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La suite de Shanghai, tome 2 : Les terres du mal [roman]

J’ai découvert Bruno Birolli grâce à son livre Ishiwara : l’homme qui déclencha la guerre. Le livre m’avait fait forte impression. C’est un essai historique qui se lit comme un roman. Alors quand l’auteur s’est essayé au roman historique j’ai tout de suite voulu le lire. C’est ainsi que j’ai découvert la Suite de Shanghai et son premier tome : Le music-hall des espions dont je vous ai déjà parlé ici.

Aujourd’hui, je reviens avec le second volet de cette suite : Les Terres du mal.

Shanghai, les années 1930. La ville est à un tournant de son histoire, de l’histoire de la Chine tout entière. Sous les néons et le fard de la ville, espions et contre espions se livrent bataille. Les communistes qui s’opposent au gouvernement de Tchang Kaï-chek. Les Japonais étendent insidieusement leur emprise. Les Occidentaux s’accrochent désespérément à un passé révolu et tentent de préserver les privilèges de leurs concessions. Et au milieu de tout cela, on retrouve René Desfossés, retourné à la vie civile, et Swindon, l’espion britannique qui joue au chat et à la souris avec un mystérieux indicateur communiste, surnommé Hannah par les services secrets.

Meurtres, filatures et glamour dans une ville foisonnante, décrite avec passion. C’est peut-être la ville elle-même le véritable personnage principal de cette série. Les hommes et les femmes n’y sont que des figurants qui se débattent avec elle.

Ce n’est pas pour autant que le roman manque de personnages ! Ils y sont nombreux et variés. Avec de Desfossés, on découvre le monde du cinéma, tandis que Swindon mène un groupe d’espions composé à la fois d’agents britanniques et chinois. Leurs ennemis sont aussi intéressants.

J’ai apprécié le personnage de Swindon, très énigmatique, so british, il ne se dévoile jamais vraiment. Desfossés m’a moins séduite, je ne me suis pas vraiment attaché à lui, mais c’est amusant de le voir comme fil conducteur de l’intrigue malgré lui. Toujours un peu dépassé par les événements.

Toutefois, l’aspect le plus intéressant de la série, ce sont les descriptions de la ville, à la fois poétiques et très détaillées. On est vraiment immergé dans l’ambiance de l’époque. Une ville en transition, bouillonnante et très riche, où l’on croise des gens venus du monde entier. Une ville qui ne sait pas encore ce qui l’attend, à un tournant de l’histoire qui lui sera fatal.

Je regrette que le livre ne soit pas accompagné de quelques clichés d’époque, cela aurait apporté un petit plus intéressant au livre. Heureusement, on peut trouver beaucoup de photos sur la page facebook du livre. Sont aussi à déplorer quelques coquilles, un travail de correction peut-être un peu bâclé. Mais qui ne gâchent en rien le plaisir de la lecture et de la découverte de ce Shanghai des années 30.

La suite de Shanghai sur le site des éditions TohuBohu

⇒ Bruno Birolli (facebook, twitter)

Les Terres du mal sur Amazon ou chez votre libraire préféré

4 questions à Bruno Birolli

Vous avez écrit deux essais historiques : Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre, et Port Arthur 8 février 1904. Pour votre premier roman, vous avez choisi le Shanghai des années 30. D’où vous vient cette passion pour cette période de l’histoire sino-japonaise ?

Il y a deux raisons. La première est que l’on écrit sur ce que l’on connaît et comme j’ai passé toute ma vie d’adulte en Asie comme journaliste, je connais mieux cette partie du monde et je reste très curieux de son histoire. Il y en a une plus ancienne, j’ai été très tôt fasciné par l’Entre-deux-guerres. Pendant cette période très courte, l’Histoire s’accélère prodigieusement. Dans les années vingt souffle un vent de liberté. Ces années sont marquées par de profondes révolutions dans tous les domaines: art, politique, technologie (avion, radio, cinéma, disque…), mœurs, mode, architecture… L’espoir d’un monde meilleur est présent. La contestation est intense et par conséquent l’imagination et la créativité. Puis l’invasion de la Mandchourie en 1931 met fin à ces illusions dans un progrès infini et constant. La guerre qu’on croyait avoir bannie pour toujours revient portée par des régimes plus meurtriers les uns que les autres qui se révèlent être d’effroyables escroqueries.

Pourquoi avoir choisi la ville de Shanghai comme cadre de votre histoire d’espionnage ? En lisant les deux tomes de votre saga, j’ai eu le sentiment que le véritable personnage principal de l’histoire c’est la ville elle-même. Est-ce ainsi que vous l’avez ressenti en l’écrivant ?

Vous avez raison, Shanghai est à la fois un décor et un personnage qui décide du destin des personnages. Shanghai était, à l’époque, une anomalie héritée de l’Histoire, une ville divisée comme l’étaient Vienne du « Troisième homme » de Graham Greene, Berlin après 1945 ou Salonique après 1918, des villes pleines d’armées étrangères, de services secrets concurrents. Shanghai était divisée en trois administrations avec leurs propres polices, leurs propres lois. À cause de l’extraterritorialité, il y avait quatorze tribunaux différents qui jugeaient chacun les ressortissants de leurs pays respectifs en accord avec leurs propres législations. Quand on lit les analystes de juristes publiées à l’époque, tous reconnaissaient l’absurdité de cette situation, son impossibilité à durer dans le temps et que le bon sens dictait que tôt ou tard la Chine retrouvasse toute sa souveraineté sur les concessions. A quoi s’ajoutaient les multiples communautés: on entendait dans les rues le russe, l’allemand, l’anglais, le français, l’espagnol, le portugais… et tous les dialectes chinois. Ce n’était pas un melting-pot; plutôt un port franc où des gens du monde entier se côtoyaient sans vraiment se mêler. Jusqu’en 1937, date de l’invasion japonaise, Shanghai était aussi une ville en plein boom, et relativement en ordre, bien loin de l’idée de lupanar qu’on s’en fait aujourd’hui. C’était un laboratoire audacieux de la modernité avec ses revues littéraires, ses studios de cinéma, ses orchestres, ses architectes… Après 1937, Shanghai va sombrer. L’afflux de centaines de réfugiés dans les concessions neutres jusqu’à Pearl Harbour puis l’occupation de toute l’agglomération portent un coup fatal et plongent Shanghai dans le chaos et la violence.

Va-t-il y avoir un troisième volet à cette suite ?

Normalement oui, et un quatrième aussi!

Parmi tous les personnages, lequel affectionnez-vous le plus ?

En fait, j’aime tous les personnages. On m’a reproché de ne pas avoir de personnages franchement bons et d’autres franchement mauvais. Aristote disait que l’homme est mû par deux sentiments: l’intérêt et l’affection. Si on reprend cette idée, disons que ce qui fait une personnalité est où on place le curseur entre ces deux extrêmes. D’autre part, question de génération, je suis marqué par l’existentialisme: le monde est absurde, il n’existe pas de valeurs éternelles, chacun est libre de choisir sa morale personnelle pour trouver le sens de son existence. Pour traverser le gigantesque désordre qu’étaient l’époque et Shanghai, chaque personnage a sa réponse personnelle. Dans « Le music-hall des espions », je me suis surtout centré sur les étrangers, même si le colonel Chu et le magicien jouent un rôle crucial. Dans « Les terres du Mal », il y a plus de personnages chinois. Chacun a sa facette: Sun est un véritable artiste, lucide, sensible et idéaliste; Tizzy affecte de rester au-dessus de la mêlée; Petit Tai est un peu tire-flanc mais accomplit son devoir sans hésiter; Lingyu est émouvante et paumée ; le père de Yiyi est un filou amusant (il reviendra dans le prochain roman)…  Chao Long est un vrai stalinien, impitoyable, habité par une sorte de rage due à l’Histoire. Il est un peu le reflet inversé du colonel Chu central dans « Le Music-hall des espions ». Le seul personnage franchement négatif est Lan Ping – forcément, il m’a été inspiré par celle qu’on surnommera plus tard la « veuve Mao »… Je ne porte pas de jugement sur mes personnages. Ceux qui ont lu « Ishiwara, l’homme qui a déclenché la guerre » l’auront ressenti: c’est la complexité, les contradictions des êtres qui m’intéressent et non de décerner de bons ou de mauvais points comme le ferait un instituteur. Sinon le fil rouge est Desfossés, c’est lui que l’on suit et qui peu à peu vieillit.

A lire aussi

Shanghai, années 30 : quelques lectures piochées dans ma bibliothèque

  • La balade de Yaya, BD jeunesse de Golo Zao et Jean-Marie Omont, aux éditions Fei
  • Yin et le dragon, BD jeunesse de Richard Marazano et Yao Xu, aux éditions Rue de Sèvre
  • L’ombre de Shanghai, BD jeunesse de William Crépin, Patrick Marty et Li Lu, aux éditions Fei.
  • La bataille de Shanghai 1937, manhua de Bo Lu, aux éditions Urban China
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Petite Balade et Grande Muraille

un voyage en Chine en images ça vous tente ? Les éditions Fei vous proposent de faire partie de l’aventure en participant au cofinancement du roman graphique de Maïté Verjux

Petite balade et Grande Muraille, ce n’est pas vraiment un carnet de voyage, ni une bande dessinée autobiographique, mais plutôt un condensé de petites tranches de vie, souvent absurdes et un peu honteuses. Celles qu’on partage volontiers à des proches bienveillants, qui n’oseront (généralement) pas se moquer trop fort.

C’est aussi le fruit d’une envie de voir ce qu’il se passe chez l’autre, tout en ayant conscience qu’on ne comprendra sans doute rien de ce qu’il nous mettra sous les yeux.

C’est 3 mois à Pékin et à Shanghai, entourée de plein de colocataires, et un sentiment persistant d’être totalement à côté de la plaque.

Envie d’en savoir plus ? cliquez ICI 

 

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Le music-hall des espions – Bruno Birolli

J’avais aimé le livre historique de Bruno Birolli Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre, qui se lit comme un roman. J’étais impatiente de découvrir son premier roman.

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages avec la découverte de cadavres bien puants. Nous sommes à Shanghai, dans les années 30. Autour du charnier, des officiers français, un homme des renseignements britanniques, un officier chinois et ses hommes. Mais qui sont donc ces cadavres. Qui est l’homme qui pleure ?

Marche arrière toute. On se retrouve en France. René est envoyé en Chine comme sous-officier par son oncle influent qui ne sait trop quoi faire du jeune homme dont il a la charge. Un neveu encombrant, une concession lointaine. Voici René embarqué pour une aventure à laquelle il ne s’attend pas. Pas mécontent de quitter la France (et surtout son oncle), René débarque à Shanghai où il travaillera aux renseignements avec Fiorini, son supérieur. Fiorini est un officier taciturne, de peu de mots. Mais il saura gagner la confiance et la fidélité de son sous-officier fraîchement débarqué.

Avec René, on découvre la vie de Shanghai, partagée entre ses concessions étrangères et ses quartiers chinois. L’ambiance est des plus tendues : homme d’affaires peu scrupuleux, taxi-girls, étrangers en mal d’aventure, autorités fidèles à Tchang Kaï-chek, espions communistes et japonais prêt à faire tout péter, on marche sur le fil du rasoir.

C’est au détour d’un incident peu commun, une attaque qui n’a rien d’un simple braquage que Fiorini, accompagné par René, se lance sur les traces d’espions communistes. Un jeu de chat et de souris, de pouvoir et de manipulation, duquel personne ne ressortira vraiment indemne, est en train de se jouer.

Ce que j’ai aimé dans ce roman ce n’est pas finalement tant l’intrigue policière que laissait entrapercevoir la découverte des cadavres par laquelle le roman s’ouvre. Ce qui est vraiment intéressant de ce livre, c’est de découvrir la ville de Shanghai avant que la guerre n’y éclate. C’est à travers le vécu de René qu’on découvre la ville, ces différents quartiers, sa dynamique, la façon dont les diverses concessions et les quartiers chinois interagissent. Bruno Birolli a su la rendre très vivante. Il y a profusion de détails, on a vraiment l’impression d’arpenter ses rues.

Les personnages, nombreux, sont tous attachants. Même les plus terribles d’entre eux ont quelque chose de profondément humain qui nous les rend familiers. On ne peut détester personne. Il n’y a ni de bon ni de méchants. Il y a des camps adverses, il y a la guerre, il y a les valeurs que chacun veut défendre. Des chemins contraires qui mènent à la confrontation, inévitable, acceptée telle une fatalité.

Un beau livre, qui se lit avec plaisir et qui nous fait découvrir un pan de l’histoire chinoise sans en avoir l’air.

Merci aux éditions Tohu Bohu et à Bruno Birolli pour cette lecture.


Le coin des curieux :

Je ne pouvais pas présenter ce livre sans proposer un coin des curieux ! Mais j’ai découvert, avec plaisir, que Bruno Birolli avait déjà bien préparé le travail avec la page facebook du roman où l’on trouve énormément de photos d’archives ayant servi à l’élaboration du roman. On y trouve même quelques musiques 🙂 Je vous invite vraiment à y faire un tour.

Que dire de plus après avoir feuilleté les albums photo ?

Je me contenterais de proposer deux autres lectures dans un genre bien différent pour découvrir sous un autre angle le Shanghai des années 30 :

La balade de Yaya nous amène à Shanghai en 1937 alors que la guerre opposant les Chinois au japonais a éclaté. Yaya, une petite bourgeoise, se retrouve perdue dans les rues de la ville à feu et à sang. Elle y rencontrera Tuduo, un gamin des rues. Ensemble, ils vont fuir et tenter de survivre.

Une très jolie BD jeunesse dont je vous ai déjà parlé ici. Si le dessin tout en rondeur fait vraiment penser à une BD pour enfant, le propos y est parfois très dur, à ne pas mettre entre des mains trop jeunes. Mimiko l’aime beaucoup et y revient régulièrement.

L’ombre de Shanghai, encore une BD jeunesse. Toujours aux éditions Fei, comme la balade de Yaya. C’est ici une jeune Chinoise, prise sous l’aile d’une riche famille de colons français qui est au centre de l’intrigue. Nous sommes toujours à Shanghai dans les années 30, mais les jeunes gens qui fréquentent le lycée de la concession française semblent bien plus inquiets par leurs peines amoureuses que par la guerre imminente. Une histoire fantastique et non une aventure historique, mais de belles planches où l’on peut observer les rues du Shanghai des années 30.

Je vous ai déjà parlé des premiers tomes de cette série ici.

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Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

Roma - Chiesa di Sant'Andrea al Quirinale.jpg

La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

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Kushi, une aventure dans la steppe mongole

Kushi, est la petite dernière du catalogue bd des éditions Fei. Dans le même petit format que La balade de Yaya (13x18cm) et avec toujours Golo Zhao au dessin Kushi nous amène aussi en Chine mais cette fois dans les steppe mongole des années 80. Au scénario Patrick Marty.

Kushi est une petite mongole qui vit avec la vieille chamane du village. Elle  est brillante mais très indépendante et s’attire les foudres d’un homme d’affaire véreux qui la voit comme une menasse. En effet Kushi est toujours là pour défendre la steppe et sa nature quand le bandit tente de piller ses ressources. Malgré son attachement à la steppe et le bien fondé de ses mots, Kushi n’est pas soutenue par les villageois qui voit en elle une petite sauvageonne. Ils préfèrent écouter le chef qui pourtant magouille lui aussi avec le bandit. Heureusement Kushi peut compter sur quelques alliés.

Dans ce premier tome on fait connaissance avec la jeune fille et son entourage avant de la voir partir à l’aventure. Le tome se termine par le début d’une grande aventure qui mènera Kushi à traverser la steppe fleurie en compagnie de sa chienne fidèle.

Une jolie bd qui nous parle de l’importance de sauvegarder les traditions et l’environnement, un combat qui se heurte à des gens sans scrupules qui ne cherchent que le profit et qui au nom du progrès nuisent à leur propre environnement.

Mais c’est aussi un conte d’aventure qui fera rêver le petit lecteur lui fessant découvrir les paysages somptueux de la steppe mongole.

Niveau dessin on retrouve la rondeur et la douceur de Golo Zhao mais je le trouve un peu trop lisse, trop propre. Je préféré l’aspect un peu brouillon de Yaya. J’aime bien son petit format à l’italienne (où plutôt à la chinoise)

le petit mot de Mimiko : J’ai aimé la fille et sa chienne. Et j’ai aimé l’histoire. J’ai envie de lire la suite. Moi je préfère le dessin de Kushi à celui de Yaya.

BD jeunesse pour les 9-12 ans (et plus si affinité)

sur le site de l’éditeur

à lire aussi les avis de Mo et Johanne

Merci aux éditions Fei pour cette lecture.


avec devine qui vient bloguer
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Le prince tigre

Aujourd’hui je vous présente un petit conte chinois écrit par Chan Jiang Hong en s’inspirant d’un bronze de la dynastie des Shang (XI siècle avant J.C.).

vase you dit « La tigresse »

Une tigresse à qui des chasseurs ont tué ses petits est folle de chagrin. Toute à sa haine elle se met a attaquer les villages les uns après les autres. Le rois, prêt à envoyer son armée contre la tigresse, va voir une voyante qui lui dit que la seule façon d’apaiser la tigresse c’est de lui envoyer le prince Wen. C’est à contre coeur que le roi envoie son fils dans la jungle. La tigresse reconnais dans l’enfant les petits qu’elle a predu et adopte l’enfant qui grandira au près d’elle jusqu’à ce que ces parents fous d’inquiétudes ne décident d’envoyer une nouvelle fois l’armée. Ma tout est bien qui fini bien.

« Tigresse », dit Wen, « voici mon autre mère. Vous êtes mes deux mamans, celle de la forêt, et celle du palais. Maintenant, je dois retourner au palais pour apprendre ce que savent les princes. Mais je reviendrais souvent, car je ne veux pas oublier ce que savent les tigres. »

Un beau conte, très joliment illustré .

Editions école des loisirs

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2/20

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L’ombre de Shanghai

  

Shanghai, années 30. La ville prospère et les concessions étrangères y sont nombreuses. Lila, une petite Chinoise élevée par Feng, vit dans le quartier français chez les Cartier, une famille de commerçant qui a recueilli Feng et sa fille quand celle-ci n’était encore qu’un bébé. Les Cartier ont un fils, Gaspard, du même âge que Lila. Ils ont grandi ensemble, mais Gaspard, en raison d’une maladie, a dû regagner la France où il a passé plusieurs années. Il a 16 ans quand, enfin guéri, ses parents le font revenir à Shanghai. Gaspard n’est que rancune et haine pour Lila qui a grandi auprès de ses parents comme une fille alors que lui, leur véritable fils, était au loin. Égoïste, capricieux, Gaspard manque vraiment de maturité et de discernement. Dès les premiers échanges sur le quai du port il succombe au charme de la malicieuse Clara et n’a pas un regard pour la petite Lila qui depuis tout ce temps attendait son retour. Alors que Mme Cartier fait pression pour que Lila soit admise dans le lycée français, Gaspard n’est que mépris, le lycée français ce n’est pas une place pour une Chinoise ! Ce mépris n’empêche pas Lila d’aimer Garspard et de pleurer. Parce que Lila pleure beaucoup. Jeune fille très intelligente (enfin, c’est ce que disent ses professeurs) elle est frêle et fragile, toujours soumise. Enfin, ce n’est qu’une facette de ce qu’elle est ! Car en réalité une autre facette se cache dans cette jeune fille extraordinaire. Une facette que nous ne découvrirons que dans le tome deux et qui donne son nom à la série.

L’ambiance :

L’histoire se déroule dans le Shanghai des années 30. Une ville cosmopolite et pleine de vie. Comptoirs de commerce étrangers, triades obscures, vie culturelle fleurissante… Une ville riche et intéressante a été prise pour décor dans cette histoire.

Chaque tome commence par une petite introduction écrite qui plante un peu mieux le décor, nous explique ce qu’était la ville à l’époque. Si c’est introductions sont très intéressantes et permettent de mieux replacer le récit dans un contexte historique précis, on peut regretter qu’on nous dise plus qu’on ne nous montre. Les divers tomes, assez courts et rapides, ne montrent pas beaucoup la vie dans le Shanghai des années 30 et se concentrent presque exclusivement sur les personnages principaux.

Les personnages

L’histoire s’axe sur Lila, jeune Chinoise recueillie par Feng puis par les Cartier. Elle est plutôt réservée et discrète, très bonne élève et fille sage. Elle est en admiration pour Gaspard qui, si dans leur enfance était comme un frère pour la petite Lila, est devenu, depuis son retour a Shanghai, un garçon méprisant et hautain. Très effacé et soumise dans le premier tome, Lila cache une facette dangereuse : l’ombre de Shanghai. Une étrange force prend possession d’elle quand la colère et la frustration lui montent à la tête. Elle n’est plus capable de rester la gentille fille soumise qu’on attend qu’elle soit et devient une créature inquiétante. Encore incapable de maîtriser cette force, Lila n’en reste pas moins bonne et juste. Elle vient au secours de « son » Gaspard qui, soyons francs, ne le mérite pas.

Gaspard est le deuxième personnage le plus important de l’histoire. Franchement antipathique dans le premier tome, on comprend bien vite que tout cela n’est qu’une façade. Il en veut à ses parents de s’être séparés de lui (malgré leur très bonne raison), il en veut à Lila d’avoir pu profiter de l’affection de ses parents à lui et tente de se faire accepter par ses nouveaux camarades de classe, notamment de la belle Clara, quitte à se montrer méprisant avec son amie d’enfance. En somme, Gaspard est un adolescent on ne peut plus banal, égocentrique et imbu de sa personne, qui en veut à la terre entière. Mais au fond est-il si méchant ? Au troisième tome, Gaspard prend seul contre tous le parti de l’ombre de Shanghai, cette étrange créature qui lui a sauvé la vie. Mais, là encore, le personnage manque de maturité et de profondeur.

Clara, camarade de classe de Lila et Gaspard, est l’inévitable pétasse. Il y a toujours une jeune fille plus belle que les autres, méchante et méprisante envers l’héroïne moins sexy, autour de laquelle tous les garçons rodent et qui tente de chiper le copain de l’héroïne. Ben voilà, Clara est là. Personnage typique, antipathique et pas très intéressant servant de déclencheur pour la transformation de la gentille Lila. Jeune fille riche et gâtée, elle n’a pas grand-chose pour elle si ce n’est sa beauté. Le fait que Gaspard en pince pour elle ne fait qu’accroître le côté immature du jeune homme.

Dino, pendant masculin de Clara. S’il faut une peste, il faut aussi l’amoureux transi de la peste près à toutes les bassesses pour écarter ses rivaux et s’en prendre au héros. Tout comme Clara ce personnage est très stéréotypé et ne présente pas grand intérêt.

Les Cartier sont eux plus charmants. Très progressistes, ils semblent en avance sur leur temps et tentent d’inculquer autour d’eux des valeurs nobles comme l’égalité et le respect entre les différentes cultures. La mère est un personnage intéressant. Du moins le soupçonnons-nous.

Il nous reste Jim, le journaliste alcoolique qui est censé apporter une touche d’humour. Un personnage sympa, mais finalement pas très drôle, Feng le mercenaire repenti, tuteur de Lila et employé fidèle des Cartier et Monsieur Li, homme influent et dangereux.

L’histoire et le rythme

Pris séparément les divers éléments de cette série m’ont paru assez peu convaincants. Les personnages sont trop stéréotypés et l’intrigue reste trop superficielle, l’abiamtation trop rapide. Pourtant dans son ensemble L’ombre de Shanghai s’est révélée être une lecture assez plaisante. Les pages s’enchaînent , captées par un rythme assez rapide, on finit un tome avant même d’y avoir pensé et en enchaîne assez directement avec la suite mue par un je sais quoi qui donne envie de connaitre la suite. Moi j’ai passé un bon moment.

J’ai aimé le cadre pris pour l’histoire : le Shanghai des années 30 qui est à la fois exotique et familier par la forte présence d’étrangers d’origine européenne. Le brassage de diverses cultures en fait un bon cadre pour une histoire d’aventure et les petites infos distillées en introduction enrichissent les connaissances du jeune lecteur.

Les trois premiers tomes lus d’affilés forment un ensemble plaisant. Les personnages assez antipathiques dans le premier volume acquièrent un peu plus de complexité au fil des tomes et l’intrigue prend forme, le mystère s’installe. Cependant cela reste assez superficiel et simple. Le rythme de lecture et le graphisme étant agréables, je conseillerais cette lecture surtout à de jeunes lecteurs que trop de détails pourraient ennuyer, ils auront ici un joli aperçu de la Chine des années 30 tout en ayant une histoire d’action et de mystère à se mettre sous la dent. Les personnages on ne peut plus classiques permettront sans doute une rapide identification. La lecture est facile, rendant la série accessible aux petits lecteurs fainéants.

Les lecteurs plus vieux n’y trouveront sans doute pas leur compte, justement parce que c’est trop rapide et pas assez approfondi à la fois sur la construction du cadre historique et sur celle des personnages qui restent assez superficiels.

Une jolie BD pour les 10/11 ans. Mystère et Histoire. Joli dessin couleur, belle couverture cartonnée.


Informations techniques :

  • Titre : L’ombre de Shanghai
  • Auteurs : William Crépin & Patrick Marty
  • Illustration : Li Lu
  • Date de parution : 03/10/14 (tome 1)  22/05/14 (tome 2) 09/10/15 (tome 3)
  • Prix public : 12.90€
  • Pagination : 96 pages, couleur
  • Format : 18 x 22,5 cm, couverture cartonnée

Découvraient des extraits sur le site de l’éditeur : tome 1, tome 2, tome 3

Tome 4 à paraître en janvier 2016

Merci aux éditions Fei pour cette collaboration


Lecture commune avec OliV


à lire aussi l’avis de Mo’

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Le Juge Bao & le phoenix de jade

J’ai acheté ce premier tome il y a 2 ans au salon du livre. Puis je l’ai posé là et je l’ai oublié… C’est au moment de préparer nos lectures communes avec l’équipe de K.BD que le titre est remonté à la surface de mon interminable PAL. Je m’étais dit que je pourrais lire quelques autres tomes avant de me lancer dans la rédaction de ce petit billet, mais finalement non ! Non pas que je ne souhaite pas lire la suite mais… mon billet risque de ne pas voir le jour avant 2 ans.

Trêve de bavardage, entrons dans le vif du sujet ! Qu’ai-je pensé de ce “global manhua” franco-chinois ?

 

Le juge Bao est un personnage mythique ayant réellement existé au XI siècle. Sa réputation d’homme de lois à la vertu irréprochable fit de lui un mythe inspirant de nombreuses adaptations. Patrick Marty (scénario) et Chongrui Nie (dessin) nous livrent ici là leur sous forme de manhua au graphisme et au format traditionnel, parue aux Editions Fei.

 

Dans la Chine du XI siècle, sous le règne de la des Song du Nord (960-1126), le juge Bao arpente les différentes provinces de l’empire pour lutter contre la corruption des notables. Son impartialité en fait un juge impitoyable. Les coupables, riches ou pauvres, influents ou non, seront châtiés avec la même sévérité.

Le juge Bao est aidé dans sa tache par son escorte : Zhan Zhao, son garde du corps, Bao Xing, son page, Gongsun Ce son assistant et une petite troupe d’une vingtaine de soldats. Une belle brochette de personnages avec lesquels on commence à faire connaissance dans ce premier tome. La personnalité très forte du juge, sa droiture le rendent intéressant sans pour autant effacer les personnages secondaires qui sont savamment mis en valeur par un scénario bien équilibré où la stratégie et la ruse laissent aussi un peu de place à l’action notamment par l’intermédiaire de Zhan Zhao, le garde du corps au grand cœur. Le juge lui-même n’hésite pas à se mettre dans des situations difficiles pour découvrir la vérité.

Un scénario digne d’un bon roman policier, qui tiens la route, avec pas beaucoup de suspens mais une intrigue relativement complexe.

Qu’en est-il du dessin ? Le dessin est la première chose qui m’aie attiré vers de titre. Les grands kakemono qui décoraient le stand de l’éditeurs m’avaient attiré de loin. Le style rappelant les vieilles gravures s’accorde très bien avec l’ambiance médiévale du récit. Cependant il y a quelque chose qui m’a beaucoup gêné à la lecture : le dessin est très figé, il ne rends pas du tout le mouvement. Les personnages sont comme cueillis le geste resté en suspend, bloqué dans l’immobilité de la planche. Si en regardant planche par planche la chose ne m’avait pas sauté aux yeux, en lisant l’histoire j’ai éprouvé une étrange sensation, comme un décalage entre l’image et le dialogue. Je ne sais pas si j’arrive à bien explique mon ressenti. Un dessin, par définition est toujours figé. Mais certains illustrateurs arrivent à donner une impression de mouvement à leurs dessins. Ici c’est tout le contraire, le personnages sont comme photographié les bras en l’air et leur geste est arrêté net. Cela donne une drôle d’impression. Cela casse le rythme de la lecture.

En dehors de cet aspect figé, je trouve le dessin très beau. On dirait que la matière est enlevée comme quand on sculpte un bois pour la gravure, plutôt que la feuille blanche noircie par le pinceau. C’est très original.

 

En conclusion ce premier tome m’a plu par son intrigue et ses personnages. J’ai été impressionnée par le dessin beau et original, même s’il manque de fluidité. La série fait 6 tomes, je me laisserais tenter à l’occasion par la suite.

A lire aussi les avis de Mo’ et Yvan

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La Balade de Yaya

Pour conclure cette balade historique en BD (cf. Zéro pour l’éternité et Garduno en temps de paix) nous partons en Asie avec un global manhua dessiné Golo Zhao et scénarisé par Jean-Marie Omont : La balade de Yaya, aux éditions Fei.

Nous sommes en 1937, les Japonais envahissent la Chine et bombardent Shanghai. Yaya, petite fille de riche, écervelée, néanmoins courageuse et déterminée va croiser le chemin de Tuduo, jeune acrobate de rue qui cherche à échapper à l’emprise de son cruel maître. Les bombardements ont séparé Yaya de ses parents. Tuduo, chevaleresque, décide d’aider Yaya à rejoindre Hong Kong. Mais le voyage ne sera pas si simple.

Le dessin de Golo Zhao me fait beaucoup penser au chara design des studios Ghibli. Tout comme les personnages de cette aventure : petits, mais pleins de courage et de détermination… Yaya et Tuduo me font penser au tandem du Château dans le ciel. Même si nous ne sommes pas dans un voyage fantastique et que nous traversons la Chine en guerre de la fin des années 30.

L’aspect historique, sans être édulcoré, est simplifié au maximum centrant le récit sur les deux personnages principaux. Si Yaya par son côté petite fille gâtée à qui on pardonne tout m’a quelque peu agacé, l’ensemble est plutôt agréable. Joli dessin, jolies couleurs, lecture fluide et rapide avec ce qu’il faut de rebondissement pour donner envie de lire la suite.

La balade de Yaya s’adresse surtout aux enfants, mais j’ai pris plaisir à le lire. Et je ne suis pas la seule à avoir apprécié ! Aussitôt rentrée de la bibliothèque, je me suis fait dépouiller de mon butin (les 4 premiers tomes de la série). Pendant plusieurs jours, ils ont été retenus en otage par Mimiko qui a refusé mon aide pour le lire avec elle, préférant le feuilleter et le refeuilleter seule. Je ne sais pas ce qu’elle a compris de l’histoire, en tout cas elle a aimé la BD.

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Enfant de l’hiver

Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’ai vu ce vieux livre sur l’étalage de livres d’occasion j’ai eu une irrépréhensible envie de le lire. Et c’est ce que j’ai fait. Maintenant mon cœur est tiraillé entre révolte et empathie.

La préface de Han Suyin disait « Scintillante Etoile rouge a une qualité universelle qui le rend immédiatement accessible non seulement aux petits enfants chinois, mais à tous les enfants du monde. »

C’était une épopée universelle que je m’apprêtais à lire. Mais c’est un livre de propagande communiste qui m’a été offert. Je n’ai cessé de bondir à chaque phrase de propagande scandé. J’en étais horripilée !

Faire la révolution, c’est abattre les agresseurs japonais et autres impérialistes, abattre tous les Hu Hansan gros et petits et autres guomindaniens, propriétaires terriens et capitalistes compradores.

D’un bout à l’autre du livre on nous raconte à quel point les chien blanc (comprendre propriétaires terriens, riches commerçants et autres capitalistes) sont d’horribles créatures et combien l’Armée rouge et le peuple opprimé sont vertueux. Ce récit est tellement manichéen qu’il me donne la nausée. Les riches sont tous des ordures, les pauvres tous des saints !

Je n’ai eu cesse de me révolter contre cet aspect du livre pourtant je ne l’ai pas abandonné. Au delà de la propagande, Han Suyin disait vrai : « un vrai livre d’aventures ! ». Enfant de l’Hiver traverse de nombreuses épreuves et on souffre avec lui, on espère avec lui, on voyage avec lui. Malgré mon aversion pour la révolution communiste j’ai éprouvé de l’empathie pour Enfant de l’Hiver et les siens. J’ai eu envie de suivre ses aventures. Si la propagande avait été moins ostentatoire, ce serait un bon livre. Intéressant tout de même, témoignage d’une époque et d’une idéologie.

Lu dans le cadre du challenge :

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