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Contes du Nord illustrés par Kay Nielsen

Chère Père-Noël,

Tu dois être bien occupé en ce début décembre. Si je prends ma plume (enfin… mon clavier) pour t’écrire aujourd’hui, c’est pour te parler d’un livre et de son auteur.

Te souviens-tu de Kay Nielsen ? Cet illustrateur danois (1886-1957) qui, après des études à Paris, fit une belle carrière à Londres. C’était l’âge d’or de l’illustration anglaise et des gift book, ces belles éditions richement illustrées qui étaient spécialement éditées pour les fêtes de Noël et que tu avais l’habitude de glisser sous les sapins.Une belle tradition du XIX qui est peu à peu tombé en désuétude.

Illustration by Kay Nielsen 9.jpg

Sans doute te souviens-tu de East of the Sun & West of the Moon que Kay Nielsen avait illustré en 1910 ? Les contes occupaient une belle place dans les gift book de l’époque. Et pour changer un peu de Perrault et des frères Grimm, G. W. Dasent et Kay Nielsen avaient repris les contes norvégiens recensés par  Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe. (J’ai déjà évoqué ici leurs travaux. J’ai en effet découvert récemment que le compte préféré de mon enfance venait de leur recueil.)

Illustration by Kay Nielsen 8.jpg

East of the Sun & West of the Moon avec les illustrations de Kay Nielsen a également connu une édition française. C’est chez Henri Piazza qu’il est paru en 1919. S’il garde le même titre (A l’est du soleil et à l’ouest de la lune, ancien contes du Nord), les contes ne sont pas simplement traduits, mais réinterprétés par Edmond Pilon (1874-1945) qui les retravaille pour leur donner une forme plus littéraire et développée. Il fallait bien donner un air plus ampoulé  aux rustiques contes norvégiens pour séduire le public français. 😉 (Mais non, Père Noël, je ne me moque pas, je taquine). Des 14 contes de la version anglaise, Edmond Pilon n’en garde que 7.

Tu te demandes sans doute pourquoi je te parle de ces vieux livres. Voudrais-je trouver une pièce de collection sous le sapin ? Ne t’inquiète pas cher Père Noël, je ne serais pas aussi exigeante. La BnF t’as rendu la tâche plus facile, car elle propose une jolie édition intitulée sobrement Contes du Nord. Connais-tu cette dernière édition ?  Qu’en penses-tu ?

Si j’adore les illustrations de Kay Nielsen et ai trouvé les textes (je suppose qu’ils ont repris ceux de Pilon, c’est pas très clairement annoncé) très agréables à lire, j’ai regretté la qualité des reproductions des images qui manquent un peu de finesse. C’est, comme on dirait de nos jours, un peu pixelisé. Sans doute, la qualité de reproduction d’images n’était pas encore à la pointe. Néanmoins j’adore ce livre parce qu’il est accessible et même un peu pixelisé, les illustrations de Kay Nielsen sont magnifiques.

sur le site de la BnF

⇒ sur Amazon

Voilà pourquoi j’ai eu envie de t’écrire. Contes du Nord illustré par Kay Nielsen (BnF, 2015) feraient un très beau cadeau à glisser sous le sapin. Sous le bien, bien sûr, mais aussi sous celui d’autres passionnés de contes & légendes. Et je suis sûre qu’il y en a beaucoup dans ton carnet d’adresses !

J’apprends à l’instant qu’ A l’est du soleil et à l’ouest de la lune, anciens contes du Nord a été réédite par Taschen. Une édition que je n’ai pas eu le plaisir de feuilleter, mais qui à l’air magnifique. Connaissant cette maison d’édition je pense que la reproduction des illustrations doit mieux rendre hommage au travail de Kay Nielsen que ne le fait l’édition de la BnF. Et le prix est plus ou moins le même. Mais il est en anglais ! Oui malgré le titre en français. Éditée à l’occasion du centenaire de la première édition anglaise, je suppose que celui reprends l’édition anglaise avec 14 contes et des textes plus courts.

sur le site de Taschen

⇒ sur Amazon

Alors, pourquoi ne pas renouer avec le traditionnel gift book et les incontournables contes offerts à Noël ?

Voilà, cher Père Noël, j’espère t’avoir donné de bonnes idées pour remplir quelques paquets.

Avec toute mon affection,

Bidib

PS : tu ne m’en voudras pas, je partage cette lettre avec quelques lutins de passage, tout particulièrement avec ceux qui participent au rendez-vous Contes & légendes du challenge Christmas Time.


  

  

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Le géant qui n’avait pas de cœur dans la poitrine

Je connais ce conte depuis toujours, il faisait partie du répertoire de ma mère et c’était mon préféré, je le demandais tout le temps. Je le connaissais sous le nom de strizza ovo, mais avec le recul je crois que je l’ai moi-même rebaptisé ainsi. Comme c’était ma mère qui nous le racontait, je croyais que c’était un conte italien, tout comme Prezzemolina, mais pas du tout. Le géant qui n’avait pas de cœur dans la poitrine est un conte norvégien.

Je remercie Tenger de m’avoir aidé à le retrouver. Cherchant au sud alors qu’il était au nord, je ne trouvais rien. Grâce à son aide, j’ai pu retrouver mon conte préféré et je vais ici partager un peu de ses retrouvailles.

Mon ami Wikipedia m’apprend que le conte a été recensé par Asbjørnsen and Moe.

5° édition de 1874

Comme Wiki est sympa, il a même pris la peine de me raconter l’histoire en quelques lignes, mais… en quelques lignes je m’en souvenais déjà. J’avais envie d’en savoir plus alors j’ai cherché, tout d’abord sous le titre anglais : The Giant Who Had No Heart in His Body. Puis en me hasardant à quelques traductions de mon cru jusqu’à trouver des versions traduites en français.

Comme toujours, avec les contes, il en existe plusieurs versions, avec différents titres. Je vous livre ici quelques-unes de mes trouvailles, si vous avez ce conte dans vos grimoires n’hésitez pas à partager vos sources.

Commençons par une version assez loin de celle de mon enfance avec cet épisode de The Storyteller, une émission britannique de la fin des années 80. 

Je découvre la série The Storyteller a cette occasion et je dois dire que j’adore cet accent so british et le visuel vintage. Mais pour ce qui est du conte, je préfère la version avec les 7 frères et quête d’épouses.

Version que nous est raconté par A Little Place Up North autour d’un feu de bois. Pas de mise en scène vintage ici, mais une belle voix douce.

Cette version est très proche de celle que me racontait ma mère. Parfaite pour s’endormir, ça manque un peu d’entrain dans la narration. Encore une fois, c’est en anglais.

J’avais envie d’en proposer une version en français et j’ai trouvé un livre qui m’a subjugué par la beauté de ses illustrations ( de Kay Nielsen).

Cover Image

Une extrait est disponible sur google livres :

Je trouve les illustrations de Kay Nielsen magnifiques. Vraiment féeriques, ce qui est parfait pour illustrer des contes de fées. Quoi que, dans ce conte il n’y ait pas de fée.

Il y a un géant qui transforme les gens en pierre, il y a des princes trop surs d’eux-mêmes qui finissent en cailloux, il y a le cadet, toujours le cadet… qui sauve tout le monde grâce à la persévérance, la gentillesse (grâce à laquelle il se fait plein d’amis et alliés dans le monde animal), et surtout grâce à la ruse et à la complicité d’une belle princesse.

Résultat de recherche d'images pour "The Giant Who Had No Heart in His Body"

Pourquoi ce conte était-il mon préféré ? Deux raisons à cela. La première c’est que chemin faisant le prince se fait de nombreux amis en venant en aide à des animaux : un oiseau, puis un saumon et enfin un loup. Un loup qui devient sa monture. J’aimais beaucoup la complicité qui se crée entre le loup et le prince. Ce n’est pas tous les jours que le prince charmant arrive à dos de loup ! Tout comme Mimiko aujourd’hui, enfant, j’adorais les loup, je les trouvais très beaux et ça m’attristait qu’ils jouent toujours le rôle du méchant dans les histoires. Ici le loup n’est pas un ennemi, mais bien un allié. Et j’adorais ça.

Résultat de recherche d'images pour "The Giant Who Had No Heart in His Body"

Mais un autre aspect me plaisait beaucoup, souvent les princesses sont là à attendre qu’on vienne les cherches, pas tellement dans les contes traditionnels, mais dans les versions édulcorées dont nous abreuvait Disney. Elles sont là, elles chantent et le prince charmant se démène pour les sauver. Ici le prince est certes très courageux et astucieux, mais sans elle il ne pourrait pas grand-chose. C’est elle qui le cache, c’est elle qui trompe le géant pour que celui-ci lui livre la cachette où se trouve son cœur. Elle aussi se démène pour sauver tout le monde, y compris le prince charmant qui risque à tout moment de se faire attraper par le géant.

Connaissiez-vous ce conte ?  Nous en reparlerons bientôt, mais avant je vais prendre le temps de savourer les Contes du nord.

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