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Auteur à l’honneur #2 – Haruki Murakami

Bienvenu pour un nouvel épisode d’auteur à l’honneur, rendez-vous mensuel lancé par Nina.

Sa chronique sur Kafka sur le rivage m’a donné envie de vous parler de Haruki Murakami, un auteur qui, étagement, me touche avec des histoires qui ne me touchent pas.

Murakami et moi

La ballade de l'impossibleJe m’explique : les personnages que Murakami met en scène dans certains de ses romans (je suis loin d’avoir tout lu, trèèès loin de là ! il en a écrit beaucoup) ne me touchent pas, ils ont des préoccupations que je ne comprends pas, des problèmes
au sud de la frontière à l'ouest du soleil auxquels je reste insensible (le mal d’amour, quoi), souvent même je les trouve antipathiques et pourtant ! Une fois le livre commencé  je suis happé dans son univers, pris au piège par les tournures de ses phrases et j’enchaîne les pages sans pouvoir m’arrêter. Et ce, quand bien même, je n’éprouverais aucune empathie pour ses personnages (souvent pommé, en quête de soi… et d’amour). c’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant La ballade de l’impossible ou encore Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil.

1Q84.jpgCette particularité m’interpelle. Cependant je n’éprouve pas ce sentiment à chacune de mes rencontres avec ses romans. Le premier roman que j’ai voulu lire de lui (un cadeau qu’on m’avait fait), m’a plutôt inspiré le sentiment contraire : Je trouvais l’histoire intéressante, intrigante même, les personnages m’interpellaient pas leur particularité et pourtant je n’ai jamais réussi à finir le premier tome de sa trilogie 19Q4. Je n’arrivais pas à entrer dans les mots. Je me sentais pas prise dans l’histoire. Je refermais le livre après avoir lu à peine quelques pages.

Enfin, le dernier roman que j’ai lu de lui a réussi à la fois à me captiver par son style et me toucher avec ses personnages.

J’ai beaucoup aimé l’L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage dans lequel j’ai trouvé un personnage en phase avec mes propres préoccupations. Je le comprenais et il m’aidait à me comprendre.

J’ai encore deux, trois romans de Murakami dans ma PAL (dont un en anglais récupéré je ne sais plus où). Je suis très curieuse de savoir quel effet ils me feront, même si leur lecture n’est pas prévue pour tout de suite.

Avez-vous déjà lu des œuvres de Murakami ? qu’en avez-vous pensé ?

Haruki Murakami, auteur à succès

Haruki Murakami est né à  Kyoto en 1949. Il a fait ses études à l’Université de Waseda. Il tient à bar de jazz à Tokyo pendant 8 ans et publie son premier roman en 1979 (Ecoute le chant du vent, publié en France en 2016).

Il a vécu quelques années à l’étranger avant de revenir en 1995 au Japon. Ses voyages nourririons ses écrits.

Il est également connu (et reconnu) comme traducteur de l’anglais au japonais.

L’influence occidentale est palpable dans son oeuvre, ses références culturelles sont mondiale ce qui font de lui un auteur international à succès. Ses romans sont traduit dans une cinquantaine de langues.

Ses récit sont souvent teinté de fantastique et de surréalisme. Il a reçu de nombreux prix pour son travail d’auteur.

Pour aller plus loin :


Auteur

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L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Je n’ai pas l’habitude d’acheter les romans dès leur sortie, généralement j’attend de les voir en format poche. Je préfères. Mais là, challenge 1% aidant, je n’ai pas pu résister au tout nouveau Haruki Murakami. Si ma première rencontre avec cet auteur à été un peu ardue (je n’ai jamais fini le premier tome de 19Q4), les deux romans que j’ai lu après (La ballade de l’impossible, Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil) m’ont procuré beaucoup de plaisir. Ceci dit, j’ai un rapport étrange avec ses livres. J’aimais l’histoire de 19Q4 mais je n’ai pas réussi à le finir. Je n’aimais ni l’histoire, ni les personnages de ces deux autres romans pourtant je les ai dévorés. Il y a dans sa façon d’écrire quelque chose qui me captive et qui fait que je continue à lire malgré l’antipathie que j’éprouve pour les personnages.

Fort de cette expérience étrange, j’étais très curieuse de découvrir ce nouveau roman et de savoir quel effet il aurait sur moi.

Avant d’aller plus loin, quelques mots sur l’histoire de L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.

Tsukuru Tazaki s’était lié d’une très forte amitié avec 4 autres jeunes lycéens. Durant leurs années de lycée, les 5 amis étaient inséparables, formant un groupe très harmonieux. Mais alors qu’après le lycée il quitte sa ville natale pour aller étudier à Tokyo, ses amis décident brusquement, et sans préavis, de couper les ponts avec lui. Il ne veulent plus ni le voir, ni lui parler. Le choc est brutal. Tsukuru sombre dans la dépression et fricote avec la mort. Mais la vie continue. Et il reprend le dessus, même si au fond de lui la blessure est toujours ouverte. Il a 38 ans quand il rencontre Sara. Pour la première fois de sa vie il pense être amoureux. Sara veut qu’il fasse le ménage dans son passé et qu’il retrouve ses amis pour comprendre ce qui a pu se passer.

Comme à son habitude, Murakami ne suit pas un fil chronologique. On passe d’une période de la vie de Tsukuru à une autre. Du passé au présent. D’un passé lointain à un passé plus récent. Si au début on peut se sentir un peu perdu dans ces bonds temporels, très vite on s’habitue. Et dès les premières phrases du chapitre on comprend dans quelle période on se situe. Murakami arrive à très bien maîtrises ces allées-retours dans la vie de son personnage. Et si j’en ai quelque fois éprouvé de la frustration (on veut savoir ce qui va se passer après telle conversation, et nous voilà propulsé des années en arrière, bien loin de la conversation qui a eu lieu au chapitre précédent), cette distorsion temporelle permet d’éviter l’ennui. Car la vie de Tsukuru n’est pas vraiment palpitante. Traumatisante pour lui certes, mais très banale dans son déroulement. Il se lève, il mange, il travaille… Il vit. Ou plutôt il survit dans un monde hostile. Seul. Presque. Ce qui sauve Tsuzuku, c’est son caractère mais aussi ses rencontres. Il n’est finalement pas aussi solitaire qu’il le crois. L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage nous compte comment un homme profondément blessé, continue de vivre.

Si l’amour joue toujours ici un rôle important, contrairement à La balade de l’impossible et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil l’amour n’est pas le personnage principal du récit. Ce qui fait que ce roman a eu plus d’impacte sur moi que les précédents. Dans les deux autres livres, j’avais aimé le style mais détesté les personnages, ici j’ai aimé Tsukuru.

Pourquoi ? Peut-être parce que Tsukuru Tazaki c’est moi. Je me suis beaucoup identifié à ce personnage au point de parfois perdre le fil du recit et me retrouver dans celui de ma propres vie. Il m’a fallu quelques chapitre pour vraiment entrer dans la vie de Tsukuru et oublier à quel point il me ressemble. C’est sans doute cette ressemblance qui m’a permis de tout de suite ressentir de l’empathie pour Tsukuru. Je voulais le connaitre. En cela, j’aime tout particulièrement l’écriture de Murakami qui nous fait pénétrer au plus profond de l’intimité de ses personnages. C’est cette intimité qui se crée au fil du récit entre le personnage et le lecteur qui me rend accro à ses livres. Mais dans les précédents romans j’éprouvais une certaine antipathie pour les personnages principaux, peut-être à cause de leur excès de romantisme. Tout comme Tsukuru, les personnages des 2 autres romans cités plus haut avancent dans les brouillard, entre la vie et la mort, entre le rêve et la réalité. Il sont comme en marge de la vie, en marge de la société dont le rythme ou la strucutre ne leur convient pas. Cette vision border-line me fait entrer en empathie avec eux, mais l’Amour est trop présent, trop oppressant. Dans L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, l’amour est là, et il est salvateur. Mais il est plus discret. Tsukuru est un solitaire, du moins c’est ce dont il s’est persuadé. Alors l’amour c’est pas pour lui. Mais finalement il se laisse apprivoiser par ce sentiment nouveau. Ce cheminement progressif vers l’amour m’a touché, bien plus que l’amour dévorant et dévastateur des précédents romans.

Bref j’ai adoré ce roman, j’ai éprouvé beaucoup d’affection pour son personnage. Et, contrairement aux deux autres j’ai trouvé ce livre très positif. Il y a de la tristesse et de la solitude, mais il y a une force positive qui pousse à aller de l’avant, à garder les yeux ouvert et à se laisser apprivoiser par l’amour. Est-ce ce roman, ou moi qui devient plus romantique ? Je ne pourrais pas trancher. En tout cas ce roman est indéniablement un coup de cœur de cette rentrée littéraire 2014, que je ne regrette pas un instant. 

LIRE UN EXTRAIT


Le coin des curieux :

Ah! mais ça fait une éternité que j’ai pas fait un petit coin pour les curieux 😉

Comme je l’exprimais dans la chronique sur La balade de l’impossible, une détail qui m’a tout de suite marqué chez Murakami, c’est l’omniprésence de la musique dans ses récit. Celle-ci venant même s’immiscer dans les titres de ses romans. C’est le cas ici, les années de pèlerinage fait référence aux Années de pèlerinage de Liszt. Un disque que Tsukuru écoute à plusieurs reprises dans le livre.

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La ballade de l’impossible en musique

La ballade de l'impossibleLa balade de l’impossible est le troisième roman de Haruki Murakami que je lis. Dès le premier j’étais frappé par l’omniprésence de la musique dans ces récits. Ici encore, Murakami nous offre une riche bande sonore. L’idée m’est alors venue de relever les références musicales et de refaire avec vous cette balade en musique.

Quelques mots sur l’histoire :

Le meilleurs ami de Watanabe se suicide subitement alors qu’ils étaient encore au lycée. Ce deuil va le marquer très profondement. Mais celle qui en sera le plus lourdement marqué c’est sa petite amie, qui sombre alors dans la dépression. Watanabe retrouve la petite amie de son amis, quelques années plus tard à Tokyo, ville où tout deux suivent leur études. La fragilité de la jeune femme et le deuil qu’ils partagent vont créer des liens très étroits entre les deux. Mais l’amour de Watanabe peut-il être plus fort que la dépression ? Malgré tout la vie continue, avec son lot de souffrances, de bonheurs et de rencontres.

Embarquons pour un tour en musique !

Cette balade musicale commence dès la première page avec Norwegian Wood des Beatles. Cette chanson revient plusieurs fois tout au long du livre. Dans l’introduction cette chanson est le déclencheur qui ramène le héros à ses souvenir de jeunesse.

Cette chanson doit beaucoup plaire à l’auteur puisque, non seulement elle revient ici à plusieurs reprises tout au long du récit, mais Murakami a également écrit un roman qui porte le même titre.

Plus loin, alors que Watanabe évoque le foyer d’étudiant où il vécu quelques temps, il nous parle de l’hymne national japonais au son duquel, chaque matin, le chef de l’aile est hissait le drapeau. J’ai choisit ici une version interprété par Gackt (il est plutôt beau gosse, non ?)

Voici les paroles de la chanson :

Kimi ga yo wa

Chiyo ni yachiyo ni

Sazare ishi no

Iwa o to narite

Koke no musu made

 

Mais continuons notre ballade. Watanabe achète pour sa belle un disque de Henry Mancini contenant la chanson Dear Heart.

 

On change d’ambiance musicale avec la Quatrième Symphonie de Brahms :

 

Alors que Watanabe et Naoko partagent une soirée, celui-ci passe en revue les  disques qu’elle possède. Parmis ceux-ci il trouve : Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band des Beatles (encore) et Waltz for Debby de Bill Evans en font partie.

Plus loin, dans une gare, on entend une chanson de Ayumi Ishida. Le titre n’est pas précisé, alors j’en ai choisie une au hasard. Chanteuse populaire des années 70, elle chante de la variété :

 

Avec Midori on écoute du folk-songs. Elle joue et chante :

 

 

Guitare encore, mais nouveau personnage, avec Reiko on commence avec une fugue de Bach avant de retrouver les Beatles pour plusieurs chansons

Après, prise par le fils de l’histoire, j’ai manqué quelques références… Ce que j’ai trouvais amusant c’est d’avoir autant de musique dans un roman !

Quant au livre, cela fait un petit moment que j’ai achevé sa lecture (cette chronique est dans mes brouillons depuis des mois et là j’ai eu envie de la publier même si elle n’était pas complète). Cependant je grade un agréable souvenir de ce roman. Les personnages sont tous très torturés et malgré leur blessures et leur difficultés à s’intégrer à la société, ils essayent de continuer à vivre. Ils sont parfois attachants, parfois agaçants, mais il ne laissent pas indifférents. Encore une fois Murakami aura réussi à me captiver avec un thème qui ne m’intéresse pas.

Un roman que je conseille.

A très bientôt pour un autre Murakami que je viens tout juste de lire !

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Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil

au sud de la frontière à l'ouest du soleil

Titre original : (国境の南、太陽の西, Kokkyō no minami, taiyō no nishi)

Haruki Murakami (村上 春樹)

1992

2002 pour la traduction française de Corinne Atlan

10/18 domaine étranger

Résumé :

voici ce que dit la quatrième de couverture :

Hajime a connu pour la première fois l’amour en compagnie de la douce Shimamoto-san. Séparé par la vie, il n’a pourtant jamais oublié. aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s’est construit une vie agréable entre famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-san?

Heureusement que je ne ai pas lu ce résumé avant de commencer le roman, car il m’aurais ôté toute envie de le lire.

Pourtant c’est vrai. Le livre nous parle de Hajime et de toutes les femmes qui ont marqué sa vie amoureuse. Pas seulement son premier amour, mais les autres aussi. Comment les a-t-il rencontré. Qu’elle était sa relation avec chacune d’elle. Comment leur chemin se sont ensuite écarté. Une histoire de la vie d’un homme somme toute assez ordinaire.

Pourtant, une fois commencé ce roman, je l’ai terminé en très peu de temps. Non pas qu’il y est du suspens, qu’il s’y passe des choses extraordinaire… Mais c’est un de ces livres qui vous font rentrer dans une sorte d’excitation, de fébrilité qui fait qu’on ne veut plus le refermer. Un livre qui vous manque quand la vie vous oblige à le fermer pour vous adonner à d’autre activité.

Pourquoi ai-je aimé ce livre ? L’ai-je vraiment aimé ? Je ne saurais répondre clairement à cette question. Je l’ai dévoré. Il m’a laissé cette drôle de sensation au creux de l’estomac. Pourtant, je n’aime pas particulièrement les histoires d’amour, cela m’ennuie. Et puis, j’ai détesté les personnages. Oui, je n’aime pas ce genre de personnages, à la recherche d’un amour absolu. Je ne sais pas pourquoi je les déteste mais je n’éprouve aucune affection pour eux, aucune compassion.

Mais alors, si l’histoire ne m’intéresse pas particulièrement et que je n’ai aucune affection pour les personnages, pourquoi ai-je lu avec autant d’avidité ce roman ? Sans doute la façon dont Murakami écrit. La façon dont il nous fait pénétrer dans l’intimité de son personnage principal. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, on devient le témoin privilégié de son histoire et on ne peut que l’écouter nous raconter ses amour, ses joies, ses souffrances.

1Q84.jpg

Ce n’est pas le premier roman de Murakami que je lit. On réalité, on m’a prêté celui-ci alors que je terminais à peine le premier tome de 1Q84 qui m’avait laissé assez perplexe. En effet, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais j’ai eu beaucoup de mal à en venir à bout. Alors que l’histoire m’intéressait. J’ai trouvé qu’il était bien écrit. Mais, une fois refermé, je pouvais rester des jours, voire des semaines sans le rouvrir. Alors qu’il m’a fallu 3 mois pour le terminer. J’ai envie de lire la suite parce que l’intrigue m’intéresse. En somme tout le contraire de Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil.


Le coin des curieux : 

Comme à mon habitude, j’aime bien aller chercher des petit détails qui illustrent les romans (manga, animes…) J’aime savoir de quoi on me parle.

Alors voilà, Murakami insère dans ses histoires beaucoup de musique, si dans 1Q84 ce sont surtout les références à la musiques classique qui m’ont marqué, ici c’est le jazz qui est à l’honneur :

Duke Ellington avec Start-Crossed Lovers

Nat King Cole avec Pretend

Et bien sûr South of the Border, a qui le roman doit une partie de son titre. Si dans le roman cette chanson est chanté par Nat King Cole dans le même album que la précédente, moi j’en ai trouvé aucune version chanté par Nat King Cole. Je vous propose donc la version de Sinatra

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