Archives de catégorie : littérature

11 Novembre – Paul Dowswell

Grâce au challenge Première Guerre mondiale de Blandine, je me suis intéressais à des romans que je n’aurais probablement pas lus sans cela. 11 Novembre de Paul Dowswell, publié aux éditions Naïve Livres en 2014, fait parti de ces livres. Et c’est justement pour me pousser à découvrir de nouvelles lectures et à mieux connaitre cette période charnière de notre histoire que je me suis inscrite au challenge (et aussi parce que c’est Blandine et qu’elle a toujours d’excellents conseils de lectures à partager).

Couverture 11 novembre

Je suis tombé sur le roman par hasard à la bibliothèque et j’ai tout de suite pensé au challenge. Les premières lignes m’ont donné envie de le lire, j’ai trouvé cette approche, au regard subjectif, intéressante. Et je n’ai pas été déçue.

En effet, le récit que nous ligne Paul Dowswell des dernières heures de la Grande Guerre est vraiment très intéressant. On suit simultanément 3 personnages, tous trois de très jeunes soldats de 16/17 ans : Alex Meyer, un jeune soldat allemand tout juste enrôlé, William Franklin, un jeune soldat britannique qui a suivi son grand frère au front, et Eddie Hertz un jeune pilote de l’armée américaine d’origine allemande.

Chaque chapitre se concentre sur l’un de personnage et nous donne sa vision des heures qu’il est en train de vivre. Sur un même front, mais pas forcement dans le même camp. Ils ont le même âge, des rêves similaires et la même peur au ventre.

La guerre sera bientôt finie. Mais durant cette dernière matinée de guerre, beaucoup de soldats vont encore mourir.

Le récit est très bien mené, on sent la pression et l’angoisse des soldats, on enchaîne les pages, pourvu qu’ils ne meurent pas. Pas maintenant ! Et pourtant cette lecture m’a obligé à faire des pauses. J’en ai versé des larmes. Même une fois le livre refermé. Je suis particulièrement sensible quand il s’agit de guerre, et parfois je trouvais ça trop triste, trop dur à lire. Franchement, je ne sais pas si je donnerais ce livre à lire à de jeunes lecteurs, à moins que ce ne soit dans le cadre d’un cours d’histoire. C’est le genre de récits qui vous sapent le moral. En revanche, cela peut être un excellent complément de cours sur le sujet, une façon de donner un visage plus humain et sensible aux leçons d’histoire.

Un beau roman, donc, mais que je ne conseillerais qu’à ceux qui s’intéressent à la période, parce que juste pour prendre plaisir à lire je préfère des lectures plus légères.

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 voisins voisines 2018

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De la souillure : essai sur les notions de tabou et de pollution ~ by Yomu-chan

Hey !

Ouiiii je sais ça fait si longtemps que je n’ai pas écrit que l’on pourrait douter de mon existence.  Mais comprenez-moi, j’étudie et j’ai peu de temps pour lire (Arg fausse excuse).

Mais, je viens de commencer une nouvelle licence en anthropologie et ceci est synonyme de nouvelles lectures (obligatoires pour la plupart, mais passionnantes très souvent !).  Je vais donc pouvoir partager quelques mots avec vous. J’ai récemment dû exposer sur un ouvrage de Mary Douglas, De la Souillure, je me propose donc de vous livrer ma fiche de lecture ici. Celle-ci aura sûrement un aspect très scolaire et académique, mais c’était l’exercice demandé héhé. J’espère ne pas raconter de grosses bêtises et je serais enchantée d’échanger avec vous au sujet de cette lecture et des théories développées par M. Douglas !!  Place à l’exposé :

De la Souillure

Essai sur les notions de pollution et de tabou

Mary Douglas

Mary Douglas est une anthropologue britannique, née en 1921 et décédée en 2007.

Elle est considérée comme l’une des figures les plus importantes de l’anthropologie anglaise de la deuxième moitié du XX° siècle. Elle fut l’élève du célèbre Evans-Pritchard, dont les études ont beaucoup influencé son travail.

Mary Douglas a d’abord travaillé pour le British Colonial Office, jusqu’en 1947, avant de devenir professeur d’anthropologie à Londres, puis aux États-Unis.

Elle s’inscrit dans le courant africaniste, avec une profonde étude de la société matrilinéaire et polyandrique des Lélé du Kasai au Zaïre, dans l’ex-Congo Belge. Sa thèse de doctorat portera d’ailleurs sur cette société.

Durant sa carrière elle aura publié une quinzaine d’ouvrages, mais son œuvre reste assez peu connue en France, avec peu de traductions. Nous la connaissons surtout pour deux de ses livres : De la Souillure, dont nous parlerons plus longuement dans cet exposé, et Comment pensent les institutions.

Le travail de Mary Douglas se veut dans la lignée de l’anthropologie britannique, elle trouve sa place dans l’héritage fonctionnaliste. Mais elle se dénote et rompt avec les habitudes fonctionnalistes en revendiquant une filiation avec la théorie durkheimienne et en défendant le travail de Claude Lévi-Strauss. On lui trouve effectivement des affinités avec le structuralisme. Mary Douglas est considérée comme novatrice, car elle ouvre l’anthropologie fonctionnaliste aux études comparatives. C’est d’ailleurs avec son ouvrage De la Souillure qu’elle affirme sa méthode comparatiste. Dans ce texte elle s’appuie sur de nombreux exemples, notamment chez les Lélé, les Azandes et les Nuer en Afrique, mais elle cherche constamment à faire le lien avec les sociétés occidentales, britanniques et israélites, nous le verrons plus précisément.

L’œuvre de Mary Douglas porte sur de nombreux thèmes (les modèles matrilinéaires, la religion, le risque, la pollution environnementale, la consommation, etc.), mais on retrouve toujours la volonté de comprendre les effets des organisations sociales sur la manière de classer, catégoriser le monde, et de le percevoir. Elle interroge le sens des catégorisations mentales crées par les sociétés et analyse la façon dont les sociétés usent de ces divisions mentales pour rendre le monde compréhensible et accessible, cette idée est particulièrement développée dans De la Souillure.

De la souillure

De la souillure est publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1967, il faudra attendre 1971 pour qu’il soit traduit en français. Lors de son étude de terrain chez les Lélé, Mary Douglas remarque des similitudes dans les prohibitions alimentaires de ce peuple et celles évoquées dans le Lévitique. Ainsi elle se penche sur le tabou, la souillure et les interdits rituels, elle les utilise comme porte d’entrée sur une étude comparée des religions. Dans la thèse développée dans cet ouvrage la saleté et la pollution semble être indispensables pour comprendre et analyser le rapport des sociétés au sacré.

Souillure rituelle :

Mary Douglas commence par décrire ce qu’est la saleté, la souillure.

La saleté se révèle être une offense contre l’ordre, c’est ce qui n’est pas à sa place, voici la définition que lui donne l’auteure. Elle ouvre son texte en disant que « la réflexion sur la saleté implique la réflexion sur le rapport de l’ordre au désordre, de l’être au non-être, de la forme au manque de forme, de la vie à la mort ». Elle va donc étudier les comportements de différents groupes sociaux face à la saleté, et cette étude ne peut se faire qu’en faisant des relations entre les différentes catégories, puisqu’il n’existe du sale que s’il existe du propre.

Elle insiste sur l’importance de contextualiser la saleté, car ce qui est sale par rapport à quelque chose peut être propre par rapport à autre chose.

Dès ce premier chapitre elle renie plusieurs théories vieillissantes et elle s’en prend notamment à James Frazer (Le Rameau d’Or). Ce qui apparemment est une tradition chez les anthropologues britanniques.

Souillure séculière :

Mary Douglas établit l’importance qu’il y a à se confronter à la « contagion sacré et séculier (profane) » dans nos propres sociétés pour comprendre celle qui opère dans les sociétés primitives. C’est ainsi qu’elle pose les bases de son anthropologie comparative.

L’auteure remarque que l’on trouve des coïncidences entre les rituels religieux liés à la purification et l’évitement de maladies contagieuses (comme les juifs qui se lavent avant de manger et la façon dont ils ont été épargné par la peste). L’ethnologue note un matérialisme médical de la part de ses collègues, qui vont expliquer une pratique religieuse par un phénomène médical, et de la part des primitifs, qui vont justifier une expérience rituelle par les douleurs qu’ils ressentiraient s’ils n’accomplissaient pas le rite.

Mary Douglas remarque qu’il existe une véritable ressemblance entre les rites purificateurs symboliques et notre hygiène quotidienne. La purification symbolique vise à séparer le profane du sacré, et notre hygiène quotidienne vise à enlever ce qui n’a pas à être là. Nous l’avons vu, la saleté est quelque chose qui n’est pas à sa place. Ainsi quand je me lave avant de prier, j’enlève ce qui appartient au monde empirique pour m’élever vers le monde sensible, de même, quand je « fais la poussière » dans ma maison j’enlève ce qui appartient à l’extérieur pour conserver l’intégrité de mon foyer. Mary Douglas constate donc que « là où il y a saleté, il y a système ». La saleté est symbolique, le sale n’est pas sale en lui même, il est sale dans un certain contexte.

Abominations du Lévitique :

« La souillure n’est jamais un phénomène isolé, elle n’existe que par rapport à l’ordonnance systématique des idées ». C’est parce que nous classons nos idées que ce qui s’échappe de cette classification est sale.

Mary Douglas fait donc le parallèle avec la notion de sainteté. Si la sainteté est associée à un état de plénitude et de contentement, la racine du mot est bien « état de séparation ». Selon l’auteure, être saint c’est « être capable de discrimination et d’ordre », c’est séparer ce qui doit être séparé, donc être capable d’écarter le sale du propre, l’impur du pur. La sainteté se définie donc par rapport à la souillure, est saint celui qui a su reconnaître et écarter la pollution. Si des auteurs comme Hertz opposent de façon catégorique le sacré de la souillure, Mary Douglas nous explique que l’un n’existe qu’à travers l’autre. Sacré et impureté sont complémentaires, et entretiennent d’étroites relations.

Dans ce chapitre l’auteure revient également sur l’idée de classification et du fait que ce qui sort de ces classifications est impur. Elle appuie sa thèse sur l’exemple du Lévitique, texte judaïque dans lequel sont répertoriés les prohibitions alimentaires, certains animaux y sont désignés comme « abominables » et sont strictement interdits à la consommation. Mary Douglas analyse cela et remarque que sont considérés comme impurs les animaux qui ne correspondent pas aux critères du bétail (le bétail étant un symbole de l’ordre), et ceux qui ne correspondent pas à leur classe (les poissons sans écailles, les êtres ailés à 4 pattes, etc). Il s’agit donc de tous les animaux représentant un défi de classification. Les êtres hybrides sont donc considérés comme impurs, car ne pouvant rentrer dans aucune classification ordonnée définie par le groupe. L’anthropologue fait ici un rapprochement avec le culte du pangolin chez les Lélé.

Magie et miracles :

Mary Douglas présente l’être humain comme un « animal rituel », si bien que, si l’on supprime un rite, celui-ci réapparaîtra sous une autre forme. Les rites sont décrits par l’auteure comme des « actes symboliques », pour nous comme pour les primitifs. Ici Mary Douglas cherche à montrer que les primitifs ne sont pas naïfs, et qu’ils ne croient pas bêtement qu’un rite équivaut à un « résultat immédiat magique et miraculeux » (elle prend l’exemple de l’appel de la pluie). Selon elle, le rite permet de « concentrer l’attention », il enrichit une expérience qui aurait de toute façon eu lieu (comme pleuvoir). Il permet de donner un cadre et de contrôler cette expérience. Mary Douglas va jusqu’à dire que le « rite est le signe extérieurs d’états intérieurs », il est donc purement symbolique et permet de donner forme à de réelles préoccupations sociales et politiques.

Elle fait également une comparaison avec nos propres expériences rituelles. Nos rites sont tout aussi symboliques que les leurs, nos habitudes de nettoyage n’ont pas réellement pour but d’éviter la maladie, elles servent plutôt à « rendre visible les décisions que nous avons prise sur ce que doit être notre foyer ».

Le rite créé de l’ordre, il définit les limites de l’univers et donne ainsi leurs places aux individus. Les interdits, comme la saleté ou la pollution, ne font que « tracer les contours du cosmos et de l’ordre social idéal ».

Mondes primitifs :

Mary Douglas, dans sa démarche comparative, ne rejette pas l’idée d’étudier les différences entre les cultures, car elle en pointe certaines du doigt, mais elle revendique l’importance d’établir ces comparaisons en gardant en tête « l’unité de l’expérience humaine ».

Elle défend une constante dans toutes les sociétés : les Hommes ont le besoin de créer de l’ordre dans la complexité brumeuse du réel. Mais elle reconnaît que les primitifs peuvent se représenter le monde de manière différente de la notre. Ils verraient la puissance de l’univers comme quelque chose d’intimement lié à la vie individuelle. Même si Mary Douglas admet que les membres de ces sociétés peuvent se représenter la cosmologie de façon très diverse, tout comme c’est le cas dans nos sociétés, tout le monde est rarement d’accord au sein d’un même groupe.

Encore une fois Mary Douglas rejette l’idée d’Hommes primitifs naïfs, elle appuie qu’ils se posent des questions qui traduisent de véritables préoccupations d’ordre sociales, qu’ils s’interrogent, eux aussi, sur le « comment s’organiser en société ».

Elle profite de cette réflexion pour s’interroger sur l’utilisation du terme « primitif ». Elle annonce en défendre l’usage, mais pas avec une vision péjorative et infantilisante.

Pouvoirs et Périls :

La thèse de Mary Douglas repose en grande partie sur sa volonté à affirmer que le désordre, et donc la saleté et la pollution, représente à la fois le danger et le pouvoir.

« S’il est admis que le désordre détruit l’agencement des éléments, il n’en demeure pas moins qu’il lui fournit ses matériaux. Qui dit ordre dit restriction, sélection des matériaux disponibles, utilisation d’un ensemble limité […]. Inversement, le désordre est, par implication, illimité ; il n’exprime aucun agencement, mais il est capable d’en créer à l’infini. C’est pourquoi tout en aspirant à créer l’ordre, nous ne condamnons pas purement et simplement le désordre. Nous admettons que celui-ci détruit les agencements existants ; mais qu’il est doué aussi de potentialités. Le désordre est donc symbole tout à la fois de danger et de pouvoir ».

Ainsi le rite, qui peut faire appel à cette pollution, correspond à un renoncement de l’ordre de soi et/ou de l’ordre de la société. Celui qui « revient » d’un rite utilisant des aspects de souillure obtient un pouvoir que ceux qui sont restés sous le contrôle de l’ordre social n’ont pas développé.

L’auteure fait ensuite une sorte d’inventaire des pouvoirs spirituels engendrés par la pollution. Ceux-ci sont en rapport avec le danger. Il y aurait des pouvoirs contrôlés et des pouvoirs incontrôlés, les deux n’étant pas attribués aux mêmes personnes sociales et ne représentant pas le même niveau de dangerosité. Elle distingue les pouvoirs qui ont une forme : « expression d’un symbolisme extérieur qui soutient les structures sociales explicite » (rois, etc.) ; et les pouvoirs caractérisés par leur absence de forme : qui seraient des « pouvoirs psychiques intérieurs qui menacent les structures sociales par leur aspect non structuré ». Il y aurait donc une corrélation entre structure sociale et type de pouvoir mystique : «  l’exercice du pouvoir conscient est réservé aux détenteurs des postes clés de la structure, tandis qu’un autre type de danger émane de ses régions obscures ». Ainsi donc on attribue les pouvoirs dangereux aux marginaux (comme ce fut le cas avec les juifs en Europe par exemple).

Frontières extérieures :

Mary Douglas invoque des références psychanalytiques pour mieux s’en défaire. Elle se penche notamment sur le rapport au corps, très présent dans le domaine de la souillure. Selon elle, les psychanalystes « isolent le corps humain de sa dimension symbolique vis à vis de société ». L’ethnologue voit le corps comme un symbole de la société, il représente le système fini qu’incarne la société. Elle infirme la thèse freudienne selon laquelle les cultures primitives seraient comparables à la sexualité infantile du stade anal.

Elle affirme que « l’expérience corporelle et émotionnelle de l’individu ne l’emporte pas sur son expérience culturelle et sociale […] et que les rites agissent sur le corps politique par le moyen symbolique du corps physique ». Ceci explique pourquoi les déchets corporels représentent tant de danger et de pouvoir à la fois.

Lignes internes :

Mary Douglas affirme que la pollution touche de très près à la morale. Ce qui est mauvais, en même temps pollue. L’auteure analyse la façon dont conscience morale individuelle et conscience morale publique s’influencent, décrivant ainsi une relation entre la conscience et la structure sociale. Selon Mary Douglas, pour comprendre la pollution il faut comprendre les contradictions qui animent le comportement qu’un individu approuve pour lui même et celui qu’il approuve pour les autres membres de la communauté. La pollution pourrait venir servir de soutien à la morale, elle suscite la désapprobation quand la morale fait défaut.

Le système en guerre contre lui même :

A travers de nombreux exemples, Mary Douglas montre que les rites sexuels lié à la pollution créent des contradictions qui fragilisent le système social. Elle développe notamment le cas de la société Lélé :

« J’attribue l’anxiété des Lélé – celle qui concerne les dangers rituels de la sexualité – au rôle véritablement destructeur du sexe dans leur système social. Les hommes créèrent une échelle de prestige, dont ils gravissaient les échelons à mesure qu’ils venaient à dominer un nombre toujours croissant de femmes. Mais en livrant leur système à la compétition, ils permirent aux femmes de jouer un double rôle : celui de pions passifs et celui d’intrigantes actives. Pris individuellement, les hommes avaient raison de craindre que les femmes, prises individuellement, contrecarrent leurs projets ; et leurs craintes des dangers sexuels ne faisaient que refléter très exactement leur rôle dans leur structure sociale. »

Éclatement et renouveau du système :

La saleté est une création de l’esprit, c’est un « sous-produit » de la création de l’ordre. La souillure incarne les limites de la pureté : elle est le paradoxe intrinsèque à la création d’un ordre délimité, il existe des marges quand l’on crée un espace fini. Mais ce qui se trouve dans ces marges fait aussi partie du monde et peut être source de pouvoir. Mary Douglas développe une « métaphore du jardin » qui résume merveilleusement sa thèse sur la relation sacré-souillure :

« Un jardin n’est pas une tapisserie ; en enlevant toutes les mauvaises herbes, on appauvrit le sol. Pour lui conserver sa fertilité, le jardinier doit, d’une certaine façon, remettre ce qu’il a enlevé : transformer les mauvaises herbes et le gazon tondu en terreau. Ce traitement est comparable à celui que certaines religions réservent aux anomalies et aux abominations en les transformant en pouvoirs au service du bien .»

Sources

DOUGLAS Mary, 2001, De la Souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, Paris, La Découverte.

Éric SORIANO, « DOUGLAS MARY – (1921-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mary-douglas/

Sandrine TEIXIDO, « Mary Douglas anthropologie de l’impur », Sciences Humaines [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : https://www.scienceshumaines.com/mary-douglas-anthropologie-de-l-impur_fr_4587.html

«  De la souillure », Éditions La Découverte [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-De_la_souillure-9782707148117.html

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Et soudain, la liberté [audiolivre]

Ce livre m’aura fait pleurer, sourire, il m’aura agacé, oh, ça oui ! il m’a agacé autant qu’il m’a ému. La seule chose qu’il n’ai pas faite, c’est me laisser indifférente.

Couverture de Et soudain, la liberté

C’est dans sa version audio, lue par Gaëlle Billaut Danno et disponible sur Audible, que j’ai découvert ce roman de  Evelyne Pisier et Caroline Laurent.

Deux histoires s’y déroulent en parallèle, celle de la rencontre des deux écrivaines, et celle de Mona, mère romancée d’Evelyne.

Mona, épouse d’un bourgeois maurrassien, fidèle à Pétain et à la France de Vichy est heureuse dans leur maison coloniale en Indochine. Mais la bourgeoisie coloniale n’en a plus pour longtemps.

Nous sommes dans les années 40 et nous allons suivre le cheminement de cette épouse dévouée qui va conquérir sa liberté et son indépendance. Elle se détournera de son éducation et de son mari. De la bourgeoise coloniale à la lutte pour les droits des femmes, le chemin sera semé d’embûches et elle devra faire face à la grande Histoire. Seconde guerre mondiale, guerre d’Indochine, décolonisation, mouvements civiques… Autant d’événements qui vont amener Mona, puis sa fille à se détacher de l’homme qui gouverne leur vie et qui s’attache aux valeurs d’une époque révolue. Maurrassien, pétainiste, raciste et misogyne, le père n’a vraiment rien pour plaire. Pourtant Mona l’a aimé, vraiment aimé.

C’est sa fille qui raconte, aidé par son éditrice qui devra finir le roman seule.

J’ignore s’il s’agit d’une vraie biographie romancée ou d’une pure fiction, mais parfois les personnages me sont parus comme de vraies caricatures, Mona tout particulièrement. Une vraie héroïne de roman, super cliché. Malgré cela j’ai beaucoup aimé ce roman qui mêle la grande histoire à la petite, nous fait revivre toute une époque et nous fait ressentir le grand bouleversement que la société a vécu dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

La transformation de Mona se fait l’image de la transformation de la société tout entière, vue ici du point de vue purement féminin puisque c’est Mona et sa fille qui sont au centre du récit.

Il y a pourtant un détail qui me chagrine. On ne met jamais en cause Mona. On parle du racisme du père, mais on ne dit rien de celui de son épouse qui a longtemps partagé son point de vue, ou qui a simplement jugé superflu de réfléchir à la question. On le critique lui, on excuse Mona, comme si, pauvre femme qu’elle est, elle n’était pas responsable de ses propres pensées. La pauvre était sous influence… C’est étrange pour un récit féministe. Elle a partagé l’avis de son mari, et pour moi, le fait que par la suite elle remette en cause cette vision du monde ne change en rien sa responsabilité passée. Elle n’était pas victime de son mari, elle se complaisait dans une position de soumission et était tout aussi responsable que lui des idéaux racistes qu’il défend au sein de son foyer. La différence entre les deux, c’est qu’elle change et pas lui.

Quoi qu’il en soit Et soudain la liberté fut une très belle « lecture », une histoire à la fois émouvante et intéressante, superbement interprétée par Gaëlle Billaut Danno qui a su rendre le récit très vivant et agréable à écouter. Je recommande.

Si vous l’avez lu, je suis curieuse de connaitre votre avis sur ce roman.

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Le lutin des tombes [Contes et légendes d’Irlande]

Dès les premières discussions avec Hilde à propos de contes et légendes à proposer pour le challenge Halloween, j’ai tout de suite pensé aux contes breton et irlandais qui regorgent d’histoires à vous hérisser les poils, pleine de fantômes et autres créatures inquiétantes. De plus le folklore celtique me semblait le plus approprié pour Halloween. Mais impossible de remettre la main sur le recueil de contes breton ou j’avais lu une histoire terrible avec fantôme et cimetière. Je suis donc parti chercher d’autres histoires et le recueille Contes et légendes d’Irlande de George Dottin (terre de brume éditions) est parfait pour ce mois d’octobre.

Couverture Contes et légendes d'Irlande

conte et cimetière

Pour le rendez-vous cimetière de cette seconde semaine de challenge, j’ai choisit de vous raconter l’une des histoire découvertes dans ce receuil : Le lutin des tombes. Je vous la livre ici avec mes mots et mon interprétation. À chaque conteur son style.

Un fermier avait trois fils. Tout fort et vigoureux et bon travailleurs, mais l’aîné dépassait ses frères en beauté et toutes les jeunes filles du village en étaient amoureuses.

Un soir le jeune homme se promène le long du cimetière avec deux de ces filles. Pour s’amuser, il jette un bâton dans cimetière et il dit : « j’épouserais celle qui me rapportera le bâton ». La première, effrayée ne le pris pas au sérieux. La seconde, en revanche, savait qu’elle avait bien peu de chances de pouvoir l’épouser, ses parentes étaient modestes et elle n’aurait pas pas de dote. Avec toutes les filles des gros fermiers qui voulaient épouser le beau garçon, ce bâton était sa seule chance de marquer quelques points.

Elle décide alors de rentrer dans le cimetière pour retrouver le bâton. Quelle idée, alors qu’il fait déjà nuit ! Autant chercher une aiguille dans une botte de paille. Elle cherche, elle cherche, mais au bout d’un moment elle se décourage et décide de laisser tomber et repart vers la sortie du cimetière, mais là une étrange créature l’attend : le Pûca. Effrayée elle court à l’autre bout du cimetière, mais des qu’elle arrive à l’autre portillon, le lutin est là. Elle court encore, mais à chaque fois le lutin la devance. Effrayée et épuisé elle fini par se laisser tomber au sol.

-Tu ferais mieux de rester tranquille, je ne te laisserais pas sortir avant le lever du jour ! lui lance le Pûca. Que fais-tu là au milieu de la nuit ?

-Le garçon que j’aime à lancé un bâton et promis d’épouser celle qui le ramènerait, répond la jeune fille.

-Il t’a abandonné ici en laine nuit. C’est mal ce qu’il t’a fait. Mais je te promets qu’il ne recommencera pas ! Porte-moi à sa maison.

Effraie la jeune femme n’ose pas contredire le Pûca. Elle le prend sur son dos et le porte à la maison du jeune homme. Comme par magie, la porte s’ouvre.

-Assieds-moi près du feu, ordonne le Pûca.

Elle le pose au coin du feu, docile.

-Prends ce pot et remplis-le de farine d’avoine.

Elle s’exécute.

-Assieds-moi à côté du garçon. À l’heure qu’il est, il dort tranquillement avec ses frères.

La jeune femme pose le pûca avec le pot de farine à côté du garçon qui étrangement ne se réveille pas.

Le Pûca tire un couteau de sa poche et tranche la gorge du garçon ! Dans le pot de farine il récupère le sang et demande la jeune fille de le ramener au coin du feu. Effrayée, elle n’ose pas lui désobéir. Une fois assis, il lui ordonne de partager avec lui le potage fait de farine et de sang.

Dégoûtée, la jeune femme feint de manger et glisse, en vérité, le mélange dans une poche de son écharpe.

-Tu es une bonne fille, lui dit-il en fin, quand ils ont fini le potage. Si tu m’avais désobéi, je t’aurais coupé la gorge, mais tu ne l’as pas fait. Pour te récompenser, demande-moi ce que tu veux.

-Comment ramener le garçon à la vie ? Demanda-t-elle.

-Et bien, il aurait suffi d’enduire la gorge du défunt avec le mélange que nous avons mangé. Mais il n’y en a plus. Ramène-mi au cimetière maintenant.

La jeune fille silencieuse ramène le Pûca, là où elle l’avait croisé la première fois puis retourne lentement au village.

Le jour se lève et dans la maison du garçon tout le monde se réveille. Horreur ! Leur fils ainé est sans vie, la gorge tranchée.

Quand la jeune fille arrive sous le pas de leur porte, tous sont en larmes.

-Que me donneriez-vous si je ramène votre fils à la vie ? leur demanda-t-elle.

La famille bien sûr, était prête à tout leur donner, pourvu qu’elle leur ramène leur fils.

Elle entre dans la chambre, enduit la gorge du garçon avec le mélange de farine et de sang qu’elle avait cachés dans son écharpe et le garçon reprends vie. En échange elle n’avait demandé qu’une chose, devenir sa femme.

Le Pûca

Le Pûca est une créature folklorique celtique qu’on retrouve sous différentes formes : un cheval noir, un bouc, une sorte de gros lapin… Il peut également prendre forme humaine. Il peut porter bonne ou mauvaise fortune selon son humeur. On le retrouve sous différentes formes et noms aussi bien en Irlande qu’au pays de Galles, en Cornouailles…

Contes et légendes d’Irlande de George Dottin

Je ne l’ai pas lu entièrement, j’ai glané quelques contes par-ci, par-là. Surtout ceux avec des fantômes, challenge Halloween oblige. Les histoires que j’ai u sont toutes très sympas. En revanche le style de l’écriture est vieillot et les tournures des phrases sont parfois étranges donnant un accent particulièrement désuet à l’ensemble. Parfait pour les amateurs de vintage.  La fin de chaque conte on en note les sources.

sur le site des éditions Terre de Brume

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George Dottin (1863-1928) était spécialiste de langues et littérature celtique. Il a écrit de nombreux ouvrages sur cette civilisation. Il était professeur à l’université de Rennes.


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Homo Deus , une brève histoire du futur [Audible]

C’est grâce à Audible que j’ai découvert ce livre, dans la version audio française lue par Philippe Sollier.

Couverture de Homo deus

Après avoir écrit Homo sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari s’attaque avec ce nouvel essai aux défis qui attendent l’humanité dans un futur plus ou moins proche. En partant des avancées scientifiques, technologiques et philosophiques, l’auteur projette ce que pourrait être le monde de demain et ce que cela implique pour l’humanité. Progrès de la médecine et recherche de l’immortalité, intelligence artificielle, écologie, religion, fin du libéralisme… autant de sujets qui sont abordés de façon accessible à travers de nombreux exemples et explications. Des allées et venues entre passé et futures nous permettant de mieux appréhender les enjeux.

J’avais envie de commencer par le premier livre, celui qui retrace l’histoire de l’humanité, car je pensais qu’il éclairerait la lecture du second, finalement je n’ai pas eu le temps et je me suis directement plongée dans Homo deus. Le fait de ne pas avoir lu Homo sapiens ne m’a pas du tout empêché de suivre le fil de ce second livre, bien qu’il m’a donné très envie de le lire aussi. Parce que je dois avouer que j’ai adoré cet ouvrage. J’ai trouvé ça vraiment très intéressant et accessible.

N’ayant rien lu d’autre de l’auteur je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le sujet me paraissait intéressant et le livre est un best-seller, c’est qu’il en a séduit plus d’un. Et je fais partie de cela. J’ai été complètement séduite par cet essai qui part un peu dans tous les sens et qui m’a fait réfléchir à plein de choses. Des choses sur lesquelles je m’étais déjà interrogée, mais aussi des sujets auxquels je n’avais pas vraiment réfléchi jusque là. J’ai adoré le parallèle fait avec la science-fiction, parce que la science-fiction d’hier pourrait bien devenir la science de demain. L’intelligence artificielle n’est plus un fantasme tout comme les voyages dans l’espace.

J’ai trouvé très intéressante la réflexion sur le clivage de classe auquel pourrait être confrontée l’humanité de demain et qui commence déjà aujourd’hui avec un accès aux soins et à la médecine inégalitaire. Le progrès de la génétique et les portes que cela ouvre.

J’ai passé un très bon moment et la lecture de Philippe Sollier est vraiment agréable. Je pensais que ce genre de livre en audio serait ennuyeux, mais j’avais tort, je ne me suis pas ennuyé un instant. La version audio a même un avantage, comme on peut faire autre chose au même temps, cala m’a parmi de découvrir un livre que je n’aurais peut-être pas pris le temps de lire si j’avais du passer par la version papier. Cela m’aurait en effet demandé beaucoup plus de temps et de concentration. D’un autre côté j’ai parfois regretté que la version audio ne permette pas de surligner ou prendre note. Je suis de celles qui aiment cornier les pages et surligner des passages, noter en marge les choses que je veux approfondir ou rechercher. Là je ne pouvais rien faire de cela et ça m’a manqué parce que Yuval Noah Harari nous livre tellement d’information que je n’arrivais pas à tout retenir, surtout que j’ai écouté le livre en faisant autre chose au même temps donc je n’étais pas très concentrée. J’aurais aimé que la version audio dispose d’un index avec la minute d’écoute menant directement au chapitre souhaité, car j’aimerais relire certains passages, mais je n’aurais pas le temps de tout réécouter, du moins pas dans l’immédiat. C’est le genre de livre sur lequel en aime revenir et un tel index permettrait d’y picorer des passages aux grès des envies. Un peu comme les plages d’un CD qui permettent d’écouter en boucle notre chanson préférée.

En tout cas, maintenant j’ai hâte de découvrir Homo sapiens, brève histoire de l’humanité, toujours chez audible, et toujours lu par Philippe Sollier.

⇒ sur Audible

⇒ sur Amazon

et pour en savoir plus sur l’auteur et le livre voici un extrait de la Grande Librairie

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Dix contes de fantômes – Jacques Cassabois

C’est en cherchant des livres pour alimenter la thématique contes de septembre que je suis tombée sur ce petit livre à la bibliothèque.

Au départ j’avais prévu un conte tiré du recueil Contes et Légendes d’Irlande de Georges Dottin, mais ce petit livre est trop parfait pour le rendez-vous d’aujourd’hui. Les légendes irlandaises attendront le rendez-vous cimetière dimanche prochain.

Couverture Dix contes de fantômes

J’ai adoré ce petit recueil de Jacques Cassabois (Le livre de poche jeunesse). Les contes sont courts et écrits dans un style agréable. C’est un vrai plaisir à lire. Et parfais pour une ambiance Halloween. Tous mettent en scène des fantômes, des revenants, des lieux hantés… Et petit détail que j’ai beaucoup apprécié, à la fin de chaque conte Cassabois nous précise l’origine géographique du conte. Sur les 10 contes, une majorité vient de France (Bretagne, Franche-Comté principalement), mais il y a aussi un conte islandais, un conte danois, un conte roumain (avec un vampire, évidemment) et même un conte des frères Grimm.

Un petit recueil que je conseille vraiment aux amateurs d’histoires de fantômes, il ne paye pas de mine, mais c’est l’un des meilleurs recueils de contes non illustrés que j’ai lu ces derniers temps. Ce que j’ai apprécié tout particulièrement c’est le style. Souvent dans les recueils de ce genre, les tournures des phrases sont vieillottes et sonnent bizarre aux oreilles d’un francophone du XXI siècle (c’est le cas pour Contes et Légendes d’Irlande) alors qu’ici le texte est adapté de façon à être naturel tout en ayant une allure un peu vitage, si je puis dire. Et je trouve ça beaucoup plus agréable à lire que les contes écrits dans le style d’il y a 100 ou 200 ans.

Pour vous donner un bref aperçu des histoires que vous y trouverez voici en quelques lignes les résumés des 10 contes :

L’homme qui ne voulait pas mourir

C’est l’histoire d’un homme qui a une très haute estime de soi, trop haute peut-être. Il refuse de mourir. Il part alors à la recherche d’un pays où l’on ne meut pas et il en trouve un, mais après quelques centaines d’années la mort le rattrape et il repart en quête d’un second pays où l’on ne meurt pas. Il le trouve ma la mort le rattrape. Il repart donc en voyage et là il sauve une fée qui, pour le remercier, lui propose d’exaucer son veut. Évidemment l’homme demande à ne pas mourir. La fée l’amène dans le ciel, aux pays des fées où l’on ne meurt pas. Mais après de très longues années, l’homme à la nostalgie de la terre et veut y retrouver. La fée lui donne donc un cheval en le mettant en garde, s’il met un seul pied à terre il mourra. Il faudra à la mort bien ruser pour le faire descendre de sa monture. Mais est-il difficile de piéger un homme aussi orgueilleux ?

Conte originaire de France, raconté également au Canada.

Le retour de la mère

Celui-ci est parfait pour la thématique de cette semaine : les fantômes.

C’est l’histoire d’une femme qui meurt peu après avoir mis au monde son bébé. Le mari se remarie bien vite avec une nouvelle femme, mais celle-ci n’a que faire du bébé, elle veut s’amuser et entraine son mari avec elle. Toutes les semaines ils sortent laissant le bébé seul toute la journée. Tout le monde s’attend à voir l’enfant souffrir, mais le bébé se porte à merveille. Quel maléfice se cache derrière ce miracle ? Une vieille femme du village n’y tient plus. Alors que le couple est parti faire la fête, elle se cache derrière une fenêtre pour épier le bébé. Horreur ! C’est la mère en personne, enfin… son fantôme qui vient prendre soin du bébé et la nourrit à son sein spectral. La nouvelle se répand bien vite et arrive aux oreilles du père qui choqué décide de ne plus laisser le bébé tout seul. Il promet de bien s’en occuper, mais cette décision arrive bien trop tard. Le bébé souffre terriblement du manque de sa mère. L’enfant n’étant jamais plus seul, le spectre ne peut plus venir la voir. L’enfant peu à peu dépérit et finit par mourir.

Un conte de Bretagne.

Le boiteux et son beau-frère l’ange

C’est l’histoire d’une jeune femme qui ne voulait épouser qu’un homme qui aurait l’air d’un ange, et de son frère qui se méfie de cet homme trop parfait pour ne rien cacher. Il en cachait un, de secret : il était un ange et en voulant le suivre, le jeune homme se retrouve au paradis.

Version française d’un conte qu’on retrouve partout en Europe.

Le fantôme de Timgraard

Celui-ci est parfait pour la thématique « lieu hanté » !

Une belle ferme se fait hanter par un ou des fantômes. Chaque soir les fantômes font un tel ramdam que la famille du fermier n’arrive plus à fermer l’oeil d’angoisse. Au bout d’une semaine, ils ne tiennent plus et déménagent chez un voisin, revenant chaque matin pour travailler.

Un jour un jeune homme se présente et demande à pouvoir dormir sur place. Le fermier lui explique que la maison est hantée, mais le jeune homme insiste. Le soir venu le fermier et sa famille le laissent donc seul dans la maison. Mais avant de se coucher, le jeune homme prépare un bel accueil pour les fantômes. À l’entrée il place deux béliers, le chat près du feu, l’âne de l’autre côte. Des oies, des canetons et un coq viennent compléter son piège.

Puis il part se coucher. Les « fantômes » arrivent, et, devant la fenêtre de la chambre, commencent à discuter. L’un d’eux entre, mais tombe sur les béliers qui lui donnent de bons coups de cornes l’envoyant valser. Le drap, qui’il avait mis sur la tête, glisse sur ses yeux et il n’y voit plus rien. Le chat lui laboure le dos, l’âne l’envoie valser, les oies lui déchirent le drap en lambeaux. Le coq l’attaque, les canetons l’aspergent. Le gars effrayé court vers son comparse. La maison est hantée, la mort en veut à sa personne. C’est fini, plus jamais il ne viendra jouer de mauvais tour dans cette maison !

Un conte très drôle qui nous vient du Danemark.

Maritza et le vampire

Un vampire tombe amoureux de Maritza la plus jolie fille du village. Bien qu’elle ne soit pas insensible au charme étrange du jeune homme, elle se doute que quelque chose n’est pas normale avec lui et elle demande à sa tante de l’aider, car elle a peur de tomber sur son emprise. Sa tente lui conseille de se laisser faire, elle sera la faire revenir à la vie.

C’est ainsi que Maritza meurt, devient une fleur, puis un oiseau et enfin épouse l’empereur. Eh oui, la fortune sourit à ceux qui reviennent à la vie après avoir été tués par un vampire.

Évidemment ce conte  nous vient de Roumanie.

Ne pleure plus

Encore une terrible histoire de deuil. Mais ici ce n’est pas la mère qui meut, mais l’enfant. La mère est inconsolable. Le fantôme de l’enfant revient voir sa mère pour lui demander de ne plus pleurer, car ses larmes l’empêchent de reposer en paix.

Un conte qu’on retrouve partout en Europe, ici dans la version des frères Grimm.

Le miroir épave

Une histoire de naufrage et de fantôme piégé dans un miroir.

Un conte de Bretagne.

Geneviève et le fantôme de la comtesse

Le fantôme d’une comtesse avare et égoïste hante les ruines de son château. Quand une jeune bergère au coeur pur s’approche du château, la comtesse y voit enfin une chance de se libérer de ce maléfice. Il entraine la bergère dans les profondeurs des ruines, là où 3 monstres protègent le trésor amassé par la comtesse. Les monstres représentent les 3 pires défauts de la comtesse : l’hypocrisie, la cruauté et l’égoïsme. Si la jeune bergère défait facilement les deux premiers, vaincre le dernier lui prendra plus d’un an.

Un conte de Franche-Comté

Le marié et le revenant

Un fossoyeur fait une plaisanterie de trop lorsqu’il exhume les ossements d’un géant. Alors qu’il est sur le point de se marier, le fantôme du géant vient les hanter. Il sera là le jour de la noce et ils ont intérêt à bien le traiter. Heureusement la fiancée s’y connait en revenant et organise tout ce qu’il faut pour que le revenant soit satisfait et qu’il n’emporte pas son époux.

Un conte qui vient d’Islande

Le chasseur maudit

Encore une histoire de seigneurs abusifs. Si la comtesse avait abusé des impôts par avarice, ici le seigneur est fou de chasse. Tellement fou qu’il devient peu à peu plus une bête d’un homme. Mais un soir en suivant une louve, il se perd dans la forêt et lui apparait alors le fantôme de son grand-père. Comme lui il était fout de chasse et depuis sa mort il est hanté par ses victimes, devenu lui-même leur gibier. Cette vision fera changer le jeune seigneur qui abandonne la chasse et toutes ses richesses pour monter un monastère.

Encore un conte de Franche-Comté.

⇒ sur Amazon ou Decitre

Je ne pouvais pas trouver de titre plus approprié pour ce premier rendez-vous de contes fantastiques.

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Le géant qui n’avait pas de cœur dans la poitrine

Je connais ce conte depuis toujours, il faisait partie du répertoire de ma mère et c’était mon préféré, je le demandais tout le temps. Je le connaissais sous le nom de strizza ovo, mais avec le recul je crois que je l’ai moi-même rebaptisé ainsi. Comme c’était ma mère qui nous le racontait, je croyais que c’était un conte italien, tout comme Prezzemolina, mais pas du tout. Le géant qui n’avait pas de cœur dans la poitrine est un conte norvégien.

Je remercie Tenger de m’avoir aidé à le retrouver. Cherchant au sud alors qu’il était au nord, je ne trouvais rien. Grâce à son aide, j’ai pu retrouver mon conte préféré et je vais ici partager un peu de ses retrouvailles.

Mon ami Wikipedia m’apprend que le conte a été recensé par Asbjørnsen and Moe.

5° édition de 1874

Comme Wiki est sympa, il a même pris la peine de me raconter l’histoire en quelques lignes, mais… en quelques lignes je m’en souvenais déjà. J’avais envie d’en savoir plus alors j’ai cherché, tout d’abord sous le titre anglais : The Giant Who Had No Heart in His Body. Puis en me hasardant à quelques traductions de mon cru jusqu’à trouver des versions traduites en français.

Comme toujours, avec les contes, il en existe plusieurs versions, avec différents titres. Je vous livre ici quelques-unes de mes trouvailles, si vous avez ce conte dans vos grimoires n’hésitez pas à partager vos sources.

Commençons par une version assez loin de celle de mon enfance avec cet épisode de The Storyteller, une émission britannique de la fin des années 80. 

Je découvre la série The Storyteller a cette occasion et je dois dire que j’adore cet accent so british et le visuel vintage. Mais pour ce qui est du conte, je préfère la version avec les 7 frères et quête d’épouses.

Version que nous est raconté par A Little Place Up North autour d’un feu de bois. Pas de mise en scène vintage ici, mais une belle voix douce.

Cette version est très proche de celle que me racontait ma mère. Parfaite pour s’endormir, ça manque un peu d’entrain dans la narration. Encore une fois, c’est en anglais.

J’avais envie d’en proposer une version en français et j’ai trouvé un livre qui m’a subjugué par la beauté de ses illustrations ( de Kay Nielsen).

Cover Image

Une extrait est disponible sur google livres :

Je trouve les illustrations de Kay Nielsen magnifiques. Vraiment féeriques, ce qui est parfait pour illustrer des contes de fées. Quoi que, dans ce conte il n’y ait pas de fée.

Il y a un géant qui transforme les gens en pierre, il y a des princes trop surs d’eux-mêmes qui finissent en cailloux, il y a le cadet, toujours le cadet… qui sauve tout le monde grâce à la persévérance, la gentillesse (grâce à laquelle il se fait plein d’amis et alliés dans le monde animal), et surtout grâce à la ruse et à la complicité d’une belle princesse.

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Pourquoi ce conte était-il mon préféré ? Deux raisons à cela. La première c’est que chemin faisant le prince se fait de nombreux amis en venant en aide à des animaux : un oiseau, puis un saumon et enfin un loup. Un loup qui devient sa monture. J’aimais beaucoup la complicité qui se crée entre le loup et le prince. Ce n’est pas tous les jours que le prince charmant arrive à dos de loup ! Tout comme Mimiko aujourd’hui, enfant, j’adorais les loup, je les trouvais très beaux et ça m’attristait qu’ils jouent toujours le rôle du méchant dans les histoires. Ici le loup n’est pas un ennemi, mais bien un allié. Et j’adorais ça.

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Mais un autre aspect me plaisait beaucoup, souvent les princesses sont là à attendre qu’on vienne les cherches, pas tellement dans les contes traditionnels, mais dans les versions édulcorées dont nous abreuvait Disney. Elles sont là, elles chantent et le prince charmant se démène pour les sauver. Ici le prince est certes très courageux et astucieux, mais sans elle il ne pourrait pas grand-chose. C’est elle qui le cache, c’est elle qui trompe le géant pour que celui-ci lui livre la cachette où se trouve son cœur. Elle aussi se démène pour sauver tout le monde, y compris le prince charmant qui risque à tout moment de se faire attraper par le géant.

Connaissiez-vous ce conte ?  Nous en reparlerons bientôt, mais avant je vais prendre le temps de savourer les Contes du nord.

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Deux livres pour découvrir la légende du roi Thésée

Le mois des contes et légendes et l’occasion pour moi de vous parler de deux livres dont je voulais parler depuis un moment et qui ont un point commun : Thésée en est le héros.

Pour les plus pressés commençons par un petit livre d’une soixantaine de pages richement illustré : Thésée, comment naissent les légendes de Yvan Pommaux, aux éditions l’école des loisirs (2 formats disponibles : album ou poche, j’ai pour ma part lu la version poche à la couverture souple).

Thésée, comment naissent les légendes

L’histoire commence avec des plongeurs qui en 1966 découvrent dans une épave une céramique où l’on voit Thésée aux prises avec le Minautore. Sur le bateau, le vieux professeur va raconter aux deux jeunes plongeurs l’histoire, la légende qui se cache derrière cette image. Nous voici projetés dans la Grèce antique, du temps où les dieux règnent sur l’Olympe. Aïthra, la fille du gouverneur de Trézène, est aimé par Poséidon et par Égée le roi d’Athènes en si peut de temps qu’elle ne peut savoir lequel des deux est le père de l’enfant qu’elle met au monde. Elle décide qu’il sera le fils des deux. Thésée est né. Il grandit et devient très fort. Sa mère lui révèle alors qu’il est le fils d’Égée le roi d’Athènes et que ce dernier laissé une épée pour lui.

Armé de cette épée le jeune Thésée décide de se rendre à Athènes en empruntant le chemin le plus long et le plus difficile. Son périple lui prend plusieurs années. En chemin, il se bat contre de nombreux bandits et monstres, ce qui lui vaut une solide réputation de héros. Quand il arrive à Athènes, sa réputation le précède. Médée, épouse d’Égée, voit en lui une menace et influence le roi pour qu’il empoisonne le jeune homme.

Mais avant que Thésée n’ait eu le temps de boire la coupe empoisonnée, Égée reconnaît son épée et son fils. Médée disparait et Thésée est acclamé. Mais la joie est de courte durée. À cause d’une mauvaise ruse du roi d’Athènes, le fils du roi Minos s’est fait tuer. Fou de rave, le roi Minos réclame chaque année 7 jeunes hommes et 7 jeunes femmes de 20 ans qu’il envoie dans le labyrinthe où ils se font dévorer par le Minotaure. Malgré l’opposition du roi, Thésée insiste pour participer au voyage et promet de revenir vainqueur.

Une fois à Crète, Thésée fait la connaissance du roi Minos et de ses filles. L’ainée, Ariane, tombe immédiatement amoureuse de lui et décide de l’aider à sortir du labyrinthe, à condition qu’une fois sorti il accepte de l’épouser. C’est ainsi qu’Ariane donne au jeune prince le fameux fil d’Ariane.

Dans le labyrinthe Thésée vainc le Minotaure et, grâce au fil, il retrouve la sortie avec tous ses compagnons. Ils embarquent en amenant Ariane, mais Thésée n’est pas amoureux et revenant sur sa parole il abandonne Ariane sur une île (ou elle sera consolée par Dionysos).

Il revient à Athènes comme promis, mais oublie de changer les voiles du navire comme convenu, noir pour le deuil, blanches s’il revint en vie, le roi Égée se suicide de désespoir. Thésée devient roi.

Plus tard il épousera la soeur d’Ariane qui tombera amoureuse du fils que Thésée a eu avec la reine des amazones et c’est une tragique histoire qui ne nous sera pas contée ici.

Ce petit album résume les grandes lignes de la légende de Thésée ainsi que des éléments qui l’entourent : le Minotaure, la mort Androgée, fils de Minos. Mais l’album est court et on passe assez vite sur les différents événements marquants de la jeunesse de Thésée. Quant à Thésée le roi, cela est à peine suggéré. Difficile d’en faire plus en si peu pages. Mais l’essentiel est là et c’est une bonne entrée en matière. Très richement illustré, l’album permet de se familiariser avec le personnage, et connaitre les grandes lignes de son histoire. Une petite annexe revient avec quelques explications sur les noms cités dans l’album, histoire d’aller un peu plus loin.

J’ai beau connaitre les légendes de la Grèce antique, en lisant cet album j’ai tout de même été frappé par la violence de celles-ci. Une violence que l’on retrouve même dans cet album, bien qu’on ne s’attarde pas sur cet aspect.

sur le site de l’école des loisirs

le dossier pédagogique

⇒ sur Amazone ou Decitre 

Dans la même série, on trouve également les légendes d’Orphée, de la guerre de Troie et Ulysse.

(merci aux éditions l’école des loisir de nous avoir proposé cette lecture)

Θησεύς  Θησεύς

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, lire plus longtemps et suivre Thésée dans toutes ses aventures, je vous propose un deuxième livre : Le Feuilleton de de Thésée de Murielle Szac illustré par Rémi Saillard publié par Bayard jeunesse.

Couverture Le feuilleton de Thésée

En cent épisodes on découvre la palpitante vie de Thésée et d’autres éminents personnages de la mythologie grecque qui croisent son chemin : Héraclès, Œdipe, la reine des Amazones et bien sûr le Minotaure, Ariane, Dédale Minos…

Avant d’en arriver à la fameuse histoire du Minotaure, Thésée va suivre son cousin Héraclès dans quelques aventures. Puis, après son retour victorieux de Crète (et sans Ariane qu’il abandonne lâchement sur une plage), on découvre Thésée devenu le roi d’Athènes. Il accueille dans sa cité Œdipe et sa fille  Antigone. On prend le temps de découvrir leur histoire. Il est également question des mariages de Thésée, de son fil Hippolyte (une histoire bien triste). Dans ce livre, on suit Thésée jusqu’à la fin de sa vie.

 

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La fin du feuilleton de Thésée est pour ce soir ! #lecturedusoir #leslecturesdemimiko

Une publication partagée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Nous avons tous beaucoup aimé ce livre à la maison. C’est très bien écrit. C’est intéressant et palpitant. On a envie de découvrir la suite des aventures du héros. Chaque épisode fait deux trois pages et est accompagné d’une illustration, ce qui en fait une très bonne lecture du soir (les chapitres ont la bonne longueur pour cet exercice à haute voix). Ce livre nous aura tenu compagnie un moment, avec un épisode avant le coucher. J’ai sauté quelques chapitres puisque nous nous sommes alternée à la lecture avec Chéri qui (pour une fois) à aimé faire la lecture du soir. Mimiko avait découvert ce livre en classe. Le maître leur lisait un chapitre chaque jour et elle a tant aimé qu’elle a voulu partager cette lecture avec nous et j’ai fini par lui acheter (moi refuser des livres, jamais !). Nouvelle lecture à la maison, Mimiko toujours aussi attentive. Depuis elle s’intéresse à la mythologie grecque et a ajouté quelques livres à sa bibliothèque. Mais le feuilleton de Thésée occupe une place privilégie dans notre collection mythologie grecque puis que c’est celui qui nous a donné envie, à elle de découvrir, à moi de me replonger dans se sujet qui me passionnait quand j’étais au collège. Et puis c’est après avoir lu ce livre que nous avons baptisé notre chat Héraclès. 😺

les premières lignes

sur le site de bayard jeunesse

la mythologie grecque en cent épisodes (et sa page facebook)

Rémi Saillard

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Dans la même collection sont disponibles deux autres feuilletons : Le feuilleton d’Ulysse et Le feuilleton d’Hermès. Nous sommes en pleine lecture de ce dernier. Un épisode chaque soir. Ces livres portent bien leur nom. 😉

 

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#lecturedusoir #mythologie #litteraturejeunesse #bookgram

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Μινώταυρος  Μινώταυρος

Et puisqu’il est question de Thésée et du Minotaure, j’en profite pour vous reparler d’un jeu de société que nous avons testé et aimé : le labyrinthe du Minotaure également sortit aux éditions l’école des loisirs

 

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Découverte à venir @ecoledesloisirs

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La première partie du labyrinthe du Minotaure est lancée ! @ecoledesloisirs

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 chut les enfants lisent 

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Sauveur & fils – saison 1 – Marie-Aude Murail

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman à sa sortie. Tout le monde semblait enthousiaste et les nombreuses critiques élogieuses m’avaient donné envie de le lire. Mais, comme à chaque fois que je lis trop de bonnes critiques, j’ai peur. Peur d’être déçue, de m’être fait une mauvaise idée du roman ou d’attendre autre chose. Bref, j’avais gardé le titre dans un coin de ma tête, mais je n’avais pas donné suite. Quand l’école des loisirs m’a proposé de découvrir le roman, qui venait de sortir en format poche, je me suis dit que c’était l’occasion d’enfin me faire mon propre avis. Et les critiques que j’avais lues étaient loin derrière moi, je ne me souvenais que d’une chose, ce livre avait remporté un franc succès. Je me suis donc élancé dans cette lecture juste après La Combe aux loups (qui m’avait un peu déçu) sans trop d’à priori, sans rien attendre de particulier. ET surprise : J’ai A-DO-RE !! Bon ok, ça ne sera pas une surprise pour tous ceux qui connaissent le roman, comment ne pas l’aimer ? Il est excellent. Mais moi j’ai été vraiment surprise, parce que même si le livre me faisait envie, je ne m’attendais vraiment pas à le lire si vite et l’aimer autant.

Couverture Sauveur et fils, tome 1

Sauveur est psy. Il travaille dans un cabinet installé au rez-de-chaussée de sa jolie maison à Orléans, où il reçoit beaucoup d’enfants qui souffrent. Son fils, Lazarre, a pris l’habitude, en rentrant de l’école, de se glisser près de la porte qui donne sur le cabinet. Il écoute les histoires des patients et s’interroge sur leur malêtre, faisant à l’occasion d’étranges recherches sur internet pour un enfant de huit ans. Scarification, phobie scolaire… il vaut comprendre mais ne peux pas poser de question à son père. Après tout il n’a pas le droit de s’approcher du cabinet. Sauveur vit seul avec son fils, orphelin de mère. Bon psychologue et père affectueux, il n’en ai pas moins trop occupé pour voir ce qui se passe dans la petite tête de son fils si sage.

Sauveur et Lazarre sont tous deux très attachants. On les aime dès les premières pages. Et ils sont entouré de très nombreux personnages : les patients de Sauveur que l’on suit séance après séance, au fil des semaines, Paul le meilleur ami de Lazarre et sa famille, la maîtresse, la nounou, Gabin l’un des patients de sauveur qui s’installe chez lui le temps de l’hospitalisation de sa mère… Ce roman est vraiment très riche en personnages.

Des sujets très graves y sont abordés, après tout si on va voir un psy c’est qu’on a des problèmes, et parmi les patients de Sauveur il y a des gamins avec de gros problèmes. Mais tous ces sujets sont abordés avec finesse et humour.

J’ai adoré ce roman parce qu’il aborde avec intelligence de sujet grave et très divers tel que le racisme, l’homophobie, la pédophilie, la phobie scolaire tout en proposant des personnages drôles et attachants et offrant un récit très prenant. J’ai lu avec une étonnante rapidité ce roman (étonnante pour moi hein, parce qu’une personne normale mettra 3 fois moins de temps), mais à chaque fois j’étais étonnée de lire si vite. J’ai ri, j’ai eu les larmes aux yeux, le tout avec une facilité de lecture très agréable. Le style est fluide et l’histoire captivante. On a envie de savoir, savoir ce qui va arriver aux patients, savoir si Sauveur va enfin se rendre compte que Lazarre espionne les séances, savoir qui est ce mystérieux personnage qui semble menacer la famille Saint-Yves. Bref il y a plein de pistes, plein d’histoire dans l’histoire, plein de personnages et on ne s’ennuie jamais.

J’ai très envie de découvrir la suite !

pour aller plus loin :

premières lignes

sur le site de l’école des loisirs

⇒ à lire aussi les avis de Moka, Jérôme, Za, Mo

⇒ sur Amazon ou Decitre

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