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Spill Zone – tome 1

Que diriez-vous d’une bd sf ? Spill Zone me semblait prometteur avec sa couverture, dont je n’aime pas vraiment le bleu, mais qui m’intriguait par ses personnages et se terrifiant loup.

Spill Zone, paru fin mai chez Rue de Sèvre et une bd à la double nationalité, si j’ose dire. Le scénario est signé par Scott Westerfeld, auteur américain adepte de la sf et de la fantasy, le dessin, quant à lui, est l’oeuvre de Alex Puvilland, un illustrateur français expatrié aux USA qui avant de se lancer dans la bande dessinée à travaillé pour les studios d’animation.

SF ou Fantasy ? Dans ce premier tome, il est encore trop tôt pour le dire. En effet, on ne sait pas encore ce qui s’est réellement passé. Nous rentrons dans cet univers avec Addie, une jeune femme qui élève seule sa petite sœur étrange. Elles vivent à la lisière d’une zone mise en quarantaine après des événements survenus quelques années auparavant et ayant eu des conséquences pour le moins étranges. Est-ce une attaque extraterrestre, un phénomène naturel ou surnaturel ? Personne ne sait, mais la ville a été détruite.

S’il est interdit de s’y aventurer, Addie s’y rend fréquemment pour prendre des clichés des étranges phénomènes que l’on peut observer dans la ville. Des créatures bizarres, des balançoires vides qui bougent, des sortes de zombis flottant sans âme. La ville tout entière a été transformée en cauchemar. Très rares sont ceux qui ont survécu aux événements, et la petite soeur de Addie en fait partie. Depuis elle s’est retranchée dans un mutisme qui inquiète sa soeur. Pourtant la petite fille communique, elle communique avec sa poupée de chiffon par la pensée, et celle-ci lui répond !

Un univers étrange, tenant, à la fois, des films d’apocalypse et des histoires de magie. J’ai été happé par l’histoire. À chaque page, j’avais envie de savoir. Que s’est-il passé ? Que se cache derrière ses événements ? Pourquoi la petite soeur ne parle-t-elle plus ? Addie va-t-elle ressortir indemne de ses excursions dans la zone de quarantaine ? Qui est cette mystérieuse collectionneuse qui lui achète ses clichés ? Il y a tout un tas de questions qu’on se pose, mais les auteurs prennent leur temps, ne nous livrent pas trop de réponses à la fois, juste ce qu’il faut pour titiller encore plus notre curiosité. On prend le temps de découvrir la ville et la personnalité d’Addie, tout en étant en permanence sous tension. Va-t-elle se faire prendre ?

Je me suis beaucoup amusé avec ce tome. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Addie, qui, bien qu’assez classique, nous en avons déjà vu des Addie dans les séries et films américains, m’a été très sympathique. Et la tension est bien maintenue tout au long de l’album. En le refermant après l’avoir dévoré très vite, j’avais envie de lire la suite, même si la fin, avouons-le, n’est pas très originale.

Avec Spill Zone, on reste dans la lignée de ce genre de fiction, on en connaît tous les ficelles et il n’y a pas ici de réelles surprises, mais c’est bien mené, c’est agréable et aussi joliment dessiné. J’ai apprécié le style de Alex Puvilland que je découvre avec ce titre. Les couleurs sont un peu criardes, mais ça se marie plutôt bien avec l’ambiance générale.

Bref j’ai aimé ! Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Spill Zone sur le site de Rue de Sèvre


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Mazzeru – Jules Stromboni

La couverture de cet imposant album a tout de suite attiré mon attention lors de mon dernier passage à la bibliothèque. Deux yeux m’observent, est-ce de la stupeur ? De la peur ? Les yeux d’un prédateur ou d’une proie ?

Mazzeru

En feuilletant l’album, j’ai été tout de suite séduite par le dessin, mais j’étais surprise par la façon dont se structure le récit. J’étais curieuse, mais en même temps un peu sceptique. Cet album allait-il me plaire ou était-il trop « intello » pour moi ?

Finalement, je me suis laissée tenter, puisque je l’ai emprunté à la bibliothèque ça ne me coûte rien d’essayer 😉 Et j’ai bien fait ! Cet album est sublime.

L’histoire s’ouvre avec un jeune garçon qui doit aider son père et son frère à la ferme. Il ne semble pas du tout apprécier cette situation et faut dire que les hommes de la famille ne sont vraiment pas tendres avec le petit dernier. Il ne rêve que de partir.

Mais au village il y a la belle Chilina. Il aime la regarder discrètement. Elle est belle, elle est douce. Elle vit seule avec son père.

L’ambiance est lourde. Tout est lourd dans la vie de ces enfants qui quittent douloureusement une enfance qui n’était déjà pas douce. Les regards au village sont lourds de sous-entendus, la famille est lourde à porter, cruelle même. Et puis il y a les légendes, le pouvoir du mazzeru qui dans ses songes prédit la mort.

Au début, j’étais un peu déstabilisée. Cet album n’a rien d’une bande dessinée au sens classique du terme. S’il y a bien des cases, pas l’ombre d’une bulle à l’horizon. Pas de dialogues non plus. Des textes, sont inséré ci et là, et s’apparente plus à de la poésie qu’à de la narration. Et ils expriment plus les pensées intérieures de l’un des personnages qu’ils ne racontent l’histoire. Au début, j’étais un peu perdue, mais très vite j’ai été happé par l’histoire qui est très lisible malgré cette narration inhabituelle.

Mais cet album est si particulier que je peine à trouver les bons mots pour vous donner envie de le lire. C’est beau, très beau. C’est poétique, c’est triste, c’est cruel. C’est corse. Cela fait peut-être cliché, mais c’est vraiment corse. On y sent pleinement cette culture et ce n’est pas exotique, c’est plutôt effrayant. Je ne connais pas bien cette culture, je dirais même que je ne connais que les chants corses que j’affectionne tout particulièrement. Je n’ai jamais vu la Corse en vrai, mais j’ai ressenti dans cet album tout ce que j’ai pu entendre ou lire sur la Corse. La rudesse de ses campagnes, la dureté de ses gens, mais aussi une poésie presque sauvage. Et tant pis si ça fait cliché de le dire, c’est vraiment le sentiment que j’ai éprouvé en lisant cet album.

Cela m’a également fait penser à de vieux films sardes que j’avais vus, la même vie rurale lourde et pas tendre avec les enfants qui doivent, tout comme les adultes, travailler dur.

sur le site de Casterman

Jules Stromboni sur tumblr

→ à lire aussi l’avis de hubris & libris


 challenge petit BAC 2018

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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Quand cette bande dessinée de Soledad Bravi et Dorothée Werner m’a été proposé par Rue de Sèvre, j’étais intéressé surtout par une lecture croisée. Je voulais l’aborder sous différents point de vues, le miens et celui de mes filles. Je trouvais intéressant de comparer le regard de 3 femmes à 3 âges différents : l’adulte, l’adolescent (même si c’est déjà une jeune adulte) et l’enfant (presque pré-ado). Trois femmes donc, mais une seule famille, résolument féministe. Il n’y avait donc personne à convaincre. Nous partions déjà en terrain conquis. Mais c’est précisément ce regard là qui m’intéressait de scruter puisque quoi qu’il arrive, c’est le genre de livre qui sera principalement lu par ceux qui sont déjà d’accord avec le propos. Je vois mal un misogyne acheter cette bande dessinée pour ses filles…

Résultat de recherche d'images pour "pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes"

La première à l’avoir lu c’est Yomu-chan. J’aurais aimé lui céder la première place pour qu’elle vous dises quelques mot sur ses impressions. Le problème c’est que ça fait 2 mois que je l’harcèle mais elle n’arrive pas à trouver le temps. Et plus le temps passe et plus le souvenir de ses impressions s’estompes. Je vais donc changer mon fusil d’épaule et publier cet article sans elle (et avec un peu de retard sur le programme initial ^^’).

Place à la petite sœur (heureusement la relève est là 😛 )

Ce que Mimiko en a pensé :

C’est avec beaucoup d’intérêt que Mimiko a lu (vraiment lu) cette bande dessiné. J’étais même étonnée de la voir si concentrée sur le propos, interrompant de temps à autre pour me poser quelques questions : « elle étaient toutes brûlée les femmes à cette époque !? », « tu sais qui c’est Hubertine Auclert, toi ? »…

Bref elle était concernée et a trouvé ce livre très intéressant, soulignant son caractère instructif. Elle y a appris beaucoup de choses et en a éprouvé une sincère satisfaction.

Ce que Bidib en a pensé :

Moi je suis moins enthousiaste que la petite Mimiko. Faut dire que je pinaille. Déjà, le titre commence par un gros POURQUOI écrit en majuscule. Je m’attends donc à un « parce que ». Bref, je veux une réponse à ce pourquoi et le livre n’en offre pas vraiment. On nous fait une fresque historique des droits de la femme et de sa condition sociale. C’est fort intéressant, mais cela ne répond pas à la question posé dès la couverture.

Parlons-en de cette couverture. On y voit un homme préhistorique traînant une femme par les cheveux. Le but, bien sûr, est de provoquer, peut-être aussi de traiter de primitif les hommes qui encore de nos  jours se sentent/se croient supérieur aux femmes. Mais cette image de l’homme des cavernes traînant la femelle par les cheveux est une image véhiculé par la société moderne misogyne et n’a rien à voir avec la supposé réalité des hommes préhistoriques. Et c’est un peu sous ce même regard (celui que l’interprétation misogyne du XIX/XX siècle fait de l’histoire ancienne) que l’on nous dépeint l’histoire de la femmes (en Europe…).

Pour résumer mon ressenti, j’ai eu l’impression qu’on donne un ton féministe à une histoire de discrimination, tout en continuant à véhiculer des à priori misogyne sur l’histoire, plutôt qu’à rétablir des vérités historiques montrant que la femme, même par le passé, a occupé une place importante, du moins plus importante que ce que l’on a longtemps prétendu. Je m’explique. On nous raconte par exemple qu’au Moyen Age les femmes étaient enfermé dans les donjons en attendant le retour du mari or, si cela existait c’était quand même l’exception et non la règle. La plupart des femmes de châtelain devaient s’occuper du château et de ses gens durant les absence des maris. Pour les sorcières  brûlée vives c’est la même chose. C’est effectivement un fait historique impressionnant (et épouvantable), mais qui était loin d’être une pratique courante durant le Moyen Age. D’ailleurs les femmes n’étaient pas les seules à être brûlées pour hérésie (mais si elle étaient plus nombreuses que les hommes). Sans parler du fait que les plus grosses chasses aux sorcières ont été pratiquées au XVI siècle, autrement à la Renaissance.

Bref j’ai eu l’impression qu’on mettait surtout l’accent sur les cas extrêmes de misogynie on en faisant la règle (aussi parce que en effet c’est ce que disaient les règles officielles) mais qui ne correspond pas forcement à la réalité historique de la vie quotidienne des gens. Et on ressort du jeu que quelques épingles, des femmes particulièrement connues pour leur engagement.

Or je suis plutôt adepte d’une relecture éclairé de l’histoire. J’entends éclairé par une regard dépourvu de à priori sexistes sur le passé. Par exemple j’ai lu récemment que des recherches ont été menées sur plusieurs tombes de guerriers démontrant que les femmes guerrières existait dès l’antiquité contrairement à ce que l’on avait longtemps supposé. Finalement si on a longtemps cru le contraire c’est simplement que les tombes de « guerrier » avaient été découvertes par des chercheurs à une époque où il était inenvisageable pour le chercheur de croire que le guerrier était en fait une guerrière. J’ai aussi lu des articles mettant l’accent sur le fait que hommes et femmes avaient la même corpulence (et force physique) durant la préhistoire. Ce qui vient contredire cette satanée image de l’homme des caverne traînant une femme par la chevelure. Ce ne sont là que deux exemple mais ce que je tenais à montrer ici c’est que les recherches actuelle tendent « redorer le blason » de la place de la femmes dans l’histoire, si je peux m’exprimer ainsi. Or ces points de vue là on ne les retrouve pas dans cet ouvrage et j’ai trouvé cela un peu dommage.

Ceci-dit, j’ai trouvé tout de même cette bande dessinée intéressante. Déjà parce qu’elle donne une frise historique assez complète, qu’elle donne un aperçu de ce qu’étaient en effet les droits officiels des femmes à telle ou telle époque, qu’on peut ainsi en observer l’évolution, se rendre compte que des choses aussi banale que porter un pantalon ou voter ne nous sont finalement accessible que depuis très peu de temps et que ce n’est toujours pas accessible partout dans le monde. Que même en Europe l’avortement n’est pas autorisé partout, etc. C’est une petite piqûre de rappel qui nous dit qu’il faut rester vigilant, que l’évolution du droit des femmes ne s’est pas toujours faite dans le sens de l’amélioration et qu’on est pas à l’abris d’un recul. On y apprends aussi des petites choses par ci par là. Si la plupart des périodes et des fait évoqué ne me sont pas inconnu j’avoue ne pas connaitre Hubertine Auclert.

C’est, comme l’indique le Stickers collé sur la couverture, une bonne base sur laquelle on peut s’appuyer pour après aller chercher plus loin.

C’est aussi un support ludique et accessible pour les plus jeunes, pour les sensibiliser à la question du droit de la femme, un livre à proposer dans toutes les bibliothèques (rayon jeunesse) et tous les CDI. Un support qui peut aussi permettre d’aborder la question en classe.

Il se lit bien, il ne manque pas d’humour, et les dessins sont agréables. C’est très stylisé, peut-être un peu trop à mon goût, mais cela reste une bonne base sur laquelle rebondir et travailler.

sur le site Rue de Sèvre

petite vidéo de présentation

⇒Soledad Bravi (son blog, sa page facebook)

ses bd chez Rue de Sèvres


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Nouveautés manga & BD #23 – Avril/Mai 2018

Voici les titres qui ont attiré mon attention parmi les sorties manga et bd ce printemps.

Ken’en de Fuetsudo et Hitoshi Ichimura, chez Doki Doki

résumé : Sommés par un esprit maléfique de sacrifier une jeune fille à la divinité du temple local, des villageois font appel à Hayate, un chasseur de démons. À leur grande surprise, ce dernier n’est autre qu’un superbe chien blanc, doté de grands pouvoirs. Grâce à son aide, ils ne tardent pas à découvrir que la créature à l’origine de leurs ennuis n’est autre que le kakuen Mashira, un être mi-homme mi-singe, ayant pour habitude d’enlever des humaines. Ce dernier, peu déstabilisé par sa rencontre avec le chien, décide de l’adopter… Ainsi commencent les relations tumultueuses, « comme chien et singe », de ces deux êtres surnaturels au gré des saisons du Japon légendaire ! (résumé : Manga Sanctuary)

pourquoi ? le monde de contes et légendes m’attire toujours, et la couverture laisse prévisager une lecture assez légère ce qui, ma fois, fait du bien aussi

Atomic [s]trip de Atsushi Kaneko, chez Pika.

résumé : Atsushi Kaneko, l’enfant terrible du monde du manga, revient avec un concentré de son talent artistique sous forme d’un recueil qui rassemble les récits courts de sa carrière de 1997 à 2015. Un ouvrage unique où la couleur, la bichromie et le noir et blanc se succèdent au fil des pages et témoignent de son style protéiforme ! (source : Manga News)

pourquoi ? Atsushi Kaneko, ça ne se refuse pas ! Même si je dois dire que son dernier titre m’a plutôt déçu. Le premier tome ne m’a pas du tout donné envie de lire la suite (je veux parler de Deathco). Ce qui me fait penser que je n’ai pas encore fait d’articles sur Wet Moon, la série qui me l’a fait découvrir.

Souvenir de la mer assoupie de Shinya Komatsu, publié par Imho.

résumé : Après les saynètes surréalistes de Tohu-Bohu, Shinya Komatsu revient avec un nouveau recueil de rêves éveillés, situés cette fois dans une petite ville ensoleillée où le temps semble figé à l’heure de la sieste. On y suit avec émerveillement le quotidien de la jeune Lisa, qui telle une Alice du bord de mer semble dotée d’un talent naturel pour faire de curieuses découvertes : un violon en verre d’écume, un pilote de parapluie volant, un phare en mal d’escapades… (source : Manga News)

pourquoi ? Comment resister à cette couverture ? Mais avec ce genre de manga c’est toujours un peu risqué soit j’adore, soit j’accroche pas du tout.

Whispering Les voix du silence de Yoko Fujitani, publié par Akata.

résumé : Kôji est aujourd’hui un lycéen ordinaire. Mais lorsqu’il était enfant, il avait une capacité unique : celle d’entendre les pensées de tout ce qui l’entoure. Les objets, les plantes, les animaux… Mais aussi et surtout celles de ses proches. Très vite, ce don s’est en réalité révélé être une malédiction ostracisante. Ses parents eux-mêmes commençaient à craindre leur enfant, qui pouvait sans le vouloir connaître leurs pensées les plus intimes. À l’adolescence, Kôji a perdu ce pouvoir, et il réussit désormais tant bien que mal à s’intégrer au lycée. Mais un jour, il croise la route d’un petit garçon qui, comme lui autrefois, possède ce « don ». D’abord réticent et indifférent, voire effrayé, il va finalement se prendre de sympathie pour lui et décider de l’aider. Au même moment, un changement s’opère en lui… (source : Manga News)

pourquoi ? le sujet me parle et je suis très curieuse de voir comment il est traité.

Devil inside de Makoto Ogawa et Satoshi Obe, publié par Komikku.

résumé : Jun est un brillant étudiant. Orphelin de bonne famille, il habite dans un somptueux manoir avec de nombreux domestiques dont Kanae qu’il aime tout particulièrement. Hanté par les démons de sa famille et surtout son grand frère Akira, il est également doué d’une faculté d’analyse exceptionnelle et il aide la police à coincer un tueur en série. Mais ce dernier parvient à s’échapper et un soir, il se rend au manoir pour se venger. Au même moment, Akira tente de violer Kanae pour provoquer son petit frère. À la fin de cette nuit d’horreur, tout a changé et un monstre s’est réveillé… mais lequel ? (source : Manga News)

pourquoi ? ça l’ai assez téléphoné mais ça m’intrigue

Manga - Manhwa - Mémoires d'un frêneMémoires d’un frêne de Kun-woong Park, publié par Rue de l’échiquier.

résumé : Au cours de l’été 1950, tout au début de la guerre de Corée, les autorités organisent la liquidation physique de dizaines de milliers de civils, opposants politiques déclarés ou simples sympathisants, par crainte de la contagion communiste. Ce massacre de masse, mis en œuvre par l’armée et la police coréennes, a fait entre 100 000 et 200 000 morts, y compris des femmes et des enfants. Par la suite, il a été délibérément occulté par l’histoire officielle de la Corée du Sud. Ce n’est qu’à partir des années 1990 que des charniers ont été retrouvés et que certains exécutants de la tuerie ont été amenés à témoigner. (sources : Manga News)

pourquoi ? J’avais beaucoup aimé Massacre au pont No Gun Ri du même auteur, enfin, aimer n’est pas vraiment le terme qui convient. Cette lecture m’avait beaucoup marqué. Avec ce nouvel épisode de l’histoire de Corée je pense que les même émotions seront au rendez-vous.

Saltiness de Minoru Furuya, publié par Akata.

résumé : Takehiko a 31 ans, et il croit qu’il est über-cool ! Il se fiche de tout, se croit inébranlable. Une pluie de crottes pourrait lui tomber dessus qu’il resterait là, debout, infaillible. Il profite de la vie, ainsi, en n’en branlant pas une. Pourtant un jour, son grand-père fatigué de son comportement nonchalant, lui donne un véritable électrochoc : tant qu’il ne s’émancipera pas, il sera un fardeau, pire, un parasite, pour sa petite sœur adorée. Profondément choqué, le jeune homme quitte le domicile avec pour objectif de « tuer le monstre ». Mais comment faire quand les seuls qui acceptent d’interagir avec vous sont les chiens et les chats errants ? De rencontres improbables en délires cyniques, Takehiko finira peut-être par trouver sa place dans ce monde… (sources : Manga Santuary)

pourquoi ? C’est surtout la couverture qui m’a frappé. Je ne connais pas cet auteur et il y a quelques chose dans cette couverture qui me donne envie de le découvrir.

Calpurnia de Daphné Collignon, d’après le roman de Jacqueline Kelly, publié par Rue de Sèvre.

résumé : Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste  elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Nous sommes dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes de ses découvertes, elle affirme sa personnalité entre six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine et les bonnes manières ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ? (sources : Rue de Sèvres)

pourquoi ? Je l’ai déjà lu et j’ai beaucoup aimé 🙂 du coup fallait bien que je vous la conseille dans les sorties avril/mai 😉

Sous un ciel nouveau de Kei Fujii et Cocoro Hirai, publié par Ki-oon.

résumé : Un couple de campagnards décide de tout faire pour garder à flot le café que leur défunt fils tenait avec tant d’amour à Tokyo. À l’âge de la retraite, loin de leurs racines et de leurs repères, c’est une nouvelle vie qui commence pour eux…
Naoto n’a plus que sa mère. Celle-ci sent bien que son fils envie les autres enfants, qui peuvent s’entraîner au base-ball avec leur père. Que faire pour adoucir la solitude de son garçon ?
Yayoi a enfin trouvé l’âme sœur ! L’homme qui l’a abordée à la bibliothèque, charmant, gentil et élégant, a tout du prince charmant. Pourtant, malgré la façade avenante de son fiancé, elle se doute qu’il y a anguille sous roche…
Ito et Abe sont amis d’enfance. Tous deux à la croisée des chemins pour leur carrière de sportifs, ils se remémorent le cours d’histoire le plus marquant de leur enfance, qui leur a appris une chose : la vie est courte, trop courte ! (sources : Manga Sanctuary)

pourquoi ? le genre tranche de vie me plait assez et cet album à l’air pas mal. A voir.

Manga - Manhwa - Cuisine ChinoiseCuisine chinoise de Zao Dao, publié par Mosquito.

résumé : La jeune prodige Zao Dao met en scène des moments de la vie quotidienne chinoise autour de l’institution qu’est la gastronomie en Chine. Avec humour et légèreté elle nous décrit ce rapport si particulier des Chinois à la nourriture.

pourquoi ? J’aime beaucoup Zao Dao et en plus cet album parle de cuisine, que demander de plus !!

J’ai aussi repéré un petit dvd qui me tente bien 🙂


à noter deux réédition à ne pas louper si vous ne les avez pas encore lu : Le Gourmet solitaire de Jirô Taniguchi, Blue de Kiriko Nananan et Mauvais genre de Chloé Cruchaudet.

  

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The End – Zep

Théodore rejoint une équipe scientifique dans une forêt suédoise pour étudier la communication des arbres. Le professeur qui dirige les recherches défend l’idée que les arbres sont capables de communiquer entre eux et de produire des toxines afin de se défendre, voire même de réguler la vie sur terre. Professeur fantasque ou visionnaire ? Cela aurait-il quelque chose à voir avec ces morts inexpliquées survenues quelque temps auparavant en Espagne ?

Alors que l’équipe est sur le point de mettre la main sur un ADN qui révolutionnera la science, la Fin arrive. La Fin, celle avec un grand F. La fin de notre monde tel que nous le connaissons et cette fin, si nous l’avons largement mérité par notre comportement irresponsable envers la nature, elle nous arrive par les arbres. Mais est-ce la fin de tout ?

J’ai trouvé le point de départ de cette bande dessinée très intéressant d’autant plus qu’il s’inscrit dans l’actualité. L’écologie est au coeur des enjeux de notre siècle et les décisions qui seront prises dans les années qui viennent auront de lourdes conséquences sur l’écosystème de la terre tout entière. J’ai bien peur que ce soit une responsabilité bien trop grande pour les frêles épaules de l’humanité, déjà dépassées par sa propre évolution. Le sujet semble également inquiéter Zep, qui, à travers ce thriller écologique, veut nous alarmer sur la gravité de la situation.

Une idée de départ intéressante, donc, avec une importance toute particulière accordée aux arbres. Cela aussi est dans l’air du temps. De récentes recherches ont en effet mis en lumière la capacité des arbres (et des végétaux en général) à communiquer chimiquement entre eux, sans parler des livres récemment sortis faisant la part belle à l’intelligence des arbres.

Si je n’ai pas lu ces livres (pas encore du moins) j’ai eu vent des recherches sur le sujet et ai trouvé ça intéressant de retrouver ici des choses entendues ailleurs dans des contextes très différents.

Cependant j’ai été un peu déçue par cette bd. Je l’ai lue avec beaucoup de plaisir, c’est agréable et assez prenant, mais il me manquait quelque chose. Déjà, je trouve que cette réaction des arbres arrive un comme un cheveu sur la soupe, d’un coup, sans trop crier gare, comme par hasard juste au moment au les scientifiques sont sur le point de décoder le message que porte l’ADN des arbres. Je n’ai d’ailleurs pas très bien compris cette histoire d’ADN. Mais ce qui m’a chiffonné c’est la rapidité avec laquelle cette Fin arrive. Je n’ai pas trouvé ça très réaliste.

Par ailleurs, je trouve dommage que la dernière partie de la bd ne soit pas plus développée. Difficile de vous livrer mes impressions exactes sans trop vous en dire. Mais, disons que ce qui est intéressant dans une apocalypse c’est la post-apocalypse, or ici on ne nous livre pas vraiment de pistes intéressantes sur l’après.

The End a du moins le mérite de nous interpeller sur le pourquoi d’une fin qui n’est peut-être pas imminente (comme dans l’histoire), mais qui ne relève peut-être pas de la science-fiction, en tout cas, si on continue à aller droit dans le mur.

Côté dessins, j’ai trouvé ça agréable, j’aime le trait fin et expressif, mais je n’ai pas compris le jeu de couleurs sur le fond. Une page et dans les tons bleu, l’autre dans des tons marron et cette variation de couleurs ne semble pas toujours porter un sens. Et ça m’a beaucoup perturbé, parce que j’essayais de comprendre ce que cela pouvait bien signifier.

En conclusion, je dirais que j’ai passé un bon moment avec cette bande dessinée, mais qu’elle ne va pas au bout de ses promesses. J’étais un peu frustrée en la refermant.

sur le site de Rue de Sèvres

Zep


Challenge un max de BD en 2018

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Ces jours qui disparaissent

Lubin est un jeune homme plein de vie, acrobate et caissier dans une supérette pour arrondir les fins de mois, beau et jovial, il est entouré d’une belle bande d’amis avec qui il partage sa passion du cirque. Mais un jour, en se rendant au travail, il se rends compte qu’il a zappé une journée toute entière. Il met cela sur le compte d’une mauvaise chute, sans doute a-t-il dormi plus de 24 heures. Mais le surlendemain l’incident se reproduit. Très vite Lubin se rend compte qu’une autre personnalité prend possession de son corps un jour sur deux.

Au début les deux personnalités cherchent à coexister, se laissent des messages vidéos, mais leurs personnalités sont si différentes que le clash fini par arriver et la communication est interrompue. L’une des personnalités prend le pas sur l’autre. Mais qui parasite qui ?

Comment ne pas aimer le Lubin que l’on rencontre au début de l’album, n’est-il pas magnifique sur scène, et ce sourire chaleureux, cette vitalité… On ne peut que se prendre d’affection pour lui et pour ses amis. On peut qu’éprouver de la tristesse et de la colère de le voir peu à peu disparaître. La première moitié de l’album m’a beaucoup touchée. Puis au fur et à mesure que la première personnalité s’éface, que ses apparitions se font de plus en plus rares, mon empathie à son égard se faisait aussi moins forte. Étais-je en colère de le voir se laisser dominer par l’autre ? Lui en voulais-je de ne pas se battre d’avantage ? Connaissant mon caractère cela serait tout à fait possible.

Mais en vérité j’ai trouvé dommage de n’avoir qu’un son de cloche. Le Lubin qu’on nous présente, on ne peut que l’aimer, mais qu’en est-il de l’autre. Ses amis le décrivent comme un con, mais l’est-il vraiment ? Pourquoi son existence serait-elle moins légitime ? Le fait de nous présenter qu’une seule personnalité rend les choses trop faciles, c’est lui qu’on aime, c’est lui que l’on veut voir rempoter le combat, c’est pour lui qu’on pleure. Mais j’aurais trouvé cela beaucoup plus intéressant de nous faire aimer les deux Lubin et de rendre le choix impossible au lecteur.

Ceci dit, comme me l’a justement fait remarquer Yomu-chan, ce qui rend le récit particulièrement poignant c’est qu’on vit l’histoire à travers le regard du personnage, on n’a pas de regard omniscient sur l’histoire. On ne voit ce qu’il voit lui-même. Si dans un premiers temps j’ai parlé d’empathie, comme elle me l’a fait remarquer ce mécanisme narratif permet aussi de créer une plus grande tension dans le récit et de mieux nous faire vivre l’angoisse ressentie par le personnage qui voit sa vie défiler sans avoir aucune prise sur elle.

Finalement j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, surtout des deux premiers tiers. Les personnages sont riches et touchant, c’est vivant, rythmé. On a envie de savoir. Si j’ai moins accroché à la dernière partie, que j’ai moins été touchée ou convaincue par celle-ci c’est peut-être aussi du au fait que j’ai fait une pause avant de lire la fin. J’ai ainsi eu le temps de fantasmer une suite et d’être déçue par celle qui nous est proposée.

Côté dessin  j’ai également été séduite, le trait est fin, les visages sont expressifs, les couleurs sont douces

Je remercie PriceMinister-Rakuten pour m’avoir fait découvrir cette bande-dessinée dans le cadre de leur opération la bd fait son festival. 

Et puisqu’on me demandait d’attribuer une note, je donnerais un 16/20 (ce qui de ma part est une très bonne note)

Ces jours qui disparaissent sur PriceMinister

sur le site de l’éditeur

Timothé Le Boucher sur le site de Glénat, sur facebook

Lecture commune partagée avec Enna

⇒ à lire aussi les avis de Mo’, Moka, Jérôme, Yvan, le petit carré jaune, noukette


 challenge petit bac

 

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Les cent nuits de Héro

Les cent nuit de Héro était dans la sélection officielle du Festival international de la BD d’Angoulême (festival dont j’ai déjà parlé ici). C’est à cette occasion que je l’ai découvert et lu. Si je vous en ai déjà très brièvement parlé, je me gardais cette chronique au chaud pour vous en parler dans le cadre du Mois des Contes et Légendes, car le conte est au centre de cette bande dessinée.

Les cent nuits de Héro

Isabel Greenberg, auteure britannique, revisite ici le conte des contes : Les Milles et une Nuit. Ce ne sera pas Shéhérazade qui conte chaque nuit une nouvelle histoire mais la jeune Héro, servante et amante d’une jeune demoiselle marié qu’un vilain homme veut séduire ou violer si elle ne se laisse pas faire. Tout comme Shéhérazade se met à raconter des histoires à son époux pour échapper à la mort, Héro se met à conter pour épargner à son amie l’humiliation.

Dans les contes de Héros, ce sont toujours les femmes qui sont au centre de l’histoire. Des histoires de femmes courageuses contées par des femmes non moins courageuse dans une société patriarcale où la femme ne jouit d’aucune libertés, pas même celle de pouvoir lire.

De très nombreuses histoires s’entremêlent dans cet album. Il y a d’abord la naissance du monde, créer par la fille du dieu Homme-Aigle. Puis l’histoire de Héro et de son amante, l’histoire de la ligue secrète des conteuses à laquelle appartient Héro. Et enfin, toutes les histoires que conte Héros pour faire passer le temps et empêcher le vilain homme d’accomplir son méfait.

Toutes ces histoires semblent s’inspirer de contes existant, mais je n’en ai reconnus que quelques uns, qui sont ici assez librement adapté, pour servir le propos : la résistance des femmes face à un monde misogyne.

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J’ai beaucoup aimé cet album, tout d’abord pour son graphisme riche et original qui ne laisse pas indifférent. Puis pour l’imbrication des histoires les unes dans les autres. J’ai trouvé ça très amusant d’y reconnaître des références que je connaissais, mais au même temps je n’arrivais pas à me souvenir de leur titres et j’ai trouvé ça agaçant. Une petite « bibliographie » à la fin ça aurait été génial.

La morale de l’histoire, je ne peux qu’y adhérer. Des femmes qui souhaitent devenir libres, qui refusent la domination de l’homme, c’est, malheureusement, toujours d’actualité. En mélangeant des vieux contes a un style et un ton très moderne, Isabel Greenberg réactualise le sujet et c’est très réussi. La morale des histoires qu’elle utilise change par rapport à la version originale et ce pour mieux servir son propos. Pas besoin d’être sauvé par un prince charmant ! que diable ! Voilà un livre qui devrait beaucoup plaire à Yomu-chan 😉

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Les cent Nuit de Héro de Isabel Greenberg est sorti il y a un an chez Casterman

⇒ à lire aussi l’avis de Mo’

sur le site de l’éditeur

le site de Isabel Greenberg , sur instagram, sur twitter

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Quelques unes des histoires qui, je pense, ont inspiré cet album :

  • les milles et une nuit (conte)
  • le bal des 12 princesses (conte des frères Grimm)
  • Cosi fan tutte (opéra de Mozart)
  • the two sisters (balade anglaise du XVII)

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Shelock en bulles

Pour le rendez-vous BD du mois British Mysteries j’vais envie de présenter quelques adaptation du célébrissime Sherlock Holms en bande dessiné.

On commence avec une bd franco-belge Baker Street, tome 1 : Sherlock Holmes n’a peur de rien.

Nicolas Barral et Pierre Veys nous proposent une version humoristique et parodié du célèbre  détective et son acolite. Plusieurs petites intrigues sont présentées dans ce tome et Sherlock cherche toujours une solution un peu trop compliquée ! Très susceptible Sherlock n’hésite pas a se venger sur le pauvre Watson incapable accepter la moindre humiliation.

J’ai trouvé cette bd plutôt amusante. J’en ai surtout apprécié le côté espiègle des personnages. Sherlock y est délicieusement insupportable (ne l’est-il pas toujours ?). Quand aux intrigues elle sont un peu trop légères. Il n’y a pas vraiment de mystère à résoudre dans cette bd, on est surtout là pour se moquer de nos deux héros. Sympathique donc, mais sans plus.

sur le site de l’éditeur

Poursuivons avec une autre série franco-belge du rayon jeunesse. Les Quatre de Baker Street de Olivier Legrand, Jean-Blaise Djian et David Etien. Cette série me faisait de l’œil depuis un moment. La série comte plusieurs tomes, j’ai lu les deux premier : L’affaire du Rideau bleu et Le dossier Raboukine.

Dans cette série, ce n’est pas tant le célèbre détective privé qui est à l’honneur, mais un petit groupe de mômes, ses franc-tireurs de Baker Street, ces gosses des rue que Holmes à l’habitue d’employer pour surveiller en tout discrétion ses cibles. Qui remarque des enfants des rues dans le Londres de cette fin XIX ? C’est parmi les mendiants, les prostitues et les ouvriers épris de boisson que ce faufilent les quatre de Baker Street, trois mômes et un chat. S’ils sont les petits yeux de Shelock, les gamins se retrouve à mener leur propres enquêtes. Dans le premier tome c’est la fiancé de Black Tom qui s’est fait enlever juste sous ses yeux. Hors de question de rester les bras croisé et comme Sherlock Holmes est absent faut bien mener l’enquête seuls. Dans le deuxième volet, les mômes de rues se retrouvent impliqué dans une histoire opposant la police secrète tsariste à des anarchistes venu chercher asile à Londres. Holmes étant sur le continent, les gamins vont devoir aider la belle Katia en attendant le retour du maître.

Le trio et leur chat sont très sympathiques. J’ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs. Le trait est très expressif et l’ambiance du Londres de l’époque est bien rendue. Le trait n’est pas particulièrement original mais je le trouve très plaisant et ça colle parfaitement à l’ambiance du récit. Celui-ci est bien rythmé, entre enquête et camaraderie, on suit avec grand plaisir les aventures de la bande sur qui vient se poser le regard bienveillant du célèbre détective. Ce dernier, s’il est rare, est très bien rendu. On reconnais ça personnalité ainsi que celle de son fidèle Watson. Bref une très chouette bd que je suis ravie d’avoir découvert. Je lirais sans doute la suite.

sur le site de l’éditeur

⇒ à lire aussi l’avis de Lou (tome 1, tome 2), de Hilde (tome 1 et tome 2) et Yvan

 tome 1

 tome 2

Je poursuis mon enquête avec une autre bd, adulte cette fois : L’Ultime défi de Sherlock Holmes de  Olivier Cotte et Jules Stromboni, d’après le roman de Michael Dibdin.

Graphiquement c’est assez spécial, autant le style que la coloration rappellent le bande dessinée de la fin XIX, début XX. Imitant le piètre résultat du papier journal jauni. Autant le dire tout de suite, je suis pas vraiment fan du rendu. Au début ça m’a même perturbé. Finalement, une fois entrée dans l’histoire, je n’ai plus trop prêté attention au dessin mais là encore j’étais plutôt déçue. Je ne connais pas le roman de Michael Debdin et je ne sais donc pas si c’est l’histoire crée par ce dernier ou l’adaptation qui en est ici faite qui ne m’a pas plu, mais j’ai eu un peu de mal avec l’intrigue. La narration n’est pas fluide du tout. Et je serais tenté de croire que c’est du à l’adaptation. Il y a des passages qui manquent de développement et ça gâchent un peu l’ensemble.

Mais j’oublie de vous faire un bref résumé de l’histoire ! Difficile de ne pas trop en dire, disons que Sherlock se retrouve à enquêter sur Jack l’Éventreur et qu’il soupçonne Moriarty d’être se dernier. Mais qui est réellement Moriarty ? Une idée de départ intéressant mais que j’ai trouvé très mal développé dans cette bd et qui ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir le roman.

⇒ à lire aussi l’avis de Champi

Il y a une autre BD jeunesse inspirée de l’univers de Sherlock Holmes que j’avais bien aimé il y a quelques temps : Sherlock Fox de Du Yu et JD Morvan. Depuis je désespère de voir un jour la suite publiée ! Et je crois que c’est en vain que j’espère parce que depuis 2014 il ne se passe rien. Je l’avais pourtant trouvé chouette, étrange que la suite ne soit pas publié. Peut-être que ce titre n’a pas trouvé son public.

Ici l’influence de Sherlock est très lointaine, mais on la retrouve tout de même dans le titre 😉 Disons que ce n’est pas lui qui mène l’enquête mais un inspecteur à qui l’on a donné le sobriquet de Sherlock Fox puisqu’il partage avec le célèbre détective un certain talent.

ma chronique

sur le site de l’éditeur


Challenge un max de BD en 2018 British mysteries 2016_2.jpg petit bac

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Des contes et légendes en BD

A l’occasion du mois des Contes et Légendes, j’ai fait un petit tour dans mes archives pour voir quels Contes et Légendes en bande dessinée j’avais déjà lu (et chroniqué).

  

Côté contes traditionnel, j’ai lu deux adaptation libres (voir très libres) des contes de Blanche Neige et La Belle et la Bête. Si le premier, Banche Neige, qui fait partie de la série A l’origine des contes, m’a plus, je ne peux pas en dire autant de la version que Sobral nous livre de La Belle et le Bête.

Dans la série A l’origine des contes, on part du principe que à chaque conte correspond un événement l’ayant inspiré. Evénement pour le moins sanglant, il n’y a qu’à voir la couverture avec cette Blanche Neige à la hache sanglante. Une couverture que j’aime beaucoup d’ailleurs. Après ce volume, j’avais envie de découvrir les autres tomes de la série. Honte à moi, je n’ai ai toujours pas lu d’autres !!

La Belle et la Bête en revanche m’avait déçu. Le titre manque de subtilité, utilise des recettes trop facile et j’avais pas vraiment accroché. Ça ne m’a pas tellement donné envie de lire Les Légendaires dont pourtant son fan mes filles.

Dans la catégorie conte traditionnel j’ai aussi casé le comics Château l’Attente que j’avais lu avec feu l’équipe K.BD. Une lecture dont je garde un bon souvenir. Ce n’est pas vraiment un conte en particulier qui est repris ici mais plutôt l’ambiance des contes qui y est caricaturé. A partir d’une adaptation de la belle au bois dormant, on s’éloigne peu à peu du conte tout en en gardant l’ambiance et les références.

  

Côté manga on joue sur le détournement et les références. Grimm manga reprends, vous l’aurez deviné, les contes des frères Grimm et en offre une version très typé manga si j’ose dire, tant du point de vu graphique que du point de vu du traitement des personnages. Il ya du fan service, les beaux gosses, les gros yeux et tout ce qui fait cliché dans le shôjo manga, mais j’y ai tout de même découvert des contes que je ne connaissais pas et ça c’est chouette. Avec Ludwig révolution on retrouve également les contes des frères Grimm auquel Kaori Yuki donne vraiment une allure glauque et gothique à souhait. Elle en fait des tonnes, mais c’est ça qui est drôle. Quand à Mär, il n’y a que l’inspiration qui se rattache à l’imaginaire des contes classiques. Pour le reste on est dans un shônen aventure classique, qui me m’a pas marqué.

Je vous propose également petite bibliographie des manga qui inspirant des contes et légendes. La liste est non exhaustive et vous pouvez la compléter en me laissant des références en commentaire.

  

Côté légende, il n’y en a qu’une : La légende de la ville de Ys. Une légende qui m’est chère et à laquelle j’avais dédié un article où j’y partageais plusieurs références et adaptations.

En bande dessinée je citais 4 titres. La cathédrale engloutie étant le premier que j’ai lu et celui qui m’a fait découvrir la légende. Une lecture qui remonte à 20 ans déjà !

Les autres séries, je les ai découvertes en faisant des recherches pour mon article. J’avais bien aimé le premier tome de Ys la légende malgré ses clichés. J’ai un peu moins accroché au premier tome de La Ville d’Ys et j’ai franchement été déçue par le premier tome de Merlin surtout parce que les auteur récupèrent le nom du personnage de la légende pour en faire quelques chose qui n’a absolument rien à voir. Du coup, ce n’est pas que la bd soit désagréable c’est juste que j’étais venu chercher une légende, et finalement elle n’était pas là. En revanche, comme le nom de la série l’indique, c’est Merlin l’enchanteur qui est ici à l’honneur. Aucune des séries ne m’avais franchement donné envie de les poursuivre même si je n’exclue pas de les lire un de ses jour, je n’ai pour le moment acheté aucune suite.

Voici pour ce qui est des archives du blog, une autres bande dessinée mettant à l’honneur les contes et légendes est prévue ce mois-ci : Les Cents Nuits de Héro. Rendez-vous le 17 mars 😉

Si vous avez d’autres suggestion lecture, laissez-les nous en commentaire 🙂


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Vies volées – Buenos aires Place de Mai

Vies Volées de Mats et Mayalen Goust, publié chez Rue de Sèvres (janvier 2018).

C’est tout d’abord la couverture qui m’a interpellé dans Vies Volées. Je la trouve très belle et intrigante. On a envie d’en savoir plus sur ces personnages qui nous regardent avec un regard à la fois tendre et triste.

Ce que nous en dit l’éditeur :

De 1976 à 1983, la dictature militaire qui régit l’Argentine fait disparaître près de 30 000 opposants politiques. Parmi eux, des jeunes femmes enceintes auxquelles leurs enfants seront arrachés à la naissance. Depuis 1977, leurs grands-mères recherchent ces 500 bébés volés …

En Argentine, de 1976 à 1983, sous la dictature militaire, 500 bébés ont été arrachés à leurs mères pour être placés dans des familles plus ou moins proches du régime. Plusieurs années après cette tragédie, les grands-mères de ces enfants ne cessent de se battre pour les retrouver. Interpellé par ce drame largement médiatisé, Mario, un jeune homme de 20 ans qui s’interroge sur sa filiation décide d’aller à la rencontre de ses grands-mères accompagné de son ami Santiago et décide de faire un test ADN, Les résultats bouleverseront les vies des deux jeunes gens et de leur entourage. À travers leur quête, on s’interroge sur l’identité, la filiation, la capacité de chacun à se confronter à ses propres bourreaux, à surmonter une trahison et parvenir à envisager un nouvel avenir.

En lisant cette bande dessiné on suit les histoires de deux jeunes homme et d’une jeune femme mais on découvre aussi un pan  de l’Histoire (celle avec un grand H) de l’Argentine. Je savais que l’Argentine avait vécu sous une dictature militaire et que de nombreux opposant avaient été éliminés mais je ne connaissais pas du tout le mouvement des grand-mères de la Place de Mai. C’est un épisode tragique et douloureux de l’histoire du pays qui n’a pas encore cicatrisé. Parmi les enfants volés, nombreux sont encore ceux qui n’ont pas été retrouvé et même pour ceux qui ont été retrouvé cela doit être extrêmement douloureux.

Ces sentiments complexes Matz et Mayalen Goust arrivent à très bien les mettre en scène. Le point par lequel on entre dans le mouvement de la Place de Mai montre déjà tout l’ambiguïté et la complexité du problème. Les deux amis qui se présenterons pour l’analyse ADN ont une approche complètement différente, l’un doute de ses parents, l’autre ne se pose même pas la question et pourtant, les résultats ne serons pas du tout ceux attendus et la vie des deux amis va en être bouleversé. Avec la vérité, arrivent tout un tas de sentiments : la colère, l’incompréhension, le sentiment de perte… un ras de marée qui peut emporter cette amitié. Pourtant de belles choses peuvent aussi ressortir de cette vérité révélée et non désirée.

Les personnages sont tous très attachant. Leurs histoires sont différentes, mais il se retrouvent tous confronté au problème d’identité et de filiation.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette bande dessinée. Et finalement je ne trouve pas les mots pour l’explique, j’ai plongé dans l’histoire et me suis laissé protée. J’ai adoré le dessin. Je le trouve très beau, expressif, on ressent la tension et l’émotion des personnages. Les dialogues sont aussi très agréables et naturels. S’il n’y a pas vraiment de surprise dans le scénario, cela emporte peu car on ne cherche pas tant à être surpris par les revirements de situation attendus que par voir la façon dont les personnages vont réagir.

J’ai trouvé cette lecture touchante, j’étais émue par les histoires personnelles tout comme par l’histoire du pays. Et c’est ce qui est particulièrement intéressant dans ce titre, non seulement c’est agréable à lire et à regarder mais on y apprends des chose. Du moins moi j’ai appris des choses que je ne savais pas et que j’ai envie d’approfondir.

Si je ne devait retenir d’un livre de mes lectures de février, ce serais sans doute celui-ci.

sur le site de l’éditeur

⇒ à lire aussi les avis de Mo’ et de Mes échappées livresques


 challenge petit BAC 2018


Le coin de curieux

Après avoir lu Vies volées j’ai eu envie d’en savoir plus sur ce mouvement des mères (et des grand-mères ) de la Place de Mai.

Disparition et témoignageJe commence ma découverte pas cet épisode de La Marche de l’Histoire de l’année dernière avec comme invité Alice Verstraeten, auteur de Disparition et témoignage. Réinventer la résistance dans l’Argentine des « Mères de la Place de Mai » (2013)

Avant de se lancer dans la lecture de son livre, on peut lire son article Les disparus argentins de deuxième génération : vies paradoxales dans les limbes du social disponible en ligne, publié dans la revue Frontières ( numéro 27 – 2015)

De fil en aiguille je suis arrivée sur le site des Abuelas de Plaza de Mayo sur lequel on peut lire en français l’histoire du mouvement.

Voici un reportage de France 24 sur le témoignage des enfants retrouvé. Le pendant réel de ce que nous raconte Vies volées qui se place également du point de vue de ses enfants devenus adultes et qui découvrent de pas être ce qu’ils croyaient être.

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