Archives du mot-clé contes et légendes

Les Selkies

The Selkie by Kitty-Grimm
The Selkie by Kitty-Grimm

C’est avec le film Le Chant de la mer que j’ai découvert les selkies. Ces créatures métamorphes, femme-phoque. Mythe de l’Europe du nord (Irlande, Ecosse, Islande et îles subarctiques), diverses versions existent. Les selkies peuvent prendre la forme de très belles femmes quand elle enlèvent leur manteau et redevenir des phoques en enfilant leur manteau.

Comme dans toutes les légendes avec une femme-fée métamorphe impliquant un manteau on retrouve la même histoire : un homme découvre la belle sous sa forme humaine et en tombe amoureux. Il lui vole son manteau et elle ne peut plus se transformer. Il en fait sa femme. Ont des enfants. Mais un jour, la selkie récupère son manteau et retourne à la mer, abandonnant homme et enfant.

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timbres des îles Féroé

C’est d’ailleurs un peu près ce qui arrive dans le Chant de la mer, sauf que le mari ne lui pique pas son manteau, mais celui de sa fille car il a peur qu’elle disparaisse comme sa femme en redevenant un phoque. Un très beau film d’animation européen qui vaut vraiment la peine d’être vu, soit dit en passant.

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Après Le Chant de la mer, j’ai retrouvé la légende des selkies dans un album jeunesse où la légende est non présenté comme celtique mais inuit : La femme phoque.

Dans cet album on retrouve la légende dans sa forme la plus classique. Un pêcheur voit un groupe de phoque monter sur la banquise et se transformer en femme après avoir retiré leur peau. Il récupère la peu de la plus belle d’entre-elle l’empêchant ainsi de redevenir un phoque. Restée seule celle-ci n’a d’autre choix de le suivre. Après quelques temps l’enfant née, ma la belle est triste, elle veut retourner auprès des sien. Quand enfin elle retrouve sa peau, pour son mari elle n’a pas un regard.

Très bel album.

Catherine Gendrin et Martine Bourre - La femme phoque.

Et pour finir voici une dernière version, islandaise, contée par Michel Lidou :


sources :

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Le petit pêcheur et le squelette

Cela fait une éternité que j’avais envie de parler de cet album que j’aime beaucoup. Et je ne trouvais jamais le temps, puis je m’étais promis d’en parler durant le mois o-bon et… j’ai pas eu le temps. Cette fois je n’ai pas l’intention de louper l’occasion qui m’est donné par le challenge Halloween !

Le petit pêcheur et le squelette de Chen Jiang Hong (l’école des loisirs) est en effet une lecture très approprié pour Halloween. De quoi se faire peur, mais trop quand même 🙂

Un petit pêcher orphelin sort en mer par un jour de tempête. Son père lui avait bien dit qu’il était dangereux de sortir en mer par un temps pareil, mais il n’est plus là pour veiller sur son garçon. Bravant la mise en garde, le jeune pêcher part affronter une mer houleuse et tente de pêcher. Mais ce n’est du bon poissons qu’il ramènera chez lui ! C’est un terrifiant squelette. Le petit pêcheur à très peur mais… il se pourrait bien que le squelette ne soit finalement pas une créature si terrifiante.

Les dessins aux tons très sombres font vraiment monter la pression et la peur sera bien là chez le jeune lecteur. Mais, pas d’inquiétude, ce n’est pas une histoire d’horreur, c’est un très joli conte.

J’aime beaucoup le travaille de Chen Jian Hong, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises. Son dessin, inspiré de la peinture traditionnelle chinoise me touche beaucoup.

sur le site de l’éditeur


 challenge halloween

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From Darkness

Aujourd’hui je vais partager avec vous un court métrage qui date de 2002 réalisé par un studio d’animation que j’aime beaucoup : Cartoon Saloon. C’est de chez eux qu’est sorti Brendan et le secret de Kells.

From Darkness s’inspire d’un conte inuit où un pécheur solitaire remonte de l’eau le squelette d’une femme qui y fut jetté des années plus tôt par son père.

Cette vidéo m’a fait penser à un autre conte, illustré cette fois par Chen Jianghong,  Le petit pêcheur et le squelette, l’album jeunesse que je présenterais demain.

Rendez-vous vendredi prochain pour un autre film des studios Cartoon saloon 😉


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Yoshka

Yoshka est un enfant du vent, un enfant de la route. Un enfant de la liberté.

Ce jour-là, pour le faire tenir tranquille, sa maman déroule le fil de son extraordinaire histoire…

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C’est sa sublime couverture qui m’a attiré dans un premier lieu. Je trouve les illustrations vraiment très belles. Les couleurs sont très agréables.

L’histoire, que j’ai découverte en lisant avec Mimiko, est aussi très sympa. On suit les diverses étapes « initiatiques » de la vie de ce jeune garçon du voyage. Sa naissance dans la forêt, son passage dans les vaste pairies, la ville, le cirque, la musique… A chaque étape son animal initiateur. Le texte emprunte au style des contes classiques avec ses petites phrases de répétitions qui me rappellent les histoires qu’on me racontais petite pour que je me tienne tranquille. Ces petites phrases qui donnes à la fois le rythme et structure à l’histoire.

Tu as encore grandi mon Yoshka […] Avec notre roulotte, nous avons roulé, roulé longtemps, sur les routes et les chemins cabossées

La structure c’est voyage (comme dans de nombreux contes), à chaque nouvelle étape, une nouvelle rencontre et un nouvel apprentissage.

Un très joli album qui a su nous séduire autant par son texte que par ses illustrations. Une belle lecture du soir pour, comme dit la quatrième de couverture, sublimer « la fierté de devenir grand ». Je vous le recommande 🙂


Publié par les éditions Seuil jeunesse en 2013, écrit par Sabine du Faÿ et illustré par Gwen Karaval.


 chut les enfants lisent

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Barbe Bleue – d’après Perrault

Barbe-Bleu est un conte très classique immortalisé par Perrault en 1697 . Ce conte a été maintes fois réinterprété par de nombreux auteurs/illustrateurs. Ici je vais partager quelques une de nos (re)découvertes de ce conte au travers de quelques albums illustrés.

Le conte traditionnel :

Alessandra Cimatoribus

J’ai beaucoup aimé cet album qui reprends la forme classique du compte avec ses phrases typiques. Ici ce n’est tellement le texte qui nous émerveille, on le connais déjà, mais les illustrations que je trouve vraiment très belle. Je ne connaissais pas cette illustratrice avent de tomber par hasard sur cet album. J’ai tout de suite pensé à Blandine de Vivrelivre, mais avant de lui envoyer, on a pris le temps de le lire avec Mimiko. Fallait bien vérifier que c’était un bon cadeau 😀

Alessandra Cimatoribus est une illustratrice italienne, originaire du Frioul, dans le nord de l’Italie. Elle a déjà publié une quarantaine de livres qui ont été traduit dans de nombreuses langues. Elle a également illustré des jeux.

Alessandra Cimatoribus, le site

minedition

Le conte détourné

Jean-Pierre Kerloc’h et Sébastien Mourrais

Ici c’est une adaptation qui se veut original avec un Barbe-Bleue en voiture qui pétrifie ses femmes, qui a des serviteurs invisibles et autres sorcelleries mais…. Malgré l’originalité et l’ambiance plus moderne, nous n’avons pas du tout aimé cet album. Le texte est trop long et pas vraiment amusant, même quand il cherche à l’être. Le texte n’es pas agréable à lire à haute voix. La qualité du dessin n’a pas suffit à nous ravis. Une petite déception.

sur le site de l’éditeur

Chiara Carrer

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C’est encore une adaptation libre, très libre même, tant le texte reprends les idée clé du compte mais les déstructure complètement en phrases très courtes. Sans lien, sans ensemble. Des images, des flash et des heures qui se suivent. C’est confus et franchement pas transparent si on ne connais pas déjà très bien le conte et ses diverses versions. La couverture séduit pour son clin d’œil à Picasso mais finalement on ne retrouve pas vraiment ce clin d’œil à l’intérieur. Encore une fois déception. On est toutes les deux restées très perplexes face à cet album.

sur le site de l’éditeur

Joël Cimarron et La Luciole Masquée

Barbe bleue et Compè Lapin par La Luciole Masquée

Joël Ciramrrón (illustrations) et La Luciole Masquée (texte) nous proposent un conte mixé, un personnage tiré des contes traditionnels européens, Barbe-Bleue, et un personnage tiré des contes créoles, Compè Lapin.

J’ai aimé les illustration de cet album, alors qu’elle ont plutôt rebuté Mimiko, je ne sais pas trop pourquoi. Elle n’a même pas eu envie de le lire. quant à moi, si j’avais été très séduite par la couverture et intrigué par cette association improbable, je suis restée assez perplexe. L’album est agréable. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser tout du long que fout Barbe-Bleu ici. Mis à part sa barbe, il y a pas grand chose du conte de Perrault dans cette réinterprétation. D’ailleurs quelques petite explication en fin d’album nous disent que c’est le conte Anansi et la Mort qui est ici revisité.

lire un extrait

site de l’illustrateur


à lire aussi

Conte : La Barbe-Bleue sur Vivrelivre


  chut les enfants lisent

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L’arc-en-ciel de la rivière

Aujourd’hui je vais vous présenter un joli album, plein de poésie et de douceur : L’arc-en-ciel de la rivière de Roxane Turcotte (texte) et Amélie Clavier (illustrations), publié aux éditions Plumes Solidaires.

Antonin aime observer les poissons dans la rivière, et tout particulièrement « la plus énorme truite du monde ».

-Elle s’appelle Morgane.

-Comment le sais-tu ? a demandé Antonin.

-Il y a si longtemps que des pêcheurs tentent de la capturer ! J’ai souvent essayé, et ton grand-père avant moi. Les mulets, tout juste bons pour les chats, mordent à l’appât. Jamais Morgane, la truite. Ne mérite-t-elle pas de porter le nom d’une fée ?

-Et puis, avait ajouté son père, Morgane recèle un ou deux secrets.

-Lesquels ?

-Pour connaître un secret, il faut le mériter.

Depuis, Antonin n’a qu’une envie : réussir l’impossible. Attraper Morgane. Et, du coup, découvrir ce qu’elle cache.

Avec Morgane, Antonin va apprendre la patience et l’art de l’observation. Chaque jour il va à la rivière au moment où les rayons de soleil lui permettent d’observer le poisson. Il l’étudie, prend des notes pour enfin découvrir ses secrets.

Un joli album, qui apporte par son dessin et ses couleurs beaucoup de douceur. L’histoire est courte et simple mais elle invite à la contemplation dans la nature. Après l’avoir lu on a envie de découvrir nous aussi quelques secrets caché dans la nature, d’observer dans le silence, carnet à la main quelques créatures mystérieuses. Un joli conte qui met à l’honneur la nature et son respect. Parfait pour la lecture du soir : pas trop long, un texte facile à lire à haute voix, de belles illustrations et un certains apaisement qui se dégage de l’ensemble.

Merci aux éditions Plumes Solidaires pour cette découverte.

⇒ à lire aussi l’avis de Yannick De ProseCafé


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Manga, yôkai et douceur

Manga de démons, fantômes et yôkai… à cette annonce on ne pense pas vraiment à la douceur, à la poésie, à la contemplation… et pourtant !

Démons, fantômes et yôkai ne riment pas toujours avec horreur. Dans les manga que je vais vous présenter on rencontre toutes sorte de démons mais il y ai aussi question d’amitié, poésie, et douceur de vivre.

Commençons par un titre dont j’ai parlé déjà plusieurs fois : Le pacte des Yôkai de Midorikawa Yuki (Delcourt). Dans ce manga (aussi adapté en anime) on suit le quotidien de Natsume, un lycéen solitaire et orphelin qui a le pouvoir de voir les yôkai. En liant un pacte avec un drôle de chat, Natsume s’ouvre non seulement au monde des yôkai, qu’il apprend à connaître, mais aussi à la vie. Il sort petit à petit de sa coquille, apprends à prendre du recul vis à vis des blessures de l’enfance, se fait des amis… Il apprends à aimer la vie et à comprendre ce qu’elle a de beau. Au rythme plutôt lent, Le pacte de yôkai est une véritable tranche de vie, mettant en scène un jeune homme qui se cherche… au milieu des créatures folkloriques. Il y a dans le manga, comme dans l’anime, beaucoup de douceur, et un ton très mélancolique. Une sorte de nostalgie d’une harmonie perdue, surtout chez les yôkai qui peuvent être ici comme des représentations d’un autre temps, un temps où la spiritualité occupait une place plus importante, une époque qui peu à peu s’efface. Les yôkai perdent de leur magnificence, leur consistance, mais quand il faut partir ils n’ont plus de regrets. Lire le pacte des yôkai c’est comme faire un deuil. Est-ce le deuil de l’enfance, ce monde où tout est possible, même voir de drôles de créatures invisibles à tous ? Est-ce le deuil d’une époque où l’homme était plus proche de la nature et des ses esprits ? Je ne serais analyser ce manga, mais l’animé, comme les quelques tomes de cette longue série que j’ai lu m’ont fait éprouver une douce mélancolie qui rend à la fois triste et heureux.

à lire aussi l’avis de Carolus

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Je poursuit ce voyage avec un autre manga au rythme plutôt lent : Le cortèges des cent démons de Ichiko Ima. Cependant ici les yôkai sont peut-être plus effrayant et moins touchant que ceux de Natsume. Il y est encore question d’un jeune homme capable de les voir et de les maîtriser. Un don qu’y a rendu le jeune homme solitaire et distant. Il est touchant dans sa solitude. Ici aussi il y a une certaine tristesse, et peut-être aussi de la mélancolie. Il y a quelques drames qui ponctuent l’histoire mais on ne s’y attarde pas vraiment. Encore une fois le quotidien est mis en avant. On voit le jeune exorciste exécuter ses missions, vivre en famille et… les choses semblent se compliquer mais… je ne serais jamais la fin ! La série a été malheureusement interrompue en France T_T C’est un très joli manga, au trait fin. Il se dégage beaucoup de douceur du dessin alors même que ce qui est raconté est bien moins doux. Un titre intéressant que j’aurais eu plaisir à poursuivre.

à lire aussi l’avis de Bobo et Plumy

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Toujours dans un esprit jeunes gens sensibles, yôkai et tranche de vie, je vous conseille également Mokke de Kumakura Takatoshi (Pika éditions). Ici ce ne sont pas des garçons qui tiennent l’affiche, mais deux sœurs ayant elle aussi la capacité de voir ou attirer les yôkai. L’aînée peut les voir tandis que la cadette se fait posséder à chaque mauvaise rencontre. Pour faire face à ces dons particuliers, à cette grande sensibilité, elles sont envoyée vivre chez leur grand-père à la campagne. Le vieil homme est un exorciste un peu bourru mais plein d’affection pour ses petites filles. Outre l’aspect tranche de vie, le manga a un côté très pédagogique. Le grand-père prends toujours le temps de donner de nombreuses explications sur les créatures que les jeunes filles rencontrent, issues du véritable folklore japonais.

à lire aussi l’avis de Choco

Image associée

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On remonte dans le temps et on part à l’époque Heian, pour des histoires de yôkai pleines de poésie et d’humour. Le manga Onmyôji-celui qui parle aux démons de Yumemakura Baku (scénario) et Okano Reiko (dessin) s’inspire de contes et légendes traditionnels pour nous présenter une jolie fresque de l’époque Heian et des coutumes de la haute société. Le personnage principal est d’ailleurs autant un personnage historique qu’une légende : Abe-no-Seimei est un des onmyôji (qui pratique la voie du yin et du yang, cosmologie ésotérique traditionnelle japonaise)  le plus connus de l’histoire nippone. On a encore ici beaucoup de lenteur, de la contemplation, un sens de l’humour très particulier et un récit plus centré sur les jutes verbales de deux amis que sur les monstres inquiétants. Un beau manga, autant pour son dessin, que pour son ambiance très particulière, légèrement soporifique.

à lire aussi les avis croisé d’OliV, Lunch et Badelel sur K.BD (liens vers leur chroniques respectives dans l’article)

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Enfin je vous amène ailleurs, dans un ailleurs incertain où il n’est pas vraiment question de yôkai mais d’autres créature qui pourrait s’y apparenter. Mushishi de Urushibara Yuki (éditions Kana) est un manga contemplatif, offrant de magnifiques paysage, un herboriste nonchalant irrésistible, et des créatures fantastiques prenant vie de façon inopportune. J’aime ce titre pour son ambiance particulière et son dessin original. Le rythme est aussi très lent. Si les étranges créatures sont au centre de l’intrigue, c’est encore une fois la tranche de vie qui prévaut sur le fantastique. A la recherche de ces étranges apparition qu’il veut étudier, l’herboriste fait surtout de belles rencontres humaines. Ici encore on retrouve un ton nostalgique.


Les couvertures des premiers tomes

 Manga - Cortège des cent démons (le)  Manga - Mokke Manga - Onmyoji - Celui qui parle aux demons


Voilà pour ne partager que quelques titres mêlant yôkai et douceur. N’hésitez pas à laisser vos suggestions lectures

⇒ à lire aussi mes articles 


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Neige d’amour La légende de Yuki Onna

Ah ! La voici enfin ma chronique sur Neige d’amour ! Enfin ?! Ben oui, un moment que j’y pense et puis… de fil en aiguille… j’ai déjà 2 mois de retard sur mon programme ! Je voulais à l’origine présenter ce manga pour le mois du Japon mais … comme dit l’adage « mieux vaut tard que jamais » 😉 Et puis, sur Ma petite Médiathèque, c’est un peu le mois du Japon toute l’année 😀 un peu de neige pour nous rafraîchir en ce début d’été ne fera pas de mal.

Neige d’amour est un manga de Makoto Aizawa, qui nous offre ici son premier titre, publié aux éditions Asiatika.

Connaissez-vous la légende de Yuki Onna (femme des neiges) ? J’avais déjà évoqué ce mythe, très connu au Japon, à travers l’interprétation que nous propose Masaki Kobayashi dans Kwaïdan. Makoto Aizawa nous en livre une version plus moderne et peut-être moins inquiétante.

Dans un pays indéterminé, en proie à la guerre, un jeune soldat voit mourir de froid son camarade plus ancien dans un accident durant l’entrainement. Dans son délire, à l’orée de la mort, il croit voir une femme qui aspire la vie de son ami. Le jeune homme ne doit sa propre survie qu’à son joli visage, que l’inquiétante apparition ne veux pas faner.

Perturbé par cette expérience, le jeune Sakai se renferme sur lui-même. Un jour il rencontre une jolie fille, blessée comme lui par la vie. Il se reconnaissent l’un dans la faille de l’autre et se lient d’amour, fondent une famille mais un  jour Sakai oublie la promesse et raconte sa rencontre avec Yuki Onna. En brisant sa promesse, Sakai brise le bonheur fragile de sa famille, sa femme disparaît.

Le conte s’arrêt là, mais Makoto Aizawa nous propose une suite dont je ne dévoilerais pas ici les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Tout en reprenant fidèlement la trame du conte traditionnel, l’auteur réussi à la faire revivre dans un contexte plausible et qui fonctionne bien. Il donne à Yuki une fragilité qui la rend très humaine, très attachante. Le récit, par sa fidélité au conte est classique mais efficace et plaisant. J’ai aimé le dessin aux très rond et doux qui, pas ses lavis et ses nuances de gris accentue l’effet de nostalgie qui se dégage du récit. Le dessin me rappelle l’ambiance des vieux albums photos.

Avec Neige d’amour, on a une jolie façon de découvrir ou redécouvrir ce conte traditionnel incontournable du folklore japonais. Je le conseille à tous les amateurs de contes et légendes.

en savoir plus sur le site de l’éditeur


Petit Bac 2017

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L’ogre Georges et les bonbons roses

L’ogre Georges a perdu toutes ses dents ! Comment va-t-il faire pour pouvoir manger des enfants maintenant ? Après quelques veines (mais drôles) expériences pour se reconstituer une belle dentition, Georges doit se rendre à l’évidence : il ne pourra plus manger d’enfant. Il se résigne donc à descendre de sa montagne pour aller cherche quelque chose de mou à manger dans un supermarché. Oui mais voilà ! Il y a plein d’enfants au supermarché ! Georges réussira-t-il à résister à la tentation ? Le grand méchant ogre va vite se retrouver désarmé face à la gentillesse d’un enfant qui lui offre des paquets de guimauves  roses.

Avec Mimiko nous avons trouvé cet album très drôle. Les moments où Georges tente de se refaire des dents en sucre et en arrête de poissons, avec des illustrations en mode caricature, ce sont sans doute les pages les plus drôles. La suite, dans le supermarché je l’ai trouvé un peu moins rigolote mais ça marche bien.

J’ai beaucoup aimé les illustrations Benoît Dahan. L’ogre y est plus drôle qu’effrayant et a un quelque chose de plouc assez marrant. La couleur bleu de l’ensemble est agréable. La mise en page du texte est aussi dynamique, jouant sur la taille de la police. Le texte de Arnaud Tiercelin fonctionne bien, jouant sur la répétition un peu à la façon d’une comptine.

Dans une forêt,
il y avait un ogre.

Dans cette forêt,
l’ogre s’appelait Georges
et il se trouva fort malheureux.

Dans la forêt,
Georges se trouva malheureux
car il venait de perdre
sa dernière dent.

On aurait presque envie de le chanter 🙂

Merci aux éditions Frimoüsse pour cette découverte.


Avec cette lecture je me suis interrogée sur cette mode actuelle de détourner les contes classique en les prenant à contre pieds et faisons du traditionnel méchant le héros, qui souvent, comme ici, n’est pas vraiment méchant ou se laisse attendrir par la gentillesse des enfants. Je m’interroge car une des fonctions du contes était justement de mettre en garde les enfants contre les danger qui peuvent les menacer et qui prennent la forme métaphorique d’un ogre ou d’un méchant loup. Ces derniers devenus gentils, ou du moins réhabilité, comment mettre alors en garde l’enfant contre les dangers qui guettent ? Est-ce que ce n’est pas véhiculer une vision trop naïve du monde que de faire de tous des gentils ?

A cette interrogation j’oppose cependant un message positif que ce genre d’album véhiculent : la tolérance. Ne pas s’arrêter à l’apparence. Ne pas avoir peur de ce qu’on ne connais pas, c’est à dire de l’autre, de l’étranger, du différent.

Je suis donc tiraillé entre ces deux aspects, d’un côté j’aime le message de tolérance, de l’autre je pense qu’il faut tout de même apprendre aux enfants à se méfier.


 

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