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Plus forte que le sabre

Aujourd’hui la thématique du challenge un mois au Japon était le Japon historique. Moi je vous ai promis du manga tous les mercredis. Qu’à cela ne tienne ! J’ai ce qu’il me faut pour être dans le thème et respecter ma promesse 😉

Je vais vous parler d’un gekiga de Hiroshi Hirata, une référence en la matière. Sa spécialité : les manga de samouraï, mais pas ceux fantasmés, beaux comme des jeunes filles et super classe, non la spécialité de Hirata c’est le vrai samouraï, celui qui transpire et qui pue sur le champ de bataille. Le gekiga est en effet une sorte de manga dramatique réaliste. Pas de têtes déformées, de yeux comme des soucoupes ou des gag à répétition. Ici c’est du sérieux !

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Plus forte que le sabre commence avec l’arrivée de Hisa jeune femme samouraï de 15 ans qui intègre la famille Shimizu en épousant le fils aîné et héritier Tarôzaemon no-jô Yasuhide. Les Shimizu sont vassal de la famille Hôjô et gouvernent la péninsule de Izu.

Si Hisa est le personnage principale qui donne son titre à la cette courte série de 3 tomes, nous ne suivons pas que son parcours mais celui de toute sa famille sur plusieurs années. Le tome 1 s’ouvre sur mariage alors qu’elle n’a que 15 ans. Le tome 3 se termine alors qu’elle en a 60. Avec cette famille ce sont les coutumes et le mode de vie des samouraïs du XVI° siècle que l’on découvre.

Yasuhide, l’héritier de la famille Shimizu est une grosse brute, son tempérament sera temporisé par sa femme qui en revanche à un très grand cœur et tient à protéger le peuple tout en protégeant sa famille, mais pas au pris d’être déshonoré en ayant recours à des méfaits tel que le piratage. A la manière de samouraï, les disputes entre époux prennent toujours un ton très dramatique, sabre à la main.

Si pour vous être bushi c’est tuer et massacrer, alors mourez ici et maintenant !

Face à la détermination sans faille de sa femme, Yasuhide évolue et devient un meilleur seigneur. Mais cela ne l’épargne pas de décisions cruelle due à son rang. Quand l’un de ses fils désobéi au lois de leur seigneurs il ne peux que le condamner à mort.

Dans le premier tomes on suit Hisa qui en 5 ans met au monde 4 enfants et forme une marine féminine pour défendre le fief en l’absence des hommes parti avec son mari livrer bataille pour leur seigneur. Pendant ce temps-là on suit Yasuhide sur le champ de bataille. On y découvre avec beaucoup de détails comment fonctionnent les campagnes militaires de l’époque, qui paye quoi, comment sont ravitaillées les troupes, comment se nourrissent les soldats, etc. C’est très intéressant.

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Dans le deuxième tome, nous suivons l’un des fils de Hisa, Shinhachiro, qui n’arrive pas à contrôler ses pulsions sexuelles et viole les femmes du village. Hisa va devoir prendre les choses en main et « dresser » son fils. Puis c’est au tour du fils aîné, Matatarô d’être au centre du récit. Alors qu’il est héritier du titre, Matatarô ne s’intéresses qu’aux arts. Il ne veux pas tuer et incompris de son père décide de quitter le foyer familial. On continue de suivre Matatarô dans le troisième et dernier tome. D’abord dans ses pérégrinations puis dans son retour au pays.

Dans ce troisième tome, Hirata fait rencontrer son personnage et un célèbre samouraï de l’époque : Kôizumi Ise-no-Kami Nobutsuna, ensemble il évoquent un épisode de la vie de ce dernier qui est raconté dans Honchō bugei shōden, un recueil d’histoires de samouraï publié à l’époque Edo. J’ai retenu cette apparition car Kurosawa, le célèbre cinéaste Japonais qui a fait de très beaux films sur les samouraï, reprend également cette épisode dans son film Les sept Samouraïs.

La vie de la famille Shimizu se termine comme se termine la vie des samouraïs dans une époque de conflit. Les guerres et les morts y sont nombreuses. Mais ce manga n’est pas seulement un documentaire sur la vie des samouraïs. Paradoxalement tout en rendant hommage aux code d’honneur des bushi, Hirata nous livre avec cette trilogie une ode à la paix. Par la voie pleine de sagesse de Hisa, c’est un message de paix et d’amour qui ressort de ce récit. Message repris par le fils Matatarô qui avec la même noblesse d’esprit que le bushi prêt à se faire seppuku plutôt qu d’être déshonoré, refusera de tuer jusqu’au bout. Hisa est un personnage très positif dont on peut tirer enseignement : droite et intègre, courageuse et forte, elle ne baisse jamais les bras et ne se laisse pas submerger par ses émotions trouvant toujours la force d’aller de l’avant. Fidèle, elle n’hésite pas à remettre en cause l’autorité de son mari quand elle juge cela nécessaire, mais elle ne le contourne pas, elle l’affronte, d’égale à égale. J’ai beaucoup aimé la scène de la nuit de noce

Déshabille toi !

Je ne suis pas votre servante… Je suis venue ici pour devenir votre épouse ! Et ce n’est pas en recevant un tel ordre que je le deviendrai !

[…]

Ma grand-mère m’a appris qu’une vie de couple se construit en inspirant et expirant chacun la même quantité d’air. L’incident de tout à l’heure vous a … disons… exalté, et soumettre sous votre puissance de mâle ma faiblesse de femme vous permettrait de trouver le repos… Je le conçois. Néanmoins, ceci est également ma nuit de noces ! Celle où vous est moi nous unissons pour la première fois en tant que couple. Veuillez faire face à votre épouse le cœur pur et vide, comme un époux et non pas comme un batailleur.

Un manga donc très intéressant si on s’intéresse au Japon historique et plus particulièrement à l’époque Sengoku (époque des provinces en guerre). Néanmoins attendez-vous à beaucoup lire ! Contrairement à la plupart des manga, ce gekiga est riche en texte. Les personnages font de longues tirades philosophiques sur le rôle, le devoir du bushi (guerrier), sur la guerre, etc. De longues explications nous également données pour comprendre le contexte dans laquelle se déroule l’histoire, il y a même des petites cartes pour montrer les déplacements des troupes. J’avoue avoir zappé quelques petits passages trop… historiques ^_^’



 

Le music-hall des espions – Bruno Birolli

J’avais aimé le livre historique de Bruno Birolli Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre, qui se lit comme un roman. J’étais impatiente de découvrir son premier roman.

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages avec la découverte de cadavres bien puants. Nous sommes à Shanghai, dans les années 30. Autour du charnier, des officiers français, un homme des renseignements britanniques, un officier chinois et ses hommes. Mais qui sont donc ces cadavres. Qui est l’homme qui pleure ?

Marche arrière toute. On se retrouve en France. René est envoyé en Chine comme sous-officier par son oncle influent qui ne sait trop quoi faire du jeune homme dont il a la charge. Un neveu encombrant, une concession lointaine. Voici René embarqué pour une aventure à laquelle il ne s’attend pas. Pas mécontent de quitter la France (et surtout son oncle), René débarque à Shanghai où il travaillera aux renseignements avec Fiorini, son supérieur. Fiorini est un officier taciturne, de peu de mots. Mais il saura gagner la confiance et la fidélité de son sous-officier fraîchement débarqué.

Avec René, on découvre la vie de Shanghai, partagée entre ses concessions étrangères et ses quartiers chinois. L’ambiance est des plus tendues : homme d’affaires peu scrupuleux, taxi-girls, étrangers en mal d’aventure, autorités fidèles à Tchang Kaï-chek, espions communistes et japonais prêt à faire tout péter, on marche sur le fil du rasoir.

C’est au détour d’un incident peu commun, une attaque qui n’a rien d’un simple braquage que Fiorini, accompagné par René, se lance sur les traces d’espions communistes. Un jeu de chat et de souris, de pouvoir et de manipulation, du quel personne ressortira vraiment indemne, est en train de se jouer.

Ce que j’ai aimé dans ce roman ce n’est pas finalement tant l’intrigue policière que laissait entrapercevoir la découverte des cadavres par laquelle le roman s’ouvre. Ce qui est vraiment intéressant de ce livre, c’est de découvrir la ville de Shanghai avant que la guerre n’y éclate. C’est à travers le vécu de René qu’on découvre la ville, ces différents quartiers, sa dynamique, la façon dont les diverses concessions et les quartiers chinois interagissent. Bruno Birolli a su la rendre très vivante. Il y a profusion de détails, on a vraiment l’impression d’arpenter ses rues.

Les personnages, nombreux, sont tous attachants. Même les plus terribles d’entre eux ont quelque chose de profondément humain qui nous les rends familiers. On ne peut détester personne. Il n’y a ni de bon, ni de méchants. Il y a des camps adverses, il y a la guerre, il y a les valeurs que chacun veut défendre. Des chemins contraires qui mènent à la confrontation, inévitable, acceptée tel une fatalité.

Un beau livre, qui se lit avec plaisir et qui nous fait découvrir un pan de l’histoire chinoise sans en avoir l’air.

Merci aux éditions Tohu Bohu et à Bruno Birolli pour cette lecture.


Le coin des curieux :

Je ne pouvais pas présenter ce livre sans proposer un coin des curieux ! Mais j’ai découvert, avec plaisir, que Bruno Birolli avait déjà bien préparé le travail avec la page facebook du roman où l’on trouve énormément de photos d’archives ayant servi à l’élaboration du roman. On y trouve même quelques musiques 🙂 Je vous invite vraiment à y faire un tour.

Que dire de plus après avoir feuilleté les albums photos ?

Je me contenterais de proposer deux autres lectures dans un genre bien différent pour découvrir sous un autre angle le Shanghai des années 30 :

La balade de Yaya nous amène à Shanghai en 1937 alors que la guerre opposant les chinois au japonais a éclaté. Yaya, une petite bourgeoise, se retrouve perdue dans les rues de la ville à feu et à sang. Elle y rencontrera Tuduo, un gamin des rues. Ensemble, ils vont fuir et tenter de survivre.

Une très jolie bd jeunesse dont je vous ai déjà parlé ici. Si le dessin tout en rondeur fait vraiment penser à une bd pour enfant, le propos y est parfois très dur, à ne pas mettre entre des mains trop jeunes. Mimiko l’aime beaucoup et y revient régulièrement

L’ombre de Shanghai, encore une bd jeunesse. Toujours aux édition Fei, comme la balade de Yaya. C’est ici une jeune chinoise, prise sous l’aile d’une riche famille de colons français qui est au centre de l’intrigue. Nous sommes toujours à Shanghai dans les années 30, mais les jeunes gens qui fréquentes le lycée de la concession française semblent bien plus inquiets par leur peines amoureuses que par la guerre imminente. Une histoire fantastique et non une aventure historique, mais de belles planches où l’on peut observer les rues du Shanghai des années 30.

Je vous ai déjà parlé des premiers tomes de cette série ici.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

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Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

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La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

Les larmes interdites

Sans doute l’un des livres les plus fort qui m’a été donné de lire cette année. Les Larmes interdites de Sophie Ansel (journaliste) et Navy Soth raconte l’enfance de cette dernière emmenée par les Khmer rouges dans un camp de travail forcé à seulement 2 ans avec toute sa famille. Là-bas elle vivra un enfer. L’humiliation, les coups, la peur, la faim sont le lot quotidien de cette petite fille qui n’a pas le droit de pleurer, pas le droit de se plaindre, même quand la peur est trop grande, quand la douleur est insupportable.

C’est difficile de parler de ce livre tant il m’a bouleversé. L’histoire qu’il raconte est d’autant plus inacceptable qu’elle est vraie. Des souffrances qu’on a peine à imaginer sont infligées à cette petite fille qui n’a pas commis d’autres faute que celle d’être née dans un Cambodge en pleine tourmente. C’est difficile de comprendre comment l’être humain peut arriver à tant de cruauté. Cette cruauté qui s’applique contre des enfants à qui l’on reproche les fautes des parents (par faute, comprendre appartenir à la classe moyenne urbaine) m’avait aussi frappé dans une témoignage : rescapé du camp 14 qui raconte l’enfance dans un camp de travaux forcé en Corée du Nord. Ces deux livres montrent chacun à leur façon ce que l’humain peut avoir de pire, mais aussi cet incroyable espoir qui l’anime. Survivre envers et contre tout. Voilà ce que fait la Noiraude, cette petite fille qui malgré la faim et la peur trouve la force de s’émerveiller devant une fleur, une odeur, un insecte.

Au delà du témoignage poignant, ce livre est remarquable par son écriture, très vivante et touchante. C’est très bien écrit, on est pris par l’histoire on veut savoir ce qu’il adviendra de la Noiraude et de sa famille. C’est très poétique aussi, touchant. Ce livre raconte l’horreur comme il raconte la force de cette enfant et des liens familiaux qui l’aident à tenir. J’ai beaucoup pleuré mais il m’est aussi arrivé de sourire face à l’espièglerie de la petite Noiraude.

Cette lecture m’a beaucoup touché mais elle m’a aussi fait beaucoup réfléchir. A l’Homme d’abord, à la puissance de l’endoctrinement d’un côté et à la volonté de survivre des victimes de l’autre. J’ai été très impressionné par cette envie de rester en vie coûte que coûte. Pourquoi s’accrocher quand la mort semble plus douce que la vie ?

Cela m’a aussi poussé à considérer la question de la réconciliation après un conflit fratricide. C’est un sujet qui n’est ici pas du tout abordé mais quand on voit ce qu’une partie de la population à fait fait subir à l’autre on ne peux que s’interroger sur la difficulté de reconstruire le pays à la chute du régime de Pol Pot. Une réflexion qui fait écho à un reportage que j’avais vu il y a longtemps déjà. A l’époque j’avais essayé de lire un autre livre écrit en collaboration entre un journaliste français et un rescapé de ces camps de travail. Contrairement à Les larmes interdites le livre était moins facile à lire. Le récit était dur certes mais ennuyeux à lire. Je n’arrive plus à me souvenir du titre.

Les larmes interdites m’a beaucoup marqué et je m’en souviendrais longtemps. Cependant je n’en conseillerais pas la lecture aux dépressif sous peine de voir tout espoir en l’espèce humaine s’évaporer.

→ à lire une interview des auteurs sur Terrafemina

extrait :

J’attends toujours la pleine lune avec une angoisse mal contenue et une étrange impatience. Les Pyjamas Noirs semblent plus irrités, ils s’emportent volontiers contre les villageois. Mais je croise plus de lézards, de grillons et de crapauds, comme s’ils préparaient une cérémonie du renouveau. Papa dit que les animaux sont moins attentifs et se font plus facilement piéger. Ils sont amoureux. C’est triste, parce que ça veut dire que l’amour est dangereux, même dans le monde des animaux. Pour nous, l’amour est interdit et l’interdit, tue, nous le savons. Eux ne le savent pas. En même temps je préfère ça : grâce à leurs imprudences romantiques, Papa fait quelques captures qu’il dissimule dans son pantalon, et moi, je mange toutes ces petites proies remplies d’amour.

Journal d’un lycéen sous l’occupation

C’est par hasard que j’ai découvert cet album à la bibliothèque. Mis en avant sur une étagère que je ne fréquente pas tellement, Mimiko étant trop jeune, la couverture m’a tout de suite frappé. Je l’ai pris pour le feuilleter et son format m’a de suite donné envie de le lire.

A gauche un carnet ou l’on retrouve des page du journal fictif de Victor Rivière, un lycéen qui nous raconte son vécu dorant l’occupation. Le journal commence le 15 mars 1940, Victor fête ses 15 ans mais les esprit ne sont pas à la fête. Tous pensent à la guerre. Le journal se termine se 8 mai 1945, dans Paris résonnent les cloches de la victoire. En 47 pages Jean-Michel Dequeker-Fergon nous fait revivre un période importante de l’histoire contemporaine française (et mondiale). Les bribes du journal de Victor sont complété par de nombreuses photos et illustrations expliquées. Les images du carnet sont enrichies par des reproduction de documents d’époque que l’on peu découvrir à l’intérieur de la pochette de droite. Ticket de raisonnement, cartes, affiches de propagande, courrier officiels… autant de documents qui donnent une dimension d’autant plus réelle aux éventement qui nous sont conté.

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Bien que l’ouvrage s’adresse à un jeune public (en particulier des collégiens et des lycéen qui ont justement la deuxième guerre mondiale au programme d’histoire) j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé ça très intéressant. L’école étant loin derrière moi, c’était une façon ludique et rapide de faire quelques révision d’histoire.

Je le conseille à tous ceux qui veulent en savoir plus sur la seconde guerre mondiale et l’occupation en France, que ce soit pour réviser ses cours d’histoire ou juste pour le plaisir de découvrir un bel album.


lecture 17/20
lecture 17 sur 20

Le sixième dalaï-lama – tome 1

Après la Soupe aux cailloux c’est à une autre nouveauté des éditions Fei de faire la une : Le sixième dalaï-lama de Guo Qiang (scénario) et Zhao Ze (illustrations).

La couverture est magnifique. Le trait de Zhao Ze tendre et délicat donne envie de découvrir cette histoire, surtout qu’il s’agit de la vie du sixième dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, ayant réellement existé à la fin du XVII.

L’histoire commence en 1694 à Tawang, au sud du Tibet de l’époque. Lobsang Rinchen vit avec ses parents, paysans-esclaves. Il y mène une vie paisible. Il fait la connaissance de la fille du chef du village, Makye Ame, et de sa servante. Les trois jeunes gens se lient d’amitié et peu à peu les sentiments de Lobsang et Makye évoluent. Pendant ce temps, l’empire de Chine, qui tient le Tibet sous sa coupe, découvre la mort du 5ème Dalaï-lama, celui-ci doit être au plus vite remplacé par sa réincarnation sous peine de voir un conflit armé éclater. C’est ainsi que Depa Sangyé Gyatso, régent du Tibet ayant assuré le pouvoir depuis la mort du dalaï-lama survenue il y a déjà 15 ans, part à sa recherche vers le sud. Il tombe sur Lobsang qu’il identifie comme étant la réincarnation du précédent dalaï-lama. La vie des trois jeunes gens va s’en trouver bouleversée. Mais l’aventure ne fait que commencer, Lobsang ne sait encore rien des épreuves qu’il aura a affronter.

Ce premier tome prends le temps de planter le décor, on voit l’amitié liant Lobsang et Makye naître et évoluer tandis que loin de leur village l’équilibre politique du Tibet s’ébranle. On comprend à travers les différentes planches le système complexe où le pouvoir spirituel et administratif de Lhassa doit composer avec le pouvoir militaire du Khan, roi du Tibet mongol,  et l’influence de l’empire de Chine (pour mieux se repérer une carte est proposé).

C’est un très bon premier tome qui nous permet de découvrir la société de l’époque et de s’attacher aux personnages. C’est une mise en bouche magnifiquement illustrée qui donne envie de connaitre la suite. Alors que l’album se termine avec le départ de Lobsang, on se demande ce qui l’attend a Lhassa. Comment réagira le khan ? Et l’empereur de Chine ?

J’aime les lectures qui joignent l’agréable à l’utile. Avec cette bande dessinée on prend du plaisir, c’est beau et léger. L’histoire de ce premier tome n’est en soi pas particulièrement palpitante mais tout ce qu’elle nous apprend sur le Tibet du XVII siècle est intéressant. Une lecture qui plaira aux jeunes (une histoire d’amour contrarié et des menaces qui pèsent sur le jeune héro) mais aussi aux plus vieux qui pourront en apprendre plus sur la structure politique de l’époque tout en profitant des illustrations de Zhao Ze qui propose de très belle planche et une superbe coloration. De quoi bien commencer votre rentrée 2016 😉

Un mot sur le format : couverture cartonnée, 19 x 27 cm, nous sommes dans un format BD et non manga, ce qui permet de bien profiter des couleurs. J’aime particulièrement les paysages.


Un grand merci aux éditions Fei qui nous ont permis de découvrir ce beau manhua qui a ravis toute la famille. Je le conseille au jeunes et moins jeunes lecteurs intéressés par l’extrême-orient, les aventures épiques et les beau paysages. Je le conseille également aux bibliothèques et CDI pour son caractère instructif.

⇒ sur le site de l’éditeur vous pouvez lire un extrait

Et si vous en avez l’occasion, faites un tour à l’exposition Le sixième Dalaï-lama de Zhao Ze qui se tiendra à la librairie-galerie Fei du 3 novembre au 6 décembre 2016 (1, rue Frédéric Sauton, 75005 Paris). Vernissage en présence de l’auteur le 3 novembre.


lecture 2 sur 6

Le coin des curieux :

Tsangyang Gyatso

Si ce premier tome est très agréable à lire il m’apparaissait évident que Guo Qiang livre une version très romancée de la  vie du 6ème Dalaï-lama. J’ai eu envie d’en savoir plus sur ce personnage historique et je suis allée chercher un livre très intéressant : Histoire des Dalaï-lama Quatorze reflets sur le Lac des Visions de Roland Barraux pour y lire la vraie histoire de Rigdzin Tsangyang Gyatso (1683-1706).

[ne pas lire la suite si vous voulez garder tout le suspens de la série

risque de spoiler]

Sangyé Gyatso est nommé régent du Tibet par le 5ème Dalaï-lama en 1679. A la mort de ce dernier Sangyé Gyatso envoie plusieurs troupes rechercher l’incarnation du dalaï-lama mais garde la mort de ce dernier secrète.

C’est en 1685 que l’un de ces groupes rapporte la naissance surnaturelle d’un enfant dans une famille influente du sud du Tibet, dans le pays de Moeun (actuellement en Inde). L’enfant est alors âgé de 3 ans et après avoir passé avec succès les épreuves d’identification est envoyé avec sa mère dans le plus grand secret dans le monastère de Tsöna où il reste 12 ans. L’éducation religieuse qu’il y reçoit est assez médiocre notamment à cause du grand secret dans laquelle elle doit se faire.

C’est en 1697, alors que le jeune dalaï-lama a 15 ans, que son existence est officiellement révélée et qu’il prononce ses vœux de premier degré (getsul). Il reçoit le nom religieux de Lobsang Rigdzin Tsangyang Gyatso.

Dès son intronisation en tant que 6ème dalaï-lama le jeune Lobsang se désintéresse des enseignements religieux et du pouvoir temporel, leur préférant la poésie et la musique. Ses poèmes sont les plus populaires de l’anthologie tibétaine et il est le premier auteur de poésies amoureuses.

La pluie délave
Les chants d’amour
Ecrit à l’encre noire ;
Mais l’amour dans le cœur
Sans nulle trace d’écriture
Reste à jamais gravé

Plusieurs de ses chants font allusion à une jeune fille de son pays natal, c’est sans doute dans ces chants que Guo Qiang puise l’inspiration pour créer le personnage de Makye Ame.

S’éloignant de plus en plus des enseignements religieux, Lobsang s’adonne à la débauche dans les tavernes de Lhassa où il boit en compagnie de ses amis et rencontre de nombreuses maîtresses

Si la servante vit à jamais
Le flot de vin ne s’épuisera.
La taverne est mon refuge,
Avec du vin je suis content.

Le régent fait pression sur Lobsang pour qu’il  prononce ses vœux définitifs (gelong) mais celui-ci refuse et revient même sur ses premiers vœux, redevenant ainsi un laïc. Malgré la renonciation aux vœux monastiques, Lobsang n’en reste pas moins la réincarnation du dalaï-lama. Il continue de vivre au Potala.

palais du Potala

Le 6ème dalaï-lama se désintéressant du pouvoir politique, c’est toujours Sangyé Gyatso qui dirige le Tibet. Ses manœuvres politiques déplaisent à Lhabsang Khan qui le fait prisonnier puis le fait décapiter en 1706. Après s’être débarrassé du régent le khan cherche à évincer le dalaï-lama. Il tente de le destituer mais sa première tentative échoue. Il réussi à le faire prisonnier pour le conduire en Chine sous ordre de l’empereur de Chine, mais alors qu’il quitte Lhassa escorté par les soldats mongoles, les moines et les laïques qui l’escortent se révoltent et s’enferment dans le monastère. Le monastère est assiégé et Lobsang conscient de l’inégalité du combat décide de se rendre. Cette fois il part vers la Chine sans opposer de résistance et disparaît au bord du lac Gunganor, au sud du Kokonor. Si on ne retrouve plus de traces écrites de lui après le 14 novembre 1706, les légendes prennent le relais. Certains prétendent qu’il aurait succombé à la maladie, d’autres qu’il aurait été assassiné. Enfin d’autres espèrent que sa vie aurait longtemps continuée, qu’après une vie de débauche à Lhassa il se soit racheté en amenant la bonne parole bouddhique en Inde et au Népal et qu’il ne soit mort qu’en 1746.

Lobsang fut le seul dalaï-lama a avoir renoncé aux vœux monastiques et à ne pas recevoir de sépulture. Il a laissé son emprunte dans le cœur des tibétains notamment grâce à sa poésie qui est toujours chanté de nos jours.

Barraux conclue son chapitre sur  Rigdzin Tsangyang Gyatso en rapportant une légende qui dit qu’en quittant sa région natale Lobsang aurait planté 3 santals en disant que le jour où les 3 arbres auraient la même taille il reviendrait dans son pays. En 1959 les habitants de la régions remarquèrent que les 3 arbres avaient la même taille et une forme identique. Les trois arbres prirent feu et peu après les habitants apprirent les troubles qui agitaient le Tibet. Le dalaï-lama revint dans la région en la personne de Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama en route pour son exil en Inde.

Bien que la version de Guo Qiang soit beaucoup plus romantique que ce que j’ai pu lire dans Histoire des Dalaï-lama, je suis curieuse de savoir comment l’auteur va mettre en scène la suite de la vie de ce personnage à la fois historique et mythique. Et j’ai hâte de retrouver les somptueux paysages de Zhao Ze.

Max, le livre qu’ « on adore détester »

Cela fait plusieurs semaines que j’ai fini ce roman mais je n’arrivais pas a en parler. Je ne suis pas sure de trouver les mots juste et je serais assez brève mais je pense que ce livre mérite que j’y consacre quelques lignes.

Je l’ai acheté après l’avoir aperçu dans plusieurs c’est lundi que lisez-vous à droite et à gauche. Tout le monde semblait enthousiaste et je cherchait un roman pour mon neveu. Mais avant de lui offrir j’ai voulu le lire et… je ne lui ai jamais donné.

Pourquoi ? Parce que je l’ai trouvé beaucoup trop dur ! La vie est déjà assez compliquée comme ça sans qu’on vienne leur faire perdre tout espoir en l’espèce humaine avant même qu’il aient pu quitter le nid. Pourtant il s’agit d’un très beau roman.

l’histoire :

L’histoires nous est racontée à la première personne par un enfant née dans un lebensborn, sorte de maternité crées par les nazi où on met au monde des enfants soumis à une sélection raciale drastique pour crées les élites de demain. L’histoire commence à quelques heures de l’accouchement, le héros nous raconte comment il est venu au monde, comment il a passé avec sucés toutes les sélections raciales, ses premiers mois de vie auprès de sa mère, puis auprès des nourrices avant être envoyé en Pologne pour une nouvelle mission : recruter des enfants polonais répondant aux critères raciaux afin d’être arraché à leur familles et germanisé dans des écoles spéciales.

Endoctriné dès le berceau, le héros est tiraillé toute son enfance durant entre les sentiments humains qu’il éprouve et la croyance en une idéologie inhumaine. La rencontre avec un jeune polonais va bouleverser sa vie.

Pourquoi je n’offrirais pas ce roman à mon neveu ?

Au début je n’ai pas trop accroché au récit. Toutes la partie se déroulant au lebensborn était assez ennuyeuse et j’ai du me forcer pour continuer. Puis le récit s’intensifie et devient de plus en plus passionnant avec le départ de Konrad pour la Pologne. Là j’étais prise par le roman mais je ne cessais de me poser une question : pourquoi écrire ça ?

Le récit est terrible. C’est dur. Ce roman ne m’a pas seulement arraché des larmes il m’a donné la nausée. Et si j’ai trouve, en le refermant, qu’il était très bien écrit je n’ai pas envie de donner la nausée à mon neveu. Je m’interroge sur le but et l’utilité d’un tel roman. C’est douloureux à lire et assez désespérant. Je comprends la nécessité de ne pas oublier les atrocités commises par le parti nazi, mais là j’ai trouvé le récit tellement dur que l’humanité parait monstrueuse et il y a peu de place pour l’espoir. C’est à vous faire regretter d’appartenir à l’espèce humaine. Je souviens enfant avoir pris conscience de ce qu’il y a de pire en l’être humain et avoir pleuré parce que j’en était un moi-même. Ce livre m’a replongé dans cet état d’esprit et ce n’est pas une chose que je souhaite communiquer à mes enfants, neveux et nièces. Je veux leur transmettre de l’espoir, leur faire croire que tout est possible, qu’il peuvent être les acteurs d’un monde meilleur. En leur faisant lire ce livre j’aurais l’impression de leur dire « regarde à quelle espèce immonde tu appartient ».

Ce livre m’a vraiment mis très mal à l’aise. Et c’est là aussi sa force. Dans la quatrième de couverture on peut lire « on adore détester Max et on ne déteste pas l’adorer ». Après les premiers chapitres je ne comprenais pas. Après avoir fini le roman non seulement je comprends, mais j’adhère complètement. C’est un très beau livre, très bien écris qui vous bouleverse mais qui raconte des choses détestable qu’on préférerais ne pas entendre.

J’ai donc décidé de ne pas l’offrir à mon neveu qui n’a que 12 ans mais je vais le laisser là dans mon étagère roman jeunesse mis à leur disposition pour que, le jour où il le désire, il puisse le lire.

Ch∃ de Kim Yong-hwe

J’avais repéré ce manhwa au moment où je préparais la thématique manhwa pour K.BD en octobre dernier. Ce titre n’avait finalement pas été retenu comme lecture commune mais je le gardais dans un coin attendant l’occasion d’y plonger. Cette occasion est arrivée avec la semaine coréenne de Choco.

Kim Yong-hwe retrace dans ce one-shot les grandes lignes de la vie du Che pour permettre aux jeunes (et moins jeunes) qui arborent fièrement le portrait du Che sur leur t-shirt de vraiment savoir qui était cet homme dont effigie, d’abord symbole de révolution et devenu un produit marketing par excellence (drôle de destin posthume).

On passe très brièvement sur l’enfance et l’adolescence d’Ernesto Guevara, né dans une petite famille bourgeoise argentine, asthmatique mais très volontaire. Après une brève introduction de quelques pages on retrouve Ernesto jeune homme, près a se lancer dans des études de médecine. Son premier stage dans un hôpital pour lépreux et son voyage à la découverte de l’Amérique latin en moto avec son amis Alberto (également médecin) vont faire prendre conscience au jeune Ernesto les injustices qui touche les peuples d’Amérique latine et l’impérialisme américain.

Kim Yong-hwe nous montre ensuite comment Ernesto devient le « Che » et comment il s’engage politiquement petit à petit jusqu’à s’engager militairement au côté de Fidel Castro dans la révolution cubaine.

Kim Yong-hwe nous fait un portait très flatteur, où le Che est montré comme un homme très courageux, en quête de justice, un idéaliste qui chercher la meilleurs de façon de soutenir le peuple.

J’y connais rien du tout et c’est le premier livre sur sa vie que je lis alors je ne sais pas du tout dans quelle mesure sa figure est idéalisé mais j’ai parfois eu le sentiment que ce n’était pas toujours objectif. A en croire ce livre le Che était un saint. Or pour moi le régime de Castro est un dictature, un homme en quête de justice véritable ne peut pas soutenir une dictature. Néanmoins c’est une lecture intéressant qui permet de faire un premier pas vers ce personnage historique mythique. Ce manhwa m’a donné envie d’approfondir le sujet. Une très bonne entrée en matière, de quoi éveiller la curiosité.

Graphique ce manhwa n’a rien de remarquable, mais il reste agréable à l’œil. De petites pointes d’humour et quelques références hyper populaires (voir incongrues) viennent détendre l’atmosphère assez pesant du récit.

Aux éditions Soleil Manga dans la collection Gochawon.

⇒ à lire aussi l’avis de Gemini

Et pour accompagner votre lecture un petite bande sonore 😉


manhwa
manhwa

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Kersten médecin d’Himmler

C’est avant tout le thème de cette courte série en 2 tomes qui m’a attiré quand le titre a été proposé comme lecture commune par l’un de mes camarades kbdéens. Mo’ m’ayant généreusement offert le premier tome, il n’y avait plus aucune raison de me retenir. Et pourtant j’ai pas réussi à m’y plonger avant mercredi dernier. Là encore je me suis fait violence, deadline oblige. En ouvrant  et feuilletant le premier tome, j’avais pas envie. Le style graphique ne me correspond pas vraiment. Et c’est justement ce que j’aime avec K.BD !! C’est que je fini par lire des choses que je n’aurais pas choisi par moi-même et que je fais des belles découvertes. Kesten médecin d’Himmler c’en est est une.

Cette série raconte l’histoire de Kersten, un médecin finlandais qui travaille à Berlin sous le IIIème Reich. Kersten se voit contraint de devenir le médecin personnel d’Himmler qui souffre d’atroces douleurs d’estomac. Kersten est le seul à pouvoir le soulager. Il gagne ainsi la confiance d’Himmler. Grâce à sa position privilégiée au côté de cet obscur personnage Kersten tente de sauver le plus de vies possibles. Pourtant après guerre son rôle est passé sous silence et la Suède refuse de le naturaliser, le traitant en collabo. Un homme enquêtera pour rétablir la vérité sur les réels agissement de Kersten pendant la guerre et lui permettra d’enfin obtenir son passeport suédois en 1953.

Le récit alterne les phase d’enquête d’après-guerre avec le travail de Kersten au côté d’Himmler. cette alternance rends le récit plus intéressant et moins monotone.

Comme j’ai dis en introduction, ma première impression était plutôt négative. Le dessin et les couleurs ne me faisaient pas du tout envie, mais bon, je m’était engagée à le lire alors… Très vite j’étais plongée dans le récit que j’ai trouvé très intéressant. Je ne connaissez pas du tout l’histoire de Kersten et j’ai trouvé cela particulièrement intéressant car cela met en lumière la difficultés de prendre position dans ce genre de situation. Tenter de fuir et se mettre à l’abris ? Profiter de la confiance qu’un abjecte personnage vous accorde pour tenter de protéger le plus de personnes possible quitte à mettre sa propre vie en danger ? Une décision très difficile à prendre surtout quand vous devez pactiser avec le diable qui vous prend pour son ami. J’ai trouvé le personnage de Kersten fascinant et après avoir fini le premier tome j’ai filé à la librairie me procurer le tome 2 que j’ai lu avec autant d’intérêt.

Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une oeuvre remarquable car artistiquement elle ne correspond pas forcement à mes goût, je ne suis toujours pas fan du dessin. Cependant j’ai trouvé cette bande-dessinées très intéressante. Je trouve que les auteurs on fait un bon travail puisque malgré mes à priori j’ai été happé par le scénario.

Je conseille cette bd à tous les amoureux de l’Histoire, surtout à ceux qui s’intéressent à la deuxième guerre mondiale. Outre le témoignage sur la vie de Kersten cette bd fait réfléchir à la difficulté de distinguer les véritables collaborateurs des gens ayant agis sous couverture pendant la guerre. Cela me fait penser à un film qui m’avait beaucoup marqué il y a quelques années et qui racontait l’histoire d’un officier nazi ayant fait tous son possible pour sauver des juifs et qui fut exécuté par les allié après la guerre. Le film m’avait beaucoup marqué mais… j’arrive pas à me souvenir du titre.

→ à lire aussi les avis de Mo’ et Yvan (tome 1 et 2)

Le Chef de Nobunaga ~ by Yomu-chan

Salutations !  Yomu-chan va vous présenter son premier article dans le cadre du mois des livres en cuisine !  Vous l’aurez compris en lisant le titre, je vais vous parler du Chef de Nobunaga, un manga de Mitsuru Nishimura (au scénario) et Takuro Kajikawa (au dessin). Le Seinen voit le jour en 2011 et a aujourd’hui 12 tomes à son actif (en France nous en sommes à 7 , et le huitième fera sa sortie en décembre).

Ken se réveille blessé et poursuivis par des samouraïs, c’est de justesse qu’il parviens à s’échapper alors que son camarade se fait tuer sous ses yeux.  Il est alors recueillit par Natsu, une jolie forgeronne au caractère bien trempé. Seulement voilà, Ken ne se souvient de rien mis à part du fait  qu’il n’a rien à faire dans un Kyoto du XVI° siècle en pleine ère Sengoku, puisqu’il appartient à notre époque… Quand il pense avoir tout perdu il est prit d’une pulsion qui le pousse à cuisiner. Et sans s’en rendre compte il fait appel à de nombreuse techniques pointues  de cuisine. Voilà ce qu’il est : Un cuisinier du XXI° siècle coincé dans le passé. Alors qu’il commence à se faire à sa nouvelle vie le seigneur Nobunaga, célèbre despote de l’époque, a vent de son existence et exige que Ken devienne son cuisinier personnel. C’est ainsi que Ken se retrouve lié à une figure historique dans une période de guerre avec pour seules armes sa cuisine et les couteaux que lui a forgé Natsu.

Le chef de Nobunaga est un manga phénomène de par son appartenance à plusieurs genres. C’est principalement un manga culinaire (genre qui fait fureur tout le monde le sait, on ne cesse de parler de Food Wars, de Yakitate Japan et autres…) mais il s’agit aussi d’un véritable manga historique. En effet le Japon de l’ère Sengoku ne sert pas uniquement de décors mais a aussi son rôle dans l’intrigue puisque Ken va se retrouver mêler aux conflits de l’époque et va avoir son rôle à jouer dans les plans du célèbre et puissant Nobunaga. C’est une combinaison inédite  qui peut faire peur et éloigner les lecteurs mais qui, pourtant, fonctionne très bien ! L’auteur mêle avec talent les événements historiques aux aventures gastronomiques en donnant un élan charmant au récit qui justifie toujours de façon assez réaliste (aussi réaliste que peut être un manga ;p ) les chapitres culinaires par rapport aux incidents politiques ou militaires.

De plus Le chef de Nobunaga réussi avec brio le mixe d’une histoire vivante et dynamique avec des passages très explicatif sur le plan culinaire et historique.  L’histoire et la cuisine se mêlent une fois de plus avec un angle d’approche différent de ce que l’on aura connu, en effet Ken ne disposant pas des outils , des techniques,ou des aliments disponibles à son époque il est obligé d’adapter sa cuisine avec les moyens du Japon du XVI° siècle. Cela aboutit souvent à des petites interventions sur l’Histoire de la cuisine japonaise. De plus, à chaque fin de tome on a le droit a une page documentaire appelée « la cuisine de Sengoku » qui nous offre une recette et un paragraphe sur l’histoire militaire et culinaire de l’époque. Ces explications sont très enrichissantes et n’alourdissent absolument pas le récit. L’ennui n’est pas au rendez-vous puisque en slalomant entre histoire et cuisine on ne perd pas de vue la première pierre de l’édifice, à savoir, un chef des années 2000 plongé dans le passé médiéval de son pays. On partage le désarroi de notre personnage, on essaye de comprendre pourquoi et comment il est arrivé là, on cherche à se souvenir et puis on s’attache à ce Ken déterminé et débrouillard qui commence à trouver sa place au près d’un Nobunaga qui finalement n’est peut-être pas aussi ignoble  que nous l’a enseigné l’Histoire…

Alors concrètement qu’est-ce que j’en ai pensé ? Et bien je suis très contente d’avoir à faire à  une intrigue bien ficelée, vivante et pleine de rebondissements. De plus les personnages sont tous très attachants. Le dessin, quant à lui, n’est peut-être pas sans défaut,  un peu raide parfois, mais il a une force virile qui sied à merveille au récit. En plus, c’est agréable d’avoir un dessin qui a ses propres traits et qui ne se calque pas sur tout ses charadesign  kawaiiii du moment !  Pour faire court c’est un bon manga que j’aime beaucoup 😀 Je le conseille vivement à qui cherche un manga jeune et dynamique qui sorte un peu du mainstream. C’est dommage parce que Le chef de Nobunaga n’attire pas beaucoup les gens et pourtant quand certains finissent par le lire ils accrochent carrément !  J’espère que mon article décidera certain d’entre vous à passer le pas et à plonger dans l’univers de Ken. Je vous le dis, ça vaut le coup !

Un petit plus historique pour les curieux : 

portrait de Nobunaga par le peintre Jésuite Giovanni Niccolo

Nobunaga Oda est le fils d’un petit seigneur. Dès sa jeunesse il se fait remarquer par son comportement extravagant et provocateur. Quand il devient le maître du clan Oda il fait preuve d’ambition et démontre son talent militaire. Innovateur, son but est d’unifier le Japon chose qu’il parviendra quasiment à faire à force de victoires sur les clans ennemis. Sa stratégie l’amènera à faire du shogun sa marionnette et ainsi étendre son autorité sur le Japon.  Nobunaga est un homme violent et impatient ce qui lui vaudra son surnom de « Roi démon ». Mais c’est aussi un homme intelligent, innovateur, qui bouleversera la politique japonaise. Il modernisa les armées de l’époque, Il développe, met en place, et étend l’utilisation des longues lances, des armes à feu, des tekkosen (Navires protégé par du fer), et des fortifications de châteaux adaptées aux grandes batailles qui parsèment cette période. Nobunaga met aussi en place un système de classe guerrière spécialisée et nomme ses sujets et vassaux en se fondant sur leur compétence, et pas seulement sur le nom, le rang, ou les relations familiales comme dans les périodes précédentes. Il est aussi innovant sur le plan économique, en effet il développera le commerce « international » avec la Chine, la Corée mais aussi l’Europe. Il sera le « patron » des missionaire Jésuite portugais. Et se sera l’un des premiers japonais à porter des vêtement européens. Il porte un grand intérêt à l’art qu’il contribuera à développer avec les richesse gagner au cours de ses batailles. Nobunaga est une figure emblématique de l’histoire japonaise, qui le présente comme l’initiateur de l’unification du Japon.

Portrait par Kano Motohide

 

Des livres en cuisine bis