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Rouge éclipse

Imaginez que vous fassiez voler votre corps. C’est ce qui arrive à l’héroïne de ce nouveau shojo, sorti le 25 août dernier chez Akata

Le nom de la mangaka, Shiki Kawabata m’était inconnu. Et la sortie de ce manga chez Akata n’avait pas attiré mon attention (voir ma sélection nouveautés de la rentrée). Pourtant une fois en librairie je n’ai pas pu résister à la couverture, belle et intrigante. J’ai feuilleté les premières pages et cela a suffit à me convaincre. ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de shojo.

L’histoire : 

Ayumi, jeune et jolie lycéenne mène une vie ordinaire et heureuse. Un joli physique, de bonnes copine, une famille aimante et un tout nouveau petit ami. Le rêve quoi ! Tout ce bonheur et ces petits cœurs attirent l’envie d’une de sa camarade de classe Zenko, laide et oublié de tous.

C’est le jour de la lune rousse et Ayumi s’apprête à se rendre à son premier rendez-vous avec son petit ami quand elle reçoit un coup de fil de Zenko. « Ne me quitte pas des yeux » lui dit-elle avant de se jeter dans le vide. Quand Ayumi se réveille la situation est bien plus terrible que ce qu’elle attend. Zenko n’est pas morte, mais elle ont échangé leur corps. La voilà maintenant dans le corps de la « moche » de la classe. Elle qui était si jolie et populaire… Elle va comprendre ce que ça fait d’être dans ce corps si disgracieux. Et si la laideur venais plutôt de l’intérieur ? Ayumi veut retrouver son corps et sa famille, mais en attendant elle doit composer avec cette nouvelle enveloppe corporelle qui avec son âme douce et gentille ne dégage plus la même aura.

Sur ce départ déjà bien complexe ajoutez une bonne dose de romance à l’eau de rose, de la jalousie et de l’envie et vous obtenez Rouge éclipse.

Bien ? Pas bien ?

Alors, l’histoire d’amour est on ne peu plus banale, triangle amoureux, parallélépipède amoureux même. Un grand classique qui n’étonnera pas un instant. Mais cette histoire de corps inversés est bien trouvé. Non seulement ça donne une touche mystique et fantastique à ce school life, mais cela permet aussi de traiter certains sujet moins léger que les sempiternelles amourettes de lycéens. On aborde avec ce changement de corps l’importance donné à l’apparence (surtout à cet âge), le regards des autres, l’exclusions de certains élèves… Tout en restant très positifs dans ce premier tome. Ayumi est un personnage plein d’énergie qui ne se laisse pas abattre. Biens qu’elle est des faiblesse et que le preux chevalier vienne régulièrement à son secours ce n’est pas une de ses potiches pleurnicheuses qui ne savent rien faire d’autre que chialer. Elle essaye de rester positive. Elle prend à la fois conscience de ce que ça fait d’être dans le corps de quelqu’un qui est rejeté par les autres. Mais au même temps par son caractère avenant elle donne une nouvelle impulsion a ce corps considéré comme laid surtout par sa véritable propriétaire. Démontrant (peut-être de façon un peu simpliste) que si l’on est reclus cela n’est pas seulement de la responsabilité des autres mais aussi de celui qui se sent mis à l’écart et qui se renferme sur lui-même. Un cercle vicieux que Ayumi semble pouvoir briser.

Tout ça avec quelques rebondissement assez attendu mais qui ajoutent tout de même du piment à l’histoire. Si je devait faire un reproche à ce premier tome c’est d’aller assez vite en besogne et d’être peut-être un peu trop manichéen, les gentils d’un côté, les tordu de l’autre.

Malgré quelques aspects un peu trop simplifié, le manga est bien fait. Très agréable a lire et plaisant à voir. Le trait de Shiki Kawabata a une touche personnelle tout en restant dans un style classique.


Retrouvez Rouge éclipse sur le site de l’éditeur. Un extrait à lire ICI

le tome 2 est prévu pour le 10 octobre


mega challenge shojo : nouveauté 2016
challenge 1% : lecture 3 sur 6
challenge 1% : lecture 3 sur 6
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Coy- Crush on you, une romance coréenne

C’est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce manhwa d’occasion. Je ne connaissez pas du tout Kyung Ha Lee, l’auteur de ce shonen-aï coréen, je ne savais même pas qu’il s’agissait d’un shonen-aï (romance entre garçon). Je l’ai pris parce que je trouvais le dessin plaisant et que le challenge coréen est un excellent prétexte pour développer ma bibliothèque manhwa (comme si j’avais besoin de prétextes pour m’acheter des livres…)

C’est le hasard qui m’a conduit à cette lecture et ce fut un agréable surprise. Je m’attendais à un shôjo eau de rose sans grand intérêt et finalement j’ai trouvé ça pas mal du tout ! Il y a un ton que j’aime bien. L’auteur n’hésite pas au détour d’une scène anodine à asséner quelques bonne paroles bien placée. Enfin un manga qui s’adresse aux jeunes filles sans leur faire croire qu’une fille doit se contenter de cuisiner de petits plats pour son amoureux et accepter tous ces caprices !

-Ah ouais ?! Moi je préfère ceux qui sont un peu machos… virils.

-Non ! C’est nul ! C’est nul ce que tu sit ! Les gens comme toi qui aiment les machos font du tort aux femmes. Ce sont eux qui véhiculent l’idée que la femme doit rester bien sagement à la maison, attendre son mari, faire la cuisine, être belle et docile !!!… Ce sont des théories sans fondement qui empêchent les femmes modernes de se libérer du carcan dans lequel elle se trouve prisonnière

Bon n’exagérons rien, ici l’héroïne est amoureuse d’un garçon qui ne l’aime pas et elle se dit toute de même prête à tout sacrifier pour lui. Enfin, c’est ce qu’elle dit. Mais est-elle vraiment prête à ça ? Elle se pose la question et rien que ça c’est quand même pas mal. On n’a pas à faire à une nunuche prête à tout endurer pour un mec. Elle est tombée amoureuse et elle se pose beaucoup de questions sur sa relation à elle-même, ses relations avec les hommes et sur ce qui l’attire chez ce jeune homme qui l’ignore. Si nous sommes dans un lycée et que les personnages se comportent comme tous bon lycéens mangaesques, l’héroïne n’est pas complètement nunuche et ça fait plaisir.

Mais ce qui fait vraiment l’originalité de ce titre c’est qu’on a à la fois une romance shôjo typique (une lycéenne tombée amoureuse d’un très beau garçon) et une romance type shonen-aï, les deux se déroulent simultanément. Un de ses camarade de lycée est tombé amoureux du même garçon. De cette rivalité né une certaine forme d’amitié. Tous deux rejoignent un club d’oisifs du lycée pour les beaux yeux du garçon et tentent chacun leur tour de le séduire, ou du moins de passer un peu de temps avec lui. C’est original car le plus souvent on a soit une histoire entre garçon soit une romance entre une fille et un garçon, rarement les deux au même temps. Moi je trouve ça plutôt agréable et bien plus réaliste que ces romances ou tous les personnages sont homo (comme si le monde n’était subitement plus rempli que d’homme…)

Le héro est peut-être un peu plus fleur bleu que l’héroïne. C’est plutôt marrant de voir que finalement c’est lui qui est le plus romantique des deux. Quant à l’objet de leur amour… je suis assez perplexe. On est à fond dans le pathos, on essaye de nous apitoyer un max sur son sort. Mais l’auteur en fait trop. Au début il a carrément l’air attardé et ça fait bizarre. Même après qu’on ai compris les raison de son comportement, je trouve que c’est excessif.

Quoi qu’il en soit j’ai trouvé la lecture de ces trois premiers tomes très sympa et… c’est la que là mauvaise nouvelle arrive ! La série est terminée en Corée avec seulement 5 tomes mais voilà, l’éditeur français (Paquet) a décidé de n’en publier que trois avant de stopper la commercialisation. Du coup aucune chance d’avoir un jour la suite T_T

manhwa
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Déjà-vu ~ L’amour est éternel

La couverture est magnifique… j’aurais du lire le sous-titre…

La couverture si elle est belle, elle n’en reste pas moins très mystérieuse et ne donne absolument aucun indice sur ce qui nous attend à l’intérieur. Malheureusement le contenu n’est ni aussi beau, ni aussi original que sa couverture.

Déjà-vu est une histoire d’amour qui se poursuit à travers les siècles et les réincarnation. Le scénario de Youn In-Wan démarre sur une idée assez sympa : un chapitre une saison et une époque différente. Et pour chaque saison un dessinateur différent. L’idée est originale. Mais j’ai été un brun déçue par l’ensemble, chaque chapitre reste assez superficiel. Certes les chapitres sont court mais il y a des auteurs qui, en 2 pages seulement savent nous toucher (certain y arrivent même en 2 cases) ici cela manque de quelque chose.

Au printemps nos deux tourteaux se rencontre et il s’aiment… on ne voit pas bien pourquoi à part le fait que… le destin ? il y a personne d’autre ? Cela est assez flou et pas très émouvant. Et c’est un assez gros problème de départ puisque toute la suite va dépendre de la force de ce premier amour, or si on y crois pas ça gâche le reste. Le premier chapitre est dessiné par Yang Kyung-Il.

L’été se passe pendant la guerre cino-japonaise et là, c’est le manque de crédibilité qui m’a frappé. Quand on choisi un cadre si grave pour ses histoires, on ne peut pas le traiter à la légère. Le médecin à l’air d’une gamine écervelée, ça marche pas du tout. Ce chapitre est dessiné par Yoon Sung-Ki.

En été nous somme à l’époque contemporaine. Si le coté love story est vite bricolé, j’ai beaucoup aimé le dessin. Il n’est pas particulièrement original mais je l’ai trouvé beau, agréable et plein de peps, à la croisé entre comics et manhwa. Un chapitre que j’aurais aimé voir durer plus longtemps. Encore une fois c’est trop court, trop superficiel. Le côté tragique de l’histoire ne m’a pas du tout touché. Ce chapitre est dessiné par Kim Tae-Hyung.

L’hivers, c’est le futur. Peut-être une des histoires les plus touchante. Là aussi cela aurais mérité un plus large développement, néanmoins l’auteur arrive à rendre ses personnages assez touchant. Le côté sf du récit est assez intéressant, il nous offre une jolie réflexion sur l’amour. Ce chapitre est dessiné par Park Sung-Woo.

Finalement le seul intérêt de cet album est de nous faire découvrir 4 manhwaga différents et nous donner un aperçu de leur style respectif. Le trop plein d’éloge des présentations m’a agacé. Un peu plus de modestie aurait été la bienvenue surtout quand le résultat final n’apporte rien de très spécial.

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Kimi wa pet, une drôle de romance

Le triangle amoureux est un grand classique du manga romantique, c’est d’ailleurs tellement classique que c’est presque incontournable. Kimi wa pet de Yayoi Ogawa ne déroge pas à la règle, le cœur de la belle balance, elle n’a qu’un mot à dire pour choisir, les deux beaux mâles étant à ses pieds. Rien de très original jusque là sauf que ce titre propose un personnage féminin intéressant et un triangle amoureux auquel une touche d’idée farfelue donne un goût unique.

Surimé est une jeune femme active, journaliste sortie de grandes universités, elle a été mise au placard aux affaires domestiques après avoir asséné un bon coup de point bien mérité à son chef qui lui faisait du rentre dedans. Si le monde (surtout le monde du travail nippon) est cruel pour les jeunes femmes actives et indépendantes, il l’est encore plus avec celle qui se rebiffent contre la macho-attitude de leur entourage. Surimé, n’a pas l’intention de se laisser faire, elle ne cherche pas à se caser à tout pris et aime son travail. Voilà trois qualité très mal vues. Non seulement par les macho de services qui pensent qu’une femme n’est bonne qu’à faire une épouse, mais aussi par ses congénères (les autres femmes) qui ne comprennent pas son attitude. Les femmes sont même plus dures que les macho qui l’admirent au moins pour ses jolies formes. Ses diplômes et son jolis corps, tout comme son air détaché et sûre d’elle lui attirent la jalousie de ses collègues et lui causent bien des peines. Mais son plus gros chagrin, même si elle fait tout pour le dissimulé, c’est son ex qui lui cause. Après une relation de 5 ans celui-ci là quitte pour une femme avec qui il l’a trompée et qui est enceinte. Êtres au côté de Surimé c’était, prêtent-il trop dur à encaisser pour son égo. Moins diplômé, moins bien payé et moins grand de surcroît s’en était trop pour lui ! Bienvenue chez les cro-magnons. Surimé est bien consciente qu’au change elle ne perd pas grand chose (ce mec est un c** nous sommes toutes d’accord !) mais ça lui fait de la peine, qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? Est-ce de sa faute si elle a des bon diplômes, un bon salaire et une grande taille ? Pourquoi devrait-elle culpabiliser à cause de ça ? Et c’est la la question la plus intéressante du manga. A travers la vie sociale de Surimé, les pression qu’elle subie, les sarcasmes qu’elle est obligé d’encaisser on s’interroge sur la position de la femme dans ce Japon moderne pas si avant-gardiste que ça. Surimé se retrouve confronté au une vision traditionaliste de la société qui vaut que les femme cherches un bon parti pour un bon mariage et pas une bonne carrière.

Après cet échec amoureux Surimé décide de se plier à 3 règles dans le choix d’un futur petit ami : gros diplôme, gros salaire, grande taille, les 3G. Mais c’est sans compter sur ce petit blondinet abandonné qu’elle découvre un soir devant chez elle. Elle le ramène, le soigne et le nourrit. Alors qu’il veut s’incruster elle lui lance sur le ton de la boutade, dans l’intention de s’en débarrasser vite fait : tu peux rester à condition de devenir mon animal de compagnie. Contre tout attente le jeune homme accepte et deviens son toutou à qui d’ailleurs elle donne le surnom de son défunt chien. Une étrange relation d’interdépendance se crée entre les deux. Mais un ancien amant refait surface. Le garçon parfait, les 3G et plus encore. Elle sort avec lui et joue les petite amie heureuse mais à trop vouloir en fait elle est toujours très tendue avec lui. Incapable de résister à son charme mais tout aussi incapable de se détendre et de se montrer sous son vrai jour. Voilà donc notre drôle de triangle amoureux.

Ce triangle original et le personnage de Surimé, femme moderne, attachante et réaliste (nombreuses sont les wander woman qui s’y reconnaîtrons, moi je suis pas assez fashion pour ça ! et la carrière moi… ma j’y vois bien des femme que je connais) sont autant de point fort qui font que ce titre sort son épingle du jeu. Enfin… pas trop quand même ! Car arrivée au troisième tome je vois déjà l’intrigue tourner en rond. Les situations qui devrait permettre à l’héroïne d’y voir clair se multiplient mais rien n’y fait, quand ils s’agit d’hommes et d’amour toute l’intelligence de Surimé semble s’être évaporée. Évaporée aussi la critique sociale qui rendait ce banal manga d’amour plus intéressant. Si Surimé est toujours confronté aux même difficultés, le récit se concentre exclusivement sur ses problème de cœur. Or la série fait 14 tomes !! Vu la tournure que prends déjà le récit au tome 3 je me vois mal tenir onze tomme de plus sur le même ton ! Moi j’aurais déjà bien vu une conclusion se profiler.

shôjo et romance
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La ballade de l’impossible en musique

La ballade de l'impossibleLa balade de l’impossible est le troisième roman de Haruki Murakami que je lis. Dès le premier j’étais frappé par l’omniprésence de la musique dans ces récits. Ici encore, Murakami nous offre une riche bande sonore. L’idée m’est alors venue de relever les références musicales et de refaire avec vous cette balade en musique.

Quelques mots sur l’histoire :

Le meilleurs ami de Watanabe se suicide subitement alors qu’ils étaient encore au lycée. Ce deuil va le marquer très profondement. Mais celle qui en sera le plus lourdement marqué c’est sa petite amie, qui sombre alors dans la dépression. Watanabe retrouve la petite amie de son amis, quelques années plus tard à Tokyo, ville où tout deux suivent leur études. La fragilité de la jeune femme et le deuil qu’ils partagent vont créer des liens très étroits entre les deux. Mais l’amour de Watanabe peut-il être plus fort que la dépression ? Malgré tout la vie continue, avec son lot de souffrances, de bonheurs et de rencontres.

Embarquons pour un tour en musique !

Cette balade musicale commence dès la première page avec Norwegian Wood des Beatles. Cette chanson revient plusieurs fois tout au long du livre. Dans l’introduction cette chanson est le déclencheur qui ramène le héros à ses souvenir de jeunesse.

Cette chanson doit beaucoup plaire à l’auteur puisque, non seulement elle revient ici à plusieurs reprises tout au long du récit, mais Murakami a également écrit un roman qui porte le même titre.

Plus loin, alors que Watanabe évoque le foyer d’étudiant où il vécu quelques temps, il nous parle de l’hymne national japonais au son duquel, chaque matin, le chef de l’aile est hissait le drapeau. J’ai choisit ici une version interprété par Gackt (il est plutôt beau gosse, non ?)

Voici les paroles de la chanson :

Kimi ga yo wa

Chiyo ni yachiyo ni

Sazare ishi no

Iwa o to narite

Koke no musu made

 

Mais continuons notre ballade. Watanabe achète pour sa belle un disque de Henry Mancini contenant la chanson Dear Heart.

 

On change d’ambiance musicale avec la Quatrième Symphonie de Brahms :

 

Alors que Watanabe et Naoko partagent une soirée, celui-ci passe en revue les  disques qu’elle possède. Parmis ceux-ci il trouve : Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band des Beatles (encore) et Waltz for Debby de Bill Evans en font partie.

Plus loin, dans une gare, on entend une chanson de Ayumi Ishida. Le titre n’est pas précisé, alors j’en ai choisie une au hasard. Chanteuse populaire des années 70, elle chante de la variété :

 

Avec Midori on écoute du folk-songs. Elle joue et chante :

 

 

Guitare encore, mais nouveau personnage, avec Reiko on commence avec une fugue de Bach avant de retrouver les Beatles pour plusieurs chansons

Après, prise par le fils de l’histoire, j’ai manqué quelques références… Ce que j’ai trouvais amusant c’est d’avoir autant de musique dans un roman !

Quant au livre, cela fait un petit moment que j’ai achevé sa lecture (cette chronique est dans mes brouillons depuis des mois et là j’ai eu envie de la publier même si elle n’était pas complète). Cependant je grade un agréable souvenir de ce roman. Les personnages sont tous très torturés et malgré leur blessures et leur difficultés à s’intégrer à la société, ils essayent de continuer à vivre. Ils sont parfois attachants, parfois agaçants, mais il ne laissent pas indifférents. Encore une fois Murakami aura réussi à me captiver avec un thème qui ne m’intéresse pas.

Un roman que je conseille.

A très bientôt pour un autre Murakami que je viens tout juste de lire !

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Emma, une romance victorienne

Aujourd’hui je vais vous parler d’un manga d’amour. Et non, ce n’est pas un shôjo ! Les seinen aussi ça parle d’amour. Emma est une série en 10 tomes publié d’abord en format poche chez Kurokawa, puis en grand format (sens lecture français) chez Ki-oon. Kaoru Mori commence cette série en 2002 dans le magazine Comic Beam.

 

C’est dans l’Angleterre victorienne, fin XIX, en pleine révolution industrielle que se déroule l’histoire. Le point de départ et celui d’un quelconque roman d’amour : un jeune bourgeois d’une très riche famille tombe amoureux d’une jolie soubrette. Mais hélas, à cet époque là plus encore qu’aujourd’hui (quoi que), les classes sociales sont hermétiques et chaqu’un doit respecter son rang. Le père de Williams attend de lui qu’il se marie à une jeune noble. Quant à Emma, elle fait bien que son amour est impossible et préfère s’éloigner pour moins souffrir. Mais le destin à ses raison que la raison ignore, à moins que se ne soit l’amour….

 

Des 10 tomes de la série, je n’en ai lu que 4. Alors, vous demenderez-vous, peut-être, pourquoi en parler maintenant, avant d’avoir fini la série ? La raison est simple. Cette série je l’ai emprunté et je n’ai pas l’intention de m’acheter la suite. Pour ma collection privé je dois faire des choix, mais cela ne veut pas dire que cette série ne mérite pas qu’on en dise quelques mots.

J’ai beaucoup entendu parler d’Emma, notamment à la sortie de la deuxième publication chez Ki-oon. On en disait beaucoup de bien, et, pour qu’on en ressorte une édition en grand format et tout et tout, c’est que ça doit être drôlement bien. Connaissant déjà son manga Bride Stories, je m’attendais à quelque chose de similaire, mais dans un autre décor. Or je n’avais pas vraiment fait attention. La série Emma est antérieure à Bride stories. Si le dessin de Kaoru Mori est déjà beau, il n’a pas encore la sophistication de Bride stories. C’est bien, dessiné, c’est joli, mais cela n’a rien exceptionnel (exception faite du chapitre 27 ❤).

ça c'est une belle femme !
ça c’est une belle femme !

Quant à l’histoire, le structure est aussi très différente de Bride stories. Dans ce dernier se succedent plusieurs histoires sans véritable fil conducteur entre elles, si ce n’est la présence de personnages communs. Alors que dans Emma, on suit un couple de protagoniste tout au long de leur déboires amoureux. Et là est peut-être une partie du problème.

Le point de départ de cette série est des plus banal : un soubrette et un gentilhomme, un amour impossible. Bon, comme c’est Kaoru Mori qui l’écrit cela reste très agréable à lire. Cependant l’histoire n’avance pas assez vite. L’intrigue stagne, on fait des grands apartés sur la vie des uns et des autres sans grande importance, le fait que William s’ennuie au bal ou comment Emma lustre la rampe d’escalier n’apporte pas grand chose au récit, contrairement à ce que nous dit Kaoru Mori dans ces post face 😉

c’est important pour l’histoire

Ce qui fait que la lecture des deux premiers tome n’est pas désagréable mais laisse assez indifférent. A partir du troisième tome l’intrigue prends un tournant de plus en plus mélodramatique avec la séparation des deux amants. On se croirait dans une pièce à la Shakespeare, mais ça n’en a pas l’intensité dramatique. En effet, si la vie des deux amoureux n’est pas sans souffrance, moi je n’ai pas versé une seule larme. Je ne me suis jamais sentie vraiment émue par le destin des deux protagonistes.

Ayant les 4 premiers tomes sous mon nez, j’ai tout de même poussé la lecture jusque là et, finalement, arrivé à la fin du tome 4, j’avais fini par me prendre au jeu ! Si j’avais l’opportunité de lire la suite, je me laisserais vontier tenter (mais pas au point de vouloir passer à la caisse).

Et vous, avez-vous lu cette série ? Quels sont vos impressions ?

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Blue ~ Kiriko Nananan

Je retrouve Kiriko Nananan qui m’avait beaucoup impressionnée par l’originalité de son style avec Fragments d’amour. Contrairement à ce dernier, dans Blue on n’a pas une succession d’histoires courte mais une seule et unique histoire mettant en scène deux lycéennes qui tombent amoureuses l’une de l’autre lors de leur année de terminale.

Leur romance a quelque chose de plutôt banal si ce n’est que ce sont deux filles, et qu’une telle attirance engendre un flot d’interrogations supplémentaires. L’histoire en elle-même ne m’a pas particulièrement touché. Bidib au cœur de pierre, toujours aussi insensible face aux histoires d’amour…

Tout comme dans Fragment d’amour, c’est la mise en scène, le cadrage, le dessin de Nananan qui me touchent. “La prise de vue” originale qu’elle impose donne à une histoire, somme toute très banale, un éclairage nouveau. C’est en s’attardant sur les détails d’une main sur laquelle glisse une mèche de cheveux, une bouche entrouverte qu’on est ému. Le sens du détail et le dessin épuré de l’auteur nous entraînent dans l’intimité de ses personnages nous faisant ressentir leurs émotions.

Je ne suis pas déçue par cette lecture où j’ai retrouvé le style qui m’avait tant marqué de l’auteur. Mais je ne peux pas dire non plus que j’ai été subjugué par cette histoire, assez quelconque.

Nananan est une mangaka qui me fascine et m’ennuie à la fois. Elle me fascine par son talent et l’originalité de son dessin, plus particulièrement par son cadrage et son sens du détails du geste. Mais elle m’ennuie par ses histoires romantiques peu originales. Et peut-être aussi par un excès de mélodrame, qui pourtant colle bien à la peau de ses personnages.

Blue

ブルー

Kiriko Nananan

Casterman – Sakka

seinen

Japon – 1996

→ à lire aussi : les avis de Mackie et David

→ à lire aussi la synthèse sur K.DB

-_-_-_-_-

Des filles qui s’aiment

Ironie du sort, en peu de temps j’ai lu deux manga mettant en scène une romance entre lycéennes. Le précédent était Candy de Yuzuki Yufuko. Si les deux histoires ont le même cadre et le même sujet (le lycée et les amours entre filles) les deux auteurs ont deux style complètements différents. Le classicisme de Yuzuki Yufuko face à l’originalité du dessin épuré de Kiriko Nananan, la comédie romantique face au drame. Si leur style est si différent, ce n’est pas seulement parce que les auteurs ont une façon de travailler différente. Il s’agit également de deux type de manga différents. si Candy est un yuri, sous genre de shôjo qui s’adresse principalement au jeune adolescentes, Blue est un seinen et vise un public adulte. Le ton des deux histoires y est très différent. Les relations entre jeunes femmes sont le sujet même du yuri alors que l’histoire que nous raconte Nananan dépasse ce simple cadre, elle nous parle de la jeunesse et de la difficulté d’être jeune femme au Japon.

 

filles qui s'aiment - seinen vs yuri
filles qui s’aiment – seinen vs yuri

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Candy – mon premier yuri

Ce matin, enfin, j’ai pris le temps de lire ce manga qui traînait sur mon étagère depuis plusieurs mois en criant “lis moi ! lis moi!”. Je cherchait une petite lecture légère pour compenser le roman plutôt rébarbatif que je suis en train de lire, et Candy m’a semblé tout approprié.

Tout d’abord deux mots pour expliquer la présence de ce yuri sur mon étagère : je l’ai gagné ! J’aimerais ici profiter pour remercier les initiateur du concours grâce au quel j’ai pu profiter de cette lecture, mais je n’arrive plus du tout à me souvenir comment je l’ai gagné. En automne dernier, alors que j’étais en plein déménagement, je participais à un concours et aussitôt j’oubliais. Ce souvenir vague d’avoir participé à ce concours me revint au moment de recevoir le manga dans ma boite au lettre. Honte à moi ! je ne vais même pas pouvoir remercier comme il ce doit ce qui m’ont fait ce jolis cadeau.

Et puis voilà, le manga a trouvé une place sur une étagère et à rejoint ma PAL. Le temps est venu de m’attaquer à la dite PAL et je commence par Candy. Un yuri, donc, mon premier. Mais qu’est-ce donc un yuri ?

Le yuri :

le yuri est un sous-genre du shôjo manga, autrement dit un manga qui se destine avant tout à un public féminin adolescent. Il est le pendant féminin du yaoi (ou boys-love) autre sous-genre du shôjo. Si le boys-love met en scène des romances entre hommes, le yuri nous parle d’amour entre femmes. Il en existe de plus ou moins soft, de plus ou moins explicites. Quand il est question de romance platoniques on parle plutôt de shôjo-ai.

Je m’arrête là pour les explications techniques, pour en savoir plus sur les différents genres de manga, je vous invite à aller lire Le Manga, un article d’introduction à la BD japonaise.

Mais c’est quoi ! tous ce blabla !! On est la pour parler de Candy !!

J’y viens, un peu de patience 🙂

L’histoire :

Kanon Miyamoto est une idole admirée par de nombreuses jeunes filles de son lycée féminin. Joviale et excellente au tir à l’arc elle attire l’attention des jeunes filles aux hormones bouillonnantes qui voit en elle un substitut du beau gosse. Plus par jeux que réellement par amour, les jeunes filles sont nombreuses à lui tourner au tour. Elle a l’habitude des déclarations, pourtant, le jour où la belle Chiaki Bessho lui déclare sa flamme, elle est toute chose. “Pourquoi moi? “ ne cesse-t-elle de se demander. (Mais parce que tu es drôle et belle, et que t’a la classe en tenue de kyûdô !)

Enfin bref, après quelques questionnements habituels, elle fini par ce rendre compte qu’elle aussi nourrit de doux sentiments pour sa douce compagne. Oui mais voilà! Dans un lycée de fille une simple rumeur peut s’embraser et tout emporter sur son passage. Comment faire alors pour s’aimer sans pour autant ruiner sa scolarité ?

Vous l’aurez compris, l’histoire n’a rien de particulièrement innovant, original ou extraordinaire. C’est une amourette de lycéenne comme il y en a tant. Et, à cet âge là on se fait une montagne de pas grand chose, c’est bien connu.

Mais, l’intérêt de se manga n’est pas tant dans son histoire que dans l’ambiance. Le dessin, s’il est tout aussi classique que l’intrigue est très agréable et l’ensemble dégage une fraîcheur revigorante. ça donne la pêche, ça fait sourire et on passe un agréable moment avec ces jeunes femmes.

On est dans le classique, voir même dans le cliché, mais on s’en fou ! On est pas en cours de philo, juste en train de lire un petit manga. Oui c’est un petit manga, mais un petit manga sympatoche.

Candy T1-Kanon et Chiaki

du cliché en veut tu en voilà : la virile Kanon ressemble à un mec alors Chiaki est petite, douce, intelligente, belle… bref la fille parfaite (il y en a toujours une).

Après les premiers chapitres je me disais que c’est pas nul mais bon de là à m’acheter la suite… finalement j’ai fini par me prendre au jeu et avoir envie de lire la suite.

Candy

Suzuki Yufuko

Taifu comics

série terminé en deux tomes

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Sekai-ichi Hatsukoi

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui on va parler yaoi ! Jeunes âmes sensibles passé votre chemin.

… non, en fait c’est pas vraiment la peine, c’est bien du boys love, mais avec Sekai-ichi Hatsukoi on est dans du soft. Pas vraiment de quoi choquer les âmes sensibles dans cet anime plutôt fleur bleu.

Commençons pas le commencement. L’histoire. Du classique, rien de bien original dans cette intrigue qui tourne autour d’un couple principal : Onodera et Takano.

Les deux hommes se sont rencontré au lycée et sont sorti ensemble quelques mois. Mais, à cause d’un gros malentendu, Onodera a subitement disparu laissant Takano profondément blasé. Onodera aussi, qui, à l’époque s’est senti rejeté, est devenu un homme blasé, incapable de tomber amoureux.

Dix ans plus tard, Onodera intègre une nouvelle maison d’édition, il avait demandé le département littérature mais se retrouve au département shôjo manga. Une autre mauvaise nouvelle l’attend : le chef du département n’est autre que Takano, ce premier amour qu’il tente d’oublier depuis 10 ans. Celui-ci est toujours amoureux de lui et a bien l’intention de séduire Onodera à nouveau. Onodera, de son côté, veut à tout prix éviter une relation intime avec lui.

 

Comme dans la plupart des yaoi, il n’y a que des personnages masculin et, bien sûr, tous sont gay. Enfin, non, il y a ceux qui disent qu’il ne le sont pas mais qui tombent quand même amoureux d’un autre homme. Bref, il n’y a que des hommes qui aiment des hommes dans tout le département shôjo manga. Ainsi, après le couple principal Onodera/Takano, on voit fleurir d’autres amours masculines.

Il y a d’abord Yoshino Chiaki, mangaka, et Hatori Yoshiyuki, éditeur. Les deux hommes sont amis d’enfance. Yoshino est particulièrement naïf et ne voit rien des sentiments que Hatori éprouve pour lui. Puis, une fois que Hatori a fait sa déclaration, Yoshino ne voit rien aux sentiments qu’éprouve pour lui son meilleur ami Yuu. Et se retrouve pris au piège dans un triangle amoureux dont il ne capte rien du tout. Il est tellement naïf que c’est agaçant. A se demander comment un mec qui écrit des histoires romantiques toute la journée ne voit rien dans la vrai vie… Bref ce couple est on ne peut plus classique. Un cliché maintes fois revu dans le yaoi avec un uke ultra naïf et un seme taciturne, toujours sérieux.

Le troisième (et dernier de la première saison) couple est composé par Kisa Shôta, éditeur de 30 ans assumant parfaitement son homosexualité, et Yukina Kô, jeune vendeur au département shôjo d’une librairie où Kisa a l’habitude de se rendre. Tout commence par Kisa qui craque pour le beau visage de Yukina. Il en est tout déboussolé. Et quand le beau gosse l’embrasse dans un café. Pouf! Par magie, l’homo plein d’assurance qu’il était se transforme en un collégien fébrile et hésitant T_T Et oui, encore plus cliché que le précédent couple.

Dans les saison suivante de nouvelles jolies fleures écloront dans le champ des amours de la maison d’édition. Mais, je ne vais pas tous les énumérer ici.

Vous l’aurais compris, cet anime ne brille pas par son originalité. En tout cas pour ce qui est des relations humaines. Les couples sont très cliché, tous comme les personnages qui ont des caractères et des comportements stéréotypé. Le stéréotype va jusqu’à se retrouver dans le graphisme, les seme font tous une tête de plus que les uke qui, eux,  se doivent d’être petits, mignons, hésitant, gêné, rougissant et à qui ont doit toujours force la main. Même Onodera, qui a un sale caractère et n’hésite pas a se rebiffer contre ses supérieurs et tout particulièrement contre Takano, fini toujours par rougir et se laisser entraîner malgré lui.

Autre cliché très employé dans la série : la jalousie. La confiance ne semble pas tellement de mise ici, et les malentendu sont monnaie courante.

Par ailleurs, on se trouve en présence d’adultes, déjà intégré au monde du travail. On pourrait s’attendre alors à une certaine maturité des personnages et une psychologie travaillé. Mais ici tous ces grands garçons se comportent comme de jeunes adolescents en proie au bouleversement hormonal. La psychologie… il y en a. On se cesse de faire des incursions dans l’esprit de ces hommes qui hésitent, qui se cherchent. Sauf que leur réflexion est aussi resté au stade du lycée. C’est bien normal de se poser des questions, surtout quand on découvre qu’on est amoureux de quelqu’un du même sexe. Mais là, j’ai pas trouvé leur comportement ou leur questionnement mature pour deux sous. Et tout cela tourne en rond, n’avance guerre. Au bout de plusieurs épisodes les personnages sont toujours en proie aux même doutes.

Là vous commençais peut-être à vous demander pourquoi diable je prends autant de temps pour vous parler d’une série que je n’ai pas aimé ?

La réponse est simple : j’ai aimé cette série. J’ai regardé les deux saison et les OAV, tout ça en à peine 3 jours : )

Mais pourquoi ?

C’est cliché à mourir, c’est vrai. Mais c’est quand même très marrant. Il y a beaucoup d’humour. Les gag marchent bien, on s’amuse et on ne se prends pas la tête. C’est frais, c’est léger, ça fait du bien de se mettre en mode girly et de se détendre.

Mais l’humour n’est pas le seul atout de cette série qui brille par son ambiantation. En effet toute la série se déroule dans une maison d’édition et plus particulièrement au sein du département shôjo manga. Contrairement à beaucoup de série où l’on ne voit jamais (ou presque) travailler les personnages, ici le travail occupe une place centrale. On en apprends autant sur le métier d’éditeur et sur le processus de publication des manga que sur les sentiment personnels des personnages. Et ça c’est très intéressant. On sent bien la tension et le stress qu’implique chaque mois la sortie de la revue. Le speed du bouclage, les difficulté de dernière minute, les relations entre mangaka et éditeur… Tout le côté professionnel est très réaliste et vient contrebalancer les personnalités trop puériles des personnages.

Un mot sur le graphisme qui, en revanche, lui est plutôt original. Je ne le trouve pas particulièrement beau, mais il a le mérite des nous offrir quelque chose de différent. Les visages sont plutôt anguleux et les corps longilignes. Le chara design semble d’ailleurs accentuer le côté anguleux, déjà présent dans le travail de la mangaka. On a des explosions de lumières brillantes, fleurs et autres kitchtitudes emprunté au shôjo, mais cela cadre bien avec le contexte et est souvent utilisé dans un but d’autodérision. Parce que oui, c’est kitch, mais c’est pleinement assumé et détourné. Toutes ses fleurs et lumières sont là plus pour nous faire rire que pour nous faire rêver ou soupirer.

Pour finir, une petite fiche technique :

Titre original世界一初恋 
Réalisateur : Kon Chiaki
Studio : Studio Deen
année de production : 2011
Idée original : manga éponyme de Nakamura Shungiku
Chara design : Kikuchi Yoko
Nombre d’épisodes : 2 saison de 12 épisodes chacune + 2 OAV
Ni la série, ni le manga ne sont licencié en France.
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Fragments d’amour

Kiriko Nananan, encore une auteure de manga pour femme dont j’ai beaucoup entendu parler et que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. Et voilà que, le jour même où j’en parle avec une bibliothécaire, je découvre, un étage plus haut, au rayon jeunesse, un de ses manga. Je trouve qu’il aurait plus été à sa place chez les adultes, mais bon…

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Aux éditions Sakka, collection Auteurs

Ce one-shot regroupe plusieurs histoires courtes parues entre 1997 et 2003 dans divers magashiToutes mettent en scène des jeunes femmes ou jeunes hommes amoureux…

Les prises de tête amoureuses c’est pas trop mon truc, alors, sur le fond, ce manga ne m’a pas vraiment touché. En revanche, sa forme m’a beaucoup marqué. Le dessin de Nananan est très particulier. Très vide. Il n’y a presque pas de décors, quand il y en a il est très sobre, superpositions de taches et d’ombres. La pluspart du temps on a des gros plan sur des personnages dans des cases complétement blanche. L’ambscence casi totale de trame de fond en est presque trublante. Le dessin lui-même est très minimaliste, les visages sont esquissé en quelques traits. Si je les ai trouvé très beaux, il sont si peu détaillés, que j’ai parfois du mal à distinguer les hommes des femmes. Le cadrage à également attiré mon attention. Ce ne sont pas toujours les visages qui
sont mis en scène, mais les mains ou autres parties du corps. La gestuelle devient alors très expressive, presque plus que les traits du visage.

Quant au texte, là encore, il est exploité de façon originale. Aux dialogues dans les bulles, Nananan privilégie le texte posé à même la case, retranscrivant les pensée intimes du personnages ainsi mis à nu. L’auteure nous plonge, l’espace de quelques pages, dans la plus grande intimité de ses personnages, qu’elle sait rendre très touchant.

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Quelques mots sur le fond, tout de même. Toutes les histoires montrent des jeunes gens aux prises avec l’amour. Des filles volages, des amours à sens unique, des jeunes qui se cherchent, qui tâtonnent… Des histoires pas toujours faciles, parfois douloureuses, rarement heureuses, mais qui sont toujours traité avec beaucoup de tendresse. Si certaines auteures de shôjo prennent plaisir à torturer à outrance leurs personnages, j’ai eu l’impression que Nananan les aime. Chaque histoire se termine sur l’espoir d’un avenir meilleur.

J’ai été vraiment séduite par le travail de Nananan et la beauté de ses dessins épurés. J’aimerais maintenant la découvrir dans un manga plus long. Blue me tente depuis un moment déjà.

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