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les plumes féminines japonaise sur Ma petite Médiathèque

Le thème du jour pour le challenge un mois au Japon : les plumes féminines. N’ayant pas eu le temps de lire un nouveau roman j’avais tout d’abord pensé ne pas y participer puis je me suis dit que c’était l’occasion de revenir sur mes anciennes lectures et voir quelles auteures (avec un e ) japonaises j’ai lu.

Littérature, oui m’dame, avec un grand L

Après un survol rapide de ma bibliothèque je vois que j’ai chroniqué bien peu de romans japonais et moins encore écrits par des femmes 🙂

larmes-de-princesse.jpgJe commence par mon préféré. J’ai adoré Larmes de Princesse, écrit par Minako Oba. J’avais beaucoup aimé sa plume, très vivante. J’étais vraiment entrée dans son histoire. Le personnage principal me plaisait beaucoup. Et la façon dont l’histoire était racontée était très prenante. J’ai lu ce livre il y a longtemps déjà mais j’en garde un très bon souvenir. Plus que l’histoire en elle-même j’avais beaucoup aimé toute la réflexion autour de la double culture du personnage principal, une japonaise qui a longtemps vécu aux USA.

Je me rends compte que je n’ai toujours pas lu les deux autres livres traduits en français. Faut absolument que je trouve le temps de m’y mettre ! Je suis curieuse de savoir si je retrouverais ce style particulier qui m’avait tant plu dans cette lecture.

Parfum-de-Glace.jpgJe poursuit avec Parfum de glace de Yôko Ogawa. Ce n’est pas le seul roman que j’ai lu d’elle mais le seul dont j’ai parlé sur le blog. J’ai connu cet auteure, très renommée par ailleurs, avec sont titre Cristallisation secrète. Cette histoire fantastique où les gens perdent peu à peu la mémoire de tout m’avais beaucoup marqué. C’était très étrange et au même temps très intéressant. Du coup j’ai voulu en lire plus. Ses romans étant très facilement trouvables en bibliothèque j’ai emprunté d’abord les abeilles, puis Parfum de glace où l’on suit une femme sur les traces de son mystérieux fiancé disparu. C’est drôle parce que j’allais écrire que j’avais préféré Cristallisation secrète, dont l’histoire me semble plus intéressante. Puis j’ai relu ma chronique sur parfum de glace où je dis avoir préféré ce dernier aux deux autres et m’être facilement identifié au personnage principal. Pourtant je garde le souvenir d’une histoire chiante. Comme quoi ! ce que l’on vit sur l’instant en lisant un livre et ce qu’on en garde en mémoire ce n’est pas toujours la même chose. C’est pour ça que je trouve intéressant d’immortaliser nos impressions sur les livres que l’on lit.

Les trois romans de Yôko Ogawa que j’ai lu ont en commun d’avoir comme personnage principal une femme. Et aussi d’être accès sur les sentiments. Avec un soupçon plus où moins marqué de fantastique tout en étant très réaliste. Peut-être un peu à la façon du réalisme magique d’Amérique latine. Du moins c’est à ça que ses romans m’ont fait penser.

totto-chan.jpgLe troisième roman écrit par une femme japonaise dont j’ai parlé ici est Totto-chan. J’ai été vraiment déçu par ce roman. Je m’attendais à quelque chose de plus poussé, de plus instructif. Or ce n’est qu’un témoignage assez naïf de son enfance que nous livre l’auteur. Si certains passages sont sympa, je n’ai pas aimé le ton très lèche botte (désolé il y a pas d’autres expression qui me viennent à l’esprit). Testuko Kuroyanagi n’arrête pas de nous dire combien le directeur de l’école était un homme extraordinaire. Elle le répète tellement qu’à la fin je n’avais envie que d’une chose, lui balancer le livre à la figure. J’avais le sentiment d’être prise pour une idiote. J’ai pas du tout aimé cette façon de faire. Pourtant j’ai entendu le plus grand bien de ce livre. Je ne comprends pas ce que les gens lui trouvent. Moi je me suis forcé à le finir.

Un petit mot aussi sur Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka.

L’auteur est américaine d’origine japonaise, ça ne compte pas vraiment. Mais le sujet est vraiment intéressant. Le livre parle de ses femmes japonaises qui ont émigré aux Etats-Unis au début du XX. Un portrait très intéressant et un style très particulier.

Un livre très intéressant pour ceux qui s’intéressent au Japon (et même pour les autres).

Littérature jeunesse, comme light-novel

Pendant peut-être moins noble, mais fort amusant, de la littérature japonaise, le light-novel a aussi ses plumes féminines. J’a pu lire 2 titre très sympa mais qui malheureusement n’ont pas eu les éditions qu’il méritent.

le gardien de l'esprit sacréLe gardien de l’esprit sacré de Nahoko Uehashi est vraiment excellent. Si vous aimez les univers fantastique de sabres et épée à la sauce orientale, ce livre est pour vous. L’univers crée par l’auteurs tient vraiment la route, on s’y voit vraiment. C’est très bien mis en scène. Les personnages sont touchant et si l’action n’est pas palpitante l’univers est suffisamment bien construit pour nous amener dans un très beau voyage. En plus la traduction n’est pas mal. Mais alors pourquoi je dis que l’édition n’est pas à la hauteur ? Tout s’abord l’éditeur, Milan jeunesse, à fait le choix de ne pas publier les illustration d’origine, ce qui est fort dommage, les couvertures d’origine sont superbes. Heureusement, l’illustration qui la remplace n’est pas mal non plus. Mais là où ma déception est grande, c’est que Le gardien de l’esprit sacré n’est en fait que le premier tome d’une longue série Moribito shirîzu. Or Milan jeunesse l’a publié comme étant un one-shot et la suite n’ai jamais sortie en France. J’étais très déçue, j’ai tellement aimé ce premier tome que j’avais envie de retrouver cet univers avec de nouvelles aventures.

Enfin, on peut toujours se consommer avec une autre de ses séries qui a été publié en France : la charmeuse de bêtes.

N°6 T1Autre série, autre auteure et autre univers avec n°6 de Atsuko Asano.   On est ici dans une dystopie où deux jeunes garçons vont devoir se battre contre un ordre établi ultra autoritaire. Fan service en veut tu en voilà, mais une histoire sympa et des personnages attachants. Encore une fois la séries est mal traité par son éditeur qui sur les 9 tomes qui la complètent n’a publié que 6 volumes. De quoi être super frustré ! Bon au même temps le sixième est pas terrible, trop de pathos, du drame mélodramatique à vous donner la nausée qui casse un peu l’ambiance et en fait quelques tonnes de trop. Mais bon, j’aurais bien lu la fin, moi !

Mangaka au féminin

Parce qu’il n’y a pas que les roman dans la vie ! Les mangaka méritent aussi qu’on parle d’elle. Impossible ici de les citer toutes ! Il y en a beaucoup trop. Je me contente de quelques lignes et deux trois petits liens 😉

Si au début les femmes mangaka étaient extrêmement rares, dans les années 70 la profession s’ouvre au « sexe faible » mais les auteures sont cantonnée au genre shôjo, romance et compagnie. Heureusement ce n’est plus le cas ! Si certaines mangaka sont toujours spécialisé dans la romance et le shôjo, la frontière entre les genre pour fille (shôjo et josei) et pour garçon (shônen et seinen) disparaissent peu à peu. Les femmes peuvent s’épanouir dans des manga de tout les genre et souvent on a des titres à la croisée de plusieurs styles comme par exemple Adekan (un ovni ce truc !) de Tsukiji Nao.

Si les mangaka ne se cantonnent plus au shôjo manga, comme par exemple Hiromu Arakawa qui fait surtout du shônen (FullMetal Alchimiste, Silver spoon…), je vais quand même vous renvoyer vers mon article : Shôjo la meilleur mangaka que j’avais écrit à l’occasion de la semaine shôjo il y a 3 ans. Il se trouve que tous les auteur que j’y cite sont des femmes 😉

Voilà pour ce qui est du petit tour de plumes féminines japonaises présentes sur Ma petite Médiathèque. N’hésitez pas à m’en conseiller d’autres 😉

sore jaa, mata !

Auteur à l’honneur #1 – Conceição Evaristo

Pour ce premier rendez-vous mensuel initié par Nina, je profite que l’on soit encore au mois de mars pour vous présenter une auteure brésilienne que j’ai découvert l’année dernière : Conceição Evaristo.

Conceicao Evaristo (Conceição Evaristo) - Ecrivain Brésilien - 24 Mars 2015 - Paris

J’ai eu un véritable coup de cœur pour son Banzo, mémoires de favelas, publié en 2016 par les éditions Anacaona. Le roman avait été publié au Brésil en 2006. Un seul autre des ses roman est disponible en français, toujours aux éditions Anacaona, L’histoire de Poncia écrit en 2003 et publié en France en 2015. J’aurais aimé avoir le temps de le lire aussi avant de faire cette article mais je suis prise de court. Étrange, me direz-vous, de mettre à l’honneur un auteur dont on n’a lu qu’un seul livre. Oui, peut-être. Mais ce livre m’a tellement marqué que je soute sur cette opportunité pour en parler et la faire connaitre autour de moi.

Minas Gerais in Brazil.svg

Conceição est née en 1946 dans une favelas de Belle Horizonte dans le Minas Gerais au sud du Brésil. (Je vous ai brièvement parlé du Minas Gerais avec la légende de Chico Rei la semaine dernière).

Elle est la deuxième d’une fratrie de 9 enfants. Dès son jeune âge elle travaille comme domestique pour aider sa famille. Malgré la situation difficile de la famille Conceição, comme ses frères et sœurs, fréquente l’école publique où elle apprend à lire et se découvre très tôt des prédisposition pour l’écriture. Dans sa famille il n’y a pas de livre mais on est conteur, ces aux milieux des histoires contées par les anciens qu’elle  grandi en gardant un goût pour la mémoire et l’héritage, thème que l’on retrouve dans son oeuvre.

En 1973 elle réussi le concours d’enseignant et part s’installer à Rio de Janeiro où elle travaille comme institutrice dans des écoles publiques avant de reprendre ses études de lettre a 40 ans.. En 2011 elle obtient son doctorat en littérature comparée.

Ses premiers écrits sont publié dans les années 1990 dans Cadernos negros, revue brésilienne spécialisée dans la culture afro-brésilienne.

Conceição Evaristo n’est pas seulement écrivaine, elle s’engage également pour lutter contre le racisme et l’exclusion sociale des afro-brésilien. La discrimination raciale et l’histoire des esclaves noirs au brésil sont au cœur de son oeuvre.

Son style très particulier mélange souvenir personnel et mémoire collective faisant ce qu’elle appelle l’écrit-vie.

Conseição Evaristo sur le site de son éditeur français

Pour les lusophone j’ai trouvé cette émission très intéressante :

Ah ! J’adore cette langue !!! Que ça me manque.


Retrouvez tous les auteurs à l’honneur du mois de Mars : Le Rest’o littéraire


Le Mystère de Chalucet

Après une intrigue d’espionnage en Asie, j’ai enchaîné avec un mort à Limoge. Je suis dans le roman noir en ce moment XD

Le Mystère de Chalucet est un roman de Laurent Bourdelas, paru aux éditions Geste en 2016 que je découvre grâce à la dernière masse critique de Babelio.

Le roman me laisse une impression assez mitigée. D’un côté je suis surprise de l’avoir lu si vite, de l’autre je suis un peu déçue par l’ensemble.

Dans ce roman on suit deux histoires en parallèle, qui s’alternent à raison d’un chapitre chacune. La première se déroule dans année 1380. On y découvre une bande de bandit qui prennent possession du Châlucet. La seconde se passe de nos jours à Limoge. Le capitaine Vinoy doit enquêter sur la mort de l’ex-futur conservateur du Châlucet.

Les deux histoires ont en commun le site historique, mais le passage de l’une à l’autre ne m’a pas vraiment convaincue. J’ai d’ailleurs eu un sentiment très différents à lecture des deux. J’ai trouvé assez ennuyeux les passages moyenâgeux. On suit cette bande de bandit, la façon dont il prennent possession de Châlucet et comment ils vont en partir mais en réalité il ne se passe rien. A part nous donner un aperçu de ce que pouvait être la vie des habitants de la région au XIV siècle, ça n’a pas grand intérêt.

Quand à la partie contemporaine, je l’ai trouvé plus plaisant. Plus vivante peut-être. Je me suis attachée au capitaine Vinoy qui, bien qu’assez classique comme personnage, est touchant. Mais là encore, il ne se passe pas grand chose. On ne peut pas dire que l’enquête soit haletante. C’est plus le quotidien du capitaine et son attachement à la ville (et à la bonne bouffe) qui sont intéressant. On éprouve cet amour de Limoge avec lui au point de vouloir y vivre. Mais pour ce qui est du mort… pas vraiment de suspens. Dès que la raison du pourquoi du comment est esquissé on la comprends de suite, ainsi que le nom du meurtrier et finalement ça n’a presque pas d’importance. Toute cela n’est qu’un prétexte pour nous parler du Châlucet et de Limoge.

J’ai donc trouvé cette lecture plaisante, j’avais envie de poursuivre. Mais j’ai été déçue par le manque de suspens, et des parties moyenâgeuses pas assez intrigantes.


Si j’ai rendu le challenge des livres en cuisine annuel c’est parce qu’on a souvent la surprise de découvrir au détour d’un roman une passion pour l’assiette, alors même que ce n’est pas du tout le sujet. Et c’est exactement ce qui c’est passé avec Le mystère de Châlucet. On commence avec quelques vins, longuement décrit par le capitaine Vinoy, que l’on découvre amateur de bonne choses, et petit à petit on se rend compte que la nourriture prends une place importante dans le récit. On nous décrit souvent le menu du capitaine, lui en parle avec plaisir.

Décidément, on en découvre des vins dans ce roman : le mystère de Châlucet #romanpolicier #deslivresencuisine

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Découvrir un vin au detour d’une page, le plaisir #deslivresencuisine. Le mystère de Châlucet. #vin #lecturedujour

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Décidément, dans Le mystère du Chalucet on aime le vin ! #lecturedujour #romanpolicier #vin

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Mais le moment qui m’a décidé à choisir ce livre pour le challenge c’est quand sire de Tournemine nous livre sa recette de pâte de fois de volaille :

Des valets apportèrent les entrées : une soupe à jour de poisson – de la truite déposéee sur des tranches de pain grillé et recouverte d’une sauce au vin, aux épices et à la poudre d’amande – , suivi d’un merveilleux pâté de fois de volaille confits, dont Jean ne put s’empêcher de livres la recette à son cousin car, dit-il, il en surveillait lui-même l’élaboration, « la nourriture étant chose trop sérieuse pour la livres à des mains malhabiles !

– Tu utilises des fois de volaille ou de porc et tu les sales. Attention ! Pas n’importe quel sel ! Nous l’achetons aux moines d’Aubazine, une fois l’an. Quand les foies ont bien reposé, ils sont rincés à l’eau pure de notre puits et séchés dans un linge. Ensuite, je demande à la cuisinière de faire fondre la graisse de canard dans une marmite close, d’y plonger les foies avec un peu d’ail écrasé, du laurier, et de faire mijoter.

[…] il faut ensuite réaliser le pâté. Hacher les foies, moitié frais, moitié confits. Hacher aussi la gorge de porc, ajouter un peu de graisse de foies confits des oignons finement hachés, du pain trempé dans le lait, de l’ail écrasé, des herbes, des œufs battus en omelette, des épices, du miel, de l’eau-de-vie. Et tout brasser longuement pour rendre le mélange homogène. Ensuite, on tasse la pâte dans la terrine, et on noie dans la farce quelques foies confits entiers. Puis on laisse les terrines quelques jours au frais pour qu’elles s’améliorent, avant de les servir. C’est là que nous en sommes, cher cousin ! A ce moment de délice ! J’en connais point d’autre si ce n’est ceux que me procure ma chère Anne, dit-il alors en enlaçant celle-ci, qui posa la tête sur son épaule.


Le coin de curieux :

Si, comme roman policier, je ne l’ai pas trouvé extraordinaire, Le Mystère du Châlucet a cependant le mérite de nous communiquer l’amour du Limousin. A la lecture de ses pages j’ai vraiment eu envie de découvrir Limoges et ses four à porcelaine, de me balader dans les ruines du Châlucet.

Situé à 20 minutes au sud de Limoge, sur un éperon rocheux, les ruines de ce château médiévale nous invite au voyage dans le temps. Je prends note pour mes prochaine vacances !

Trouvez toutes les info sur le site du Châlucet

Quand aux four de porcelaine j’ai trouvé de belle photos sur le blog Limoge passionnément

Le music-hall des espions – Bruno Birolli

J’avais aimé le livre historique de Bruno Birolli Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre, qui se lit comme un roman. J’étais impatiente de découvrir son premier roman.

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages avec la découverte de cadavres bien puants. Nous sommes à Shanghai, dans les années 30. Autour du charnier, des officiers français, un homme des renseignements britanniques, un officier chinois et ses hommes. Mais qui sont donc ces cadavres. Qui est l’homme qui pleure ?

Marche arrière toute. On se retrouve en France. René est envoyé en Chine comme sous-officier par son oncle influent qui ne sait trop quoi faire du jeune homme dont il a la charge. Un neveu encombrant, une concession lointaine. Voici René embarqué pour une aventure à laquelle il ne s’attend pas. Pas mécontent de quitter la France (et surtout son oncle), René débarque à Shanghai où il travaillera aux renseignements avec Fiorini, son supérieur. Fiorini est un officier taciturne, de peu de mots. Mais il saura gagner la confiance et la fidélité de son sous-officier fraîchement débarqué.

Avec René, on découvre la vie de Shanghai, partagée entre ses concessions étrangères et ses quartiers chinois. L’ambiance est des plus tendues : homme d’affaires peu scrupuleux, taxi-girls, étrangers en mal d’aventure, autorités fidèles à Tchang Kaï-chek, espions communistes et japonais prêt à faire tout péter, on marche sur le fil du rasoir.

C’est au détour d’un incident peu commun, une attaque qui n’a rien d’un simple braquage que Fiorini, accompagné par René, se lance sur les traces d’espions communistes. Un jeu de chat et de souris, de pouvoir et de manipulation, du quel personne ressortira vraiment indemne, est en train de se jouer.

Ce que j’ai aimé dans ce roman ce n’est pas finalement tant l’intrigue policière que laissait entrapercevoir la découverte des cadavres par laquelle le roman s’ouvre. Ce qui est vraiment intéressant de ce livre, c’est de découvrir la ville de Shanghai avant que la guerre n’y éclate. C’est à travers le vécu de René qu’on découvre la ville, ces différents quartiers, sa dynamique, la façon dont les diverses concessions et les quartiers chinois interagissent. Bruno Birolli a su la rendre très vivante. Il y a profusion de détails, on a vraiment l’impression d’arpenter ses rues.

Les personnages, nombreux, sont tous attachants. Même les plus terribles d’entre eux ont quelque chose de profondément humain qui nous les rends familiers. On ne peut détester personne. Il n’y a ni de bon, ni de méchants. Il y a des camps adverses, il y a la guerre, il y a les valeurs que chacun veut défendre. Des chemins contraires qui mènent à la confrontation, inévitable, acceptée tel une fatalité.

Un beau livre, qui se lit avec plaisir et qui nous fait découvrir un pan de l’histoire chinoise sans en avoir l’air.

Merci aux éditions Tohu Bohu et à Bruno Birolli pour cette lecture.


Le coin des curieux :

Je ne pouvais pas présenter ce livre sans proposer un coin des curieux ! Mais j’ai découvert, avec plaisir, que Bruno Birolli avait déjà bien préparé le travail avec la page facebook du roman où l’on trouve énormément de photos d’archives ayant servi à l’élaboration du roman. On y trouve même quelques musiques 🙂 Je vous invite vraiment à y faire un tour.

Que dire de plus après avoir feuilleté les albums photos ?

Je me contenterais de proposer deux autres lectures dans un genre bien différent pour découvrir sous un autre angle le Shanghai des années 30 :

La balade de Yaya nous amène à Shanghai en 1937 alors que la guerre opposant les chinois au japonais a éclaté. Yaya, une petite bourgeoise, se retrouve perdue dans les rues de la ville à feu et à sang. Elle y rencontrera Tuduo, un gamin des rues. Ensemble, ils vont fuir et tenter de survivre.

Une très jolie bd jeunesse dont je vous ai déjà parlé ici. Si le dessin tout en rondeur fait vraiment penser à une bd pour enfant, le propos y est parfois très dur, à ne pas mettre entre des mains trop jeunes. Mimiko l’aime beaucoup et y revient régulièrement

L’ombre de Shanghai, encore une bd jeunesse. Toujours aux édition Fei, comme la balade de Yaya. C’est ici une jeune chinoise, prise sous l’aile d’une riche famille de colons français qui est au centre de l’intrigue. Nous sommes toujours à Shanghai dans les années 30, mais les jeunes gens qui fréquentes le lycée de la concession française semblent bien plus inquiets par leur peines amoureuses que par la guerre imminente. Une histoire fantastique et non une aventure historique, mais de belles planches où l’on peut observer les rues du Shanghai des années 30.

Je vous ai déjà parlé des premiers tomes de cette série ici.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

Roma - Chiesa di Sant'Andrea al Quirinale.jpg

La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

Gomorra ~by Yomu-chan

Bonjouuuur ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman d’un genre bien particulier : la narrative non-fiction. Objet d’étude de mes cours de littérature, je me suis passionnée pour ce type de lecture. Je vous en donne un premier aperçu avec cette modeste analyse de Gomorra. J’espère avec le temps de vous livrer d’autres chroniques sur cette narrative non-fiction (il faudra peut-être que je fasse un petit billet pour expliquer ce que c’est ^^’)

Info livre :

Gomorra est une oeuvre de Roberto Saviano, auteur italien.  Le livre fut édité pour la première fois en Italie par les éditions Mandadori, puis en France en 2007 par Gallimard (le traducteur est Vincent Raynaud). Le livre, suite à son grand succès a été traduit dans plus de 40 langues.

Je voulais vous dire un mot sur ce titre « Gomorra », qui a priori ne veut rien dire mais qui est en fait lourd de sens. Il s’agit effectivement d’un judicieux mélange de « Camorra » (organisation mafieuse napolitaine) et de « Gomorrhe » (dans la bible : ville détruite par les feux sacrés à cause de ses mauvaises mœurs).  Titre qui prend tout son sens quand on lit l’ouvrage, vous le comprendrait plus bas 😉

Résumé de l’œuvre :

Gomorra est un long reportage sur la camorra, organisation mafieuse napolitaine. En fait sur environ 450 pages l’auteur décrit le système du crime organisé en Italie. Il en dépeint la hiérarchie, et explique explicitement où et comment elle exerce son influence. C’est quelque chose de nouveau, car si on sait tous que la mafia existe et qu’elle représente le crime (la drogue et le meurtre) on n’a pas forcément conscience de l’emprise qu’elle peut avoir sur un pays et les conséquences que cela a sur une population. Ainsi Roberto Saviano entreprend de démêler les fils complexes d’une telle organisation. Il structure son livre en 11 chapitres, chacun axé sur un domaine relatif à la mafia, et c’est comme ça qu’il fait un panorama assez exhaustif de toutes les activités de la camorra.

Il explique logiques et mécanismes, met en évidence les lieux clés des activités criminelles, donne des noms, raconte des anecdotes, et met en lumière la vie infernale des habitants de Naples et ses environs qui subissent ça depuis des décennies.

thèmes abordés :

Ce qui est intéressant avec Gomorra c’est que l’auteur s’attaque à une entité déjà bien connue : La mafia (surtout italienne). Le crime organisé a en effet donné lieu à plein de mythes, tant à travers diverses personnalités (des parrains charismatiques), qu’à travers des récits d’aventures, d’amours, etc… Pourtant ici Roberto Saviano s’acharne à montrer ce qu’il y a derrière cette image médiatique de la mafia (sans la démentir tout autant, car cela reste une part de la vérité). Mais il met surtout en avant les vraies problématiques du milieux. En mettant des coups dans l’image aventureuse et l’idée un peu embellie de la mafia, il montre que leur seule axe c’est le profit, le profit, toujours le profit. Et cela ne passe pas toujours par des domaines très glamour (comme le sont les cartels de la drogues et les complot d’assassinat, qui existe bel et bien mais ne sont pas tout) : par exemple une grande partie des capitaux de la camorra passe à travers les constructions immobilières, ou le traitement des déchets.

A côté de ça, comme je l’ai déjà dit, Saviano met un point d’honneur à traiter les conséquences de la présence d’une telle organisation. Car si les guerres de clans donnent lieu à des assassinats de mafieux par des mafieux, ces derniers ne sont pas les seules victimes. On relève beaucoup d’autres morts, parmi les civils, directement liés à la camorra. Et sans que cela aille toujours jusqu’à la mort, les gens évoluant dans un climat empoisonné par la mafia, vivent un véritable enfer, économique et social.

Genre littéraire :

Indéniablement Gomorra appartient à la narrative non fiction. On parlera souvent de “roman documentaire” pour désigner l’œuvre. Et si l’auteur lui-même s’identifie à Truman Capote initiateur de ce mouvement, il y a quelques point dans ses choix d’auteurs qu’il faut étudier pour comprendre quelle définition Roberto Saviano donne à ce genre de littérature.

Effectivement, Truman Capote fait l’apologie d’un journalisme où l’auteur doit-être invisible. Et pourtant Saviano veut son livre comme un vrai témoignage. Mêlant anecdotes informatives et intimité.

C’est certes un ouvrage d’information, mais auquel il donne plus de profondeur en y ajoutant le vivant et donc les sentiments, les siens surtout puisqu’il en est l’auteur et le narrateur.

Il pense son livre comme le fruit de son combat personnel contre la camorra. Et ce point est intéressant car c’est ce qui donne à l’ouvrage son aspect romanesque. Sans quoi Gomorra ne serait qu’une longue liste de nom, et de structure, et il nous serait difficile de comprendre l’impact réel que cela a dans la vie des gens. Selon moi le choix que fait Saviano de s’intégrer au récit, s’inscrit dans une véritable démarche engagée. Roberto Saviano a une définition du journalisme, en tout cas du roman narrative non fiction, qui diverge un peu de celle de Capote, puisqu’il affirme à plusieurs reprise dans son livre qu’il ne peut faire ce qu’il fait en étant étranger au système qu’il décrit. Il fait la promotion d’un journalisme de terrain et de présence (dans le texte).

Dans un article du Monde on peut lire ces mots de Roberto Saviano : « Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction,  je me suis donc inspiré du genre « nonfiction novel » de Truman Capote. J’ai utilisé la liberté et l’indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d’être une fuite de la réalité, comme elle l’a souvent été pour beaucoup d’écrivains du sud de l’Italie, et devient l’instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable. »

l’écriture, le style :

Gomorra n’est pas un livre facile à lire. Bien qu’il aborde des thèmes très intéressants, qui touchent à la fois notre émotivité et notre conscience de citoyen. Il reste un ouvrage très dense pas très digeste, de mon point de vue.

Bien que Roberto Saviano y intègre des anecdotes intrigantes ou émouvantes, la plus grosse partie du livre est constituée d’informations. On peut avoir des pages entière de noms, de définition d’un système hiérarchique, de l’état économique de tel ou tel domaine ou autres choses pas toujours facile à comprendre du premier coup. L’auteur utilise aussi beaucoup de termes techniques, ou ne cesse de citer des sources. Heureusement des notes sont souvent ajoutées en bas de pages (d’ailleurs des fois ces notes font la moitié de la page). Le texte est aussi bourré de références littéraires et cinématographiques. Pas toujours facile de suivre.

Place et intérêt de l’œuvre dans la production de l’auteur :

Il faut parler et de la place que prend Gomorra pendant son processus d’écriture et après sa publication.

D’abord Roberto Saviano s’implique énormément dans l’écriture de ce livre. Il dédie plusieurs années de sa vie à son enquête. Et s’introduit profondément dans l’univers qu’il cherche à décrire. D’abord il est né au cœur du territoire de la camorra et l’a vu à l’oeuvre durant toute sa jeunesse, et quand sa colère envers l’organisation devient trop forte il décide dans une démarche volontaire d’aller traquer les informations pour en comprendre le fonctionnement et ainsi nous le décrire dans son livre. C’est pourquoi il va travailler sur les chantiers de la camorra, il va travailler sur le port, il va être serveur lors de leurs mariages, etc. Et quand la guerre des clans éclate, il va jusqu’à se munir d’une radio connectée à celles de la police et se rend sur les lieux des meurtres pour voir les victimes de ses yeux.

Parlons ensuite de l’impact qu’à eu le livre une fois publié. Il a été un succès national et international. Suite à ça l’auteur est beaucoup sollicité pour des discours, des rencontres publiques, pour animer des émissions TV, etc… Puis en 2008 Gomorra est adapté au cinéma dans un film qui va représenter l’Italie aux Oscar. Et enfin le livre et son auteur donnent naissance à une série TV, en plusieurs saison (en France diffusées par canal+ ).

Gomorra, en plus d’être un best-seller international (ce qui veut dire qu’il a un véritable impact social), prend aussi une place énorme dans la vie de son propre auteur. Puisque celui-ci est depuis sa parution placé sous protection policière. Ce livre, souvent qualifié de “livre coup de poing” se place comme une provocation faite à la mafia et à son immense pouvoir, faisant ainsi de Roberto Saviano une cible, souvent menacée de mort. L’auteur est donc devenu un symbole de la lutte contre la camorra, et devient une vraie personnalité publique. Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano doit repenser l’organisation de sa vie qu’il ne maîtrise plus vraiment. Effectivement la protection policière impose un rythme de vie particulier et secret, privant l’individu d’une vie sociale “normale”. Depuis maintenant 10 ans, Roberto Saviano a cessé d’être seulement lui, il est maintenant obligé d’exister en tant que “l’auteur de Gomorra” et doit donc supporter toute les responsabilités que cela implique : si ça signifie qu’il est un auteur mondialement connu, et qu’il a symbolisé une avancée dans la lutte anti-mafia, ça fait aussi de lui un homme traqué dont l’existence et les choix ont forcément un impact publique. Il est souvent discrédité; par des hommes qu’on peut facilement soupçonné d’être en lien avec la mafia, notamment Berlusconi. Il a d’ailleurs aussi été accusé de plagiat, ayant réutilisé des articles de journalistes dans son livre.

Roberto Saviano lui-même avoue dans plusieurs interview et dans certains articles qu’il regrette avoir écrit Gomorra, pas pour ce qu’il représente mais pour l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de ses proches.

Si l’auteur parle de regrets, il semble tout de même apprécier travailler son image médiatique. Je dis ça en pensant aux innombrables photos de lieu où il adopte presque toujours une pose d’individu torturés et mystérieux. XD

 

Mais toute l’ampleur que prend le phénomène Gomorra dans la vie de son auteur nous fait nous poser une question intéressante sur la narrative non fiction : ce ne sont pas seulement des livres, mais aussi le fruits de recherches, et d’existence de véritable individus. Et quels place leur donne-t-on, à la fois dans leur livre et dans la réalité après la publication de ce dernier ?

avis perso :

Comme dis plus haut j’ai eu du mal à le lire, sombrant souvent en crise aiguë de sieste après une dizaine de page. Mais cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire j’ai aimé aborder ces sujets importants.  Si il est un peu long à décoller, le livre sait manier un certain équilibre entre info pure et dure et sensibilisation. Ce n’est pas un véritable récit (dans le sens où ça ne suit pas une chronologie particulière, pas de développement autour de personnages principaux, pas de suspens) mais un bon outils de compréhension du système, qui arrive tout de même à utiliser certains code du roman pour le rendre accessible et agréable parfois.

Nulle part a Niort

quatrième de couverture :

Si la salle du conseil municipal de Niort avait été une église, le citoyen aurait pu y jouer de l’orgue. De son perchoir, il avait une vue panoramique sur l’ensemble de la nef… Une scénographie prémonitoire qui aurait comme anticipé l’irrémédiable déclin du politique… Une scénographie limpide comme toutes les mises en scène religieuses car chacun sait que les croyants ne sont pas là pour réfléchir. Les élus de la majorité étaient donc disposés en fer à cheval, le regard tourné vers l’autel. Ainsi, aucun ne pouvait échapper à la vigilance du mâle dominant. Le choix du fer à cheval avait aussi l’avantage de dégager une fosse centrale réservée à l’opposition… Avec un rapport de force qui ne laissait aucun doute sur l’issue de la célébration… Trois douzaines d’élus majoritaires encerclaient neuf élus d’opposition… Avec une telle disposition, chaque messe municipale s’achevait nécessairement par l’absolution…

C’était un soir d’hiver. Je rentrais à Niort par le train. Ma semaine de travail se terminait et je me souvenais de cette affiche aperçue sur la caisse de la librairie où j’ai mes habitudes. Elle annonçait une rencontre avec un écrivain niortais pour le vendredi en question. Je m’y rendai donc par pure curiosité n’ayant ni lu ce livre, ni aucun autre de l’auteur.

Une fois sur place j’ai acheté le livre et profité de la présence de l’auteur pour me le faire dédicacer. Tant qu’à rencontrer un auteur, autant lire son bouquin me disais-je. Mais secrètement je m’attendais à ne pas aimer. J’avais cru comprendre qu’il était question de politique et moi et la politique… j’avais peur de trouver cela fort ennuyeux.

Et ben non !! Dès le début je l’ai trouvé très sympa à lire. J’aime la façon dont le livre est écrit, avec beaucoup de dialogues qui le rendent très vivant. Le style est très plaisant, fluide. Je l’ai lu à une vitesse incroyable, moi qui suis d’ordinaire si lente ! C’était un vrai plaisir.

Quand à l’histoire, elle n’est finalement pas ennuyeuse du tout. Ecrit à la façon d’un roman policier, on se prend bien vite au jeu et on enchaîne les pages sans presque se rendre compte qu’il n’est pas question de crime, mais plutôt de nous montrer les rouages du pouvoir politique local.

Il y a un grand nombre de personnages, le Maire, les élus locaux, les journalistes… Nicolas Marjault réussi à tous les rendre vivants. Ce ne sont pas que des noms, mais des personnalités que l’on rencontre.

Vivant, vivant… je n’ai que ce mot à la bouche, mais c’est ce que j’ai retenu de ce livre. Les personnages parlent et évoluent de façon très cinématographique. On les voit vraiment. Et c’est exactement le genre de littérature que j’aime. Je veux voir l’histoire que je lis.

Bref une très bonne découverte et un agréable moment de lecture. Peut-être pas un livre qui me marquera dans le temps mais un très bon moment passé.

Mais ce livre parlera-t-il a ceux qui ne connaissent pas la ville de Niort ?

Si s’était amusant de retrouver des lieux qui me sont connu, je ne trouve pas que son aspect local et eu un grand impact sur ma lecture. Cela aurait très bien pu être ailleurs.

Découvrez le livre sur le site de l’éditeur


lieu

Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg

La première fois que j’ai entendu parler de ce roman c’était… dans un roman 🙂 Dans bibliothèque des cœurs cabossé plus précisément. ça m’avais donné envie et puis je suis tombée dessus par hasard et voilà un roman tout désigné pour des livres en cuisine, avec un titre pareil je pouvais pas manquer ça.

Et tant mieux ! Parce que j’ai adoré ce bouquin. Il se lit tout seul.

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Avec des sauts dans les époques et les points de vue, Fannie Flagg nous fait vivre l’histoire d’un petit village paumé dans l’Alabama : Whisle Stop, construit sur le bort du chemin de fer. On y découvre une famille haute en couleur, aimé de tous, avec de nombreux enfants. Dans le café ouvert par la cadette de la famille tous les habitants du village se retrouvent pour un déjeuner où simplement échanger.

C’est à travers les souvenirs de Ninny, une vielle dame rencontrée dans le salon de la maison de retraite où elle doit chaque dimanche rendre visita à sa belle-mère acariâtre, qu’Evelyn, une femme au foyer un peu forte en pleine crise existentielle, découvre l’histoire de ce bled paumé. Au fil de ses rencontres avec Ninny, elle commence à s’attacher aux habitants du village. Leur histoire à travers les années 20, 30 et 40 lui donne du courage pour affronter sa vie de femme des année 80. Les souvenirs de Ninny ne suivent pas toujours un ordre chronologique, elle raconte au fur et à mesure que les souvenirs remontent. Avec elle on découvre cette Amérique profonde dépeinte avec beaucoup de tendresse où l’on est raciste plus par tradition que par conviction et où la force d’une femme pas comme les autres fait bouger doucement les choses par son caractère en acier trempé mais surtout par son infinie générosité. On s’attache aux personnages, même ceux qui ne sont pas vraiment recommandables, parce qu’en chacun se cache une part de générosité.

En parallèle on découvre aussi la vie déprimante de Evelyn qui a grandi et vieilli dans des certitudes qui s’ébranlent les une après les autres. C’est grâce à la bienveillance d’une vielle femme inconnue et à ces souvenir qu’Evelyn trouve le courage de se chercher vraiment. Evelyn est très touchante car toute sa vie durant elle a essayé de correspondre à cette image de l’épouse parfaite qu’on lui a inculqué et maintenant que la ménopause lui ouvre les bras elle se rend compte à combien de lieu de ses convictions profondes elle avait tâché de vivre.

Il se dégage de ce livre des tonnes de bienveillance et d’amour mais c’est toujours dosé comme il faut pour ne jamais tomber dans la mièvrerie. Il y a aussi beaucoup d’humour et une certaine nostalgie pour le temps qui passe et une époque où il était peut-être plus facile de communiquer, où la solidarité unissait la communauté.

J’ai pris énormément de plaisir à déguster ces pages.

Vous vous demandez peut-être si en dehors du titre il peut y avoir un lien entre le roman et le challenge des livres en cuisine ? Et bien il y en a un. Une grande partie du récit se déroule dans le café de Whistle Stop connu pour son barbecue et sa cuisine pas chère et généreuse. Cuisine dont on nous parle beaucoup. Voici un aperçu de ce qu’on y mange : « du poulet frit, des haricots noirs, des petits navets, des beignets de tomates vertes, du pain à la farine de maïs et du thé glacé ». J’avais envie de préparer ce menu pour le challenge mais… c’est pas vraiment la saison des tomates ! Faudra attendre l’été prochain pour que je tente l’expérience. Je n’aurais même pas besoin d’improviser comme je le pensais puisque à la fin du livre on retrouve quelques recettes du Whistle Stop Café.

#deslivresencuisine

Une photo publiée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Mais la relation entre la cuisine et ce roman ne s’arrête pas là. Le personnage d’Evelyn est particulièrement attaché à la nourriture. A chaque fois qu’on la voit elle est en train de manger. Elle se goinfre par gourmandise mais aussi pour calmer son stress. Sa relation à la nourriture n’est pas sans complexes puisqu’elle se trouve toujours trop grosse, mais il lui est impossible de résister.

Bref dans ce roman la nourriture est omniprésente ajoutant à la bienveillance générale, le fumet d’un bon plat ne met-il pas tout le monde de bonne humeur ?

Si vous n’avez pas encore lu ce roman, je vous le conseille vivement. Il se lit très vite et ça détend. De quoi oublier le stress de la journée et retrouver le sourire. Un lecture parfaite pour moi qui lis dans le train pour le trajet maison-travail tous les jours.

Le roman a été adapté en film par Jon Avnet en 1991. Je vous laisse découvrir la bande-annonce. Moi je m’en vais le réserver à la médiathèque 😉


Beignets de tomates vertes
Beignets de tomates vertes Bande-annonce VO


Des livres en cuisine

Madame Pamplemousse, et ses fabuleux délices ~ by Yomu-chan

Bonjouuur !

Bien que le mois de novembre soit bien entamé je vous propose quand même mon article pour le challenge « livre en cuisine », cette années, lasse des mangas de cuisine, et pas le temps d’explorer un livre de recettes, j’ai décidé de me tourner vers un autre style : le roman jeunesse ! Je vais donc vous parler un peu de du premier tome de Madame Pamplemousse, écrit par Rupert Kingfisher (traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec) et publié en France par les éditions Albin Michel jeunesse dans la collection Witty qui s’adresse aux 8-12 ans avec des textes dans l’esprit de Roald Dahl.  C’est effectivement à ça que ma fait penser la couverture de Madame Pamplemousse, joliment illustrée dans un style proche de l’univers de Quentin Blake.

Mais avant tout, voici un petit résumé :

Madeleine, comme tout les ans, se voit forcée de passer ses vacances d’été dans l’immonde restaurant de son immonde oncle. Elle y sert de bonniche et passe ses journées à faire la vaisselle alors qu’elle rêverait de pouvoir exprimer son talent pour la cuisine ! Mais tout va bientôt changer quand Madeleine va par « hasard » se retrouver dans la boutique de Madame Pamplemousse, une étrange (et un peu effrayante) dame qui semble cuisiner des plats aussi délicieux que magique !  Le vilain oncle va alors essayer de lui voler ses secrets ! Et voilà que Madeleine de retrouve embarquée dans une drôle d’histoire.

Voilà une intrigue bien prometteuse ! Mais je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à trouver un récit qui me ferez plus voyager. J’attendais plus de magie, plus de plats mirobolant ! Et finalement Rupert Kingfisher (ou peut-être est-ce dû à la traduction) se contente de rester en superficie et n’exploite pas assez (à mon goût) les pistes qu’il a initié. L’intrigue est certes assez simple de base mais en plus de ça elle se déroule très facilement et rejette tout les obstacles qui auraient pu lui apporter un peu d’épaisseur. On a finalement très peu de suspens. Et on peine à s’attacher aux personnages. C’est surtout ça, je pense, qui m’a frustré. Que ce soit Madeleine ou Madame Pamplemousse, aucune des deux n’est vraiment détaillée. On n’a quasiment aucune prise sur leur intériorité et on nous donne pas l’occasion de leur trouver un petit quelque chose de sympa. Madame Pamplemousse avait pourtant un sacré potentiel ! Cette femme mystérieuse un peu sorcière et pourtant si gentille, on voudrait qu’elle s’exprime d’avantage, qu’elle nous apprenne des choses sur la vie puisqu’elle parait si sage, et surtout on aimerait qu’elle noue un lien avec Madeleine qui est censée être une héroïne un peu spécial (mais qu’on voit peu en fait). C’est comme si l’auteur avait amorcé plein d’idée sympa mais qu’il avait tout lissé pour que ce soit plus « simple », plus « abordable » pour des enfants. M’enfin tout de même un enfant à besoin et envie que ça bouge, qu’il se passe des trucs de fou, des aventures extraordinaires ! Il a envie de s’identifier aux personnages pour pouvoir vivre leurs aventures. Mais là ça me parait bien compliqué… Bon après ce sont là les exigences d’une « grande » et j’ai bien conscience que ce livre ne m’est pas adressé, mais j’imagine que le fait d’être un livre jeunesse de justifie pas une trop grande simplicité. Vous en pensez quoi ?

Un petit mot rapide sur les illustrations, que je n’ait pas trouvé assez présente, ou bien pas judicieusement disposées. Un poil trop figées peut-être. Et je ne suis pourtant pas une adepte des illustrations en couleur mais là je trouve que ça ne ferait pas de mal, ça redonnerait un peu de peps au tout.

Sinon, pour ce concentrer un peu plus sur l’aspect culinaire,  j’ai beaucoup aimé l’idée d’en faire le sujet d’un bouquin un peu fantastique ! C’est une approche originale qui fonctionne bien. Mais encore une fois, pas assez exploitée à mon goût.

J’ai l’air d’avoir détesté ce livre mais en réalité ce n’est pas le cas. J’ai quand même passé un bon moment en lisant ce petit roman, mais j’aurais aimé y passer plus e temps et en apprendre davantage sur l’univers. Je pense que pour cette raison, à l’occase je jetterai un œil aux autres tomes, histoire de voir si ça se développe un peu plus 🙂

Les larmes interdites

Sans doute l’un des livres les plus fort qui m’a été donné de lire cette année. Les Larmes interdites de Sophie Ansel (journaliste) et Navy Soth raconte l’enfance de cette dernière emmenée par les Khmer rouges dans un camp de travail forcé à seulement 2 ans avec toute sa famille. Là-bas elle vivra un enfer. L’humiliation, les coups, la peur, la faim sont le lot quotidien de cette petite fille qui n’a pas le droit de pleurer, pas le droit de se plaindre, même quand la peur est trop grande, quand la douleur est insupportable.

C’est difficile de parler de ce livre tant il m’a bouleversé. L’histoire qu’il raconte est d’autant plus inacceptable qu’elle est vraie. Des souffrances qu’on a peine à imaginer sont infligées à cette petite fille qui n’a pas commis d’autres faute que celle d’être née dans un Cambodge en pleine tourmente. C’est difficile de comprendre comment l’être humain peut arriver à tant de cruauté. Cette cruauté qui s’applique contre des enfants à qui l’on reproche les fautes des parents (par faute, comprendre appartenir à la classe moyenne urbaine) m’avait aussi frappé dans une témoignage : rescapé du camp 14 qui raconte l’enfance dans un camp de travaux forcé en Corée du Nord. Ces deux livres montrent chacun à leur façon ce que l’humain peut avoir de pire, mais aussi cet incroyable espoir qui l’anime. Survivre envers et contre tout. Voilà ce que fait la Noiraude, cette petite fille qui malgré la faim et la peur trouve la force de s’émerveiller devant une fleur, une odeur, un insecte.

Au delà du témoignage poignant, ce livre est remarquable par son écriture, très vivante et touchante. C’est très bien écrit, on est pris par l’histoire on veut savoir ce qu’il adviendra de la Noiraude et de sa famille. C’est très poétique aussi, touchant. Ce livre raconte l’horreur comme il raconte la force de cette enfant et des liens familiaux qui l’aident à tenir. J’ai beaucoup pleuré mais il m’est aussi arrivé de sourire face à l’espièglerie de la petite Noiraude.

Cette lecture m’a beaucoup touché mais elle m’a aussi fait beaucoup réfléchir. A l’Homme d’abord, à la puissance de l’endoctrinement d’un côté et à la volonté de survivre des victimes de l’autre. J’ai été très impressionné par cette envie de rester en vie coûte que coûte. Pourquoi s’accrocher quand la mort semble plus douce que la vie ?

Cela m’a aussi poussé à considérer la question de la réconciliation après un conflit fratricide. C’est un sujet qui n’est ici pas du tout abordé mais quand on voit ce qu’une partie de la population à fait fait subir à l’autre on ne peux que s’interroger sur la difficulté de reconstruire le pays à la chute du régime de Pol Pot. Une réflexion qui fait écho à un reportage que j’avais vu il y a longtemps déjà. A l’époque j’avais essayé de lire un autre livre écrit en collaboration entre un journaliste français et un rescapé de ces camps de travail. Contrairement à Les larmes interdites le livre était moins facile à lire. Le récit était dur certes mais ennuyeux à lire. Je n’arrive plus à me souvenir du titre.

Les larmes interdites m’a beaucoup marqué et je m’en souviendrais longtemps. Cependant je n’en conseillerais pas la lecture aux dépressif sous peine de voir tout espoir en l’espèce humaine s’évaporer.

→ à lire une interview des auteurs sur Terrafemina

extrait :

J’attends toujours la pleine lune avec une angoisse mal contenue et une étrange impatience. Les Pyjamas Noirs semblent plus irrités, ils s’emportent volontiers contre les villageois. Mais je croise plus de lézards, de grillons et de crapauds, comme s’ils préparaient une cérémonie du renouveau. Papa dit que les animaux sont moins attentifs et se font plus facilement piéger. Ils sont amoureux. C’est triste, parce que ça veut dire que l’amour est dangereux, même dans le monde des animaux. Pour nous, l’amour est interdit et l’interdit, tue, nous le savons. Eux ne le savent pas. En même temps je préfère ça : grâce à leurs imprudences romantiques, Papa fait quelques captures qu’il dissimule dans son pantalon, et moi, je mange toutes ces petites proies remplies d’amour.