’absurdité fusent les critiques très juste de notre société, toujours en quête d’exagération.

tout ça n’est qu’une grande farce tragique

Il n’y a qu’a écouter les info ou les gens autours de nous pour se rendre compte à quel point c’est vrai. Une grande farce tragique dans laquel le moindre truc prends des proportion inimmaginables.

Et si on arraitait de se prendre la tête ? Si on prenais les choses un peu plus à la légère ? Voilà le message que nous délivre Fabcaro en nous faisant bien rire. Tout le monde en prend pour son grade, les bobos, les fachos, même les instits ! J’ai adoré les clins d’œil sur le métier d’auteur de bd.

et comme par hasard c’est un auteur bd… Je te les foutrais tous dans un charter moi et hop, direction Bruxelles

Bref c’est drôle et le dessin n’est finalement pas désagréable. Le coté très épuré s’accorde bien avec le récit. Une lecture que je conseille vivement.

Merci à l’équipe k.bd et aux éditions 6 pieds sous terre de m’avoir permis de découvrir cette bd

à lire aussi la synthèse de k.bd

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Le rapport de Brodeck – L’autre

Un soir, alors que Brodeck vient au village chercher un peu de beurre, il trouve tous les hommes du village à la taverne, ils viennent de commettre un crime : ils ont tué l’anderer, « l’autre ». Un étranger qui a débarqué après la guerre dans le village et qui par son mystère et son sourire peut-être trop avenant a effrayé le village entier jusqu’à conduire les villageois à cet extrême. Brodeck se voit octroyer la tâche d’écrire un rapport sur cet incident, un rapport qui devra justifier les actes des villageois. Seul innocent parmi les coupables, Brodeck comprend bien vite le danger que cela représente, tous le surveillent, se méfient et la tension monte page après page, tandis que Brodeck nous raconte, l’arrivée de l’anderer mais aussi son histoire, les camps de concentration, la guerre…  Ce récit, très sombre, ne pourra pas laisser indifférent.

Page 6

Le récit, souvent silencieux, sait par la mise en page et le cadrage faire monter la pression au fur et à mesure qu’on avance. Les  paysages enneigé sont superbe. Le jeu d’ombres et de noires accompagnement parfaitement l’ambiance pesante et inquiétante du récit. Les visages, toujours usés par la vie, rendant tous les personnages d’un âge incertains, sont très expressifs. C’est un régal pour les yeux.

J’ai vraiment aimé cette bd que j’ai découvert grâce au prix k.bd. J’y suis allé sans rien attendre. Je ne connais Manu Larcenet que de nom et je dois dire que c’est une très belle découverte ! (J’en profite au passage pour remercier l’équipe k.bd et les éditions Dargaud).

J’ai été très rapidement prise dans l’histoire. C’est beau et c’est chouette à lire. J’ai hâte de découvrir le deuxième et dernier tome.

Page 19

Avant de devenir une bd sous le pinceau de Manu Larcenet, Le rapport de Brodeck c’est un roman écrit par Philippe Claudel en 2007. Je n’ai pas lu ce roman mais à en juger par ce premier tome, Manu Larcent s’en sort très bien pour sa première adaptation littéraire. Et chose étonnante, malgré que l’histoire nous vienne d’un roman, il y a beaucoup de silences. Manu Larcent réussi à rendre le récit juste par le dessin.

A lire !

Voir aussi les avis de Yvan, Lunch, Noukette

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L’ile Louvre

Le musée du Louvre est devenu île, sous les crayons de couleurs de Florent Chavouet. Muni d’un pass délivré par les autorités du musée, il se rend sur ce territoire insulaire à la rencontre de ses habitants (ceux qui travaillent dans cette institution), de ses visiteurs (les touristes du monde entier) et de ses paysages (l’ensemble des salles et des œuvres exposées). Carnet de voyage en main, l’auteur s’amuse à nous décrire cette île-musée et ses traditions. Au fur et à mesure de ses déambulations, il nous plonge ainsi dans la vie quotidienne du Louvre, restituant avec un sens du détail digne des plus grands enlumineurs, les lieux les plus courus comme d’autres bien moins connus ! Les édition du Louvre et Futuropolis, poursuivent avec Florent Chavouet, leurs parutions où carte blanche est donnée aux artistes.

(sources : Futuropolis)

J’ai connu Florent Chavouet à travers son carnet de voyage Tokyo Sanpo sorti chez Philippe Picquier en mars 2009. Depuis Chavouet a sorti un deuxième carnet de voyage Manabé Shima (2010) et une bd atypique Petites coupures à Shioguni (2014).

Avec L’île Louvre l’auteur renoue avec son thème de prédilection : le carnet de voyage et pour l’occasion il transforme le musée en une île avec ses autorité, ses habitants et ses nombreux touristes. A travers des scène capturé de ci de là au détour de sa visite, il nous restitue l’ambiance particulière de ce grand musée. Il croque avec beaucoup humour les touristes parfois perdu dans ce grand temple de l’art. On y découvre aussi les guides, leurs habitudes et leurs anecdotes. On voit le musée sous un autre œil. Si Chavouet fait la part belle à l’architecture du musée et aux œuvres d’art exposée, ce qui l’intéresse se sont avant tout les hommes et les femmes qui s’y trouvent, que ce soit pour le plaisir ou pour le travail. Des scènes qu’il décrit avec ce sens du détail très particulier.

Une façon très originale de découvrir ou redécouvrir le Louvre. Une lecture très agréable et légère, beaucoup d’humour et un très joli coup de crayon de couleur immédiatement reconnaissable. De quoi donner envie de retourner au Louvre pour peut-être ne pas regarder que les œuvres d’arts mais aussi accorder quelques instants d’observation aux foules qui déambules dans ses couloirs. En tout cas moi ça me donne envie d’aller au musée 🙂

à lire :  l’avis de Mo’, Lunch

Merci au éditions Futuropolis qui m’ont permit de découvrir cette BD sélectionnée pour le prix 2016 K.BD

lien vers la fiche éditeur

Dans la collection du Louvre des éditions Futuropolis vous trouverez 11 autres bd, parmi lesquels il y a même un titre de Jiro Taniguchi et de Hirohiko Araki. Si cette collection vous intéresse vous pouvez aller faire un tour sur la page facebook dédié.

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Kersten médecin d’Himmler

C’est avant tout le thème de cette courte série en 2 tomes qui m’a attiré quand le titre a été proposé comme lecture commune par l’un de mes camarades kbdéens. Mo’ m’ayant généreusement offert le premier tome, il n’y avait plus aucune raison de me retenir. Et pourtant j’ai pas réussi à m’y plonger avant mercredi dernier. Là encore je me suis fait violence, deadline oblige. En ouvrant  et feuilletant le premier tome, j’avais pas envie. Le style graphique ne me correspond pas vraiment. Et c’est justement ce que j’aime avec K.BD !! C’est que je fini par lire des choses que je n’aurais pas choisi par moi-même et que je fais des belles découvertes. Kesten médecin d’Himmler c’en est est une.

Cette série raconte l’histoire de Kersten, un médecin finlandais qui travaille à Berlin sous le IIIème Reich. Kersten se voit contraint de devenir le médecin personnel d’Himmler qui souffre d’atroces douleurs d’estomac. Kersten est le seul à pouvoir le soulager. Il gagne ainsi la confiance d’Himmler. Grâce à sa position privilégiée au côté de cet obscur personnage Kersten tente de sauver le plus de vies possibles. Pourtant après guerre son rôle est passé sous silence et la Suède refuse de le naturaliser, le traitant en collabo. Un homme enquêtera pour rétablir la vérité sur les réels agissement de Kersten pendant la guerre et lui permettra d’enfin obtenir son passeport suédois en 1953.

Le récit alterne les phase d’enquête d’après-guerre avec le travail de Kersten au côté d’Himmler. cette alternance rends le récit plus intéressant et moins monotone.

Comme j’ai dis en introduction, ma première impression était plutôt négative. Le dessin et les couleurs ne me faisaient pas du tout envie, mais bon, je m’était engagée à le lire alors… Très vite j’étais plongée dans le récit que j’ai trouvé très intéressant. Je ne connaissez pas du tout l’histoire de Kersten et j’ai trouvé cela particulièrement intéressant car cela met en lumière la difficultés de prendre position dans ce genre de situation. Tenter de fuir et se mettre à l’abris ? Profiter de la confiance qu’un abjecte personnage vous accorde pour tenter de protéger le plus de personnes possible quitte à mettre sa propre vie en danger ? Une décision très difficile à prendre surtout quand vous devez pactiser avec le diable qui vous prend pour son ami. J’ai trouvé le personnage de Kersten fascinant et après avoir fini le premier tome j’ai filé à la librairie me procurer le tome 2 que j’ai lu avec autant d’intérêt.

Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une oeuvre remarquable car artistiquement elle ne correspond pas forcement à mes goût, je ne suis toujours pas fan du dessin. Cependant j’ai trouvé cette bande-dessinées très intéressante. Je trouve que les auteurs on fait un bon travail puisque malgré mes à priori j’ai été happé par le scénario.

Je conseille cette bd à tous les amoureux de l’Histoire, surtout à ceux qui s’intéressent à la deuxième guerre mondiale. Outre le témoignage sur la vie de Kersten cette bd fait réfléchir à la difficulté de distinguer les véritables collaborateurs des gens ayant agis sous couverture pendant la guerre. Cela me fait penser à un film qui m’avait beaucoup marqué il y a quelques années et qui racontait l’histoire d’un officier nazi ayant fait tous son possible pour sauver des juifs et qui fut exécuté par les allié après la guerre. Le film m’avait beaucoup marqué mais… j’arrive pas à me souvenir du titre.

→ à lire aussi les avis de Mo’ et Yvan (tome 1 et 2)

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