Archives par mot-clé : éditions komikku

TBTL 2018-46 – Quête ou enquête

Rendez-vous initié par Bettierose Books, le Throwback Thursday Livresque nous invite à évoquer de vieilles lectures autour d’un thème commun chaque jeudi.

Ce thème m’a tout de suite fait penser à une série manga policier en 4 tomes que j’avais bien aimé : Border de Yua Kotagawa, Kazuki Kaneshiro.

Couverture Border, tome 1

Une jeune policière en formation doit faire équipe avec un inspecteur qui vit avec une balle dans la tête. Ces jours sont comptés, mais cette blessure lui a ouvert de nouvelles portes. Depuis qu’il a été touché, il peut voir les fantômes des victimes des meurtres sur lesquels il enquête. Les victimes vont l’aider à résoudre leur propre meurtre.

J’en garde un très bon souvenir, ça me donne envie de la relire 🙂

Vous connaissez ? Avez-vous d’autres séries manga policiers à me conseiller ?

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The Ancient Magus Bride guide book – Merkmal

Je ne pouvais pas laisser filer le challenge Halloween sans en profiter pour vous présenter le guide tout juste sorti en septembre dernier de la série The Ancient Magus Bride (aux éditions Komikku).

Cette série de Koré Yamazaki est on ne peut plus halloweenèsque ! C’est en effet l’histoire d’une jeune adolescente au pouvoir magique particulier qui, après avoir été vendue dans un marché aux esclaves, devient la disciple (et future épouse) d’un mystérieux sorcier non humain. Des fées aux fantômes, l’univers fantastique de The Ancient Magus Bride est très riche.

Je vous ai déjà parlé de cette série (ici et ) et je ne rentrerais pas dans les détails ici. J’ai un peu de retard sur les sorties, je referais sans doute un billet quand j’aurais rattrapé mon retard (le tome 9 vient de sortir). En tout cas, si vous aimé les manga fantasy, les histoires de magie et de sorcellerie, ce manga est pour vous.

Mais aujourd’hui ce n’est pas de ce dernier tome que je vais parler, mais plutôt du guide/artbook qui vient de sortir : Markmal.

Au menu de ce guide :

Le guide s’adresse avant tout aux fans de la série. Celle-ci ne faisant pour l’instant que 9 tomes, on ne peux pas dire qu’un guide soit nécessaire pour si retrouver. Même s’il est vrai que les personnages secondaires y sont nombreux. Les fans de la série y trouveront tout un tas de détails complémentaire amusant et de nombreuses illustrations couleurs et noir et blanc. Envie de connaitre le plan exacte de la maison d’Elias, de savoir la taille de Chisé ? Vous aurez ici la réponse.

Pour ma part j’ai particulièrement apprécié le chapitre 5 avec les esquisses et les premiers story-board. C’est toujours intéressant de comparer les projets initiaux avec le résultat final. Et voir les story-board m’intéresse toujours, j’aime voir comment un auteur prépare sa bande dessinée.

Connaissez-vous cette série ? Avez-vous envie de la découvrir ? Dites-moi tout en commentaire 😉


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Grendel – tome 2

Le premier tome m’avait beaucoup plus. Si l’histoire en elle-même était assez classique, j’avais été charmé à la fois par l’aventure efficacement mise en scène et par le dessin que je trouve très beau. J’en attendais beaucoup de ce deuxième tome et je n’ai pas été déçue.

Couverture Grendel tome 2

Tout comme dans le tome précédent nous restons dans le classique de la fantasy et du manga initiatique. Le groupe précédemment formé de l’enfant dragon et de la chevalière se renforce avec un nouveau membre des plus énigmatiques. Un magicien qui cache son visage. On ne sait pas trop quelles sont ses réelles intentions, néanmoins il vient en aide à nos deux héros et leur propose de les accompagner dans la suite de leur voyage.

Grendel, qui nous avait dévoilé un nouveau visage, terrifiant, à la fin du tome précédent, retrouve après un épisode d’une extrême violence son apparence inoffensive. Le voyage reprend, mais de nouveaux dangers attendent nos voyageurs.

Dans ce tome ils feront la connaissance d’une jeune femme âgée de 500 ans qui leur contera sa triste histoire, puis ils feront la rencontre d’un marionnettiste cruel qui en veut à Grendel.

Camélia est encore très gravement blessée, ce qui oblige le jeune Grendel à prendre une terrible décision, son amie va-t-elle changer à cause de cela ?

Suite au prochain épisode !

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J’ai pris beaucoup de plaisir à lire les aventures de Grendel. Le dessin est toujours aussi agréable, et l’histoire est efficace. Le personnage du magicien est intéressant, on se demande ce qu’il attends exactement ce cette alliance. Il apporte une petite touche de mystère supplémentaire.

Dans ce tome Camélia est un peu en retrait et on en apprend davantage sur les dragons et leur histoire, Grendel en apprend davantage sur lui-même.

Une lecture ludique, facile et dépaysante qui nous amène au pays des dragons et des princesses, à ne pas mettre dans les mains des plus jeunes parce le sang y coule à flots. Surtout au début de ce tome.

⇒ sur Amazon ou Decitre


 

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Trace, experts en science médicolégale – tome 1

Je ne sais pas vous, mais moi j’adore les séries TV policières. J’y ai pris goût j’étais encore qu’une gamine, j’aimais en regarder avec ma grand-mère . Puis je m’y suis remise quand j’ai eu l’âge  d’avoir mon appart et ma télé. J’ai regardais je ne sais pas combien d’épisodes des experts and Co. Mais je n’ai lu que très peu de manga policiers. Alors quand j’ai eu connaissance de la nouvelle série policière sortie en cette fin d’été chez Komikku et prenant comme cadre un laboratoire de la police médico-légale japonaise, j’ai eu très envie de découvrir la série. Et voilà que c’est chose faite. J’ai lu le tome 1 de Trace, et j’ai bien aimé.

Dans ce premier tome, on suit une jeune employée du laboratoire médico-légale qui va devenir l’assistance du docteur Mano, un jeune expert auprès duquel elle doit parfaire son apprentissage. Mano est assez froid et distant et leurs premiers contacts ne sont pas faciles, mais sa rigueur au travail impressionne la jeune femme.

Nous suivons donc les deux experts pendant leurs analyses qui se déroulent au sein du labo. Il y a beaucoup de preuves à analyser et nos laborantins ne se mêlent pas des enquêtes, leur travail consiste à révéler la vérité qui se cache derrière les preuves. Traces de sang, analyse ADN et blouse blanche, pas de flingues, d’enquêtes, de courses-poursuites ou de machiavéliques tueurs en séries à traquer. Le quotidien des experts médico-légaux est bien loin de l’action et du glamour des séries télé, au grand dam de notre héroïne qui s’ennuie dans le labo. Mais c’est justement ce côté réaliste et trivial que j’ai aimé. L’auteur donne d’ailleurs pas mal d’explications sur les analyses auxquelles procèdent les personnages.

Mais si nous n’avions eu que des analyses au labo, cela aurait pu devenir ennuyeux. Ne vous inquiétez pas, l’auteur a pensé à tout . Mano a un sombre passé à élucider. Sa famille a été assassinée et l’affaire n’est toujours pas résolue. Mano veut faire éclater la vérité.

Sans être particulièrement marquant, que se soit dans sons synopsis ou dans son graphisme, ce premier tome de Trance n’en est pas moins agréable et se lit rapidement. À la fin, l’envie de lire la suite était là. J’ai hâte de lire la suite.

Et puisqu’on parle manga policier, j’en profite pour vous demander quelques conseils lectures. Quelles séries me conseillerez-vous?


 

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Grendel – tome 1

Camélia, une ancienne chevalière de la garde royale attend la peine capitale pour trahison. C’est alors qu’on lui propose un marché, si elle accepte de mener à bien une mission secrète, sa vie sera épargnée. Camélia tient à la vie plus qu’à tout et accepte sans hésiter. Sa mission sera d’escorter un enfant dragon, nommé Grendel, qui était jusque là enfermé dans une tour et vénéré comme une divinité. Sauf que les hommes chassent les dragons et que celui-ci se trouve menacé. Camélia doit l’amener dans un royaume voisin pour le mettre en sécurité, après quoi elle sera libre. Du moins, c’est ce qu’on lui a dit. Quel sort on réserve à Camélia et à l’enfant dragon ? Sans doute rien de bien joyeux. Mais pour l’heure, nous n’en sommes pas là. Camélia et Grendel partent en voyage. Celui-ci va durer quelques mois si tout se passe bien. Mais en chemin, les complications ne manquent pas. Entre animaux sauvages, bandits et fantômes. Le duo va devoir affronter de nombreux danger. C’est sans trop de difficulté que la très forte Camélia surmonte ces dangers. Sans difficulté, mais non sans souffrance. La jeune femme est dotée d’une extrême empathie, elle ressent la douleur de chaque coup qu’elle porte à autrui.

Grendel n’a jamais quitté sa tour où il a vécu de façon aseptisée. Tout est nouveau pour lui. Il est à la fois naïf et innocent comme un enfant et troublé par tout un tas de question et réflexions provoquées par cette aventure. Il est très attachant et, Camélia a beau crier à qui veut l’entendre qu’elle ne pense qu’à elle-même, on voit bien qu’elle est en train de s’attacher au petit Grendel.

Grendel, petit et sans défense ? Vraiment ?

De Grendel parlons-en. Je trouve que la représentation du dragon est ici très originale. Je n’avais pas encore rencontré ce genre de dragons.

Couverture Grendel, tome 1

J’ai beaucoup aimé ce premier tome et je dois dire que je ne m’attendais pas à être aussi prise par l’histoire. J’avais été attiré par la couverture et cela faisait si longtemps que je n’avais pas lu de manga fantasy, je me suis dit pourquoi pas, ça peut être sympa. Et finalement, je me suis très vite prise au jeu. J’ai particulièrement aimé les dessins que je trouve plutôt originaux, ce ne sont pas les visages qu’on a déjà vus cent fois. Si le dessin reste très typé manga avec tous ces codes, il a ce petit quelque chose qui le rend immédiatement reconnaissable parmi les autres et c’est un aspect auquel j’accorde beaucoup d’importance dans les manga. J’aime que ce soit beau, même s’il y a des auteurs qui arrivent à s’en affranchir, je préfère quand c’est beau et intéressant.

Ici la première partie de l’équation est gagnée. J’adhère complètement au dessin qui a un petit quelques chose de féérique qui colle parfaitement à l’ambiance conte de fées moyenâgeux. Mais qu’en est-il de la qualité de l’histoire ? On est ici dans un manga initiatique traditionnel, le groupe (Camélia et Grendel), les liens d’amitié qui se créent au fur et à mesure qu’on avance dans l’aventure et qu’on se bat contre des ennemis de plus en plus puissants. Classique, mais bien mené. J’ai trouvé les deux personnages principaux touchants. Cette histoire de déménagement de dragon est intrigante. Cachent-ils quelque chose ? Est-ce que le paladin a dit toute la vérité à Camélia sur cette mission ? Pourquoi ce changement maintenant alors que le dragon semble avoir passé des années dans la tour ? On a des réponses, mais on se demande si ce ne sont pas des mensonges. Puis il y a tout un tas d’ennemis qu’on nous annonce et qu’on a pas encore croisé. On a envie de savoir comment notre duo va se sortir du prochain coup. Une lecture détente très agréable.

Le coin des curieux :

Grendel est le nom d’une créature dans le poème Beowulf, c’est le descendant de Caïn, le premier meurtrier de l’humanité. C’est aussi le premier monstre que Beowulf affronte. Est-ce un hasard si l’auteur a choisi ce nom pour son dragon ?


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L’enfant et le Maudit vs The Ancient Magus bride

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J’ai été tentée par le manga L’Enfant et le Maudit de Nagabe dès que les premières images ont circulé sur les réseaux. J’étais attirée par ce trait particulier et l’étrange calme qui se dégage des illustrations malgré la présence d’un inquiétant monstre. Très vite, avec ses premières images, ont circulé les premières interrogations, est-ce que ce n’est pas un peu trop similaire à The Ancient Magus Bride, également publié chez Komikku ? C’est avec l’idée de répondre à cette question que j’ai eu envie de parler du premier tome de L’Enfant et le Maudit, sorti le mois dernier.

Dans ce premier tome, on découvre Sheeva, une toute petite fille qui vit avec une étrange créature qu’elle appelle professeur. Ils vivent seuls dans la forêt, non loin d’un village abandonné. Le professeur n’aime pas que la fillette se promène dehors, car il a peur pour elle. Dehors, il y a le danger. Le danger que représentent les êtres de l’extérieur, ceux qui ont été touché par la malédiction et sont devenu d’hideux monstres. S’ils vous touchent vous serait à votre tour victime de la malédiction. Mais il y a un autre danger dont le professeur veut protéger la petite fille : les humains. Ces derniers, effrayés par la malédiction se montrent sans pitié envers tous ceux qu’ils soupçonnent d’être contaminés.

L’Enfant et le Maudit est surtout intéressant par la façon dont l’histoire est contée, car finalement, les bases de son univers ne sont pas nouvelles. Il y a en effet déjà des histoires du même goût. Ce que j’ai trouvé très intéressant ici, c’est l’approche. Nous avons un univers fantastique très intrigant. On se pose des questions : quelle est l’origine de cette malédiction ? Peut-elle être guérie ? Pourquoi cette petite fille ce retrouve chez un être de l’extérieur ? Qui est-elle ? … Bref, ce n’est pas le suspens et les interrogations qui manquent dans ce premier tome ! Seulement le tout ne nous est pas raconté comme un manga d’aventure, mais à la façon d’un manga tranche de vie. Les informations sur cet étrange univers nous sont distillées au travers de scènes de vie où l’on voit la fillette et son étrange gardien évoluer au quotidien. Prendre le soleil au jardin, partir glaner quelques miches de pain dans le village abandonné, tenter de préparer une tarte aux pommes, dire des mensonges qui rassurent, raconter des histoires au coucher… C’est un faux-semblant de vie très ordinaires qui nous ai montré, un quotidien qui contraste et interpelle avec l’étrangeté du couple de personnages principaux et l’univers inquiétant dans lequel ils évoluent.

Ce contraste est dans ce couple de personnages : d’un côté, une fillette de très jeune âge qui aborde le monde avec une naïveté et une légèreté propre aux enfants, de l’autre son gardien qui tente de retarder le moment où elle prendra conscience de la cruauté de la situation en encouragent le regard naïf et joyeux de la petite fille. Une présence qui lui ai aussi très précieuse, grâce à elle, il se raccroche à son humanité pas tout à fait encore perdue.

Cette approche originale d’un univers fantastique est accompagnée un coup de crayon particulier, doux, tendre, invitant à la contemplation plus qu’à l’action. C’est très beau à regarder. Très apaisant malgré un côté très sombre et triste de l’histoire. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite. Il se dégage quelque chose de ce titre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel plaisir à découvrir un nouveau manga.

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The Ancient Magus Bride, série fantastique publiée par le même éditeur, partage quelques points communs avec L’Enfant et le Maudit, mais dès la couverture on peut sentir la différence de ton.

J’avais déjà présenté le premier tome à sa sortie en 2015. La série compte aujourd’hui 6 tomes et est toujours en cours. Je suis en train de lire le quatrième en ce moment.

Revenons rapidement sur l’intrigue de la série. Elias, un sorcier non-humain achète aux enchères une jeune esclave de 15 ans, Chisé. En l’amenant chez lui, il annonce à la jeune fille qu’il veut faire d’elle son apprentie et son épouse. Déstabilisée et craintive dans un premier temps, Chisé va peu à peu apprendre à connaître son maître et à se sentir chez elle dans cette maison. Chisé à la particularité d’être très sensible et très réceptive à la magie. Elias de son côté, après une entrée en scène plutôt glaciale, surtout due à son apparence très inquiétante, se révèle être quelqu’un d’attentionné qui veut mettre la jeune femme à l’aise. Loin de vouloir en faire son esclave servile (ce qu’aurait pu faire craindre l’histoire de mariage) il veut qu’elle se libère non seulement des chaînes qu’on lui a mises mais aussi de celles qu’elle se met elle-même. En prenant confiance en Elias, la jeune fille prend peu a peu confiance en elle-même et se révèle notamment grâce à sa relation privilégiée avec les être magiques et son bon cœur.

L’humaine et son monstre:

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Le premier point commun qui frappe est la composition du couple de personnages principaux autour duquel les deux intrigues tournent. Nous avons des deux côtés une jeune humaine sous la protection d’un monstre dont les têtes se ressemblent qui plus est. Le professeur comme Elias ont les faciès rappelant le crâne d’un bouc.

On peut s’interroger sur la symbolique d’un tel couple, d’un côté le féminin représenté par des jeunes filles, voir très jeune avec Sheeva qui ne doit pas avoir plus de 6 ans, elles incarnent la naïveté, l’innocence, la fragilité et au même temps une force tranquille, la force de l’amour. Sheeva voit le monde avec amour et ne se doute même pas de la cruauté qui l’habite, tandis que Chisé frappé en plein cœur par cette cruauté garde en elle beaucoup d’amour qu’elle communique malgré elle aux êtres qu’elle rencontre. Elle a beaucoup de compassion. Face à cette vision idéalisée de la féminité, on a deux mâles qui ne sont même plus humains. Pourtant sous leurs airs de monstres, ils se révèlent plus humains que les Hommes. Ils ont une grande sensibilité qui ne demande qu’à s’exprimer, mais qui ne peut, finalement, s’extérioriser qu’à travers leur alter ego féminin. Leur bestialité est transcendée par l’innocence et l’amour qui leur fait face.

Malgré un certain point commun, les deux couples sont très différents dans leur traitement. Avec The Ancient Magus Bride, on a une héroïne déjà adolescente. Elle est encore très naïve (comme une héroïne de manga se doit d’être, -_-‘) mais elle est sexuée. Je ne parle pas de fan-service avec petites culottes et décolleté extravagant, je parle du fait qu’elle se pose des questions sur sa féminité, quelle est sensible aux attentions que lui porte Elias comme une femme est sensible aux attentions d’un prétendant. De plus, au début du tome 1, il est question de mariage. Dans les tomes suivant la relation entre le sorcier et la jeune femme semble évoluer dans ce sens, ils éprouvent l’un pour l’autre une affection grandissante plus proche de celle de deux amoureux que de celle d’un maître envers son apprenti.

A contrario, Sheeva et le professeur ont une relation plus proche d’un père avec son enfant. Le fait que Sheeva soit une fille joue un rôle symbolique, pour souligner le côté immaculé du personnage. Mais, dans sa relation au professeur, elle est un enfant avant tout. La relation qu’elle entretien avec lui ne dépend pas de son sexe, cela aurait pu très bien fonctionner avec un petit garçon. Sa féminité joue vraiment un rôle symbolique, on éprouve de ce fait plus d’empathie à son égard, elle symbolise l’innocence, la pureté, la fragilité. Alors qu’on aurait tendance à attendre plus d’indépendance et d’autonomie d’un petit garçon (à tort bien sûr !).

Image associée

Quant aux deux monstres, malgré leur aspect très proche, ils ont une personnalité assez différente. Elias est dans l’action, c’est un sorcier puissant. Il fait même étalage de cette puissance prenant virilement la défense de sa belle. Il en devient effrayant. C’est d’ailleurs la tendresse de Chisé qui calme le monstre qui est en lui pour pas qu’il dépasse les bornes.

Tandis que le professeur est beaucoup plus passif. On ne sais pas s’il a un pouvoir particulier ou s’il est simplement une créature à l’aspect monstrueux. Il est maladroit et tendre. Il cherche à prendre soin de cette petite fille qu’il a recueillie, mais ne sais pas trop comment s’y prendre. En lui aussi, se cache une puissance inquiétante, les flèches le touchent, mais ne semblent pas l’atteindre, mais sa façon d’agir est différente. Même en déployant sa monstruosité pour protéger la fillette, il reste passif et subit la violence des autres. La violence vient paradoxalement des humains et non de lui. Elias semble se battre contre lui-même pour ne pas laisser sa bestialité prendre le dessus, tandis que le professeur semble accepter avec un fatalisme troublant la malédiction qui le touche.

Deux univers fantastiques :

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Kore Yamazaki nous offre un univers fantastique très riche où la magie s’incruste sur un décor très contemporain. Le mobilier et l’habillement nous rappellent l’occident moderne, mais il est peuplé de toutes sortes de créatures sorties du monde des contes et légendes que nous associons spontanément à un univers de style moyenâgeux. Ici les deux ambiances semblent cohabiter. D’un côté, nous avons des aspects très modernes, d’un autre Elias vit reclus dans une campagne assez intemporelle au milieu des créatures magiques semblant remonter d’un autre temps.

Malgré un décor contemporain, l’omniprésence de la magie et la réclusion dans laquelle vivent nos deux héros font qu’on a quand même du mal à situer l’histoire racontée dans une vision alternative de notre présent. J’ai du refeuilletter les albums pour me faire une idée précise de l’époque à laquelle évoluent les personnages. Inconsciemment, j’avais situé l’intrigue dans une Angleterre victorienne (peut-être aussi à cause l’accoutrement extravagant d’Elias et de sa fée du logis assez anachroniques).

Cet univers est très riche, on nous donne beaucoup de détails sur la magie et son fonctionnement, on rencontre de très nombreuses créatures. Beaucoup de figurants et personnages secondaires sont présents malgré l’isolement dans la campagne profonde des deux tourteaux.

En revanche, l’univers proposé par Nagabe reste, dans ce premier tome, beaucoup plus mystérieux, plus secret. On nous donne des informations à dose homéopathique, on ne sait pas où l’on se trouve, à quelle époque, on ne sait pas vraiment ce qui se passe, ni pourquoi. Les explications sont très rares et données de façon détournée. A nous de recomposer le puzzle à partir des indices qu’on nous livre. Là encore, c’est assez difficile de situer cet univers dans le temps : les constructions et les visages des humains nous ramènent à un décor occidental, les habits du professeur et de la fillette me font penser à la fin du XIX siècle, tandis que les armures des soldats sont très moyenâgeuses. Comme vous pouvez le voir dans l’image ci-dessus, un parapluie tout ce qu’il y a de plus moderne cohabite avec un soldat armé de flèches. Cet assemblage de décors rappelant des époques différentes ajoute au côté étrange et mystérieux de l’univers proposé.

Alors que dans The Acient Magus Bride la magie est omniprésente, ici le fantastique s’exprime à travers une malédiction qui transforme les hommes touchés en créatures monstrueuses. On ne connaît pas l’origine de cette « malédiction ». Est-ce une maladie ou un sort ? Nous en serons peut-être plus dans les prochains tomes.


Voilà, je m’arrête là, ça commence à devenir très long 🙂 J’espèce avoir clairement mis l’accent sur les ressemblances et les différences des deux titres et surtout vous avoir donné envie de les découvrir  🙂

L'Enfant et le Maudit 1L’enfant et le Maudit
Nagabe
(2015)
2017 pour la version française
éditions komikku
1/2 (toujours en cours au Japon)

 

The Ancient Magus Bride 1The Ancient Magus Bride
Kore Yamazaki
(2013)
2015 pour la version française
édition komikku
6/7 (toujours en cours au Japon)

 



Concours Sama Awards

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Le Chef de Nobunaga ~ by Yomu-chan

Salutations !  Yomu-chan va vous présenter son premier article dans le cadre du mois des livres en cuisine !  Vous l’aurez compris en lisant le titre, je vais vous parler du Chef de Nobunaga, un manga de Mitsuru Nishimura (au scénario) et Takuro Kajikawa (au dessin). Le Seinen voit le jour en 2011 et a aujourd’hui 12 tomes à son actif (en France nous en sommes à 7 , et le huitième fera sa sortie en décembre).

Ken se réveille blessé et poursuivis par des samouraïs, c’est de justesse qu’il parviens à s’échapper alors que son camarade se fait tuer sous ses yeux.  Il est alors recueillit par Natsu, une jolie forgeronne au caractère bien trempé. Seulement voilà, Ken ne se souvient de rien mis à part du fait  qu’il n’a rien à faire dans un Kyoto du XVI° siècle en pleine ère Sengoku, puisqu’il appartient à notre époque… Quand il pense avoir tout perdu il est prit d’une pulsion qui le pousse à cuisiner. Et sans s’en rendre compte il fait appel à de nombreuse techniques pointues  de cuisine. Voilà ce qu’il est : Un cuisinier du XXI° siècle coincé dans le passé. Alors qu’il commence à se faire à sa nouvelle vie le seigneur Nobunaga, célèbre despote de l’époque, a vent de son existence et exige que Ken devienne son cuisinier personnel. C’est ainsi que Ken se retrouve lié à une figure historique dans une période de guerre avec pour seules armes sa cuisine et les couteaux que lui a forgé Natsu.

Le chef de Nobunaga est un manga phénomène de par son appartenance à plusieurs genres. C’est principalement un manga culinaire (genre qui fait fureur tout le monde le sait, on ne cesse de parler de Food Wars, de Yakitate Japan et autres…) mais il s’agit aussi d’un véritable manga historique. En effet le Japon de l’ère Sengoku ne sert pas uniquement de décors mais a aussi son rôle dans l’intrigue puisque Ken va se retrouver mêler aux conflits de l’époque et va avoir son rôle à jouer dans les plans du célèbre et puissant Nobunaga. C’est une combinaison inédite  qui peut faire peur et éloigner les lecteurs mais qui, pourtant, fonctionne très bien ! L’auteur mêle avec talent les événements historiques aux aventures gastronomiques en donnant un élan charmant au récit qui justifie toujours de façon assez réaliste (aussi réaliste que peut être un manga ;p ) les chapitres culinaires par rapport aux incidents politiques ou militaires.

De plus Le chef de Nobunaga réussi avec brio le mixe d’une histoire vivante et dynamique avec des passages très explicatif sur le plan culinaire et historique.  L’histoire et la cuisine se mêlent une fois de plus avec un angle d’approche différent de ce que l’on aura connu, en effet Ken ne disposant pas des outils , des techniques,ou des aliments disponibles à son époque il est obligé d’adapter sa cuisine avec les moyens du Japon du XVI° siècle. Cela aboutit souvent à des petites interventions sur l’Histoire de la cuisine japonaise. De plus, à chaque fin de tome on a le droit a une page documentaire appelée « la cuisine de Sengoku » qui nous offre une recette et un paragraphe sur l’histoire militaire et culinaire de l’époque. Ces explications sont très enrichissantes et n’alourdissent absolument pas le récit. L’ennui n’est pas au rendez-vous puisque en slalomant entre histoire et cuisine on ne perd pas de vue la première pierre de l’édifice, à savoir, un chef des années 2000 plongé dans le passé médiéval de son pays. On partage le désarroi de notre personnage, on essaye de comprendre pourquoi et comment il est arrivé là, on cherche à se souvenir et puis on s’attache à ce Ken déterminé et débrouillard qui commence à trouver sa place au près d’un Nobunaga qui finalement n’est peut-être pas aussi ignoble  que nous l’a enseigné l’Histoire…

Alors concrètement qu’est-ce que j’en ai pensé ? Et bien je suis très contente d’avoir à faire à  une intrigue bien ficelée, vivante et pleine de rebondissements. De plus les personnages sont tous très attachants. Le dessin, quant à lui, n’est peut-être pas sans défaut,  un peu raide parfois, mais il a une force virile qui sied à merveille au récit. En plus, c’est agréable d’avoir un dessin qui a ses propres traits et qui ne se calque pas sur tout ses charadesign  kawaiiii du moment !  Pour faire court c’est un bon manga que j’aime beaucoup 😀 Je le conseille vivement à qui cherche un manga jeune et dynamique qui sorte un peu du mainstream. C’est dommage parce que Le chef de Nobunaga n’attire pas beaucoup les gens et pourtant quand certains finissent par le lire ils accrochent carrément !  J’espère que mon article décidera certain d’entre vous à passer le pas et à plonger dans l’univers de Ken. Je vous le dis, ça vaut le coup !

Un petit plus historique pour les curieux : 

portrait de Nobunaga par le peintre Jésuite Giovanni Niccolo

Nobunaga Oda est le fils d’un petit seigneur. Dès sa jeunesse il se fait remarquer par son comportement extravagant et provocateur. Quand il devient le maître du clan Oda il fait preuve d’ambition et démontre son talent militaire. Innovateur, son but est d’unifier le Japon chose qu’il parviendra quasiment à faire à force de victoires sur les clans ennemis. Sa stratégie l’amènera à faire du shogun sa marionnette et ainsi étendre son autorité sur le Japon.  Nobunaga est un homme violent et impatient ce qui lui vaudra son surnom de « Roi démon ». Mais c’est aussi un homme intelligent, innovateur, qui bouleversera la politique japonaise. Il modernisa les armées de l’époque, Il développe, met en place, et étend l’utilisation des longues lances, des armes à feu, des tekkosen (Navires protégé par du fer), et des fortifications de châteaux adaptées aux grandes batailles qui parsèment cette période. Nobunaga met aussi en place un système de classe guerrière spécialisée et nomme ses sujets et vassaux en se fondant sur leur compétence, et pas seulement sur le nom, le rang, ou les relations familiales comme dans les périodes précédentes. Il est aussi innovant sur le plan économique, en effet il développera le commerce « international » avec la Chine, la Corée mais aussi l’Europe. Il sera le « patron » des missionaire Jésuite portugais. Et se sera l’un des premiers japonais à porter des vêtement européens. Il porte un grand intérêt à l’art qu’il contribuera à développer avec les richesse gagner au cours de ses batailles. Nobunaga est une figure emblématique de l’histoire japonaise, qui le présente comme l’initiateur de l’unification du Japon.

Portrait par Kano Motohide

 

Des livres en cuisine bis

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