Archives du mot-clé Challenge Petit Bac

Riquette à la coque

Il était une fois une princesse moche, mais intelligente et un prince aussi beau que stupide. La bonne fée leur prédit un beau mariage, et chacun donnera son don à l’autre. Tout est prévu, mais… sans compter sur la princesse et le prince qui n’en feront qu’à leur tête.

Riquette à la coque

Je n’ai pas tout de suite fait le rapprochement avec le conte Riquet à la houppette, faut dire que la dernière fois que j’ai entendu ce conte, je ne devais pas avoir 10 ans ! Mais il y a une scène qui m’a de suite ramené au conte classique. Quand la terre s’ouvre pour montrer un magnifique banquet.

Ici, Daniel Hénon s’amuse à détourner le conte de Charles Perrault avec simplicité et beaucoup d’humour. Les dessins sont pétillants et pleins de vie.

Riquette n’est pas moche, dès le début elle nous parait comme une gamine pas jolie, mais pas laide non plus. Une jeune fille ordinaire, pleine d’esprit et de vie. Mimiko ne la trouvait pas moche du tout. « Mais pourquoi ils disent tous qu’elle est moche ? » N’arrêtait-elle pas de me demander. C’est vrai que le gros plan de la princesse devenue ado n’est vraiment pas flatteur, mais ce gros plan est le seul moment où on la trouve laide (il n’y a qu’à regarder la couverture, franchement elle n’est pas mignonne cette petite gamine ?). Quant au prince, est-il si stupide qu’il en a l’air ? Il ne dit jamais rien, difficile de savoir.

La morale de l’histoire c’est que vous n’êtes pas ce que les gens disent de vous, vous êtes vous-même et si vous acceptez cela alors vous pouvez être heureux.

Un très joli album, qu’on a pris plaisir à lire ensemble. Un conte moderne, plein de vie et d’humour. Avec un dessin agréable dont j’ai tout particulièrement aimé les couleurs.

sur le site de l’école des loisirs

⇒ sur Decitre ou Amazon


 challenge petit BAC 2018 chut les enfants lisent

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Grand méchant loup cherche remplaçant

Ingrid Chabbert et Sylvain Diez - Grand méchant loup cherche remplaçant.

Ingrid Chabbert et Sylvain Diez nous racontent le recrutement du nouveau grand méchant loup. Car oui, le grand méchant loup est fatigué, il veut partir à la retraite, mais il lui faut trouver un remplaçant. Il poste alors une petite annonce. Les candidats se succèdent, mais qui est trop lion, qui trop mouton, qui trop petit… le grand méchant loup écarte tous les candidats un à un. Mais il y en a bien un qui ne va pas s’avouer vaincu aussi facilement !

Un joli album, avec une histoire très simple et un texte très court, mais rigolo. Les dessins, comme le texte est minimaliste avec des formes très géométriques . J’ai aimé le contraste entre le réalisme des bâtiments et les animaux très stylisés. Même si je trouve ces derniers un peu trop stylisés.

À noter la qualité de l’album, avec une belle couverture rigide d’un beau bleu et un papier très épais.

Un album qui devrait plaire aux plus petits et qui va vite se lire et se relire.

⇒Paru chez Frimoüsse.

⇒ achetez sur Decitre ou Amazon

Ingrid Chabbert sur facebook

Sylvain Diez


challenge petit BAC 2018 challenge albums 2018

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Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert [Audiolivre]

Les voies du seigneur sont impénétrables. Et impénétrables sont les voies qui m’ont amené à lire ce livre. Car je dois vous avouer, je n’avais jamais entendu parler de ce titre, écrit par Elizabeth Gilbert en 2006 (et traduite en français en 2008) et adapté depuis au cinéma. Non, jamais. Pas avant ce mail qui me proposait de découvrir la version audio lue par Catherine Creux et disponible chez Audible.

Couverture de Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé

Quand, la première fois, j’ai lu le mail je n’y ai pas prêté grand attention. Pas un livre pour moi, ai-je pensé. Le titre suffisait à m’en persuader, et ce malgré un sous-titre alléchant : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé. (Je ne sais pas vous, mais rêver de changer de vie est ma seconde nature et ce quelques soit ma vie en question). Puis, j’ai fini par le rouvrir.

Allez, ça coûte rien d’essayer. N’as-tu pas envie de retenter l’expérience de l’audiolivre ? Tester audible avec autre chose qu’un roman ça peut être intéressant, tu ne crois pas ? J’ai fini par me convaincre moi-même et, non sans appréhension, j’ai répondu à ce mail.

Me voilà donc embarqué dans cette expérience de vie, celle de Liz (Elizabeth Gilbert), une auteur dont je ne savais rien si ce n’est qu’elle est américaine. Avec ce livre, elle nous invite à partager un an de sa vie, dans les détails les plus intimes de sa réflexion personnelle. Un an pendant lequel elle va partir en quête d’elle-même dans une sorte de voyage initiatique post-moderne en trois étapes qui la conduira tout d’abord à Rome, puis dans un ashram yoguique en Inde et enfin auprès d’un sorcier balinais.

Je me réjouissais de commencer ce voyage par l’Italie et les plaisirs de sa cuisine. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises ! Alors que je partais en terrain conquis, que la familiarité que m’inspirent l’Italie, ses plats de pâtes et ses pizzas me rassurait, de cette première étape du voyage je n’ai retenu qu’un agacement inexplicable. Tout m’a agacé. Tout ! J’étais tellement agacée que je m’en prenais même à la lectrice dont le ton m’exaspérait. J’étais tellement agacée que j’ai fini par me demander pourquoi ce récit me mettait dans un tel état. Il n’y avait, objectivement, pas de quoi être si énervée. Cette colère je la connais, je ne la connais que trop bien. C’est là que j’ai commencé à me dire que ce n’était peut-être pas un hasard que je me retrouve avec ce livre entre les mains. À chaque révolte, je me suis interrogée sur mes propres sentiments et, clopin-clopant, je suis venue à bout de la première étape du voyage.

Je m’attendais à détester la seconde étape du voyage. Mais, là encore, j’allais être surprise. Après cette première étape assez douloureuse (au sens où j’ai du me force à continuer l’écoute), j’ai traversé la seconde partie dans un tout autre état d’esprit. Après seulement un chapitre ou deux, je me suis rendue compte que même la voix de la conteuse, qui n’a pas changé, ne m’agaçait plus du tout. Je me suis même amusée d’avoir éprouvé de tels sentiments. Et étrangement, j’éprouvais de la joie à écouter les récits des prières dans l’ashram indien. Bon, ça ne me donne pas du tout envie d’aller en Inde pour me lever à 3 heures du matin et méditer toute la journée, mais au-delà du yoga et de la forme que prend la recherche de spiritualité chez Liz, j’ai aimé sa réflexion sur elle-même et sur son besoin de trouver Dieu. Une réflexion dans laquelle finalement je me retrouve et qui peut parler à beaucoup de gens d’horizons et de croyances divers. Cela m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai trouvé cette deuxième étape très apaisante. Le voyage en Inde m’a mis de bonne humeur, dans de bonnes dispositions.

Qu’en est-il de la dernière étape du voyage et du livre ? Bali. Cette dernière partie du récit m’a peut-être moins fait réfléchir que la seconde, mais je l’ai trouvée agréable et amusante. Je l’ai plus vécu comme s’il s’agissait d’un roman, d’une aventure et non pas d’une étape initiatique réelle. Cette dernière partie m’a semblé plus romancée, peut-être moins introspective. C’est l’étape de l’ouverture aux autres, de l’amour retrouvé et ça fait peut-être un peu roman à l’eau de rose, mais, finalement, je trouve qu’Elizabeth Gilbert écrit bien et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer pour elle.

Je ne regrette pas d’avoir découvert ce livre, loin de là ! Il a même eu sur moi un effet auquel je ne m’attendais pas du tout et qui, je pense, va se ressentir sur la durée. Cela ne va peut-être pas changer ma vie, mais ça a fait bouger des choses en moi, ouvert des portes. Je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert et je m’excuse d’avoir tant pesté contre Catherine Creux  durant la première partie du livre, cela ne tient pas du tout à sa performance que j’ai trouvé très bonne, finalement.

Mange, prie, aime lu par Catherine Creux


challenge petit BAC 2018 Challenge Il Viaggio : on repart?!!!

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Mazzeru – Jules Stromboni

La couverture de cet imposant album a tout de suite attiré mon attention lors de mon dernier passage à la bibliothèque. Deux yeux m’observent, est-ce de la stupeur ? De la peur ? Les yeux d’un prédateur ou d’une proie ?

Mazzeru

En feuilletant l’album, j’ai été tout de suite séduite par le dessin, mais j’étais surprise par la façon dont se structure le récit. J’étais curieuse, mais en même temps un peu sceptique. Cet album allait-il me plaire ou était-il trop « intello » pour moi ?

Finalement, je me suis laissée tenter, puisque je l’ai emprunté à la bibliothèque ça ne me coûte rien d’essayer 😉 Et j’ai bien fait ! Cet album est sublime.

L’histoire s’ouvre avec un jeune garçon qui doit aider son père et son frère à la ferme. Il ne semble pas du tout apprécier cette situation et faut dire que les hommes de la famille ne sont vraiment pas tendres avec le petit dernier. Il ne rêve que de partir.

Mais au village il y a la belle Chilina. Il aime la regarder discrètement. Elle est belle, elle est douce. Elle vit seule avec son père.

L’ambiance est lourde. Tout est lourd dans la vie de ces enfants qui quittent douloureusement une enfance qui n’était déjà pas douce. Les regards au village sont lourds de sous-entendus, la famille est lourde à porter, cruelle même. Et puis il y a les légendes, le pouvoir du mazzeru qui dans ses songes prédit la mort.

Au début, j’étais un peu déstabilisée. Cet album n’a rien d’une bande dessinée au sens classique du terme. S’il y a bien des cases, pas l’ombre d’une bulle à l’horizon. Pas de dialogues non plus. Des textes, sont inséré ci et là, et s’apparente plus à de la poésie qu’à de la narration. Et ils expriment plus les pensées intérieures de l’un des personnages qu’ils ne racontent l’histoire. Au début, j’étais un peu perdue, mais très vite j’ai été happé par l’histoire qui est très lisible malgré cette narration inhabituelle.

Mais cet album est si particulier que je peine à trouver les bons mots pour vous donner envie de le lire. C’est beau, très beau. C’est poétique, c’est triste, c’est cruel. C’est corse. Cela fait peut-être cliché, mais c’est vraiment corse. On y sent pleinement cette culture et ce n’est pas exotique, c’est plutôt effrayant. Je ne connais pas bien cette culture, je dirais même que je ne connais que les chants corses que j’affectionne tout particulièrement. Je n’ai jamais vu la Corse en vrai, mais j’ai ressenti dans cet album tout ce que j’ai pu entendre ou lire sur la Corse. La rudesse de ses campagnes, la dureté de ses gens, mais aussi une poésie presque sauvage. Et tant pis si ça fait cliché de le dire, c’est vraiment le sentiment que j’ai éprouvé en lisant cet album.

Cela m’a également fait penser à de vieux films sardes que j’avais vus, la même vie rurale lourde et pas tendre avec les enfants qui doivent, tout comme les adultes, travailler dur.

sur le site de Casterman

Jules Stromboni sur tumblr

→ à lire aussi l’avis de hubris & libris


 challenge petit BAC 2018

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Calpurnia [bande dessinée]

C’est par une fin d’après-midi, douce et agréable, à l’ombre d’un prunier, que j’ai enfin pris le temps de lire et apprécier le premier tome de Calpurnia, une bande dessinée de Dalphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) sorti récemment chez Rue de Sèvres.

Le cadre bucolique de mon jardin offrait l’écrin idéal pour une lecture très… naturaliste !

Calpurnia est une jeune fille de 13 qui vit au Texas avec sa famille. Une famille bourgeoise du XIX. Le père possède une petite plantation, le grand-père passe ses journées dans son laboratoire au fond du jardin, la mère mène à la baguette cette maison que Calpurnia partage avec ses 6 frères. 6 frères !! Un cadre qui, au grand dam de la mère, ne favorise pas la féminité de sa fille. Si sa mère rêve de faire de Calpurnia une jeune fille bien élevée, jouant du piano et ayant une conduite impeccable, Calpurnia préfère de loin gambader dans la forêt et observer les animaux. Calpurnia veut devenir naturaliste.

Tout commence comme un jeu, quand le grand frère adoré offre à Calpurnia un beau cahier pour jouer à l’apprenti naturaliste. La jeune fille se prend au jeu et chaque jour y note ses observations, mais un jour, une question l’obsède, pourquoi y a-t-il de plus en plus de sauterelles jaunes et de moins en moins de vertes ? Pour trouver une réponse, Calpurnia se tourne vers cet étrange grand-père qui l’impressionne et la rencontre entre les deux se fait enfin. Calpurnia découvre un grand-père érudit qui aime partager son savoir. Le grand-père découvre que Calpurnia a un sens de l’observation aiguisé et une véritable envie d’apprendre. À partir de ce moment, les deux vont passer de plus en plus de temps ensemble à observer la nature.

Entre un papillon et une fleur, notre apprentie naturaliste nous raconte, un peu à la façon d’un journal, sa vie de famille. Les béguins de ses frères, les villes histoires du grand-père, l’école… C’est par petites touches que l’on découvre la vie de la jeune fille et celle de la bourgeoisie rurale du Texas de l’époque.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est à la fois légère et intelligente. Calpurnia est une jeune fille très attachante, curieuse et forte, loin de se contenter d’un avenir de potiche que pourrait lui réserver sa condition de fille, elle a des rêves. Elle veut devenir naturaliste, et s’intéresse aux sciences bien plus qu’à la mode. Et dans sa soif de savoir, elle trouve des alliés. Dans sa famille, hormis peut-être la mère qui aimerait qu’elle soit plus sage, personne ne semble s’offusquer de l’ambition de la jeune fille. Le grand-père décide même de nourrir sa curiosité en l’amenant avec lui lors de ses sessions d’observation.

Les voir observer la nature donne d’ailleurs envie de les imiter. Ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai aussi ce penchant que j’ai trouvé cet aspect du livre très agréable ? Quoi qu’il en soit, j’ai trouvais ça plaisant d’observer une héroïne qui aime les insectes.

Mais il n’y a pas que le naturalisme dans la vie de Calpurnia, les petites anecdotes de familles sont aussi touchantes et amusantes. J’ai beaucoup aimé l’histoire du grand-père et de la chauve-souri.

Le dessin, noir blanc et sépia, rappelle un peu l’ambiance des vieux albums photo, nous ramenant en un clin d’œil à l’époque du récit. Le récit s’articule comme un journal intime et nous feuilletons cet album comme si nous avions entre les mains le cahier de Calpurnia, nous y trouvons les cases traditionnelles de la bande dessinée, mais aussi les descriptions et les croquis qu’aurait fait la jeune fille. Le tout est bien dosé et rend la lecture agréable et ludique.

Une très jolie bande dessinée, un album épais qui ne nous laisse pas sur notre faim, mais qui donne quand même envie de lire la suite, de retrouver Calpurnia et ses observations naturalistes.

L’album m’a également donné envie de découvrir le roman. J’ai hâte de voir ce que Mimiko va penser de cette bande dessinée.

Calpurnia, tome 1 sur le site Rue de Sèvres

le roman publié chez l’école des loisirs

le site de Daphné Collignon


Challenge un max de BD en 2018 challenge petit BAC 2018

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Microcosme – Manu Larcenet

Nous avions rapporté cette petite BD d’Angoulême il y a quelques années et puis je l’ai un peu oublié sur une étagère. Ce n’est que récemment, quand j’ai chamboulé toutes mes étagères que je suis tombé dessus et j’ai enfin pris le temps de la lire.

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La première impression qui nous avait poussés à acheter l’album s’est confirmée. C’est délicieusement cynique.

Dans cette étrange bd, il n’y a que des taches. Des Jean-Jacques et des Brigitte. À chaque page sa saynète. Leur univers est morbide. Il n’y a que cancer, pollution et post-apocalypse nucléaire, sans oublier une bonne dose d’obsédés sexuels. Un bien triste avenir que nous prédit Manu Larcenet !

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Si vous aimez le politiquement correct, cette bd n’est pas pour vous. Moi, elle me fait beaucoup rire.

sur le site des éditions Les rêveurs

Manu Larcenet sur facebook


 challenge petit BAC 2018

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Chère Ijeawele, ou le manifeste pour une éducation féministe

Je flânais au rayon socio de la bibliothèque, quand je suis tombée sur ce tout petit livre : Chère Ijeawere ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie, publié chez Galimard. J’avoue ne pas connaitre l’auteur, mais le sujet du féminisme m’intéresse et le rayon ne contenait, sur le sujet, que peu de livres avenants. J’ai donc décidé de l’emprunter, histoire de.

Couverture Chère Ijeawele, : Un manifeste pour une éducation féministe

Je l’avais presque oublié quand ce matin en préparant ma prochaine visite à la bibliothèque je l’ai vu et ai commencé à lire la première page. Je ne l’ai quitté qu’en refermant la dernière page (ce qui, vu la taille du livre, ne m’a pas pris trop longtemps).

Ce que nous dit Chimamanda Ngozi Adichie ici, est une évidence, mais des ces évidences qu’on a besoin d’entendre tout haut. Chiamamanda Ngozi Adichie est nigériane et s’adresse, dans ce manifeste, à l’une de ses amies nigériane, qui vient de mettre au monde une petite fille. Bien qu’attaché à sa culture et à son contexte, ce texte n’en reste pas moins très universel.

J’ai trouvé ce court manifeste très intéressant et facile à lire. J’ai tout particulièrement été sensible à la question des projections que la société fait en fonction du genre de l’enfant et que nous faisons tous, plus ou moins, malgré tout parce que nous avons été éduqués comme ça et que c’est devenu presque un réflexe. Sortir de ces projections demande un vrai travail actif sur ces réflexes. Adichie met aussi l’accent sur l’importance des mots. Il faut faire attention aux mots qu’on utilise, car, au-delà du sens propre, ils sont chargés de connotations culturelles, comme le sentiment de honte qui, par exemple, accompagne presque immanquablement le sujet de la sexualité féminine. Pourquoi parle-t-on toujours à voix basse des menstruations ?

Un texte court et salutaire que je conseille à tous les parents soucieux de donner une éducation féministe à leur enfant (mais aussi aux enseignants et à tous les autres, qu’il soit éducateur ou non). Et par féministe j’entends ce que le mot veut dire et non pas toutes les connotations négatives qui l’accompagnent (malheureusement encore aujourd’hui).

Féminisme nom masculin (du latin femina → femme ; mot créé par Fourier)
■ Doctrine qui préconise l’égalité entre l’homme et la femme, et l’extension du rôle de la femme dans la société.
(source : Le Robert illustré)

Chiamamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane, née en 1977. Un nom que je vais tâcher de retenir !

bibliographie de Chiamamanda Ngozi Adichie chez Galimard

Pour terminer, je vous propose une petite vidéo :

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2 aventures à travers les Etats Unis [roman jeunesse]

Aujourd’hui, je vous amène en voyage. Nous partons aux États-Unis avec non une, mais deux traversées extraordinaires du pays. D’Est en Ouest, du Sud au Nord. De la fin XIX au début XX, ces deux romans jeunesse nous font voyager.

Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn – Davide Morosinotto

Du bayou de la Louisiane aux immeubles de Chicago, dans ce roman nous suivons les incroyables aventures d’une bande de 4 enfants.

Tout commence dans le Sud, dans une petite ville dans le bayou en Louisiane. Nous sommes au début des années 1900 et là-bas on parle encore le français. 4 enfants aussi différents qu’inséparables profitent du bayou pour jouer et échapper à la vigilance de leurs parents. Il y a P’tit Trois, le troisième d’une famille de garçons élevés par une mère seule qui rêve d’aventure. Eddie, le fils du docteur, le plus grand, mais aussi le plus anxieux qui s’en remet volontiers à l’autorité de son camarade.  Puis il y a Joju, la belle Julie et son petit frère Min. Elle est blanche, il est noir. Leur mère vit dans une extrême pauvreté et Julie ne rêve que de partir et laisser derrière elle cette vie dure et d’amener son petit frère loin d’ici. Min est le petit dernier, plus jeune que les autres, il suit sa sœur partout. Il est étrange, différent. Il ne parle jamais, ce n’est pas parce qu’il ne sait pas parler, mais il n’éprouve pas le besoin de parler. Ce qu’il aime, c’est compter. Et rester près de sa sœur qui est toujours là pour le protéger et prendre soin de lui.

Un jour, alors qu’ils pêchent dans les marais, les enfants tombent sur trois pièces. Plus d’argent qu’ils n’auraient pu en rêver. Après de longues négociations, ils décident enfin de commander un objet dans le célèbre catalogue Walker & Dawn. Et c’est là que leur vie va prendre une toute nouvelle direction. En recevant le mauvais colis, ils décident de partir au siège du célèbre catalogue pour empocher une petite somme d’argent. En partant sur leur pirogue, ils sont loin de se douter ce que leur réservera cette longue traversée des États-Unis. Partis un peu comme ça sur un coup de tête, plus effrayé par ce qui les attend à la maison que par l’aventure. Ils découvriront les grandes villes, les bateaux à vapeur, tomberont sur des voyous, seront aidés par des vagabonds, des journalistes, croiseront des gens bien, des gens peu recommandables, de vils tortionnaires, mais jamais ils ne baisseront les bras. Ils se feront avoir, ils se feront aider. Leur amitié deviendra de plus en plus forte.

Voilà un roman comme je les aime ! De l’aventure, du voyage, des personnages savoureux et attachants, un texte simple, mais pas simpliste, de la vie, beaucoup de vie. Davide Morosinotto s’amuse à faire vivre ses personnages, ce n’est pas un roman prise de tête, il n’a rien à nous apprendre, on est là pour s’évader, pour prendre du plaisir à lire, à rêver et c’est réussi. Franchement réussi. C’est très agréable à lire, les pages s’enchaînent sans qu’on s’en aperçoive, on est pris dans l’histoire, on veut savoir ce qui va se passer, comment nos héros se sortiront de telle ou telle situation…

Ce que j’ai beaucoup aimé, outre le côté aventure très ludique du livre, c’est sa mise en page, il y a beaucoup d’illustrations dans style gravure d’époque rappelant les vieux romans d’aventure, mais aussi des fausses coupures de presse , des pages du fameux catalogue qui donne un aspect vraisemblable et réaliste à l’histoire. On plonge dans ce livre comme dans un film et on voit les images défiler devant nos yeux. Le style est aussi très vivant, rythmé, agréable et pas prise de tête. Avec une particularité qui m’a beaucoup plus. Le livre est divisé en plusieurs parties, différentes étapes du voyage, et chaque étape est racontée à la première personne par l’un des héros qui nous donne sa vision subjective de ce qu’il observe, de la façon dont lui vit cette aventure. J’ai trouvé ce jeu de narration très sympa, il contribue à rendre les personnages encore plus attachants, car on les découvre tour à tour à travers leur propre regard, mais aussi celui de leurs camarades.

C’est vraiment une très belle lecture, un coup de cœur

On est dans la lecture ludique et ça fait du bien. On s’amuse, c’est bien fait, c’est bien écrit, c’est superbement mis en page. Une belle aventure. Pour un premier roman, c’est très prometteur.

⇒ à lire aussi l’ avis de Mo’

sur le site l’école des loisirs

⇒ sur Decitre, Amazon

 


Couverture La longue marche des dindesAvec La longue marche des dindes de Kathleen Kaar, on est vraiment dans l’Amérique, non seulement dans le décor, le sujet et l’écriture ont quelque chose de typiquement américain. Je ne serais pas trop expliquer pourquoi, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti dans cette lecture. Simon est un jeune homme de 15 ans un peu lent. Il est gentil et honnête, mais l’école ce n’est pas son fort. Sa maîtresse finit par lui donner son diplôme, non pas parce qu’il le mérite, mais parce qu’à 15 ans on ne peut plus rester à l’école primaire.

Lent peut-être, mais courageux, volontaire et imaginatif. Simon décide de prendre son envol et de créer son entreprise : acheter mille dindes et les amener à Denver où elles se vendront bien plus cher que dans son Missouri natal. Pour cela, il embauchera un muletier alcoolique, puis chemin faisant il trouvera de nouveaux associés.

Le cœur bon triomphe toujours de la méchanceté et malgré sa « cervelle de paon », Simon saura mener à bien son entreprise et se faire des amis, des vrais.

C’est sans doute en cela que j’ai trouvé ce roman profondément américain. Cet éloge de la bonté plus que de l’intelligence est une thématique que j’ai souvent retrouvée dans les romans et les films américains. Chez nous, dans le vieux continent, on accorde peut-être plus d’importance à l’intelligence qu’à la bonté. C’est d’ailleurs assez frappant en lisant ces deux romans d’aventures au contexte similaire (Les États-Unis de la fin XIX début XX) l’un après l’autre. Dans le premier roman que j’ai présenté, écrit par un Italien, les héros sont espiègles et pas toujours très honnêtes et c’est aussi grâce à leur malice qu’ils s’en sortent. Alors qu’avec La Longue marche des dindes, écrit par une Américaine, c’est la gentillesse et la bonté du héros, on ne peut plus honnête, qui lui permettent de triompher. Deux aventures, deux épopées à travers l’Amérique, mais pas vraiment la même morale.

Si j’ai plutôt un penchant pour l’espièglerie des 4 enfants du Célèbre Catalogue Walker & Dawn, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire La longue marche des dindes. Un roman plus classique, mais bien écrit. C’est vivant, c’est rythmé, les personnages sont attachants. Et si le roman manque d’originalité dans sa substance ou dans sa morale, il n’en reste pas moins plaisant. Quand à l’aventure que vivent les personnages, elle, elle n’est pas ordinaire !

sur le site de l’école des loisirs

⇒ acheter sur Decitre, Amazon


Le mot de la fin : deux bons romans pour s’évader sans prise de tête.

Dépaysement garanti.


chut les enfants lisent

 

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Challenges 2018 – bilan du 1er trimestre

Le premier trimestre 2018 s’achève, le temps est venu de voir où j’en suis des divers challenges dans lesquels je me suis lancée. Et cette année j’ai été encore plus gourmande en challenge que d’habitude !

(cliquez sur les logo pour voir les articles de présentation)


Les challenges annuels

challenge petit BAC 2018

On joue au petit bac avec les titres de livres, 10 catégories plus un bonus :

Il ne me manque plus que un titre à mot unique et le bonus pour finir la première ligne. La deuxième est déjà bien commencée 3 mots trouvés 🙂


challenge Amérique Latine

Partir à la découverte de la culture latino-américaine  avec le challenge Amérique du Sud/Amérique latine :

Musique :
Cuisine :

BD :

 


Des livres en cuisine

Allier la littérature et les plaisir de bouche :


  je (re)lis des classiques


challenge albums 2018

Lire et chroniquer au moins 20 albums illustrés avant le 31 décembre

en janvier :
en février :
en mars :


Challenge un max de BD en 2018

50 catégories, un livre pour chacune d’entre elle

  1. Où il pleut
  2. Avec des animaux qui parlent : Alvin
  3. En couleur
  4. En noir et blanc + une couleur
  5. Avec des personnages LGBTQ+ : Les Cent Nuits de Héro
  6. Qu’une connaissance a adoré
  7. Qui a (eu) mauvaise presse
  8. Où on ignore le genre d’un des personnages
  9. Dont le scénariste et le dessinateur sont de deux nationalités différentes
  10. Fantastique
  11. De science-fiction
  12. Explicative/documentaire
  13. Dont on possède un objet dérivé
  14. Adapté d’une autre œuvre (film, peinture, roman, etc) : Baker Street
  15. Qui parle de fantômes
  16. De sorcières
  17. De vampires
  18. Qu’on a reçu en cadeau
  19. Dont la couverture est majoritairement verte : Vies volées Buenos Aires Place de Mai
  20. Loué à la bibliothèque : L’Ultime Défi de Sherlock Holmes
  21. Emprunté (mais pas à la bibliothèque)
  22. Dans une autre langue que le français
  23. Auto-éditée
  24. Qui demande une interaction autre que la lecture
  25. Dévorée d’une traite
  26. Qu’on a mis plus de trois jours à finir
  27. Avec des héros enfants (- de 12 ans) : Les Quatre de Baker Street
  28. Sans texte
  29. Au contenu adulte
  30. Qui aborde le handicap
  31. Qu’une connaissance n’a pas aimé du tout
  32. Qu’on a acheté/loué après la lecture d’une critique sur un blog
  33. Qu’on voulait lire depuis très longtemps (plus de 2 ans) : L’homme montagne
  34. Sortie depuis moins d’un mois : Darnand le bourreau français 1/3
  35. Adaptée d’un blog
  36. Éditée grâce à un crowdfunding
  37. Historique
  38. Achetée lors d’un salon
  39. Dont on a rencontré l’auteur
  40. Un one-shot : Je suis un autre
  41. Qui est la première BD de l’auteur
  42. Qu’on aimerait faire lire au monde entier
  43. Qui nous a fait pleurer
  44. Qui nous a déçu
  45. Qui aborde une cause importante à nos yeux
  46. Qui a été éditée avant notre naissance
  47. Choisie au pif
  48. Sélectionnée par son libraire
  49. Le dernier tome d’une série
  50. Au contenu scientifique

British mysteries 2016_2.jpg

Atmosphère thriller et/ou fantastique so british

roman
BD/manga
Musique

challenge WWI

Projecteurs sur la première guerre mondiale :


voisins voisines 2018

Je me suis inscrite un peu en retard mais j’avais déjà quelques billet à proposer 🙂

Norvège : Le bonhomme de Niege

Irlande : Mon père est parti à la guerre

Suède : On se revoit quand ?


Les mois à thème

Février

explorer l’histoire Afro-américaine au mois de février

Cuisine
Art

BD

Mars

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air

(re)découvrir les contes d’ici de d’ailleurs

J’ai déjà posté un récap de toutes les participations dans ce billet de clôture. voici les billet que j’ai proposé moi-même :

 

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Ces jours qui disparaissent

Lubin est un jeune homme plein de vie, acrobate et caissier dans une supérette pour arrondir les fins de mois, beau et jovial, il est entouré d’une belle bande d’amis avec qui il partage sa passion du cirque. Mais un jour, en se rendant au travail, il se rends compte qu’il a zappé une journée toute entière. Il met cela sur le compte d’une mauvaise chute, sans doute a-t-il dormi plus de 24 heures. Mais le surlendemain l’incident se reproduit. Très vite Lubin se rend compte qu’une autre personnalité prend possession de son corps un jour sur deux.

Au début les deux personnalités cherchent à coexister, se laissent des messages vidéos, mais leurs personnalités sont si différentes que le clash fini par arriver et la communication est interrompue. L’une des personnalités prend le pas sur l’autre. Mais qui parasite qui ?

Comment ne pas aimer le Lubin que l’on rencontre au début de l’album, n’est-il pas magnifique sur scène, et ce sourire chaleureux, cette vitalité… On ne peut que se prendre d’affection pour lui et pour ses amis. On peut qu’éprouver de la tristesse et de la colère de le voir peu à peu disparaître. La première moitié de l’album m’a beaucoup touchée. Puis au fur et à mesure que la première personnalité s’éface, que ses apparitions se font de plus en plus rares, mon empathie à son égard se faisait aussi moins forte. Étais-je en colère de le voir se laisser dominer par l’autre ? Lui en voulais-je de ne pas se battre d’avantage ? Connaissant mon caractère cela serait tout à fait possible.

Mais en vérité j’ai trouvé dommage de n’avoir qu’un son de cloche. Le Lubin qu’on nous présente, on ne peut que l’aimer, mais qu’en est-il de l’autre. Ses amis le décrivent comme un con, mais l’est-il vraiment ? Pourquoi son existence serait-elle moins légitime ? Le fait de nous présenter qu’une seule personnalité rend les choses trop faciles, c’est lui qu’on aime, c’est lui que l’on veut voir rempoter le combat, c’est pour lui qu’on pleure. Mais j’aurais trouvé cela beaucoup plus intéressant de nous faire aimer les deux Lubin et de rendre le choix impossible au lecteur.

Ceci dit, comme me l’a justement fait remarquer Yomu-chan, ce qui rend le récit particulièrement poignant c’est qu’on vit l’histoire à travers le regard du personnage, on n’a pas de regard omniscient sur l’histoire. On ne voit ce qu’il voit lui-même. Si dans un premiers temps j’ai parlé d’empathie, comme elle me l’a fait remarquer ce mécanisme narratif permet aussi de créer une plus grande tension dans le récit et de mieux nous faire vivre l’angoisse ressentie par le personnage qui voit sa vie défiler sans avoir aucune prise sur elle.

Finalement j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, surtout des deux premiers tiers. Les personnages sont riches et touchant, c’est vivant, rythmé. On a envie de savoir. Si j’ai moins accroché à la dernière partie, que j’ai moins été touchée ou convaincue par celle-ci c’est peut-être aussi du au fait que j’ai fait une pause avant de lire la fin. J’ai ainsi eu le temps de fantasmer une suite et d’être déçue par celle qui nous est proposée.

Côté dessin  j’ai également été séduite, le trait est fin, les visages sont expressifs, les couleurs sont douces

Je remercie PriceMinister-Rakuten pour m’avoir fait découvrir cette bande-dessinée dans le cadre de leur opération la bd fait son festival. 

Et puisqu’on me demandait d’attribuer une note, je donnerais un 16/20 (ce qui de ma part est une très bonne note)

Ces jours qui disparaissent sur PriceMinister

sur le site de l’éditeur

Timothé Le Boucher sur le site de Glénat, sur facebook

Lecture commune partagée avec Enna

⇒ à lire aussi les avis de Mo’, Moka, Jérôme, Yvan, le petit carré jaune, noukette


 challenge petit bac

 

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