Archives de catégorie : album jeunesse

La malédiction de l’anneau d’or [album jeunesse]

Les noms de Fred Bernard et François Roca sont la garantie de très beaux albums. Ici les illustrations sont magnifiques et valent à elle seules le détour, mais en revanche l’histoire qui nous est racontée n’a pas trouvé grâce à mes yeux.

Deux orphelines  se jurent une amitié éternelle, mais, arrivées à l’adolescence, leur belle amitié sera détruite par un bel homme qui vient semer la zizanie. Un homme d’une rare beauté qui sous ses airs charmeurs cache une très odieuse nature.

Une histoire pas très originale qui a déjà été servie de nombreuses fois. Et cette énième version n’y apporte pas grand-chose, si ce n’est un dénuement heureux. Les héroïnes m’ont laissé de marbre, je ne les ai pas trouvé particulièrement touchantes, et cette histoire d’amitié brisée par l’amour est tellement banale que ça m’a fait plus sourire qu’autre chose. L’enrobage magique et mystique qu’on y ajoute n’a rien changé. Au contraire, cela rend le tout encore plus banal et ça lui donne une touche de passivisme qui m’irrite au plus haut point.

Je m’explique : l’homme séduit les jeunes filles par son charme, mais il en ensorcelle une pour qu’elle le suive. Quand l’homme révèle son odieuse nature, loin de se rebeller, la jeune fille devient sa complice, devant elle-même une terrible magicienne. Oh ! Elle finit bien par le quitter un jour, mais cela suffit-il à pardonner ce qu’elle a fait lorsqu’elle était sa compagne ?

Ce qui m’a dérangé c’est justement qu’on lui pardonne tout parce qu’au fond elle n’est responsable de rien, la pauvre était envoûtée. La pauvre, c’est qu’une fille, aurais-je envie d’ajouter. J’exagère bien sûr, mais c’est ce que j’ai ressenti en lisant cette histoire, et toutes les histoires où les jeunes filles se font envoûter par de beaux et ténébreux mages cruels. Ce n’est jamais leur faute à elle. Et ça, ça me dérange beaucoup. C’est priver l’héroïne de sa part de responsabilité, la rendre passive et soumise.

Heureusement que ce n’est pas un prince qui la sauve, mais son amie d’enfance. Au moins, les femmes ne servent pas complètement à rien, même si on ne peut pas leur demander de résister aux charmes des hommes ténébreux.

Je provoque, ce n’est pas aussi caricatural que ça dans l’album. On tente de nous y décrire des filles aux caractères bien trompés, mais n’empêche, il ne lui faut vraiment pas beaucoup d’effort au magicien pour les manipuler.

Bref une histoire que je n’aime pas, mais de sublimes illustrations.

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Horton entend un chou – Dr Seuss [album jeunesse]

Pour Noël j’avais présenté l’album comment le Grinch a volé Noël du Dr Seuss, un auteur jeunesse américain. J’y avais reconnu les chous du dessin animé Horton et ce n’est qu’à la fin de cet album que je découvrais qu’Horton, avant d’avoir été un film était justement un autre album du Dr. Seuss.

C’est toujours aux éditons le nouvel attila que je l’ai découvert à son tour.

Si je n’avais pas aimé la couverture du Grinch (trop rouge) que dire de celle de Horton rose Barbie ! Décidément le choix des couvertures ne me plait pas, mais l’intérieur en revanche est un régal. Si le choix de couleur n’est pas à mon goût, j’ai été séduite par l’ambiance du livre et la morale de l’histoire.

Ce que j’adore chez le Dr Seuss, c’est la façon de jouer avec les mots.

Ici nous rencontrons Horton, un grand éléphant gentil et généreux qui par hasard entend crier au secours un petit chou sur une poussière. Il décide de lui venir en aide, mais ce ne sera pas si simple. Des idiots il n’en manque jamais, et puis qu’eux n’arrivent pas à entendre la petite voix sur le grain de poussière c’est qu’elle n’existe pas. Et comme Horton insiste, ils en font un point d’honneur. Cette poussière doit être détruite. Mais Horton n’est pas du genre à baisser les bras, il se bat et il y arrive.

Un très joli album à lire à voix haute.

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chut les enfants lisent 

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Yasuke [album jeunesse]

Editions Les Fourmis Rouges - Yasuke

Dans cet album, Frédéric Marais raconte l’histoire de Yasuke, un esclave né en Afrique et arrivé à bord d’un navire sur les côtes du Japon au XVI siècle. Il y fera la rencontre d’Oda Nobunaga qui en fera un samouraï. Le seul samouraï noir à avoir existé.

L’existence de Yasuke est relatée dans les écrits de Luis Frois, un jésuite ayant séjourné au Japon au XVI siècle.

Le texte de Frédéric Marais est très court et si je trouve l’histoire qu’il raconte intéressante, le texte en lui-même ne m’a pas vraiment charmé.

Les dessins sont très beaux, mais j’ai eu un peu de mal avec le fond vert que je trouve très agressif.

Au final je suis un peu déçue par cet album, non pas parce que ses défauts l’importent sur ses qualités, mais parce qu’il y a eu un tel engouement autour de ce titre lors de sa sortie que je m’attendais à un coup de cœur. Or j’ai lu un bel album, mais pas de coup de cœur pour moi.

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Frédéric Marais

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Le coin des curieux

Comment ne pas être curieux quand on nous parle du seul samouraï noir de l’histoire ?

Dans cette dernière vidéo, Serge Bilé présente son roman dédié à Yasuke, j’ai très envie de le lire.


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Les enfants parallèles [album jeunesse]

Je vous avais parlé, il y a un moment déjà, d’un très bel album que j’avais découvert à la bibliothèque : Sous la grande vague aux éditions Léon art & stories. J’avais aimé le principe de l’album qui mélange oeuvre de maître, illustrations et fiction. Aujourd’hui c’est un autre artiste d’origine japonaise que je redécouvre grâce aux éditions Léon art & stories.

Pour ce nouveau voyage artistique, Hélène Kérillis s’associe avec Xavière Devos. Ensemble, elles nous racontent une très belle histoire fantastique où Foujita se voit attribuer un merveilleux pouvoir magique, celui de reconnecter ses amis à leur enfant intérieur.

Tout commence avec la petite Mimi que personne ne peut voir. Rejointe bientôt par d’autres enfants parallèles, Mimi cherche le Grand Raccommodeur. Embêtés par de drôle de chiens, aidé par un chat effrayant, les enfants arriveront à bon port.

Une très jolie histoire, touchante et poétique. Les illustrations de Xavière Devos se marient très bien aux peintures de Foujita qui n’en sont que d’avantage mis en valeur.

 

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Les enfants parallèles #leonartandstories #leonardfujita #litteraturejeunesse #albumjeunesse

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Si je connaissais Foujita de nom (et de tête puisque j’ai déjà vu ses autoportraits), j’avoue que je n’avais encore jamais pris le temps de me pencher sur sa peinture. Et comme le hasard fait bien les choses, alors que je me disais qu’il serait temps de m’y intéresser, voilà qu’on me propose ce bel album. Non seulement je l’ai beaucoup aimé, mais il m’a également donné envie d’aller plus loin et de redécouvrir la peinture de Foujita à laquelle je n’avais encore jeté que des regards distraits.

Sur le site de l’éditeur

Hélène Kérillis (et son profil facebook)

Xavière Devos (et son profil facebook)

→ à lire aussi les avis de Blandine et Lylou

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Le coin des curieux

à lire : Léonard Foujita en deux minutes [Beaux Arts]

Foujita. Peindre dans les Années folles


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L’histoire du loup et du petit chaperon rouge aussi ! [album jeunesse]

 

Encore un chaperon rouge détourné ! Oui, encore un. Le Petit Chaperon rouge doit sans doute être le conte le plus détourné de la terre.

Encore un, mais un qui vaut le détour !

J’ai beaucoup aimé le dessin de cet album, entre ombre chinoise et cartoon. Le texte est très simple, très court, avec un loup qui a bien du mal à être féroce.

 

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L’histoire du loup et du petit chaperon rouge aussi ! @alicejeunesse #albumjeunesse #challengecontesetlegendes #contesetlegendes

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Seblight

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Les Liszt [Album jeunesse]

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Les Liszt dressaient des listes.

Grifgrif, grafgraf.

Des listes parfaitement ordinaires

Et des listes tout à fait insolites.

Mais quand un visiteur arrive, personne n’y prête attention. Il n’est pas sur la liste, alors on regrette…

Personne sauf le petit dernier qui, sur sa liste, n’a que des questions.

J’ai beaucoup aimé cet album. Son texte est drôle et surréaliste avec cette étrange famille de listeurs.

 

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Les Liszt #albumjeunesse @editionspasteque

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J’ai aussi beaucoup aimé le dessin qui fourmille de détails et de clin d’œil. Le décor a une allure vintage et gothique, avec leurs listes bizarres et leurs mines trop sérieuses les Lizst feraient presque peur.

C’est un très chouette album que nous proposent là les éditions de la Pastèque, avec au dessin Jùlia Sardà et au texte Kyo Maclear.

sur le site de l’éditeur

Julia Sardà, sa page facebook et son tumblr

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Ameline joueuse de flûte [album jeunesse]

Ameline

Popi raconte toujours la même histoire à sa petite fille Ameline, celle du joueur de flûte de Hamelin. Comment il avait débarrassé de la ville des rats et comment il avait amené les enfants quand le maire avait refusé de le payer, les noyant à leurs tours dans la rivière.

Mais le jour des 10 ans d’Ameline, Popi ne se réveille pas. La jeune fille part dans un petit village ou son grand-père sera enterré. Des enfants sont la pour l’accueillir. Mais quand elle parle de ses nouveaux amis aux parents qui viennent de l’adopter, ceux-ci répètent qu’il n’y a pas beaucoup d’enfants ici. Mais qui sont donc les enfants aux habits vieillots et aux souliers mouillés ?

Les auteurs ont ici imaginé une suite au conte du joueur de flûte, une fuite sous forme d’héritage qui amènera une fin plus heureuse.

L’album est très agréable à lire. J’ai beaucoup aimé les illustrations où s’opposent deux ambiances colorées, une vive, l’autre morne et grise. La couleur nous raconte l’histoire avec un temps d’avance sur le texte.

Un bel album, pour les enfants pas trop petits.

sur le site de l’éditeur

Clémentine Beauvais

Antoine Deprez


 

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Le taureau bleu [album jeunesse]

J’ai emprunté cet album à la bibliothèque. La couverture a tout de suite attiré mon attention et comme j’étais au rayon contes et légendes, je n’ai pas hésité une seconde. Le dessin me laissait penser qu’il s’agissait d’un conte venu d’orient. Il y a quelque chose d’oriental dans la composition du dessin.

Le taureau bleu

Et bien je me trompais lourdement ! Je n’étais pas partie dans la bonne direction. Le taureau bleu, illustré par Martine Bourre et raconté par Coline Promeyrat, est un conte breton.

Une petite fille orpheline de mère et maltraitée par sa belle-mère (encore une ! décidément, les belles-mères n’ont pas la côte dans les contes de fées) trouve du réconfort auprès d’un taureau bleu aux étranges pouvoir.

Ensemble enfant et taureau s’enfuient et traversent 3 forêts, une aux feuilles de cuivre, une aux feuilles d’argent et enfin une aux feuilles d’or.

C’est la première fois que je découvre ce conte, dont le thème, semble-t-il, est pourtant assez récurrent dans les contes de l’Europe de l’Ouest et du Nord. Aviez-vous déjà rencontré une version de ce conte ?

Que vous le connaissiez déjà où non, je vous conseille vraiment cet album. Le texte est court et très agréable à lire, même à voix haute, s’est écrit en grand caractère et s’adaptera très bien à la lecture pour dyslexique. On joue d’ailleurs avec différentes tailles de lettre pour dynamiser encore plus le texte. Et que dire des illustrations ! Elles sont vraiment jolies, surtout quand le taureau et la fillette pénètrent dans les forêts.

 

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Le taureau bleu #challengecontesetlegendes #contesetlegendes #albumjeunesse @didierjeunesse

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Une très belle découverte.

sur le site Didier jeunesse

Coline Promeyrat

Martine Bourre

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Raiponce [album jeunesse]

C’est la couverture qui m’a attiré mon attention, et l’intuition était bonne. Si Paul O. Zelinsky nous offre le conte de Raiponce dans sa forme la plus classique, les illustrations, qui me font penser à la peinture de Raphaël, donnent une allure très élégante à cet album.

Une belle version pour redécouvrir le conte de Raiponce.

Ce conte, publié par Le Genevrier fait partie de la collection Caldecott qui regroupe une sélection d’albums ayant reçu le prix Caldecott qui récompense chaque année des albums jeunesse aux États Unis. Cette collection respecte le format d’origine.

sur le site de l’éditeur

⇒ Paul O. Zelinsky

Ce conte allemand très connu, que l’on retrouve dans les contes des frères Grimm, me fait penser à un conte italien qui commence de la même façon : une femme enceinte et un potager de sorcière à piller. Je vous en ai parlé, vous vous en souvenez ? Je parle bien sûr de Prezzemolina.

Le coin des curieux

Paul O. Zelinsky vs Raphaël

Image associée Image associée

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Raiponce

Si dans le conte italien la mère a une envie de persil, c’est de raiponce qu’il est question ici. Mais je n’ai jamais vu de raiponce dans un potager, alors j’ai voulu en savoir plus sur cette plante, que de toute évidence on trouve dans les potagers allemands.

Les raiponces sont des campanules comestibles. On mange toutes les parties : feuilles, fleurs et racines, en salade.

Il semblerait que sa culture soit facile et qu’elle se resème facilement toute seule. J’ai très envie de tester. Pas vous ? Juste à côté du persil pour un potager de conte de fées.

plants de raiponce de la Ferme de Sainte Marthe


 

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Contes d’un autre genre – Gaël Aymon

Voilà un très bel album de contes. En reprenant les codes et les formes des contres de fées traditionnels, Gaël Aymon nous propose 3 jolies histoires qui brisent les stéréotypes de genre. Les princesses n’ont pas toujours besoin d’être sauvées, alors que certains princes en rêvent.

Des contes à la fois classiques et très modernes. Il y a des rois et des reines, des princes et des princesses, des ogresses et des châteaux enchantés, mais les héros et héroïnes n’ont pas l’intention de se laisser dicter leur conduite et jouer le rôle qu’on attend d’eux.

Contes d'un autre genre

Le premier conte, La Belle éveillée, est, vous l’aurez compris, une réécriture de La Belle au dois dormant où la princesse se libère toute seule et gagne sa propre main.

Ce conte est illustré par François Bourgeon. (couverture)

Rouge-crinière fait penser à Barbe bleue avec une femme en position de force, mais la fin est bien plus jolie et poétique.

Ce conte est illustré par Sylvie Serprix.

Enfin Perce-Neiges et les trois ogresses, rappelle l’histoire de Blanche Neige, mais c’est le prince, beau et délicat, qui s’endort pour être réveillé par une princesse qui parcourt le monde déguisé en homme.

Ce conte est illustré par Peggy Nille.

J’ai beaucoup aimé cet album où l’on retrouve vraiment l’ambiance des contes, mais offre une perspective bien plus moderne sur la place des hommes et des femmes dans la société.

J’ai aimé l’écriture, très agréable. J’ai aussi aimé découvrir un nouvel illustrateur à chaque histoire. Les trois styles graphiques sont très différents les uns des autres, je les ai tous trouvé agréables. Finalement je n’ai qu’un seul regrat : qu’il n’y ait que 3 histoires !

sur le site de Talents hauts (ce n’est pas la même édition, la troisième histoire est différente)

⇒ sur Amazon

Dans le même genre je vous conseille aussi Drôle de Princesse.


 

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