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7 contes japonais

Pour le thème de février du challenge je lis aussi des albums je vous propose un petit livre de contes japonais bilingue de Tomonori Taniguchi, édition Le Lézard Noir, collection Le petit Lézard.

Les contes sont très courts et se lisent facilement. Le texte est en français et en japonais, idéal pour les amoureux du Japon qui veulent apprendre la langue (j’ai pour ma part laissé tombé l’apprentissage du japonais depuis trop longtemps pour en profiter). Même sans s’intéresser à la langue japonaise ce livre est très agréable. On y découvre de très joli contes et les illustrations sont très mignonnes, pleine de tendresse. Parmi les contes présenté je n’en connaissais qu’un seul : Urushima Taro.

A conseiller à tous les amateurs de contes, du Japon ou tout simplement de jolis albums.

6 autres albums de Tomonori Taniguchi sont disponibles chez l’éditeur. visitez le site de l’auteur.

Feuillez l’album :

3/20 - thème langue étrangère
3/20 – thème langue étrangère

les autres albums du rendez-vous langue étrangères :
Abonnez-vous au tableau Langues étrangères – Challenge Je lis aussi des albums de Sophie sur Pinterest.

Le théâtre japonais ~by Yomu-chan

Ses origines :

Comme en Europe, le théâtre japonais tire ses origines dans le culte religieux, d’abord composé de danses et de chants en l’honneur des divinités. On note plusieurs sources, d’abord autochtones avec le culte shintoïste, puis importée du continent asiatique, plus précisément de Chine et de Corée, avec le culte bouddhique qui fait sont apparition.

Puis nous observons jusqu’au XIV° siècle, un processus presque similaire à celui qui fait l’évolution du théâtre antique grec; en effet, ce qui n’est pas encore tout à fait du théâtre perd peu à peu sa connotation religieuse pour devenir un outils d’esthétique, de raffinement, et surtout de divertissement. (ici l’évolution se distingue de la Grèce car le théâtre ne devient pas un outils socio-politique comme l’étaient les dionysies).Théâtre japonais fête traditionnelle

Quand le théâtre devient du théâtre :

C’est donc au XIV° siècle que le théâtre prend pleinement sa forme et s’intègre comme tel au folklore japonais. Peu à peu l’art s’affine et des troupes professionnelles commencent à voir le jour, on distingue alors trois types de théâtre classique :

 : Le premier genre théâtrale à faire son apparition. Il conserve une dimension quelque peu religieuse dans le sens où il sera jouer pendant longtemps dans des temples ou à l’occasion de festivités shintoïstes. Et il met parfois en scène l’histoire d’une divinité.

On parle, avec le théâtre , de drame lyrique. En effet c’est un théâtre très codifié où le texte en vers est scandé d’une façon très particulière. De plus le rythme occupe une place très importante dans la pièce ; on note la présence d’un chœur et de musiciens (surtout des percussionnistes). Cette forme, presque chantée, très poétique, s’allie à une gestuelle très marquée, avec de la danse et des temps de pause très caractéristiques, les miiye.

Il s’agit d’un théâtre très aristocratique, destiné principalement aux Shogun et aux samouraï. Cela explique la somptuosité des costumes. Les acteurs portent tous des kimono très raffinés et des masques spécifiques en fonction du rôle qu’ils jouent (on note 138 masques différents).

Vous pouvez lire ici, ici et ici les trois article dans les quels Tenger approfondit ses recherches sur le Nô 🙂

théâtre nô

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Kabuki : Théâtre qui devient plus populaire faisant son apparition au XVII°. En effet, il tire ses origines dans un théâtre féminin, plus particulièrement joué par des prostitués, mettant en scène des histoires sexuellement suggestives. Ce théâtre est vite restreint pour atteinte aux bonnes mœurs (en 1629 avec la restriction des prostitués à des quartiers réservé) et les femmes sont interdites de jeu. Les hommes prennent le relais, ils doivent alors se travestir pour incarner les rôles de femmes. (pour la petite anecdote : les jeunes hommes se verrons eux aussi interdis de jeu, puisque le caractère sexuel persiste et que les représentation se finissaient souvent en bagarre pour déterminer qui aurait le droit aux faveurs des jeunes acteurs dont la mise en scène mettait le physique en valeur. Ne sont autorisé à jouer plus que les hommes d’âge mûr).

On distingue deux type de Kabuki. Le Aragoto met en scène des personnages dotés de facultés exceptionnelles et des trames axée sur l’action , avec un jeu plus appuyés dans la prononciation et la gestuelle. Le Wagoto, lui, met en scène des romances tragiques et développe un jeu plus réaliste.

Au Kabuki, les acteurs sont maquillés de façon très stylisée (et non pas maqués comme dans le ), ils portent des costumes assez riches (qu’ils superposent parfois, car il arrive qu’ils doivent en changer sur scène), et on note, une fois encore, la présence de chœurs, d’un rythme assez marqué, d’un texte chanté, et d’une gestuelle très chorégraphiée. Le Kabuki se distingue par ses nombreuses installations techniques.

Nishizaki Sakurako and Bando Kotji in "Yoshino Mountain"
Nishizaki Sakurako and Bando Kotji in « Yoshino Mountain »

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Bunraku : Le Bunraku voit lui aussi le jour au XVII° siècle. Il s’agit en fait d’un théâtre de marionnettes. Une de ses particularités réside dans le fait que les marionnettistes sont à vu et qu’ils sont plusieurs pour manipuler un même personnages. Pour ce faire ils s’organisent d’une manière bien particulière, la partie contrôlé est définit par l’expérience du marionnettiste. Ainsi, le plus expérimenté manipule la tête et le bras droit, le second le bras gauche et le plus novice les pieds. L’autre aspect propre au Bunraku c’est le fait que les voix de tout les personnages et la narration sont incarnées par un seul et même acteur. Comme dans les styles précédant le Bunraku est accompagné par de la musique.

bunraku

Le Rakugo :

Mais aujourd’hui, c’est sur un aspect un peu méconnu du théâtre japonais que je veux attirer votre attention. Le Rakugo.

Il s’agit en fait de spectacles comiques, où un seul « conteur » se trouve sur scène. Ce dernier porte toujours un kimono léger et une veste qu’il pourra ôter au cours de son spectacle et est assis en position traditionnelle seiza (à genoux, comme dans les arts martiaux) sur un coussin carré et n’a pour accessoire qu’un éventail en papier et parfois un tenugui (un fin mouchoire de coton). Le voilà dans les conditions propre au Rakugo. Il doit maintenant raconter une histoire comique qui comportera très peu de narration, et le conteur doit incarner à lui seul tout les personnages de son histoire, et ce en restant assis.

C’est un art très subtile qui nécessite un grand travail sur le regard. En orientant son visage de tel ou tel côté le conteur pourra figurer ses personnages dans l’espace.

Ce qui est impressionnant aussi dans une performance de Rakugo c’est la diversité du jeu d’acteur. En effet un rakugoka doit être capable d’interpréter une palette incroyable de personnages, et de façon très nette pour que le public ne perde pas le fil.

Je trouve cette pratique théâtrale tout à fait extraordinaire. Elle demande un investissement fou, et une énergie débordante. Effectivement, le comédien étant assis tout au long de son passage sur scène doit être en permanence à 100% de concentration et à 100% d’implication pour que le rythme tienne et que l’aspect comique fonctionne, cela implique que les spectateurs suivent la prestation du début à la fin, l’ennuie est fatal pour une performance de ce type.

Le travail monstre sur le regard et le jeu de mime qui résulte de cet art est tout aussi impressionnant. D’abord je trouve que c’est un exercice très intéressant que de devoir créer un espace à partir de la position de tête des différents personnages. En effet, il faut que les différentes positions soit suffisamment marquées pour que la distinction des personnages se fasse sans un effort de compréhension trop important de la part du spectateur, mais il ne faut pas non plus que le comédien passe son temps à tourner la tête à droite, pis à gauche, et encore à droite, sinon le public va avoir le tournis. Il s’agit alors de mettre au point un enchaînement subtile mais efficace.

Plus haut, je parlais aussi de mime. Effectivement, le conteur est assis mais certaines situation dramatiques supposent du mouvement ou de l’action, mais, comme précisé précédemment, les seuls accessoires sont un coussin, un éventail et une serviette en coton. S’engage alors pour l’acteur un travail de mime avec ces objets incongrus qui vont devoir figurer un bol de soupe par exemple, une pipe une autre fois, et un fusils la fois d’après. Il s’agit donc d’énormément travailler au quotidien en observant attentivement la façon dont les mains saisissent un objet, dont le buste se positionne pour faire tel ou tel mouvement. C’est un art très conventionné mais très pointilleux qui doit viser un certain réalisme (bien que le surjeu occupe une place évidente dans ce genre de pratique) afin de permettre une identification entre les spectateurs et les personnages de l’histoire.

Mais moi ce qui m’épate le plus c’est cette capacité folle à pouvoir incarner une multitude de personnages très différents (femme / homme, enfant/vieux, extravertis/timide) en si peu de temps et de façon percutante, afin que chacun des protagonistes ait son impact sur le public.

Encore une fois, on ne peut nier l’immense travail d’observation qui se cache derrière un tel talent. Il faut avoir passé des heures à observer comment les gens fonctionne, leur mimiques, leur tics de langages, leurs réactions, pour être capable, sur scène, d’offrir des personnages riches, entier, réalistes et drôles !

Je n’ai jamais pratiqué ce genre de théâtre mais il m’intéresse beaucoup. Je trouve que chacun des aspect soulevé plus haut a son importance capitale dans le travail d’un acteur, qu’il soit rakugoka ou pas. Je pense donc que toutes les formations de comédiens devraient un jour proposer un stage de Rakugo !

rakugo

J’ai découvert le Rakugo à travers un manga dont le titre français est Le disciple de Doraku. C’est une œuvre de Akira Oze qui a vu le jour au Japon en 2010.

On y raconte l’histoire de Shouta, jeune enseignant de 26 ans, qui découvre le Rakugo avec une prestation du maître Doraku. Et c’est une révélation pour le jeune homme qui décide de tout mettre en œuvre pour que le vieux rakugoka le prenne comme disciple et fasse de Shota un vrai conteur.

J’ai appris avec ce manga, l’existence et le fonctionnement du Rakugo. On apprend qu’il s’agit d’un milieu très hiérarchisé. En effet l’apprentissage prend beaucoup du temps, durant le quel il va falloir gravir les échelons de l’art avant d’être considéré comme un véritable rakugoka, et cette hiérarchie joue beaucoup dans les relations entre les différents protagonistes. On reconnaît ici la rigueur japonaise malgré que l’on soit au XXI° siècle !

C’est une lecture très agréable qui allie la quête de vie, d’identité à l’immersion dans un univers artistique très particulier. J’ai hâte de découvrir la suite de ce manga qui m’a propulsé sur les chemins du Rakugo et ses aléas.

disciple-de-doraku-1

Après avoir finit la lecture de ce premier tome et avoir décidé de commencer quelques petites recherches sur le Rakugo avec en tête l’idée d’en parler ici, je suis tombée par hasard sur un article qui parlait d’un nouvel anime (adaptation en dessin-animé d’un manga ou d’un light-novel) dont le titre est Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu (traduit en français par Le Rakugo ou la vie). Tout de suite je me jette dessus et je regarde les 6 premiers épisodes. (et j’attends la suite!)

De nos jours, Yotarou sort de prison et la première chose qu’il fait alors c’est de se rendre à la sortie d’une représentation du célèbre Rakugoka Yakumo . Celui-ci accepte de le prendre comme disciple et l’étrange apprentissage de Yotarou commence. Seulement il peine à trouver son propre style et ne fait que singer les autres rakugoka qu’il admire. Après quelques déboires le maître Yakumo entreprend de nous raconter, à nous et à son disciple, son propre apprentissage du Rakugo. Nous voilà alors propulsé bien des années en arrière, dans les années 30 à peu près. On découvre alors ce qu’étais cet univers du Rakugo à cette époque, une nouvelle approche très très intéressante. On voit comment l’art à subsisté pendant la guerre et comment de jeunes hommes aux idées fraîches ont dut se battre pour vivre de leur art.

Il s’agit d’un anime Starchil Records et DAX production, adapté du manga du même titre écrit par Kumota Haruko. C’est une œuvre très sensible aux dimensions historique et lyrique que j’apprécie beaucoup.

Le chara-design y est pour quelque chose avec ses traits d’une grande finesse et plein de poésie mais ce ne sont pas les même dessins que ceux de Kumota Haruko, dont j’aimerais bien découvrir l’œuvre, mais je crois qu’aucun éditeur français n’a encore acheté la licence.

J’adore cet opening !!

Et voilà, mon parcours rakugotesque s’arrête là pour le moment, mais j’ai pour projet de m’enfoncer dans cet univers un peu plus profondément , d’abord en finissant le visionnage de Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu et la lecture du Disciple de Doraku, et puis en essayant d’assister pour de vrai à une prestation un de ces jours !

Images pour le plaisir des yeux #16 – Bonne année 2016

Mitate shichifukujin hatsuharu Soga – Utagawa Hiroshige
The Seven Lucky Gods (1882) – Tsukioka Yoshitoshi
The seven goods of good fortun – Kuniyoshi Utagawa

Pour vous souhaiter la bonne année voici trois estampes représentant les 7 divinité de la Fortune : les Shichi Fukujin (七福神). La tradition veux que ces divinité, voyageant à bord du navire aux Trésor (takarabune/ 宝船), viennent en ville à la nouvelle année et déposent des présents pour les gens méritant.

Puisse 2016 vous apporter de la bonne fortune !

Le Chef de Nobunaga ~ by Yomu-chan

Salutations !  Yomu-chan va vous présenter son premier article dans le cadre du mois des livres en cuisine !  Vous l’aurez compris en lisant le titre, je vais vous parler du Chef de Nobunaga, un manga de Mitsuru Nishimura (au scénario) et Takuro Kajikawa (au dessin). Le Seinen voit le jour en 2011 et a aujourd’hui 12 tomes à son actif (en France nous en sommes à 7 , et le huitième fera sa sortie en décembre).

Ken se réveille blessé et poursuivis par des samouraïs, c’est de justesse qu’il parviens à s’échapper alors que son camarade se fait tuer sous ses yeux.  Il est alors recueillit par Natsu, une jolie forgeronne au caractère bien trempé. Seulement voilà, Ken ne se souvient de rien mis à part du fait  qu’il n’a rien à faire dans un Kyoto du XVI° siècle en pleine ère Sengoku, puisqu’il appartient à notre époque… Quand il pense avoir tout perdu il est prit d’une pulsion qui le pousse à cuisiner. Et sans s’en rendre compte il fait appel à de nombreuse techniques pointues  de cuisine. Voilà ce qu’il est : Un cuisinier du XXI° siècle coincé dans le passé. Alors qu’il commence à se faire à sa nouvelle vie le seigneur Nobunaga, célèbre despote de l’époque, a vent de son existence et exige que Ken devienne son cuisinier personnel. C’est ainsi que Ken se retrouve lié à une figure historique dans une période de guerre avec pour seules armes sa cuisine et les couteaux que lui a forgé Natsu.

Le chef de Nobunaga est un manga phénomène de par son appartenance à plusieurs genres. C’est principalement un manga culinaire (genre qui fait fureur tout le monde le sait, on ne cesse de parler de Food Wars, de Yakitate Japan et autres…) mais il s’agit aussi d’un véritable manga historique. En effet le Japon de l’ère Sengoku ne sert pas uniquement de décors mais a aussi son rôle dans l’intrigue puisque Ken va se retrouver mêler aux conflits de l’époque et va avoir son rôle à jouer dans les plans du célèbre et puissant Nobunaga. C’est une combinaison inédite  qui peut faire peur et éloigner les lecteurs mais qui, pourtant, fonctionne très bien ! L’auteur mêle avec talent les événements historiques aux aventures gastronomiques en donnant un élan charmant au récit qui justifie toujours de façon assez réaliste (aussi réaliste que peut être un manga ;p ) les chapitres culinaires par rapport aux incidents politiques ou militaires.

De plus Le chef de Nobunaga réussi avec brio le mixe d’une histoire vivante et dynamique avec des passages très explicatif sur le plan culinaire et historique.  L’histoire et la cuisine se mêlent une fois de plus avec un angle d’approche différent de ce que l’on aura connu, en effet Ken ne disposant pas des outils , des techniques,ou des aliments disponibles à son époque il est obligé d’adapter sa cuisine avec les moyens du Japon du XVI° siècle. Cela aboutit souvent à des petites interventions sur l’Histoire de la cuisine japonaise. De plus, à chaque fin de tome on a le droit a une page documentaire appelée « la cuisine de Sengoku » qui nous offre une recette et un paragraphe sur l’histoire militaire et culinaire de l’époque. Ces explications sont très enrichissantes et n’alourdissent absolument pas le récit. L’ennui n’est pas au rendez-vous puisque en slalomant entre histoire et cuisine on ne perd pas de vue la première pierre de l’édifice, à savoir, un chef des années 2000 plongé dans le passé médiéval de son pays. On partage le désarroi de notre personnage, on essaye de comprendre pourquoi et comment il est arrivé là, on cherche à se souvenir et puis on s’attache à ce Ken déterminé et débrouillard qui commence à trouver sa place au près d’un Nobunaga qui finalement n’est peut-être pas aussi ignoble  que nous l’a enseigné l’Histoire…

Alors concrètement qu’est-ce que j’en ai pensé ? Et bien je suis très contente d’avoir à faire à  une intrigue bien ficelée, vivante et pleine de rebondissements. De plus les personnages sont tous très attachants. Le dessin, quant à lui, n’est peut-être pas sans défaut,  un peu raide parfois, mais il a une force virile qui sied à merveille au récit. En plus, c’est agréable d’avoir un dessin qui a ses propres traits et qui ne se calque pas sur tout ses charadesign  kawaiiii du moment !  Pour faire court c’est un bon manga que j’aime beaucoup 😀 Je le conseille vivement à qui cherche un manga jeune et dynamique qui sorte un peu du mainstream. C’est dommage parce que Le chef de Nobunaga n’attire pas beaucoup les gens et pourtant quand certains finissent par le lire ils accrochent carrément !  J’espère que mon article décidera certain d’entre vous à passer le pas et à plonger dans l’univers de Ken. Je vous le dis, ça vaut le coup !

Un petit plus historique pour les curieux : 

portrait de Nobunaga par le peintre Jésuite Giovanni Niccolo

Nobunaga Oda est le fils d’un petit seigneur. Dès sa jeunesse il se fait remarquer par son comportement extravagant et provocateur. Quand il devient le maître du clan Oda il fait preuve d’ambition et démontre son talent militaire. Innovateur, son but est d’unifier le Japon chose qu’il parviendra quasiment à faire à force de victoires sur les clans ennemis. Sa stratégie l’amènera à faire du shogun sa marionnette et ainsi étendre son autorité sur le Japon.  Nobunaga est un homme violent et impatient ce qui lui vaudra son surnom de « Roi démon ». Mais c’est aussi un homme intelligent, innovateur, qui bouleversera la politique japonaise. Il modernisa les armées de l’époque, Il développe, met en place, et étend l’utilisation des longues lances, des armes à feu, des tekkosen (Navires protégé par du fer), et des fortifications de châteaux adaptées aux grandes batailles qui parsèment cette période. Nobunaga met aussi en place un système de classe guerrière spécialisée et nomme ses sujets et vassaux en se fondant sur leur compétence, et pas seulement sur le nom, le rang, ou les relations familiales comme dans les périodes précédentes. Il est aussi innovant sur le plan économique, en effet il développera le commerce « international » avec la Chine, la Corée mais aussi l’Europe. Il sera le « patron » des missionaire Jésuite portugais. Et se sera l’un des premiers japonais à porter des vêtement européens. Il porte un grand intérêt à l’art qu’il contribuera à développer avec les richesse gagner au cours de ses batailles. Nobunaga est une figure emblématique de l’histoire japonaise, qui le présente comme l’initiateur de l’unification du Japon.

Portrait par Kano Motohide

 

Des livres en cuisine bis

Sous la grande vague d’Hokusai avec un regard d’enfant

Aujourd’hui je vous propose une sélection d’album jeunesse autour du grand maître de l’estampe japonaise : Hokusai.

Comment parler Hokusai sans passer par sa très fameuse Grande Vague ? Un pari que n’auront pas relevé les deux albums que je viens de découvrir .

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Hokusai et le cadeau de la mer

Beatrice Alemagna (texte) – Olivier Charpentier (illustrations)

éditions de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

trouvez le ICI

Dans ce livre on voit Hokusai assis sur une plage, il observe la mer, il attend. Il attend « cette vague gigantesque que personne n’a vue ». Il attend depuis toujours. Et voilà qu’un jour le vent se lève et, alors qu’Hokusai, devenu vieux, cour derrière ses feuilles éparpillées par le vent, elle arrive. Elle est là la grande vague que personne n’a vue. Mais le vieux Hokusai à le dos tourné. Quand enfin il regarde la mer, le calme est revenu. Il reviendra demain, attendre la vague. Mais voilà qu’au moment de partir il découvre le bleu que la mer à laissé dans son bol. Le voici le cadeau de la mer, la couleur bleu.

Ce bleu, c’est le bleu de Prusse, qu’il fut le premier à utiliser en Extrême-Orient. ça on l’apprends dans la petite page explicative que l’on retrouve à la fin du livre avec un brève bio de Hokusai, quelques info sur la fameuse grande vague et la reproduction de l’estampe.

Le texte, composé de phrases très courtes voire de simples mots,  est accompagné de très jolies illustrations imitant le style des estampes japonaises. Hokusai est toujours sépia, seul le paysage, composé d’une mer et du mont Fuji, ainsi que les personnages secondaires apportent de la couleur. Ainsi la mer ressort comme étant le personnage principal, son bleu profond attirant toujours l’œil. Hokusai n’est que l’humble spectateur attendant l’instant à immortaliser.

Un très très bel album, joliment illustré faisant découvrir cet étrange personnage que fut Hokusai. On capte un peu de son esprit et on découvre (à la fin) la fameuse estampe. L’enfant s’amusera à faire le parallèle entre l’illustration de l’album et l’estampe originale. Le texte est très court mais parfaitement dosé. L’ensemble est frai, agréable et même drôle.

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Sous la Grande Vague

Katsushika Hokusai / Hélène Kérillis

Léon art & stories

la fiche éditeur c’est ICI (livre également dispo en anglais)

Mimiko a refusé de le lire, je ne sais pas du tout pourquoi, elle était pas d’humeur sans doute. Mais moi j’ai adoré cet album. Faut dire que j’adore les estampes d’Hokusai ! Et ici l’auteur ne se contente pas de s’inspirer des estampes du maître (comme dans l’ouvrage précédent) mais elle s’en sert pour illustrer l’histoire. Le décor ainsi planté par les estampes originales est complété par le dessin de Hélène Kérillis. On ne nous parle pas d’Hokusai, on nous le montre. Et ses estampes servent de décor à l’aventure d’un petit garçon, fils de pêcheur, qui a perdu la mémoire lors d’une terrible tempête qui a emporté son père au loin. Il part donc à la recherche de réponses sur le Mont Fuji, le mont sacré. Tout est bien qui fini bien, le père et l’enfant se retrouvent.

Le texte est écrit sous forme de petits poèmes semblables à des haïku. Faut dire que je n’ai pas été très sensible à cette subtilité que je n’ai compris qu’en lisant les petites explication à la fin du livre. Je me disais bien que le texte était bizarrement formulé, mais je n’en avait point saisie la subtilité poétique. Heureusement les explication sont là ! ^_^

Une fois l’aventure finie, on retrouve toutes les estampes ayant servi de décor, presque toutes sont issue des Trente-six vue du Mont Fuji (1830-1832).

Un très beau livre qui, s’il n’a pas trouvé grâce aux yeux de Mimiko, a gagné toute ma sympathie. Je suis triste de devoir le rendre à la bibliothèque, je crois bien que je vais me l’offrir et le laisser traîner sur la table, jusqu’à ce que Mimiko cède à la tentation ^^

8 et 9 /20

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Pour aller plus loin :

Un pont

Je vous ai déjà parlé de ce très joli album jeunesse où Hokusai et ses estampes rencontrent Monet et ses toiles impressionnistes. Très poétique, il mêle (tout comme Sous la Grande Vague) les illustrations de l’auteur avec les originaux d’Hokusai (et une estampes d’Hiroshige qui s’y est glissé on ne sais pas trop pourquoi).

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Le vieux fou de dessin

Un petit roman que j’ai présenté ici il y a déjà un petit moment. Dans ce roman, l’auteur imagine un jeune garçon qui serait devenu l’apprenti du grand maître.

Le roman est très court et il se lit facilement. La présence du jeune garçon rend le récit vivant et attirant pour le jeune public tout en permettant de présenter Hokusai et son travail.

Les illustrations rappelant la manga d’Hokusai complètent agréablement le récit.

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A la rencontre d’Hokusai, des mangas, et de l’art des estampes

Un article très riche à lire chez Blandine

tout ça en un seul article !

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BnF – L’estampe japonaise

Faite un tour sur le site de la BnF dédié aux estampes japonaises. Vous y trouverez des info sur l’ukiyo-e, sur Hokusai mais aussi Horishige. Vous pourrez feuilleter les 36 vues du Mont Fuji et aussi la manga.

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Hokusai, autoportraits :

 

 

autoportrait 1845
autoportrait 1843

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Vous aimez Hokusai et ses estampes ? Restez connecté, bientôt un autre volet où il sera question d’Hokusai et de manga !

Individu-s et démocratie au Japon

Mais qu’est-ce qui m’a pris ?! C’est la question que je me suis posée à la réception de ce livre. Pourtant j’étais volontaire. Faut croire que je suis un peu maso. Oui. Je savais que cette lecture allait me faire souffrir. Pourquoi ? Je vais vous le dire.

Pourquoi prendre des somnifères quand on peut prendre un livre universitaire ?

Je ne sais pas pourquoi l’universitaire se fait un devoir d’être soporifique. Un intello doit-il être chiant ? Je ne sais pas moi, on peut dire des choses intéressantes simplement, avec un bon rythme, du panache et même un peu d’humour, non ? NON ! C’est du sérieux. Le lecteur doit sentir le poids du savoir lui écraser les épaules. L’étudiant doit souffrir, s’enfiles des litres et des litres de café pour mériter son diplôme.

Malheureusement Individu-s et démocratie au Japon ne fait pas exception à cette étrange tradition. C’est lourd, mais alors vraiment lourd. A des degrés variables selon les auteurs, mais toujours soporifique. Moi qui me suis lancé dans cette lecture par pure curiosité (je n’ai aucun diplôme à passer justifiant une telle autoflagellation), j’ai trouvé ça dur à encaisser. Non pas que ce ne soit pas intéressant, mais le style en est tellement indigeste qu’il ma fallu scotcher mes paupières pour qu’elles restent ouvertes. Si seulement j’avais eu des insomnies, j’aurais eu là un excellent remède.

Le problème que je rencontre avec ce genre d’ouvrage (je veux dire par là ceux adoptant un ton docte et ennuyeux) c’est que je n’arrive pas à retenir les informations, je suis trop occupée à essayer de rester concentrée pour me concentrer vraiment.

Ce livre a-t-il un intérêt ?

Oui, bien sûr. On y apprend des choses intéressantes pour peu qu’on arrive à ne pas s’endormir.

A l’heure où j’écris ces lignes je n’ai pas encore fini l’ouvrage. Je n’ai pas réussi. Trop, vraiment trop, ennuyeux. Et comme je l’ai dit plus haut cet ennui fait que je n’ai pas retenu grand chose. Néanmoins j’ai trouvé quelques chapitres intéressants notamment le premier : “Il n’y a pas d’individu au Japon” : critique et archéologie d’un stéréotype qui montre la genèse de ce cliché. Une petite anthologie de citation est même proposé en annexe.

Un autre chapitre a attiré mon attention pour son axe de traitement du thème : Individu et processus d’individualisation dans l’imaginaire mythique du Japon – à travers l’étude de trois figures au destin propre. Mais la lecture de cet article m’a déçue, je n’y ai pas trouvé un réel intérêt.

Finalement, à ma grande surprise, l’article que j’ai le plus apprécié c’est celui qui aborde l’individu du point de vue du droit : L’individu en droit japonais : l’égalité par la différence ? J’ai trouvé ce chapitre très intéressant et instructif et, bizarrement, moins soporifique que les autres. Je dis bizarrement car habituellement je ne m’intéresse pas au droit (alors que j’aime la mythologie par exemple). Avec cet article j’ai enfin eu  le sentiment d’apprendre quelque chose.

Un autres chapitre m’a plu bien que je n’ai pas vraiment compris en quoi il s’intègre à la réflexion sur l’individu au Japon : Les stratégie des démuni(e)s – autour de la question scolaire des enfants de l’immigration au Japon. Cela m’a donné envie d’approfondir la question.

En guise de conclusion

Si vous êtes un simple amateur du Japon je ne vous conseille pas ce livre. A moins que vous ne souffriez d’insomnies, au quel cas il vous sera très utile.

En revanche c’est un livre à avoir en bibliothèque car il contient des informations intéressantes qu’il serait bon de pouvoir venir piocher pour compléter d’autres lectures.

Je remercie les éditions Tempus et Babelio de m’avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre des masses critiques.

Sous le sapin

Ah ! les fêtes de fin d’année… j’adore ça ! Il y a toujours des bouquins sous le sapin pour moi 😀

Cette année encore j’ai été gâtée :

Hana-bôro :

J’ai déjà lu ce manga que j’avais emprunté à la médiathèque. J’avais beaucoup aimé et je suis ravie de pouvoir l’ajouter à ma mangathèque et le relire. Ce manga se déguste comme des petits gâteaux à l’heure du thé 😀

Hana-bôro c’est un one-shot de Hisae Iwaoka regroupant des petites histoires, tranche-de-vie, tendre et nostalgiques. Le dessins tout en rondeur est très doux. Lire et relire ce manga est très apaisant.

J’ai déjà chroniqué ce manga, vous pouvez retrouver mon avis ici.

Un grand merci au Père Noël qui a déniché ça pour moi sans même que je lui en souffle un mot (enfin… je lui ai tout de même demandé de m’apporter des manga 😀 ).

A vos papilles :

Un manhwa culinaire ! Génial ! En plus je n’en avais aucun. Et moi j’adore les manga qui parlent de bouffe 😀

Avec A vos papilles je vais pouvoir explorer un peu l’univers gastronomique coréen, une cuisine que je ne connais pas du tout. J’espère pouvoir y puiser quelques idées à appliquer chez moi.

Ce titre vient rejoindre ma collection manga culinaires. J’ai bien envie de vous proposer une thématique cuisine en janvier ^^

A vos papilles est le spin-off de Geonbae, autre titre de Kim Young-bin et Hong Dong-kee consacré à l’alcool traditionnel coréen. Un autre titre que j’ai bien envie de découvrir 🙂

Je vous en dirais plus sur ce titre dès que je l’aurai fini. Pour le moment je le trouve très agréable. Merci Père Noël 🙂

Nouvelles histoire du Japon :

Mon précieux ! Depuis le temps que je rêvais d’avoir un bon livre sur l’histoire du Japon dans la bibliothèque personnelle, me voilà exaucée. Pour écrire ma lettre au Père Noël, j’ai pris conseil auprès de ma complice Tenger. Si je ne devait en posséder qu’un seul, lequel choisir ? C’est sans hésiter qu’elle ma conseillé Nouvelle histoire du Japon de Souyri. Et le Père Noël a eu la gentillesse de me l’offrir, merci 🙂

Maintenant je n’ai plus qu’à le lire ! J’ai déjà commencé le premier chapitre sur les Premiers Peuplements. C’est un livre qui va me prendre un certains temps. Mais comme cette fois je n’aurais pas à le rendre, je vais pouvoir en profiter à mon rythme 🙂 Et y retourner au besoin.

Hmmm. Je sens qu’il va y avoir des articles sur l’histoire du Japon en 2015 😀

http://mangapournous.centerblog.net

Et vous, est-ce que vous avez trouvé des bouquins sous votre sapin ?

Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre

Il y a déjà longtemps j’avais publié une chronique sur Senkou no night raid, un anime très intéressant ambianté dans la Chine des années 30, mettant en scène des agents des services secret nippon doté de pouvoirs particuliers. Au delà de l’aspect fantastique, cette série est très intéressante pour son aspect historique. Intéressante oui, mais obscure pour celui qui ne connais rien à l’histoire de l’Extrême-Orient du début du XX siècle. Ce qui justement était mon cas. Soucieuse de mieux appréhender les événements historiques cités dans la série et de distinguer le vrai du faux, je me lançais dans quelques recherches. Malheureusement les livres d’histoire japonaise contemporaine que j’avais à ma disposition ne donnaient que très peu d’informations sur l’expansionnisme japonais en Chine. J’étais obligé de me contenter des informations collecté sur Wikipedia (formidable outil, pour débuter une recherche mais…. limité).

Dans la première version de cet article je faisais part de l’implication supposé de Ishiwara, un jeune officier de l’armée impériale japonaise en poste en Mandchourie, dans un attentat perpétré à Moukden en 1931. Attentat qui fut utilisé par l’armée japonaise comme prétexte pour occuper la Mandchourie. Mes sources indiquaient qu’une discorde subsistait quand à l’implication d’Ishiwara dans cet indicent.

Quelques temps après avoir publié ma chronique, je recevais un mail de Bruno Birolli qui m’expliquait que l’implication d’Ishiwara dans l’attentat de Moukden avait été démontré et que justement lui-même avait écrit un livre à ce sujet : Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre. J’aurais aimé voir ce mail accompagné d’une copie du livre…. mais peu importe. Je me promettais de le lire un jour, dès que l’occasion se présenterait. Et voilà que l’occasion s’est présentée 2 ans plus tard, alors que je n’y pensais plus !

L’homme qui déclencha la guerre :

Afin de mieux comprendre ce qui poussa Ishiwara à orchestrer l’attentat de Moukden le 18 septembre 1931 et à forcer la marche du Japon vers la guerre, Birolli revient sur la vie de cet homme, symptomatique de son époque.

Issu d’une famille de samouraï, déchue de tous ses privilèges lors de la Restauration Meiji, le jeune Ishiwara est envoyé, bien malgré lui, dès l’âge de 12 ans dans une académie militaires où échouent tous les fils d’anciens samouraï désargenté. Dans cette académie à l’enseignement sommaire, il est endoctriné et formé pour devenir un futur officier. Avide de spiritualité, le jeune Ishiwara sera séduit tout d’abord par le nouveau culte de l’empereur, puis ensuite par le Nichirénisme de Chigaku, une secte bouddhiste intégriste prônant la violence, populaire chez les militaires du début du XX siècle.

Partisan du panasiatisme, Ishiwara voit l’intervention militaire du Japon en Chine comme une mission salvatrice pour la purifier de l’oppression des occidentaux. Fort des ses influences spirituelles et nationalistes, il prêche en faveur de la guerre. Mais cette guerre il ne la souhaite pas que pour le “bien” de la Chine, il la souhaite surtout pour le bien du Japon, qui, selon lui, en occupant la Mandchourie se doterait d’une position stratégique en Asie, ainsi que de terres riches en matières premières faisant défaut dans l’archipel  nippon.

Sauver la Chine, qui n’a pas connu la paix, est la mission du Japon, une mission qui, dans le même temps, est le seul moyen de sauver le Japon lui-même. (p.118)

Si la fugue de la jeunesse et son empressement à faire la guerre le poussent à orchestrer l’attentat de Moukden, puis à envahir la Mandchourie contre les ordres donnés de maintenir la paix. Avec l’âge il devient plus posé, plus réfléchi et s’essaye aux manipulations politiques dans le but d’imposer une dictature militaire sur un modèle nazi. Mais son inspiration ne lui vient pas que du nazisme ou du fascisme, il étudie également avec beaucoup d’intérêt la planification quinquennale de l’URSS.

Seulement Ishiwara n’est pas a l’aise en politique. L’exemple d’indiscipline qu’il a donné en Mandchourie inspire de nombreux jeunes officiers qui à leur tour se révoltent. Par ailleurs l’armées est divisées, des conflits internes parfois très violents opposent différentes factions. Si tous désirent engager le Japon dans une guerre totale, les chemins que chacun suit pour mener à la guerre divergent. Des luttes de pouvoir et d’influence opposent les généraux désireux de se retrouver à la tête d’une nouvelle organisation sociale : la dictature militaire.

Dans ces conflits Ishiwara penche pour un processus d’industrialisation militaire de masse pour permettre au Japon de se doter d’un armement suffisant pour écraser ses ennemis. Alors que d’autres veulent attaquer immédiatement et si un ennemi est trop fort (URSS) alors il suffit de se tourner vers un ennemis plus faible (envahir les îles du Pacifique et le sud-est asiatique).

A cause de ses idées et de son caractère peu apte au compromis, Ishiwara, après avoir été l’un des principaux instigateur de ma montée du militarisme au Japon, est peu à peu écarté du pouvoir militaire. Lors du procès de Tokyo en 1949, il sera entendu comme témoins par les forces d’occupation mais ne sera pas jugé. Il finira sa vie dans une sorte de communauté religieuse qu’il dirigera jusqu’à sa mort.

Le livre :

Je ne fait ici que résumer les grandes lignes, le sujet étant suffisamment complexe pour mériter un livre tout entier. Mais, pour ceux qui ne connaîtrais pas cet homme je tenais à donner quelques détails sur lui et son parcours. Pour en savoir plus je vous invite à lire le livre de Birolli que, franchement, j’ai trouvé très agréable à lire.

Le problème avec les livres d’histoire, quand ils sont écrit pas des historiens, c’est qu’il sont souvent indigestes. Et ce n’est qu’à coup de migraines qu’on arrive à en venir à bout. Or Birolli, s’il maîtrise son sujet, est reporter de son état, ce qui lui confère une capacité à intéresser le lecteur. Son écriture est fluide, jolie même et il traite ses personnages historiques comme des personnages de roman. Non pas qu’il embellisse la réalité par des faits non historiques, mais parce qu’il raconte l’Histoire (celle qui à un grand H) comme on raconterait une histoire… Chaque personnage est présenté avec une description digne d’un roman, on a des jolies descriptions de paysages et il s’efforce de deviner et retranscrire l’état d’esprit d’Ishiwara tout au long de sa vie (et ce grâce aux nombreux documents laissé par ce dernier qui écrivait notamment un journal). Bref, on est captivé par cet homme et par l’histoire du pays, on veut savoir ce qui va se passer et comment le Japon va glisser peu à peu vers la guerre et la dictature militaire.

Un très bon livre sur l’histoire contemporaine du Japon qui, à travers le personnages d’Ishiwara, nous fait mieux appréhender le Japon du début du XX siècle. J’ai pourtant un petit reproche à faire à ce livre, j’aurais aimé le voir agrémenté de plus de documents. On a une photo d’Ishiwara en couverture et une carte de la Mandchourie en introduction, c’est tout. Alors qu’on nous donne des descriptions très détaillés sur de nombreux personnages et différentes informations géopolitiques, j’aurais aimé un petit carnet annexe de photos et de cartes illustrant les propos du livre et m’évitant ainsi de devoir me lancer dans de nombreuses recherches complémentaires. Comme je l’ai dit plus haut, je ne connais pas grand chose à l’histoire de l’Extrême-Orient, je ne sais donc pas qui sont toutes les personnes cités, où se situent les différentes villes, etc. Autre petit reproche, survoler les définitions de certains concepts comme le panasiatisme ou le nichirenisme. Si on connait l’histoire de Japon du début du XX siècle on sait sans doute déjà de quoi il s’agit. Mais si comme moi on est un parfait ignorant de la chose, un petit encart explicatifs aurait été le bienvenu.

Pour contrecarrer les critiques que je viens de faire, sachez que le livre est accompagné d’un documentaire Arte. Je n’ai pas encore eu la chance de voir ce documentaire mais je ne doute pas y trouver les réponses à toutes les questions que je me suis posé (et voir les têtes de tous ces messieurs !). Il est disponible en VOD ici.

Alors si vous vous intéressez à l’histoire contemporaine du Japon et de l’Asie, je vous conseille Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre, il ne suffira pas à lui seul a étancher votre soif de savoir mais ils vous apportera des informations très intéressantes, le tout écrit dans un style agréable et fluide. Finalement j’ai tellement aimé ce livre, qu’après l’avoir emprunté à la bibliothèque, j’ai envie de me l’acheter pour l’étudier plus en détail (j’adore prendre des notes sur mes livres) 🙂


Tout ça m’a donné envie de me replonger dans Senkou no Night raid ! Je suis sûre que maintenant je comprendrais bien mieux 😀

Naufrages

Souvent on me demande quel est mon type de littérature préféré. A chaque fois je suis bien enbêté car en vérité je lis de tout, et l’impacte qu’aura un livre sur moi dépend plus de mon état d’âme au moment de le lire que de son genre, voire même de sa qualité. Et le livre dont je vais vous parler aujourd’hui en est le parfait exemple. C’est Tenger qui me l’a prêté, cela doit faire maintenant plusieurs années. Je l’avais presque aussi tôt commencé et… je ne dépassais jamais la page 10. Impossible d’entrer dans l’histoire, je trouvais le style pesant et ça me donnais mal à la tête rien que de me dire qu’il fallait que je termine ce livre. Tenger aurais pu me dire “puisque tu ne le lis pas, rends le moi”, mais patiente elle continuait de me demander “as-tu fini Naufrages ?” à chacune de ses visites, et à chaque fois, honteuse je bredouillais que je n’avais pas eu le temps… “pends ton temps” me disait-elle à chaque fois. Et moi je me jurais de le lire avant sa prochaine visite. La dernière fut la bonne. Cette fois je glissais le roman dans mon sac avec la ferme intension de mettre un terme à ce manège. Soit j’arrive à le lire soit je lui rendrais quand même. Et j’ai recommencé ma lecture à la page 1.

Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé exactement depuis ma première tentative, ni pourquoi je n’avais pas aimé. Avant que j’ai eu le temps de me reposer des questions j’avais bien avancé dans le roman et à chaque fois que le train arrivait en gare, je regrettais que le voyage ne dure pas plus longtemps pour rester plongé dans ce Japon rural et terrible que nous décrit Akira Yoshimura.

Trêve de bavardage, passons au livre !

naufrage couverture japonaise

L’histoire :

Naufrage nous raconte la vie dans un village japonais, accroché au flan d’une montagne, les pieds dans la mer, au climat hostile et la vie plus que dure. Les villageois ne vivent pas, il survivent.

Derrière le village se dressait la paroi dénudée de la montagne où des rochers pointaient par endroits. Les dix-sept petites maisons semblaient desespérement accrochées à l’étroite bande de litoral pour ne pas tomber dans la mer. Leurs murs de planches, sans cesse battus par le vent du large, étaient poudrés de blanc. Les grosses pierres posées sur les toits de chaume pour les consolider étaient blanches elle aussi. Aoutour des maisons, la terre en pente douce était couverte de cultures en terasses. Malgré l’engrais, la terre mêlée de gravier n’était pas très fertile et ne donnait que de maigres recoltes. Il n’y poussait pour toute céréales que du panic ou du millet. (p.9)

Isaku, jeune garçon de neuf ans devien l’homme de la maison quand son père se vends pour trois ans, afin d’assurer la survie des siens. “Ne laissez pas mourir les enfants de faim”, voici la recomandation que le père fait à Isaku et sa mère avant de les quiter. Dès lors, Isaku doit subvenir aux besoins de sa famille tout en obéissant à sa terrible mère dont l’autorité et la froideur donnent des frissons.

Mon avis :

Plongé dans le quotidien de Isaku et des villageois, on suit leur vie au rythme des saisons qui passent et qui se succèdent. On découvre au fils des pages les différentes activités que chaque saison amène. Je n’ai pas su déterminer à quelle période ce récit se déroule, l’histoire est en fait assez intemporelle et on a le sentiment que le village vit ainsi depuis une éternité, et pour longtemps encore. Je dirais, comme ça que nous somme durant la période Edo, mais c’est mon sentiments personnel, aucune indication claire n’est donné.

Ce que j’ai aimé, c’est le rythme donné par les saisons, l’auteur nous donne de nombreux détail sur le mode de vie, les méthodes de pèche, les signes annonciateur… Avec Isaku on guette les montagnes pour voir si à leur cimes les arbres ont déjà commencé à rougeoyer, avec lui on attends la fin de l’hiver, le début de l’été… Yoshimura sait rendre ce village particulièrement vivant, les descriptions précises mais jamais trop longues nous aident à nous projeter et on lit ce livre comme on regarderait un film. Toute la scène se déroule sous nos yeux, palpable, réelle. Le réalisme est, je dirais, la meilleur qualité de ce roman.

C’est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s’étendre progressivement aux autres le long de crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d’une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchissait ensuite les profondes valées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne dérière le village. A ce moment là, d’habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain. (p.15)

Mais si je l’ai finalement rapidement dévoré, je lui ai trouvé un défaut majeur : le misérabilisme. Les habitant de ce villages sont misérable. Il auraient pu être simplement pauvres, mais non ! Yoshimura en fait des tonnes et les rends tellement misérables qu’il finissent par en perdre en réalisme (oui je sais, je me contredit). Ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est forcement triste. Ce n’est pas parce qu’on ne mange pas tous les jours à sa faim qu’on ne peut pas rire. Ici les villagois font peur tellement ils sont glauques. Isaku n’a presque jamais vu sa mère sourrir. N’est-ce pas exagéré ? D’accord quand on ne sais pas si on aura assez pour nourrir ses enfants, on doit être très préoccupé, mais faire la gueule en plus ne remplis pas l’estomac. A défaut de leur donner à manger elle pourrait, cette mère, leur donner de la tendresse. Mais non, ici, ce n’est pas que le climat qui est hostile, c’est la vie tout entière. D’ailleurs parler de vie y est exagéré. Les personnages ne semblent pas vivres mais seulement survivre. Et comme la misère n’est jamais suffisant, l’auteur leur rends la vie toujours plus dure.

Si vous aimez les happy end et les lectures légère, surtout ne lisez pas Naufrages. Car si le rytme et le style sont agréable et la lecture facile, le contenu lui est accablant et démoralisant. A moins qu’on ne se réjuisse de ne pas être né là-bas et que l’on fasse tout son possible pour ne pas s’identifier au jeune Isaku, on risque de ressortir de cette lecture un peu secoué. âmes sensibles s’abstenir.

A ceux qui ont les nerfs solide, je conseille cette lecture qui, non seulement m’a fait découvrir un auteur au style intéressant, très photographique et poétique à la fois, mais permet aussi de découvrir une autre facette du Japon, moins glamour, moins stéréotypé aussi peut-être, bien que, selon moi, un peu exagérée.

破船 (hasen)

Naufrages

Akira Yoshimura (吉村 昭)

1982 (1999 Acte Sud pour la version française)

traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle

Acte Sud collection Babel

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