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Forget-me-not, un manga à Venise

C’est dans ma PAL, que j’ai laissé livraddict piocher un livre au hasard à lire la semaine dernière. Parfois j’achète des livres puis je les oublie et de cette façon je voulais faire ressortir des bouquins auxquels je ne pensais plus. Et ça a très bien marché puisque le titre qui est ressorti est un manga que j’ai acheté il y a un bail, un jour où je suis tombé sur un lot de vieux titres sorti chez Sakka d’occasion. Puis je les ai rangés dans mes étagères et… vous connaissez la suite. Avant que la semaine ne s’achève j’ai prix le temps de découvrir Forget-me-not de Kenji Tsuruta. Et franchement, je me demande pourquoi je ne l’ai pas lu plutôt !

C’est sa jolie couverture bleu qui m’avait attiré à l’époque et je l’ai acheter sans savoir ce que ça raconte.

La jeune femme que l’on voit sur la couverture c’est Mariel Imari, une jeune détective tire au flan qui travaille à Venise. Forget-me-not est le titre d’un tableau qui a été dérobé à son grand-père 20 ans plus tôt et qu’elle a pour mission de retrouver. Son grand-père était un très grand détective mais n’a jamais réussi à retrouver le tableau de son vivant. A sa mort il lègue  toute sa fortune (et c’est un homme riche) à celui de ses descendants qui lui succédera comme détective. Et c’est sa petite fille Mariel qui s’y colle. Sauf que le grand-père impose une autre condition à cet héritage. La nouvelle génération de détective doit retrouver le tableau Forget-me-not avant de pouvoir jouir de l’héritage, en attendant Cornélius, le majordome du grand-père ayant la gérance des biens, doit aider la jeune Mariel dans sa quête pour retrouver le tableau.

La tableau a sans doute été volé par un voleur légendaire, Vecchio, ancien rival du grand-père qui depuis 40 ans nargue la polisse en volant des œuvres d’art après avoir averti les autorités ou le propriétaire. Mariel semble comprendre qui est Vecchio, faut-il encore arriver à le piéger.

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C’est avec nonchalance que l’on suit Mariel dans les petites rues de Venise. Si la jeune femme se révèle une détective assez rusée, nous n’avons pas ici un manga d’action. L’ambiance est plutôt celle d’un manga tranche de vie. On voit Mariel dormir plus que de raison, traîner et fuir le travail, se chamailler avec Cornélius, flirter avec le jeune apprenti d’un antiquaire douteux, attraper des chat, tomber dans le canal, sortir de sa douche… Se qui ne l’empêche pas de mener à bien quelques enquêtes et découvrir quelques mystères.

J’ai beaucoup aimé ce manga tout d’abord pour le trait de son auteur : Kenji Tsuruta. J’aime beaucoup son dessin au trait fin et simple. Les visages sont claires et expressifs, les jolies formes de Mariel sont mises en avant mais avec beaucoup de naturel. Loin du style manga kawaii/moe tellement en vogue ses dernières années. Le dessin de Tsuruta est mature, sans en faire des tonnes. Les vieux sont ridés, les filles jolies mais nous ne somme pas dans la caricature. Bref, je kiffe ce genre de dessin !

Au de-là du dessin, j’ai aimé l’ambiance du manga et le vagabondage à travers les ruelles de Venise qu’il propose. Loins du carnet touristique, on a l’impression d’être dans un Venise intime. L’auteur bien qu’il est choisit une ville mythique comme décor la montre avec une certaine pudeur, ce qui la rend encore plus belle.

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Quand aux personnages, je les ai trouvés très attachants et sympathiques. Ils sont classiques : le détective tire au flan, le majordome sévère et dévoué, le beau gosse mystérieux, le commissaire un peu grotesque. On reste dans un registre déjà vu mais ils sont bien fait, équilibrés et sympathiques. On ne tombe jamais dans l’excès. Les voir évoluer est toujours agréable et quand le tome se termine on regrette que ce ne soit qu’un one-shot. J’aurais bien aimé passer encore quelques temps avec Mariel et sa clique.

Un joli manga, plaisant et bien dessiné qui vaut vraiment la peine si avez l’occasion de le lire.


un manga se déroulant en Italie
un manga se déroulant en Italie

Le mari de mon frère – tome 1

 

Ce sont les éditions Akata qui nous offrent ce manga familial pas comme les autres écrit par Gengoroh Tagame, un mangaka spécialisé dans le manga érotique/pornographique gay (à ne pas confondre avec du yaoi !!)

Yaichi, un jeune père de famille élevant seul sa fille Kana, reçoit la visite de Mike, un grand canadien qui se trouve être l’époux du frère jumeau de Yaichi. Très mal à l’aise face à Mike, Yaichi a du mal à savoir quelle attitude adopter face à son beau frère. Kana, avec sa spontanéité de petite fille va l’aider à briser la glace et invite Mike à séjourner chez eux le temps de son voyage au Japon. Kana lie facilement des liens d’affection avec ce nouvel oncle qu’elle ne connaissait pas encore et accepte facilement l’idée que son oncle était marié à un homme. Pour Yaichi c’est compliqué. Ce n’est pas qu’il soit homophobe, mais cette situation le met très mal à l’aise sans qu’il comprenne lui-même pourquoi. Face au deuil de Mike qui vient de perdre son mari, Yaichi va petit à petit faire tomber le mur dressé entre eux par les à priori négatifs qu’il peut avoir. Grâce à la spontanéité de sa fille et à la gentillesse de Mike il se rend compte que ce qui le dérange n’a pas lieu d’être, qu’il n’y a pas de raison que l’homosexualité de son frère le perturbe. Parallèlement à cet acceptation, Yaichi devra aussi faire le deuil de son frère perdu de vue depuis si longtemps mais maintenant disparu à jamais.

C’est une jolie histoire pleine de bons sentiments que nous raconte Gengoroh Tagame. Avec Yaichi, l’auteur montre les à priori négatifs que les gens peuvent avoir sur le mariage gay, mais il montre aussi que ce sentiment de malaise est surtout du à l’incompréhension et la méconnaissance et qu’il n’a pas lieu d’être. Yaichi change son regard petit à petit en se rendant compte que le couple que formaient son frère et Mike était finalement un couple très ordinaire, à la seule différence qu’il n’y avait pas d’épouse. Kana de son côté apporte de la fraîcheur et de la spontanéité. Elle pose des questions comme le font les enfants, sans tabou et sans retenue. Mike lui répond toujours de façon très naturelle et elle accepte sans trouver cela étrange. Elle pose en fait les questions que son père n’ose pas poser.

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Quant à Mike c’est le tonton que tout le monde voudrait avoir, il est grand et costaud, gentil et à l’écoute, toujours disponible. C’est un personnage très positif et touchant. Malgré le deuil, il sait garder le sourire et s’ouvrir aux autres.

Deux intermèdes instructifs intitulé « petite leçon de culture gay » se glissent entre les chapitre pour apporter quelques informations concernant le mariage gay dans le monde et la signification du symbole que Mike arbore sur son t-shirt de la couverture du premier tome.

Le ton général du manga est pédagogique, affichant le but évident de familiariser un large public avec la culture gay , de la monter sous un angle positif et familial à laquelle les média l’associent rarement. Un but louable qui fait que ce manga adopte un ton très bon enfant frisant parfois avec le candide. Le côté un peu bisounours (appuyé par le graphisme de l’auteur, mais j’y reviendrais plus tard) ne m’a pas dérangé. C’est une jolie fresque familiale, les personnages sont simples et touchants. Gengoroh nous offre une tranche de vie pleine de fraîcheur qui aborde des thèmes importants tel que la tolérance et le deuil.

La dernière image du premier tome apporte ce qu’il faut de surprise pour donner envie de découvrir le tome 2.

Revenons maintenant sur le graphisme. Je ne trouve pas ça beau, mais l’ensemble est très plaisant. Simple et expressif. Comme je disais en introduction Gengoroh est un mangaka spécialisé dans le manga homo-érotiques et c’est pas du soft (amateur de SM vous serez servi). Son style met en scène des hommes, des vrais, des poilus, des bien en chair, des musclés et même des bedonnants. On est vraiment très loin du canon de beauté à la yaoi. Dans cette fresque familiale on retrouve cette pâte. Les deux homme au centre de l’histoire sont bien costauds et Mike arbore une jolie toison. J’ai trouvé ça très plaisant non pas par le beauté du dessin mais par son originalité, ça nous change un peu du bel éphèbe ! Loin du cliché SM, ici ce côté bien en chair donne un air de nounours aux personnages qui se marie à la perfection avec le ton bon enfant et le regard positif qui se dégage de l’histoire.

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Bref un manga a mettre entre toutes les mains, surtout celle des enfants pour leur montrer une autre vision du mariage et de la famille. Ne vous attendais pas cependant à être extasié, c’est quand même pas le manga du siècle. C’est mignon et ça fait du bien, sans plus de prétention que celle de faire une bonne propagande anti manif pour tous 😉


Envie de vous faire une idée ? Retrouvez Le mari de mon frère sur le site de l’éditeur. Vous pouvez même lire un extrait ICI

Le tome 2 est prévu pour novembre

Pour en savoir plus sur Gengoroh Tagame je vous conseille la lecture de cet article sur Nostoblog

D’autres avis que le mien : Kiba-chanBobo et Morgan


lecture 4 sur 6
lecture 4 sur 6

Sans aller à l’école je suis devenu mangaka

La couverture était jolie et le thème intéressant. Oui mais… il y a un mais. Si j’ai trouvé la lecture de ce gros manga (287 pages) très agréable je suis resté sur ma faim. Syoichi Tanazono nous raconte son histoire. Celle d’un petit garçon  déscolarisé. Dans cette semi-autobiographie on suit Masatomo qui vit un gros traumatisme dès son entrée au CP (la maîtresse en pleine dépression lui décoche une bonne baffe sans raison) et développe une phobie de l’école. A partir de là c’est un véritable calvaire. Tiraillé entre la peur de l’école et l’envie d’être normal, Masatomo n’arrive pas à avoir une scolarité normale. Parfois il va à l’école mais ses absences se cumulent et il a de plus en plus de retard par rapport à ses camarades. Les professeurs particuliers se succèdent. Puis il y a l’école de rattrapage, pour les enfants comme lui. On ne sais pas trop comment Masatomo réussi tout de même à décrocher un diplôme avant de devenir mangaka et illustrateur.

L’histoire de Masatomo est assez touchante mais il manque dans le récit quelque chose. Il manque des réponses. En achetant ce manga je m’attendais à une réflexion sur le problème de la déscolarisation de certains enfants qui à priori devraient pouvoir juir pleinement de l’école. Un problème réel et complexe que j’ai du mal à cerner et que je trouvais intéressant d’explorer via ce manga. Or si l’auteur nous livre sa propre expérience, il n’explique pas vraiment le pourquoi de sa phobie. Ok il a reçu une baffe, d’accord il a très peur de ce que ses camarades de classes vont penser de lui. Mais c’est éléments sont loin de fournir une explication satisfaisante pour moi. D’ailleurs telles quelles sont présentée dans le manga, les brimades de ses camarades n’ont rien de particulièrement traumatisant. La réaction des parents est aussi très peu montré. On ne sait pas trop ce qu’ils font dans la vie. La mère semble être tout le temps là, du coup j’en ai déduit qu’elle est mère au foyer d’où mon incompréhension face à l’arrivée d’un professeur de soutien pour… le programme CP ! Je ne pense pas que même au Japon le programme CP nécessite l’intervention d’un professionnel. Pourquoi la mère ne dispense pas-t-elle-même les cours ? Nous n’avons aucune explication quand à ce choix. Est-ce qu’elle n’arrive pas à communiquer avec son enfant ? Est-ce qu’elle n’a pas envie ? Est-ce qu’elle ne s’en sent pas capable ? On ne nous donne aucune indication sur le comportement de la mère qui semble très passive. Ou perdue, peut-être.

J’étais frustré aussi au niveau des solutions alternatives. Je pensais qu’on aurait plus de matière à réflexion or là encore on n’a aucune explication, aucune réflexion.

Donc oui le manga est agréable et c’est un témoignage intéressant, mais le parti pris de l’auteur : montrer la déscolarisation vue par les yeux de l’enfant m’a laissé sur ma faim. Mon point de vue sur la question n’a pas avancé d’un iota. Cette lecture ne m’a rien amené de plus. Je n’ai rien appris et c’est assez frustrant.

L’avez-vous lu ? Qu’en pensez-vous ? Auriez-vous des lectures intéressantes à me conseiller sur ce sujet ?

père et fils, tendresse et herbes médicinales

J’adore les plantes et j’ai longtemps étudié les plantes médicinales alors une série avec un herboriste comme personnage principal ça me plaisait bien, quand en plus cet herboriste se retrouve confronté à la difficulté d’être un père célibataire je me dit que ça doit être doublement intéressant. La belle couverture avec ses couleurs pastels toute en tendresse à fini de me convaincre. J’avais envie d’un peu de douceur.

Ce premier tome est plutôt prometteur. On rencontre nos deux héros : l’herboriste et son jeune fils de 4 ans et nous comprenons comment l’homme en est arrivé à emmener son fils si jeune sur les route. Veuf, l’herboriste doit s’occuper seul de son enfant. Il pourrait le laisser à la garde de sa famille mais il est tout ce qui lui reste de sa défunte femme. Et au delà de ça, c’est son enfant : bien malgré lui, ou plutôt à son insu, une véritable affection, un lien très fort s’est noué entre lui et l’enfant. Même si ça lui complique bien la vie, il ne veut pas s’en séparer. Il y a beaucoup de tendresse entre cet enfant et son père maladroit.

Si l’histoire n’est pas gaie, perdre son épouse ou sa mère c’est toujours douloureux, on n’a pas à faire à un drame. On ne s’apitoie pas sur le sort de nos héros, on souris plutôt de les voir chercher à surmonter les difficultés ensemble. Ce père qui sais pas trop comment s’en sortir mais qui fait de son mieux, cet enfant qui pleure tout le temps mais qui sait réconforter son père quand il le faut. Ils sont très touchant.

Le dessin, tout en douceur se marie très bien à l’ambiance du récit. C’est un petit moment de douceur que nous offre ce manga tout en abordant des problèmes que peuvent connaître de nombreux parents.

Autre aspect très intéressant de ce manga : les plantes médicinales sont vraiment présente. Le métier du héros n’est pas juste là pour faire décor. On apprends plein de choses sur les plantes médicinales et leur utilisation, dommage qu’il s’agisse de plante japonaise et que l’on ne puisse pas toujours retranscrire ses données dans notre quotidien (il y a tout de même la cannelle et le clou de girofle que l’on peut utiliser :D). Les informations qu’on nous donne sur les plantes ne sont peut-être pas très poussées (cela risquerais de devenir ennuyeux) mais elle sont précise et concrètes. De quoi faire découvrir la médecine naturelle aux lecteurs qui n’y connaissent rien. Moi j’ai trouvé très touchant de voir cet enfant apprendre à reconnaître les plantes médicinales, ça m’a rappelé des souvenir d’enfance…

J’ai trouvé le dessin très agréable avec ce qu’il faut de particularité dans le trait tout en restant assez classique quand même. Les chapitres sont entrecoupé de parenthèse dont le style graphique change et donne un bon rythme à l’ensemble. Je l’ai trouvé très agréable à lire.

à suivre 🙂

C’est chez Ki-oon que vient de sortir le premier tome. La série est toujours en cours au Japon et compte déjà 4 tomes. Premier manga de Mi Tagawa, commencé (dans sa version originale) en 2013.

Last Hero Inuyashiki

Il était une fois un chouette manga, puis arriva le tome 2. Voilà une expérience qui m’arrive souvent. Je découvre une nouvelle série, je suis agréablement surprise par le premier tome et sa petite touche d’originalité et puis vient le tome 2 et on retombe vite fait dans le déjà vu. Et c’exactement ce que j’ai ressenti en lisant Last Hero Inuyashiki qui est tout juste sorti chez Ki-oon.

Dans le premier tome on rencontre Ichiro Inuyashiki, un homme de 58 ans qui semble en avoir 20 de plus. Méprisé par sa femme et ses enfants et atteint d’un cancer incurable. Voilà un personnage qui fait vraiment pitié. Pas le genre de personnage qui fait la une des manga sf. Et pourtant, alors qu’il chiale dans un pré, boum ! une explosion et voilà que des extraterrestres miniature lui refont un corps de synthèse pour que leur passage sur terre passe inaperçu… Oui… c’est pour ça qu’ils lui font un corps bionique ultra puissant et armé, pour passer inaperçu il y a mieux ! Mais passons sur ce petit détail carrement illogique et supposons que soit les extraterrestres sont idiots, soit ils savent pas faire autrement et concentrons nous sur notre héros : Ichiro le vieux.

Fort de ce nouveau corps, notre héros devra d’abord découvrir ce qui a changé depuis et accident dont il n’a aucun souvenir et puis décider de ce qu’il fera maintenant qu’il possède ce nouveau corps. Un tel pouvoir est une véritable responsabilité. Il pourrait tant faire pour le bien de l’humanité. Peut-être est-ce pour lui la seule façon de se sentir encore humain.

Bref un départ original, un héros hors du commun et intéressant, ça promet.

Tome 2. Les promesses tombent à l’eau.

Non pas que ce deuxième tome soit désagréable à lire, loin de là. Mais il est d’une accablante banalité comparé à son prédécesseur. Dans ce tome on découvre le deuxième personnage, l’anti-héros.

Lors de l’accident qui à valu un nouveau corps à Ichiro, le vieil homme n’était pas seul. Un jeune homme était aussi sur le terrain et tout comme lui il a hérité d’un nouveau corps et d’un grand pouvoir.

Histoire de sortir de l’ordinaire on a un ado désabusé qui n’aime rien ni personne (sauf son amis d’enfance) et qui sous son visage d’ange cache un caractère des plus méprisable. Oui… je vous ai dit que les belle promesse tombaient à l’eau. Ce nouveau personnage n’est absolument pas original. On en a déjà vu des centaines, c’est même un de ces personnages typiques qui me font détester ce genre de manga. S’ils sont bien représentatif d’un gros problème sociétal du Japon (une jeunesse soumise un un stress excessif) ils sont à mes yeux juste méprisant et sans intérêt. Je n’éprouve aucune empathie. C’est juste le xième ado insupportable qu’on trouve dans les manga. Celui-ci a un corps de synthèse super-puissant, d’autres ont de sabres ou je sais pas quelle connerie qu’il utilisent pour buter leur potes, tous sont insignifiant.

Bref, si j’avais été attendrie par le vieux et interloquée par le choix de l’auteur d’en faire un super-héros je suis resté de marbre en lisant ce deuxième tome que j’ai fini en 2 secondes top chrono (un peu trop vite à mon goût, cela montre un manque de consistance).

Autre petit détail qui m’a perturbé dans ce deuxième tome : la représentation du jeune homme. Son profil et sa vue de face ne collent pas. On dirait 2 personnages différents tellement le visage change de forme, pas le même nez, pas la même mâchoire… ce n’est qu’un détail mais cela s’ajoute à mon sentiment de frustration et de déception.

Je tenterais quand même le tome 3, pour voir. Si je suis pas convaincue je laisse tomber, pas la peine de se lancer dans une logue série si tout est sur le même ton que ce tome 2.

tome 1 -sorti septembre 2015 – lecture 2/6

Arte, un manga à la Renaissance

Voici mon premier billet rentrée littéraire, et je vous parle manga. Parce que justement après la rentrée il faut se changer les idées avec quelques lectures légères. Attention, légère mais pas stupide 😉

Je vais donc vous parler du premier tome de Arte, un nouveau seinen de Kei Ohkubo paru fin août chez Komikku.

lire un extrait

Arte, jeune fille d’une famille de petite noblesse florentine du début du XVI, est éprise de peinture. Ce qu’elle aime c’est dessiner, son père l’a toujours encouragée dans cette voie et lui a permis de prendre des cours auprès de différents instructeurs. Mais maintenant que son père est mort, sa mère veut à tout prix qu’elle cesse avec ses lubies et qu’elle s’inquiète de ce qui est vraiment important : trouver un mari !! Avec la mort du père la famille risque de se retrouver sans le sous et la mère pourra alors difficilement constituer une dote permettant un beau mariage, voilà pourquoi il faut se dépêcher. Mais Arte n’a que faire d’un beau mariage, ce qu’elle veut s’est devenir peintre. Une fille, et de bonne famille en plus, dans un atelier de peintre ? Mais vous n’y pensez pas ! Rien ni fait, elle veut tentes sa chance. C’est ainsi qu’elle se met à parcourir tous les ateliers de Florence en vain jusqu’à ce que ses pas la mènent à l’atelier de Léo, peintre solitaire travaillant sans apprenti. Plus encore que son talent, c’est la ténacité de la donzelle qui séduit le beau et ténébreux Léo. Celui-ci décide, contre toute attente (enfin pas la notre, celle de l’héroïne) de la prendre comme apprenti. C’est ainsi que commence une nouvelle vie de dur labeur pour Arte qui devra faire sa place dans un monde d’homme.

Si vous suivez ce blog vous avez l’habitude de me voire contredire les avis enthousiastes. Arte ayant reçu son lot d’éloges à sa sortie elle ne va pas échapper à cette tradition. Je l’ai trouvé très plaisant à lire mais pas de quoi s’extasier ! Faut dire que je ne m’extasie que très rarement, voire jamais…

Revenons à Arte. Pourquoi je ne m’extasie pas. Parce qu’il n’y a là rien d’étonnant, de révolutionnaire ou de particulièrement original, les ingrédients indispensable à l’enthousiasme me semble-t-il. Est-ce à dire qu’il n’y a rien qui vaille la peine dans ce titre ? Mais pas du tout ! Je précise juste qu’il n’est pas nécessaire de s’extasie dès qu’on nous sort un bouquin sympa. Si on fait bien sa sélection et qu’on se montre exigent on fini par lire pratiquement que des livres sympa. Arte en fait partie.

Si le cadre peut paraitre original (quoi que pour moi très familier ^^) le dessin de Kei Ohkubo est en revanche très classique. Joli, soigné, avec un beau travaille sur les détails, mais il est un peu trop « mignon » et naïf à mon goût.

Et naïf l’est aussi le propos. Je m’explique : l’auteur utilise un contexte historique et géographique lointain pour traiter d’un sujet qui reste (malheureusement) toujours d’actualité : la discrimination des femmes dans le monde du travail. Oui, je pense que le sujet n’est pas tellement l’art mais plutôt le désir d’Arte de s’imposer dans un métier qu’on lui interdit à cause de son sexe. Elle refuse d’être l’esclave de son mari. Très beau discourt, beau personnage à la forte personnalité, qui a la naïveté et la fugue de la jeunesse. Là dessous rien à redire. Ce qui me dérange c’est l’amalgame que l’auteur fait entre femme et femme de bonne famille, le métier de peintre et le travaille tout court. A en croire Kei Ohkuro aucune femme ne travaillait au XVI. Soyons sérieux, les femmes et les filles de paysans, de boulanger, de tavernier et que sais-je encore travaillaient comme tout un chacun ! Il y a même des métiers exclusivement féminin comme sage-femme, fileuse, brodeuse… Il n’y a que les femmes d’ascendance noble qui pouvaient se permettre de passer leurs journées à se tourner les pusses ! Voire une femme pousser une charrette avec des planches de bois ne devait étonner personne, ce qui est étonnant c’est que ce soit une femme noble qui le fasse. Dans les campagnes les fermières devaient soulever des charges bien plus lourdes que celles d’Arte et manier les outils sans doute aussi bien que leur mari. Cette généralisation donne un côté surfait au contexte historique qui par ailleurs est assez bien travaillé. On voit par exemple Arte se déguiser en homme pour assister à une dissection. Il est vrais que les femmes n’avaient pas le droit d’assister à ces scènes, ni de s’inscrire à l’académie pour y apprendre l’anatomie et le nu.

Passons sur cette tendance typiquement mangaèsque à vouloir toujours trop en faire, disons que c’est pour appuyer son propos (au risque de le rendre moins réaliste) et concentrons nous sur l’histoire et les personnages. Là encore, s’ils sont très plaisants, ils n’offrent aucune surprise (du moins dans ce premier tome). Arte va a l’encontre de la pensée de son époque en voulant s’émanciper et vivre par elle même dans un monde où la femme appartient littéralement à l’homme. Il lui faut du courage et aussi un brin de folie pour s’entêter dans cette voie. Sa forte volonté mêlée de naïveté et d’inconscience la rendent sympathique et touchante. Elle est jolie, elle est drôle , passionnée… enfin c’est une héroïne de manga quoi ! Elle se caractérisent presque toutes par la force de leur volonté. En cela Arte ne se distingue pas particulièrement de ses collègues. Parlons de Léo, beau et ténébreux, gentil et brusque, attentionné mais dur… bref aussi cliché que sa donzelle. Tout comme leur relation qui fini par prendre l’inévitable chemin de la relation entre les deux personnages principaux d’une histoire. Et là j’étais un peu déçue. Pour quoi ajouter du cliché au cliché ? Une belle relation maître-élève aurait été plus intéressante et surtout aurait d’avantage servi le propos de la femme libéré qui a soif d’indépendance. Or ici il semblerait qu’aucune femme, même la plus déterminée, ne puisse échapper à la romance l’eau de rose.

C’est cette accumulation de lieux communs qui ont gâché mon enthousiasme face à ce titre qui par ailleurs propose un cadre très intéressant et peu traité : la renaissance italienne et sa vie quotidienne. Ceci dit le manga reste très plaisant à lire. Comme j’ai dit plus haut le dessin est très joli et soigné, les personnages sont sympathiques et touchants. Et si les grandes lignes de l’aventure n’étonne en rien, l’intérêt (selon moi) réside surtout dans la découverte de la vie dans le Florence du XVI siècle et du fonctionnement des ateliers de peintre. Si nous connaissons tous des grands noms de peintre de l’époque, que savons nous de la façon dont ils travaillaient ? Un jolis titre qui ne vous étonnera peut-être pas mais qui vous amènera faire un beau voyage. Envie d’embarquer ?

challenge 1% – sortie fin août – lecture 1/6

Le coin de curieux :

Florence

Le manga prend comme décor le Florence du XVI siècle, en Italie… mais connaissez-vous Florence ? Non ? Faut absolument y aller !! Je vais pas ici m’étaler mais je vous met une toute petite vidéo de 4 minutes rien que pour vous donner un aperçu.

J’ai pris plein de photos lors de mes derniers voyages, si un de ces jours je trouve le temps je vous ferais peut-être un article.

Florence début XVI (Lucantonio degli Uberti)

Les femmes peintre de la renaissance italienne.

Si les femmes exerçant le métier de peintre étaient rares, elle n’étaient pas pour autant inexistante. J’ai fait quelques recherches pour découvrir quelques collègues d’Arte :

Artemisia Lomi Gentileschi (Rome 1593 – Naples 1652)
autoportrait

Artemisia Gentileschi est celle dont l’oeuvre m’a le plus séduite. Fille de peintre (Orazio Gentileschi) elle apprend la peinture dans l’atelier du paternel  elle signe son premier tableau dès l’âge de 17 ans : Suzanne et les vieillards. Ne pouvant pas accéder au Beaux-Arts réservé aux hommes, son père l’envoie en apprentissage chez un autre peintre, Agostino Tassi, qui la viole. S’en suit un procès durant lequel est elle est torturé pour vérifier ses dires (c’était sympa à l’époque d’être une femme). Cette terrible expérience marque sa peinture d’où ressort une certaine violence. Peu après la fin du procès, son père la marie à un modeste peintre de Florence où elle s’installe en 1614. Elle est la première femme à intégrer l’Académie de dessin de Florence. A Florence elle est sous la protection des Medicis. Malgré son succès elle est criblée de dette à cause de son maris et décide de quitter Florence à la mort de Cosme II, son protecteur. Après un retour à Rome, elle s’installe à Naples où elle meurt vraisemblablement emporté par la peste.

Judith décapitant Holopherne – 1612-14

 

Liviana Fontana (Bologne 1552 – Rome 1614)
Autoportrait au clavecin – 1577

Avant Artemisia d’autres femme ont excercé le métier de peintre. C’est le cas de Liviana Fontana, originaire de Bologne, qui comme Artemisia était fille de peintre. Elle a aussi appris la peinture dans l’atelier de son père avant d’en épouser un autre (Severo Zappi), elle commence à signer des œuvres sous le nom de son mari avant que celui-ci ne cesse son activité de peintre pour devenir l’assistant de sa femme. Comme beaucoup de femmes peintres elle se fait un nom comme portraitiste mais chose moins commune elle reçoit également d’autre commande comme des scène mythologiques. Elle fut nommée peintre de la cour par le pape Clément VIII qui la fit venir à Rome.

portrait d’une femme nobme – 1580
Sofonisba Anguissola (Crémone 1535 – Palerme 1625)
autoportrait – 1556

En remontant encore un peu le temps on tombe sur Sofonisba, contrairement aux deux précédentes peintres, sa carrière se cantonna à la production de portrait mais je la trouve intéressante par sa ressemblance avec Arte. Alors que les deux précédentes femmes sont née de père peintre et on grandi dans un atelier (seule façon pour une femme de pouvoir y entrer à l’époque) Sofonisba est née dans une famille de petite noblesse et elle est encouragé par son père à étudier les arts qui la fait étudier auprès de divers peintres. Là ressemblance s’arrête là. Son père, tel un véritable agent essaye par tous les moyen de faire connaitre et reconnaître le talent de sa fille et lui obtient enfin une place à la cour du roi d’Espagne où elle devient dame de compagnie de la reine à qui elle enseigne le dessin. A cause de son statut de dame de compagnie et noble elle ne peut ni signer ni vendre ses toiles (choses que peuvent faire les peintre de court). Elle reçoit néanmoins une belle rente qui sera bien sûr encaissée par le père puis par le frère (faut pas déconner, c’est qu’une femme ! Vive l’égalité des droits à la renaissance…). A la mort de la reine elle se marie deux fois et continue de peindre jusqu’à sa mort. Contrairement aux deux précédentes peintres bien que très talentueuse et reconnue pour son art Sofonisba n’exercera jamais le métier de peintre comme on l’entend à l’époque.

portrait de famille – 1557

Elisabetta Sirani (Bologne 1638 – 1665)

autoportrait – 1658

Elisabetta est fille de peintre. Elle étudie dans l’atelier paternel avec ses sœurs avant de reprendre et diriger l’atelier quand le père, atteint d’arthrite, est obligé d’arrêter la peinture. Elle ouvre son atelier aux femmes, chose inconcevable à l’époque (ça on avait bien compris, mais c’est pas les exceptions qui manquent 😉 ). Devenue apprentie à 13 ans, elle reçoit non seulement des commandes de portrait mais aussi pour des œuvres religieuses et mythologiques. Elle mourut très jeune sans s’être marié.

allégorie de la musique – 1659

Il en existe bien d’autres, mais je vais m’arrêter là. N’hésitez pas à partager vos trouvailles

Sources :

Un avant goût des Gouttes de Dieu

Aujourd’hui sort le tome 39 de la série Les Gouttes de Dieu, un seinen sur le vin très réputé. A cette occasion j’ai décidé de vous donner un avant goût du manga. Oui, juste un avant goût puisque sur les 44 tomes que compte la série (au japon elle est finie) je n’en ai lu que… 3 ! Oui, seulement. Ce n’est peut-être pas assez pour juger de la qualité de cette série fleuve, mais assez pour savoir si ça vaut la peine de la commencer.

A la mort de son père, un riche et célèbre œnologue, Shimizu Kanzaki se découvre un rival dans l’accès à l’héritage : son père avait légalement adopté Issei Tomine, un jeune œnologue très prometteur, juste avant de mourir. La prestigieuse collection de vin du père reviendra à celui des deux jeunes hommes qui réussira à découvrir l’identité des 13 vins surnommé les 12 apôtres et les gouttes de Dieu dont parle le testament. Mais voilà, Shimizu, en pleine révolte contre son père qui l’a sévèrement élevé, ne s’est jamais intéressé au vin avant. Peut-être n’en a-t-il encore jamais bu au moment où il prends connaissance du testament mais depuis sa plus tendre enfance son père l’a éduqué dans le but d’en faire un fin connaisseur. Son sons de l’odorat et du goût sont extrêmement aiguisé et certaines connaissances sont ancrée dans son inconscient. Pour lui décanter une bouteille de vieux vin est un jeu d’enfant.

Et oui… les héros de manga sont toujours des être à part aux dons extraordinaires, hélas… En cela ce manga ne se distingue guère de ses petits frères shônen dont le héros doit surmonter des étapes, affronter le boss final, se faire des amis… serai-t-on dans un jeu vidéo ? Cette structure narrative est si commune à un grand nombre de manga qu’on n’y prête presque plus attention. La qualité et le plaisir à la lecture découlent de la personnalité des personnages, la capacité des auteurs à se renouvelles tome après tome mais aussi à l’affinité que l’on peut avoir avec les épreuves à affronter : enquêtes policière, jeu sportif, monstres tout droit sorti d’un jeu vidéo, quête chevaleresque… il y en a pour tous les goûts. Ici c’est un combat pour fin gourmet puisque les deux rivaux ne s’affrontes pas à coup de poings mais à coup de dégustation de vin.

Personnellement je trouve ce manga un peu trop bien ancré dans la tradition : la structure narrative, l’emphase de rigueur en font le ixième manga. Le graphisme, très beau, est tout aussi classique que le scénario. Rien de particulièrement étonnant, de déroutant, d’étrange, de nouveau… Un manga classique comme il en existe des centaines.

Mais je ne suis pas élitiste, si j’aime les oeuvre qui me surprennent j’apprécie tout autant la cuisine traditionnel pour peu qu’elle soit bien faite. Un plat traditionnel bien préparé est plus agréable qu’une cuisine expérimentale raté.

A en juger par les 3 tomes que j’ai lu je dirais que les auteurs, Shu Okimoto au dessin et Tadashi Agi au scénario, connaissent leur métier et le font bien. Si la structure et les personnages ne sont pas particulièrement originaux, le tout est savamment dosé pour rendre la lecture de chaque chapitre agréable et créer un atmosphère envoûtante. On se laisse prendre au jeu et fini un tome on a envie de découvrir le suivant. A chaque nouveau vin, une nouvelle anecdote, une nouvelle rencontre, un peu de suspens, une dose de bonne humeur et beaucoup de sensualité. Et oui, le vin c’est sensuel. A les voir se délecter on ne peux qu’avoir envie d’y goutter.

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Attention danger : ce manga donne envie de boire (et pas de l’eau).

Je n’irais pas jusqu’à dire que je meure d’impatience à l’idée de lire la suite, ni que je vais me précipiter vers la série à mon prochain passage en librairie, mais j’ai passé un bon moment en le lisant et si l’occasion se présente, je lirais sans doute avec plaisir encore quelques tomes. 44 en revanche , ça me semble énorme. Je ne sais pas si j’irais jusque là.

Petit plus : chaque tome se termine par un petit dossier qui nous apprends beaucoup de chose sur le vin.

Et vous, avez-vous goûté aux Gouttes de Dieu ?

Petit panier de manga #14

Le retour du petit panier !! J’ai lu pas mal de manga ces derniers temps mais… j’ai oublié de vous en parler 🙂

Je vais essayer de me rattraper avec un petit panier bien garni.

Et vous, qu’avez-vous lu dernièrement ?


Moyasimon – tome 1 :

Résumé :

Sawaki et son meilleurs amis font leur rentrée dans une université agricole, sous les conseils du grand-père il rentrent en contact avec un professeur très excentrique spécialiste de la fermentation. Le professeur Itsuki veux Sawaki dans son équipe pour pouvoir profiter de son étrange pouvoir : voire les microbes à l’œil nu.

Mon avis :

Il y a quelques années j’avais vu les premiers épisodes de l’adaptation animé de ce manga. Même si je n’avais pas donné suite, l’idée de départ m’avait beaucoup amusé. J’ai eu envie de découvrir sa version originale.

Ce premier tome plante le décor : la fac, ses champs, ses labos et surtout ces profs et ses étudiants ! On a une belle brochette de personnages plus caricaturaux les uns que les autres, une ambiance drôle et détendu et… tout plein de bactéries au design kawaii . C’est marrant et instructif. Sans être extraordinaire, ce premier tome m’a donné envie de poursuivre l’aventure.

Moyasimon

Ishikawa Masayuki

2004

type : seinen

genre : tranche de vie, comédie, science et agriculture

éditeur VF : Glénat

nombre de tomes : 3 sur 13 (terminée au Japon)


Rudolf Turkey – tome 1 :

Résumé :

Rudolf Turkey est le jeune adjoint au mère d’une ville fictive des Etats Unis des années 50. Dans une ambiance très Las Vegas, mafia, casino et pognon a profusion. Un titre disjoncté plein d’action et d’humour.

Mon avis :

Rien n’est sérieux dans ce premier tome. Tout est dérision et fan service ! Des personnages plus caricaturaux les un que les autres, des pin up au formes voluptueuses, le l’action complètement loufoque… Tout est là pour un agréable moment de détente. Parfait pour ne plus réfléchir à rien et se marrer. C’est pas sérieux pour deux sous mais très efficace. Le dessin est très beau, classique mais avec ce petit plus qui le fait ressortir du lot. Et il y en a pour tout les goût : des beaux gosses, des filles dévêtues, des poitrines plus que volumineuses…. Je me suis vraiment amusée avec ce premier tome. La suite prendra-t-elle un ton plus dramatique ou gardera-t-elle se même ton de dérision ?

Rudolf Turkey

Nagakura Hiroko

2012

type : seinen

genre : humour, action

édition VF : Komikku

nombre de tomes : 2/3 toujours en cours


Blessures nocturnes – tome 1 :

Résumé :

Le professeur Mizutani donne des cours dans un lycée du soir et s’occupe d’enfants en difficulté. Après la mort d’un des enfants dont il s’occupe, il décide de démissionner et de ses dédier complétement à l’aide des enfants en détresse.

Les enfants qui errent dans les villes de la nuit… rejetés par le monde du jour, blessés… Sans jamais recevoir d’amour… Ces enfants qui n’arrivent pas à s’endormir, la nuit… […] J’ai passé des nuits sans nombre auprès de ces enfants, je les ai regardés, pris dans mes bras, j’ai pleuré avec eux, sans pouvoir rien faire d’autre… les gens m’appellent “le veilleur”

Mon avis :

C’est Yomu-chan qui m’a offert ce premier tome pour mon anniversaire. J’en avais entendu parler mais je ne connaissez pas encore la série. Si vous avez envie de vous détendre, de ne plus penser à rien et rire un bon coup… passez votre chemin ! Cette série ne vous aidera pas à faire de beaux rêves. Âmes sensibles s’abstenir. Enfin… je dis ça mais j’ai une âme plus que sensible et j’ai bien aimé. C’est intéressant et ça fait réfléchir à la jeunesse, à comment les adultes gèrent les enfants à la dérive, à comment les autres enfants peuvent être une source de douleur pour ces jeunes gens… Bref ça fait beaucoup réfléchir ! Et ça me fait aussi pleurer ! A chaque fois, je lutte pour ne pas laisser mes larmes couler. C’est dur, on a beau être dans un manga, c’est pas le happy end qui nous attends à chaque fois. C’est dur mais c’est la réalité qui est dure. Ce manga, est adapté du roman Yomawari Sensei de Osamu Mizutani. Si les histoires qui y sont racontées sont fictives elle s’inspirent de la dure réalité et les expériences de Mizutani qui depuis de nombreuses années s’occupe de problèmes de drogues et de délinquance juvénile.

Il y a beaucoup de violence dans ces récits illustrés de façon très réaliste par Seiki Tsuchida, mais aussi beaucoup d’espoir. Si Mizutani ne peut rien faire d’autre que pleurer avec ces enfants, parfois ça suffit. Parfois seulement.

A ne pas lire si on est déprimé !

Blessures nocturnes

Tsuchida Seiki

d’après le roman de Mizutani Osamu

2005

type : seinen

genre : drame, social

éditeur VF : Casterman – Sakka

nombre de tomes : 10, série terminé


Banana fish – tome 1 :

Résumé :

Un photographe japonais et son assistant se rendent aux Etats Unis pour faire un reportage sur les gang de jeunes. C’est par l’intermédiaire de l’inspecteur Chalie et du jeune Skip qu’il rentrent en contact avec Ash un jeune chef de bande. Ash se retrouve mêlé à une dangereuse et mystérieuse histoire de drogue, les choses dérapent et voila que Eiji, le jeune assistant photographe se retrouve pris en otage par la mafia.

Mon avis :

Je veux la suite !!! ça fait deux fois que je relis le premier tome et à chaque fois je suis prise dans l’intrigue. Je veux savoir, je veux la suite ! Voilà bien la preuve que shojo ne veut pas forcement dire histoires à l’eau de rose. Ce manga m’avait été plusieurs fois conseillé quand je cherchais du shojo qui sorte de l’ordinaire. Quand j’ai trouvé le tome un d’occasion j’ai voulu voir s’il était à la hauteur de sa réputation. Et bien, je suis pas déçue ! Ce premier tome plante le décour et nous voilà déjà en pleine action, avec des instrigues qui se croisent. Et pas une seule midinette ! Pas de lycée, pas de romance… Mais de l’action, du suspens, du mystère, des meurtres… Un très bon premier tome.

Quant au dessin il est très simple, mais efficace. Le truc que j’ai trouvé étrange c’est qu’il soit imprimé sur du papier jaune ! Mais finalement on s’habitue vite.

 Banana fish

Yoshida Akimi

1987

type : shojo

genre : action, suspens

éditeur VF : Panini Manga

nombre de tomes : 18 commercialisation stoppée


Sans honte – le troisième volet du Protectorat de l’Ombrelle

Résumé :

Comment résumer un tome 3 sans spoiler pour ceux qui non pas encore lu les deux précédents ? Difficile, difficile ! Je me contenterais donc de vous dire que la sulfureuse Alexia va vivre de nouvelles aventures qui la mèneront jusqu’en Italie à la rencontre des Templier. Robes à froufrou, loup-garous, vampires et ombrelles dans un cocktail toujours aussi drôle et efficace.

Mon avis :

Ce troisième tome conclue l’adaptation en bd de la série de romans de Gail Carriger mais aucunement l’histoire ! L’aventure Alexia ne fait que commencer. C’est absolument frustrant de penser qu’il n’y aura pas de suite !

Ce troisième tome m’a plu pour les même raison que les précédents la recette de base fonctionne très bien. Il y a beaucoup d’humour, j’adore les dialogues.

“ Attendez, ne pourrions-nous pas discuter tranquillement comme des gens civilisés ?

Ils pourraient au moins répondre “non, il n’y a que le meurtre qui nous intéresse dans le cas présent, mais merci tout de même pour votre généreuse proposition”.

Toujours aussi drôle et agréable à l’œil mais tout de même une petite déception concernant l’intrigue qui, je trouve, n’avance pas assez vite, où de façon trop floue. Je n’ai maintenant qu’une hâte, lire la suite ! Mais il y a pas de suite T_T il ne me reste plus qu’à lire les romans, la série fait déjà 5 tomes.


Sans Honte – Le protectorat de l’Ombrelle

REM

d’après le roman de Carriger Gail

2012

type : global manga (USA)

genre : fantastique, aventure

éditeur VF : Pika

nombre de tomes : 3


Barakamon – tome 3 :

Résumé :

Dans ce troisième volet, Seishû reçois de la visite : son meilleur ami accompagné d’un jeune homme à la personnalité assez particulière viennent perturber sa quête de paix à la campagne. Enfin si on peut qualifier ce séjour à la campagne de “quête de paix” ! Avec Naru dans les parages, difficile d’avoir la paix.

Mon avis :

Toujours plaisant et détendu. Seishû évolue, mûri au contacte de la petite Naru et de toute la joyeuse bande de l’île. Les amis citadins offrent quelques situations cocasses et toujours drôles. Un bon troisième tome.

Barakamon

Yoshino Satsuki

2009

type : shonen

genre : comédie, tranche de vie

éditeur VF : Ki-oon

nombre de tomes : 9/10 toujours en cours au Japon

Zéro pour l’éternité

Pour ouvrir le mois dédié aux BD historiques et plus précisément à l’histoire du XX siècle (à découvrir dès le 1er février sur K.BD) j’ai choisi un manga qui m’interpelle par son sujet : Zéro pour l’éternité.

Peut-être vous êtres-vous déjà demandé pourquoi l’armée japonaise envoyait sur les navires américains non pas des bombes mais ses avions tout entiers et le pilote avec ? Moi je n’arrête pas de m’interroger sur l’origine et les raisons d’une telle stratégie tant elle paraît absurde.

Ce manga revient sur l’identité de ces kamikazes à travers l’enquête de 2 jeunes gens sur leur grand-père mort à la guerre. C’est donc avec leur regard du XXI siècle qu’ils tentent de comprendre les kamikazes en général et leur grand-père en particulier.

J’ai lu le premier tome il y a déjà un moment, et même si je l’avais trouvé très intéressant j’avais laissé la série en suspend pour privilégier des lectures plus légères. Ce n’est ni à cause du manque d’intérêt pour la question, ni de la qualité du manga. Non. C’est parce que les sujets touchant à la guerre, et plus particulièrement aux conflit du XX siècle, me touchent profondément et je ressors rarement indemne de ces lectures. C’est peut-être pour cela que j’avance à reculons à la perspective d’un mois d’histoire sur K.BD alors que J’ai moi-même proposé ce thème. Dans les semaines qui viennent je vais verser sans doute pas mal de larmes et faire quelques cauchemars…

Au moment de proposer cette thématique, Zéro pour l’éternité n’a pas été le premier titre auquel j’ai pensé, mais il s’est très vite fait une place dans mon esprit. Si j’ai choisi ce titre ce n’est pas pour la renommée de ses auteurs ou pour son attrait artistique, mais pour l’aspect historique du récit que je trouve particulièrement intéressant. Surtout par la confrontation entre réalité passée et conscience moderne. Cela ne nous raconte pas seulement les événements historiques, cela nous interroge également sur la façon dont nous appréhendons ces événements aujourd’hui.

Au Japon, comme en France notre génération, et encore plus celle de nos enfants, a grandi dans un monde en paix. Bien sûr les conflit ont existé tout au long de ces dernières décennies (et perdurent aujourd’hui), mais ils restent relativement lointains et ne touchent pas notre territoire et notre quotidien. Pouvons-nous vraiment affirmer cela à deux semaine à peine de l’attentat qui à touché la rédaction de Charlie Hebdo en plein cœur de Paris ? Aussi choquant que ces événements aient pu être, cela n’a rien à voir avec un pays en guerre.

Pourtant le parallèle fait avec le terrorisme n’est pas anodin. Le mot kamikaze n’est-il pas utilisé de nos jour pour désigner les terroristes commettant des attentats-suicide ? Les auteurs de Zéro pour l’éternité posent eux-même cette question en introduction du premier tome : les kamikazes de l’armée impériale étaient-ils des terroristes ?

Si on peut faire le parallèle entre le fanatisme nationaliste des uns et le fanatisme religieux des autres, tout comme leur volonté commune de se donner la mort pour leur cause, une différence fondamentale les distingue à mes yeux : les kamikazes de l’armée japonaises sont des soldats qui attaquent d’autres soldat. Aussi absurde et extrême que puisse être une telle stratégie, cela reste une stratégie militaire dans un conflit armé entre deux nations. Alors que le terrorisme s’attaque à la population civile. A mes yeux l’amalgame entre les deux n’est pas légitime, en aucun cas on ne peut considérer les soldat japonais comme des terroristes. Mais l’emploi abusif du mot kamikaze pour désigner les terroriste-suicide rend cette interrogation inévitable.

Ce manga me semble un occasion en or pour en apprendre plus sur les kamikazes. Apprendre en lisant une BD (et donc en s’amusant) voilà le propos de la thématique que je voulais proposer aux lecteur de K.BD et par la même à ceux de Ma petite Médiathèque. Reste à savoir si Zéro pour l’éternité sera relever de défi.

Synopsis :

Kentarô Saeki, jeune diplômé sans emploi et sans perspectives d’avenir, se voit missionné par sa sœur journaliste pour faire des recherches sur leur véritable grand-père, celui que même leur mère n’a jamais connu, mort au combat en 1945, en kamikaze.

Kentarô ne sait presque rien de son grand-père. Il va tenter d’en apprendre plus sur lui en recueillant des témoignages auprès d’anciens combattants toujours en vie. C’est ainsi que commence son enquête et son exploration du passé de sa famille, mais aussi de l’histoire de son pays. Lui qui n’avais plus le goût à rien, retrouve énergie et motivation à travers cette quête historique.

 

Sur les traces des kamikazes :

Où nous mène cette quête ? Pour en apprendre plus sur ce mystérieux grand-père mort pour la patrie, Kentarô et sa sœur rencontrent M. Ishioka, un ancien combattant acariâtre qui va leur raconter sa propre expérience et sa rencontre avec Miyabe (le grand-père) à l’armée.

Ishioka est plein d’amertume, sa vie a été très dure, avant pendant et après la guerre. Le personnage n’est pas sympathique, son mauvais caractère contrebalance le récit douloureux de son passé empêchant de tomber dans le pathos. Ishioka a certes souffert mais sa vision obtuse des choses, sa façon de s’exprimer le rendent désagréable, mais au même temps très humain. A travers ce premier témoignage ce ne sont pas seulement des souvenir du passé qui sont raconté, ce sont aussi deux visions du monde qui s’affrontent : celle de l’armée impériale incarné par l’ancien combattant amère et celle de la jeunesse japonaise actuelle représentée par Kentarô et sa sœur. M. Ishioka ne parle pas que de la guerre mais aussi des condition de vie dans le Japon du début du XX siècle, une vie dure où la violence semble être omniprésente. Si son récit peut sembler exagéré, le nombre d’histoires allant dans le même sens que j’ai rencontré, me laisse penser qu’il y a une large part de vérité dans la violence de ce Japon du début de l’ère Shôwa (1926-1989).

Ishioka est aussi intéressant pour les sentiments qu’il éprouve vis à vis de Miyabe. Ishioka qui a survécu, semble éprouver de la jalousie pour la mort glorieuse de son camarade.

Le premier tome se termine par une postface qui nous en apprends plus sur le célèbre avion “Zéro” et sur les kamikazes. Si le témoignage d’Ishioka nous permet de mieux appréhender ce que pouvait être l’état d’esprit des pilotes japonais, la post face nous donne de précieuses informations historiques.

Dans le deuxième tome Kentarô rencontre un nouveau ancien combattant ayant connu son grand-père. Alors que M. Ishioka (dans le premier tome) gardait une grande rancœur pour Miyabe, M. Ito va donner une image beaucoup plus positive du grand-père. Certes la vision de Miyabe s’accordait mal avec son époque, mais était elle condamnable pour autant ? Peut-être était-il simplement en avance sur son temps ? Encore une fois la vie de l’époque se retrouve confronté à l’état d’esprit moderne. Quelle valeur donner à la vie ? Quelle valeur avait-elle à l’époque ?

à cette époque, on ne pouvait pas raisonner comme aujourd’hui. La mort imposait sa présence partout… nous vivions dans un monde où elle se confondait avec la vie

Le deuxième tome donne plus de détails historiques concernant l’aviation et l’aéronavale japonaise, notamment en nous parlant de l’attaque de Pearl Harbord, début de la guerre du Pacifique où le Japon impose sa suprématie dans une attaque surprise, et de la bataille de Midway qui marque un tournant dans la guerre infligeant de lourdes pertes au Japon.

Si le premier tome tentait de nous faire percevoir l’état d’esprit que pouvait être celui des pilotes de l’armée japonaise, le deuxième tome est riche en détails d’histoire militaire. Les termes techniques pourrait en ennuyer plus d’un mais j’ai pour ma part trouvé la tentative d’explication des stratégies militaires plutôt intéressantes. Je dis tentative car cela reste relativement simple pour être à la portées de tous.

La série se termine en 5 tomes. La version française est disponible chez Delcourt. Pressé par le temps et les délais à respecter, je n’ai eu le temps de lire que les deux premiers tomes avant de vous livrer mes impressions. Mais je compte bien continuer la série, à mon rythme (pas trop de guerre à la fois !).

Côté dessin ce manga n’a rien d’extraordinaire, le graphisme est plutôt classique et sage dans sa mise en page. Il n’en reste pas moins fluide et agréable à l’œil. La narration est bien construite et le passage entre passé et présent nous offre des petites pause de réflexion nous permettant d’intégrer et digérer les informations reçues. Nous n’avont pas seulement un cours d’histoire, le manga nous incite à réfléchir sur l’histoire. En cela je le trouve plutôt réussi. Si ce n’est pas un incontournable, il réussi pleinement le pari de nous en apprendre plus sur l’histoire tout en passant un agréable moment de lecture. Très bonne pioche pour les amateurs d’histoire. Un manga qui trouve tout à fait sa place dans ma collection, puisque je m’intéresse à l’histoire et à la culture du Japon.

J’ai hâte de découvrir les tomes suivants sans pour autant avoir envie de les enchaîner, de peur de saturer.

J’ai hâte surtout de découvrir ce que mes camarades k.bdéistes en auront pensé ! Pour cela je vous donne rendez-vous sur K.BD dimanche 1er février 😉

Sur ce je vous laisse, j’ai une tonne de chronique en retard, des BD à finir, d’autres à commencer et tout ça avant le festival d’Angoulême !! (mode panique activé!)

Goggles ~ Tetsuya Toyoda

Depuis le temps que j’avais envie de lire ce manga, la lecture commune partagé avec les membre de l’équipe de k.bd était le moment rêvé pour me lancer, enfin. Cette couverture simpliste m’avait intrigué. Il était temps d’en découvrir le contenu.

Ce one-shot regroupe 6 histoires courtes pré-publiées entre 2003 et 2012. 6 tranches de vies parfois drôles, parfois tristes, toujours touchantes.

L’album tire son titre d’une des nouvelles, écrite en 2003. Dans cette histoire, deux hommes qui partagent un appartement se retrouvent à s’occuper d’une petite fille abandonnée par le père et maltraité par la mère. Cette dernière, très sensibles, avait trouvé refuge auprès de son grand-père, quand celui-ci décède, un amis de son père en prends la charge en attendant une meilleure solution.

Cette nouvelle est très touchante. La petite Hiroko, renfermée dans son silence ne laisse rien paraître de son malheur. Quand aux deux hommes qui se retrouvent à s’occuper d’elle, il ne sont pas de sa famille, ils ne savent pas trop quoi faire et pourtant ils lui tendent la main. Une main salvatrice. C’est dans la simplicité que cette histoire est touchante. Pas de pathos, pas de larmes, juste des gens ordinaire qui font ce qu’ils peuvent.

Une autre nouvelle m’a beaucoup plu, la première du recueil : Slider. Cette-ci prend des accents plus surnaturel avec l’intervention de 2 kami. Je l’ai trouvé amusante, surtout pour son trio d’héros idiots.

Les 6 histoires ensemble font de cet album un moment agréable. Le dessin sobre de Tesuya Toyoda s’accorde parfaitement avec ces tranches de vie tout en retenue. Un belle album que je suis heureuse d’avoir dans ma collection. Pourtant les éloges faites par Taniguchi sur le bandeau qui ornait mon exemplaire me semblent bien exagérées. Je ne ressors pas de cette lecture particulièrement bouleversée.

→ à lire aussi les avis de Mo’, Choco et Seetmadonna