Archives pour la catégorie littérature

L’Auberge d’entre les mondes – Péril en cuisine !

Sorti en mai 2017 ce roman jeunesse m’a de suite tapé dans l’œil avec sa jolie couverture et son titre : Péril en cuisine. Comment, moi la créatrice du challenge des livres en cuisine, aurais-je pu passer à côté de ce titre qui semble tout destiné au challenge ? 😉

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Nathan et Felix quittent leur lycée hôtelier pour un stage d’été dans une magnifique auberge dans les montagnes auvergnates. Il y ont été invité par l’un de leur professeur, qui en est le directeur. Alors que Felix s’extasie devant la beauté du paysage, Nathan, qui n’a encore jamais quitté le ville, s’inquiète face à tant de nature. Il ne sera pas au bout de ses peines et de ses surprises ! Parce que là où ils se rendent, ce n’est pas qu’une simple auberge de montagne luxueuse. C’est l’auberge entre les mondes. Un lieu à la croisée des multivères, où toutes les dimensions s’ouvrent et se rencontrent.

Les murs qui se déplient, des créatures plus étranges les unes que les autres, ne doivent pas faire oublier aux héros leur mission première : satisfaire les clients ! Qu’ils aient des antennes, des tentacules ou qu’il soient humain, à l’Auberge des Montagnes on est au petits soin de tous les clients. A peine découverte la vraie nature de l’auberge, Nathan, accompagné de Felix son meilleur amis et de Fan la stricte chef de brigade, se voit confié une mission périlleuse de plus haute importance.

Ce qui est amusant ici c’est ce mélange entre fantastique et routine d’un grand hôtel. On retrouve l’agitation des cuisines, la discipline des serveurs… sauf que les chefs ont des tentacules et que les plats sont… très exotiques !!

– Ne sous-estime pas le pouvoir de la table, Nathan, ni celui de l’hôtellerie… Tu devrais le savoir : la cuisine est quelques chose de magique. Un convive comblé est un convive heureux, à qui l’on remet en mémoire, quelques soient sa race et son origine, son bonheur d’être en vie, les plaisirs de l’existence, tout ce dont une guerre ou la violence peuvent les priver… Nous leur rappelons que la vie est belle, remplie de choses délicieuses, et qu’elle n’a pas de prix…

Mais la relation entre ce livre et gastronomie ne se limite pas au décor de l’aventure ! Le livre se termine par une jolie annexe : les bonne recette de Tonton Kolkrabbi et Tonton Bleksprutt !!

Dans cette partie on retrouve trois recette sous une forme classique (ingrédients + mode opératoire) mais noyé dans un savoureux dialogue entre les deux frères jumeaux qui ne ratent pas une occasion de se disputer. Là encore l’auteur s’en donne à cœur joie. En voici un extrait :

J’ai trouvé ce roman assez plaisant, mais il s’adresse vraiment a un public jeune. J’ai parfois ressenti un peu de lassitude et une certaine naïveté dans le propos. J’avais hâte d’en venir au bout. Les personnages sont sympa. Avec ce premier tome on pose le décor, on découvre l’auberge et son secret, on découvre qui sont Nathan et Felix. Il y a de l’action et de l’humour, une petite dose de romantisme aussi, beaucoup de mystère mais un quelques chose dans le rythme qui pèche, ça manque un peu d’entrain. Je pense qu’avec le tomes suivant on trouvera un bon équilibre. En tout cas, moi ça m’a donné envie de lire la suite et même de relire ce tome-ci avec Mimiko. A moins qu’elle ne préfère le lire toute seule.

Ce week-end je teste une des recettes des tontons K. et B (les chefs aux noms imprononçables!)


 chut les enfants lisent

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Un mistero per cinque ragazzi

Pour le mois italien Martine proposait une lecture commune en italien. Je ne connaissais pas le titre proposé et ma PAL menace de s’écrouler si j’ajoute encore un livre ! Mais j’avais quand même envie de participer au rendez-vous et de lire au moins un livre en VO. J’ai alors ressorti mon tout premier roman. Mon précieux. Ce n’est pas seulement un livre, c’est un précieux souvenir. C’est l’une de mes professeurs de cinquième que me l’a offert. A l’époque je passais par une période très difficile et on ne peut pas dire que j’étais très sociable. Elle en a du en avoir assez de me voir assise à regarder les autres jouer au foot à toutes les récrée. Un jour elle m’a apporté ce livre et… j’ai adoré !! Depuis il m’a suivi dans tous mes déménagements. Le premier de ma collection 🙂

Après cette brève introduction, parlons de cette aventure pour 5 collégiens.

quatrième de couverture :

Un delitto, una vittima, l’investigatore, un aiutante, una presenza oscura, un colpevole…Gli ingredienti sono quelli di un giallo classico, ma piuttosto inconsueti: il delitto è un inquinamento, la vittima un piccolo lago morenico, l’investigatore un gruppo di ragazzi di una scuola media di un paesino di collina, l’aiutante un corvo, l’oscura presenza… Basta così, la suspence ha i suoi diritti.

Ma il libro è qualcosa di più di un avvincente romanzo giallo: sulle ali dell’avventura, il mondo dei ragazzi viene alla ribalta in tutta la sua complessità e contraddittorietà e ci porta con immediatezza dentro i loro pensieri, amori, amicizie, problemi, paure e slanci ideali.

E quando alla fine si trova il colpevole, la vicenda si chiarisce e la curiosità si placa, rimane il rimpianto di doversi separare dai cinque amici del « gruppo ecologia ».

« Un délit, une victime, l’enquêteur, un assistant, une présence obscure, un coupable… Les ingrédients sont ceux du polar classique, mais plutôt inhabituels : le délit c’est une pollution, la victime un petit lac de glacier, l’enquêteur un groupe de jeunes d’un collège d’un petit village de colline, l’assistant un corbeau, l’obscure présence… Assez, le suspens a aussi ses droits.

Mais le livre est quelques chose de plus qu’un passionnant polar : sur les ailes de l’aventure, le monde de l’adolescence occupe le devant de la scène avec toute sa complexité et ses contradictions et nous amène immédiatement dans leurs pensées, leurs amours, leurs amitiés, leurs problèmes, leurs peurs et leurs idéaux.

Et quand enfin on trouve le coupable, les faits s’éclairent et la curiosité est rassasié, il reste le regret de devoir se séparer des cinq  amis du « groupe d’écologie ». »

Je ne me souvenais pas du tout de l’enquête en elle m’aime mais je gardais le souvenir d’avoir aimé cette lecture, d’avoir été prise par le suspens, par la tension du récit. Le relire 20 ans plus tard c’est intéressant. Malgré le temps qui a laissé sur moi d’indéniables traces, j’ai retrouvé mon âme d’enfant en lisant ce roman une deuxième fois. Tout comme lors de ma première lecture, je me suis prise au jeu de l’enquête. Mais ce qui frappe surtout dans ce roman c’est la justesse avec laquelle les auteurs, Mariella Ottino et  Silvio Conte, ont su rendre l’univers de l’adolescence.

Un très bon roman jeunesse avec tout les ingrédients : l’aventure, l’amour, l’amitié, le suspens et même des problèmes de famille. Dommage qu’il ne soit pas disponible en français.

Le livre est complété par un petit dossier d’info venant approfondir l’aspect écologique du roman.


 L’image contient peut-être : ciel, plein air, eau et texte

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SAO – Alicization beginning (tome 5)

Me revoilà avec du light-novel ! J’espérais avoir le temps de présenter ce roman pour le mois japonais mais j’ai une petite semaine de retard ^^’ moi et ma lenteur de lecture T_T Allez, c’est pas grave, comme on dit : « mieux vaut tard que jamais 😉

Aujourd’hui je vous présente un nouveau tome de la séries Sword Art Online, publié chez Ofelbe. Une de leur première licences, publié en gros volumes regroupant chacun 2 tomes japonais. Nous vous avons déjà présenté le premier tome 1 ici et ici.

Résultat de recherche d'images pour "sword art online roman"Pour ceux qui auraient la flemme de lire ces 2 article je plate vite fait le décor de la série : dans le premier tome de nombreux joueurs se retrouvent pris au piège dans un jeu vidéo, une nouvelle technologie de réalité virtuelle étonnamment réaliste où le joueur est littéralement plongé, laissant son corps inerte dans son lit. Alors que de nombreux joueur se jettent sur cette nouveauté, un cauchemar les attend ! Le créateur du jeu vient de le piéger. Il ne pourront se déconnecter qu’une fois la partie terminée. Il y a alors ceux qui paniquent, ceux qui s’organisent, ceux qui perdent toute notion de réalité n’hésitant pas à tuer leur camarades pour qui la mort virtuelle signifie aussi mort réelle. Au milieu de tout cela, Kirito, l’épéiste noir, beau et ténébreux, quoi que plutôt gringalet, solitaire et joueur vétéran particulièrement doué, qui a tout du stéréotype du personnage shonen. Mais l’écriture de Reki Kawahara est plaisante et dynamique, on lui pardonne très vite l’excès de stéréotype dans la construction de ses personnages.

J’avais trouvé la lecture de la première partie du tome 1 très agréable et pas prise de tête. En revanche, une fois l’aventure conclue je n’éprouvais aucun besoin de prolonger la lecture, ni de retrouver l’univers et les personnages de SAO. La deuxième partie du premier tome comporte d’ailleurs des incohérences avec la première et je m’en lassais assez vite.

Intrigée par cette inégalité entre la première et la seconde partie du premier volumes, j’ai voulu retenter l’expérience avec le tome 5 qui débute un nouvel arc (comprendre une nouvelle aventure avec un nouvel univers pour le même héro).

Mais alors qu’en est-il des tomes 2 à 4 ? Ben… je ne les ai pas lu ^^’

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L’avantage avec ce genre de roman, c’est que les light-novel sont pré-publié sous forme de feuilleton dans des magazine (voir sur des site internet) ce qui fait que les auteurs écrivent de façon a rester compréhensibles par celui qui découvre la série déjà en cour de publication. Si la lecture de toute la série ouvre des portes de compréhension supplémentaires (on connait bien tout les personnages et les clins d’œils aux épisodes précédents sont nombreux) le fait d’avoir loupé un pan de la vie de Kirito ne nous empêche pas de suivre cette nouvelle aventure.

L’auteur nous fait même des petits rappel pour que l’on puisse si retrouver, quand les personnages apparaissent, une breve présentation permet de les resituer ou de comprendre dans quel contexte le héro les a rencontré. J’ai donc compris qu’après avoir réussi à sortir du premier piège, Kirito a continué à explorer d’autres univers visuels dans lesquels ils a encore vécu de dangereuses aventure, déjoué de machiavéliques machinations et rencontré d’autres joueurs. Cela suffit pour commencer ce nouvel arc.

Avec Alicization Beginning, la réalité virtuelle va encore plus loin et devient plus vraie que réalité. Ce n’est plus un univers numérique dans lequel la conscience du joueur est projeté, mais une véritable réalité alternative dans laquelle l’âme du joueur évolue. L’âme ? Oui, une très complexe explication pseudo-scientifique nous est donné pour nous expliquer comment l’âme d’une personne peut être envoyé dans cet univers. Je ne suis pas sûre d’avoir bien suivi toutes les explications mais j’ai trouvé ça très intéressant comme passage car il pousse à se poser des questions sur ce qu’est la réalité. Ne vous êtes-vous jamais demandé si votre vie n’était en fait que le rêve de quelqu’un d’autre ? Gamine je m’imaginais souvent n’être que la fiction crée par un autre. J’aimais m’effrayent en me disant que tout ce qui pour moi était réel n’était finalement qu’une illusion. Avec Alicization beginning on est en plein dans ce délire.

Kirito se retrouve piégé (encore une fois, il a vraiment pas de bol) dans l’Underworld, mais il est le seul a être conscient qu’il s’agit d’une réalité virtuelle crée par une obscure entreprise de la réalité. Pour les gens qu’il y croise, l’Underworld est la réalité. Une situation finalement très différence de celle du premier tome où tous les joueurs savent qu’ils sont dans un univers virtuel et où les pnj (personnages non joueur) sont limité et se distinguent des vrais humains.

Dans l’Underworld tous semblent posséder une âme humaine. En cela je trouve que ce nouvel univers de SAO se rapproche d’avantage de l’univers de Log Horizon.

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illustration de Abec

Mais revenons un peu sur ce cinquième tome. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est changement de points de vue qui s’alternent d’un chapitre à l’autre. Deux univers évoluent parallèlement : la réalité et l’Underworld. Mais aussi le focus du narrateur, parfois Kirito s’exprime à la première personne, parfois c’est un narrateur extérieur mais qui se place du point de vue de tel ou tel autre personnages, nous faisant découvrir les choses tel qu’il les voie, nous faisant entendre leur voix intérieur. Ce va-et-vient d’un univers à l’autres, d’un point de vue à un autre offre une bonne dynamique, un rythme de lecture particulier et plaisant. Ce qui est assez extraordinaire c’est que les ambiances entre réalité et monde virtuelles sont vraiment différente, dans le premier cas on est dans un univers proche du notre mais futuriste, dans le deuxième c’est plutôt une ambiance héroïc-fantasy aux costumes moyenâgeux. Et les deux fonctionnent bien. Passer de l’un à l’autre donne aussi un peu de fraîcheur. Quand le décor moyenâgeux commence à vous ennuyer vous êtes propulsé en 2026. Et dès que les explications pseudo-scientifiques commencent à vous ennuyer vous voilà de retour au pays des dragons, trolls et autres féeries. On oscille vraiment entre sf et héroïc-fantasy.

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illustration de abec

Les personnages restent assez stéréotypé mais ont peut-être gagné en maturité par rapport au premier tome, cela se ressent moins. Sauf peut-être dans leur sexualisation. J’entend par là la façon dont sont traité les personnages féminins et masculins, répondant à des critères plutôt archaïques. Des petites phrases tel que « Tizée et Léonie laissèrent échapper des petits cris d’excitation, typiques chez les adolescentes de leur âge » se glissent ici et là, hérissant tous mes poils. Je les entends pousser des « kyaa! » typiques certes, mais non des adolescentes de cet âge, mais plutôt de l’image que les manga/anime japonais donnent des adolescentes de cet âge. J’ai jamais poussé des petit cris typiques pour une tartelette, perso. L’ensemble est vraiment très type anime, même sans l’aide des illustrations qui accompagnent le texte il serait impossible d’imaginer les personnages du roman comme de vraies personnes, on les visualise tel que des héros de dessin animé. Ce qui doit d’ailleurs faciliter l’adaptation en manga et en amine de la série.

manga, publié chez Ototo

Dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture, il y a plein de rebondissements, de nombreux personnages. Comme j’ai dis plus haut, j’ai apprécié le changement de décor et de point de vue permanent. C’est agréable et léger, avec une pointe de réflexion non désagréable (même si le chapitre avec les explications mériterais peut-être d’être un peu raccourcis). Une bonne lecture détente qui m’implique pas forcement d’avoir lu le reste de la série, tout en apportant aux fans de l’univers de nombreux clins d’œils.

Si cette redondance due la à la sérialisation permet de raccrocher au récit en cours de route, il a tout de même un désavantage au cours de la lecture d’un seul et même tome. Par exemple, ici, on nous explique l’origine de l’épée de Kirito à chaque fois qu’elle apparaît dans le récit, or nous avons lu le chapitre où il se procure cette épée puisque elle est dans ce même tome, inutile de nous le rappeler toutes les 50 pages. Une redondance qui en font un gros volume dont je pense une bonne centaines de pages pourrait être supprimé afin d’alléger l’ensemble. Ceci dit, l’écritures  de Reki Kawahara est suffisamment dynamique pour que cela ne soit pas trop encombrant comme répétitions.

Envie d’embarque dans ce nouvel univers virtuel ?

Sword Art Onlin – Alicization beginning

tome 5

auteur : Reki Kawhara

illustrations : abec

Ofelbe

fiche sur le site de l’éditeur

lire un extrait


Merci aux éditions Ofelbe pour cette lecture


Pour finir je partage ce fan-art que je trouve trop mignon

くすぐり攻撃/トフ
SAO fan-art de トフ
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Voyageur malgré lui ~ by Yomu-chan

Bonjour ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre qu’il m’a été donné à lire dans le cadre de mes cours de littérature, qui portent en ce moment sur « la quête et l’enquête ». Après avoir rendu ma fiche de lecture à mon professeur j’ai l’autorisation de vous la publier ici, ne soyez donc pas étonnée par la forme très scolaire de cet article 🙂

Je vais donc vous parler de Voyageur malgré lui, un roman de Minh Tran Huy, publié aux éditions Flammarion.

Résumé de l’œuvre :

Au détour d’une promenade new-yorkaise Line apprend l’existence d’Albert Dadas, le premier cas recensé de dromomanie. Il s’agit d’une pathologie qui pousse les malades à partir en voyage, abandonnant malgré eux famille et emploi. Line va alors se prendre de passion pour cet homme, et de cet intérêt va naître une réflexion sur le voyage en lui-même, sur le fait de laisser son chez-soi et de partir à la découverte d’un autre monde. Elle s’interroge sur les différentes raisons qui poussent les gens à partir de chez eux, et cette réflexion la mènera a étudier le parcours de différent individus, Albert Dadas d’abord, Samia Yusuf Omar ensuite, et puis de sa propre famille vietnamienne maltraitée par la guerre.

Biographie de l’auteur:

Minh Tran Huy est une auteur française d’origine vietnamienne . Elle est diplômée de lettres, elle fut journaliste, d’abord comme rédactrice en chef adjoint du Magazine Littéraire, puis comme chroniqueuse pour des émissions littéraires. Elle publie son premier roman en 2007 : La princesse et le Pêcheur, et son deuxième, La double d’Anna Song, en 2009, ce dernier fut récompensé par plusieurs prix dont le prix Pelléas, le prix des lecteurs du Salon Livres et Musiques de Deauville, et le prix Drouot. Elle abandonne finalement sa carrière de journaliste pour devenir directrice de collection pour les éditions Flammarion. Elle est aujourd’hui l’auteur de huit romans.

Voyageur malgré lui prend une place très importante dans l’œuvre et la vie de l’auteur puisqu’il pourrait presque s’agir de son autobiographie. Effectivement si le thème principal de cet ouvrage est le voyage, l’abandon de sa terre natale, Voyageur malgré lui se penche beaucoup sur l’Histoire du Vietnam et le déracinement de nombreuse familles issues de ce pays. Ainsi quand l’on connaît les origines de l’auteur, mises en évidence sur la quatrième de couverture avec une photographie la représentant et un commentaire de l’éditeur sur sa nationalité, on peut tout à fait entamer la lecture de ce roman comme étant les confidences personnelles de l’écrivaine.

Minh Tran Huy aime à mettre en scène le pays de ses parents dans ses écrits, on retrouve notamment cela dans La double vie d’Anna Song.

Bibliographie sélective de l’auteur :

La Princesse et le prêcheur, Actes Sud, 2007.

Le Lac né en une nuit et autres légendes du Vietnam, Actes Sud, 2008.

La double vie d’Anna Song, Actes Sud, 2009.

Comment la mer devient salée, Actes Sud junior, 2011.

Minh Tran Huy

Thèmes abordés :

Vous l’aurez compris le thème principal de ce roman c’est le voyage. Mais pas le voyage touristique, il s’agit plutôt de ceux qui n’ont pas eu le choix de voyager, ou qui ont dû s’appuyer sur le voyage pour construire leurs vies. Le titre est explicite. Ici l’auteur a voulu analyser cette forme de départ : un départ souvent forcé, incontrôlable qui a des répercussions non négligeables sur l’existence des individus. Ainsi Albert Dadas est malade et ses périples lui ont valu la perte d’une épouse, Samia placera tout ses espoirs de vie et de survie sur ses départs, et les oncles et tantes de Line auront beaucoup à perdre également…

Albert Dadas dessiné par son médecin

Cette notion de voyage se mue peu à peu en exil quand le personnage finit par ne s’intéresser qu’aux membres de sa famille vietnamienne tourmentée par les guerres et les départs. Minh Tran Huy se penche ainsi sur la nécessité salvatrice de l’ailleurs, mais la douleur de ceux qui restent trop longtemps loin de chez eux. Cette notion d’exil est un vaste sujet. Il a, en effet, fait couler beaucoup d’encre. L’expatriation engendre des sentiments paradoxaux ; le soulagement et la frustration, le renouveau et la nostalgie, le succès et la défaite. Ce sont ces émotions que l’auteur tente de coucher sur papier, des notions à la fois très personnelles et à la fois tristement universelles. Ainsi le travail de l’écrivain est de réussir à rendre tout cela vivant pour purger la peine de nombreux individus ; je pense que Minh Tran Huy y parvient plutôt bien, et qu’un lecteur ayant vécu cet exil saura se reconnaître dans les mots de Voyageur malgré lui.

Dans son questionnement sur le voyage l’auteur initie une réflexion sur les frontières. Elle s’interroge sur les évolutions de ces dernières, sur leur pertinence, leur justesse et l’impact parfois terrible et effrayant, tout puissant, qu’elles peuvent avoir sur la vie des gens. « Je dispose des moyens de transport modernes qui ont manqué à Albert et des libertés dont Hoai et Samia ont été privées. Bénéficie du droit d’aller et venir à ma guise simplement parce que je possède les papiers adéquats, obtenus sans rien faire d’autre que de naître au bon endroit, au bon moment […] Cette liberté que j’ai longtemps considérée comme allant de soi m’a été accordée de manière ni plus ni moins arbitraire qu’elle a été refusée à ces femmes : il n’y a guère qu’une feuille de papier qui nous sépare ».

Autre thème abordé par l’auteur : le lien entre espoir et désespoir. On l’a vu plus haut Minh Tran Huy pose son écriture sur une fine alternance entre sentiments opposés et paradoxaux. Ce qui ressort de ce jeu c’est le terrible balancement des individus entre l’espoir d’un avenir neuf et meilleurs, en sécurité, l’espoir d’un retour serein et réconfortant et le désespoir d’un non-retour déchirant, le désespoir d’un voyage qui n’arrive pas. Même dans les solutions on arrive à trouver des éléments de tristesse, et l’Homme doit composer avec cela.

Si il y a un mouvement qui anime le livre c’est bien la quête identitaire que mène le personnage à travers son père. Effectivement on ressent dès les prémices du roman un attachement particulier entre cette fille et son père, un lien un peu étrange puisqu’on nous décrit une relation très intime, presque fusionnelle, «[…] je pense que mon père et moi ne formons qu’une seule et même entité. […] Je crois que mon père ressent tout ce que je ressens, qu’il a vécu les mêmes choses, éprouvé les mêmes besoins, les mêmes désirs, les mêmes colères – je suis une extension de lui et lui de moi », mais à la fois une relation basée sur le silence et le non-dit, « Il ne fallait pas compter sur lui, en revanche, pour tenir une conversation. Il semblait tomber d’une autre planète à chaque fois que je lui parlais ». Ainsi cette relation apparaît parfois comme un peu trop idéalisée, et l’admiration envers le père peut peut-être même mettre mal à l’aise. Et pourtant c’est en cherchant à mieux connaître ce père avar de paroles, en cherchant à reconstituer le passé de sa famille, en cherchant à comprendre les traumatismes de celle-ci, que Line va construire son identité. Revendiquant son héritage elle comprend et prend enfin conscience, comme un soulagement, de l’impact que le passé a sur son présent, et comment le refus des mots et de l’évocation des souvenirs peut enfermer les gens. C’est ce travail de libération de la mémoire qui lui permet d’asseoir son identité. Ainsi le travail de Minh Tran Huy met en évidence comme il est important pour comprendre son présent de retracer ses origines, de donner vie à la mémoire.

Sans être un livre historique Voyageur malgré lui donne son importance aux traumatismes de l’Histoire, d’abord il lève le tabou des guerres coloniales. En montrant comme il est difficile pour les individus d’en parler, de raconter, Minh Ttran Huy traduit les attentes de toute une génération héritière de ce conflit d’Indochine et qui pourtant n’a jamais vraiment pu comprendre ce qu’il s’y été passé. L’école encore aujourd’hui en parle très peu et les victimes encore moins. Dans son texte l’auteur commence a libérer la parole. Elle ne cherche pas a retracer les événements historiques mais s’intéressent aux gens et a leur ressenti. Il en va de même pour le récit de la vie de Samia Yusuf Omar, en décidant de raconter ce parcours tragique Minh Tran Huy tente de mettre un visage sur l’horreur qui se déroule en Somalie.

Samia Yusuf Omar

Tonalité de l’œuvre :

La tonalité de l’œuvre est assez déroutante. D’abord parce qu’on la prendrait presque pour une autobiographie. Rédigée comme un journal de bord elle nous emmène dans l’intimité des pensées de Line que l’on croirait réelle tant ses problématiques et ses réflexions sont ancrées dans la réalité. Il faut faire un effort pour prendre conscience qu’il s’agit d’une fiction. De plus l’auteur, ancienne journaliste, donne un aspect particulier à son travail, on la sent très bien documentée ; la façon même d’écrire s’apparente parfois a un reportage, si bien que tout paraît très «vrai ». Cet aspect de véracité pousse le lecteur a réfléchir sur le monde qui l’entour, puisque c’est son environnement qui est décrit dans ce livre. C’est par la force des choses très émouvant, comme peut l’être un témoignage.

C’est effectivement un texte qui fait réfléchir, qui pousse a s’indigner sur l’injustice et la cruauté du monde. Mais qui finalement, même s’il inquiète, montre comment l’on peut et comment l’on doit chercher a composer avec ce monde.

Avis personnel :

Si l’œuvre commence sur un sujet intriguant, la dromomanie, j’ai tout de même trouvé qu’elle mettait du temps a « commencer ». L’auteur tarde a amener son propos. Mais une fois que la réflexion est lancée la lecture est très plaisante, on apprend beaucoup de choses, ce qui est formidable. En revanche je n’ai pas réussi a m’attacher aux personnages, joue sûrement le fait que mon parcours personnel et familial ne rejoint pas du tout le leur ; pourtant les réflexions proposées sont universelles… L’écriture de Minh Tran Huy, même si elle a beaucoup de qualités, dont un rythme agréable, une certaine poésie et une sensibilité certaine, n’a pas su me rapprocher de Line et de son père. J’ai même parfois trouvé le personnage de Line (et presque l’auteur) un peu prétentieuse de vouloir mettre des mots si « intimes » sur des histoires qui ne sont pas les siennes…

Mais je dirais quand même que la lecture de Voyageur malgré lui fut un agréable moment et j’en ressort instruite, la tête pleine de questions et de curiosité.

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les plumes féminines japonaise sur Ma petite Médiathèque

Le thème du jour pour le challenge un mois au Japon : les plumes féminines. N’ayant pas eu le temps de lire un nouveau roman j’avais tout d’abord pensé ne pas y participer puis je me suis dit que c’était l’occasion de revenir sur mes anciennes lectures et voir quelles auteures (avec un e ) japonaises j’ai lu.

Littérature, oui m’dame, avec un grand L

Après un survol rapide de ma bibliothèque je vois que j’ai chroniqué bien peu de romans japonais et moins encore écrits par des femmes 🙂

larmes-de-princesse.jpgJe commence par mon préféré. J’ai adoré Larmes de Princesse, écrit par Minako Oba. J’avais beaucoup aimé sa plume, très vivante. J’étais vraiment entrée dans son histoire. Le personnage principal me plaisait beaucoup. Et la façon dont l’histoire était racontée était très prenante. J’ai lu ce livre il y a longtemps déjà mais j’en garde un très bon souvenir. Plus que l’histoire en elle-même j’avais beaucoup aimé toute la réflexion autour de la double culture du personnage principal, une japonaise qui a longtemps vécu aux USA.

Je me rends compte que je n’ai toujours pas lu les deux autres livres traduits en français. Faut absolument que je trouve le temps de m’y mettre ! Je suis curieuse de savoir si je retrouverais ce style particulier qui m’avait tant plu dans cette lecture.

Parfum-de-Glace.jpgJe poursuit avec Parfum de glace de Yôko Ogawa. Ce n’est pas le seul roman que j’ai lu d’elle mais le seul dont j’ai parlé sur le blog. J’ai connu cet auteure, très renommée par ailleurs, avec sont titre Cristallisation secrète. Cette histoire fantastique où les gens perdent peu à peu la mémoire de tout m’avais beaucoup marqué. C’était très étrange et au même temps très intéressant. Du coup j’ai voulu en lire plus. Ses romans étant très facilement trouvables en bibliothèque j’ai emprunté d’abord les abeilles, puis Parfum de glace où l’on suit une femme sur les traces de son mystérieux fiancé disparu. C’est drôle parce que j’allais écrire que j’avais préféré Cristallisation secrète, dont l’histoire me semble plus intéressante. Puis j’ai relu ma chronique sur parfum de glace où je dis avoir préféré ce dernier aux deux autres et m’être facilement identifié au personnage principal. Pourtant je garde le souvenir d’une histoire chiante. Comme quoi ! ce que l’on vit sur l’instant en lisant un livre et ce qu’on en garde en mémoire ce n’est pas toujours la même chose. C’est pour ça que je trouve intéressant d’immortaliser nos impressions sur les livres que l’on lit.

Les trois romans de Yôko Ogawa que j’ai lu ont en commun d’avoir comme personnage principal une femme. Et aussi d’être accès sur les sentiments. Avec un soupçon plus où moins marqué de fantastique tout en étant très réaliste. Peut-être un peu à la façon du réalisme magique d’Amérique latine. Du moins c’est à ça que ses romans m’ont fait penser.

totto-chan.jpgLe troisième roman écrit par une femme japonaise dont j’ai parlé ici est Totto-chan. J’ai été vraiment déçu par ce roman. Je m’attendais à quelque chose de plus poussé, de plus instructif. Or ce n’est qu’un témoignage assez naïf de son enfance que nous livre l’auteur. Si certains passages sont sympa, je n’ai pas aimé le ton très lèche botte (désolé il y a pas d’autres expression qui me viennent à l’esprit). Testuko Kuroyanagi n’arrête pas de nous dire combien le directeur de l’école était un homme extraordinaire. Elle le répète tellement qu’à la fin je n’avais envie que d’une chose, lui balancer le livre à la figure. J’avais le sentiment d’être prise pour une idiote. J’ai pas du tout aimé cette façon de faire. Pourtant j’ai entendu le plus grand bien de ce livre. Je ne comprends pas ce que les gens lui trouvent. Moi je me suis forcé à le finir.

Un petit mot aussi sur Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka.

L’auteur est américaine d’origine japonaise, ça ne compte pas vraiment. Mais le sujet est vraiment intéressant. Le livre parle de ses femmes japonaises qui ont émigré aux Etats-Unis au début du XX. Un portrait très intéressant et un style très particulier.

Un livre très intéressant pour ceux qui s’intéressent au Japon (et même pour les autres).

Littérature jeunesse, comme light-novel

Pendant peut-être moins noble, mais fort amusant, de la littérature japonaise, le light-novel a aussi ses plumes féminines. J’a pu lire 2 titre très sympa mais qui malheureusement n’ont pas eu les éditions qu’il méritent.

le gardien de l'esprit sacréLe gardien de l’esprit sacré de Nahoko Uehashi est vraiment excellent. Si vous aimez les univers fantastique de sabres et épée à la sauce orientale, ce livre est pour vous. L’univers crée par l’auteurs tient vraiment la route, on s’y voit vraiment. C’est très bien mis en scène. Les personnages sont touchant et si l’action n’est pas palpitante l’univers est suffisamment bien construit pour nous amener dans un très beau voyage. En plus la traduction n’est pas mal. Mais alors pourquoi je dis que l’édition n’est pas à la hauteur ? Tout s’abord l’éditeur, Milan jeunesse, à fait le choix de ne pas publier les illustration d’origine, ce qui est fort dommage, les couvertures d’origine sont superbes. Heureusement, l’illustration qui la remplace n’est pas mal non plus. Mais là où ma déception est grande, c’est que Le gardien de l’esprit sacré n’est en fait que le premier tome d’une longue série Moribito shirîzu. Or Milan jeunesse l’a publié comme étant un one-shot et la suite n’ai jamais sortie en France. J’étais très déçue, j’ai tellement aimé ce premier tome que j’avais envie de retrouver cet univers avec de nouvelles aventures.

Enfin, on peut toujours se consommer avec une autre de ses séries qui a été publié en France : la charmeuse de bêtes.

N°6 T1Autre série, autre auteure et autre univers avec n°6 de Atsuko Asano.   On est ici dans une dystopie où deux jeunes garçons vont devoir se battre contre un ordre établi ultra autoritaire. Fan service en veut tu en voilà, mais une histoire sympa et des personnages attachants. Encore une fois la séries est mal traité par son éditeur qui sur les 9 tomes qui la complètent n’a publié que 6 volumes. De quoi être super frustré ! Bon au même temps le sixième est pas terrible, trop de pathos, du drame mélodramatique à vous donner la nausée qui casse un peu l’ambiance et en fait quelques tonnes de trop. Mais bon, j’aurais bien lu la fin, moi !

Mangaka au féminin

Parce qu’il n’y a pas que les roman dans la vie ! Les mangaka méritent aussi qu’on parle d’elle. Impossible ici de les citer toutes ! Il y en a beaucoup trop. Je me contente de quelques lignes et deux trois petits liens 😉

Si au début les femmes mangaka étaient extrêmement rares, dans les années 70 la profession s’ouvre au « sexe faible » mais les auteures sont cantonnée au genre shôjo, romance et compagnie. Heureusement ce n’est plus le cas ! Si certaines mangaka sont toujours spécialisé dans la romance et le shôjo, la frontière entre les genre pour fille (shôjo et josei) et pour garçon (shônen et seinen) disparaissent peu à peu. Les femmes peuvent s’épanouir dans des manga de tout les genre et souvent on a des titres à la croisée de plusieurs styles comme par exemple Adekan (un ovni ce truc !) de Tsukiji Nao.

Si les mangaka ne se cantonnent plus au shôjo manga, comme par exemple Hiromu Arakawa qui fait surtout du shônen (FullMetal Alchimiste, Silver spoon…), je vais quand même vous renvoyer vers mon article : Shôjo la meilleur mangaka que j’avais écrit à l’occasion de la semaine shôjo il y a 3 ans. Il se trouve que tous les auteur que j’y cite sont des femmes 😉

Voilà pour ce qui est du petit tour de plumes féminines japonaises présentes sur Ma petite Médiathèque. N’hésitez pas à m’en conseiller d’autres 😉

sore jaa, mata !

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Auteur à l’honneur #1 – Conceição Evaristo

Pour ce premier rendez-vous mensuel initié par Nina, je profite que l’on soit encore au mois de mars pour vous présenter une auteure brésilienne que j’ai découvert l’année dernière : Conceição Evaristo.

Conceicao Evaristo (Conceição Evaristo) - Ecrivain Brésilien - 24 Mars 2015 - Paris

J’ai eu un véritable coup de cœur pour son Banzo, mémoires de favelas, publié en 2016 par les éditions Anacaona. Le roman avait été publié au Brésil en 2006. Un seul autre des ses roman est disponible en français, toujours aux éditions Anacaona, L’histoire de Poncia écrit en 2003 et publié en France en 2015. J’aurais aimé avoir le temps de le lire aussi avant de faire cette article mais je suis prise de court. Étrange, me direz-vous, de mettre à l’honneur un auteur dont on n’a lu qu’un seul livre. Oui, peut-être. Mais ce livre m’a tellement marqué que je soute sur cette opportunité pour en parler et la faire connaitre autour de moi.

Minas Gerais in Brazil.svg

Conceição est née en 1946 dans une favelas de Belle Horizonte dans le Minas Gerais au sud du Brésil. (Je vous ai brièvement parlé du Minas Gerais avec la légende de Chico Rei la semaine dernière).

Elle est la deuxième d’une fratrie de 9 enfants. Dès son jeune âge elle travaille comme domestique pour aider sa famille. Malgré la situation difficile de la famille Conceição, comme ses frères et sœurs, fréquente l’école publique où elle apprend à lire et se découvre très tôt des prédisposition pour l’écriture. Dans sa famille il n’y a pas de livre mais on est conteur, ces aux milieux des histoires contées par les anciens qu’elle  grandi en gardant un goût pour la mémoire et l’héritage, thème que l’on retrouve dans son oeuvre.

En 1973 elle réussi le concours d’enseignant et part s’installer à Rio de Janeiro où elle travaille comme institutrice dans des écoles publiques avant de reprendre ses études de lettre a 40 ans.. En 2011 elle obtient son doctorat en littérature comparée.

Ses premiers écrits sont publié dans les années 1990 dans Cadernos negros, revue brésilienne spécialisée dans la culture afro-brésilienne.

Conceição Evaristo n’est pas seulement écrivaine, elle s’engage également pour lutter contre le racisme et l’exclusion sociale des afro-brésilien. La discrimination raciale et l’histoire des esclaves noirs au brésil sont au cœur de son oeuvre.

Son style très particulier mélange souvenir personnel et mémoire collective faisant ce qu’elle appelle l’écrit-vie.

Conseição Evaristo sur le site de son éditeur français

Pour les lusophone j’ai trouvé cette émission très intéressante :

Ah ! J’adore cette langue !!! Que ça me manque.


Retrouvez tous les auteurs à l’honneur du mois de Mars : Le Rest’o littéraire


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Le Mystère de Chalucet

Après une intrigue d’espionnage en Asie, j’ai enchaîné avec un mort à Limoge. Je suis dans le roman noir en ce moment XD

Le Mystère de Chalucet est un roman de Laurent Bourdelas, paru aux éditions Geste en 2016 que je découvre grâce à la dernière masse critique de Babelio.

Le roman me laisse une impression assez mitigée. D’un côté je suis surprise de l’avoir lu si vite, de l’autre je suis un peu déçue par l’ensemble.

Dans ce roman on suit deux histoires en parallèle, qui s’alternent à raison d’un chapitre chacune. La première se déroule dans année 1380. On y découvre une bande de bandit qui prennent possession du Châlucet. La seconde se passe de nos jours à Limoge. Le capitaine Vinoy doit enquêter sur la mort de l’ex-futur conservateur du Châlucet.

Les deux histoires ont en commun le site historique, mais le passage de l’une à l’autre ne m’a pas vraiment convaincue. J’ai d’ailleurs eu un sentiment très différents à lecture des deux. J’ai trouvé assez ennuyeux les passages moyenâgeux. On suit cette bande de bandit, la façon dont il prennent possession de Châlucet et comment ils vont en partir mais en réalité il ne se passe rien. A part nous donner un aperçu de ce que pouvait être la vie des habitants de la région au XIV siècle, ça n’a pas grand intérêt.

Quand à la partie contemporaine, je l’ai trouvé plus plaisant. Plus vivante peut-être. Je me suis attachée au capitaine Vinoy qui, bien qu’assez classique comme personnage, est touchant. Mais là encore, il ne se passe pas grand chose. On ne peut pas dire que l’enquête soit haletante. C’est plus le quotidien du capitaine et son attachement à la ville (et à la bonne bouffe) qui sont intéressant. On éprouve cet amour de Limoge avec lui au point de vouloir y vivre. Mais pour ce qui est du mort… pas vraiment de suspens. Dès que la raison du pourquoi du comment est esquissé on la comprends de suite, ainsi que le nom du meurtrier et finalement ça n’a presque pas d’importance. Toute cela n’est qu’un prétexte pour nous parler du Châlucet et de Limoge.

J’ai donc trouvé cette lecture plaisante, j’avais envie de poursuivre. Mais j’ai été déçue par le manque de suspens, et des parties moyenâgeuses pas assez intrigantes.


Si j’ai rendu le challenge des livres en cuisine annuel c’est parce qu’on a souvent la surprise de découvrir au détour d’un roman une passion pour l’assiette, alors même que ce n’est pas du tout le sujet. Et c’est exactement ce qui c’est passé avec Le mystère de Châlucet. On commence avec quelques vins, longuement décrit par le capitaine Vinoy, que l’on découvre amateur de bonne choses, et petit à petit on se rend compte que la nourriture prends une place importante dans le récit. On nous décrit souvent le menu du capitaine, lui en parle avec plaisir.

Décidément, on en découvre des vins dans ce roman : le mystère de Châlucet #romanpolicier #deslivresencuisine

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Découvrir un vin au detour d’une page, le plaisir #deslivresencuisine. Le mystère de Châlucet. #vin #lecturedujour

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Décidément, dans Le mystère du Chalucet on aime le vin ! #lecturedujour #romanpolicier #vin

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Mais le moment qui m’a décidé à choisir ce livre pour le challenge c’est quand sire de Tournemine nous livre sa recette de pâte de fois de volaille :

Des valets apportèrent les entrées : une soupe à jour de poisson – de la truite déposéee sur des tranches de pain grillé et recouverte d’une sauce au vin, aux épices et à la poudre d’amande – , suivi d’un merveilleux pâté de fois de volaille confits, dont Jean ne put s’empêcher de livres la recette à son cousin car, dit-il, il en surveillait lui-même l’élaboration, « la nourriture étant chose trop sérieuse pour la livres à des mains malhabiles !

– Tu utilises des fois de volaille ou de porc et tu les sales. Attention ! Pas n’importe quel sel ! Nous l’achetons aux moines d’Aubazine, une fois l’an. Quand les foies ont bien reposé, ils sont rincés à l’eau pure de notre puits et séchés dans un linge. Ensuite, je demande à la cuisinière de faire fondre la graisse de canard dans une marmite close, d’y plonger les foies avec un peu d’ail écrasé, du laurier, et de faire mijoter.

[…] il faut ensuite réaliser le pâté. Hacher les foies, moitié frais, moitié confits. Hacher aussi la gorge de porc, ajouter un peu de graisse de foies confits des oignons finement hachés, du pain trempé dans le lait, de l’ail écrasé, des herbes, des œufs battus en omelette, des épices, du miel, de l’eau-de-vie. Et tout brasser longuement pour rendre le mélange homogène. Ensuite, on tasse la pâte dans la terrine, et on noie dans la farce quelques foies confits entiers. Puis on laisse les terrines quelques jours au frais pour qu’elles s’améliorent, avant de les servir. C’est là que nous en sommes, cher cousin ! A ce moment de délice ! J’en connais point d’autre si ce n’est ceux que me procure ma chère Anne, dit-il alors en enlaçant celle-ci, qui posa la tête sur son épaule.


Le coin de curieux :

Si, comme roman policier, je ne l’ai pas trouvé extraordinaire, Le Mystère du Châlucet a cependant le mérite de nous communiquer l’amour du Limousin. A la lecture de ses pages j’ai vraiment eu envie de découvrir Limoges et ses four à porcelaine, de me balader dans les ruines du Châlucet.

Situé à 20 minutes au sud de Limoge, sur un éperon rocheux, les ruines de ce château médiévale nous invite au voyage dans le temps. Je prends note pour mes prochaine vacances !

Trouvez toutes les info sur le site du Châlucet

Quand aux four de porcelaine j’ai trouvé de belle photos sur le blog Limoge passionnément

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Le music-hall des espions – Bruno Birolli

J’avais aimé le livre historique de Bruno Birolli Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre, qui se lit comme un roman. J’étais impatiente de découvrir son premier roman.

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages avec la découverte de cadavres bien puants. Nous sommes à Shanghai, dans les années 30. Autour du charnier, des officiers français, un homme des renseignements britanniques, un officier chinois et ses hommes. Mais qui sont donc ces cadavres. Qui est l’homme qui pleure ?

Marche arrière toute. On se retrouve en France. René est envoyé en Chine comme sous-officier par son oncle influent qui ne sait trop quoi faire du jeune homme dont il a la charge. Un neveu encombrant, une concession lointaine. Voici René embarqué pour une aventure à laquelle il ne s’attend pas. Pas mécontent de quitter la France (et surtout son oncle), René débarque à Shanghai où il travaillera aux renseignements avec Fiorini, son supérieur. Fiorini est un officier taciturne, de peu de mots. Mais il saura gagner la confiance et la fidélité de son sous-officier fraîchement débarqué.

Avec René, on découvre la vie de Shanghai, partagée entre ses concessions étrangères et ses quartiers chinois. L’ambiance est des plus tendues : homme d’affaires peu scrupuleux, taxi-girls, étrangers en mal d’aventure, autorités fidèles à Tchang Kaï-chek, espions communistes et japonais prêt à faire tout péter, on marche sur le fil du rasoir.

C’est au détour d’un incident peu commun, une attaque qui n’a rien d’un simple braquage que Fiorini, accompagné par René, se lance sur les traces d’espions communistes. Un jeu de chat et de souris, de pouvoir et de manipulation, du quel personne ressortira vraiment indemne, est en train de se jouer.

Ce que j’ai aimé dans ce roman ce n’est pas finalement tant l’intrigue policière que laissait entrapercevoir la découverte des cadavres par laquelle le roman s’ouvre. Ce qui est vraiment intéressant de ce livre, c’est de découvrir la ville de Shanghai avant que la guerre n’y éclate. C’est à travers le vécu de René qu’on découvre la ville, ces différents quartiers, sa dynamique, la façon dont les diverses concessions et les quartiers chinois interagissent. Bruno Birolli a su la rendre très vivante. Il y a profusion de détails, on a vraiment l’impression d’arpenter ses rues.

Les personnages, nombreux, sont tous attachants. Même les plus terribles d’entre eux ont quelque chose de profondément humain qui nous les rends familiers. On ne peut détester personne. Il n’y a ni de bon, ni de méchants. Il y a des camps adverses, il y a la guerre, il y a les valeurs que chacun veut défendre. Des chemins contraires qui mènent à la confrontation, inévitable, acceptée tel une fatalité.

Un beau livre, qui se lit avec plaisir et qui nous fait découvrir un pan de l’histoire chinoise sans en avoir l’air.

Merci aux éditions Tohu Bohu et à Bruno Birolli pour cette lecture.


Le coin des curieux :

Je ne pouvais pas présenter ce livre sans proposer un coin des curieux ! Mais j’ai découvert, avec plaisir, que Bruno Birolli avait déjà bien préparé le travail avec la page facebook du roman où l’on trouve énormément de photos d’archives ayant servi à l’élaboration du roman. On y trouve même quelques musiques 🙂 Je vous invite vraiment à y faire un tour.

Que dire de plus après avoir feuilleté les albums photos ?

Je me contenterais de proposer deux autres lectures dans un genre bien différent pour découvrir sous un autre angle le Shanghai des années 30 :

La balade de Yaya nous amène à Shanghai en 1937 alors que la guerre opposant les chinois au japonais a éclaté. Yaya, une petite bourgeoise, se retrouve perdue dans les rues de la ville à feu et à sang. Elle y rencontrera Tuduo, un gamin des rues. Ensemble, ils vont fuir et tenter de survivre.

Une très jolie bd jeunesse dont je vous ai déjà parlé ici. Si le dessin tout en rondeur fait vraiment penser à une bd pour enfant, le propos y est parfois très dur, à ne pas mettre entre des mains trop jeunes. Mimiko l’aime beaucoup et y revient régulièrement

L’ombre de Shanghai, encore une bd jeunesse. Toujours aux édition Fei, comme la balade de Yaya. C’est ici une jeune chinoise, prise sous l’aile d’une riche famille de colons français qui est au centre de l’intrigue. Nous sommes toujours à Shanghai dans les années 30, mais les jeunes gens qui fréquentes le lycée de la concession française semblent bien plus inquiets par leur peines amoureuses que par la guerre imminente. Une histoire fantastique et non une aventure historique, mais de belles planches où l’on peut observer les rues du Shanghai des années 30.

Je vous ai déjà parlé des premiers tomes de cette série ici.

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Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

Roma - Chiesa di Sant'Andrea al Quirinale.jpg

La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

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Gomorra ~by Yomu-chan

Bonjouuuur ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman d’un genre bien particulier : la narrative non-fiction. Objet d’étude de mes cours de littérature, je me suis passionnée pour ce type de lecture. Je vous en donne un premier aperçu avec cette modeste analyse de Gomorra. J’espère avec le temps de vous livrer d’autres chroniques sur cette narrative non-fiction (il faudra peut-être que je fasse un petit billet pour expliquer ce que c’est ^^’)

Info livre :

Gomorra est une oeuvre de Roberto Saviano, auteur italien.  Le livre fut édité pour la première fois en Italie par les éditions Mandadori, puis en France en 2007 par Gallimard (le traducteur est Vincent Raynaud). Le livre, suite à son grand succès a été traduit dans plus de 40 langues.

Je voulais vous dire un mot sur ce titre « Gomorra », qui a priori ne veut rien dire mais qui est en fait lourd de sens. Il s’agit effectivement d’un judicieux mélange de « Camorra » (organisation mafieuse napolitaine) et de « Gomorrhe » (dans la bible : ville détruite par les feux sacrés à cause de ses mauvaises mœurs).  Titre qui prend tout son sens quand on lit l’ouvrage, vous le comprendrait plus bas 😉

Résumé de l’œuvre :

Gomorra est un long reportage sur la camorra, organisation mafieuse napolitaine. En fait sur environ 450 pages l’auteur décrit le système du crime organisé en Italie. Il en dépeint la hiérarchie, et explique explicitement où et comment elle exerce son influence. C’est quelque chose de nouveau, car si on sait tous que la mafia existe et qu’elle représente le crime (la drogue et le meurtre) on n’a pas forcément conscience de l’emprise qu’elle peut avoir sur un pays et les conséquences que cela a sur une population. Ainsi Roberto Saviano entreprend de démêler les fils complexes d’une telle organisation. Il structure son livre en 11 chapitres, chacun axé sur un domaine relatif à la mafia, et c’est comme ça qu’il fait un panorama assez exhaustif de toutes les activités de la camorra.

Il explique logiques et mécanismes, met en évidence les lieux clés des activités criminelles, donne des noms, raconte des anecdotes, et met en lumière la vie infernale des habitants de Naples et ses environs qui subissent ça depuis des décennies.

thèmes abordés :

Ce qui est intéressant avec Gomorra c’est que l’auteur s’attaque à une entité déjà bien connue : La mafia (surtout italienne). Le crime organisé a en effet donné lieu à plein de mythes, tant à travers diverses personnalités (des parrains charismatiques), qu’à travers des récits d’aventures, d’amours, etc… Pourtant ici Roberto Saviano s’acharne à montrer ce qu’il y a derrière cette image médiatique de la mafia (sans la démentir tout autant, car cela reste une part de la vérité). Mais il met surtout en avant les vraies problématiques du milieux. En mettant des coups dans l’image aventureuse et l’idée un peu embellie de la mafia, il montre que leur seule axe c’est le profit, le profit, toujours le profit. Et cela ne passe pas toujours par des domaines très glamour (comme le sont les cartels de la drogues et les complot d’assassinat, qui existe bel et bien mais ne sont pas tout) : par exemple une grande partie des capitaux de la camorra passe à travers les constructions immobilières, ou le traitement des déchets.

A côté de ça, comme je l’ai déjà dit, Saviano met un point d’honneur à traiter les conséquences de la présence d’une telle organisation. Car si les guerres de clans donnent lieu à des assassinats de mafieux par des mafieux, ces derniers ne sont pas les seules victimes. On relève beaucoup d’autres morts, parmi les civils, directement liés à la camorra. Et sans que cela aille toujours jusqu’à la mort, les gens évoluant dans un climat empoisonné par la mafia, vivent un véritable enfer, économique et social.

Genre littéraire :

Indéniablement Gomorra appartient à la narrative non fiction. On parlera souvent de “roman documentaire” pour désigner l’œuvre. Et si l’auteur lui-même s’identifie à Truman Capote initiateur de ce mouvement, il y a quelques point dans ses choix d’auteurs qu’il faut étudier pour comprendre quelle définition Roberto Saviano donne à ce genre de littérature.

Effectivement, Truman Capote fait l’apologie d’un journalisme où l’auteur doit-être invisible. Et pourtant Saviano veut son livre comme un vrai témoignage. Mêlant anecdotes informatives et intimité.

C’est certes un ouvrage d’information, mais auquel il donne plus de profondeur en y ajoutant le vivant et donc les sentiments, les siens surtout puisqu’il en est l’auteur et le narrateur.

Il pense son livre comme le fruit de son combat personnel contre la camorra. Et ce point est intéressant car c’est ce qui donne à l’ouvrage son aspect romanesque. Sans quoi Gomorra ne serait qu’une longue liste de nom, et de structure, et il nous serait difficile de comprendre l’impact réel que cela a dans la vie des gens. Selon moi le choix que fait Saviano de s’intégrer au récit, s’inscrit dans une véritable démarche engagée. Roberto Saviano a une définition du journalisme, en tout cas du roman narrative non fiction, qui diverge un peu de celle de Capote, puisqu’il affirme à plusieurs reprise dans son livre qu’il ne peut faire ce qu’il fait en étant étranger au système qu’il décrit. Il fait la promotion d’un journalisme de terrain et de présence (dans le texte).

Dans un article du Monde on peut lire ces mots de Roberto Saviano : « Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction,  je me suis donc inspiré du genre « nonfiction novel » de Truman Capote. J’ai utilisé la liberté et l’indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d’être une fuite de la réalité, comme elle l’a souvent été pour beaucoup d’écrivains du sud de l’Italie, et devient l’instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable. »

l’écriture, le style :

Gomorra n’est pas un livre facile à lire. Bien qu’il aborde des thèmes très intéressants, qui touchent à la fois notre émotivité et notre conscience de citoyen. Il reste un ouvrage très dense pas très digeste, de mon point de vue.

Bien que Roberto Saviano y intègre des anecdotes intrigantes ou émouvantes, la plus grosse partie du livre est constituée d’informations. On peut avoir des pages entière de noms, de définition d’un système hiérarchique, de l’état économique de tel ou tel domaine ou autres choses pas toujours facile à comprendre du premier coup. L’auteur utilise aussi beaucoup de termes techniques, ou ne cesse de citer des sources. Heureusement des notes sont souvent ajoutées en bas de pages (d’ailleurs des fois ces notes font la moitié de la page). Le texte est aussi bourré de références littéraires et cinématographiques. Pas toujours facile de suivre.

Place et intérêt de l’œuvre dans la production de l’auteur :

Il faut parler et de la place que prend Gomorra pendant son processus d’écriture et après sa publication.

D’abord Roberto Saviano s’implique énormément dans l’écriture de ce livre. Il dédie plusieurs années de sa vie à son enquête. Et s’introduit profondément dans l’univers qu’il cherche à décrire. D’abord il est né au cœur du territoire de la camorra et l’a vu à l’oeuvre durant toute sa jeunesse, et quand sa colère envers l’organisation devient trop forte il décide dans une démarche volontaire d’aller traquer les informations pour en comprendre le fonctionnement et ainsi nous le décrire dans son livre. C’est pourquoi il va travailler sur les chantiers de la camorra, il va travailler sur le port, il va être serveur lors de leurs mariages, etc. Et quand la guerre des clans éclate, il va jusqu’à se munir d’une radio connectée à celles de la police et se rend sur les lieux des meurtres pour voir les victimes de ses yeux.

Parlons ensuite de l’impact qu’à eu le livre une fois publié. Il a été un succès national et international. Suite à ça l’auteur est beaucoup sollicité pour des discours, des rencontres publiques, pour animer des émissions TV, etc… Puis en 2008 Gomorra est adapté au cinéma dans un film qui va représenter l’Italie aux Oscar. Et enfin le livre et son auteur donnent naissance à une série TV, en plusieurs saison (en France diffusées par canal+ ).

Gomorra, en plus d’être un best-seller international (ce qui veut dire qu’il a un véritable impact social), prend aussi une place énorme dans la vie de son propre auteur. Puisque celui-ci est depuis sa parution placé sous protection policière. Ce livre, souvent qualifié de “livre coup de poing” se place comme une provocation faite à la mafia et à son immense pouvoir, faisant ainsi de Roberto Saviano une cible, souvent menacée de mort. L’auteur est donc devenu un symbole de la lutte contre la camorra, et devient une vraie personnalité publique. Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano doit repenser l’organisation de sa vie qu’il ne maîtrise plus vraiment. Effectivement la protection policière impose un rythme de vie particulier et secret, privant l’individu d’une vie sociale “normale”. Depuis maintenant 10 ans, Roberto Saviano a cessé d’être seulement lui, il est maintenant obligé d’exister en tant que “l’auteur de Gomorra” et doit donc supporter toute les responsabilités que cela implique : si ça signifie qu’il est un auteur mondialement connu, et qu’il a symbolisé une avancée dans la lutte anti-mafia, ça fait aussi de lui un homme traqué dont l’existence et les choix ont forcément un impact publique. Il est souvent discrédité; par des hommes qu’on peut facilement soupçonné d’être en lien avec la mafia, notamment Berlusconi. Il a d’ailleurs aussi été accusé de plagiat, ayant réutilisé des articles de journalistes dans son livre.

Roberto Saviano lui-même avoue dans plusieurs interview et dans certains articles qu’il regrette avoir écrit Gomorra, pas pour ce qu’il représente mais pour l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de ses proches.

Si l’auteur parle de regrets, il semble tout de même apprécier travailler son image médiatique. Je dis ça en pensant aux innombrables photos de lieu où il adopte presque toujours une pose d’individu torturés et mystérieux. XD

 

Mais toute l’ampleur que prend le phénomène Gomorra dans la vie de son auteur nous fait nous poser une question intéressante sur la narrative non fiction : ce ne sont pas seulement des livres, mais aussi le fruits de recherches, et d’existence de véritable individus. Et quels place leur donne-t-on, à la fois dans leur livre et dans la réalité après la publication de ce dernier ?

avis perso :

Comme dis plus haut j’ai eu du mal à le lire, sombrant souvent en crise aiguë de sieste après une dizaine de page. Mais cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire j’ai aimé aborder ces sujets importants.  Si il est un peu long à décoller, le livre sait manier un certain équilibre entre info pure et dure et sensibilisation. Ce n’est pas un véritable récit (dans le sens où ça ne suit pas une chronologie particulière, pas de développement autour de personnages principaux, pas de suspens) mais un bon outils de compréhension du système, qui arrive tout de même à utiliser certains code du roman pour le rendre accessible et agréable parfois.

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