Archives par mot-clé : un max de BD en 2018

Les croques, tome 1 : Tuer le temps

C’est sous l’impulsion de Blandine, qui m’a proposé de la rejoindre pour une lecture commune en sa compagnie et en compagnie de Noukette, que je me suis lancé dans la lecture du premier tome des Croques de Léa Mazé (les éditions de la Gouttière). Et je dois dire une chose : merci Blandine ! 🙂

J’avais repéré cette bande dessinée en suivant l’actualité de Léa Mazé sur facebook (j’aime beaucoup cet auteur), mais je n’y pensais plus. Et pourtant cette BD tombe pile-poil dans le thème du challenge Halloween de cette semaine : le cimetière. Je remets donc à samedi le billet que j’avais initialement prévu pour laisser place aux Croques et à notre lecture commune.

Couverture Les croques, tome 1 : Tuer le temps

Croque-mort et Croque-Mitaine, c’est ainsi que leurs camarades de classe nomment Colin et Céline. Dans le collimateur des profs, harcelés par leurs camarades, les jumeaux ne trouvent pas leur place au collège. Chez eux ce n’est pas mieux. Leurs parents qui travaillent et vivent aux pompes funèbres juste à côté du cimetière n’ont pas vraiment de temps pour eux. Si ce n’était que le temps, qui leur manquait… Ce qu’il leur manque, surtout, c’est le sourire et la joie. La mine de circonstance qu’implique leur travail a fini par déteindre sur eux. Ils font la gueule, affichent un sérieux excessif et ne s’adressent aux jumeaux que pour les réprimander. Les rires d’enfants ça fait mauvais genre dans un cimetière.

Mais il y a au moins un adulte qui leur apporte un peu de réconfort, le gaveur de pierres tombales leur lance un défi pour leur changer les idées : découvrir ce qui se cache derrière la marque V inscrite sur une tombe. L’enquête commence comme un jeu, mais il se pourrait bien que la marque cache un vrai mystère.

J’ai dévoré ce premier tome. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour les  jumeaux qui, s’ils ont en effet un côté agaçant (ils ne s’expriment qu’en criant), se retrouvent vraiment isolés et incompris de leurs parents absorbés par leur travail.

Dans ce premier tome, l’histoire commence doucement. On fait connaissance avec les jumeaux, on découvre leur environnement et leurs proches. Et puis tout s’emballe avec une piste sérieuse sur le mystère de ce V gravé sur les tombes. Les gamins vont  se retrouver mêlés à une histoire dangereuse. On referme ce premier tome avec l’envie de lire la suite, vite !

Côté dessin que dire, j’adore. Les couleurs, le trait, tout, j’aime tout. Et je serais bien en peine d’expliquer pourquoi. C’est joli, ça dégage une ambiance automnale, un peu mélancolique qui me fait penser aux vieux clichés sépia.

Sommes-nous dans un récit policier ou fantastique ? Je pencherais pour la première hypothèse, mais il se pourrait bien que l’imagination débordante des deux adolescents nous entraîne dans une autre atmosphère puisqu’ils ne jurent que par les histoires de zombi et de vampires. Hâte de découvrir ce que le prochain tome nous réserve !

⇒ à lire aussi les avis de Blandine et Noukette

sur le site des éditions de la Gouttière

Léa Mazé (instagram, facebook)

 ou Amazon ou Decitre ou dans votre librairie habituelle 😉


 

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Trace, experts en science médicolégale – tome 1

Je ne sais pas vous, mais moi j’adore les séries TV policières. J’y ai pris goût j’étais encore qu’une gamine, j’aimais en regarder avec ma grand-mère . Puis je m’y suis remise quand j’ai eu l’âge  d’avoir mon appart et ma télé. J’ai regardais je ne sais pas combien d’épisodes des experts and Co. Mais je n’ai lu que très peu de manga policiers. Alors quand j’ai eu connaissance de la nouvelle série policière sortie en cette fin d’été chez Komikku et prenant comme cadre un laboratoire de la police médico-légale japonaise, j’ai eu très envie de découvrir la série. Et voilà que c’est chose faite. J’ai lu le tome 1 de Trace, et j’ai bien aimé.

Dans ce premier tome, on suit une jeune employée du laboratoire médico-légale qui va devenir l’assistance du docteur Mano, un jeune expert auprès duquel elle doit parfaire son apprentissage. Mano est assez froid et distant et leurs premiers contacts ne sont pas faciles, mais sa rigueur au travail impressionne la jeune femme.

Nous suivons donc les deux experts pendant leurs analyses qui se déroulent au sein du labo. Il y a beaucoup de preuves à analyser et nos laborantins ne se mêlent pas des enquêtes, leur travail consiste à révéler la vérité qui se cache derrière les preuves. Traces de sang, analyse ADN et blouse blanche, pas de flingues, d’enquêtes, de courses-poursuites ou de machiavéliques tueurs en séries à traquer. Le quotidien des experts médico-légaux est bien loin de l’action et du glamour des séries télé, au grand dam de notre héroïne qui s’ennuie dans le labo. Mais c’est justement ce côté réaliste et trivial que j’ai aimé. L’auteur donne d’ailleurs pas mal d’explications sur les analyses auxquelles procèdent les personnages.

Mais si nous n’avions eu que des analyses au labo, cela aurait pu devenir ennuyeux. Ne vous inquiétez pas, l’auteur a pensé à tout . Mano a un sombre passé à élucider. Sa famille a été assassinée et l’affaire n’est toujours pas résolue. Mano veut faire éclater la vérité.

Sans être particulièrement marquant, que se soit dans sons synopsis ou dans son graphisme, ce premier tome de Trance n’en est pas moins agréable et se lit rapidement. À la fin, l’envie de lire la suite était là. J’ai hâte de lire la suite.

Et puisqu’on parle manga policier, j’en profite pour vous demander quelques conseils lectures. Quelles séries me conseillerez-vous?


 

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Y, Le dernier Homme

Yorick, un jeune homme assez quelconque, un peu loser et très amoureux se morfond dans son appartement en compagnie de son petit singe Esperluette tandis que sa belle découvre l’Australie. Rien ne laissait prévisager ce qui attend Yorick. Comment un garçon aussi ordinaire peut-il devenir le dernier homme sur terre ?

Couverture Y, Le Dernier Homme (Urban), tome 1

Sans crier gare, tous les hommes, mais aussi tous les mâles mammifères meurent en quelques minutes, partout dans le monde. Yorick et don petit singe semblent être les deux seuls mâles ayant survécu.

Se cachant derrière un masque à gaz, Yorick réussit à cacher sa masculinité et à rejoindre sa mère qui travaille à la maison blanche. La nouvelle présidente décide d’envoyer Yorick accompagné d’une agent secret, l’agent 355, rejoindre une scientifique réputée pour ses travaux sur le clonage. Mais une fois arrivés chez le Dr Mann, l’aventure ne fait que commencer. Le trio va traverser l’Amérique, puis le monde en quête de réponse. Pourquoi Yorick a-t-il survécu ? Pourquoi tous les mâles sont-ils morts ? Comment cloner Yorick pour repeupler la terre de mâles ? Faut-il réintroduire les mâles sur terre ? Toutes les femmes sont loin de le penser.

En traversant un monde plongé subitement dans le chaos et retrouvant peu à peu un équilibre, le trio va rencontrer de nombreux personnages riches en couleur, vivre de palpitantes aventures et frôler la mort plus souvent qu’il ne le faut.

Un comics qui m’a tenu en haleine ! J’ai tout aimé, le scénario et les questions qu’il soulève sont très intéressants, les petites piques et remarques dont il est parsemé font bien réfléchir sur notre société qui est encore très patriarcale. Mais il y a aussi de l’action, beaucoup d’action ! Des bagarres, des fuites, des groupes armés plus fous les uns que les autres. On va de rebondissement en rebondissement. On ne s’ennuie vraiment pas ! Et le dessin est très agréable.

Série complète en 5 tomes chez Urban Comics, avec au scénario Brian K. Vaughan et au dessin Pia Guerra et Jozé Marzán Jr.

Couverture Y, Le Dernier Homme (Urban), tome 2Couverture Y, Le Dernier Homme (Urban), tome 3Couverture Y, Le Dernier Homme (Urban), tome 4Couverture Y, Le Dernier Homme (Urban), tome 5

sur le site de Urban Comics

⇒ à lire aussi les avis de a-yin et sin city


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Tokyo alien bros. – tome 1

J’avais beaucoup entendu parler de ce manga à sa sortie l’année dernière, mais je n’avais, depuis, pas encore eu le temps de le lire. Voilà qui est chose faite !

Couverture Tokyo alien bros., tome 1

Comment ne pas avoir envie de le lire avec une couverture aussi énigmatique ? Et puis les critiques étaient excellentes.

Fuyunosuke est un jeune homme charmant qui séduit tout le monde, des jeunes étudiantes qui en pincent pour lui aux vieilles du quartier, de ses camarades de sport au marchand… tout le monde à un faible pour ce garçon. Fuyunosuke  vit une vie paisible à Tokyo où il suit des cours tout en ayant un petit boulot. Mais sa vie bien tranquille va être chamboulée par l’arrivée de son frère Natsutarô qui arrive de l’espace. Oui, oui. De l’espace. Fuyunosuke et Natsutarô sont deux extraterrestres envoyés sur terre pour observer les humains et déterminer le bon moment pour une migration massive.

Tout oppose les deux frères, Fuyunosuke et charmant et s’adapte très bien à sa vie sur terre, tandis que Natsutarô enchaîne les gaffes. Réussira-t-il à s’intégrer ?

J’ai trouvé ce premier tome très drôle. La relation entre les deux frères et la relation que ceux-ci entretiennent avec les humains et hilarante. Si la relation grand et petit frère que tout oppose est relativement classique, la façon dont les deux extraterrestres observent et interprètent le mode de vie et la psychologie humaine est intéressante. Ils ne comprennent pas grand-chose aux sentiments humains et à leur motivation. Ce décalage, en plus de permettre à l’auteur d’enchainer les gags, nous fait prendre un peu de recul sur nos propres pensées. Ce qui est pour nous naturel est pour les deux frères la plus étrange des choses. On a envie de se demander, s’il pouvait lire dans mes pensées, est-ce que leur semblerais-je aussi étrange que les Tokyoïtes qu’ils côtoyant ?

Un très bon premier tome qui m’a donné envie de lire la suite.

La série publiée aux éditions Le Lézard noir se termine en seulement 3 tomes, on la doit au mangaka  Keigo Shinzo.

sur le site de l’éditeur

⇒ à lire aussi les avis de ladatchablog et Meloku


 challenge petit BAC 2018

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Spill Zone – tome 1

Que diriez-vous d’une bd sf ? Spill Zone me semblait prometteur avec sa couverture, dont je n’aime pas vraiment le bleu, mais qui m’intriguait par ses personnages et se terrifiant loup.

Spill Zone, paru fin mai chez Rue de Sèvre et une bd à la double nationalité, si j’ose dire. Le scénario est signé par Scott Westerfeld, auteur américain adepte de la sf et de la fantasy, le dessin, quant à lui, est l’oeuvre de Alex Puvilland, un illustrateur français expatrié aux USA qui avant de se lancer dans la bande dessinée à travaillé pour les studios d’animation.

SF ou Fantasy ? Dans ce premier tome, il est encore trop tôt pour le dire. En effet, on ne sait pas encore ce qui s’est réellement passé. Nous rentrons dans cet univers avec Addie, une jeune femme qui élève seule sa petite sœur étrange. Elles vivent à la lisière d’une zone mise en quarantaine après des événements survenus quelques années auparavant et ayant eu des conséquences pour le moins étranges. Est-ce une attaque extraterrestre, un phénomène naturel ou surnaturel ? Personne ne sait, mais la ville a été détruite.

S’il est interdit de s’y aventurer, Addie s’y rend fréquemment pour prendre des clichés des étranges phénomènes que l’on peut observer dans la ville. Des créatures bizarres, des balançoires vides qui bougent, des sortes de zombis flottant sans âme. La ville tout entière a été transformée en cauchemar. Très rares sont ceux qui ont survécu aux événements, et la petite soeur de Addie en fait partie. Depuis elle s’est retranchée dans un mutisme qui inquiète sa soeur. Pourtant la petite fille communique, elle communique avec sa poupée de chiffon par la pensée, et celle-ci lui répond !

Un univers étrange, tenant, à la fois, des films d’apocalypse et des histoires de magie. J’ai été happé par l’histoire. À chaque page, j’avais envie de savoir. Que s’est-il passé ? Que se cache derrière ses événements ? Pourquoi la petite soeur ne parle-t-elle plus ? Addie va-t-elle ressortir indemne de ses excursions dans la zone de quarantaine ? Qui est cette mystérieuse collectionneuse qui lui achète ses clichés ? Il y a tout un tas de questions qu’on se pose, mais les auteurs prennent leur temps, ne nous livrent pas trop de réponses à la fois, juste ce qu’il faut pour titiller encore plus notre curiosité. On prend le temps de découvrir la ville et la personnalité d’Addie, tout en étant en permanence sous tension. Va-t-elle se faire prendre ?

Je me suis beaucoup amusé avec ce tome. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Addie, qui, bien qu’assez classique, nous en avons déjà vu des Addie dans les séries et films américains, m’a été très sympathique. Et la tension est bien maintenue tout au long de l’album. En le refermant après l’avoir dévoré très vite, j’avais envie de lire la suite, même si la fin, avouons-le, n’est pas très originale.

Avec Spill Zone, on reste dans la lignée de ce genre de fiction, on en connaît tous les ficelles et il n’y a pas ici de réelles surprises, mais c’est bien mené, c’est agréable et aussi joliment dessiné. J’ai apprécié le style de Alex Puvilland que je découvre avec ce titre. Les couleurs sont un peu criardes, mais ça se marie plutôt bien avec l’ambiance générale.

Bref j’ai aimé ! Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Spill Zone sur le site de Rue de Sèvre


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Rubis & sa clique – tome 1

Rubis, une petite orpheline qui n’arrive pas à trouver sa place au sein de la énième famille d’accueil à qui elle se voit confiée, va se retrouver, par un malencontreux hasard, emporté par des extraterrestres qui l’amèneront, sans le savoir, sur un étrange marché ou une tortue à 2 têtes vient acheter des objets (vivant ou non, intelligents ou non) pour sa collection. Mais le vaisseau se fait attaquer et l’équipage abandonne la collection et les « marchandises » aux bons soins d’une dame robot. Échoué sur une petite planète à des kilomètres de la terre. Rubis ne se laisse pas démonter, ni vraiment impressionner d’ailleurs. Et grande toute sa gouaille et sa détermination. Décide de partir à la recherche d’un coin plus hospitalier et elle fait la connaissance d’un gros chat mal léché qui déteste la compagnie.

Il y a là de quoi remplir un joli tome de bd ! Certes… mais la mayonnaise n’a pas prix. Du moins pas à mon goût. Le dessin n’est pas désagréable, l’histoire ne manque pas de rebondissements et de personnages plus curieux et étranges les uns que les autres, mais il me manquait un ingrédient essentiel. Je trouve que cet album manque de peps, de ce quelque chose qui vous intrigue et vous donne envie de savoir.

Là rien, je n’ai fini ma lecture que parce que je le devais, et j’avoue, à grande peine. Je n’ai pas vraiment de reproche à faire à ce titre, je me suis tout simplement ennuyé. Le personnage de Rubis commence bien, mais il manque de profondeur, je ne l’ai pas vraiment trouvé attachante. Les extraterrestres sont plus agaçants qu’autre chose et surtout je n’avais aucun intérêt pour la suite des événements.

Mimiko, qui n’a lu que la moitié du tome avant de le reléguer au bas de sa pile de lectures, argumente qu’il y a trop de texte. Je ne trouve pas qu’il y ait forcement trop de texte, mais peut-être du texte inutile. Certaines bulles pourraient en effet être éliminées sans que cela nuise à la cohérence de l’histoire, je dirais même qu’elle en serait peut-être plus lisible.

Bref vous l’aurez compris, je n’ai pas prix plaisir à lire Rubis & sa clique. La mayonnaise ne prend pas à tout les coups et entre moi et Rubis, il n’y avait pas d’atomes crochus.

Rubis & sa clique sur le site de Rue de Sèvre

Eddie Pittman

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?


 chut les enfants lisent

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Mazzeru – Jules Stromboni

La couverture de cet imposant album a tout de suite attiré mon attention lors de mon dernier passage à la bibliothèque. Deux yeux m’observent, est-ce de la stupeur ? De la peur ? Les yeux d’un prédateur ou d’une proie ?

Mazzeru

En feuilletant l’album, j’ai été tout de suite séduite par le dessin, mais j’étais surprise par la façon dont se structure le récit. J’étais curieuse, mais en même temps un peu sceptique. Cet album allait-il me plaire ou était-il trop « intello » pour moi ?

Finalement, je me suis laissée tenter, puisque je l’ai emprunté à la bibliothèque ça ne me coûte rien d’essayer 😉 Et j’ai bien fait ! Cet album est sublime.

L’histoire s’ouvre avec un jeune garçon qui doit aider son père et son frère à la ferme. Il ne semble pas du tout apprécier cette situation et faut dire que les hommes de la famille ne sont vraiment pas tendres avec le petit dernier. Il ne rêve que de partir.

Mais au village il y a la belle Chilina. Il aime la regarder discrètement. Elle est belle, elle est douce. Elle vit seule avec son père.

L’ambiance est lourde. Tout est lourd dans la vie de ces enfants qui quittent douloureusement une enfance qui n’était déjà pas douce. Les regards au village sont lourds de sous-entendus, la famille est lourde à porter, cruelle même. Et puis il y a les légendes, le pouvoir du mazzeru qui dans ses songes prédit la mort.

Au début, j’étais un peu déstabilisée. Cet album n’a rien d’une bande dessinée au sens classique du terme. S’il y a bien des cases, pas l’ombre d’une bulle à l’horizon. Pas de dialogues non plus. Des textes, sont inséré ci et là, et s’apparente plus à de la poésie qu’à de la narration. Et ils expriment plus les pensées intérieures de l’un des personnages qu’ils ne racontent l’histoire. Au début, j’étais un peu perdue, mais très vite j’ai été happé par l’histoire qui est très lisible malgré cette narration inhabituelle.

Mais cet album est si particulier que je peine à trouver les bons mots pour vous donner envie de le lire. C’est beau, très beau. C’est poétique, c’est triste, c’est cruel. C’est corse. Cela fait peut-être cliché, mais c’est vraiment corse. On y sent pleinement cette culture et ce n’est pas exotique, c’est plutôt effrayant. Je ne connais pas bien cette culture, je dirais même que je ne connais que les chants corses que j’affectionne tout particulièrement. Je n’ai jamais vu la Corse en vrai, mais j’ai ressenti dans cet album tout ce que j’ai pu entendre ou lire sur la Corse. La rudesse de ses campagnes, la dureté de ses gens, mais aussi une poésie presque sauvage. Et tant pis si ça fait cliché de le dire, c’est vraiment le sentiment que j’ai éprouvé en lisant cet album.

Cela m’a également fait penser à de vieux films sardes que j’avais vus, la même vie rurale lourde et pas tendre avec les enfants qui doivent, tout comme les adultes, travailler dur.

sur le site de Casterman

Jules Stromboni sur tumblr

→ à lire aussi l’avis de hubris & libris


 challenge petit BAC 2018

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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Quand cette bande dessinée de Soledad Bravi et Dorothée Werner m’a été proposé par Rue de Sèvre, j’étais intéressé surtout par une lecture croisée. Je voulais l’aborder sous différents point de vues, le miens et celui de mes filles. Je trouvais intéressant de comparer le regard de 3 femmes à 3 âges différents : l’adulte, l’adolescent (même si c’est déjà une jeune adulte) et l’enfant (presque pré-ado). Trois femmes donc, mais une seule famille, résolument féministe. Il n’y avait donc personne à convaincre. Nous partions déjà en terrain conquis. Mais c’est précisément ce regard là qui m’intéressait de scruter puisque quoi qu’il arrive, c’est le genre de livre qui sera principalement lu par ceux qui sont déjà d’accord avec le propos. Je vois mal un misogyne acheter cette bande dessinée pour ses filles…

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La première à l’avoir lu c’est Yomu-chan. J’aurais aimé lui céder la première place pour qu’elle vous dises quelques mot sur ses impressions. Le problème c’est que ça fait 2 mois que je l’harcèle mais elle n’arrive pas à trouver le temps. Et plus le temps passe et plus le souvenir de ses impressions s’estompes. Je vais donc changer mon fusil d’épaule et publier cet article sans elle (et avec un peu de retard sur le programme initial ^^’).

Place à la petite sœur (heureusement la relève est là 😛 )

Ce que Mimiko en a pensé :

C’est avec beaucoup d’intérêt que Mimiko a lu (vraiment lu) cette bande dessiné. J’étais même étonnée de la voir si concentrée sur le propos, interrompant de temps à autre pour me poser quelques questions : « elle étaient toutes brûlée les femmes à cette époque !? », « tu sais qui c’est Hubertine Auclert, toi ? »…

Bref elle était concernée et a trouvé ce livre très intéressant, soulignant son caractère instructif. Elle y a appris beaucoup de choses et en a éprouvé une sincère satisfaction.

Ce que Bidib en a pensé :

Moi je suis moins enthousiaste que la petite Mimiko. Faut dire que je pinaille. Déjà, le titre commence par un gros POURQUOI écrit en majuscule. Je m’attends donc à un « parce que ». Bref, je veux une réponse à ce pourquoi et le livre n’en offre pas vraiment. On nous fait une fresque historique des droits de la femme et de sa condition sociale. C’est fort intéressant, mais cela ne répond pas à la question posé dès la couverture.

Parlons-en de cette couverture. On y voit un homme préhistorique traînant une femme par les cheveux. Le but, bien sûr, est de provoquer, peut-être aussi de traiter de primitif les hommes qui encore de nos  jours se sentent/se croient supérieur aux femmes. Mais cette image de l’homme des cavernes traînant la femelle par les cheveux est une image véhiculé par la société moderne misogyne et n’a rien à voir avec la supposé réalité des hommes préhistoriques. Et c’est un peu sous ce même regard (celui que l’interprétation misogyne du XIX/XX siècle fait de l’histoire ancienne) que l’on nous dépeint l’histoire de la femmes (en Europe…).

Pour résumer mon ressenti, j’ai eu l’impression qu’on donne un ton féministe à une histoire de discrimination, tout en continuant à véhiculer des à priori misogyne sur l’histoire, plutôt qu’à rétablir des vérités historiques montrant que la femme, même par le passé, a occupé une place importante, du moins plus importante que ce que l’on a longtemps prétendu. Je m’explique. On nous raconte par exemple qu’au Moyen Age les femmes étaient enfermé dans les donjons en attendant le retour du mari or, si cela existait c’était quand même l’exception et non la règle. La plupart des femmes de châtelain devaient s’occuper du château et de ses gens durant les absence des maris. Pour les sorcières  brûlée vives c’est la même chose. C’est effectivement un fait historique impressionnant (et épouvantable), mais qui était loin d’être une pratique courante durant le Moyen Age. D’ailleurs les femmes n’étaient pas les seules à être brûlées pour hérésie (mais si elle étaient plus nombreuses que les hommes). Sans parler du fait que les plus grosses chasses aux sorcières ont été pratiquées au XVI siècle, autrement à la Renaissance.

Bref j’ai eu l’impression qu’on mettait surtout l’accent sur les cas extrêmes de misogynie on en faisant la règle (aussi parce que en effet c’est ce que disaient les règles officielles) mais qui ne correspond pas forcement à la réalité historique de la vie quotidienne des gens. Et on ressort du jeu que quelques épingles, des femmes particulièrement connues pour leur engagement.

Or je suis plutôt adepte d’une relecture éclairé de l’histoire. J’entends éclairé par une regard dépourvu de à priori sexistes sur le passé. Par exemple j’ai lu récemment que des recherches ont été menées sur plusieurs tombes de guerriers démontrant que les femmes guerrières existait dès l’antiquité contrairement à ce que l’on avait longtemps supposé. Finalement si on a longtemps cru le contraire c’est simplement que les tombes de « guerrier » avaient été découvertes par des chercheurs à une époque où il était inenvisageable pour le chercheur de croire que le guerrier était en fait une guerrière. J’ai aussi lu des articles mettant l’accent sur le fait que hommes et femmes avaient la même corpulence (et force physique) durant la préhistoire. Ce qui vient contredire cette satanée image de l’homme des caverne traînant une femme par la chevelure. Ce ne sont là que deux exemple mais ce que je tenais à montrer ici c’est que les recherches actuelle tendent « redorer le blason » de la place de la femmes dans l’histoire, si je peux m’exprimer ainsi. Or ces points de vue là on ne les retrouve pas dans cet ouvrage et j’ai trouvé cela un peu dommage.

Ceci-dit, j’ai trouvé tout de même cette bande dessinée intéressante. Déjà parce qu’elle donne une frise historique assez complète, qu’elle donne un aperçu de ce qu’étaient en effet les droits officiels des femmes à telle ou telle époque, qu’on peut ainsi en observer l’évolution, se rendre compte que des choses aussi banale que porter un pantalon ou voter ne nous sont finalement accessible que depuis très peu de temps et que ce n’est toujours pas accessible partout dans le monde. Que même en Europe l’avortement n’est pas autorisé partout, etc. C’est une petite piqûre de rappel qui nous dit qu’il faut rester vigilant, que l’évolution du droit des femmes ne s’est pas toujours faite dans le sens de l’amélioration et qu’on est pas à l’abris d’un recul. On y apprends aussi des petites choses par ci par là. Si la plupart des périodes et des fait évoqué ne me sont pas inconnu j’avoue ne pas connaitre Hubertine Auclert.

C’est, comme l’indique le Stickers collé sur la couverture, une bonne base sur laquelle on peut s’appuyer pour après aller chercher plus loin.

C’est aussi un support ludique et accessible pour les plus jeunes, pour les sensibiliser à la question du droit de la femme, un livre à proposer dans toutes les bibliothèques (rayon jeunesse) et tous les CDI. Un support qui peut aussi permettre d’aborder la question en classe.

Il se lit bien, il ne manque pas d’humour, et les dessins sont agréables. C’est très stylisé, peut-être un peu trop à mon goût, mais cela reste une bonne base sur laquelle rebondir et travailler.

sur le site Rue de Sèvre

petite vidéo de présentation

⇒Soledad Bravi (son blog, sa page facebook)

ses bd chez Rue de Sèvres


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Calpurnia [bande dessinée]

C’est par une fin d’après-midi, douce et agréable, à l’ombre d’un prunier, que j’ai enfin pris le temps de lire et apprécier le premier tome de Calpurnia, une bande dessinée de Dalphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) sorti récemment chez Rue de Sèvres.

Le cadre bucolique de mon jardin offrait l’écrin idéal pour une lecture très… naturaliste !

Calpurnia est une jeune fille de 13 qui vit au Texas avec sa famille. Une famille bourgeoise du XIX. Le père possède une petite plantation, le grand-père passe ses journées dans son laboratoire au fond du jardin, la mère mène à la baguette cette maison que Calpurnia partage avec ses 6 frères. 6 frères !! Un cadre qui, au grand dam de la mère, ne favorise pas la féminité de sa fille. Si sa mère rêve de faire de Calpurnia une jeune fille bien élevée, jouant du piano et ayant une conduite impeccable, Calpurnia préfère de loin gambader dans la forêt et observer les animaux. Calpurnia veut devenir naturaliste.

Tout commence comme un jeu, quand le grand frère adoré offre à Calpurnia un beau cahier pour jouer à l’apprenti naturaliste. La jeune fille se prend au jeu et chaque jour y note ses observations, mais un jour, une question l’obsède, pourquoi y a-t-il de plus en plus de sauterelles jaunes et de moins en moins de vertes ? Pour trouver une réponse, Calpurnia se tourne vers cet étrange grand-père qui l’impressionne et la rencontre entre les deux se fait enfin. Calpurnia découvre un grand-père érudit qui aime partager son savoir. Le grand-père découvre que Calpurnia a un sens de l’observation aiguisé et une véritable envie d’apprendre. À partir de ce moment, les deux vont passer de plus en plus de temps ensemble à observer la nature.

Entre un papillon et une fleur, notre apprentie naturaliste nous raconte, un peu à la façon d’un journal, sa vie de famille. Les béguins de ses frères, les villes histoires du grand-père, l’école… C’est par petites touches que l’on découvre la vie de la jeune fille et celle de la bourgeoisie rurale du Texas de l’époque.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est à la fois légère et intelligente. Calpurnia est une jeune fille très attachante, curieuse et forte, loin de se contenter d’un avenir de potiche que pourrait lui réserver sa condition de fille, elle a des rêves. Elle veut devenir naturaliste, et s’intéresse aux sciences bien plus qu’à la mode. Et dans sa soif de savoir, elle trouve des alliés. Dans sa famille, hormis peut-être la mère qui aimerait qu’elle soit plus sage, personne ne semble s’offusquer de l’ambition de la jeune fille. Le grand-père décide même de nourrir sa curiosité en l’amenant avec lui lors de ses sessions d’observation.

Les voir observer la nature donne d’ailleurs envie de les imiter. Ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai aussi ce penchant que j’ai trouvé cet aspect du livre très agréable ? Quoi qu’il en soit, j’ai trouvais ça plaisant d’observer une héroïne qui aime les insectes.

Mais il n’y a pas que le naturalisme dans la vie de Calpurnia, les petites anecdotes de familles sont aussi touchantes et amusantes. J’ai beaucoup aimé l’histoire du grand-père et de la chauve-souri.

Le dessin, noir blanc et sépia, rappelle un peu l’ambiance des vieux albums photo, nous ramenant en un clin d’œil à l’époque du récit. Le récit s’articule comme un journal intime et nous feuilletons cet album comme si nous avions entre les mains le cahier de Calpurnia, nous y trouvons les cases traditionnelles de la bande dessinée, mais aussi les descriptions et les croquis qu’aurait fait la jeune fille. Le tout est bien dosé et rend la lecture agréable et ludique.

Une très jolie bande dessinée, un album épais qui ne nous laisse pas sur notre faim, mais qui donne quand même envie de lire la suite, de retrouver Calpurnia et ses observations naturalistes.

L’album m’a également donné envie de découvrir le roman. J’ai hâte de voir ce que Mimiko va penser de cette bande dessinée.

Calpurnia, tome 1 sur le site Rue de Sèvres

le roman publié chez l’école des loisirs

le site de Daphné Collignon


Challenge un max de BD en 2018 challenge petit BAC 2018

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Microcosme – Manu Larcenet

Nous avions rapporté cette petite BD d’Angoulême il y a quelques années et puis je l’ai un peu oublié sur une étagère. Ce n’est que récemment, quand j’ai chamboulé toutes mes étagères que je suis tombé dessus et j’ai enfin pris le temps de la lire.

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La première impression qui nous avait poussés à acheter l’album s’est confirmée. C’est délicieusement cynique.

Dans cette étrange bd, il n’y a que des taches. Des Jean-Jacques et des Brigitte. À chaque page sa saynète. Leur univers est morbide. Il n’y a que cancer, pollution et post-apocalypse nucléaire, sans oublier une bonne dose d’obsédés sexuels. Un bien triste avenir que nous prédit Manu Larcenet !

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Si vous aimez le politiquement correct, cette bd n’est pas pour vous. Moi, elle me fait beaucoup rire.

sur le site des éditions Les rêveurs

Manu Larcenet sur facebook


 challenge petit BAC 2018

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