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A vos papilles ! Du manhwa en cuisine

Pour honorer le partenariat entre Des livres en cuisine et le challenge coréen de PatiVore, j’ai ressorti de mes étagères le manhwa A vos papilles ! Voyage culinaire en Corée que Yomu-chan m’avait offert il y a 2 ans.

 

Dans ce manhwa scénarisé par Kim Young-bin et dessiné par Hong Dong-kee on découvre la cuisine coréenne ordinaire, celle que l’on mange tous les jours, son titre original est d’aillaurs Everyday foodies. On y découvre les plats familiaux traditionnels, les cérémonies autours de la table mais aussi les friandises populaires, la junk food... bref la vie quoi.

J’ai beaucoup aimé cette très courte série (2 tomes seulement) qui est en fait le spin off de Geonbae , également sorti chez Clair de lune, une série sur l’alcool coréen que je ne connais pas encore mais ça ne serait tarder.

Si la nourriture est abordé de façon simple (comment agrémenter des nouilles instantanées) et que les personnages salivent facilement devant ce qu’il mangent, je trouve que contrairement à d’autres séries du genre japonaise (je pense notamment à Mes petits plats faciles by Hana) les personnages ne sont pas dans l’excès constant et l’extase gustative pour un rien. Ils sont heureux de manger et le montrent mais ils n’en font pas de tonnes non plus. Il sont réaliste aussi, on les voit par exemple critique la médiocrité de plat à importer ou apprécier un resto pour la fraîcheur et la simplicité de ses plats tout en étant franc sur la qualité du menu peu raffiné.

Ce qui est intéressant aussi dans ce manhwa c’est la relation qui est faite entre la cuisine, les saveurs et les souvenirs. On voit souvent les personnages se remémorer leur jeunesse au détour d’une dégustation.

Autres aspect de la nourriture beaucoup mis en avant dans la série : l’importance du visuel, les couleurs, disposition du plats… on ne mange pas qu’avec la bouche mais aussi avec les yeux.

Si tous les mets présenté sont loin de me faire envie (je crois que la cuisine coréenne n’est pas faite pour moi), c’est une façon très plaisante de découvri cet aspect de la culture coréenne.

pour plus d’info retrouvez A vos pailles sur Manga Sanctuary et Manga News

A lire aussi les avis de  sweetmadonna et Lili


manhwa
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Oneuli – un conte coréen

C’est à la bibliothèque que j’ai repéré ce magnifique album. Je l’avais sélectionné pour la semaine coréenne de la semaine dernière mais je n’ai eu le temps d’écrire mon billet. C’est en cherchant des albums coréens que je suis tombée sur ce titre, la couverture étant très jolie je l’ai emprunté.

Oneuli de Cho Ho-sang (texte) et Kim Dong-seong (illustrations) est un conte très classique mais pas moins beau pour autant. On y retrouve la structure de nombreux conte ou le personnage principal, un enfant, part en quête de quelque chose et fait de nombreuses rencontres tout au long du chemin, sa gentillesse attire les bonne grâces de ses interlocuteurs qui l’aident ainsi dans sa quête.

Ici Oneuli, une petite fille trouvée par des voyageurs qui lui donnerons ce nom, part à la recherche de ses parents biologiques qui vivent dans le « Woncheongang, un royaume situé très loin dans le ciel ». En chemin elle rencontre divers personnages qui doivent lui indiquer le chemin, tous lui confient des questions à poser lors qu’elle aura atteint le Woncheongang. Il y a le jeune homme qui ne peut rien faire d’autre que lire, un arbre, un serpent géant, une jeune femme qui ne peut rien faire d’autre que lire et une fée. Grace à leur aide elle atteint le Woncheongang où elle peut retrouver ses parents avant de retourner sur terre apporter les réponses à tous ceux qu’elle a croisé en chemin. Une fois cette tache accomplie, Oneuli peut accomplir son destin et devenir à son tour une fée.

J’ai trouvé ce conte magnifique. Sa structure traditionnelle m’a ramené en enfance, j’adorais ces contes à répétition. Et la morale y est simple et belle : aide les autres et ils t’aiderons.

Graphiquement l’album est magnifique. Le dessin est très doux et rappelle les peintures traditionnelles.

J’ai beaucoup aimé cet album qui nous est proposé dans la collection Chan Ok des éditions Flammarion (une très belle collection !)


7/20
7/20
album jeunesse
album jeunesse
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Une semaine en Corée

Choco nous invite à partir tous ensemble à la découverte de la Corée pendant une semaine. On va voyager mais… biens calé au fond du fauteuil 😉 Ce rendez-vous vient compléter le voyage au Pays du Matin Calme que nous avions commencé en septembre dernier avec le challenge Coréen.

Comme un voyage c’est encore meilleur quand on le partage, je profite du rendez-vous donné par Choco pour ressortir mes petites notes et partager ces petites choses chinées de ci de là au hasard des cliques. Au programme un peu de lecture, de la musique et peut-être même un peu de film d’animation (si je trouve le temps !)

Vous pouvez retrouver tous les liens des participants au rendez-vous dans le Grenier à livres.

Quant à moi je vous donne rendez-vous demain pour un peu de jazz made in Korea 😉

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Couleur de peau miel – la boucle est bouclé

Ce n’est que 4 ans après avoir découvert Couleur de peau : miel avec les 2 premiers tome de ce triptyque autobiographique Jung, que je lis enfin sa conclusion.

Dans ce troisième tome, Jung quadragénaire, décide enfin de retourner en Corée. Pour ce premier voyage sur la terre qui l’a vu naître, il sera accompagné par une équipe de tournage qui filme ce retour pour l’adaptation cinématographique de Couleur de peau : miel. Dans ce troisième volet Jung devenu adulte se remémore quelques souvenir de jeunesse, parle avec son enfant intérieur,  échange avec l’équipe de tournage et réfléchi beaucoup à son expérience et a ses sentiments d’abandon et de déracinement. Il est enfin apaisé, mais la blessure est toujours là et elle lui laissera pour toujours une cicatrice.

Dans ce troisième tome il y a beaucoup d’émotion. C’est très touchant. Bien que ce soit moins amusant à lire que le premier tome ou les farces joué par la fratrie faisant rire malgré la réflexion sus-jacente sur l’adoption. Ici on est plus dans la réflexion et moins dans l’expérience de vie.

Le dessin est toujours très agréable, le ton est plus sérieux. C’est un adulte qui parle aux adultes, le premier tome parlait à l’enfant, le deuxième à l’adolescent révolté. 3 albums, 3 périodes, une vie. Une très belle autobiographie qui m’a beaucoup ému et qui m’a fait réfléchir sur l’adoption, un sujet qui me tenait à cœur depuis ma plus tendre enfance. Dans mon premier article je disais avoir toujours désiré adopter un enfant. La lecture de couleur de peau : miel m’a marqué au point de me faire changer d’avis.

→ à lire aussi mon avis sur les 2 premiers tomes, les avis de Lunch et Badelel (tome 1 et 2) et Mokamilla

Couleur de peau : miel est aussi un film. Après avoir lu le dernier tome j’ai eu envie d’enchaîner avec l’adaptation animé. Dans j’avais pu voir il y a 4 ans les premières images.

Dans ce film les prises de vue réelles sont mêlée à l’animation. On y voit Jung arriver dans sa famille Belge, y grandir. Puis revenir en Corée pour ouvrir son dossier d’adoption dans l’espoir d’en apprendre plus sur ses parents naturels. Le retour de Jung ne nous est pas livré à la fin, mais parsemé par petites touches tout au long du film. Sa voix off nous raconte son ressenti, tandis que l’animation nous montre ses souvenir d’enfance.

J’ai trouvé ce film extrêmement touchant et j’avais les larmes aux yeux même après avoir déjà lu la bande dessiné. C’était peut-être même trop touchant. Mimiko qui l’a regardé avec moi en a été bouleversé.

En revanche j’ai eu un peu de mal avec la technique d’animation que je n’ai pas trouvé assez fluide. C’était parfois déstabilisant.

Que vous choisissiez la bande dessiné ou le film (pourquoi pas les deux), je vous conseille vivement ce témoignage touchant et personnel.


bd et film d’animation
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ABC … K Seoul de A à Z

C’est dans le cadre du Challenge coréen et ses partenariats que je découvre ce petit livre illustré. ABC… K Seoul de A à Z (non ce n’est pas une erreur, pas d’accent « pour respecter le nom coréen » nous précise l’auteure) est écrit par Seutepanie (Stéphanie prononcée à la coréenne) Lapointe est publié par la mini maison d’édition (1 seul livre à son actif) Seuseulo.

Dans ce petit livre de 63 pages Seutepanie nous invite à découvrir la ville de Séoul, où elle a effectué plusieurs séjour, à travers 26 lettres un jeu d’opposition présentant 2 mots pour chaque lettre. Ses opposition sont parfois tirées par les cheveux (l’auteur elle-même nous préviens dans l’introduction, mais permettent d’explorer différents aspects de la ville et du quotidiens des coréens.

Ce petit carnet, joliment illustré, est une invitation au voyage. On y picore du bout des doigts des petits informations, avec à la fin quelques indication précises pour aller voir de ses propres yeux. cela ne suffi pas donner une bonne idée de la ville, mais c’est amusant à lire, agréable à l’œil et surtout ça donne envie. Et je crois que c’est précisément là ce que l’auteure avait envie de faire, nous faire partager son expérience et donner envie de découvrir cette ville pour laquelle est a eu « le coup de foudre ».

On a même une page pour prendre ses propres notes en vue du voyage. Une lecture idéale pour passer le temps lors de votre vol Paris-Séoul (mais prévoyait quand même quelques autres livres, le vol dure 11 heures !).

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Massacre au pont de Nogunri – Park Kun-woong

Voilà un manhwa qui ne me laisse pas indemne. Tant et si bien que je ne trouve même pas mes mots pour vous en parler. Cela fait 4 fois que je recommence ma phrase. Massacre au pont Nogunri est magnifique, voilà un ouvrage qui n’a pas été facile à dénicher mais que je suis vraiment heureuse d’avoir découvert. Enfin, heureuse n’est pas le terme approprié car du bonheur ce manhwa ne vous en apportera point ! Magnifique ne convient guère non plus.

Si le dessin est saisissant et la narration parfaitement maîtrisé, cet imposant album (611 pages!) marque surtout pas son sujet : le massacre du pont Nogunri, un horrible épisode de la guerre de Corée.

Le récit commence le 25 juin 1950. Deux jeunes enfants jouent sur le bord d’un ruisseau inconscient de ce qui se trame : l’armée nord coréenne va envahir le sud. Alors que la radio scande des propos rassurant, la nuit du 28 juin la famille de Chung Eun-Yong est réveillée par des bombardement. Le lendemain matin les rues sont noires de monde : des réfugiés qui fuient les hostilités pour trouver refuge au sud. Chung Eun-yong ancien policier et étudiant en droit va quitter sa ville avec sa femme et ses deux enfants de 4 et 2 ans pour rejoindre son village natal à la campagne.

Là, près de ses vieux parents, il se sent en sécurité, mais cela ne vas pas durer longtemps, les nord-coréens avances rapidement et l’armée sud-coréenne est incapable de stopper leur avancées. En voyant l’arrivée de la puissante armée américaines les villageois retrouvent espoir, l’armée la plus puissante du monde va les protéger. Du moins c’est ce qu’ils croient. Car l’armée américaine reste impuissante face à l’avancée des nord-coréens et très vite on leur demande d’évacuer le village. Un nouvel exode commence, plus long, plus pénible. Pendant un temps les habitants du village vont trouver refuge dans les montagnes mais là encore il ne sont pas en sécurité. On conseille aux homme, surtout ceux ayant travaillé comme policier de se réfugier avant l’arrivée des nord-coréens c’est ainsi que Eun-yong quitte à contrecœur sa famille, qui a cause du bas âge des enfants ne peut pas le suivre. Il va chercher à attendre la ville de Daegu où il se réfugie avec son frère. Le 17 août il apprends que sa femme blessé est à l’hôpital de Busan. Il décide de s’y rendre.

Dans toute cette première partie on suit l’exode de Eun-yong, d’abord avec sa famille, puis seul. Il est le narrateur et nous raconte son expérience, son ressenti, ses peurs, ses doutes. Arrivé à Busan, il retrouve sa femme, seule.

-Les enfants… où sont les enfants ? …où sont les enfaaaant?

Elle pleurait toutes les larmes de son maigre corps en criant… Ses épaules tremblaient… J’eus soudain cette certitude… « ils sont mort ! »… Une profonde tristesse envahit mon être… A présent s’en est fini de notre bonheur, fini…

Après les retrouvaille avec sa femme commence le récit du massacre qui donne son nom à l’album. Si cette première partie n’est pas facile, ce qui nous attends dans les pages suivantes est insoutenable.

Dans la première partie Eun-yong parle à la première personne et nous livres ses sentiments, cette deuxième partie prend un ton plus impersonnel, une voie-off nous contes les fait comme dans un reportage, entrecoupé de témoignages de quelques rares survivants.

Le 25 juillet, le campement où se trouve la famille d’Eun-yong se retrouve aux milieu d’un chant de bataille. Il faut repartir, aller plus au sud. Des soldats américains encadre ce nouveau convoi de réfugiés principalement composé de femmes, enfants et vieillards. Les soldats les obligent à tenir un rythme de marche soutenu, nombreux sont ceux qui ont du mal à suivre.

Le 26 juillet on oblige les réfugiés à se rassembler sur le chemin de fer. Là l’aviation américaine les bombarde à plusieurs reprises puis les survivant sont forcé de se rassembler sous le pont de Nogunri. Dans ce tunnel à la chaleur étouffante ils seront persécutés par les tirs incessants des mitraillettes américaines. Au moindre mouvent les balles ricochent dans le tunnel. Ce n’est qu’au bout de trois jours que l’armée nord-coréenne arrive pour constater le massacre et sauver les survivants. Seulement 25 personnes sur les quelques 600 réfugiés du convois. Trois jours de cauchemar qui nous sont raconté dans les moindres détails sordides. Rien n’est épargné au lecteur, devenu spectateur impuissant de l’horreur humaine. Comment croire à la bonté de l’homme après avoir lu pareille récit ?

Une lecture bouleversante qui se conclue sur une note d’espoir avec la fin des hostilité en 1953. Un espoir qui ne fera pas oublier les horreurs qui nous ont été montré. La véridicité des faits contés rendent ce récit d’autant plus insupportable. Ce massacre a bel et bien eu lieu !

Sur le rabat de la couverture de l’édition française (Vertige Graphic) on peut lire  « Chung Eun-yong est l’auteur du roman sur lequel est basée cette bande dessinée ». Mais ce qu’il nous dit pas c’est que c’est un roman autobiographique. De ce roman publié en 1994 en Corée je n’ai trouvé que le titre anglais : Do you know our angry ? Après la guerre Chung Eun-yong rejoint un groupe de survivant du massacre et se bat pour faire reconnaître les fait à l’armée américaine. Il a fait de nombreuses recherches sur ces événements. On estime le nombre de victimes à 100 lors des attaques aérienne et 300 dans le tunnel.

Pont de No Gun Ri
Chung Eun-yong en 2000 à Washington – Heesoon Yim/Associated Press

Que dire de plus ? Je pourrais parler du dessin de Park Kun-woong que j’ai trouvé très beau, à la fois stylisé et très expressif. J’ai été surtout impressionné par sa mise en scène et le jeu de nuances de noir des arrières plan apportant une intensité particulières et contrastant avec les visages qui eux sont très simples.

Massacre au pont de Nogunri est un très beau livre qui ne laissera personne indifférent. âmes trop sensibles s’abstenir. Moi j’ai trouvé cette lecture touchante, mais aussi très intéressant à plusieurs point de vue. Tout d’abord parce qu’il nous en apprends plus sur la guerre de Corée et sur la façon dont cette guerre est vécue par la population civile. Puis parce que ce récit sur l’exode de population civiles fuyant des zones de combat avec toutes les difficultés que cela représente fait malheureusement écho à l’actualité. Non loin de chez nous des civils tentes de fuir la guerre et leur prise en charge problématique fait la une de tous les journaux. Ce livre à de quoi faire réfléchir ceux qui voient d’un mauvais œil les réfugiés.

Ce livre nous fait aussi prendre conscience de la chance que l’on a. Bien sûr cette chance ne veut pas dire qu’il faille se contenter de ce qu’on a sans chercher à obtenir mieux. Mais il est important je pense de relativiser nos problèmes quotidiens et de se rendre compte de la chance que nous avons d’être né dans un pays en paix.

Au delà de cette prise de conscience un peu naïvecet album (comme un autre manhwa dont je vous parlerais bientôt : Femmes de réconfort) m’ont marqué par la vision pessimiste et négative de l’humanité. Non pas tellement que le propos de ces deux titres soit de nous dire que l’homme est mauvais, mais plutôt qu’en voyant les horreur dont il est capable moi je n’arrive pas à croire en sa bonté. Pour moi c’est la bonté qui fait office d’exception. Ce genre d’épisode dramatiques de l’histoire révèlent la nature profonde de l’être humain. Voilà pourquoi après avoir lu ce genre de livre je me dit qu’il ne faudrait pas que j’en lise. Moi qui suis d’un naturel déjà pessimiste, je perd tout espoir en un avenir meilleur.

Bon maintenant que je suis bien déprimé, je vais vous donner quelques liens et après je me fait une cure de shôjo à l’eau de rose en dévorant 4 plaquettes de chocolat.

Sur wikipedia (anglais) : Chung Eun-yong et No Gun Ri Massacre

Massacre au pont Nogunri (le manhwa) sur Vent d’Est, bar à bd, Le Grenier à Livres

A lire aussi Zoom sur un auteur coréen hors norme : Kun-woong Park

Pour mes amis italiens, sachez qu’il est également disponible chez vous chez Coconino Press

J’ai également trouvé en faisant des recherches un film coréen, A little Pond de Jakeun yeonmot. Je ne l’ai pas encore vu et je ne sais pas si j’ai le cœur à regarder.

manhwa
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Histoire couleur terre

C’est amusant de constater comment le même livre ne nous laisse pas la même impression selon la période à laquelle on le lit. C’est exactement le sentiment que j’ai eu en relisant quelques années après une première lecture dont je gardais un fabuleux souvenir Histoire couleur terre de Kim Dong-Hwa (Casterman). Je vais tenter de vous présenter cette courte série en 3 tomes en tenant compte à la fois de mes souvenir lointains et de mon ressenti actuel.

 

une histoire couleur terre :

L’histoire c’est celle d’Ihwa et de sa mère. Ihwa a sept ans, elle vit dans un village de la campagne profonde coréenne, sans doute au début du siècle dernier, seule avec sa mère, une veuve qui tient la taverne du village.

Pourquoi couleur terre ? Parce que c’est à la campagne que ça se passe, là où ce sont les saisons qui dictent leur rythme aux hommes. Le rythme des saisons on le retrouve dans le récit qui fait la part belle aux fleurs, chacune d’etre elle venant signifier le début d’une saison mais aussi une nouvelle étape dans l’évolution de la petite Ihwa. Le livre s’ouvre sur ses sept ans. Elle se demande pourquoi les garçons ont un piment entre les jambes et pas elle. Auprès de sa mère elle va apprendre ce que c’est qu’être une femme. Elle grandie et nous la voyons s’ouvrir au monde, grandir et découvrir les premiers émois amoureux jusqu’à rencontrer l’homme qui deviendra son mari. La série se clos sur son départ de la maison maternelle. C’est un peu comme voir une rose fleurir, du bouton à la fleures épanouie, on observe les différentes étapes de cette floraison.

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Un goût doux-amère

C’est la beauté et la délicatesse du dessin, la poésie fleurie du propos qui m’avaient marqué. Je gardais un merveilleux souvenir de cette lecture et c’est avec grand plaisir que je me suis engagée à le relire pour une lecture commune avec l’équipe k.bd. Pourtant à l’heure où j’écris ces lignes je ne suis pas inspirée et j’avoue que sans l’engagement pris aux près de mes camarades k.bdéens je n’aurais sans doute pas pris la peine de le chroniquer. Non pas parce que je n’aime pas, au contraire ! Mais plutôt parce que cette dernière lecture me laisse en bouche un goût plus amère. A la beauté et la poésie c’est substitué une vision archaïque de la société et de la femme où celle-ci n’existe que pour plaire aux hommes.

Sans doute au moment de ma première lecture je ne resentait pas le besoin de revendiquer mon féminisme. Depuis l’eau à coulé sous les pont, une eau boueuses pollué par des manifs pour tous qui m’a fait prendre conscience que ce que je prenais pour acquis ne l’est en fait pas du tout. Je ne peux donc pas m’empécher de resentir une certaine aversion pour tout discours qui tendrait à cantonner la femme dans un rôle aussi inisgnifiant que celui de plaire à son mari.

Bien sur Kim Dong-Hwa nous parle avec beaucoup de poésie des femmes, il souligne avec maestria leur beauté et leur délicatesse, il nous montre leur force. Mais la force dont il parle c’est le fait d’accepter des conditions de vie difficiles, d’accepter de n’avoir d’autre choix que le mariage et une vie dans la belle famille souvent très dure (traditionnellement en Corée, la jeune marié part vivre dans la famille de son époux et ne peux rendre visite à sa propre famille qu’une ou deux fois par an). Elles sont belles, elles sont douces et fortes, mais elle acceptent le statu quo d’une tradition archaïque sans même ciller. Prends ton mâle en patience, pourraient-elles dire.

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Et si cette fresque des femmes coréennes des campagnes du début XX est très belle, je ne peux résolument pas m’identifier à ces femmes. A aucune d’entre elle. Je m’interdit même la faiblesse de me reconnaître dans certains de leurs gestes ou certaines de leur paroles. Paroles qui pourtant sonnent très vrais (est-ce pour cela que je me braque ? Est-ce parce que de nos jours encore nombre de jeune femme s’inquiètent à se point de trouver chaussure à leur pieds ? moi je préfère apprendre à marcher pieds nus !).

Voilà pourquoi je n’avais pas envie d’écrire sur Histoires couleur terre, du moins pas aujourd’hui. Ma révolte l’emporte sur la beauté et de cette deuxième lecture je retiens surtout une vision archaïque de la femme et de ses inquiétudes toutes tournées vers l’homme et le sexe. Parce que soyons franc, même si c’est avec beaucoup de poésie, ce livre ne parle que de sexe.

Ceci-dit n’exagérons rien, Kim Dong-Hwa nous présente certes des femmes qui se plient aux traditions mais qui sont (dans la limite du respect des dites traditions) libres et indépendantes. La mère d’Ihwa par exemple, bien que veuve, ne s’est jamais remarié et élève seule son enfant, repoussant les avances des clients et ne gardant son cœur (et son corps) que pour l’amant qu’elle s’est choisi.

je vous laisse le bain aux haricot, moi je préfère l'alcool
je vous laisse le bain aux haricots, moi je préfère l’alcool !

Laissons couler encore de l’eau sous les ponts, peut-être que lors de ma troisième lecture je serais libéré de ma révolte et que je pourrais lire à nouveau se beau manhwa et profiter de sa poésie sans m’offusquer du reste. Car malgré tout cette série est magnifique, le dessin épuré et pourtant riche en détails est d’une grand beauté. J’aime également le texte qui avec ses nombreuses métaphores fleuries nous amène dans l’univers de ces femmes coréennes. Une très belle série.


Pour en savoir plus sur la série allé sur le site de l’éditeur, sur Manga News et Manga Santuary.

A lire aussi les avis de Yvan, Lunch et Badelel

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L’étincelle ~ la vie de Jeon Tae-il

Aujourd’hui je vais vous parler d’un manhwa de Park Tae-ok et Choi Ho-Cheol : L’étincelle, publié par vertige graphic.

L’étincelle raconte la vie de Tae-il, un jeune coréen du sud qui vit dans les bas-fonds de Seoul dans les années 60. A travers son histoire on découvre la vie des pauvres gens dans une Corée en pleine mutation : manifestations, coups d’Etats, dictatures et régimes militaires… Mais pour les pauvres gens encore et toujours la misère. Tae-il adore l’école, il rêve d’étudier mais, contraint par les conditions de vie dans lequelles sombre sa famille quand son père ruiné devient alcoolique, il est obligé de travailler et même mendier. Mais jamais il ne baisse les bras. Toujours courageux, il veut garder le bon chemin et qui sait peut-être un jour retourner à l’école.

L’étincelle est une adaptation libre de  La biographie de Jeon Tae-il et Na gâche pas ma mort – journal de Jeon Tae-il, mémoires, lettres. Tae-il a réellement existé. Il est populaire en Corée pour ses combat en faveur de la justice, des droits de l’homme et de la démocratie. Il s’immole à 22 ans pour protester contre les conditions de travail des ouvriers.

Les deux premiers tomes de l’étincelle racontent l’enfance de Tae-il. Il est ici présenté comme un exemple de vertu et de courage. Le deuxième tome s’arrête alors que Tae-il n’a que 15 ans. J’ai bien envie de vous dire que j’ai hâte de découvrir le dernier pan de la vie de se jeune héro coréen, mais le deuxième tome date de 2009. J’ai bien peur que la suite ne voit pas le jour. D’autant plus que la série n’apparaît même pas sur le site de l’éditeur.

Pourtant je la trouve très intéressante. On découvre un part de l’histoire coréenne qui ne nous ai pas familière. Le dessin tout en couleur de Choi Ho-cheol est également attrayant. Tae-il est un personnage touchant, d’un grand courage et au grand cœur, même si parfois j’avais le sentiment que les auteur en font un peu trop. On ne peut pas être insensible à son sort et à la façon dont il affronte la vie, qui se montre avec lui et les siens bien cruelle.

Si je n’ai pas été éblouie par cette série, je l’ai trouvé intéressante et je la conseille à tous ceux qui s’intéressent à la Corée, son histoire et sa culture. Et aussi à tous les bédéphiles. Mais si vous êtes déprimé… c’est peut-être pas le moment de la lire.

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Jumong ~le voyage en Corée continue

Nous continuons notre exploration des album jeunesse venue des terres coréennes. Aujourd’hui c’est un conte que nous vous proposons.

Jumong

Kim Hyang-Keum (texte)

Kim Dong-Seong (illustrations)

traduit par Lim Yeon-hee et Françoise Nagel

C’est le conte fondateur du royaume de Koguryô que nous raconte ce livre très joliment illustré. Le royaume de Koguryô est un des royaume antique de la péninsule coréenne et Jumong est son fondateur.

Le dieux du soleil, Hoemosou, séduit par la beauté de la fille ainée du dieu de la rivière, s’unit avec elle. Mais il repart dans les cieux laissant Yuhwa derrière lui. Le père de Yuhwa la chasse. Celle-ci trouve refuge auprès du roi de Dong-Pouyeo. Un jour, un rayon de soleil illumine Yuhwa qui tombe enceinte. Neuf mois plus tard elle accouche d’un oeuf. Croyant à un mauvais augure le roi tente de se débarrasser de cet oeuf mais sans succès. Neuf mois plus tard un enfant sort de l’oeuf. C’est Jumong.

Très tôt l’enfant montre des prédisposition étonnantes pour le tire à l’arc. En grandissant, son talent rend jaloux les fils du rois qui influencent le rois pour que celui-ci se débarasse de lui. Le roi, ne pouvant le tuer sans raison l’envoi aux équries s’occuper des chevaux. Jumong insatisfait décide de partir. Grâce à un stratagème de Yuhwa, sa mère, le rois lui offre son meilleur cheval. Jumong décide alors de quitter le royaume de Dong-Pouye en compagnie de ces trois plus fidèles amis. Le rois envois à leur poursuite une armée. Malgré leur avance sur les soldat du rois, Jumong et ses amis se retrouvent bloqué par une rivière. Jumong invoque alors l’aide des dieux des rivières. Les poissons et tortues s’agglutinent les uns aux autres pour former un pont qui permet à Jumong et les sien de s’enfuir. Dès que les soldats tentent d’emprunter le pont, les poissons et tortues se dispersent envoyant par le fond une bonne partie des soldats.

De l’autre côté de la rivière, Jumong trouve une terre fertile ou il fonde son nouveau royaume : Koguryô. Un royaume qui fut prospère pendant plus de 600 ans.

Si le précèdent livre de Kim Hyang-keum que j’ai lu, Terre coréenne, ne m’avait pas vraiment plus, tout d’abord à cause de ses illustrations un peu simplette et puis aussi par son contenu d’avoisinant plus du cours de géographie que de l’album jeunesse. Ici nous somme dans tout autre chose ! J’ai été séduite par l’histoire relevant du conte épique et du mythe fondateur, ainsi que par les magnifiques illustration de Kim Dong-seong. Les illustrations à elles seules valent le détour et font de ce livre un très bel objet. Le récit épique est intéressant, cependant il est assez difficile. Le vocabulaire n’est pas toujours simple et les tournure de phrases sont complexes. Ce qui rend la lecture un peu ardue pour un très jeune enfant (et pour moi si je dois lire à haute voix). Néanmoins Mimiko a prix plaisir à écouter ce récit et suivre les aventures de Jumong.

Un beau livre que je conseille à tous ceux qui s’intéressent à la Corée (et pas seulement aux enfants)

logoalbums2014 5/20

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Un voyage en Corée :

Je continue sur ma lancée coréenne pour deux nouveaux albums jeunesse. Après le conte Frère Lune et Sœur Soleil, voici deux nouveaux livres pour faire découvrir la Corée aux enfants.

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Commençons par Dans le temple de Kim Mi-hye et illustré par Choi Mi-ran, publié aux éditions Picquier jeunesse (2011).

Ce qui m’a attiré dans cet album ce sont les illustrations de Choi Mi-ran, faite au fusain et encre de chine. Ils sont d’une très grande douceur avec des bouilles très rondes et blanches dans un décor sombre et inquiétant où l’on distingue les impressionnantes sculptures des dieux du temple. Cette petite histoire nous permet de découvrir le temple de Seokguram, situé sur le mont Taham, en compagnie d’un enfant et sa maman qui si rendent à l’aube pour prier Bouddha pour le retour du père. A la fin, une double page nous donne queques information supplémentaires sur ce temple qui existe vraiment.

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Le deuxième album dont je vais vous parler c’est Une terre coréenne de Kim Hyang-geum et illustré par Choi Sook-hee, publié par Chan-ok/ Flammarion (2010).

Celui-ci c’est à cause de son titre que je l’ai choisi. Je pensais en apprendre plus sur la Corée. En réalité, c’est plutôt des cartes que le livre parle. Ou comment, les hommes pour ne pas se perdre ont commencé à marquer leur chemin pour petit à petit en arriver aux cartes modernes. Le tout prenant comme décor la terre coréenne. Les dessins sont assez stylisé et les couleurs vives. A vrais dire je n’ai pas vraiment aimé ce livre. Je n’aime pas vraiment les illustrations et le texte peut servir à illustrer un cour de géographie à l’école primaire, mais pour le lire comme ça, ce n’est pas très amusant.

Mimiko n’a pas voulu lire ces livres.

logoalbums2014 2 et 3/20

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