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La légende de Chico Rei ~ album-cd

Aujourd’hui je vous présente un album franco-brésilien que j’ai découvert à la médiathèque et que j’aime beaucoup.

L’album nous raconte la légende de Chico Rei, un roi africain fait esclave avec tout son peuple et vendu pour travailler dans les mines du Minas Gerais, à Vila Rica, devenue depuis Ouro Preto (or noir).

Ce roi entreprends de regagner la liberté de son peuple non par les armes mais par le travaille, l’entraide et la solidarité. Tous vont travailler et mettre de côté l’argent permettant de racheter tous les membres du clan.

C’est une belle légende pour un héros mythique de l’histoire du Brésil. Mais cet album ne fait pas que nous raconter sa légende. Il nous emmène dans un véritable voyage.

L’album et le cd proposent à la fois le texte en français et en brésilien.

Dans un premier temps on découvre la légende de Chico Rei puis l’auteur nous parle du samba, des écoles de Samba et de leur importance dans la vie de ses membres (Ecole de samba. Une école de la vie), enfin nous découvrons un Petit cahier de souvenir de l’auteur illustré par des croquis réalisé en 1950.

Un ouvrage complet qui nous fait découvrir un pan de la culture populaire brésilienne. Et quel plaisir d’écouter le disque nous raconter cette histoire d’abord en français puis en portugais.

Retrouvez l’album sur le site de l’éditeur


Béatrice Tanaka

D’origine roumaine, Béatrice Tanaka, quitte son pays en 1944 pour fuir la guerre et gagne le Brésil en 1947. Elle se partagera entre Brésil et France (pays où elle fait ses études). Dans ses livres elle partage son amour pour le Brésil et sa culture populaire. La première version de son adaptation de la légende de Chico Rei est publié en 1973 dans recueil de contes brésiliens. La version de cet album-cd reprends les illustration qu’elle créa pour l’édition de 1989 (livre-k7).

Ouro Preto


 

 

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Le secret de l’Achachila

J’adore cette collection qu’une amie m’a fait découvrir il y a 18 ans (déjà !). J’ai toujours chez moi les deux albums qu’à l’époque elle avait offert à Yomu-chan, pas encore Yomu et très chan. L’album que je vais vous présenter aujourd’hui je l’ai trouvé à la médiathèque, où j’en emprunte régulièrement. Tout comme sa grande sœur avant elle, Mimiko aime les écouter et les feuilleter, suivant du doigt le texte scandé par un nouveau conteur à chaque tome.

Cette histoire nous amène en Bolivie, où les aymara se sont réfugié sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes pour échapper aux conquistadors. Là haut ils vivent de la culture de la pomme de terre. Mais il faut toujours trouver de nouvelles terres fertiles pour le précieux tubercule. Pour cela il font confiance à l’Anchichila, le vieux sage du village qui sais toujours où sont les bonnes terres. Mais comme le sait-il ? C’est Quirquincho qui le lui a dit. Ce petit animal à la carapace poilue, qui raffole de patates et aime danser sous la lune.

De l’amitié entre l’animal et et l’homme naîtra un instrument : le charango.

Un très joli conte et un instrument que je ne connaissais pas. Cette histoire me fait penser à celle d’un autre album de la collection qui raconte la création d’un instrument mongole issu aussi de l’amitié entre un homme et un animal.

Cécile Boisel et José Mendoza au texte, illustrations de Luise Heugel. Conte lu par Xavier Clion. Acte sud junior (2012).


Le charango


 

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Allons à Is

Connaissez vous la ville de Is ? (Aussi écrit Ys) Aujourd’hui nous allons partir ensemble à sa rencontre. Découvrons la légende et quelques livres qui en parlent.

La légende

Comme pour de nombreuses légendes il existe plusieurs variantes de la légende de la ville de Is et du destin de la princesse qui la gouverne. Je distinguerais deux courants dans toutes les versions que j’ai pu lire, la pro-celte et la pro-chrétienne.

Dans la version pro-celte, Dahud, la fille du roi Gradlon est victime d’une machination qui la mènera à sa perte. Jeune femme, libre et indépendante, fait de sa ville Is (ou Ys) un bastion de résistance face à la christianisation qui gagne toute la Bretagne. Gwennolé, qui a converti Gradlon veut faire tomber la ville de Ys et envoie un homme la séduire pour quelle vole les clés de la ville. L’homme ouvrira les portes de la ville à marrée haute et la ville sera engloutie sous les flots. Gradlon parvient à s’enfuir avec Dahud, mais pour sauver sa peau, en suivant les conseils de Gwennolé, il abandonnera sa fille qui de chagrin se transformera en marie-morgane, mi-femme mi-poisson qui prendra le nom de Ahes. Depuis ce jour elle hante la mer et se venge en noyant les marins qui succombent à sa beauté.

Dans la version pro-chrétienne on retrouve exactement la même structure du récit à un détail pré : Dahud n’est plus une victime mais une horrible créature ayant mérité son triste sort. On raconte que chaque nuit la princesse prend un nouvel amant et qu’au petit matin elle le jette par la fenêtre de sa tour. Un jour elle est séduite par le diable qui lui demande les clés des la ville. La suite de l’histoire vous la connaissez. Saint Gwennolé sauve le bon roi en le persuadant d’abandonner sa mauvaise fille et celle-ci se transforme en créature de malheur qui séduit les pauvres marins innocents…

Pas la peine de vous dire pour laquelle des deux versions j’ai un penchant, si ?

Les albums jeunesse :

Ker-Is ~ Jean-Pierre Kerloc’h et Jérémy Moncheaux

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Reprenant une version pro-celte de la légende, cet album présente la belle Dahud comme une victime. Et Gwennolé y fait vraiment peur avec sa tête de constipé ! Le prêtre déteste la jeune femme car elle est libre et indépendante, et parce qu’elle ne reconnais pas le Dieu unique de Gwennolé, contrairement à son père.

Gradlon est pourtant ici présenté comme un brave homme aimant sa fille plus que tout. Alors que dans certaines vessions de la légende Gradelon pousse sa fille pour sauver sa propre vie, ici Dahud tombe du cheval et malgré ses efforts le père n’arrive pas à la sauver. Si j’ai trouvé que cette vision édulcore un peu l’histoire, pour un album jeunesse c’est bien mieux. L’enfant aura une vision positive du père qui n’est jamais remis en question dans la chute de la ville de Is et la mort de sa fille. Celle-ci, recueillie par la mer se transforme en morgane (créature marine semblable aux sirènes).

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Les illustrations de Jérémy Moncheaux sont très belles et le texte de Jean-Pierre Kerloc’h est agréable. Cet album est paru chez Albin Michel jeunesse.

La fiche de l’éditeur c’est par ICI.


Bande Annonce KER-IS par grmone

Vous pouvez également lire l’avis d’Herisson

Découvrez le blog de l’illustrateur ici et une interview sur La mare aux mots.

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Les Mari Morgans et autres légendes de la mer

Je me suis offert cet album lors d’une excursion à Nantes. Ado cette ville était un des endroits que j’aimais le plus visiter. J’adorais flâner dans les rues aux alentours du château. C’est dans une petite boutique aux allures fantastiques que j’ai déniché ce bouquin qui depuis m’a suivi dans tous mes déménagements. Après avoir passé quelques années dans des cartons il a enfin retrouvé sa place sur mes étagères. J’ai retrouvé tout le plaisir de mes années de jeunesse en feuilletant ce livre. J’aime beaucoup les illustrations de Pascal Moguérou. Ce livre recueille plusieurs histoires des créatures marines peuplant les légendes Bretonnes. Parmi les diverses créatures et histoires on retrouve la ville de Is et la belle Ahès.

Ahès, heman Mari Morgan
E skeud al loar, dan noz, a gan

Ahès, maintenant Mary Morgane,
Au reflet de la lune, dans la nuit, chante

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La Bande Dessinée :

Ys la légende ~ Jean-Luc Istin et Dejan Nenadov

Sorti chez Soleil en 2011. Scénario de Jean-Luc Istin, dessin de Dejan Nanadov (couleurs de Alex Gonzalbo et couverture de Esad Ribic)

résumé : Les Highlands… Ve siècle. Gradlon est un jeune Picte destiné à devenir le chef guerrier de son clan. Il subit dès son enfance une initiation hors du commun, bravant les grands froids, bravant la douleur, bravant les dieux eux-mêmes. Gradlon rencontre alors Scathach l’immortelle, sorcière des îles de Skye, celle qui fut le maître des plus grands guerriers de Bretagne. À l’issue de son enseignement, il devient un Berzerker. L’ultime guerrier dénué de toute peur ! Mais c’est la trahison de son frère et de tout son clan qui va faire de lui un héros légendaire, celui qui régnera sur YS, l’île-cité. (source : BD Sanctuary)

Mon humble avis : à l’heure où je vous parle je n’ai lu que le premier tome et j’ai bien aimé. La couverture est superbe et même si j’ai été surprise d’apprendre en l’ouvrant qu’elle n’était pas du même dessinateur que le reste, j’ai aussi aimé le dessin et la couleur de cette bande dessinée (pourtant je suis plus très bd en couleur depuis que je me suis mise au manga). Ici je suis très vite entrée dans l’ambiance et même si je trouve qu’il y a quelques défauts  du genre comme la nana à moitié nue avec une robe hyper échancrée pour… marcher dans la neige…. Je trouve que les auteurs ont fait un bon travail. Il y a de la tension, du rebondissement et du super-héro sauce fantasy, j’ai nommé Gradlon. Dans ce premier tome il n’est pas encore question de la ville de Ys, on y découvre les origines de Gradlon, le picte. On suit son apprentissage et le tome se termine avec la naissance de sa fille Ahès.

Heu… minutes, c’est pas Dahud le nom de sa fille ? Ben si mais bon après sa devient Ahès et c’est trop compliqué à expliquer. Ahès dès la naissance c’est plus facile à retenir et puis c’est plus joli comme nom :p

Allez ne soyons point tatillon on est pas à un détails près. Dans cette version Ahès est la fille d’une reine picte que Gradlon arrache aux griffes de son maléfique frère et du mari de la belle, un salop. Sauf que tout fini mal pour qui veut devenir héros et du coup… ben faut lire la BD pour le savoir.

En tout cas j’ai apprécié la lecture et je vais sans doute me procurer la suite

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La ville d’Ys ~ Rodolfe et Alzate

Sorti chez Dagaud en 2013, la série est toujours en cour avec 2 tomes pour le moment. Scénario de Rodolphe, dessin de Raquel Alzate

Résumé : Dahud, belle comme un astre et noire comme l’Enfer, est la fille de Gradlon, roi légendaire de Cornouailles. Afin de satisfaire la folie de sa fille, le roi fait construire Ys, la plus belle cité du monde. Cette ville entourée par la mer est protégée des flots par des enceintes immenses. Un système complexe mais ingénieux permet, selon les marées, d’en ouvrir les portes.

Mon humble avis : Comme dans la précédente bd, c’est Gradlon qui est ici au centre de l’histoire, mais celle-ci commence quand Gradlon est déjà roi. Il attaque une cité sans succès et se retrouve seul. Il rencontre alors Magdalen, la reine de la cité qui le séduit. Une femme étrange et inquiétante à qui il donnera une fille

Voilà ta fille, Gradlon. Prends grand soin d’elle.

Tu l’appellera Dahud

Ici la fille de Gradlon à gardé son nom 😉 En revanche la légende comporte un élément étrange : en partant avec Magdalen, Gradlon quitte notre espace temps et quand il revient en Bretagne 40 ans ont passé depuis son départ alors que lui n’a pas pris une ride. Je vous laisse imaginer le choc.

On rencontre également dans ce tome Gwenolé, un des personnages clé de la légende de Ys.

J’ai un peu moins accroché qu’avec l’autre titre. Le dessin est intéressant mais le côté un peu flou m’a perturbé. Quand au récit ça manquait, pour le coup, de tension. J’ai quand même envie de lire la suite 🙂

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Merlin – tome 1 : La colère d’Ahès ~  Istin et Lambert

Cette série est également sortie chez Soleil dès 2003 pour le premier tome, toujours avec un scénario de Jean-Luc Istin mais avec Eric Lambert au dessin (et Stambecco aux couleurs).

résumé :  Lentement, l’ancienne tradition liée aux Dieux celtes s’éteint… Le peuple l’oublie au profit du Dieu Unique. Mais c’est sans compter la déesse Ahès !
Aidée de son plus fidèle elfe, elle échafaude un plan afin de regagner l’estime de ses anciens fidèles, en créant un sauveur entièrement dévoué à l’ancienne tradition.
Elle ordonne alors à Elaüm, un esprit des airs, de se lier à une vierge… Mais ses plans se dérouleront-ils comme prévus ? (souce : BD Sanctuary)

Mon humble avis : Pour le coup j’ai été super déçue ! Je n’avais pas lu le résumé au même temps… J’ai vu Ahès j’ai foncé. Mais ici les auteurs récupèrent ce nom pour en faire tout autre chose. Ahès est une sirène, ici elle devient déesse. Son job c’est de noyer les marins, ici elle veut rétablir la gloire des dieux anciens… Bon ok. Dahud, avant de devenir Ahès a résisté pour préserver les rites celtes et a combattu la foi en un dieux unique, mais c’était une princesse, pas une déesse et puis cela l’a mené à sa perte.

Je suis déçu parce que je n’ai retrouvé absolument aucun élément de la légende que je cherchais. Sinon la bd est agréable. Ironie du sort dans ce premier tome (je n’ai encore une fois lu que le premier) on assiste également à la naissance d’un personnage mythologique, mais ici ce n’est pas Ahès/Dahud qui naît, mais Merlin le futur enchanteur. Une autre légende qu’il me faudra explorer 🙂

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La cathédrale engloutie

C’est avec cette bd de 1987 que j’ai découvert la légende d’Ahes. Comme quoi une bd acheté au puce peut avoir de lourdes conséquences (private joke 😉 )

résumé : Cuscute Le Pouete, fils et petit-fils de marins bretons, peut voir les créatures des contes, invisible à l’oeil des simples mortels. Avec ses deux amis, il voyagent à bord de la maison volée à Baba Yaga. En Bretagne pour une visite familiale, il partent à la rencontre de Ahes, la marie-morgane qui a enlevé Houarn, un marin du village.

Mon humble avis : Je l’ai lu il y a une éternité et j’ai un attachement affectif particulier avec cette bd. Je ne suis pas sûre de pouvoir donner un avis impartial. Je garde un très bon souvenir. Une joli histoire, des personnages très pittoresque, beaucoup d’humour et surtout très peu de prétention.

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La musique :

Ahès ~ Nolwen Leroy

Comme je ne parle pas breton, j’ai cherché la traduction et je l’ai trouvé ICI. Voici ce que disent les paroles :

Dans les plis de sa robe
Où luit la couleur de la nuit
Je noie mon chagrin
Je te pleure…

Du haut de la falaise,
Dans le secret de la pénombre
Je lave ma faute
M’entends-tu ?

Refrain :
De Basse-Bretagne à la mer d‘Irlande
Je me nomme Ahès
Et, je t’attends…
Je pleure le jour, je chante dans la nuit
Et je t’attends, je t’attends…

Le froid m’inonde
Héritage de la perdition
De ma vie délurée
Je m’approche de toi…

Le regret me tenaille
Complainte de mes sujets
Damnés dans la Cité d’Ys
Je suis si près de toi…

Des ailes blanches
Une rumeur gronde sur le rivage
Âme déchainée
Je viens vers toi

Sur le pas de la porte
Des bras froids et humides
Dans la chaleur du foyer
Son cœur s’ouvre…

Cette chanson est extraite de l’album Ô fille de l’eau sorti en novembre 2012.

Devine où j’suis !

Devine où j’suis ! voilà un album original et drôle. Merci aux éditions Frimoüsse pour cette lecture.

Cette petite fille tout de rouge vêtue, le téléphone à la main, enfermée dans un endroit des plus inquiétants a de quoi éveiller la curiosité. L’anachronisme entre le téléphone portable et la tenue de la petite fille ne fait que renforcer cette impression. Quelle histoire vont donc nous raconter Richard Marnier et Aude Maurel ? Que cache cette couverture à la fois familière et étrange ?

C’est une réécriture du traditionnel Chaperon rouge qui nous attend mais elle n’a plus grand chose à voir avec la version classique que nous connaissons tous. Seuls les clins d’œil aux personnages de nos contes d’enfance relient l’album au vrai Chaperon rouge. Les clins d’œil et son chaperon ! Ici le Chaperon à une allure de matriochkas, ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Logiquement la mère et la grand mère ont le même aspect, tout en rondeur.

Mais que fait donc notre chaperon rouge dans cette drôle de grotte ?

Maman ! c’est moi le petit Chaperon Rouge, devine où j’suis !

Tu est chez Mère-grand, pourquoi ?

Pas du tout ! je suis dans le ventre du Grand Méchant Loup !

ENCORE ! Passe-le-moi, j’ai deux mots à lui dire …

S’en suit une série de situation burlesque dans les quelle la mère du chaperon, qui tente de prendre le thè avec ses amies, se doit de remonter les bretelle à tous les vilains petits méchants qui se sont avalé les autres

recrache ma fille, sinon ça va barder !

J’ai trouvé ça vraiment très drôle. On perd ici tout le sens de mise en garde de la version originale du Chaperon mais on y gagne en rigolade avec une histoire à répétition très efficace et un détournement dans lequel on retrouve les personnages traditionnels des contes de fée classiques les uns après les autres. On commence avec le Chaperon rouge et le fameux grand méchant loup, puis c’est au tour de l’ogre, du dragon et du chevalier.

Point besoin de chasseur pour libérer le petit Chaperon, l’autorité des mères suffit à remettre de l’ordre dans ce grand capharnaüm. Encore faut-il prévoir suffisamment de goûter pour cette bande d’affamé !

J’ai apprécié que la référence au chaperon rouge ne se fasse pas dès le titre mais seulement une fois la deuxième page tourné. Cela laisse un peu de temps à l’enfant avec de reconnait des éléments qui lui sont familier.

Une lecture amusante pour un détournement réussi.


à lire aussi l’avis de Johanne


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La soupe aux cailloux de Fou, Lou et Shou

J’ai enfin trouvé le temps de découvrir avec Mimiko ce nouvel album des éditions Fei (sorti le 19 août).

Comme le précédent album de cette maison d’édition dont je vous ai parlé, Les Raisins sauvages, ce nouveau conte a une très jolie couverture aux couleurs pour le moins lumineuses ! Avec les raisin sauvages nous avions des tons bleus et verts apaisant, ici c’est un jaune intense qui nous réveille. Et réveiller c’est ce que vont faire Fou, Lou et Shou avec le petit village de montagne qu’ils vont visiter.

Peut-être connaissez-vous déjà l’histoire de la soupe aux cailloux ? Il s’agit en effet d’un conte traditionnel européen. Pour ma part, si le titre m’était familier, je n’avais que de très vague souvenir et j’ai été ravie de découvrir cette version de Jon Muth. L’auteur a adapté le conte et le transposant en Chine, où trois moines Zen vont ramener la joie dans un village de montagne. Grâce aux trois moines et leur soupe aux cailloux les villageois retrouveront le bonheur du partage.

Une très belle histoire racontée par de très jolies illustrations. Le texte est court mais il ne manque pas de poésie. Il se lit facilement à haute voix (j’ai presque pas cafouillé ce qui pour moi est un exploit ^^’). C’est beau et plein d’humour.

Mimiko a beaucoup aimé les trois moines. Et a écouté attentivement les explications qui, à la fin de l’histoire, viennent donner quelques clés de lecture supplémentaires. On y apprend que les noms des moines sont ceux de 3 divinités chinoises, ce que signifient les 3 cailloux empilés où encore la raison du choix de la couleur jaune. Des informations qui donnent envie de relire l’album en regardant de près les détails qui se glissent ça et là dans les dessins.

Les illustrations, des aquarelles très douces et chaleureuses, nous ont séduites toute les deux. Mimiko en a choisi quelques unes pour vous (il s’en ai fallu de peu qu’elle ne me fasse photographier l’album en entier 😀 ) :

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Retrouvez la soupe aux cailloux sur le site de l’éditeur et découvrez-y un extrait de l’album.

Jon Muth est un auteur/illustrateur américain spécialisé dans le livre pour enfants depuis 1999. On lui doit également Petits contes Zen et  Nouveaux contes Zen que je vous laisse découvrir chez mon amie Blandine (en lisant cet album j’ai tout de suite pensée à elle et je ne me suis pas trompée puisque elle avait déjà chroniqué une précédente édition)


Un grand merci aux éditions Fei qui nous ont fait découvrir ce joli livre qui aura su séduire la mère comme la fille. Je le conseille à tous les amateurs de contes, d’ambiance zen ou tout simplement de jolis albums illustrés.


lecture 15 sur 20
lecture 1 sur 6

 

Les Raisins sauvages, un joli conte aux éditions Fei

A peine arrivé à la maison, le livre à trouvé preneur ! Nous nous somme installé avec Mimiko et avons savoure ce très bel album des éditions Fei avec beaucoup de plaisir.

Il n’aura pas échappé à l’œil averti de la petite Mimiko une couverture originale avec une texture rugueuse. ça change un peu des couvertures lisses et brillantes. J’aime beaucoup l’effet que ça fait. Le rendu mat et artisanal s’accordent parfaitement aux couleurs et à l’ambiance des magnifiques illustrations de Wu Jinglu.

Tout en douceur et en rondeur, aux couleurs bleutées et délicates, les illustrations de Wu Jinglu (dont la première version date de 1985, ici c’est le dessin repris par l’illustrateur lui-même en 2012) ont un côté très vintage qui donne à l’album un léger parfum de nostalgie qui touchera surtout les parents. Mimiko en a aussi pleinement apprécié la beauté simple et touchante. Pour vous elle a choisir cette page qu’elle a tout particulièrement aimé.

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Très joliment illustré ce conte, Les Raisins sauvages, a été écrit par Ge Cuilin en 1956, puis revu et corrigé pour la nouvelle édition de 2012 (édition qui est traduite en français par les éditions Fei).

C’est l’histoire d’une petite fille qui a la mort de ses parents voit sa méchante tante s’accaparer la ferme familiale. La petite fille devient alors la gardeuse d’oies. Mais la beauté des yeux de la petite fille attise la haine de la tante qui a mis au monde une petite fille aveugle. Folle de rage la tante brûle les yeux de la petite gardeuse d’oie qui part dans la montagne chercher le raisin sauvage capable de redonner la vue.

Là elle rencontre le dieu de la montagne qui attendri par son histoire lui offre de rester auprès de lui mais la petite fille, aussi bonne que courageuse, préfère rentrer chez elle et partager le raisin sauvage avec d’autres aveugles.

Une jolie histoire avec une morale simple mais juste, la générosité et l’altruisme de la petite fille seront récompensé de la plus belle des façon. Et là Mimiko a été surprise ! La tante qui était si méchante change grâce à la bonté de la petite gardeuse d’oie. « Mais d’habitude les méchant on les chasse ou ils meurent » me dit-elle, habituée aux contes traditionnels. C’est vrai que la méchante marâtre de blanche neige meure (dans d’atroces souffrances selon certaines version). Mais ici point de châtiment, ce que nous offre Ge Cuilin c’est une rédemption. Touché par la bonté de sa nièce, la tante se métamorphose. Et c’est un message peut-être un peu naïf mais en tout cas très positif que nous est transmis. Soyons bons, soyons généreux et peut-être le monde changera autour de nous.

Bref c’est un très jolis conte, simple et efficace, au texte assez court, magnifiquement illustré par un dessin classique et doux. Un album très charmant qui trouvera une place de choix dans notre étagère de contes et légendes.

en librairie depuis le 6 mai

album jeunesse à partir de 4 ans

lire un extrait sur le site de l’éditeur

Milles merci aux éditions Fei pour cette lecture.


9/20
9/20

Mon premier coup de cœur livresque : Animali nelle favole

Pour ce mois d’avril, le thème proposé pour le viaggio italien de Eimelle était la littérature jeunesse. J’ai pensé que c’était une bonne occasion de fouiller dans mes étagères à la recherche de mes livres d’enfant et je suis tombé sur Animali nelle Favole -Esopo, un livre que je n’ai pas arrêté de lire et relire dans ma jeunesse. Je l’adorais pour ses dessins très simples et mignons, pour son texte imprimé très gros (en tant que dyslexique j’avais beaucoup de mal à lire les livres ordinaires) mais aussi pour le contenu de ses histoires : les fables d’Esope. Sans doute mon premier coup de cœur livresque 🙂

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Mon édition (Giunti Marzocco) date de 1984, la première édition étant de 1976. Les dessins sont de Attilo Cassinelli et la traduction des fables de Tiziano Loschi. Le recueil regroupe 45 fables.

Même maintenant que je suis adulte, j’ai un faible pour les illustrations d’Attilo Cassinelli. Je les trouve très douces, mignonnes et pleines d’humour. Leur simplicité ne les rend pas moins expressives. J’aime leur côté minimaliste.

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La volpe scodata

Una volpe cadde in una tagliola e perse la coda. Aveva tanta vergogna che la vita le appariva insopportabile. Così pensò di indurre tutte le altre volpi a privarsi della coda : la propria deformità sarebbe stata dissimulata. Le convocò tutte, le invitò a tagliarsi la coda, facendo notare che questa appendice era non solo indecorosa, ma constituiva anche un peso superfluo. Una delle volpi, però, le rispose con prontezza : -Ehi, amica ! Certamente questa mutilazione è utile a te, altrimenti non ce la consiglieresti.

Questa favola ci avverte che alcuni danno consigli al prossimo, non per benevolezza, ma per il loro interesse personale

le site d’Attilio Cassinelli 

le site des éditions Giunti

J’ai fait quelques recherches pour voir si ce livre était toujours publié mais je n’ai rien trouvé du coup, s’il vous intéresse… tant pis pour vous 😛

littérature jeunesse
littérature jeunesse

Yôkai, ces créatures sorties du folklore japonais qui peuplent les manga

Aujourd’hui j’avais envie de faire un petit article pour parler des Yôkai, ces créatures étranges qui peuplent le folklore japonais et que l’on retrouve régulièrement dans les manga et les anime. Si l’envie d’en parler est présente, ma connaissance du sujet est loin d’être parfaite, alors n’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice 😉 Je vous propose ici un petit aperçu, une entrée en matière qui ne demandera qu’à être complétée par plus de lectures 🙂

 Des yôkai et des mots :

The Heavy Baske (1892) de Tsukioka Yoshitoshi

Yôkai s’écrit 妖怪, le kanji signifie « attractif », « séduisant » tandis que le kanji  signifie « apparition ». Sous ce terme générique on nomme toutes sortes de créatures surnaturelles diverses. Certaines issues d’anciennes légendes, d’autres plus modernes crées de toutes pièces par des artistes de l’époque Edo (1600-1868) ou encore par des mangaka contemporains tel que Mizuki Shigeru. Sous ce terme on peut aussi trouver des créatures issues du folklore occidental. Il existe des yôkai bienveillants et d’autres très dangereux, entre les deux une multitude de yôkai s’amusent à jouer de mauvais tours aux humains.

rassemblement de yôkai dans Natsume Yuujinchou

On retrouve des yôkai dans nombreux manga et anime qu’ils en soit les personnages principaux ou de simples figurants. Par exemple dans le film d’animation Lettre a Momo ils jouent un rôle principal et sont bienveillant.

D’autres mots désignent ces créatures surnaturelles : ayakashi, mononoke ou mamono.

Ayakashi (妖) semblerais désigner des yôkai ayant la particularité d’apparaître sur une surface d’eau (lu sur wikipedia…). On retrouve en effet un ayakashi dans l’épisode Umibozo de la série Mononoke (si vous ne l’avez pas vu faut absolument vous la procurer c’est génial !). Dans cet épisode  l’apothicaire est sur un bateau et c’est en mer que l’ayakashi apparaît. Cet ayakashi est le fruit de la rancune éprouvée par une humaine en mourant (caractéristique que l’on retrouve chez de nombreux yôkai, mais nous y reviendrons plus tard).

ayakashi (umibozo) dans la série Mononoke

Pour la petite histoire Umibozo (海坊主) est le nom d’un yôkai marin naufrageur. Son nom signifie « moine de la mer ». Son aspect varie selon les sources. Il est tantôt représenté comme une énorme silhouette noire avec de grand yeux, tantôt comme un vieil homme.

le marin Tokuso rencontrant un umibōzu, par Utagawa Kuniyoshi

Si l’ayakashi de la série Mononoke semble correspondre à la définition de wikipedia, dans d’autres séries le terme ayakashi est utilisé pour désigner des apparitions qui se matérialisent aussi bien sur terre que sur l’eau. Je pense notamment à Noragami (manga anime) où ce nom est employé pour désigner toutes les créatures nées des amertumes, tristesses et autres émotions négatives humaines. Dans cette série Yato, un dieu mineur, utilise des armes spirituelles pour détruire les dits ayakashi et ainsi libérer les humains de leur emprise.

ayakashi dans la série Noragami

A noter que la série Mononoke est un spin-off d’une série intitulée Ayakashi : Japanese Classic Horror, série animée composé de 3 arcs indépendants réalisés par 3 réalisateurs différents et mettant en scène des histoires de fantômes (si vous savez pas quoi m’offrir pour mon anniversaire… 😛 ).

On trouve encore le mot ayakashi dans le titre du manga Secret Service Maison de Ayakashi de Cocoa Fujiwara où les personnages principaux sont mi-humain mi-yôkai.

Secret Service
Secret Service

Les yôkai sont encore appelés mononoke (物の怪), autre terme générique utilisé pour parler de monstres ou esprits.  signifie « chose », « objet » et on retrouve le kanji 怪 de yôkai qui signifie « apparition », « mystère ».

Ce terme donne son nom à la série dont je vous parlait plus haut (Mononoke – モノノ怪) mais aussi à l’un des film de Miyazaki : Princesse Mononoke (もののけ姫)

Je n’ai pour ma part jamais rencontré appellation mamono mais on pourrait ici citer le terme yurei (幽霊) qui désigne lui les fantômes en général à ne pas confondre avec les yôkai qui seraient plutôt des monstres. Les yurei sont les âmes des défunts qui n’ont pas trouvé le repos après leur mort à cause d’une rancune ou autre.

Yūrei par Sawaki Sūshi (1737)

Des yôkai et des formes

Les yôkai sont de formes et de natures très variées, animaux magiques, humains ayant perdu leur humanité à cause d’émotions négatives, objets prenant vie… il n’y a aucune limite à la yôkai’attitude !

des animaux à vous faire peur

Nombreux sont les animaux magiques que l’on pourrait trouver sous le terme de yôkai. Je ne vais pas m’amuser à tous les reprendre, je n’en citerai que quelques uns des plus connus.

Tanuki

Commençons avec le tanuki. Tanuki est le terme désignant en japonais le chien viverrin, petit canidé originaire de l’Asie de l’est. Ce terme est utilisé en occident pour désigner le bake danuki (化け狸) esprit de la forêt ayant la forme d’un tanuki. Il est souvent représenté avec un chapeau de paille et une gourde de sake. Il a le ventre bien rebondi et de gros testicules. Il est généralement considéré comme un symbole de bonne fortune. Les tanuki (tous comme les renards) sont des o-bake (お化け – aussi appelé bakemono 化け物 du kanji 化 « se transformer », « se métamorphoser ») soit des esprit métamorphes. Ils peuvent changer de forme à loisir et prendre une apparence humaine. Mais la caractéristique la plus étonnante du tanuki est ce qu’il fait de ses testicules ! Il peut les grossir et les utiliser à des fins diverses.

On ne peut pas parler de tanuki sans mentionner Pompoko (j’adore ce film !) de Isao Takahata (studio Ghibli). Dans le film on les voit se métamorphoser de plus belles.

J’avais été surprise dans le film de voir les transformations faites avec des testicules. J’ai découvert plus tard que ce n’était pas une invention de Takahata mais un fait reconnu de cet animal dans le folklore japonais.

estampe de Kutagawa Kuniyoshi

Kitsune

Au côté du tanuki on trouve le kitsune, le renard. Ici c’est le même terme qui est employé à la fois pour désigner l’animal réel et la créature légendaire : 狐. Tout comme le tanuki, le renard est un yôkai métamorphe et peut prendre forme humaine.

Les renards peuvent être bienveillants, ils sont alors associés au dieu Inari (dieu des céréales et du commerce… tiens ça me fait penser à une certaine Holo qui n’est pas une renarde mais une louve mais partage avec le renard sa malice et son pouvoir métamorphe, lire Spice and Wolf).

Les kitsune peuvent être malveillant. Ils jouent des farces aux humains et peuvent  même les posséder (Kitsunetsuki), la victime est toujours une jeune femme qui prends alors des trait rappelant ceux du renard.

On retrouve également des renards dans Pompoko, ils y sont particulièrement espiègles et opportunistes par opposition aux tanuki qui sont bon enfant.

On représente souvent les renards avec plusieurs queues, le nombre de queues augmente avec l’âge et la puissance de l’esprit renard. Le plus célèbre renard dans le manga est sans doute le kyûbi de Naruto, ce renard à neuf queues qui est scellé dans son corps.

Kurama le « kyûbi no kitsune » (renard à 9 queues) de Naruto

Autre renard autre style, on retrouve ce yôkai dans le film d’animation coréen Yobi, le renard à 5 queues. Ici le renard s’amuse à prendre forme humaine pour rejoindre un camp d’enfants.

(« une oeuvre de la même veine que celle de Miyazaki » si Miyazaki avait fumé un gros pétard mais… malgré le côté wtf du film Mimiko a beaucoup aimé)

On retrouve en effets des légendes de renards à plusieurs queues aussi dans la mythologie chinoise et coréenne.

Je me souviens également d’un renard dans Natsume Yuujinchou (Le pacte des Yôkai dans la version manga en français).

Un tout petit renard qui se prends d’affection pour Natsume.

Je ne me souviens plus dans quel épisode il apparaît.

Rien à voir avec le Kyûbi de Naruto ! XD

renard à 9 queues dans Secret Service
renard à 9 queues dans Secret Service

L’esprit renard prend souvent la forme d’une femme-renard qui séduit les hommes. Elle peut parfois se révéler être une bonne épouse. Selon la légende, Abe no Semei était le fils d’une femme-renarde (Kuzunoha) qui lui aurait légué une part de ses pouvoirs. Pour savoir qui est Abe no Semei je vous conseille la lecture de Onmiyôji, un manga de Okano Reiko. On y rencontre d’ailleurs pas mal de yôkai.

Kuzunoha quittant son enfant par Yoshitoshi

Autre yôkai lié au renard le kitsunebi (狐火) « feu du renard » magnifiquement représenté par Hiroshige. On retrouve cette estampe dans Furari, un manga de Taniguchi.

Hiroshige – New Year’s Eve Foxfires at the Changing Tree, Ōji (1857)

bakeneko

Autre animal réputé pour ses pouvoirs magiques (chez nous aussi !) le chat. Appelé bakeneko (化け猫) « monstre chat », on retrouve le kanji 化 de la métamorphose. Tout comme le tanuki et le kitsune c’est un bakemono.

bakeneko par Hiroshige

Le bakeneko n’est pas une créature charmante, il peut dévorer son maître pour prendre ça place ou faire revenir les morts à la vie. On retrouve ces chats monstrueux dans de nombreuses légendes notamment dans La danse des chats, un joli conte dont j’ai déjà parlé.

« Ume no Haru Gojūsantsugi » (梅初春五十三駅) by Utagawa Kuniyoshi

On retrouve un bakeneko vengeur dans le dernier épisode de Mononoke ainsi que dans le dernier  arc de la série Ayakashi.

bakeneko dans Ayakashi – Japanese classic horror

Autre yôkai chat, le nekomata se caractérise par une double queue :

Nekomata par Gojin Ishihara
nekomata dans Naruto

Mais il n’y a pas que des chats malfaisants, il y a aussi le chat porte-bonheur : le maneki-neko (招き猫), ce chat à la patte levé qui vous invite à entrer.

J’ai découvert récemment la légende à l’origine du maneki-neko sur Vivre livre, je n’ai pas encore lu l’album qui la raconte mais en attendant je vous invite à faire un tour chez Blandine pour en apprendre plus sur ce charmant chat.

Les références aux maneki-neko dans les manga et anime sont nombreuses. Je citerais avant tout Natsume Yuujinchou où Madara, un puissant yôkai, se voit affublé la forme d’un maneki-neko après avoir été scellé dans une statuette.

Natsume Yujinchou

On retrouve des chats peu ordinaires dans un autre film de Ghibli : Le royaume des chats

J’allais oublier le chat-bus de Totoro

 Okuri-inu

Après les chats, les chiens, avec le okuri-inu (送り犬) « le chien qui accompagne », aussi appelé okuri-ôkami (le loup qui accompagne). Il peut être bienveillant, il suit le voyageur pour le protéger d’autres yôkai ; ou malveillant, attendant que le voyageur chute pour le dévorer. Le mot okuri-ôkami serait aussi utilisé pour désigner un homme malintentionné qui propose de raccompagner les jeunes fille pour les agresser.

okuri-ôkami par Mathiew Meyer

On trouve la version agressive de ce yôkai dans le manga Mokke de Takatoshi Kumakura.

okuri-ôkami dans Mokke
okuri-ôkami dans Mokke

Kappa

kappa – Toriyama Sekien

Le kappa (河童), ce yôkai très connu ressemble beaucoup à une tortue anthropomorphe. Le haut de son crâne est creux et plein d’eau.

Le kappa vit près de l’eau et attire les humains pour leur jouer de mauvais tours. Ils raffolent de concombre. Pour leur échapper on doit s’incliner pour qu’en vous saluant en retour l’eau au sommet de son crâne se vide et qu’ils perdent ainsi ses pouvoirs.

Les kappa sont très populaires et on en trouve dans de nombreux manga/anime. On en croise d’ailleurs  dans Le pacte des Yokai, mais si je ne devais citer qu’un seul manga je parlerais de Mon copain le kappa de Mizuki Shigeru.  Dans ce manga un jeune garçon qui ressemble à s’y méprendre aux kappa est enlevé par 2 d’entre eux avant de revenir chez lui avec un jeune kappa.

Il y a aussi le très joli (mais un peu long) film Un été avec Coo

Dans Gintama aussi on rencontre une sorte de kappa :

Gintama

Tengu

Autre yôkai aux formes d’un animal anthropomorphe très connu, le Tengu à l’allure d’un rapace. Pourtant le nom tengu (天狗) signifie « chien céleste ». Initialement représenté avec un bec, cette caractéristique a été peu à peu remplacée par un très long nez. Dangereux guerrier, démons ou protecteurs de la forêt, il  y a de très nombreuses variantes du tengu. On dit même que c’est au près d’eux que les yamabushi, sorte de moines guerrier des montagnes, tireraient leur savoir.

Tengu par Hokusai
An elephant catching a flying tengu, by Utagawa Kuniyoshi

Ce yôkai est au centre du manga le clan des Tengu de Iô Kuroda où des tengu ayant pris forme humaine tentent de rétablir leur ancienne puissance. Un manga assez étrange mais très intéressant.

le clan de Tengu de Iô Kuroda

Les tengu sont aussi au centre de l’intrigue de Kabuto Le Dieu Corbeau de Buichi Terasama.

Kabuto Le Dieu Corbeau
Kabuto Le Dieu Corbeau

Dans un tout autre style on retrouve les tengu au centre de l’intrigue de Black Bird, un shôjo où l’héroïne est éprise du maître des tengu, un beau et ténébreux jeune homme revenu dans sa vie après une longue absence.

On rencontre un tengu aussi dans le global-manga de Camille Moulin-Duprès Le voleur d’estampes (si vous aimez comme moi les estampes japonaises je vous conseille vivement ce manga très atypique qui m’a séduit surtout pour son esthétique)

Le voleur d’estampes – Camille Moulin-Duprès

Oni

Les oni (鬼) sont des yôkai à l’allure de démons qui vivent dans les montagnes. Ils ont habituellement la peau rouge, bleu, marron ou noire et sont armés de grosses massues. Je pense tout de suite au conte Momotaro où le jeune Momotaro va se battre contre des oni.

oni par Hokusai

On aperçois des oni dans le premier tome du très bon manga de Ima Ichiko : Le cortège des cents démons.

Le cortège des cents démons
Le cortège des cents démons

Tsukumonogami

Les tsukumonogami (付喪神) sont des yôkai ayant la forme d’un objet. Ceux-ci prennent vie à leur centième anniversaire. Toutes sortes d’objet peuvent devenir des yôkai. Certains d’entre eux sont particulièrement connu.

Kasa-obake

Le kasa-obake (傘おばけ) est un yôkai parapluie très populaire. Il est également appelé karakasa-obake (から傘おばけ) et karakasa kozō (唐傘小僧).

Kasa-obake par Utagawa Yoshikazu

Je l’ai rencontré plusieurs fois. Le plus connu est sans doute celui de Mizuki que vous avez du déjà apercevoir.

kasa-obake par Shigeru Mizuki

Dans le pacte des yôkai on en croise 2 différents dans le même tome. L’un d’eux est accompagné d’une kameosa (vieille jarre à sake) autre tsukumonogami.

2 kasa-obake dans Le pacte des Yôkai
2 kasa-obake dans Le pacte des Yôkai

Biwa-bokuboku

Biwa-bokuboku in Toriyama Sekien’s Hyakki Tsurezure Bukuro

Le biwa (琵琶) est un instrument de musique japonais utilisé depuis le VIII° siècle, dérivé du pipa chinois. Le biwa-bokuboku (琵琶牧々) serait un biwa ayant pris vie.

Tout de suite je pense au biwa farceur présent dans Onmiyôji de Reiko Okano.

extrait de onmiyôji

Chôchin-obake

Le chôchin-obake (提灯お化け) est un yôkai lanterne en papier. Je le connais surtout pour les nombreuses estampes le représentant à commencer par celle d’Hokusai que vous avez sans doute déjà vu.

Chôchin-obake, série Hyaku monogatari de Hokusai

Chôchin-obake ou fantôme vengeur d’Oiwa, ces lanternes font vraiment peur !

Portrait d’Oiwa selon Utagawa Kuniyoshi

Des humains devenus yôkai

Après les animaux magiques, les créatures légendaires, les objets qui prennent vie, il y a une autre sorte de yôkai, ceux qui étaient humains avant de se transformer en horribles monstres à cause de leur trop fortes émotions négatives (à ne pas confondre avec les humains qui deviennent des fantôme à leur mort).

Les oni hannya sont par exemple des femmes devenues démons à cause de leur trop grande jalousie.

Warai Hannya de la série Hyaku monogatari – Hokusai

Autres yôkai d’origine humaine le rokurokubi (ろくろ首), est yôkai pouvant allonger le cou.

manga de Hokusai

J’ai même trouvé un manga dont le personnage principal est une rokurokubi : Kanojo wa rokurokubi, mais ne l’ayant pas lu je ne peux pas vous en dire grand chose.

kanojo wa rokurokubi
Le pacte de Yôkai
Le pacte de Yôkai

wanyûdô

Le wanyûdô est un yôkai en forme de roue de char à bœuf avec un visage entouré de flammes. Selon la légende c’est l’âme d’un daimyo tyrannique qui se serait transformé en yôkai.

wanyûdô par Toriyama Sekien

On retrouve ce yôkai dans le manga/anime La filles des Enfers

wanyûdô dans la fille des enfers

yôkai interdit aux moins de 16 ans

Bon, jeunes puceaux et pucelles vous aurez été avertis, je décline toute responsabilité pour les images qui vont suivre XD

Mais c’est trop drôle ! Je peux pas faire l’impasse : je vous présente tête de gland

par Utagawa Kuniyoshi

Il existe bien d’autres yôkai, je ne pourrais pas tous les citer mais si vous en connaissez un qui vous a particulièrement marqué et que je ne présente pas, n’hésitez pas à me donner quelques infos, je l’ajouterais à cette présentation avec plaisir 🙂

Je voulais reprendre plus en détails tous les manga cités dans cet article mais je pense que ce sera un peu trop long. J’opte donc pour un deuxième article que vous pourrais lire sur Ma petite Médiathèque dès demain.

Sore jaa, mata 


annexe 1 : Des Yôkai et des manga

annexe 2 : Des Yôkai et des anime

Oneuli – un conte coréen

C’est à la bibliothèque que j’ai repéré ce magnifique album. Je l’avais sélectionné pour la semaine coréenne de la semaine dernière mais je n’ai eu le temps d’écrire mon billet. C’est en cherchant des albums coréens que je suis tombée sur ce titre, la couverture étant très jolie je l’ai emprunté.

Oneuli de Cho Ho-sang (texte) et Kim Dong-seong (illustrations) est un conte très classique mais pas moins beau pour autant. On y retrouve la structure de nombreux conte ou le personnage principal, un enfant, part en quête de quelque chose et fait de nombreuses rencontres tout au long du chemin, sa gentillesse attire les bonne grâces de ses interlocuteurs qui l’aident ainsi dans sa quête.

Ici Oneuli, une petite fille trouvée par des voyageurs qui lui donnerons ce nom, part à la recherche de ses parents biologiques qui vivent dans le « Woncheongang, un royaume situé très loin dans le ciel ». En chemin elle rencontre divers personnages qui doivent lui indiquer le chemin, tous lui confient des questions à poser lors qu’elle aura atteint le Woncheongang. Il y a le jeune homme qui ne peut rien faire d’autre que lire, un arbre, un serpent géant, une jeune femme qui ne peut rien faire d’autre que lire et une fée. Grace à leur aide elle atteint le Woncheongang où elle peut retrouver ses parents avant de retourner sur terre apporter les réponses à tous ceux qu’elle a croisé en chemin. Une fois cette tache accomplie, Oneuli peut accomplir son destin et devenir à son tour une fée.

J’ai trouvé ce conte magnifique. Sa structure traditionnelle m’a ramené en enfance, j’adorais ces contes à répétition. Et la morale y est simple et belle : aide les autres et ils t’aiderons.

Graphiquement l’album est magnifique. Le dessin est très doux et rappelle les peintures traditionnelles.

J’ai beaucoup aimé cet album qui nous est proposé dans la collection Chan Ok des éditions Flammarion (une très belle collection !)


7/20
7/20
album jeunesse
album jeunesse

7 contes japonais

Pour le thème de février du challenge je lis aussi des albums je vous propose un petit livre de contes japonais bilingue de Tomonori Taniguchi, édition Le Lézard Noir, collection Le petit Lézard.

Les contes sont très courts et se lisent facilement. Le texte est en français et en japonais, idéal pour les amoureux du Japon qui veulent apprendre la langue (j’ai pour ma part laissé tombé l’apprentissage du japonais depuis trop longtemps pour en profiter). Même sans s’intéresser à la langue japonaise ce livre est très agréable. On y découvre de très joli contes et les illustrations sont très mignonnes, pleine de tendresse. Parmi les contes présenté je n’en connaissais qu’un seul : Urushima Taro.

A conseiller à tous les amateurs de contes, du Japon ou tout simplement de jolis albums.

6 autres albums de Tomonori Taniguchi sont disponibles chez l’éditeur. visitez le site de l’auteur.

Feuillez l’album :

3/20 - thème langue étrangère
3/20 – thème langue étrangère

les autres albums du rendez-vous langue étrangères :
Abonnez-vous au tableau Langues étrangères – Challenge Je lis aussi des albums de Sophie sur Pinterest.