Archives du mot-clé s.p.

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Quand cette bande dessinée de Soledad Bravi et Dorothée Werner m’a été proposé par Rue de Sèvre, j’étais intéressé surtout par une lecture croisée. Je voulais l’aborder sous différents point de vues, le miens et celui de mes filles. Je trouvais intéressant de comparer le regard de 3 femmes à 3 âges différents : l’adulte, l’adolescent (même si c’est déjà une jeune adulte) et l’enfant (presque pré-ado). Trois femmes donc, mais une seule famille, résolument féministe. Il n’y avait donc personne à convaincre. Nous partions déjà en terrain conquis. Mais c’est précisément ce regard là qui m’intéressait de scruter puisque quoi qu’il arrive, c’est le genre de livre qui sera principalement lu par ceux qui sont déjà d’accord avec le propos. Je vois mal un misogyne acheter cette bande dessinée pour ses filles…

Résultat de recherche d'images pour "pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes"

La première à l’avoir lu c’est Yomu-chan. J’aurais aimé lui céder la première place pour qu’elle vous dises quelques mot sur ses impressions. Le problème c’est que ça fait 2 mois que je l’harcèle mais elle n’arrive pas à trouver le temps. Et plus le temps passe et plus le souvenir de ses impressions s’estompes. Je vais donc changer mon fusil d’épaule et publier cet article sans elle (et avec un peu de retard sur le programme initial ^^’).

Place à la petite sœur (heureusement la relève est là 😛 )

Ce que Mimiko en a pensé :

C’est avec beaucoup d’intérêt que Mimiko a lu (vraiment lu) cette bande dessiné. J’étais même étonnée de la voir si concentrée sur le propos, interrompant de temps à autre pour me poser quelques questions : « elle étaient toutes brûlée les femmes à cette époque !? », « tu sais qui c’est Hubertine Auclert, toi ? »…

Bref elle était concernée et a trouvé ce livre très intéressant, soulignant son caractère instructif. Elle y a appris beaucoup de choses et en a éprouvé une sincère satisfaction.

Ce que Bidib en a pensé :

Moi je suis moins enthousiaste que la petite Mimiko. Faut dire que je pinaille. Déjà, le titre commence par un gros POURQUOI écrit en majuscule. Je m’attends donc à un « parce que ». Bref, je veux une réponse à ce pourquoi et le livre n’en offre pas vraiment. On nous fait une fresque historique des droits de la femme et de sa condition sociale. C’est fort intéressant, mais cela ne répond pas à la question posé dès la couverture.

Parlons-en de cette couverture. On y voit un homme préhistorique traînant une femme par les cheveux. Le but, bien sûr, est de provoquer, peut-être aussi de traiter de primitif les hommes qui encore de nos  jours se sentent/se croient supérieur aux femmes. Mais cette image de l’homme des cavernes traînant la femelle par les cheveux est une image véhiculé par la société moderne misogyne et n’a rien à voir avec la supposé réalité des hommes préhistoriques. Et c’est un peu sous ce même regard (celui que l’interprétation misogyne du XIX/XX siècle fait de l’histoire ancienne) que l’on nous dépeint l’histoire de la femmes (en Europe…).

Pour résumer mon ressenti, j’ai eu l’impression qu’on donne un ton féministe à une histoire de discrimination, tout en continuant à véhiculer des à priori misogyne sur l’histoire, plutôt qu’à rétablir des vérités historiques montrant que la femme, même par le passé, a occupé une place importante, du moins plus importante que ce que l’on a longtemps prétendu. Je m’explique. On nous raconte par exemple qu’au Moyen Age les femmes étaient enfermé dans les donjons en attendant le retour du mari or, si cela existait c’était quand même l’exception et non la règle. La plupart des femmes de châtelain devaient s’occuper du château et de ses gens durant les absence des maris. Pour les sorcières  brûlée vives c’est la même chose. C’est effectivement un fait historique impressionnant (et épouvantable), mais qui était loin d’être une pratique courante durant le Moyen Age. D’ailleurs les femmes n’étaient pas les seules à être brûlées pour hérésie (mais si elle étaient plus nombreuses que les hommes). Sans parler du fait que les plus grosses chasses aux sorcières ont été pratiquées au XVI siècle, autrement à la Renaissance.

Bref j’ai eu l’impression qu’on mettait surtout l’accent sur les cas extrêmes de misogynie on en faisant la règle (aussi parce que en effet c’est ce que disaient les règles officielles) mais qui ne correspond pas forcement à la réalité historique de la vie quotidienne des gens. Et on ressort du jeu que quelques épingles, des femmes particulièrement connues pour leur engagement.

Or je suis plutôt adepte d’une relecture éclairé de l’histoire. J’entends éclairé par une regard dépourvu de à priori sexistes sur le passé. Par exemple j’ai lu récemment que des recherches ont été menées sur plusieurs tombes de guerriers démontrant que les femmes guerrières existait dès l’antiquité contrairement à ce que l’on avait longtemps supposé. Finalement si on a longtemps cru le contraire c’est simplement que les tombes de « guerrier » avaient été découvertes par des chercheurs à une époque où il était inenvisageable pour le chercheur de croire que le guerrier était en fait une guerrière. J’ai aussi lu des articles mettant l’accent sur le fait que hommes et femmes avaient la même corpulence (et force physique) durant la préhistoire. Ce qui vient contredire cette satanée image de l’homme des caverne traînant une femme par la chevelure. Ce ne sont là que deux exemple mais ce que je tenais à montrer ici c’est que les recherches actuelle tendent « redorer le blason » de la place de la femmes dans l’histoire, si je peux m’exprimer ainsi. Or ces points de vue là on ne les retrouve pas dans cet ouvrage et j’ai trouvé cela un peu dommage.

Ceci-dit, j’ai trouvé tout de même cette bande dessinée intéressante. Déjà parce qu’elle donne une frise historique assez complète, qu’elle donne un aperçu de ce qu’étaient en effet les droits officiels des femmes à telle ou telle époque, qu’on peut ainsi en observer l’évolution, se rendre compte que des choses aussi banale que porter un pantalon ou voter ne nous sont finalement accessible que depuis très peu de temps et que ce n’est toujours pas accessible partout dans le monde. Que même en Europe l’avortement n’est pas autorisé partout, etc. C’est une petite piqûre de rappel qui nous dit qu’il faut rester vigilant, que l’évolution du droit des femmes ne s’est pas toujours faite dans le sens de l’amélioration et qu’on est pas à l’abris d’un recul. On y apprends aussi des petites choses par ci par là. Si la plupart des périodes et des fait évoqué ne me sont pas inconnu j’avoue ne pas connaitre Hubertine Auclert.

C’est, comme l’indique le Stickers collé sur la couverture, une bonne base sur laquelle on peut s’appuyer pour après aller chercher plus loin.

C’est aussi un support ludique et accessible pour les plus jeunes, pour les sensibiliser à la question du droit de la femme, un livre à proposer dans toutes les bibliothèques (rayon jeunesse) et tous les CDI. Un support qui peut aussi permettre d’aborder la question en classe.

Il se lit bien, il ne manque pas d’humour, et les dessins sont agréables. C’est très stylisé, peut-être un peu trop à mon goût, mais cela reste une bonne base sur laquelle rebondir et travailler.

sur le site Rue de Sèvre

petite vidéo de présentation

⇒Soledad Bravi (son blog, sa page facebook)

ses bd chez Rue de Sèvres

Share

Calpurnia [bande dessinée]

C’est par une fin d’après-midi, douce et agréable, à l’ombre d’un prunier, que j’ai enfin pris le temps de lire et apprécier le premier tome de Calpurnia, une bande dessinée de Dalphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) sorti récemment chez Rue de Sèvres.

Le cadre bucolique de mon jardin offrait l’écrin idéal pour une lecture très… naturaliste !

Calpurnia est une jeune fille de 13 qui vit au Texas avec sa famille. Une famille bourgeoise du XIX. Le père possède une petite plantation, le grand-père passe ses journées dans son laboratoire au fond du jardin, la mère mène à la baguette cette maison que Calpurnia partage avec ses 6 frères. 6 frères !! Un cadre qui, au grand dam de la mère, ne favorise pas la féminité de sa fille. Si sa mère rêve de faire de Calpurnia une jeune fille bien élevée, jouant du piano et ayant une conduite impeccable, Calpurnia préfère de loin gambader dans la forêt et observer les animaux. Calpurnia veut devenir naturaliste.

Tout commence comme un jeu, quand le grand frère adoré offre à Calpurnia un beau cahier pour jouer à l’apprenti naturaliste. La jeune fille se prend au jeu et chaque jour y note ses observations, mais un jour, une question l’obsède, pourquoi y a-t-il de plus en plus de sauterelles jaunes et de moins en moins de vertes ? Pour trouver une réponse, Calpurnia se tourne vers cet étrange grand-père qui l’impressionne et la rencontre entre les deux se fait enfin. Calpurnia découvre un grand-père érudit qui aime partager son savoir. Le grand-père découvre que Calpurnia a un sens de l’observation aiguisé et une véritable envie d’apprendre. À partir de ce moment, les deux vont passer de plus en plus de temps ensemble à observer la nature.

Entre un papillon et une fleur, notre apprentie naturaliste nous raconte, un peu à la façon d’un journal, sa vie de famille. Les béguins de ses frères, les villes histoires du grand-père, l’école… C’est par petites touches que l’on découvre la vie de la jeune fille et celle de la bourgeoisie rurale du Texas de l’époque.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est à la fois légère et intelligente. Calpurnia est une jeune fille très attachante, curieuse et forte, loin de se contenter d’un avenir de potiche que pourrait lui réserver sa condition de fille, elle a des rêves. Elle veut devenir naturaliste, et s’intéresse aux sciences bien plus qu’à la mode. Et dans sa soif de savoir, elle trouve des alliés. Dans sa famille, hormis peut-être la mère qui aimerait qu’elle soit plus sage, personne ne semble s’offusquer de l’ambition de la jeune fille. Le grand-père décide même de nourrir sa curiosité en l’amenant avec lui lors de ses sessions d’observation.

Les voir observer la nature donne d’ailleurs envie de les imiter. Ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai aussi ce penchant que j’ai trouvé cet aspect du livre très agréable ? Quoi qu’il en soit, j’ai trouvais ça plaisant d’observer une héroïne qui aime les insectes.

Mais il n’y a pas que le naturalisme dans la vie de Calpurnia, les petites anecdotes de familles sont aussi touchantes et amusantes. J’ai beaucoup aimé l’histoire du grand-père et de la chauve-souri.

Le dessin, noir blanc et sépia, rappelle un peu l’ambiance des vieux albums photo, nous ramenant en un clin d’œil à l’époque du récit. Le récit s’articule comme un journal intime et nous feuilletons cet album comme si nous avions entre les mains le cahier de Calpurnia, nous y trouvons les cases traditionnelles de la bande dessinée, mais aussi les descriptions et les croquis qu’aurait fait la jeune fille. Le tout est bien dosé et rend la lecture agréable et ludique.

Une très jolie bande dessinée, un album épais qui ne nous laisse pas sur notre faim, mais qui donne quand même envie de lire la suite, de retrouver Calpurnia et ses observations naturalistes.

L’album m’a également donné envie de découvrir le roman. J’ai hâte de voir ce que Mimiko va penser de cette bande dessinée.

Calpurnia, tome 1 sur le site Rue de Sèvres

le roman publié chez l’école des loisirs

le site de Daphné Collignon


Challenge un max de BD en 2018 challenge petit BAC 2018

Share

Ultraviolette se rebiffe

Hier je vous parlait de Tine & Junior, une bande dessinée jeunesse des éditions Frimoüsse. Aujourd’hui je vous en présente une autre mais, malheureusement, Ultraviolette n’a pas fait mouche chez nous.

Couverture 2018

Violette vit sur une péniche avec son père. Un jour, elle reçoit un cadeau tout pourri avec un petit mot très méchant. Cela semble venir de son meilleur ami, ni une ni deux, elle file chez lui pour une petite discussion, mais ce n’est pas lui. Qui peut donc avoir envoyé ce mot ? Et pourquoi la mairie voudrait-elle que la péniche déguerpisse ? Coïncidence ? Ultraviolette mène l’enquête.

Je n’ai pas vraiment accroché avec cette bd jeunesse. Que ce soit le dessin ou l’histoire, cela m’a laissée assez indifférente. Je n’ai pas trouvé les personnages attachants et l’intrigue du récit ne tient pas vraiment en haleine. Quant au dessin, il est très particulier et si je ne l’ai pas trouvé désagréable, la magie n’a pas opéré.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?


chut les enfants lisent

Share

Le SECRET du ROCHER NOIR – Joe Todd-Stanton

Couverture Le secret du rocher noir

C’est un très bel album que nous proposent les éditions l’école des loisir avec Le Secret du Rocher Noir de Joe Todd-Stanton, traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez.

Erine Pike vit à côté d’un port de pêche où sa mère travaille comme pêcheuse. Erine aimerait bien découvrir la mer, mais c’est trop dangereux. Les pêcheurs racontent de terribles histoires sur un rocher noir qui surgit de nul part et détruit les bateaux. La petite fille tente de se cacher sur le bateau de sa mère pour enfin apercevoir ce fameux rocher, mais le chien la retrouve toujours. Un jour Erine se cache dans les filet de pêche pour qu’on ne la retrouve pas. Mais le brouillard s’abat sur le bateau et tandis que la mère manœuvre pour ne pas heurter l’immense rocher qui est apparu, Erine tombe à l’insu de sa mère qui ignore tout de sa présence sur le bateau de pêche.

Elle coule, coule jusqu’à réveiller le rocher noir qui, en fait, n’a rien d’un monstre ! Et l’aide à remonter à la surface. Erine est émerveillé par la beauté du spectacle. Des milliers de poissons colorés vivent autour du rocher.

Elle veux partager cette merveilleuse nouvelle avec tout les monde, mais les adultes ne l’écoutent pas. Ils en sont persuadés, c’est un monstre et il faut le détruire. Erine arrivera-t-elle à sauver le rocher noir ? Les adultes vont-il ouvrir les yeux ?

Joe Todd-Stanton nous offre ici une très jolie fable écologique. Erine est une enfant curieuse et ouverte au monde qui n’a pas peur et veux découvrir le monde par elle-même. Elle ne se contente pas d’écouter ce que les gens disent. Cela aurait pu être très dangereux mais finalement sa témérité est récompensée car c’est un merveilleux spectacle qu’elle découvre et décide de tout faire pour le protéger. Son courage et sa ténacité auront raison de l’obstination et l’aveuglement des adultes.

Ce rocher noir m’a fait un peu penser au requin. Combien de fois entendons-nous qu’une chasse va être pratiquée sur telle ou telle côte parce qu’un baigneur irresponsable c’est fait attaquer ? Le requin est pourtant un animal merveilleux dont dépend l’équilibre des océans. Si les gens pouvaient ouvrir les yeux sur sa beauté et son utilité à l’écosystème peut-être envisagerait-ils d’autres solutions que sa destruction.

Au delà du beau conte et de son message écologique, Joe Todd-Stanton nous offre de très beaux dessins. C’est doux, c’est mignon, attendrissant, plein de couleurs sans être mièvre. Les vues sous-marines sont de toute beauté.

Le travail d’édition est aussi excellent, la couverture avec son jeu de textures et reliefs est sublime. J’ai également apprécié le choix du papier mat, épais et texturé (je ne sais pas comment on appel ce type de papier), qui donne à l’album un côté un peu désuet renforçant l’aspect légendaire du récit. Cette texture s’accommode très bien avec le style graphique et les couleurs des illustrations. Bref, non seulement c’est une belle histoire, mais c’est aussi un très beau livre, de ceux qu’on que l’on aime caresser.

Le Secret du Rocher Noir sur le site de l’école des loisirs

fiche pédagogique proposé par l’école des loisirs

le site de Joe Todd-Stanton, sur instagram, sur twitter

⇒ Acheter le livre sur Decitre ou Amazon

Et maintenant je cède la place à Yomu-chan pour qu’elle vous livre son avis.


Le Secret du Rocher Noir ~ by Yomu-chan

Cet album est un véritable coup de cœur !!

En plus d’être splendido-magnifico-trop-beau, il est d’une sensibilité charmante et l’univers développé a tout pour plaire.  Les dessins très doux avec de magnifiques paysages et le côté fable écologique m’ont fait penser à l’univers de Miyazaki.

Le propos de l’album me touche beaucoup : dépasser les préjugés et partir à l’aventure pour découvrir soi-même, sauver un écosystème et construire plutôt que de détruire, etc. L’auteur a su, dans un album assez court, nous faire passer tous ces messages avec subtilité et poésie.

Il y a un point qui m’a particulièrement fait plaisir, ça n’a pas grande importance dans l’histoire mais Erine vit seule avec sa maman (déjà on notera la famille mono-parentale) et cette dernière est pêcheuse, elle a son propre bateau et fait son travaille toute seule.  Ça n’a pas grande importance mais justement. J’ai apprécié trouver une représentation de ce modèle familiale dans un album pour enfant, et sans que cela soit le sujet principale. Non une mère célibataire qui travaille ça n’est pas un cas bizarre et oui on peut vivre des aventures rigolotes même quand on vit seule avec sa maman. Je ne sais pas trop comment l’exprimer sans paraître pour une activiste acharnée, mais ça m’a fait plaisir d’apercevoir cela en second plan d’un récit déjà très chouette.

Je ne peux pas parler du Secret du Rocher Noir sans m’attarder un peu sur la beauté des dessins. Ils sont vraiment merveilleux. Ils dégagent une immense douceur et en même temps une certaine puissance, je pense notamment aux scènes sous l’eau qui sont particulièrement époustouflantes. Je pourrais encadrer cet album pour décorer ma chambre, c’est vraiment beau.

Bref c’est un vrai coup de cœur, de beaux dessins, une histoire trop mignonne et des messages finalement assez profond ! Je ne peux que conseiller ce livre !!


 chut les enfants lisent

Share

Les cent nuits de Héro

Les cent nuit de Héro était dans la sélection officielle du Festival international de la BD d’Angoulême (festival dont j’ai déjà parlé ici). C’est à cette occasion que je l’ai découvert et lu. Si je vous en ai déjà très brièvement parlé, je me gardais cette chronique au chaud pour vous en parler dans le cadre du Mois des Contes et Légendes, car le conte est au centre de cette bande dessinée.

Les cent nuits de Héro

Isabel Greenberg, auteure britannique, revisite ici le conte des contes : Les Milles et une Nuit. Ce ne sera pas Shéhérazade qui conte chaque nuit une nouvelle histoire mais la jeune Héro, servante et amante d’une jeune demoiselle marié qu’un vilain homme veut séduire ou violer si elle ne se laisse pas faire. Tout comme Shéhérazade se met à raconter des histoires à son époux pour échapper à la mort, Héro se met à conter pour épargner à son amie l’humiliation.

Dans les contes de Héros, ce sont toujours les femmes qui sont au centre de l’histoire. Des histoires de femmes courageuses contées par des femmes non moins courageuse dans une société patriarcale où la femme ne jouit d’aucune libertés, pas même celle de pouvoir lire.

De très nombreuses histoires s’entremêlent dans cet album. Il y a d’abord la naissance du monde, créer par la fille du dieu Homme-Aigle. Puis l’histoire de Héro et de son amante, l’histoire de la ligue secrète des conteuses à laquelle appartient Héro. Et enfin, toutes les histoires que conte Héros pour faire passer le temps et empêcher le vilain homme d’accomplir son méfait.

Toutes ces histoires semblent s’inspirer de contes existant, mais je n’en ai reconnus que quelques uns, qui sont ici assez librement adapté, pour servir le propos : la résistance des femmes face à un monde misogyne.

Résultat de recherche d'images pour "les cent nuits de héro"

J’ai beaucoup aimé cet album, tout d’abord pour son graphisme riche et original qui ne laisse pas indifférent. Puis pour l’imbrication des histoires les unes dans les autres. J’ai trouvé ça très amusant d’y reconnaître des références que je connaissais, mais au même temps je n’arrivais pas à me souvenir de leur titres et j’ai trouvé ça agaçant. Une petite « bibliographie » à la fin ça aurait été génial.

La morale de l’histoire, je ne peux qu’y adhérer. Des femmes qui souhaitent devenir libres, qui refusent la domination de l’homme, c’est, malheureusement, toujours d’actualité. En mélangeant des vieux contes a un style et un ton très moderne, Isabel Greenberg réactualise le sujet et c’est très réussi. La morale des histoires qu’elle utilise change par rapport à la version originale et ce pour mieux servir son propos. Pas besoin d’être sauvé par un prince charmant ! que diable ! Voilà un livre qui devrait beaucoup plaire à Yomu-chan 😉

Résultat de recherche d'images pour "les cent nuits de héro"

Les cent Nuit de Héro de Isabel Greenberg est sorti il y a un an chez Casterman

⇒ à lire aussi l’avis de Mo’

sur le site de l’éditeur

le site de Isabel Greenberg , sur instagram, sur twitter

Résultat de recherche d'images pour "les cent nuits de héro"

Quelques unes des histoires qui, je pense, ont inspiré cet album :

  • les milles et une nuit (conte)
  • le bal des 12 princesses (conte des frères Grimm)
  • Cosi fan tutte (opéra de Mozart)
  • the two sisters (balade anglaise du XVII)

  challenge petit BAC 2018British mysteries 2016_2.jpg

Share

On se revoit quand ?

Nous avons lu On se revoit quand ? à deux, comme lecture du soir, chacune un chapitre. Ce roman, parfaitement adapté aux jeunes lecteurs autant par sa forme (illustrations, typographie) que par son contenu (texte facile à lire et à comprendre, personnages principaux allant à l’école primaire…) se prête bien à cet exercice. Mimiko pouvait lise ses chapitres avec autant d’aisance que moi les miens.

Sorti récemment aux éditions l’école des loisir, le roman est écrit par Rose Lagercrantz et illustré par Eva Eriksson, traduit du suédois par Nils C. Ahl.

Dunne, le personnage principal, part en visite dans un parc avec sa classe. Des camarades pas très sympa se moquent d’ele et elle décide de s’éloigner du groupe. C’est là qu’elle tombe sur Ella-Frida qui est aussi en visite avec sa classe. Les deux filles sont folle de joie. Faut dire qu’Ella Frida, la meilleure amie de Dunne, a récemment déménagé loin et que les deux enfants ne se voient plus. Mais leur amitié est intacte. Elles profitent de cette occasion unique pour jouer ensemble, loin de leur classes respectives, au grand dam des maîtresses.

Le moment de se séparer arrive. Dunne est malheureuse. Son amie lui manque terriblement mais son père ne comprends pas. Pire, il se fâche. Ella-Frida, Ella-Frida… sa fille n’a que ce mot à la bouche et ça l’exaspère.

Résultat de recherche d'images pour "ON SE REVOIT QUAND ?"

J’avoue ne pas vraiment m’être attachée aux personnages et avoir lu cette histoire assez distraitement. Ce sont vraiment des préoccupations enfantine qui sont au cœur de cette histoire et je ne me suis pas sentie concernée. En revanche l’histoire a beaucoup plus à Mimiko qui se sentais très proche des héroïnes. Je pouvais sentir à sa façon de lire son implication affective. Ce sont des enfants comme elle, avec les même préoccupations qu’elle, ça lui parle. Et même si le livre s’adresse à des enfants un poil plus jeunes qu’elle, Mimiko a pris plaisir à lire ce roman.

Une jolie lecture, facile pour le soir. Agréable à lire à haute voix. Pour ceux qui ne me connaîtraient pas encore, j’ai des difficultés à lire à voix haute alors je suis ravie quand je rencontre une livre que je peux raconter facilement. Je parle souvent de cet aspect sur les livres que je lis avec Mimiko. Cela n’a rien à voir avec longueur du texte mais avec sa musicalité. En tant que dyslexique, j’ai été confronté à des albums aux textes très court qu’il m’était presque impossible de prononcer à voix haute. Ici la lecture était agréable. Le texte est simple et les phrases sont assez courtes, il est à la portée d’un enfant pour une lecture en autonomie, mais aussi facile à déclamer à haute voix.

Bref, un livre que j’ai trouvé mignon mais que j’ai vraiment lu avec détachement mais qui a plu à Mimiko parce que proche de son univers : l’école, les difficultés avec les camarades de classe, les parents qui ne comprennent pas ce qui tracasse vraiment l’enfant…

Il existe d’autre roman avec Dune et Frida-Ella. Je les proposerais peut-être à Mimiko pour les lire seule (je préfère me garder les romans plus difficiles, nécessitant mon aide pour la compréhension).

sur le site de l’école des loisir

⇒ sur Amazon ou Decitre


chut les enfants lisent

Suède
Share

Du bon côté (l’Album philo)

Nous avions déjà parlé de l’un des album philo des éditions Frimoüsse. Dans leur collection La Question c’est l’album Du Bon côté de Marido Viale et Stéphanie Marchal que nous allons présenté aujourd’hui.

Il est là depuis si longtemps que personne ne sait pourquoi. On sais juste que les gens du bon côté du mur sont les gentils.

Il y a un mur, de chaque côté du mur les gens vivent paisiblement, les parents embrassent leur enfant et tous les mettent en garde : « ne vous approchez pas du mur ! ». Car si plus personne ne sais pourquoi il y a ce mur, tous affirment que les gentils sont du bon côté. Oui mais… y a-t-il un bon côté ? N’est-ce pas le même discours qui est fait d’un côté comme de l’autres ?

Un enfant curieux va faire un petit trou pour voir les méchant qui se cachent de l’autre côté mais il ne trouvera que des enfants comme lui. D’un petit trou les enfants en feront un grand et le mur tombera. Ils sont heureux tous ensemble mais que vont dire les adultes ? D’abord il cèdent à la panique, c’est normal les adultes voient des problèmes partout mais finalement il se rendrons compte que les enfants ont raison, de l’autre côté du mur les gens sont comme nous.

J’ai beaucoup aimé cet album, le texte est très court et très simple et pourtant il en dit long ! Les illustration sont simples et très colorées, pleines de bonne humeur.

J’ai tout de suite pensé au mur de Berlin. Sa chute avait marqué mon enfance. Même si je n’était qu’une petite fille, c’est un sujet qui m’avait profondément marqué. Aujourd’hui cet album me renvoie à un autre sujet d’actualité, la question des réfugié et de l’immigration clandestine. Comment ne pas penser à touts ces personnes qui fuient la guerre et la misère et qu’on revois de l’autre côté de la frontière. Mimiko me pose souvent la question du pourquoi, pas évident de répondre, surtout quand ce qui est morale et ce qui est légal ne vont pas de paire…

Cet album nous offre un support simple et agréable pour aborder la question avec les enfants et réfléchir avec eu sur la peur de l’autre et l’illusion des frontières. Un très bel album.

⇒ Achetez sur : Amazon, Decitre

Marido Viale

⇒ Stéphanie Marchal sur instagram et sur facebook

⇒ à lire aussi Dans l’atelier de Stéphanie Marchal 


chut les enfants lisentchallenge petit BAC 2018

Share

Un bout de mer – Ingrid Chabbert et Guridi

-Dis, grand-grand-mère, as-tu réalisé tous tes rêves ?

C’est la question que pose Ali à son arrière grand-mère, inquiet de la voir faiblir. L’arrière grand-mène n’a pas de regret sauf un, celui de ne jamais avoir pris le temps d’aller voir la mer qui se trouve à deux jours de marche du village.

C’est décidé, Ali ira chercher la mer pour son arrière grand-mère trop faible pour marcher jusque là-bas. Avec son petit saut, Ali marchera deux jour pour découvrir la mer et un peu plus de deux jour pour revenir chez lui avec une toute petite goutte d’eau de mer. Le plus beau cadeau que grand-grand-mère ai jamais reçu.

C’est très joli album que nous proposent les éditions Frimoüsse, avec Ingrid Chabbert au texte et Guridi au dessin.

J’ai beaucoup aimé le dessin, minimaliste, graphique et pourtant très expressif. Le petit Ali est très touchant. Il aime beaucoup son arrière grand-mère et sans que jamais ces mots soit prononcé il lui fait la plus belle preuve d’amour qu’elle puisse attendre. L’arrière grand-mère est imposante, à l’image de l’importance qu’elle a dans la vie du petit garçon, habitué à passer ses journées à ces côté.

C’est aussi très agréable à lire, le texte est fluide et coule tous seul. Un vrais plaisir à lire à haute voix (et dieu sais que j’ai du mal avec la lecture à haute voix). Ici j’ai pris beaucoup de plaisir et ma langue n’a presque pas fourché. C’était un joli moment de tendresse partagé avec Mimiko, blottie contre mon épaule, qui aussi a aimé cet album.

Une jolie lecture, aussi agréable pour l’œil que pour l’oreille, pleine d’amour et de tendresse.

édition Frimoüsse

Ingrid Chabbert sur facebook

Guridi sur facebook

⇒ Achetez Un bout de mer sur Amazon ou Decitre


Share

Les trois petit quoi ?

Les trois petits cochons est sans doute le premier contes qu’on apprends enfant dans nos contrait. Je ne compte plus les adaptation et détournement que j’ai pu rencontrer. Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est tout récente, sortie en février dernier aux éditions l’école des loisir. Raphaël Fejtö nous propose ici une version « à deviner » cartonnée à lire avec les tout petits. On ne fait pas qu’écouter et regarder l’histoire, on joue avec.

On retrouve ici l’histoire classique des 3 petits cochons avec la maison de paille, de bois et de briques, mais à chaque étape de l’histoire, l’enfant doit choisir entre 3 possibilité, que répond le cochon, que dit le loup, etc… Il y a même un labyrinthe pour aider le premier petit cochon à rejoindre son frère.

Graphiquement c’est très simple et classique. Je ne suis pas vraiment fan de ce genre d’illustrations. Au même temps elle sont très claire pour lire avec un très jeune enfant c’est pas mal. Il y a pas trop de détails et l’histoire et très facile à suivre. Et j’aime bien l’idée d’interagir avec le livre, de faire participer l’enfant pour qu’il ne soit pas passif durant la lecture. J’ai aussi apprécié le petit clin d’œil au Petit Chaperon rouge, un autre grand classique que l’on découvre des le plus jeune âge.

sur le site de l’éditeur

⇒ Achetez sur Amazon, Decitre


 

Share

Mon arbre – Gerda Muller

Couverture Mon arbreMon arbre de Gerda Muller, éditions l’école des loisir, en librairie aujourd’hui.

Benjamin et Caroline partent en vacance chez leur oncle garde forestier où les attend Robin, leur cousin. Robin connais bien la forêt, il les amène voir son arbre préféré : un très vieux chêne. Les saisons passent et les enfants reviennent rendre visite au chêne. Sous son ombre bienveillante, les enfants observent la nature : champignons, insectes, oiseaux, fan et sanglier… avec eux on découvre la vie dans la forêt. Tout au long de cette histoire on apprends plein de choses sur la forêt et son entretien. Et une fois l’histoire finie, on en apprends encore plus par de petites annexes explicatives donnant plein d’info supplémentaires sur les plantes et les animaux qu’on peut rencontrer en forêt.

La première chose que j’ai pensé en recevant le livre c’est que le dessin me rappelait les albums de mon enfance. J’avais l’impression de faire un bond dans le temps ! Et, je n’avais pas tort ! Ce livre, écrit et illustré par Gerda Muller, date de 1991 dans sa version originale. Autant dire que c’est un livre de mon époque. Je ne sais pas si je l’avais lu, si j’avais lu d’autres livres de Gerda Muller (ce qui est fort possible) mais les style graphique m’est très familier. J’avais des livres de ce genre, c’est sûr.

Du coup, j’avais un peu d’inquiétude en abordant ce livre avec Mimiko, je me demandais si  ce n’était pas vieillot pour un enfant d’aujourd’hui. Et ben, non ! Elle a beaucoup aimé. C’est vrais que le dessin est d’une autre époque, mais il est très joli, réaliste et très riche en détails. C’est très plaisant de découvrir dans les grandes planches les petits détails tel qu’un mulot caché sous un buisson, un oiseau dans les branches…

Le texte est également est très plaisant. On apprends beaucoup de choses tout en suivant les trois enfants dans leurs petites aventures ordinaires. Nous avons passé un très bon moment en compagnie de ce livre. En le lisant j’ai eu très envie d’aller me promener dans les bois, sentir l’odeur d’humus et les branches qui craques. Un livre qui donne envie de sortir et de découvrir. Pour tous les amoureux de la nature.

Un livre que je choisirais aussi pour l’école à la maison tant il est riche en informations et qu’il est facile de compléter le récit par une visite en forêt. A lire aussi à l’école.

sur le site de l’école des loisirs

les livres de Gerda Muller chez l’école des loisir

⇒ Mon arbre : sur Amazon


 chut les enfants lisent

Share