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Hôtel particulier ~ Sorel

Sorel, le nom ne m’étais pas inconnu et la couverture intrigante, avec cette femme assise sur une haute cheminé, je n’ai pas pus résister. J’ai commençais à le feuilleter, encore debout devant les bac de la bibliothèque, j’ai eu envie d’en savoir plus !

Cette femme, qui habite un appartement d’un hôtel particulier meure page 7. L’héroïne de l’histoire c’est son fantôme qui ne se résout pas à quitter les lieux. Elle se balade d’appartement en appartement observant les habitants de cet immeuble et échangeant quelques mots avec le chat d’un de ses voisins. Elle s’amourache d’un voisin artiste et décide de devenir sa muse. Pendant ce temps là, d’autres appartement recèlent d’autres mystères bien plus étranges que le fantôme de cette femme suicidée.

Ce que j’en ai pensé :

Et bien, ma fois, je suis déçue. Le rendu graphique est très agréable à l’œil. Et suivre le fantôme de cette femme me semblait intéressant. Le problème c’est que trop de surréalisme tue le réalisme. Si je pouvait facilement croire au fantôme d’une femme ne voulant pas quitter le lieu de sa mort, cela devient difficile de croire à cette histoire quand un homme entre dans un miroir, un autre invite les personnages de romans à sa table et qu’une petite fille disparaît dans une pièce secrète et hanté. Alors que le dessin, le décors et même le caractère des personnages est très réaliste cette accumulation de fantastique fait disparate toute vraisemblance. Et, si on y crois pas, on ne s’attache pas. Par ailleurs je n’ai pas du tout aimé la conclusion que je trouve banal à souhait avec un amour triomphant à vous donner la nausée.

Cela reste pour autant agréable à lire et à voir. Mais aucune étincelle ne s’est allumé dans mon cœur à la lecture de cet album qui avait pourtant plus d’un atout. Je dois avouer, par ailleurs, que je ne suis pas fan des citations à foison qui donnent un air faussement intélo qui m’exaspère. Ici les citations, si elle sont bien choisies, mais elle sont trop nombreuses à mon goût.

Ce qu’en pensent les autres :

enfin, quelques autres, triés sur le volet 😉

Alors que j’ai trouvé que l’accumulation des fait fantastique nuisait à la vraisemblance de ce récit, Mo’ s’est laissé prendre au jeu et dit même que « l’équilibre entre réalité et surnaturel est parfaitement géré« .

Alors que je trouve l’abondance de citation agaçante, pour Yvan « les textes parsemés de références littéraires (Rimbaud, Pouchkine, Lewis Caroll, Baudelaire…) contribuent également à l’atmosphère poétique dégagé par l’album« .

Terminons sur quelques mots de Jérôme qui parle fort bien du dessin de Sorel : « Son art du cadrage et l’attention particulière donnée à la lumière fait de chaque planche un petit bijou de fluidité et d’équilibre.« 

Comme quoi, à chaque lecteur sa sensibilité, ce BD qui semble avoir beaucoup plus à mes camarades n’a su que partiellement me séduire. Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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L’homme qui marche

Dans ce manga, on accompagne un homme ordinaire lors de ses promenades, dans son quartier, avec son chien, sur le chemin de la bibliothèque… Taniguchi croque des scène du quotidien banal avec beaucoup de tendresse. Cette homme, d’âge mur, est attachant par son côté un peu enfantin : il grimpe aux arbres, saute sur un mur ou s’amuse à se faufiler dans une ruelle trop étroite. Le voir ainsi s’amuser d’un rien, nous rappelle que le bonheur tient à peu de chose et que c’est à nous de savoir le cueillir, tout les jour, même sur le chemin qui mène à la poste.

Dans le promeneur, on a plus de nostalgie, on s’attarde également plus longtemps sur les découverte que fait le promeneur. Ici le récit est plus décousu, un peu comme une succession de photo dans un album. L’accent est mis surtout sur le plaisir de l’instant, pas sur ce que la promenade nous évoque. Dans ce sens on peut dire qu’il a quelque chose de très zen : être dans l’instant présent, sans se perdre dans nos pensées.

Cependant le côté un peu trop décousu du manga fait qu’il est peut-être moins touchant que le promeneur ou encore Furari.

anime manga aggregator sama Sama It!

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Un ciel Radieux – Jirô Taniguchi

Kazuhiro, quarantenaire, rentre de l’usine tard dans la nuit. Takuya, 17 ans, se balade à moto. Un moment d’inattention et c’est le crash. Les deux hommes seront amené aux urgences dans un état très grave. Les deux sont dans le coma. L’âme de Kazuhiro n’est pas prête à partir. Il veut retourner auprès de sa femme et de sa fille. Mais alors qu’il reprend le chemin de l’incarnation, ce n’est pas son corps qu’il intégré mais celui du jeune Takuya. La jeunesse de Takuya et la volonté de Kazuhiro le feront se réveiller et miraculeusement récupérer. Mais une fois de retour à la vie, c’est une famille qu’il ne connais pas qui l’accueil. Sa femme et sa fille ont déjà incinéré son corps, mort au moment même où il réintégré le corps de Takuya.

Ainsi commence cette étrange histoire.

Comme dans beaucoup d’autres de ces autres albums, on peut reprocher à Taniguchi un dessin un peu trop uniforme. Heureusement pour nous, ici, les deux personnages ont un grand écart d’âge, il est donc facile de les distinguer. Si ces personnages se ressemblent toujours son dessin a quelque chose de beau, subtile et sobre qui fait du bien. C’est reposant et cela colle parfaitement avec cette histoire.

C’est l’originalité de l’histoire, qui nous parle ainsi de la mort et de se qu’elle implique pour celui qui part mais aussi pour ceux qui restent, qui m’a particulièrement touché. Elle n’est pas particulièrement travaillé. Avec un tel début on aurais pu imaginer plein de choses. Ici cela reste assez basique. Mais c’est touchant et assez bien construit.

Par son passage dans le corps de Takuya, Kazuhiro aura pu partir le cœur léger, sans amener de regret dans sa prochaine vie. Mais c’est aussi grâce à Kazuhiro que Takuya va changer son regard sur sa propre vie. Grâce à cette homme qui lui a emprunté son corps, c’est un nouveau Takuya qui va reprendre sa place.

Finalement, malgré un départ des plus intrigants, l’histoire est simple, et c’est bien en cela qu’elle est touchante. Un beau manga, un beau Taniguchi. Une lecture pour adolescent et adultes que l’on soit amateur de manga où pas.

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Furari, le cartographe qui marche

furari - vue de Edo

Avec Furari, on retrouve Taniguchi tel qu’on le connaît. Un homme marche et regarde autour de lui. Ici c’est un géomètre cartographe qui arpente les rues d’Edo. Il compte ses pas pour mesurer les distances et, chemin faisant, il observe les paysages, fait des rencontres, s’identifie aux animaux qu’il croise et tente de voir le monde à travers leurs yeux l’espace d’un instant.

Furari n’est pas une surprise, on y retrouve des thèmes que l’auteur traite ailleurs. Tout de suite on pense à Le Promeneur, qui, de façon différente nous montre les rues de la même ville, devenue depuis Tokyo. Les deux marchers, s’ils ne partagent pas la même époque, ni le même but, ont en commun la capacité de s’émerveiller des petits détails que le paysage urbain leur offre.

Furari signifie « au gré du vent », nous c’est au gré des pages qu’on découvre la ville d’Edo et le mode de vie de l’époque. Ce qui ajoute un plus pas inintéressant au lecteurs curieux de l’histoire japonaise. On y découvres des paysages qui rappellent les estampes Ukiyo-e et tout particulièrement celles de Hiroshige.

                 furari - le milan  Hiroshige-Utagawa-Sun

Dans le Milan dessiné par Taniguchi on reconnais tout de suite celui de Hiroshige (Cents Vue de Edo)

Plus loin on voit également des renards qui me rappellent une autre estampe de Hiroshige.

Autre pan de la culture japonaise que ce manga nous fait approcher : la poésie et plus particulièrement les haiku. Avec notre cartographe marcheur, nous faisons la connaissance d’un jeune poète du nom de Issa. Issa est un célèbre poète japonais (1763-1828). Ici Taniguchi le met en scène alors qu’il n’est pas encore connu. Les deux hommes parleront poésie, puis, ensemble ils s’interrogeront sur le mode de vie des poètes, qui eux aussi marchent, voyageant pour faire connaître leur art.

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Si la rencontre avec Issa est très intéressante, celle avec un vieux cerisier, une libellule, ou un pêcheur ne le sont pas moins. A chaque chapitre une nouvelle marche, une nouvelle rencontre.

Un manga comme Taniguchi sait les faire, tout en poésie, rempli de petits riens, un vrai plaisir à lire.

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Titre VO : ふらり

Auteur : Jirô Taniguchi

Éditeur VF : Casterman, collection écriture

Éditeur VO : Kôdansha

Prépublication : Morning

Année : 2010

Type : seinen

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River’s edge

C’est suite à un appel lancé sur la page facebook de Ma petite Médiathèque dans lequel je demandais quelques conseils concernant des lectures shôjo que j’ai lu River’s edge.

Quel est le rapport entre le shôjo et River’s edge ? A vraie dire il y en a aucun, ou presque. La conversation est passé du shôjo au josei et du josei à Okazaki Kyokô qu’on m’a présenté comme « la mère du josei ». Une mangaka a connaître.

Du coup, ben je suis allée voir ce qu’elle avait écrit, parmi ses titres, le résumé de celui-ci m’a intrigué et en plus, je l’ai trouvé d’occaz. Ni une, ni deux j’ai commandé et deux jours plus tard je faisait la connaissance de Okazaki Kyokô (enfin, de son travail).

Une fois le manga chez moi, en l’ajoutant à ma collection sur Manga News, j’ai découvert qu’il s’agit d’un seinen. J’ai cru un instant que pour mon objectif « découverte du manga pour femme » c’est raté, mais finalement c’est bien un josei qui a été intégré à la collection Seinen de l’éditeur français.

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Résumé :

3 adolescents qui n’ont rien en commun vont se retrouver réuni par un étrange secret : la découverte d’un cadavre sur les berges de la rivière derrière le lycée. Ces trois adolescents sont confronté à la dureté de la vie chacun d’une façon différente, chacun doit faire face à ses propres difficultés. La complicité que crée le partage de ce secret leur offre un moment de répit.

Ce que j’en pense :

Le dessin est pas joli, je dirais même plus, il est moche. Très simple, stylisé, peu soigné… Et j’avoie que ça m’a un peu rebouté quand on m’a parlé de cette mangaka. Mais on m’avait assuré que les histoires valent vraiment le coup, j’ai fait confiance et passé le cap de cette première impression négative. Et j’ai bien fait. Parce que c’est pas joli mais le style de Okazaki Kyokô se marie très bien avec le scénario de ce manga. A l’instar de son coup de crayon, les personnages sont des ados brouillons, pas fini et pas très jolis jolis.

Dans River’s edge pas d’héroïnes candides aux grands yeux brillants, mais des filles paumées qui couchent, qui fument, il y en a même qui vomissent après chaque repas.
Pas de jeunes lycéens courageux défendant de nobles valeurs de camaraderie non plus. Non, ici, il y a des garçons violents qui prennent plaisir à tabasser leur camarade et Yamada, le souffre douleur, qui reçoit des coups sans rien dire, un petit copain qui couche avec la meilleur amie de sa copine… Que du joli monde ! River’s edge nous décrit des jeunes dont le mal de vivre sonne sans doute plus vraie que ces romance où le courage et la perseverance l’importent toujours. Ici pas de nobles valeurs, pas de héros ou de héroïnes.

Dans le lycée que Okazaki nous décrit, on n’a pas vraiment envie d’y aller. Elle ne nous fait pas regretter notre jeunesse non-plus. En cela je la trouve juste. Car oui, l’adolescence c’est pas tout rose, c’est pas toujours facile et pour certains c’est carrément dur. Les personnage que la mangaka nous donne à voir sont plausibles. Ils sont mal dans leur peau, ils sont pressés de passer à autre chose, ils veulent être ailleurs.

River’s edge n’est pas pour autant un triste tableau noir. S’il nous montre des personnages en mal de vivre, il est aussi plein d’espoir car ces même personnages sont plus fort qu’il n’y parait et on sait qu’ils vont s’en sortir. Ils suffit de tenir bon, encore un peu, et de grandir.

Et au final, il ne reste rien de cette première impression que le dessin de Okazaki peut laisser au début, on fini même par l’aimer. D’ailleurs, chose étrange, le trait m’était familier, cela me faisait vaguement penser quelques chose que j’aurais déjà lu, mais je n’arrive pas à savoir de quoi il s’agit. En tout cas c’est le premier manga de Okazaki Kyokô que je lis. A la réflexion, l’ambiance de River’s edge me rappelle  Déviances de Tôme Kei, qui bien que moins violent, montre des ados tout aussi désabusé. Dans le dessin aussi on trouve quelque chose de similaire.

Petite anecdote : en cherchant des infos sur le net je suis tombé sur un film américain de 1986 qui s’intitule River’s edge et où il est question d’ados et d’un cadavre sur les rives d’une rivière. L’histoire du film n’a en elle même rien à voir avec celle de Okazaki, mais je trouve que cela fait beaucoup de coïncidences pour un simple hasard, non ?

 

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Titre VO : リバーズ・エッジ

Auteur : Okazaki Kyokô (岡崎京子)

Publication au Japon : Takarajimasha – 1994

Editeur Fr : Casterman, collection Sakka

one-shot

 

=> Carolus en parle aussi et c’est sur le Furum du Club Shôjo que ça se passe.


Vous avez des conseils, des suggestions ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou un message sur la page Facebook de Ma petite Médiathèque.

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Le journal de mon père

Ce manga était sur mon étagère depuis des mois. Presque un an. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, je ne me décidais pas à l’ouvrir. Comme si j’attendais le bon moment. Mais, quand est-ce le bon moment ? A force d’attendre, j’en avais presque oublié son existence.

C’est il ya quelques jours, à la suite d’une conversation sur la page Facebook de Ma petite Médiathèque à propos de Taniguchi, que l’envie m’est venue de lire Le journal de mon père, enfin !

Une fois la lecture commencé, je ne l’ai pas regretté. Si je devais avoir un regret, c’est d’avoir tant attendu.

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父の暦, (Chichi no koyomi)le jounal de mon père 2

Jirô Taniguchi (谷口 ジロー)

Shogakukan (1995)

Casterman (2007)

L’histoire :

Yoichi apprend la mort de son père et doit se rendre dans sa ville natale pour la veillé funèbre et les obsèques. N’étant pas retourné au pays natal depuis 15 ans, ce retour va faire resurgir en lui de nombreux souvenir. C’est à la veillé funèbre que, par la bouche de son oncle Daisuké, Yoichi va apprendre à connaître son père pour lequel il éprouvé une grande rancune depuis l’enfance, n’ayant jamais accepté le divorce de ses parents. Il découvrira des trait de caractère de son père qu’il n’avais jamais imaginé.

le journal de mon père 3

Ce que j’en ai pensé :

Pour ce qui est de la forme, je possède une superbe version cartonné. Et même si je préfère, en général lire les manga en sens de lecture original, faut avouer que c’est une belle édition que Casterman nous offre là. Quant au dessin, on reconnais au premier coup d’œil le trait caractéristique du maître, à la fois réaliste et stylisé. Simplifié au point que ses personnages semblent avoir tous un peu la même tête. Ce qui rend peut être l’ensemble un  peu trop impersonnel. D’ailleurs, quand la femme du protagoniste réapparaît au dernier chapitre, alors qu’on ne la voit pas depuis le chapitre 1, je ne l’ai pas reconnu. N’ayant pas retenu son nom, j’ai mis quelques pages à me rendre compte de l’identité de ce personnage qui semblait important.

Le dessin, tout comme l’ambiance me rappellent énormément Quartier lointain, le premier manga de Taniguchi que j’ai lu. Bien que ce dernier aie une dimension fantastique, complètement absente dans le journal de mon père, on y retrouve des thématiques similaires : le retour vers le pays natal et les relation père-fils avec les rancunes et les non-dit qui s’accumulent aux fil du temps.

Si le dessin de Taniguchi très épuré est agréable à l’œil, j’avoue avoir préféré ses dessins plus complexes, plus expressifs de son manga Le sommet des Dieux dont j’aurais aimé vous parler. N’ayant pas encore eu l’opportunité de finir la série, il faudra encore patienter un peu.

Mais revenons au journal de mon père !

le journal de mon père 4Le scénario est particulièrement réussi. Taniguchi a réussi à nous faire passer les émotions et les sentiments qu’éprouve Yoichi après une longue absence, le ressentiments qu’il éprouve pour son père depuis l’enfance, le traumatisme qu’a laissé en lui le divorce de ses parents… Toutes ces émotions, Taniguchi sait nous les raconter. Il sait aussi nous montrer le faussé qui sépare le ressenti d’un enfant et la réalité des adultes qui l’entourent. Peu à peu, en écoutant son oncle lui parler de se père qu’il connaissez si peu, Yoichi se rends compte que le ressentiment qu’il éprouvé pour son père durant toutes ces années, n’était pas justifié. Mais maintenant il est trop tard. Trop tard pour parler à son père, trop tard pour apprendre à le connaître, à le comprendre.

Le contexte est triste : on est à une veillé funèbre, les personnages se remémorent des moments douloureux du passé… Mais ce n’est jamais mélodramatique. Tout est exprimé avec tendresse et retenue. Et le ton est juste. En lisant ce manga j’ai pensé à ma propre histoire, à ma propre relation avec mes parents. Et bien que mon expérience soit très différente de celle vécue par Yoichi, j’ai pu m’identifier dans ses réaction d’enfant têtu et obstiné, dans sa rancune et dans son incompréhension. J’ai trouvé cette histoire très émouvante. Cet album était un cadeau de ma mère. Maintenant que je l’ai lu, j’aimerais lui prêter. J’espère que ça la touchera, comme j’ai été touchée.

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Prix du Jury Œcuménique de la BD (2001)

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Le promeneur

Manga de Jirô Taniguchi (dessin) et Masayuki Kusumi (scénario), publié par Casterman en 2008.

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Résumé :

Uenohara, employé dans une petite entreprise de Tokyo, aime se perdre et se promener dans les différents quartiers de Tokyo, laissant le hasard guider ses pas. Au fil de ses promenades improvisées il fait d’étonnantes petites découvertes : magasins insolites, rue à l’allure d’autre fois, de vieux amis, ou encore une excellente échoppe de ramen. Comme nous le dit M. Uenohara lui même :

« Même en marchant au hasard, je tombe toujours sur des endroits intéressants »

« l’idéal c’est de se promener avec nonchalence »

Chaque chapitre est une nouvelle promenade, une nouvelle découverte.

  • Première promenade : L’Ampoule Edison
  • Deuxième promenade : Les Socques de Shinagawa
  • Troisième promenade : Le Bouquiniste
  • Quatrième promenade : La Fête des hippies
  • Cinquième promenade : Les concombres amers au milieu de la nuit
  • Sixième promenade : Le Chien t la balle
  • Septième promenade : Le Quartier de l’Harmonica
  • Huitième promenade : Les Gâteaux de Mejiro

Avec une interview de Jirô Taniguchi qui conclu l’album.

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Mon avis :

Cet album est publié à la mode européenne : sens de lecture occidental, grand format, couverture cartonnée afin de séduire les amateur de BD qui ne se sont pas encore laisser tenter par le manga. Si j’aime les manga en format original, il faut dire que l’oeuvre de Taniguchi s’accommode très bien du format à l’occidental. On dit, d’ailleurs, de lui qu’il est le plus européen de mangaka. Chez Taniguchi par de sortie de case, de coupes transversales et autres mises en page fantaisistes communes dans les manga. Ici les cases sont bien ordonnées, le dessin et propre et « sage ». On ne trouve pas non plus onomatopée exagérée chez Taniguchi, mais un texte proprement installé dans les petites bulles. La mise en page rappelle celle des BD franco-belge, exception faite du dessin noir et blanc.

Côté graphisme, le dessin de Taniguchi est très propre, réaliste et agréable. Seule critique que je pourrais lui faire c’est que ses personnages se ressemblent tous un peu, ils ne sont pas assez identifiés. On a parfois l’impression de se retrouver face au même personnage, alors qu’il s’agit de 2 personnes différents, loin d’avoir le même age.

Côté scénario, ce manga est un hommage à la contemplation. On savoure avec plaisir les flânerie du héros. Le manque d’action ne rend pas cet album ennuyeux, loin de là. Cet univers contemplatif est bien loin des scénario explosif si répandu dans le manga et ça fait du bien, ça change. Ici on marche, assis sur notre fauteuil, dans les rue de Tokyo et on s’émerveille au côté du héros devant une simple paire de socque ou un vieux puits toujours en fonction.

Après avoir lu Le promeneur, on a envie d’aller se balader, « marcher au hasard » et se laisser séduire par le décor et les petit plaisir du quotidien. Je suis une grande marcheuse. Dès que les distances me le permettent, je ne me déplace que à pieds. Mais contrairement à M. Uenohara, je marche dans un but précis avec une destination et un temps défini, ce qui ne m’empêche pas de profiter du paysage. Mais, après avoir lu le promeneur, j’ai une autre image de la promenade sans but. Cet album me donne envie de sortir et marche, tout simplement .

Excellent album a mettre entre toutes les mains

Idéal pour s’initier à la lecture du manga

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