Archives du mot-clé shôjo

The Earl and The Fairy

Couverture The Earl and the Fairy, tome 1 Couverture The Earl and the Fairy, tome 2

Lydia, une jeune écossaise orpheline de mère, est docteur en féerie. Nous sommes dans la Grande Bretagne victorienne et Lydia passe pour une folle auprès des habitants du village pourtant une rencontre va bouleverser son destin. Elle rencontre, dans des circonstances plus que mouvementées, Edgar Ashenbert, un beau et séduisant jeune homme qui prétend être le descendent du Chevalier Bleu, une figure légendaire ayant servi le roi d’Angleterre quelques siècles plus tôt et ayant un lien privilégié avec les fée. Edgard a besoin du docteur en féerie pour résoudre les énigmes et retrouver un épée pouvant prouver son ascendance. Mais est-il ce qu’il prétend être ? Et qui sont ces hommes qui ont tenté d’enlever Lydia ?

Couverture The Earl and the Fairy, tome 3 Couverture The Earl and the Fairy, tome 4

Que de mystères à résoudre dans cette courte série. Si les personnages sont on ne peu plus classiques (la jeune et naïve jeune fille au cœur pure, le jeune homme ténébreux au passé tourmenté) la série ne manque pas de piment. L’auteur arrive à bien équilibrer son récit et une fois la série commencée on a envie de savoir comment les personnages vont s’en sortir. Trouveront-ils l’épée ? Qui est donc Edgard ?

Je me suis facilement laissé prendre au jeu, et j’ai englouti en bien peu de temps les 4 tomes de la série. Je me suis bien amusée mais je pense que cette lecture sera vite oublié. Il n’y a rien de particulièrement remarquable dans la série mais c’est agréable à lire, alors si vous avez envie de vous détendre en compagnie de créatures magiques et de jolies robes d’époque, cette série est pour vous.

J’ai piqué cette série dans la bibli de Yomu-chan, merci 😉 c’était pour apporter un peu de magie dans mes lectures du premier rat d’Halloween.

⇒ à lire aussi l’avis de Shirubi


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Le pacte des yôkai

Alors que je connaissez bien la série animée Natsume yuujinchou, j’hésitais à me lancer dans la lecture du manga à l’origine de l’anime et disponible en français sous le titre Le pacte des yôkai.

J’hésitais surtout parce que j’avais envie de me la procurer mais je ne voulais pas commencer une série si longue alors que j’en ai plein en cours. Finalement j’ai craqué en profitant de la bibliothèque (ce qui met fin à mon dilemme matérialiste !).

Je connaissais déjà l’histoire donc pas d’effet surprise mais j’ai vu l’anime il y a bien longtemps, ce qui me laisser tout le plaisir de la lecture et de la redécouverte de cet univers.

Commençons par le commencement ! Parmi vous il y en a surement qui n’ont pas encore entendu parler de ce manga, je vais donc en faire une brève présentation :

Natsume est un jeune orphelin introverti qui, toute son enfance, a été trimbalé d’une famille à une autre sans jamais trouver un foyer qui veuille de lui. S’il n’a jamais réussi à s’intégrer dans une famille ou une école c’est que Natsume a un drôle de don qui lui permet de voir les yôkai, créatures étranges parfois dangereuses et effrayantes. Ces visions font qu’il a un comportement étrange pour ceux qui l’entourent et ne voient rien. A force d’être traité de menteur, Natsume s’est de plus en plus refermé sur lui-même. Solitaire et taciturne, il ne facilite pas la tâche de ses nouveaux camarades de classe qui cherchent à sympathiser avec lui. Natsume vient d’être pris en charge par des parents éloignés particulièrement attentionnés. Il est bien déterminé à garder secret son don pour ne pas indisposer sa nouvelle famille et pouvoir ainsi rester auprès d’eux jusqu’à ce qu’il puisse prendre son indépendance.

Mais alors qu’il fait tout son possible pour rester loin des yôkai, il hérite du « carnet des amis », un carnet dans lequel sa grand-mère, qui partageait son don, a jadis noté les noms des yôkai qu’elle a soumis. Il se fait dès lors harceler par des yôkai de tout genre. Il y a ceux qui veulent le carnet pour le pouvoir qu’il renferme et ceux qui veulent récupérer leur noms et ainsi rompre le pacte qui les lie au détenteur du carnet. Parmi les yôkai qui l’abordent pour lui dérober son carnet d’ami, il fait la rencontre d’un puissant yôkai scellé dans une statuette de manekineko qui le rend visible pour tous les humains et lui donne l’air d’un drôle de gros chat. Natsume passe un pacte avec lui : il lui cédera le carnet à sa mort, d’ici là le yôkai, qu’il surnomme maître Griffou, devra le protéger. Contrairement à toutes attente une relation amicale s’installe entre le gros chat et le jeune homme qui, peu à peu, ouvre son cœur aussi bien aux humains qu’au yôkai.

Au fur et à mesure de l’intrigue, de nouveaux personnage apparaissent. Cependant l’histoire est construite de façon à ce qu’on puisse lire tous les chapitre indépendamment, chacun d’entre eux racontant une rencontre entre Natsume et un yôkai. Cette structure crée une certaine redondance entre les débuts de chaque chapitre puisque à chaque fois l’auteur prends quelques pages pour resituer le contexte, présenter Natsume, sa grand-mère et maître Griffou. A début j’ai trouvé cela agaçant, ça me coupait dans mon élan. Finalement j’ai compris que je ne suis pas obligée de lire toutes les bulles et que je peux très bien survoler ces introductions pour entrer dans le vif du sujet. Ma lecture en est devenue tout de suite plus fluide et plaisante.

Outre le fait que l’histoire nous plonge dans le folklore japonais en nous faisant voir des yôkai de toute sorte, j’aime beaucoup l’ambiance qui se dégage de ce manga où le focus est mis sur les relations qu’entretiens Natsume avec les autres plus que sur l’action. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’action. Il y a des échanges, des émotions, une perpétuelle remise en question de lui-même et de son rapport aux autres. Son passé lui pèse, mais il a acquis la maturité nécessaire pour comprendre qu’il doit maintenant laisser le passé derrière lui et s’ouvrir à un monde plein de possibilités et de belles rencontres.

Il y a énormément de nostalgie qui se dégage de ce manga. Chaque rencontre est aussi une nouvelle séparation et on se rends compte que la beauté d’une rencontre ne réside pas que dans l’échange mais aussi dans le souvenir qu’elle laisse.

C’est un très beau manga qui nous fait ressentir beaucoup d’émotion, tout en retenue, tel que son personnage principal, d’un charme discret.

Pour contrebalancer le caractère effacé de Natsume, le personnage de maître Griffou apporte un brin d’humour et de folie. Le gros chat ne pense qu’à boire et manger, envoie des piques dès que l’occasion se présente, il semble bien peu fiable et pourtant il sait protéger son ami (tout en niant tout lien affectif, comment un yôkai aussi puissant que lui pourrait éprouver de l’affection pour un insignifiant humain, voyons !).

⇒ lire un  extrait

série toujours en cours au Japon, 18/22 sortis en France chez Delcourt

à lire aussi : 

Le pacte des yokai : une quête initiatique dans un monde peuplé de yokai sur le Club Shôjo

le dossier de Manga News 


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Manga, yôkai et douceur

Manga de démons, fantômes et yôkai… à cette annonce on ne pense pas vraiment à la douceur, à la poésie, à la contemplation… et pourtant !

Démons, fantômes et yôkai ne riment pas toujours avec horreur. Dans les manga que je vais vous présenter on rencontre toutes sorte de démons mais il y ai aussi question d’amitié, poésie, et douceur de vivre.

Commençons par un titre dont j’ai parlé déjà plusieurs fois : Le pacte des Yôkai de Midorikawa Yuki (Delcourt). Dans ce manga (aussi adapté en anime) on suit le quotidien de Natsume, un lycéen solitaire et orphelin qui a le pouvoir de voir les yôkai. En liant un pacte avec un drôle de chat, Natsume s’ouvre non seulement au monde des yôkai, qu’il apprend à connaître, mais aussi à la vie. Il sort petit à petit de sa coquille, apprends à prendre du recul vis à vis des blessures de l’enfance, se fait des amis… Il apprends à aimer la vie et à comprendre ce qu’elle a de beau. Au rythme plutôt lent, Le pacte de yôkai est une véritable tranche de vie, mettant en scène un jeune homme qui se cherche… au milieu des créatures folkloriques. Il y a dans le manga, comme dans l’anime, beaucoup de douceur, et un ton très mélancolique. Une sorte de nostalgie d’une harmonie perdue, surtout chez les yôkai qui peuvent être ici comme des représentations d’un autre temps, un temps où la spiritualité occupait une place plus importante, une époque qui peu à peu s’efface. Les yôkai perdent de leur magnificence, leur consistance, mais quand il faut partir ils n’ont plus de regrets. Lire le pacte des yôkai c’est comme faire un deuil. Est-ce le deuil de l’enfance, ce monde où tout est possible, même voir de drôles de créatures invisibles à tous ? Est-ce le deuil d’une époque où l’homme était plus proche de la nature et des ses esprits ? Je ne serais analyser ce manga, mais l’animé, comme les quelques tomes de cette longue série que j’ai lu m’ont fait éprouver une douce mélancolie qui rend à la fois triste et heureux.

à lire aussi l’avis de Carolus

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Je poursuit ce voyage avec un autre manga au rythme plutôt lent : Le cortèges des cent démons de Ichiko Ima. Cependant ici les yôkai sont peut-être plus effrayant et moins touchant que ceux de Natsume. Il y est encore question d’un jeune homme capable de les voir et de les maîtriser. Un don qu’y a rendu le jeune homme solitaire et distant. Il est touchant dans sa solitude. Ici aussi il y a une certaine tristesse, et peut-être aussi de la mélancolie. Il y a quelques drames qui ponctuent l’histoire mais on ne s’y attarde pas vraiment. Encore une fois le quotidien est mis en avant. On voit le jeune exorciste exécuter ses missions, vivre en famille et… les choses semblent se compliquer mais… je ne serais jamais la fin ! La série a été malheureusement interrompue en France T_T C’est un très joli manga, au trait fin. Il se dégage beaucoup de douceur du dessin alors même que ce qui est raconté est bien moins doux. Un titre intéressant que j’aurais eu plaisir à poursuivre.

à lire aussi l’avis de Bobo et Plumy

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Toujours dans un esprit jeunes gens sensibles, yôkai et tranche de vie, je vous conseille également Mokke de Kumakura Takatoshi (Pika éditions). Ici ce ne sont pas des garçons qui tiennent l’affiche, mais deux sœurs ayant elle aussi la capacité de voir ou attirer les yôkai. L’aînée peut les voir tandis que la cadette se fait posséder à chaque mauvaise rencontre. Pour faire face à ces dons particuliers, à cette grande sensibilité, elles sont envoyée vivre chez leur grand-père à la campagne. Le vieil homme est un exorciste un peu bourru mais plein d’affection pour ses petites filles. Outre l’aspect tranche de vie, le manga a un côté très pédagogique. Le grand-père prends toujours le temps de donner de nombreuses explications sur les créatures que les jeunes filles rencontrent, issues du véritable folklore japonais.

à lire aussi l’avis de Choco

Image associée

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On remonte dans le temps et on part à l’époque Heian, pour des histoires de yôkai pleines de poésie et d’humour. Le manga Onmyôji-celui qui parle aux démons de Yumemakura Baku (scénario) et Okano Reiko (dessin) s’inspire de contes et légendes traditionnels pour nous présenter une jolie fresque de l’époque Heian et des coutumes de la haute société. Le personnage principal est d’ailleurs autant un personnage historique qu’une légende : Abe-no-Seimei est un des onmyôji (qui pratique la voie du yin et du yang, cosmologie ésotérique traditionnelle japonaise)  le plus connus de l’histoire nippone. On a encore ici beaucoup de lenteur, de la contemplation, un sens de l’humour très particulier et un récit plus centré sur les jutes verbales de deux amis que sur les monstres inquiétants. Un beau manga, autant pour son dessin, que pour son ambiance très particulière, légèrement soporifique.

à lire aussi les avis croisé d’OliV, Lunch et Badelel sur K.BD (liens vers leur chroniques respectives dans l’article)

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Enfin je vous amène ailleurs, dans un ailleurs incertain où il n’est pas vraiment question de yôkai mais d’autres créature qui pourrait s’y apparenter. Mushishi de Urushibara Yuki (éditions Kana) est un manga contemplatif, offrant de magnifiques paysage, un herboriste nonchalant irrésistible, et des créatures fantastiques prenant vie de façon inopportune. J’aime ce titre pour son ambiance particulière et son dessin original. Le rythme est aussi très lent. Si les étranges créatures sont au centre de l’intrigue, c’est encore une fois la tranche de vie qui prévaut sur le fantastique. A la recherche de ces étranges apparition qu’il veut étudier, l’herboriste fait surtout de belles rencontres humaines. Ici encore on retrouve un ton nostalgique.


Les couvertures des premiers tomes

 Manga - Cortège des cent démons (le)  Manga - Mokke Manga - Onmyoji - Celui qui parle aux demons


Voilà pour ne partager que quelques titres mêlant yôkai et douceur. N’hésitez pas à laisser vos suggestions lectures

⇒ à lire aussi mes articles 


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[Semaine shôjo] quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

C’est avec un très grand plaisir que je remets le couvert pour une nouvelle semaine shôjo organisé par le Club Shôjo.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore la semaine shôjo, je vous renvoie à mon article de présentation.

Cette année la question qui nous est imposée est :

quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

La question est assez difficile parce que la première réponse qui me vient à l’esprit c’est  : aucun ! Je n’ai pas lu beaucoup de shôjo, josei ou yaoi et aucun ne m’a laisse une impression assez forte pour avoir un impact dans ma vie. Certain m’ont amusé, d’autres mon marqué par la force de leur récit, d’autres m’ont fait pleurer… Mais tout cela n’a eu aucun impact sur le cour de ma vie.

Couverture L'infirmerie après les cours, tome 01J’ai pensé alors présenter un titre qui, sans avoir changé ma vie, est entré en résonance avec mes émotions de façon étonnante et inattendue de ma part. Je pense à L’infirmerie après les cours.

La première fois que j’ai entendu ce titre j’ai pensé à un truc chelou (vous voyez ce que je veux dire ?). Puis j’ai lu quelques manga de Setona Mizushiro, je n’étais pas complètement convaincue. Mais le titre l’infirmerie après les cours m’était fortement conseillé. Alors, le jour où je suis tombé sur les premiers tomes d’occasion j’en ai profité pour voir de me propres yeux. Et j’ai pas été déçue ! J’ai d’ailleurs cherché la suite et lu la série dans son intégralité (et j’ai adoré la fin !). C’est sans doute le meilleur manga de l’auteur qui m’ai été donné de lire. Du moins celui qui parle le plus.

Le thème de l’identité sexuelle, avec des personnages qui changent de sexe, n’est pas nouveau. Il existe plusieurs autres titres et j’en avais lu quelques uns. C’est un sujet qui me touche particulièrement, depuis toujours. Je me souviens encore de mon premier voyage en France, j’avais 12 ans et je découvrais le club Dorothée. J’avais beau rien comprendre (mon français était très approximatif), j’avais été fasciné par Ramna 1/2. Je voulais être comme lui/elle. Pouvoir changer de sexe d’un simple jet d’eau. Ce sentiment ne m’a jamais quitté, même en grandissant, je gardais en moi cette idée, comme une sorte d’idéal inatteignable. Il y en a qui rêvent d’immortalité moi je rêvais d’hermaphrodisme. Je voulais devenir un escargot, quoi 😀

J’avais beau avoir plus de 30 ans quand j’ai découvert L’infirmerie après les cours, sa thématique très centrée sur les problèmes existentiels de l’adolescence (l’identité sexuelle mais pas seulement) est tout de suite entré en résonance avec mon enfant intérieur. C’est ça ! C’est exactement ça, me suis-je dit en le lisant.

Je ne peux pourtant pas dire que la bd a eu un impact sur ma vie, il arrivait 20 ans trop tard pour cela. Mais, je pense que si je l’avais lu à l’époque cela m’aurait mis une sacrée claque et que son impact sur moi aurait pu être plus important. Enfin, c’est difficile de dire ça maintenant. Mais c’est vrai que les questions soulevées par ce manga me torturaient pas mal l’esprit quand j’étais ado et je ne me souviens pas avoir lu quoi que ce soit à l’époque qui en parlait. Du coup je ne trouvais aucune réponse nulle part et je me disais que j’étais vraiment bizarre. Finalement ce manga aura quand même eu un effet : celui de me conforter dans l’idée (beaucoup trop tard) que je ne suis pas si bizarre que ça et que de nombreux autres ados se sont posés les mêmes questions que moi.

Kuma to interi - Basso: Après avoir longuement réfléchi à la question que le club shôjo nous pose, une autre réponse c’est finalement offerte à moi. Ce n’est pas UN manga en particulier qui a eu un impact sur moi, mais un genre : le yaoi.

Bon, c’est un peu difficile d’en parler ouvertement ici, c’est quand même très intime. Il m’a fallu un an pour faire mon coming-out et oser dire ouvertement que je lisais du yaoi. Je me sentais mal. Sans doute ma bonne éducation catholique. J’avais l’impression de cacher un honteux secret et comme je suis incapable de mentir, même par omission, j’étais vraiment mal à l’aise, surtout vis à vis de Chéri. Je ne tenais plus. Un jour j’ai décidé de tout lui avouer. « Faut que je te parle ». Je vous assure que j’avais vraiment la trouille, quand je parle de coming-out, je n’exagère pas. J’étais très nerveuse mais j’ai tout déballé. Là, Chéri me regarde avec de gros yeux ronds et puis il explose de rire. J’en était sûr, qu’il me dit… Mon visage s’est aussitôt embrasé ! J’avais l’air bien bête avec mon gros stress de sainte ni touche… Ah ! Je vous jure. Une vraie gamine.

Après ça, je me suis sentie bien mieux. Je n’avais plus honte, j’ai timidement été regarder des forums et je me suis rendue compte qu’il y avais beaucoup de filles comme moi. Je n’étais pas tordue, ni spécialement perverse, enfin pas plus que tout un tas d’autres fan de yaoi XD  Là oui, ma vie à changé ! Pas tellement dans les faits, mais dans ma tête. Je me suis sentie plus sereine, plus normale. Plus détendue.

Dans le yaoi, comme dans le titre précédemment cité, je trouvais aussi un écho à mes interrogations concernant l’identité sexuelle. Ce n’est pas seulement l’aspect érotique du manga qui me plait, mais celui de pouvoir m’identifier à un personnage masculin (ou faussement masculin devrais-je dire), une projection qui donne plus de liberté. Je ne peux pas m’identifier aux héroïnes fleur bleu des shôjo romantique, ce qu’elle renvoient est une position de la femme à laquelle je n’adhère pas, mais si l’héroïne romantique est un garçon alors ça change tout, je peux laisser libre cours à mon romantisme sans pour autant avoir l’impression de trahir un idéal féministe. Enfin, je sais pas si je m’explique bien, mais vous avez compris l’idée.

Finalement aujourd’hui je lis très peu de yaoi. Pas le temps, pas forcement l’envie non plus, trop de titre qui se ressemblent aussi peut-être. Et puis surtout j’ai grandi, j’ai vieilli, je suis passé à autre chose. Mais je sais que le yoai en général et quelques auteurs en particuliers (Basso et Est Em pour n’en citer que deux) ont eu un grand impact sur une période précise de ma vie et que ces lectures ont sans doute contribué à ce que je suis maintenant. Pas tant par ce qu’elles racontent mais par ce qu’elles ne racontent pas, par ce qu’elles représentent. Une certaine forme de liberté et aussi de libération.

Bon maintenant je vais me cacher dans un trou parce que je me sens un peu embarassée de vous avoir raconté tout ça !

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Le mot de Yomu-chan 

Alors, moi aussi je me sens un peu désemparée face à cette question : Quel est le shojo qui a eu le plus d’impact sur ma vie ? Ce genre de question me pose toujours problème parce que je lis beaucoup, et beaucoup de choses différentes. Et si évidemment par mes lectures j’apprend des choses sur la vie et que je me fabrique en partie avec ces choses, je ne suis pas forcément capable de me rappeler où et quand j’ai lu ça. Je confond mes lectures, associe deux histoires, deux personnages, et finalement je me réapproprie tout ça et suis assez incapable de vous dire qui, quoi, où, quand et comment.  En plus je suis très nulle pour me souvenir des titres et c’est d’autant plus vrai quand ces titres sont en japonais (ce qui est ici le cas parce que beaucoup des shojos que j’ai lu étaient des scans).

Mais commençons d’abord par dire que le shojo en lui-même (sans citer de titre en particulier) a eu un vrai impact sur ma vie. D’abord parce que j’ai fais mes premiers pas dans l’univers du manga avec Naruto et que j’ai continué sur ma lancer avec des shonen plus BOUYASHACA BASTON SUPER LASER DE LA MOOOOOORT BLLLAAAA BOOOUM PAAAF et que je partageais ces lectures (et visionnages surtout) avec mon tonton, avec un de mes copain et… c’était tout ! Du coup je me construisait sur un modèle plutôt masculin (et ma maman en pleine quête identitaire ne m’était pas ici d’un grand secours). La découverte du shojo (d’abord pas du tout assumée parce que LOL MDR LES FILLES C’EST DES TAPETTE JE SUIS PAS COMME CA BERK) m’a finalement permis de m’identifier à un autre modèle, à vivre des histoires cul cul la praline et à me rendre compte que j’aimais bien ça. C’est donc avec la lecture de shojo (ah c’est marrant, si le shonen j’ai plus l’habitude de les regarder en dessin animé, les shojo je préfère les lire) pris conscience d’une autre facette de ma personnalité. En fait, quand j’y pense ma découverte des mangas avec les shonen c’est faite dans l’enfance vers mes 8/9 ans, celle des shojo correspond plus à mon adolescence (je devais être au collège). Et finalement, même si je n’ai jamais vraiment délaissé le shonen (d’ailleurs je lis beaucoup plus de shojo mais mes mangas préférés sont des shonen : FMA EN FORCE), en grandissant encore un peu je me suis lassée des shojo. Parce que, comme Bidib l’a dit, la représentation des femmes véhiculée dans la majorité de ces mangas ne correspond pas à ma vision des choses. Donc si le shojo m’a en partie appris à être une fille, il m’a aussi poussé au questionnement sur ma condition de femme.

Oulah cette rétrospective sur ma lecture shojotesque s’avère bien plus pertinente que ce que je pensais.

Bon il s’agit maintenant de faire un effort et de chercher à vous donner des titres significatifs qui m’ont marqué dans la viiiiie. Alooooors j’actionne mes neurones….

Mmh ! Je suis obligée de vous parler de Fruits Basket. Alors en terme philosophique et sociologique je n’arrive pas à trouver grand chose d’intéressant à dire. Mais c’est un des premiers shojo que je me suis mise à suivre activement (j’ai toute la série sur mon étagère *-*) et puis sans savoir vraiment l’expliquer c’est un titre qui m’a marqué. Là je ne sais pas si ça illustre mes précédents propos sur mon identité féminine, je pense plus que ça relève d’un talent narratif, de mon attachement aux personnages et à l’univers proposé… Je suis désolé j’ai du mal à intellectualiser mon amour pour ce manga.

Par contre il y a deux autres titres que j’aimerais évoquer avec vous : il s’agit de Switch Girl et de No longer heroïne. Si j’aurais beaucoup de choses à reprocher à certains choix narratif, ces deux mangas m’ont tout de même marqué parce qu’ils sont, je pense, les représentant d’un nouveaux mouvement que je trouve louable. Ils ont le mérite de proposer des héroïnes très filles, avec des préoccupations (certes encore un peu stéréotypées) très féminines mais qui ne les empêche pas d’être… DES ÊTRES HUMAINS ! Elles pètent, elles rotent, elles s’épilent, etc. Et surtout elles conservent une forme de naïveté fleur bleu mais sont capables de mesquineries, de se mettre en colère, de faire de l’humour… Elles restent séduisantes (parce qu’elles trouvent toute les deux un petit ami) mais elles ne sont pas cloîtrées dans un usage limité de l’espace, elles ne sont pas contrainte de se cacher pour éternuer, elles font du bruits en public et enfin elles sont nous quoi. Bref vous avez compris, il y a à travers ces deux personnages une modernisation de la lycéenne et ça fait du bien. C’est encore un peu grotesque mais en même temps c’est léger et ça permet d’offrir à de jeunes lectrices une nouvelle représentation du monde (qui ne les empêche pas de vivre une histoire d’amour).


La semaine shôjo sur les blog partenaire :

Et enfin sur le Club Shôjo :

Événement interblog : Le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie


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Mega challenge shôjo 2016

Pour ce challenge lancé par le Club Shôjo, il fallait lire dans l’année 2016 10 nouveaux manga (entendre par « nouveau » commencé en 2016 et non sorti en 2016) parmi les catégories suivantes :

  • Lire une nouveauté de 2016 : rouge éclipse 
  • Lire un oneshot : Cherish
  • Lire un josei : Heartbrocken chocolatier
  • Relire un de tes premiers shôjo
  • Lire un shôjo adapté en anime ou en drama : Utena, la fille révolutionaire
  • Lire un shôjo avec au moins un des personnages qui n’est pas humain : Le pacte des yôkai
  • Lire un shôjo de ta PAL (pile à lire = les mangas que tu as achetés mais pas encore lus)
  • Lire un shôjo dont le titre comporte le mot amour/love : Love my life
  • Lire un shôjo dont le titre ne comporte qu’un seul mot
  • Lire un shôjo kawai (j’aime pas le kawai, j’élimine cette catégorie à priori)
  • Lire un shôjo qui ne se déroule pas au Japon : The Tarot café
  • Lire un shôjo se déroulant dans un lycée : Mistuko Attitude

Encore une fois je n’ai pas réussi le challenge, avec seulement 8 lectures sur 10. Parmi ces 8 manga il y a eu cependant de jolie découvertes 🙂

Auriez-vous d’autre jolis shôjo/josei à me conseiller ?

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Rouge éclipse

Imaginez que vous fassiez voler votre corps. C’est ce qui arrive à l’héroïne de ce nouveau shojo, sorti le 25 août dernier chez Akata

Le nom de la mangaka, Shiki Kawabata m’était inconnu. Et la sortie de ce manga chez Akata n’avait pas attiré mon attention (voir ma sélection nouveautés de la rentrée). Pourtant une fois en librairie je n’ai pas pu résister à la couverture, belle et intrigante. J’ai feuilleté les premières pages et cela a suffit à me convaincre. ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de shojo.

L’histoire : 

Ayumi, jeune et jolie lycéenne mène une vie ordinaire et heureuse. Un joli physique, de bonnes copine, une famille aimante et un tout nouveau petit ami. Le rêve quoi ! Tout ce bonheur et ces petits cœurs attirent l’envie d’une de sa camarade de classe Zenko, laide et oublié de tous.

C’est le jour de la lune rousse et Ayumi s’apprête à se rendre à son premier rendez-vous avec son petit ami quand elle reçoit un coup de fil de Zenko. « Ne me quitte pas des yeux » lui dit-elle avant de se jeter dans le vide. Quand Ayumi se réveille la situation est bien plus terrible que ce qu’elle attend. Zenko n’est pas morte, mais elle ont échangé leur corps. La voilà maintenant dans le corps de la « moche » de la classe. Elle qui était si jolie et populaire… Elle va comprendre ce que ça fait d’être dans ce corps si disgracieux. Et si la laideur venais plutôt de l’intérieur ? Ayumi veut retrouver son corps et sa famille, mais en attendant elle doit composer avec cette nouvelle enveloppe corporelle qui avec son âme douce et gentille ne dégage plus la même aura.

Sur ce départ déjà bien complexe ajoutez une bonne dose de romance à l’eau de rose, de la jalousie et de l’envie et vous obtenez Rouge éclipse.

Bien ? Pas bien ?

Alors, l’histoire d’amour est on ne peu plus banale, triangle amoureux, parallélépipède amoureux même. Un grand classique qui n’étonnera pas un instant. Mais cette histoire de corps inversés est bien trouvé. Non seulement ça donne une touche mystique et fantastique à ce school life, mais cela permet aussi de traiter certains sujet moins léger que les sempiternelles amourettes de lycéens. On aborde avec ce changement de corps l’importance donné à l’apparence (surtout à cet âge), le regards des autres, l’exclusions de certains élèves… Tout en restant très positifs dans ce premier tome. Ayumi est un personnage plein d’énergie qui ne se laisse pas abattre. Biens qu’elle est des faiblesse et que le preux chevalier vienne régulièrement à son secours ce n’est pas une de ses potiches pleurnicheuses qui ne savent rien faire d’autre que chialer. Elle essaye de rester positive. Elle prend à la fois conscience de ce que ça fait d’être dans le corps de quelqu’un qui est rejeté par les autres. Mais au même temps par son caractère avenant elle donne une nouvelle impulsion a ce corps considéré comme laid surtout par sa véritable propriétaire. Démontrant (peut-être de façon un peu simpliste) que si l’on est reclus cela n’est pas seulement de la responsabilité des autres mais aussi de celui qui se sent mis à l’écart et qui se renferme sur lui-même. Un cercle vicieux que Ayumi semble pouvoir briser.

Tout ça avec quelques rebondissement assez attendu mais qui ajoutent tout de même du piment à l’histoire. Si je devait faire un reproche à ce premier tome c’est d’aller assez vite en besogne et d’être peut-être un peu trop manichéen, les gentils d’un côté, les tordu de l’autre.

Malgré quelques aspects un peu trop simplifié, le manga est bien fait. Très agréable a lire et plaisant à voir. Le trait de Shiki Kawabata a une touche personnelle tout en restant dans un style classique.


Retrouvez Rouge éclipse sur le site de l’éditeur. Un extrait à lire ICI

le tome 2 est prévu pour le 10 octobre


mega challenge shojo : nouveauté 2016
challenge 1% : lecture 3 sur 6
challenge 1% : lecture 3 sur 6
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Utena, la fille révolutionnaire

Je ne sais plus où j’ai entendu parler de se manga pour la première fois, c’était au détour d’un clic sur internet. Je ne sais pas trop pourquoi le titre m’était resté en tête. Quelques jours plus tard je tombe par hasard sur la série complète pour une bouchée de pain alors je n’ai pas hésité (j’ai quand même failli perdre le tome 2 que j’avais oublié d’acheter la première fois mais qui était, ouf! toujours là à mon deuxième passage au magasin). Et voilà un achat que je ne regrette pas ! J’ai dévoré cette courte série.

Utena est une jeune fille au caractère bien trempé. Elle vit seule avec sa tente depuis la mort de ses parents. Enfant, alors qu’elle venais de comprendre que ces parents ne reviendrais plus, elle manque de mourir noyée. Un prince lui apparaît et lui offre une bague ainsi que la « noblesse et grandeur d’âme ». Tous les ans elle reçoit une carte du mystérieux prince.

Depuis elle a grandi et alors qu’elle s’en va sur ses 16 ans elle reçoit une carte annonçant la rencontre proche avec son mystérieux prince. C’est ainsi qu’elle intègre une nouvelle école où le conseil des étudiants semble jouir d’étrange privilège. Bien malgré elle elle se retrouve mêlée à un engrenage de duels pour gagner l’épées de Dios et la fiancé des roses.

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La forte personnalité d’Utena, sa « noblesse et grandeur d’âme » font qu’aussi fort soit le désir de retrouver son prince, celui d’être elle même un prince volant au secoure de son amie l’amène à pleinement s’engager dans le processus de duels. Pour être un prince, pour sauver son amie, peut-être aussi pour se montrer fidèle à elle-même.

J’ai beaucoup aimé la personnalité de l’héroïne qui malgré tout hésite, vacille entre le désir d’être forte et celui d’être protégé. Utena est décidément une femme très moderne et ce genre d’héroïne dans un shôjo mettant en scène des lycéenne me plait beaucoup. Même si elle a ses moments de faiblesse, si elle tombe amoureuse et que ça lui fait perdre son discernement, Utena n’est vraiment pas une cruche. Non seulement elle est très courageuse, mais elle fait preuve d’une grande gentillesse et d’une grande empathie pour ses proches. Peut-être peut-on reprocher à la série de passer assez vite sur certains sentiments ne laissant pas assez de temps à l’intrigue pour bien asseoir les sentiments que l’héroïne éprouve. Non seulement la série ne fait que 5 tomes, mais ceux-ci sont très courts. Mais au moins on a pas le temps de s’ennuyer. Il ne nous reste qu’à broder autour de la ligne que nous donne l’auteur.

Quand à l’histoire je l’ai trouvé plutôt pas mal. Le côté mystique ce développe peu à peu, nous donnant diverses fausse pistes, on se laisse surprendre pas un dénuement assez énigmatique et très ouvert. Attention si vous aimez les vraies fins, vous risquez d’être frustré !

En tout cas moi j’ai beaucoup apprécié la lecture de se manga que j’ai dévoré en une nuit. Je me suis laissée prendre au jeu, je me suis laissée séduire par Utena qui fait un très bon prince. J’ai beaucoup moins accroché à son alter-ego, la fiancée des roses qui est trop distante et trop étrange pour qu’on s’y attache vraiment. La fin, bien que frustrante était bien tournée.

Quand au dessin avec son style années ’90 m’a plus. Romantique à souhait, contrastant avec le caractère de l’héroïne pour faire un ensemble plutôt bien équilibré.

Bref c’est la bonne découverte de ce début de printemps ! Publié par Pika, la commercialisation de la série a été stoppée mais si vous tombé dessu je vous conseille vivement.

Le manga a été adapté en anime (39 épisodes) (licencié chez Kazé) ainsi qu’en long métrage (licencié chez Dybex). Je n’ai vu aucun des deux

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Black Rose Alice, du vampire à l’harem

Aujourd’hui je vais vu parler d’un manga de Mizushiro Setona : Black Rose Alice, série en 6 tomes édité par Kazé manga.

J’ai découvert Mizushiro Setona grâce à la semaine shôjo organisé chaque année par le Club Shôjo. Sa série L’infirmerie après les cours, que je n’ai pas encore fini me plait beaucoup. Du coup quand j’ai appris que la commercialisation de Black Rose Alice allait être arrêté je me suis précipité sur la série pour avoir le loisir de la découvrir avant disparition… J’ai été déçue !

Une histoire de vampire :

Tout commence à Vienne. Dimitri, jeune bohémien adopté par une famille noble et talentueux chanteur, est amoureux d’Agnezka, une belle jeune femme noble qu’il connait depuis l’enfance. Mais voilà, Agniezka est fiancé à Théo, le fils de la noble famille qui a adopté Dimitri. Même si Théo le considère comme un frère, ce dernier sais bien qu’il n’appartient pas à leur monde. Il noie son chagrin et sa frustration dans les femmes.

Seulement un jour, fout de colère contre Théo, il quite la maison précipitament et est victime d’un affreux accident. Il est mort. Enfin il aurait du l’être. Des mort suspectes se multiplient autour de lui et un étrange personnage se présente à lui. Dimitri ne le sais pas encore mais il est devenu un vampire.

C’est ainsi que commence cette histoire. Le premier tome qui raconte comment Dimitri devient vampire est pas mal du tout. La façon d’être et de se reproduite des vampires est très originale. J’ai vraiment apprécié le premier tome. Il ya cette touche d’originalité sur ce qu’est un vampire et la mise en place de l’histoire n’est pas mal. Une bonne dose de mélodrame bien maîtrisé (pas de vampire sans mélodrame).

Puis on fait un bon d’un siècle en fin de volume pour découvrir celle qui deviendra le personnage principal de l’histoire, un nouveau personnage qui s’annonce prometteur.

Le harem inversé, du déjà vu :

Malheureusement l’intrigue qui avait si bien commencé tombe dès le deuxième tome dans les cliché du genre. Alors que le premier tome avait su maîtriser le suspens et présenter des personnages intrigants. Le deuxième tome nous ramène au scénario de base d’histoires à à harem inversé. Alice, le personnage principale, se retrouve dans une somptueuse demeure qu’elle partage avec 4 beaux gosses. Elle a été élue pour devenir la compagne de l’un d’entre eux. A elle de choisir. Chacun d’entre eux fera son possible pour séduire la belle, qui se montrera capricieuse et hésitante. C’est que c’est tellement difficile de choisir… gnagnagna… Ouai… en attendant nous savons tous dès le début comment tout ça va se terminer. Tout ce foin autour du choix difficile qu’elle doit faire ce n’est que pour la forme. Il y a aucun suspens, aucune surprise.

Non seulement c’est (comme tous les manga harem) sans surprise, mais c’est surtout d’une incroyable banalité. Pourquoi Mizushiro qui avait si bien commencé sa série tombe dans un scénario aussi commun ?

Les personnages : peut mieux faire 

Si l’histoire s’ouvre sur Dimitri devenu vampire, ce n’est pas lui qui sera au centre de l’intrigue mais une femme. Cette femme on la découvre sur la fin du premier tome et elle s’annonce très intéressante. Jeune femme japonaise oscillant entre la vie et la mort après un grave accident, elle a eu une aventure avec l’un de ses élèves pour qui elle éprouve de fort sentiments mêlé de honte et de culpabilité due à leur différence d’âge. Un personnage complexe, à forte personnalité, d’une grande fragilité émotionnelle. C’est prometteur. Hélas, Mizushiro ne saura pas maîtriser la construction de son personnage et  (est-ce du à l’influence de l’éditeur, on peut se le demander tant le personnage se métamorphose) ce qui aurait pu être un personnage féminin charismatique se mue très vite en héroïne lambda de shôjo à la noie. Oui j’y vais un peu fort mais c’est vraiment ça. Quand nous rencontrons Azusa, elle a 28 ans et son cœur est prix dans une spirale infernal d’amour culpabilisant. Dimitri lui donnera une nouvelle vie, une nouvelle apparence (je ne veux pas trop vous en dire pour laisser le plaisir de la découverte, mais faut bien que j’explique en quoi le personnage est décevant). Elle devient Alice. Dans ce nouveau corps sa personnalité se métamorphose. On peut s’interroger sur l’influence du corps sur l’esprit. Pourquoi change-t-elle de personnalité ? On peut également s’interroger sur l’influence de l’entourage ou le deuil qu’elle doit faire de ce qu’était sa vie d’avant. Mais le problème n’est pas là. La métamorphose est légitime. Le problème réside dans ce qu’est Alice. Une gamine capricieuse et immature. Azusa était une femme intéressante, Dimitri l’as choisie pour sa force de caractère, Mizushiro en a fait une héroïne shôjo d’une banalité accablante maintes fois vue et revue. Sa force de caractère ? Envolée. Sa maturité ? Disparue.

Dimitri ne s’en sort pas mieux. On le voit changer son fusil d’épole sans que cela ne soit justifié. Ses sentiments changent mais nous ne comprenons pas pourquoi. C’est à cause de l’héroïne me direz-vous. Sauf que nous venons de voir que l’héroïne perd tout son charisme très rapidement, dans ces conditions le changement qu’elle induit sur les autres personnage est incohérent. L’ensemble manque de pertinence (ou de profondeur).

Et les autres beaux gosses ? Il y avait un peronnage qui aurait pu être très intéressant dans le premier tome. Hélas il n’en sera rien. disparu, il revient aussi insipide que la suite du manga. Et le mystère que l’auteur cherche à créer autour des personnages secondaires, notamment les jugeaux qui vivent avec Dimitri et Alice, ne fonctionne pas très bien. L’explication se fait trop attendre et tombe comme un cheveaux sur la soupe.

Bref les personnages ne sont pas maîtrisé et perdent tout leur potentiel au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Heureusement qu’il n’y a que 6 tomes.

que nous reste-il ?

Pas grand chose je le crain. La série se sauve par un bon rythme, il y a très peu de temps mort et on ne s’ennuie pas. L’esthétique de Mizushiro est agréable et malgré un scénario qui tombe lamentablement dans la banalité on enchaîne facilement les 6 tomes, que j’ai dévoré. Seulement voilà, le début était tellement prometteur qu’on reste sur sa fin, déçue, voir dégoûté de voir ainsi l’histoire tomber dans le piège de la facilité et de la trame mainte fois éprouvé. Je m’attendais à tellement mieux. C’est surtout après l’avoir fini qu’on est déçu. En le lisant j’ai passé un bon moment.

Vous pouvez lire aussi les avis de Mei-Amadis et Plumy qui se montrent beaucoup plus enthousiastes que moi 🙂

shôjo gothique
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Banana Fish

Voilà déjà un moment que ce manga m’avait été conseillé. Et c’est par hasard que je suis tombé sur le premier tome d’occaz. Au début j’ai trouvé ça bizarre, un manga publié sur du papier jaune ? o_O

Mais finalement j’ai tout de suite accroché à l’intrigue et suis partie en quête des autres tomes. Je dis bien “en quête” parce que malheureusement la commercialisation de la série a été stoppées et le seul moyen de se la procurer est maintenant de chercher parmi les manga d’occasion. Moi qui adore chiner parmi les bouquin de deuxième main, j’ai pas eu de mal à me procurer une bonne partie de la série même s’il m’en manque encore quelques uns et que le tome 6 a mystérieusement disparu. Le monstre du bordel a encore frappé T_T


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Un shôjo avec des flingues et sans filles !

On m’avait conseillé Banana Fish lorsque je disais vouloir lire d’autres shôjo que les habituelles histoires d’amour entre lycéens. Ben ouai ! J’ai passé l’âge ! Heu… je crois bien que je l’ai jamais eu cet âge là. Bref, les romances lycéennes ça va 5 minutes, mais très vite je m’ennuie. Du coup, alors que je faisais mes premiers pas au Club Shôjo, j’étais un peu perdue : moi lire du shôjo je veux bien, mais quel shôjo ?!

Avec Banana Fish je suis servie ! Pas de romance lycéenne, pas de lycée du tout d’ailleurs, pas même l’ombre d’une fille ! Mais des gangsters, des mafiosi, des flingues, une drogue mystérieuse, des complots politiques… Hé! Vous étes sure qu’il s’agit bien d’un shôjo là ? Mais bien sûr ma p’tit dame. Et ça se voit. ça se voit à la façon dont l’histoire est raconté, à la façon dont c’est mis en scène, la façon dont les sentiments des personnages sont traité où encore au type de relation qu’entretiennent les personnages entre eux. Si l’aventure aurait très bien pu servir pour un shônen, on sent bien dans ce récit la patte féminine dans le ton et le caractère des personnages.

Comme quoi, les filles ça ne parle pas que d’amour.

Un héros faut que ça souffre !

Je disais donc qu’on voit la patte féminin sur ce récit. Les traces sont visibles sur le backgroud des personnages et surtout sur the beau gosse de l’histoire : Ash. Les femmes se montrent particulièrement machiavéliques avec leur héros. Un héros faut que ça souffre ! Les hommes aussi sont dur avec leur perso, tout bon personnage de shônen à son lourd fardeau, mais disons que c’est moins psycho-dramatique. Ici Ash c’est pas un fardeau qu’il traîne mais tout une cargaison ! Rien ne lui est épargné ! Plus on avance dans le récit, plus son passé douloureux nous est dévoilé. C’est tellement terrible que c’est même un peu too much, mais disons que l’auteur maîtrise assez bien son machiavélisme dévoilant peu à peu le terrible passé (voire le terrible présent, parce que bon, la vie n’est pas rose et la merde c’est aussi aujourd’hui).

Par exemple, autre shôjo loin des romance lycéennes, Basara y va très fort des le premier tome côté psycho-drame. Et moi j’ai trouvé que c’était un peu trop. T’as à peine le temps de cerner un personnage que paf ! il est mort. J’ai décroché très vite. Avec Banana Fish c’est le contraire : quand ça devient too much c’est déjà trop tard, je suis prise par l’intrigue et laisse couler ce trop plein de drame.

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Mais c’est quoi l’histoire !?

Des flingues, du drames… tout ça ne vous dit pas de quoi parle ce manga ! Revenons au commencement ! Au tome 1 et au début de l’histoire.

1973, nous somme au Viet Nam. Un bande de soldats attend d’être démobilisé quand soudain l’un deux pète un câble et tire sur ses compagnons. Une fois désarmé celui-ci semble ne plus du tout avoir sa tête et répète : “banana fish”. Mais qui est Banana Fish ?

Retour au présent (enfin, le présent de l’époque : ) 1985, New York. Alors qu’une série de morts suspectes mobilise la police, un photographe japonais et son jeune assistant débarques pour faire un repartage au près des jeunes délinquants des rues. Charlie, un flic, va permettre à Ibe, le photographe, et Eiji, son assistant, de rencontrer la bande de Ash, un jeune chef de bande très respecté. C’est sans savoir que Ash c’est retrouvé bien malgré lui mêlé à une louche histoire de meurtre. Alors que les deux japonais sont en pleine interview, le repère de Ash est attaqué. Eiji et Ibe vont être embarqué dans une aventure trépidante où leur vie sera mise en danger. C’est ainsi que commence une longue histoire à la poursuite du Banana fish dans le New York des années 80. Aventure qui se prolonge sur 19 tomes.

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Et ça vaut le coup, ce manga jaune ?

Ouiii !! En tout cas moi j’aime bien 🙂

Le dessin, un peu moche dans le premier tome (on nous dit que Ash est un beau gosse, mais ça se voit pas tout de suite) évolue au fil des tomes pour devenir plus fluide et élégant, plus alléchant, mais peut-être aussi plus classique.

L’histoire quant à elle a sa dose de mystère et rebondissement qui font que je ne me suis pas ennuyé un seul instant en 15 tomes (j’ai pas encore trouvé la fin de la série). Si la dose d’émotion et de (bons) sentiments augmente au fil des tomes, il reste toujours l’aventure, l’action, les complots à déjouer, la mafia à doubler, Eiji à sauver… Ben oui, comme il y a pas de filles fallait bien un gentil garçon à sauver. Eiji il est mignon mais un peu trop naïf tout de même, la vraie godiche de l’histoire ! Mais que voulez-vous, difficile d’y échapper. Et si certaines fujoshi dans mon genre voit dans la relation qu’entretiennent Ash et Eiji de quoi faire un bon yaoi, cela reste tout à fait respectable et on peu aussi n’y voir qu’une amitié virile (enfin virile est un bien grand mot…).

En tout cas, si Banana fish est pas un chef d’oeuvre d’inventivité il n’en reste pas moins un manga très agréable à lire, rythmé, offrant une aventure sympa et complexe, des personnages attachants. Et il a l’incontestable mérite de me démontrer une fois pour toute que le shôjo peut être aussi riche et varié dans le genre d’histoire qu’il a à offrir que son pendant masculin. Si vous avez en avez l’occasion, lisez-le.

Ah ! J’allais oublier de vous dire qui en est l’auteur ! Ce manga c’est l’oeuvre de dame Akimi Yoshida dont on peut actuellement suivre la très bonne série Kamakura Diary

un shôjo d’aventure
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semaine shôjo : Le meilleur personnage feminin

Voilà une question bien difficile que nous pose le staff du Club Shôjo pour la semaine shôjo de 2015 (elles posent toujours des questions difficiles !). Quel est le meilleur personnage féminin du shôjo ? Généralement je trouve les personnages de shôjo caricaturaux, pétris de cliché et englués dans une vision archaïque et traditionaliste du monde : la femme aux fourneaux, jeunes filles fragiles qu’il faut sauver, jeunes femmes soumises au bon vouloir de l’homme qu’elle aiment… Par très en phase avec la femme du XXIème siècle, ou du moins pas du tout en phase avec ma vision de la femme. Combien de personnage de shôjo m’ont irrité pour ça !

Là, comme ça, sans réfléchir aucun personnage de shôjo fort s’impose à moi. Ne défilent sous mes yeux que des pleurnichardes. Il faut que je me replonge dans ma bibliothèque shôjo et que je gratte un peu sous cette première impression.

les enfants de la mer, Daisuke Igarashi (rien à voir avec les shôjo ! c’est juste pour illustrer ma plongée dans la mer shôjo)

Toru Honda, mon cliché préféré :

Je commence par vous dire que les héroïnes de manga cliché et rétrogrades m’agacent et voilà qu’en première place du meilleur personnage féminin shôjo je vous cité Toru Honda de Fruit Basket (Takaya Natsuki, série en 23 volumes, Delcourt) l’héroïne cliché par excellence !

Toru est douce et fragile, orpheline malmenée par la vie, abandonnée de tous, affrontant le destin avec courage, elle sera secourue par la famille Soma qui lui fera payer cher. Toru se retrouve aussi tôt derrière les fourneaux et devient la bonniche de ces messieurs pour qui même éplucher une patate est insurmontable. Toru va leur faire la popote, vider leur poubelles, laver leur linge, faire les courses… une vraie fée du logis ! Et tout ça avec le sourire bien sûr, parce qu’en parfaite jeune fille à marier Toru aime cuisiner et faire le ménage. Vous en connaissez beaucoup des lycéennes qui aiment faire le ménage ?! O_o

Bien sûr Toru ne se limite pas à jouer les petites épouses modèle, elle est aussi une mère pour tous ces Soma qui ont mal à l’âme. Elle les aime, les console, les rassure, les soutiens… une vraie sainte.

Toru a toute les qualité de la parfaite épouse soumise à l’autorité masculine que je devrait détester, et pourtant je l’aime (comme la plupart des personnages de Fruit Basket, d’ailleurs). Ce n’est pas tant son courage et sa persévérance (une bonne héroïne de shôjo se doit d’être d’un courage discret et d’une persévérance à tout épreuve) qui me la rendent sympathique, mais sa capacité à aimer tout le monde. Toru est un bisounours aboulant dispensant amour et gentillesses à tous ceux qui croisent son chemin. Et là est son originalité et sa force. Les héroïne prêtes à tous pour le beau gosse qu’elle aiment il y en a à la pelle, Toru elle, elle aime tout le monde ! Hommes, femmes, enfants, Toru éprouve une sincère affection pour tous ceux qu’elle rencontre et est capable d’une incroyable empathie, perçant par sa douceur et sa naïveté (car une bonne héroïne se doit d’être naïve, autre cliché que je pige pas) toutes les carapaces.

Si c’est cliché au possible, Toru possède une fraîcheur qui fait du bien.  Si Toru est un bisounours l’histoire de Fruit Basket en revanche y va de sa dose de psychodrames ! un contraste parfaitement réussi.

Je précise tout de même que je n’ai lu que la moitié de la série, je ne sais donc pas comment évolue le personnages dans la seconde moitié. (note pour plus tard : finir Fruit Basket !)

Toru Honda - Fruit Basket

Une femme à poigne : Yankumi

Bon Toru Honda c’est bien, c’est la parfaite caricature du personnage shôjo à laquelle on s’attache malgré tout. Mais y-a-t-il dans l’univers du manga féminin un personnage qui corresponde à ma vision de la femme moderne ? Je désespérais de trouver quand tout à coup cela m’est apparu comme une évidence : Yankumi, l’héroïne de Gokusen (Kozueko Morimoto, série en 15 tomes, version française toujours en cours chez Kazé Manga).

Pourquoi n’ai-je pas de suite pensée à elle ? Précisément parce que Gokusen ne correspond pas du tout au cliché du manga féminin. Il n’y a pas de romance, pas de jolie cœur, pas de jeunes filles en détresse, pas de larme, pas de mélodrame… Gokusen c’est l’histoire d’une prof pas comme les autres, héritière d’une petite famille de yakuza, qui se retrouve professeur principal d’une classe de bad boys. Un peu le Onizuka féminin (donc beaucoup moins vulgaire). Le manga est d’ailleurs publié en France dans une collection seinen.

Qu’est-ce que j’aime chez Yankumi ? Son caractère bien trompé, elle n’a pas froid aux yeux, c’est une championne des arts martiaux et n’hésite pas à se battre s’il le faut, mais sans aucune hystérie (contrairement à beaucoup de championnes en la matière sorties des shônen). Elle sais garder son sang froid, agir en fonction des circonstances. Assurer l’avenir de famille quand celle-ci à besoin d’elle tout en prenant ces distances et en vivant son rêve : devenir professeur. Elle sait choisir sa voie, sans renier les siens. Elle est drôle, pas spécialement belle et encore moins sexy, son côté femme ordinaire la rend d’autant plus attachante. Elle est déterminée, attentive aux autres et pleine de bonne volonté, ce qui pour un prof est indispensable, surtout quand on commence avec une classe pareil.

Yankumi est une femme moderne, elle sait s’affirmer, poursuivre son chemin, prendre soin des sien tout en gardant un petit cœur d’artichaut qui fait boum boum pour le bel avocat à qui elle ne sais pas faire sa déclaration.

Là encore je n’ai lu que les 3 premiers tomes de la série et je ne sais pas encore ce que la suite nous réserve. J’espère que Yankumi ne perdra rien de ce qui fait sa force.

Une mère comme je les aime :

Bon, je vous ai parlé de Toru, la championne des héroïnes shôjo cliché mais attachante, de Yankumi l’héroïne josei aux allures seinen, pour compléter le tour du manga féminin je pourrais citer un bon personnages féminin tiré d’un yuri et d’un yaoi. De Yuri je n’en ai lu que deux, impossible pour moi de parler du meilleur personnage. En revanche il y a un personnage féminin de yaoi que j’adore.

Les personnages féminins dans le yaoi sont très rares, voir quasiment inexistants, pourtant le peu de femmes qu’on peut y croiser sont souvent moins cliché et plus modernes que celle des shôjo ou josei (du moins c’est ce que en ressort de mes lectures personnelles).

Le personnage auquel je pense c’est la mère de Nao dans Otona no Mondai de Ima Ichiko.

Elle incarne parfaitement la femme moderne à mes yeux. Capable d’élever son enfant seule sans en faire un drame, parfaitement à l’aise avec son statut de femme divorcée, elle est dynamique, belle, forte et ouverte d’esprit. Je la trouve drôle et attachante. Une femme avec qui je pourrait être amie. Trop exubérante pour que je m’identifie à elle, j’ai trouvé sa présence dans le manga toujours agréable et m’identifierais facilement à l’une de ses amie (invisibles dans le manga). La façon dont elle titille sont Tangui de fils unique me fait beaucoup rire. Une chouette femme pour un chouette manga (que nous n’aurons jamais la chance de voir publié en France, je le crains).


C’est avec elle que je conclue mon tours des meilleurs personnages féminin du manga féminin. Et vous, quel est votre personnage féminin préféré ?

Pour découvrir les réponses proposées par les autres partenaires de la semaine shôjo, suivez les liens (les articles serons mis à jour au fur et à mesure de leur publication) :

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