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Au-revoir là-haut [roman]

Je m’étais fait offrir ce roman l’année dernière pour mon anniversaire. La bande-annonce du film m’avait donné très envie de voir le film, mais aussi de lire le roman. Et en général, je préfère lire le roman avant. Sauf que devant ses 600 et quelques pages, je ne cessais de procrastiner cette lecture. Une lecture commune avec Blandine Magali et Isabelle, organisée dans le cadre de du challenge Première Guerre mondiale, était l’occasion rêvée d’enfin me lancer. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, c’était justement le type de lecture qu’il me fallait en ce moment.

Couverture Au revoir là-haut

Assez bavardé, passons aux choses sérieuses ! Au Revoir Là-haut, ça vaut le coup ou pas ?! Mais oui !

Le roman commence dans les tranchées à quelques heures de l’armistice. Le lieutenant Pradelle n’a plus que quelques heures pour se distinguer sur le champ de bataille. Le désir de gloire est chez lui bien plus fort que le respect pour ses soldats. Du respect, il n’en a que pour lui même. Alors qu’ils étaient presque sortis indemnes de la guerre, les soldats du lieutenant Pradelle sont lancés dans une ultime bataille, qui vaudra les lauriers à Pradelle, la mort à beaucoup, et une profonde blessure à nos deux héros qui vont se retrouver lié à vie par le hasard de cette dernière bataille.

La guerre est finie et il faut revenir à la vie. Mais le gouvernement n’a rien prévu pour réhabiliter les soldats démobilisés. Albert et Édouard se retrouvent à vivre dans la misère et ils décident de se lancer dans une revanche extravagante. Chacun à ses motivations, chacun à ses démons, leurs relations ne sont pas toujours faciles, mais ensemble ils sont capables de choses extraordinaires.

Tout au long des 600 pages, on suit les destins parallèles d’Albert et Édouard et de Pradelle.

La guerre se finissait. Ce n’était pas l’heure des bilans, mais l’heure terrible du présent où l’on constate l’étendue des dégâts. À la manière de ces hommes qui étaient restés courbés pendant quatre ans sous la mitraille et qui, au sens propre du terme, ne s’en relèveraient plus et marcherait ainsi leur existence entière avec ce poids invisible sur les épaules, Albert sentait que quelque chose, il en était certain, ne reviendrait jamais : la sérénité.

Bien qu’assez long, ce roman m’a enchanté. J’ai aimé l’écriture, j’ai aimé les personnages que l’on suit sur une longue période et l’on voit évoluer. J’étais vraiment prise par l’histoire et l’univers de ce roman. Le couple très atypique d’Albert et Édouard est très touchant et drôle, malgré la situation dramatique dans laquelle ils se retrouvent. J’ai trouvé ce roman très émouvant, mais aussi très drôle, plein de fantaisie. J’ai aimé suivre en parallèle la vie d’Albert et Édouard et celle de Pradelle à qui ils doivent leur disgrâce.

C’est très bien écrit, c’est élégant. Mais j’avoue qu’arrivée vers la page 400 il commençait à me tarder que l’histoire trouve un dénuement. Cela ne m’a pas empêché de finalement prendre du plaisir à lire les 200 dernières pages. Et d’avoir le sentiment d’avoir lu un très bon roman, long, mais riche et beau qui m’a intéressé au-delà de son aspect historique. Un coup de cœur. Oui, je peux aller jusque là, tant je me suis régalé avec certains passages.

la chronique de Blandine (à venir), Isabelle, Magali

les premières lignes

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J’ai, maintenant, encore plus envie de découvrir le film, mais je vais me laisser un peu de temps pour que cela ne soit pas redondant.

A en juger par la bande annonce, le film à un côté plus surréaliste que le roman.

Avez-vous lu ce roman ? vu l’adaptation ? Les deux ? Laissez-moi vos impressions !


challenge 2019 première guerre mondiale  cover photo, Aucune description de photo disponible.

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Premières lignes #13 – Au Revoir Là-haut

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas pris le temps de partager avec vous quelques premières lignes. Ma chronique sur le roman de Pierre Lamaitre : Au revoir Là-haut prévue pour demain matin, m’a donné envie de reprendre ce rendez-vous pour vous partager le début de ce roman que j’ai beaucoup aimé (mais ça je vous en parle demain !)

NOVEMBRE 1918

1

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bien-tôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu’à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles des boches étaient tellement molles qu’elle s’écrasait comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre an Albert en avait vu un paquet, des types mort de rire en recevant des balles allemandes.

Couverture Au revoir là-haut

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Cyrano de Bergerac [classique abrégé]

Je me souviens d’avoir lu Cyrano de Bergerac, sans doute à l’école, peut-être en seconde, peut-être avant, je ne sais plus. Mais ce dont je suis sûre, c’est que j’avais beaucoup aimé, ce qui pour une lecture obligatoire était généralement très rare.

Depuis j’ai vu le film avec Depardieu dans le rôle de Cyrano il y a très longtemps, mais je n’ai jamais relu la pièce de théâtre. Je ne l’ai d’ailleurs jamais vue jouée.

Quand les éditions de l’école des loisirs ont sorti une nouvelle édition dans leur collection classiques abrégés, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée de le relire et de le faire connaître à la petite dernière. Avant j’vais beaucoup d’à priori sur les versions abrégées, je n’en comprenais pas vraiment l’intérêt, mais… c’était bien bête de ma part, combien de classique j’ai essayé de lire et laissé tomber avant la fin. Les versions abrégées ce n’est finalement pas si mal, cela permet de découvrir les classiques sans s’attaquer à de trop gros pavé au style souvent lourd pour un jeune lecteur de notre époque.

Le Cyrano de Bergerac des éditions de l’école des loisirs est une version abrégée au sens propre du temps. Le texte n’a pas été réécrit, mais les scènes ont été choisies et les passages absents sont simplement résumés en quelques lignes.

Nous l’avons lu à voix haute, Mimiko et moi-même, en nous partageant les rôles. Moi je fais un bien piètre Cyrano, l’éloquence et moi, on est pas très copines. Mais c’était plutôt amusant de le lire en se donnant la réplique.

Mimiko a bien aimé aussi, elle a trouvé cette pièce bien drôle même si elle ne comprenait pas toujours le sens des tournures de phrases (surtout lu par moi…) quelques pauses pour reformuler ce que l’on venait de lire ont été nécessaire, mais le plus important c’est que maintenant elle sait qui est Cyrano et que ce nom est associé à un bon souvenir de lecture. Elle pourra toujours le relire, plus tard, toute seule.

En tout cas, moi ça bien donné envie de revoir le film !

Et aussi le film qui vient tout juste de sortir sur la création de cette pièce par Edmond Rostand

  

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Jusqu’au bout de la peur – Moka [roman jeunesse]

Moka est une auteure de jeunesse dont j’ai pas mal entendu parler, mais que je n’avais encore jamais lu. Quand l’école des loisirs a réédité Jusqu’au bout de la peur pour la rentrée 2018 je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir. Jusqu’au bout de la peur a été publiée pour la première fois en 2004.

Jusqu'au bout de la peur

J’avoue être assez mitigée sur ce roman à suspens. Le niveau de langage est tel que le livre s’adresse à de jeunes lecteurs de 8 à 11 ans (c’est d’ailleurs l’âge indiqué sur le site de l’éditeur), mais l’histoire en revanche, je ne la trouve pas très adaptée à un enfant de 8 ans, sauf si on a envie qu’il fasse des cauchemars.

Deux enfants, Quentin et Garance, sont en vacances chez leur père dans le marais poitevin. Il fait déjà nuit et le père n’est toujours pas rentré. Il ne répond pas sur son portable et les enfants s’inquiètent. Ils décident de partir à sa recherche malgré la pluie et la nuit. Sur leur vélo. Mais ils ne trouvent pas leur père, seulement le vélo et son portefeuille.Et ils ne remarquent pas quelque chose qui les aurait vraiment effrayés cachée entre les herbes juste à côté du vélo.

Ils reviennent effrayés chez eux, mais un homme s’est introduit dans la maison. Il les a repérés et prends les enfants en chasse. Ceux-ci s’enfuient, d’abord en vélo, puis sur une plate (bateau typique du marais). Ils en sont persuadés cet homme a tué leur père ! Et le lecteur en est persuadé aussi puisqu’on sait que la chose effrayant à côté du vélo est un cadavre.

Si l’adulte que je suis se doute qu’il ne s’agit certainement pas du père, après tout on est dans un roman jeunesse. Les protagonistes eux essayent désespérément d’échapper à un tueur, qu’ils soupçonnent d’avoir tué leur père, et qui sème derrière lui quelques autres cadavres.

Pendant ce temps-là, une terrible tempête s’acharne sur le marais, une inondation jamais vue. Et les gosses seuls dans le marais…

La mère entre dans l’histoire. Sans nouvelles de son ex et des enfants, sachant la zone touchée par une terrible tempête, elle décide d’aller sur place où elle trouve la police qui soupçonne l’ex-mari d’être un assassin.

Le roman a beau avoir un happy end, un enfant de 8 ne va pas lire 212 pages d’une seule traite ! Il aura des jours et des nuits à s’angoisser en croyant que le père est mort. Et le tueur qui poursuit les enfants malgré la tempête pour les tuer… Quel enfant n’en ferait pas des cauchemars !

Bon, ça dépend sans doute des enfants, il y en a de plus sensibles que d’autres. Mais en lisant ce roman, je me suis dit que je ne le ferais surement pas lire à Mimiko qui est pourtant pile-poil dans l’âge cible. Elle est beaucoup trop sensible, elle n’en dormirait pas et aurait trop peur qu’un homme horrible s’en prenne à son père. Et à la question : « mais ça existe pas pour de vrai » je ne pourrais pas répondre « bien sûr que non ». Parce que si, ça existe.

Ceci mis à part, j’ai pris plaisir à lire ce roman. Les enfants sont attachants, d’un courage exemplaire. L’écriture est très agréable, fluide, avec un bon équilibre entre action et description. Et comme ça se passe juste à côté de chez moi j’ai trouvé ça très amusant de lire un livre dont je connais chaque lieu cité.

Pour conclure, je dirais que j’ai trouvé ce livre agréable et bien écrit, mais que son histoire est beaucoup trop anxiogène pour des enfants hypersensibles comme ceux qui m’entourent. En revanche cela peut-être un bon livre pour les enfants un peu plus vieux, sixième-cinquième, qui n’ont pas l’habitude de lire et qui trouveront ici un livre avec ce qu’il faut de suspens, mais une facilité de lecture due aux choix du langage adapté à un jeune public.

retrouvez Jusqu’au bout de la peur sur le site de l’école des loisirs

⇒ disponible sur amazon et dans votre librairie préférée

Avez-vous lu Jusqu’au bout de la peur ? Qu’en avez-vous pensé ? Connaissez-vous cet auteur ? Quel autre de ses romans me conseilleriez-vous ?


chut les enfants lisent

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Changer l’eau des fleurs

C’est la présence du cimetière qui m’a donné envie de « lire » (écouter) se roman. Le cimetière était en effet l’une des thématiques du challenge Halloween de cette année. Mais avec ses 15h30 d’écoute, je n’ai pas réussi à le finir à temps. Comme dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Je partage tout de même cette chronique dans le cadre du challenge avec une bonne dizaine de jours de retard, j’espère que vous ne m’en voudrez pas pour cette introrse au calendrier. 🙂

Couverture Changer l'eau des fleurs

L’histoire commence dans un cimetière d’une petite ville de Bourgogne. Violette Toussaint y travaille comme garde-cimetière. On suit son quotidien au sein du cimetière, ses interactions avec les fossoyeurs, le prêtre, les visiteurs en deuils… Violette est une personne très attentive aux autres et a toujours une boisson chaude ou un peu d’alcool à leur offrir. Une ambiance tranquille, nostalgique et… je commençais à paniquer ! Comme d’habitude, je me suis jetée dans l’écoute de ce roman après un simple regard très distrait au résumé et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Bien que l’ambiance dans ce cimetière était très agréable et parfaitement de circonstance pour le challenge je commençais à douter, à me dire que si tout le roman était comme ça, fait des petites rencontres au détour d’une tombe, j’allais m’ennuyer. Mais j’ai à peine eu le temps de m’inquiéter que Violette commence à nous raconter sa vie. Et les choses deviennent vraiment intéressantes.

Le roman se construit avec des allées et retours entre passé et présent sans toujours suivre une stricte chronologie du passé. Violette nous livre des bribes de son passé, et, peu à peu, le puzzle se construit. On comprend mieux la personnalité de Violette, comment elle est arrivée dans ce cimetière.

Il y a pratiquement 3, non 4, histoires dans ce roman, celle du passé de Violette, celle de son présent, celle du cimetière et une autre histoire, d’une autre femme (je ne vous en dis pas plus). Difficile d’en parler sans gâcher l’effet de surprise. Car, ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est la reconstruction du puzzle avec des pièces maîtresses qui n’apparaissent qu’à mi-chemin. C’est un peu comme un roman policier, on ne cherche pas ici à reconstituer un crime, mais une vie. On mène l’enquête pour comprendre, comprendre Violette, ses joies, ses peines, ses peurs.

Violette est un personnage très touchant, et je l’ai vraiment beaucoup aimée. C’est un de ces personnages qui vous donnent envie de les rencontrer, en vrai. C’est une femme que j’aurais aimé avoir pour amie.

Et si j’ai beaucoup aimé remonter le sens du courant de la vie de Violette tout au long de ces 15 heures d’écoute, il y a tout de même un point qui m’a chagriné tout au long du récit : les personnages masculins ne me plaisent pas. Même ceux qui sont censés être positifs ont des traits très machos, c’en est même caricatural. Et si on ne peut pas les traiter de machos, ils sont au moins paternalistes. Il y a soit le protecteur bienveillant, soit le possessif malveillant, mais dans un cas comme dans l’autre nous sommes dans un même rapport de force, ce n’est que la bienveillance à l’égard de la femme avec laquelle ils interagissent qui change. Et ça, ça me dérange beaucoup. Les femmes n’en sont pas moins caricaturales avec leur air fragile, malgré une belle force de caractère elles sont souvent dans une position de soumission.

Avez-vous lu/écouté ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?

⇒ retrouvez-le sur Audible ou Amazon


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Et soudain, la liberté [audiolivre]

Ce livre m’aura fait pleurer, sourire, il m’aura agacé, oh, ça oui ! il m’a agacé autant qu’il m’a ému. La seule chose qu’il n’ai pas faite, c’est me laisser indifférente.

Couverture de Et soudain, la liberté

C’est dans sa version audio, lue par Gaëlle Billaut Danno et disponible sur Audible, que j’ai découvert ce roman de  Evelyne Pisier et Caroline Laurent.

Deux histoires s’y déroulent en parallèle, celle de la rencontre des deux écrivaines, et celle de Mona, mère romancée d’Evelyne.

Mona, épouse d’un bourgeois maurrassien, fidèle à Pétain et à la France de Vichy est heureuse dans leur maison coloniale en Indochine. Mais la bourgeoisie coloniale n’en a plus pour longtemps.

Nous sommes dans les années 40 et nous allons suivre le cheminement de cette épouse dévouée qui va conquérir sa liberté et son indépendance. Elle se détournera de son éducation et de son mari. De la bourgeoise coloniale à la lutte pour les droits des femmes, le chemin sera semé d’embûches et elle devra faire face à la grande Histoire. Seconde guerre mondiale, guerre d’Indochine, décolonisation, mouvements civiques… Autant d’événements qui vont amener Mona, puis sa fille à se détacher de l’homme qui gouverne leur vie et qui s’attache aux valeurs d’une époque révolue. Maurrassien, pétainiste, raciste et misogyne, le père n’a vraiment rien pour plaire. Pourtant Mona l’a aimé, vraiment aimé.

C’est sa fille qui raconte, aidé par son éditrice qui devra finir le roman seule.

J’ignore s’il s’agit d’une vraie biographie romancée ou d’une pure fiction, mais parfois les personnages me sont parus comme de vraies caricatures, Mona tout particulièrement. Une vraie héroïne de roman, super cliché. Malgré cela j’ai beaucoup aimé ce roman qui mêle la grande histoire à la petite, nous fait revivre toute une époque et nous fait ressentir le grand bouleversement que la société a vécu dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

La transformation de Mona se fait l’image de la transformation de la société tout entière, vue ici du point de vue purement féminin puisque c’est Mona et sa fille qui sont au centre du récit.

Il y a pourtant un détail qui me chagrine. On ne met jamais en cause Mona. On parle du racisme du père, mais on ne dit rien de celui de son épouse qui a longtemps partagé son point de vue, ou qui a simplement jugé superflu de réfléchir à la question. On le critique lui, on excuse Mona, comme si, pauvre femme qu’elle est, elle n’était pas responsable de ses propres pensées. La pauvre était sous influence… C’est étrange pour un récit féministe. Elle a partagé l’avis de son mari, et pour moi, le fait que par la suite elle remette en cause cette vision du monde ne change en rien sa responsabilité passée. Elle n’était pas victime de son mari, elle se complaisait dans une position de soumission et était tout aussi responsable que lui des idéaux racistes qu’il défend au sein de son foyer. La différence entre les deux, c’est qu’elle change et pas lui.

Quoi qu’il en soit Et soudain la liberté fut une très belle « lecture », une histoire à la fois émouvante et intéressante, superbement interprétée par Gaëlle Billaut Danno qui a su rendre le récit très vivant et agréable à écouter. Je recommande.

Si vous l’avez lu, je suis curieuse de connaitre votre avis sur ce roman.

sur audible

sur Amazon


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Pourquoi j’ai mis de côté Avec Elle [audible]

Je vous ai récemment parlé du roman Sans Elle d’Amélie Antoine que j’avais écouté en audio sur audible. J’avais alors expliqué que je n’éprouvais pas de réelle empathie pour les personnages, que je ne m’étais pas attaché à eux. En effet, je ne les aimais pas. Je n’aimais pas leur caractère, mais la situation à laquelle ils doivent faire face, la disparition d’un enfant, est si grave qu’on leur pardonne. Ou plutôt on accepte de subir leur caractère.

Malgré ces sentiments pour les personnages, j’avais poursuivi la « lecture » et avait trouvé des qualités indéniables au roman.

Comme je l’expliquais dans ma chronique, j’avais été attiré par le projet littéraire du roman, à savoir 2 romans, 2 destinées, une même famille, racontés par 2 auteurs. Aussitôt fini Sans Elle j’ai donc commencé Avec Elle. On y retrouve la même famille, mais la petite Jessica ne disparaît pas. Et c’est là que les traits de caractère des personnages deviennent plus intolérables. Avec la disparition de sa fille, je pouvais pardonner facilement à la mère son caractère franchement insupportable. Mais là, ses tourments amoureux me la rendent seulement antipathique. Elle a un caractère que je ne supporte pas et je ne lui trouve aucune excuse valable. J’ai donc beaucoup de mal à m’investir dans la lecture. Non pas à cause de la qualité du texte. Mais vraiment à cause de la personnalité des personnages, incompatible avec moi. Je n’en aime aucun. La mère est insupportable, j’ai envie de la baffer. Le père est indolent. Et les deux jumelles… j’ai envie d’en prendre une pour frapper l’autre. Jessica est égocentrique au possible et Colin culpabilise pour tout, n’extériorise rien. C’est trop frustrant pour moi.

Voilà pourquoi, après plus de trois heures d’écoute (sur un total de 9) j’ai décidé de mettre de côté cette lecture et de ne pas aller plus loin. Peut-être y reviendrais-je plus tard. Peut-être que cette lecture est simplement incompatible avec mon humeur du moment. Ou peut-être est-ce simplement une lecture incompatible avec mon caractère et mes goûts. Quoi qu’il en soit, je n’y prends pas plaisir et je ne vais pas me forcer.

L’avez-vous lu ? Avez-vous lu les deux tomes de la série ? Je serais curieuse de connaitre votre ressenti.

sur Amazon

la série sur Audible

Couverture de Avec elle

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La passe-miroir 1 – Les fiancées de l’hiver

On a déjà beaucoup , mais alors beaucoup, parlé de ce roman fantasy. Et comme à mon habitude, j’ai un train de retard, faut dire que je ne m’intéresse que peu aux nouveautés et j’ai un faible pour les éditions de poche, du coup quand je remarque un livre sur les blog, je le note dans un coin pour plus tard, quand l’effervescence retombe et que la collection de poche sort. Cette fois je n’ai pas eu le temps de carrément oublier, comme ça m’arrive souvent, car Yomu-chan nous a ramené des petites surprises du salon du livre de Bordeaux sur lequel elle a travaillé. Dans son cabas il y a avait le tome 1 de la Passe-miroir dédicacé. J’était tout joie ! J’ai laissé tomber toutes mes lectures en cours pour découvrir ce roman dont j’avais lu/entendu tant de louanges. J’avoue, non sans quelques appréhensions. Je me méfie toujours des phénomènes de mode. Et bien, mes craintes n’étaient pas fondée. Christelle Dabos mérite son succès.

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Ophélie, petite animiste très discrète travaillant comme liseuse dans le musée familial, mène une  vie simple et solitaire sur son arche familiale. Mais la famille lui réserve un autre destin. Elle a été fiancée avec un haut fonctionnaire du Pôle. Elle n’a malheureusement pas son mot à dire, les matriarches ont décidé pour elle. La voici partie pour un monde inconnu et hostile. La cour du Pôle se révélera bien pire que ses plus terribles craintes. Elle qui est si simple et franche va devoir survivre dans la cour où tout n’est qu’intrigue et faut-semblant. Mais sous ses grosses lunettes et son apparence quelconque Ophélie cache une grande détermination. Elle ne va pas se laisser piétiner si facilement.

Voici en quelques mots l’intrigue de départ de ce premier tome. Ce tome est une véritable réussite car en 500 et quelques pages, l’auteur arrive à créer un univers très riche, détaillé original et cohérent, sans oublier des personnages bien travaillé, aux personnalité varié et complèxes et une intrigue qui ne manque pas de rébondissement.

L’univers

Sans qu’on nous en dise trop, on comprends que la terre à explosé mais elle n’a pas été détruite pour autant. La vie continue sur les bribes de terre plus ou moins grandes qui flottent en suspension au tour du noyaux. Chaqu’un de ces morceaux de terre est appelé une arche. Chaque arche est habité par une où plusieurs familles sur la tutelle de l’esprit de famille. Considéré comme un Dieu par certain, comme un vénérable ancêtre par d’autres. Les esprit de familles sont bien intrigant. Dans ce premier tome on n’en apprends pas beaucoup sur eux. Quand au commun des mortels, nombreux sont les familles à posséder des pouvoirs. Notre héroïne appartient à la famille des animiste et a le pouvoir de « lire » les objets.

Le Pôle est une arche bien plus grande qu’Anima. Divers familles y règnent et nombreux sont leurs pouvoirs. Je ne vous en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir ce qui attends Ophélie.

J’ai beaucoup aimé cet univers car il est original avec ces arches suspendues dans le vide, mais aussi parce qu’il est richement détaillé, avec une ambiance steampunk pas trop prononcée. Dirigeables et autres machines peuplent discrètement la background. L’ambiance change d’une arche à l’autre. Le décor n’y est pas le même, ni l’esprit. On ressent la différence des cultures. Biens que tout le monde partage la même langue, la façon de parler est différente, l’organisation sociale n’est pas la même, et même le quotidien y diffère.

Les personnages

J’ai aussi aimé les personnage de ce premier tomes. Ils sont nombreux et bien travaillé. Leurs personnalité sont plus complexes que ne le laisse croire le premier abord. En effet souvent la première rencontre avec un personnage nous fait croire à un cliché déjà vu (à commencer par l’héroïne avec ses grosses lunettes, sa maladresse et sa timidité) mais finalement sous cette première apparence se cachent des personnage aux personnalité riches et travaillé. Malgré certains aspect classiques, notamment dans les contrastes entre personnages, leur état d’esprit, leurs émotions se révèlent petit à petit en faisant d’eux des personnages plutôt intéressant. Ophélie se révèle être par exemple une femme de caractère alors que son apparence nous faisait croire à une créature faible et soumise, sans volonté. Il en va de même pour un peu près tout les personnages, dont on découvre diverses facettes au fur et à mesure qu’on avance dans le récit. Sans véritable surprises cependant. Et on reste sur un registre « personnage de fiction », j’entends par là qu’on a plus l’ambiance d’un dessin animé que de la vraie vie, mais moi j’aime ça.

Nous découvrons tout à travers le regard d’Ophélie, c’est donc à travers elle que nous découvrons aussi les autres personnages, on sait d’eux ce qu’Ophélie sait ou crois savoir, quand elle se trompe nous nous trompons avec elle. Cela rend le récit très vivant.

le style

Bon, alors, moi en littérature j’y connais rien. Je saurait bien incapable de critiquer un style littéraire. Mais j’avais quand même envie de dire quelques mots car dans les premiers chapitres j’ai eu un peur. Je trouvais le style un peu guindé. Je me demandais si l’auteur cherchait pas à trop en faire. J’avais peur qu’on ai des description à rallonge, etc. Finalement je me suis très vite habitué au style, qui donne parfois une ambiance un rétro qui colle parfaitement au décor et à l’univers présenté. Et à ma grande surprise les descriptions ne sont jamais trop longues, ni trop ennuyeuses (j’aime pas les récits descriptifs). Il y a un bon rythme et la lecture est vraiment très agréable. Passé le chapitre 2 j’étais conquise et mes premières impressions s’étaient envolée.

Finalement il n’y arien que je n’ai pas aimé dans ce premier tome. Il ne me tarde qu’une chose, lire le tome 2 !

La passe-miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune par Dabos


pour aller plus loin

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Une jeunesse au temps de la Shoah

Après la mort de Simone Veil, son visage était partout, sur toutes les unes. Si son nom ne m’était inconnu j’avoue que je ne savais rien de cette grande dame. J’ai donc voulu en savoir plus et j’ai commencé par un hors série que Marianne lui a dédié. Très complet, bien fait et plaisant à lire.

Après l’avoir lu j’étais encore plus intriguée. J’ai eu envie d’en savoir plus mais je me sentais pas la patience de lire Une Vie. 340 pages tout de même ! Avec tous les livres que j’ai abandonné cet été, j’étais sûre de ne pas y arriver. C’est là que je suis tombé sur un extrait publié par Le Livre de Poche : Une jeunesse au temps de la Shoah. Cette éditions réuni les chapitres qui racontent la jeunesse de Simone Veil, depuis l’enfance joyeuse sous le soleil de Nice au camps de concentration et le retour à la vie. On quitte Simone alors qu’elle se lance dans la vie active.

J’avais vingt-sept ans, des diplômes, un mari, trois enfants, un travail. J’étais enfin entrée dans la vie.

Cette éditions est complété par diverses annexes : photos, discours…

Que dire de ce livre. C’est difficile d’en parler. Simone Veil écrit très bien, on lit facilement et avec plaisir cette autobiographie. Il n’y a pas de logeurs. L’émotion est là, tout en retenue.

Mais l’intérêt de se livre n’est pas tant là façon dont il raconte mais ce qu’il raconte. L’horreur vécu par des million de juif en France et partout en Europe pendant la deuxième guerre mondiale. On y découvre comment Simone, ses parents et ses frères et sœurs, juifs laïcs ont été déporté. Tout au long du texte, Simone Veil raconte son histoire, telle qu’elle l’a vécu à l’époque mais elle y ajoute ses réflexions, fruits d’une longue vie bien remplie, riche en rencontres. Et ce double regard : l’adolescente qui vit l’horreur et l’adulte qui cherche un sens à tout ça est très intéressant. D’autant plus que Simone Veil semble faire preuve d’une extrême sagesse, elle ne tombe pas dans la haine qu’on aurais pourtant pu lui pardonner après une telle aventure. Elle parle toujours avec bienveillance mais aussi fermeté. N’hésitant pas à contredire ses collègues intellectuels quand leur point de vue lui semble erroné.

C’est un texte dur, parce qu’il montre l’humanité dans ce qu’elle a de plus laid, mais il n’est pas difficile à lire car c’est toujours avec beaucoup de pudeur et de retenue que Simone Veil livre ses souvenirs. Il peut donc être lu par un public jeune. Enfin, pas des enfants non plus, mais je pense au collégiens ou lycéens qui étudient cette période historique en cours. Ce court extrait donnera une dimension plus réelle à ce que disent les manuels d’histoire. En revanche je ne suis pas sûre que le jeune public apprécie les digressions politiques et sociologiques.

Ce que je retiens de ce livre c’est que malgré cette très douloureuse expérience Simone Veil à su rester profondément humaniste, ouverte et attentive aux autres. On ressort de cette lecture, troublé mais grandi. Si Larmes interdites m’avais mis dans un état terrible, je n’ai pas eu ici le même sentiment car il y a beaucoup d’espoir dans les paroles de Simone Veil.

Couverture Une jeunesse au temps de la Shoah , extrait d'Une vie


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L’Auberge d’entre les mondes – Péril en cuisine !

Sorti en mai 2017 ce roman jeunesse m’a de suite tapé dans l’œil avec sa jolie couverture et son titre : Péril en cuisine. Comment, moi la créatrice du challenge des livres en cuisine, aurais-je pu passer à côté de ce titre qui semble tout destiné au challenge ? 😉

Nathan et Felix quittent leur lycée hôtelier pour un stage d’été dans une magnifique auberge dans les montagnes auvergnates. Il y ont été invité par l’un de leur professeur, qui en est le directeur. Alors que Felix s’extasie devant la beauté du paysage, Nathan, qui n’a encore jamais quitté le ville, s’inquiète face à tant de nature. Il ne sera pas au bout de ses peines et de ses surprises ! Parce que là où ils se rendent, ce n’est pas qu’une simple auberge de montagne luxueuse. C’est l’auberge entre les mondes. Un lieu à la croisée des multivères, où toutes les dimensions s’ouvrent et se rencontrent.

Les murs qui se déplient, des créatures plus étranges les unes que les autres, ne doivent pas faire oublier aux héros leur mission première : satisfaire les clients ! Qu’ils aient des antennes, des tentacules ou qu’il soient humain, à l’Auberge des Montagnes on est au petits soin de tous les clients. A peine découverte la vraie nature de l’auberge, Nathan, accompagné de Felix son meilleur amis et de Fan la stricte chef de brigade, se voit confié une mission périlleuse de plus haute importance.

Ce qui est amusant ici c’est ce mélange entre fantastique et routine d’un grand hôtel. On retrouve l’agitation des cuisines, la discipline des serveurs… sauf que les chefs ont des tentacules et que les plats sont… très exotiques !!

– Ne sous-estime pas le pouvoir de la table, Nathan, ni celui de l’hôtellerie… Tu devrais le savoir : la cuisine est quelques chose de magique. Un convive comblé est un convive heureux, à qui l’on remet en mémoire, quelques soient sa race et son origine, son bonheur d’être en vie, les plaisirs de l’existence, tout ce dont une guerre ou la violence peuvent les priver… Nous leur rappelons que la vie est belle, remplie de choses délicieuses, et qu’elle n’a pas de prix…

Mais la relation entre ce livre et gastronomie ne se limite pas au décor de l’aventure ! Le livre se termine par une jolie annexe : les bonne recette de Tonton Kolkrabbi et Tonton Bleksprutt !!

Dans cette partie on retrouve trois recette sous une forme classique (ingrédients + mode opératoire) mais noyé dans un savoureux dialogue entre les deux frères jumeaux qui ne ratent pas une occasion de se disputer. Là encore l’auteur s’en donne à cœur joie. En voici un extrait :

J’ai trouvé ce roman assez plaisant, mais il s’adresse vraiment a un public jeune. J’ai parfois ressenti un peu de lassitude et une certaine naïveté dans le propos. J’avais hâte d’en venir au bout. Les personnages sont sympa. Avec ce premier tome on pose le décor, on découvre l’auberge et son secret, on découvre qui sont Nathan et Felix. Il y a de l’action et de l’humour, une petite dose de romantisme aussi, beaucoup de mystère mais un quelques chose dans le rythme qui pèche, ça manque un peu d’entrain. Je pense qu’avec le tomes suivant on trouvera un bon équilibre. En tout cas, moi ça m’a donné envie de lire la suite et même de relire ce tome-ci avec Mimiko. A moins qu’elle ne préfère le lire toute seule.

Ce week-end je teste une des recettes des tontons K. et B (les chefs aux noms imprononçables!)


 chut les enfants lisent

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