Archives du mot-clé un max de BD en 2018

Spill Zone – tome 1

Que diriez-vous d’une bd sf ? Spill Zone me semblait prometteur avec sa couverture, dont je n’aime pas vraiment le bleu, mais qui m’intriguait par ses personnages et se terrifiant loup.

Spill Zone, paru fin mai chez Rue de Sèvre et une bd à la double nationalité, si j’ose dire. Le scénario est signé par Scott Westerfeld, auteur américain adepte de la sf et de la fantasy, le dessin, quant à lui, est l’oeuvre de Alex Puvilland, un illustrateur français expatrié aux USA qui avant de se lancer dans la bande dessinée à travaillé pour les studios d’animation.

SF ou Fantasy ? Dans ce premier tome, il est encore trop tôt pour le dire. En effet, on ne sait pas encore ce qui s’est réellement passé. Nous rentrons dans cet univers avec Addie, une jeune femme qui élève seule sa petite sœur étrange. Elles vivent à la lisière d’une zone mise en quarantaine après des événements survenus quelques années auparavant et ayant eu des conséquences pour le moins étranges. Est-ce une attaque extraterrestre, un phénomène naturel ou surnaturel ? Personne ne sait, mais la ville a été détruite.

S’il est interdit de s’y aventurer, Addie s’y rend fréquemment pour prendre des clichés des étranges phénomènes que l’on peut observer dans la ville. Des créatures bizarres, des balançoires vides qui bougent, des sortes de zombis flottant sans âme. La ville tout entière a été transformée en cauchemar. Très rares sont ceux qui ont survécu aux événements, et la petite soeur de Addie en fait partie. Depuis elle s’est retranchée dans un mutisme qui inquiète sa soeur. Pourtant la petite fille communique, elle communique avec sa poupée de chiffon par la pensée, et celle-ci lui répond !

Un univers étrange, tenant, à la fois, des films d’apocalypse et des histoires de magie. J’ai été happé par l’histoire. À chaque page, j’avais envie de savoir. Que s’est-il passé ? Que se cache derrière ses événements ? Pourquoi la petite soeur ne parle-t-elle plus ? Addie va-t-elle ressortir indemne de ses excursions dans la zone de quarantaine ? Qui est cette mystérieuse collectionneuse qui lui achète ses clichés ? Il y a tout un tas de questions qu’on se pose, mais les auteurs prennent leur temps, ne nous livrent pas trop de réponses à la fois, juste ce qu’il faut pour titiller encore plus notre curiosité. On prend le temps de découvrir la ville et la personnalité d’Addie, tout en étant en permanence sous tension. Va-t-elle se faire prendre ?

Je me suis beaucoup amusé avec ce tome. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Addie, qui, bien qu’assez classique, nous en avons déjà vu des Addie dans les séries et films américains, m’a été très sympathique. Et la tension est bien maintenue tout au long de l’album. En le refermant après l’avoir dévoré très vite, j’avais envie de lire la suite, même si la fin, avouons-le, n’est pas très originale.

Avec Spill Zone, on reste dans la lignée de ce genre de fiction, on en connaît tous les ficelles et il n’y a pas ici de réelles surprises, mais c’est bien mené, c’est agréable et aussi joliment dessiné. J’ai apprécié le style de Alex Puvilland que je découvre avec ce titre. Les couleurs sont un peu criardes, mais ça se marie plutôt bien avec l’ambiance générale.

Bref j’ai aimé ! Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Spill Zone sur le site de Rue de Sèvre


Share

Rubis & sa clique – tome 1

Rubis, une petite orpheline qui n’arrive pas à trouver sa place au sein de la énième famille d’accueil à qui elle se voit confiée, va se retrouver, par un malencontreux hasard, emporté par des extraterrestres qui l’amèneront, sans le savoir, sur un étrange marché ou une tortue à 2 têtes vient acheter des objets (vivant ou non, intelligents ou non) pour sa collection. Mais le vaisseau se fait attaquer et l’équipage abandonne la collection et les « marchandises » aux bons soins d’une dame robot. Échoué sur une petite planète à des kilomètres de la terre. Rubis ne se laisse pas démonter, ni vraiment impressionner d’ailleurs. Et grande toute sa gouaille et sa détermination. Décide de partir à la recherche d’un coin plus hospitalier et elle fait la connaissance d’un gros chat mal léché qui déteste la compagnie.

Il y a là de quoi remplir un joli tome de bd ! Certes… mais la mayonnaise n’a pas prix. Du moins pas à mon goût. Le dessin n’est pas désagréable, l’histoire ne manque pas de rebondissements et de personnages plus curieux et étranges les uns que les autres, mais il me manquait un ingrédient essentiel. Je trouve que cet album manque de peps, de ce quelque chose qui vous intrigue et vous donne envie de savoir.

Là rien, je n’ai fini ma lecture que parce que je le devais, et j’avoue, à grande peine. Je n’ai pas vraiment de reproche à faire à ce titre, je me suis tout simplement ennuyé. Le personnage de Rubis commence bien, mais il manque de profondeur, je ne l’ai pas vraiment trouvé attachante. Les extraterrestres sont plus agaçants qu’autre chose et surtout je n’avais aucun intérêt pour la suite des événements.

Mimiko, qui n’a lu que la moitié du tome avant de le reléguer au bas de sa pile de lectures, argumente qu’il y a trop de texte. Je ne trouve pas qu’il y ait forcement trop de texte, mais peut-être du texte inutile. Certaines bulles pourraient en effet être éliminées sans que cela nuise à la cohérence de l’histoire, je dirais même qu’elle en serait peut-être plus lisible.

Bref vous l’aurez compris, je n’ai pas prix plaisir à lire Rubis & sa clique. La mayonnaise ne prend pas à tout les coups et entre moi et Rubis, il n’y avait pas d’atomes crochus.

Rubis & sa clique sur le site de Rue de Sèvre

Eddie Pittman

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?


 chut les enfants lisent

Share

Mazzeru – Jules Stromboni

La couverture de cet imposant album a tout de suite attiré mon attention lors de mon dernier passage à la bibliothèque. Deux yeux m’observent, est-ce de la stupeur ? De la peur ? Les yeux d’un prédateur ou d’une proie ?

Mazzeru

En feuilletant l’album, j’ai été tout de suite séduite par le dessin, mais j’étais surprise par la façon dont se structure le récit. J’étais curieuse, mais en même temps un peu sceptique. Cet album allait-il me plaire ou était-il trop « intello » pour moi ?

Finalement, je me suis laissée tenter, puisque je l’ai emprunté à la bibliothèque ça ne me coûte rien d’essayer 😉 Et j’ai bien fait ! Cet album est sublime.

L’histoire s’ouvre avec un jeune garçon qui doit aider son père et son frère à la ferme. Il ne semble pas du tout apprécier cette situation et faut dire que les hommes de la famille ne sont vraiment pas tendres avec le petit dernier. Il ne rêve que de partir.

Mais au village il y a la belle Chilina. Il aime la regarder discrètement. Elle est belle, elle est douce. Elle vit seule avec son père.

L’ambiance est lourde. Tout est lourd dans la vie de ces enfants qui quittent douloureusement une enfance qui n’était déjà pas douce. Les regards au village sont lourds de sous-entendus, la famille est lourde à porter, cruelle même. Et puis il y a les légendes, le pouvoir du mazzeru qui dans ses songes prédit la mort.

Au début, j’étais un peu déstabilisée. Cet album n’a rien d’une bande dessinée au sens classique du terme. S’il y a bien des cases, pas l’ombre d’une bulle à l’horizon. Pas de dialogues non plus. Des textes, sont inséré ci et là, et s’apparente plus à de la poésie qu’à de la narration. Et ils expriment plus les pensées intérieures de l’un des personnages qu’ils ne racontent l’histoire. Au début, j’étais un peu perdue, mais très vite j’ai été happé par l’histoire qui est très lisible malgré cette narration inhabituelle.

Mais cet album est si particulier que je peine à trouver les bons mots pour vous donner envie de le lire. C’est beau, très beau. C’est poétique, c’est triste, c’est cruel. C’est corse. Cela fait peut-être cliché, mais c’est vraiment corse. On y sent pleinement cette culture et ce n’est pas exotique, c’est plutôt effrayant. Je ne connais pas bien cette culture, je dirais même que je ne connais que les chants corses que j’affectionne tout particulièrement. Je n’ai jamais vu la Corse en vrai, mais j’ai ressenti dans cet album tout ce que j’ai pu entendre ou lire sur la Corse. La rudesse de ses campagnes, la dureté de ses gens, mais aussi une poésie presque sauvage. Et tant pis si ça fait cliché de le dire, c’est vraiment le sentiment que j’ai éprouvé en lisant cet album.

Cela m’a également fait penser à de vieux films sardes que j’avais vus, la même vie rurale lourde et pas tendre avec les enfants qui doivent, tout comme les adultes, travailler dur.

sur le site de Casterman

Jules Stromboni sur tumblr

→ à lire aussi l’avis de hubris & libris


 challenge petit BAC 2018

Share

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Quand cette bande dessinée de Soledad Bravi et Dorothée Werner m’a été proposé par Rue de Sèvre, j’étais intéressé surtout par une lecture croisée. Je voulais l’aborder sous différents point de vues, le miens et celui de mes filles. Je trouvais intéressant de comparer le regard de 3 femmes à 3 âges différents : l’adulte, l’adolescent (même si c’est déjà une jeune adulte) et l’enfant (presque pré-ado). Trois femmes donc, mais une seule famille, résolument féministe. Il n’y avait donc personne à convaincre. Nous partions déjà en terrain conquis. Mais c’est précisément ce regard là qui m’intéressait de scruter puisque quoi qu’il arrive, c’est le genre de livre qui sera principalement lu par ceux qui sont déjà d’accord avec le propos. Je vois mal un misogyne acheter cette bande dessinée pour ses filles…

Résultat de recherche d'images pour "pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes"

La première à l’avoir lu c’est Yomu-chan. J’aurais aimé lui céder la première place pour qu’elle vous dises quelques mot sur ses impressions. Le problème c’est que ça fait 2 mois que je l’harcèle mais elle n’arrive pas à trouver le temps. Et plus le temps passe et plus le souvenir de ses impressions s’estompes. Je vais donc changer mon fusil d’épaule et publier cet article sans elle (et avec un peu de retard sur le programme initial ^^’).

Place à la petite sœur (heureusement la relève est là 😛 )

Ce que Mimiko en a pensé :

C’est avec beaucoup d’intérêt que Mimiko a lu (vraiment lu) cette bande dessiné. J’étais même étonnée de la voir si concentrée sur le propos, interrompant de temps à autre pour me poser quelques questions : « elle étaient toutes brûlée les femmes à cette époque !? », « tu sais qui c’est Hubertine Auclert, toi ? »…

Bref elle était concernée et a trouvé ce livre très intéressant, soulignant son caractère instructif. Elle y a appris beaucoup de choses et en a éprouvé une sincère satisfaction.

Ce que Bidib en a pensé :

Moi je suis moins enthousiaste que la petite Mimiko. Faut dire que je pinaille. Déjà, le titre commence par un gros POURQUOI écrit en majuscule. Je m’attends donc à un « parce que ». Bref, je veux une réponse à ce pourquoi et le livre n’en offre pas vraiment. On nous fait une fresque historique des droits de la femme et de sa condition sociale. C’est fort intéressant, mais cela ne répond pas à la question posé dès la couverture.

Parlons-en de cette couverture. On y voit un homme préhistorique traînant une femme par les cheveux. Le but, bien sûr, est de provoquer, peut-être aussi de traiter de primitif les hommes qui encore de nos  jours se sentent/se croient supérieur aux femmes. Mais cette image de l’homme des cavernes traînant la femelle par les cheveux est une image véhiculé par la société moderne misogyne et n’a rien à voir avec la supposé réalité des hommes préhistoriques. Et c’est un peu sous ce même regard (celui que l’interprétation misogyne du XIX/XX siècle fait de l’histoire ancienne) que l’on nous dépeint l’histoire de la femmes (en Europe…).

Pour résumer mon ressenti, j’ai eu l’impression qu’on donne un ton féministe à une histoire de discrimination, tout en continuant à véhiculer des à priori misogyne sur l’histoire, plutôt qu’à rétablir des vérités historiques montrant que la femme, même par le passé, a occupé une place importante, du moins plus importante que ce que l’on a longtemps prétendu. Je m’explique. On nous raconte par exemple qu’au Moyen Age les femmes étaient enfermé dans les donjons en attendant le retour du mari or, si cela existait c’était quand même l’exception et non la règle. La plupart des femmes de châtelain devaient s’occuper du château et de ses gens durant les absence des maris. Pour les sorcières  brûlée vives c’est la même chose. C’est effectivement un fait historique impressionnant (et épouvantable), mais qui était loin d’être une pratique courante durant le Moyen Age. D’ailleurs les femmes n’étaient pas les seules à être brûlées pour hérésie (mais si elle étaient plus nombreuses que les hommes). Sans parler du fait que les plus grosses chasses aux sorcières ont été pratiquées au XVI siècle, autrement à la Renaissance.

Bref j’ai eu l’impression qu’on mettait surtout l’accent sur les cas extrêmes de misogynie on en faisant la règle (aussi parce que en effet c’est ce que disaient les règles officielles) mais qui ne correspond pas forcement à la réalité historique de la vie quotidienne des gens. Et on ressort du jeu que quelques épingles, des femmes particulièrement connues pour leur engagement.

Or je suis plutôt adepte d’une relecture éclairé de l’histoire. J’entends éclairé par une regard dépourvu de à priori sexistes sur le passé. Par exemple j’ai lu récemment que des recherches ont été menées sur plusieurs tombes de guerriers démontrant que les femmes guerrières existait dès l’antiquité contrairement à ce que l’on avait longtemps supposé. Finalement si on a longtemps cru le contraire c’est simplement que les tombes de « guerrier » avaient été découvertes par des chercheurs à une époque où il était inenvisageable pour le chercheur de croire que le guerrier était en fait une guerrière. J’ai aussi lu des articles mettant l’accent sur le fait que hommes et femmes avaient la même corpulence (et force physique) durant la préhistoire. Ce qui vient contredire cette satanée image de l’homme des caverne traînant une femme par la chevelure. Ce ne sont là que deux exemple mais ce que je tenais à montrer ici c’est que les recherches actuelle tendent « redorer le blason » de la place de la femmes dans l’histoire, si je peux m’exprimer ainsi. Or ces points de vue là on ne les retrouve pas dans cet ouvrage et j’ai trouvé cela un peu dommage.

Ceci-dit, j’ai trouvé tout de même cette bande dessinée intéressante. Déjà parce qu’elle donne une frise historique assez complète, qu’elle donne un aperçu de ce qu’étaient en effet les droits officiels des femmes à telle ou telle époque, qu’on peut ainsi en observer l’évolution, se rendre compte que des choses aussi banale que porter un pantalon ou voter ne nous sont finalement accessible que depuis très peu de temps et que ce n’est toujours pas accessible partout dans le monde. Que même en Europe l’avortement n’est pas autorisé partout, etc. C’est une petite piqûre de rappel qui nous dit qu’il faut rester vigilant, que l’évolution du droit des femmes ne s’est pas toujours faite dans le sens de l’amélioration et qu’on est pas à l’abris d’un recul. On y apprends aussi des petites choses par ci par là. Si la plupart des périodes et des fait évoqué ne me sont pas inconnu j’avoue ne pas connaitre Hubertine Auclert.

C’est, comme l’indique le Stickers collé sur la couverture, une bonne base sur laquelle on peut s’appuyer pour après aller chercher plus loin.

C’est aussi un support ludique et accessible pour les plus jeunes, pour les sensibiliser à la question du droit de la femme, un livre à proposer dans toutes les bibliothèques (rayon jeunesse) et tous les CDI. Un support qui peut aussi permettre d’aborder la question en classe.

Il se lit bien, il ne manque pas d’humour, et les dessins sont agréables. C’est très stylisé, peut-être un peu trop à mon goût, mais cela reste une bonne base sur laquelle rebondir et travailler.

sur le site Rue de Sèvre

petite vidéo de présentation

⇒Soledad Bravi (son blog, sa page facebook)

ses bd chez Rue de Sèvres


Share

Calpurnia [bande dessinée]

C’est par une fin d’après-midi, douce et agréable, à l’ombre d’un prunier, que j’ai enfin pris le temps de lire et apprécier le premier tome de Calpurnia, une bande dessinée de Dalphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) sorti récemment chez Rue de Sèvres.

Le cadre bucolique de mon jardin offrait l’écrin idéal pour une lecture très… naturaliste !

Calpurnia est une jeune fille de 13 qui vit au Texas avec sa famille. Une famille bourgeoise du XIX. Le père possède une petite plantation, le grand-père passe ses journées dans son laboratoire au fond du jardin, la mère mène à la baguette cette maison que Calpurnia partage avec ses 6 frères. 6 frères !! Un cadre qui, au grand dam de la mère, ne favorise pas la féminité de sa fille. Si sa mère rêve de faire de Calpurnia une jeune fille bien élevée, jouant du piano et ayant une conduite impeccable, Calpurnia préfère de loin gambader dans la forêt et observer les animaux. Calpurnia veut devenir naturaliste.

Tout commence comme un jeu, quand le grand frère adoré offre à Calpurnia un beau cahier pour jouer à l’apprenti naturaliste. La jeune fille se prend au jeu et chaque jour y note ses observations, mais un jour, une question l’obsède, pourquoi y a-t-il de plus en plus de sauterelles jaunes et de moins en moins de vertes ? Pour trouver une réponse, Calpurnia se tourne vers cet étrange grand-père qui l’impressionne et la rencontre entre les deux se fait enfin. Calpurnia découvre un grand-père érudit qui aime partager son savoir. Le grand-père découvre que Calpurnia a un sens de l’observation aiguisé et une véritable envie d’apprendre. À partir de ce moment, les deux vont passer de plus en plus de temps ensemble à observer la nature.

Entre un papillon et une fleur, notre apprentie naturaliste nous raconte, un peu à la façon d’un journal, sa vie de famille. Les béguins de ses frères, les villes histoires du grand-père, l’école… C’est par petites touches que l’on découvre la vie de la jeune fille et celle de la bourgeoisie rurale du Texas de l’époque.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est à la fois légère et intelligente. Calpurnia est une jeune fille très attachante, curieuse et forte, loin de se contenter d’un avenir de potiche que pourrait lui réserver sa condition de fille, elle a des rêves. Elle veut devenir naturaliste, et s’intéresse aux sciences bien plus qu’à la mode. Et dans sa soif de savoir, elle trouve des alliés. Dans sa famille, hormis peut-être la mère qui aimerait qu’elle soit plus sage, personne ne semble s’offusquer de l’ambition de la jeune fille. Le grand-père décide même de nourrir sa curiosité en l’amenant avec lui lors de ses sessions d’observation.

Les voir observer la nature donne d’ailleurs envie de les imiter. Ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai aussi ce penchant que j’ai trouvé cet aspect du livre très agréable ? Quoi qu’il en soit, j’ai trouvais ça plaisant d’observer une héroïne qui aime les insectes.

Mais il n’y a pas que le naturalisme dans la vie de Calpurnia, les petites anecdotes de familles sont aussi touchantes et amusantes. J’ai beaucoup aimé l’histoire du grand-père et de la chauve-souri.

Le dessin, noir blanc et sépia, rappelle un peu l’ambiance des vieux albums photo, nous ramenant en un clin d’œil à l’époque du récit. Le récit s’articule comme un journal intime et nous feuilletons cet album comme si nous avions entre les mains le cahier de Calpurnia, nous y trouvons les cases traditionnelles de la bande dessinée, mais aussi les descriptions et les croquis qu’aurait fait la jeune fille. Le tout est bien dosé et rend la lecture agréable et ludique.

Une très jolie bande dessinée, un album épais qui ne nous laisse pas sur notre faim, mais qui donne quand même envie de lire la suite, de retrouver Calpurnia et ses observations naturalistes.

L’album m’a également donné envie de découvrir le roman. J’ai hâte de voir ce que Mimiko va penser de cette bande dessinée.

Calpurnia, tome 1 sur le site Rue de Sèvres

le roman publié chez l’école des loisirs

le site de Daphné Collignon


Challenge un max de BD en 2018 challenge petit BAC 2018

Share

Microcosme – Manu Larcenet

Nous avions rapporté cette petite BD d’Angoulême il y a quelques années et puis je l’ai un peu oublié sur une étagère. Ce n’est que récemment, quand j’ai chamboulé toutes mes étagères que je suis tombé dessus et j’ai enfin pris le temps de la lire.

Résultat de recherche d'images pour "microcosme manu larcenet"

La première impression qui nous avait poussés à acheter l’album s’est confirmée. C’est délicieusement cynique.

Dans cette étrange bd, il n’y a que des taches. Des Jean-Jacques et des Brigitte. À chaque page sa saynète. Leur univers est morbide. Il n’y a que cancer, pollution et post-apocalypse nucléaire, sans oublier une bonne dose d’obsédés sexuels. Un bien triste avenir que nous prédit Manu Larcenet !

Résultat de recherche d'images pour "microcosme manu larcenet"

Résultat de recherche d'images pour "microcosme manu larcenet"

Si vous aimez le politiquement correct, cette bd n’est pas pour vous. Moi, elle me fait beaucoup rire.

sur le site des éditions Les rêveurs

Manu Larcenet sur facebook


 challenge petit BAC 2018

Share

The End – Zep

Théodore rejoint une équipe scientifique dans une forêt suédoise pour étudier la communication des arbres. Le professeur qui dirige les recherches défend l’idée que les arbres sont capables de communiquer entre eux et de produire des toxines afin de se défendre, voire même de réguler la vie sur terre. Professeur fantasque ou visionnaire ? Cela aurait-il quelque chose à voir avec ces morts inexpliquées survenues quelque temps auparavant en Espagne ?

Alors que l’équipe est sur le point de mettre la main sur un ADN qui révolutionnera la science, la Fin arrive. La Fin, celle avec un grand F. La fin de notre monde tel que nous le connaissons et cette fin, si nous l’avons largement mérité par notre comportement irresponsable envers la nature, elle nous arrive par les arbres. Mais est-ce la fin de tout ?

J’ai trouvé le point de départ de cette bande dessinée très intéressant d’autant plus qu’il s’inscrit dans l’actualité. L’écologie est au coeur des enjeux de notre siècle et les décisions qui seront prises dans les années qui viennent auront de lourdes conséquences sur l’écosystème de la terre tout entière. J’ai bien peur que ce soit une responsabilité bien trop grande pour les frêles épaules de l’humanité, déjà dépassées par sa propre évolution. Le sujet semble également inquiéter Zep, qui, à travers ce thriller écologique, veut nous alarmer sur la gravité de la situation.

Une idée de départ intéressante, donc, avec une importance toute particulière accordée aux arbres. Cela aussi est dans l’air du temps. De récentes recherches ont en effet mis en lumière la capacité des arbres (et des végétaux en général) à communiquer chimiquement entre eux, sans parler des livres récemment sortis faisant la part belle à l’intelligence des arbres.

Si je n’ai pas lu ces livres (pas encore du moins) j’ai eu vent des recherches sur le sujet et ai trouvé ça intéressant de retrouver ici des choses entendues ailleurs dans des contextes très différents.

Cependant j’ai été un peu déçue par cette bd. Je l’ai lue avec beaucoup de plaisir, c’est agréable et assez prenant, mais il me manquait quelque chose. Déjà, je trouve que cette réaction des arbres arrive un comme un cheveu sur la soupe, d’un coup, sans trop crier gare, comme par hasard juste au moment au les scientifiques sont sur le point de décoder le message que porte l’ADN des arbres. Je n’ai d’ailleurs pas très bien compris cette histoire d’ADN. Mais ce qui m’a chiffonné c’est la rapidité avec laquelle cette Fin arrive. Je n’ai pas trouvé ça très réaliste.

Par ailleurs, je trouve dommage que la dernière partie de la bd ne soit pas plus développée. Difficile de vous livrer mes impressions exactes sans trop vous en dire. Mais, disons que ce qui est intéressant dans une apocalypse c’est la post-apocalypse, or ici on ne nous livre pas vraiment de pistes intéressantes sur l’après.

The End a du moins le mérite de nous interpeller sur le pourquoi d’une fin qui n’est peut-être pas imminente (comme dans l’histoire), mais qui ne relève peut-être pas de la science-fiction, en tout cas, si on continue à aller droit dans le mur.

Côté dessins, j’ai trouvé ça agréable, j’aime le trait fin et expressif, mais je n’ai pas compris le jeu de couleurs sur le fond. Une page et dans les tons bleu, l’autre dans des tons marron et cette variation de couleurs ne semble pas toujours porter un sens. Et ça m’a beaucoup perturbé, parce que j’essayais de comprendre ce que cela pouvait bien signifier.

En conclusion, je dirais que j’ai passé un bon moment avec cette bande dessinée, mais qu’elle ne va pas au bout de ses promesses. J’étais un peu frustrée en la refermant.

sur le site de Rue de Sèvres

Zep


Challenge un max de BD en 2018

Share

Éclat(s) d’âme

J’avais repéré ce titre avec les sorties de février. Dans un premier temps, c’est la couverture et le titre qui m’avait intrigué, puis le pitch m’a séduit. Je suis toujours intéressé par la question de l’identité sexuelle et l’acceptation de soi. Je l’avais cherché dans ma librairie bd, mais ils ne l’ont soit pas commandé, soit pas assez commandé parce que j’y suis passé plusieurs fois sans le voir. Je n’étais pas encore sûre de vouloir le commander (j’aime bien feuilleter un album avant de l’acheter), mais les nombreux éloges et photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux ont fini par me convaincre. Et quand je l’ai vu dans la librairie BD que fréquente Yomu-chan à Bordeaux, je n’ai pas trop hésité. Mais le risque, quand un titre reçoit trop de critiques positives, c’est d’en être en fin déçu. Alors qu’en est-il avec ce premier tome d’Eclat(s) d’âme de Yuhki Kamatani, sorti chez Akata?

Tout d’abord un mot sur le dessin que j’ai beaucoup aimé. Il est délicat et offre quelques planches particulièrement belles. La mise en scène est claire, la lecture très agréable.

Qu’en est-il du contenu ? Franchement, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai aimé le départ de l’histoire qui nous place du point de vue subjectif du héros, Tasuku, profondément troublé par la révélation de son homosexualité à l’école contre son gré et qui ne voit pas d’autre issue que le suicide. Une petite touche fantastique mène le héros vers ce lieu de rencontre où il peut trouver un refuge et ainsi échapper à ses pensées macabres. Cette pincée de mystère qui entoure la jeune femme qui interrompt son suicide, je ne l’ai pas trouvé désagréable, même si c’est peut-être un peu trop flou. Qui est cette femme au caractère vraiment étrange ? En serons-nous plus dans les prochains tomes ?

Si dans ce premier tome l’histoire se focalise surtout sur le Tasuku, on y côtoie aussi deux jeunes adultes, également homosexuels. S’ils ont plus de maturité et donc plus de recul sur la question de leur homosexualité que notre jeune héros, le sujet n’en reste pas moins difficile. On y aborde la question du coming out, est-il plus facile de vivre son homosexualité en secret ou en plein jour ? Des questions que les jeunes adultes n’ont pas encore tout à fait fini de se poser et qui font aussi réfléchir notre héros sur sa propre position. Le tout est raconté avec un ton assez léger, mais on ne fait pas l’impasse sur la profonde angoisse que nos héros peuvent ressentir. J’ai beaucoup aimé les deux jeunes adultes parce qu’ils sont très positifs. Plein d’énergie et de beaux projets (ils travaillent pour une association qui réhabilite de vieilles maisons détériorées et rien que ça, j’adore) et essayent d’aborder la vie de façon positive malgré leurs difficultés présentes et passées.

Résultat de recherche d'images pour "éclat(s) d'âme"

Dans ce lieu de rendez-vous, on aperçoit d’autres personnages, mais sur eux on n’apprend pas grand-chose dans ce premier tome. Tout ce que l’on sait c’est que tous ceux qui se retrouvent là ont un jour eu envie d’en finir avec la vie.

À la fin du premier tome, j’avais envie de continuer l’aventure, de voir le héros mûrir et s’assumer, mais aussi de découvrir ces autres personnages secondaires.

Suis-je donc aussi enthousiaste que les avis que j’ai glanés sur les réseaux sociaux ? Non. J’ai trouvé ce manga très agréable, un beau dessin, un sujet intéressant, une lecture plaisante, des personnages attachants. Mais pas non plus de quoi en faire un plat. Pour moi c’est un bon manga, pas un chef d’oeuvre. À voir si la suite me fera changer d’avis.

⇒ à lire aussi les avis de Bobo et Meloku

sur le site d’Akata


 Challenge un max de BD en 2018

Share

Challenges 2018 – bilan du 1er trimestre

Le premier trimestre 2018 s’achève, le temps est venu de voir où j’en suis des divers challenges dans lesquels je me suis lancée. Et cette année j’ai été encore plus gourmande en challenge que d’habitude !

(cliquez sur les logo pour voir les articles de présentation)


Les challenges annuels

challenge petit BAC 2018

On joue au petit bac avec les titres de livres, 10 catégories plus un bonus :

Il ne me manque plus que un titre à mot unique et le bonus pour finir la première ligne. La deuxième est déjà bien commencée 3 mots trouvés 🙂


challenge Amérique Latine

Partir à la découverte de la culture latino-américaine  avec le challenge Amérique du Sud/Amérique latine :

Musique :
Cuisine :

BD :

 


Des livres en cuisine

Allier la littérature et les plaisir de bouche :


  je (re)lis des classiques


challenge albums 2018

Lire et chroniquer au moins 20 albums illustrés avant le 31 décembre

en janvier :
en février :
en mars :


Challenge un max de BD en 2018

50 catégories, un livre pour chacune d’entre elle

  1. Où il pleut
  2. Avec des animaux qui parlent : Alvin
  3. En couleur
  4. En noir et blanc + une couleur
  5. Avec des personnages LGBTQ+ : Les Cent Nuits de Héro
  6. Qu’une connaissance a adoré
  7. Qui a (eu) mauvaise presse
  8. Où on ignore le genre d’un des personnages
  9. Dont le scénariste et le dessinateur sont de deux nationalités différentes
  10. Fantastique
  11. De science-fiction
  12. Explicative/documentaire
  13. Dont on possède un objet dérivé
  14. Adapté d’une autre œuvre (film, peinture, roman, etc) : Baker Street
  15. Qui parle de fantômes
  16. De sorcières
  17. De vampires
  18. Qu’on a reçu en cadeau
  19. Dont la couverture est majoritairement verte : Vies volées Buenos Aires Place de Mai
  20. Loué à la bibliothèque : L’Ultime Défi de Sherlock Holmes
  21. Emprunté (mais pas à la bibliothèque)
  22. Dans une autre langue que le français
  23. Auto-éditée
  24. Qui demande une interaction autre que la lecture
  25. Dévorée d’une traite
  26. Qu’on a mis plus de trois jours à finir
  27. Avec des héros enfants (- de 12 ans) : Les Quatre de Baker Street
  28. Sans texte
  29. Au contenu adulte
  30. Qui aborde le handicap
  31. Qu’une connaissance n’a pas aimé du tout
  32. Qu’on a acheté/loué après la lecture d’une critique sur un blog
  33. Qu’on voulait lire depuis très longtemps (plus de 2 ans) : L’homme montagne
  34. Sortie depuis moins d’un mois : Darnand le bourreau français 1/3
  35. Adaptée d’un blog
  36. Éditée grâce à un crowdfunding
  37. Historique
  38. Achetée lors d’un salon
  39. Dont on a rencontré l’auteur
  40. Un one-shot : Je suis un autre
  41. Qui est la première BD de l’auteur
  42. Qu’on aimerait faire lire au monde entier
  43. Qui nous a fait pleurer
  44. Qui nous a déçu
  45. Qui aborde une cause importante à nos yeux
  46. Qui a été éditée avant notre naissance
  47. Choisie au pif
  48. Sélectionnée par son libraire
  49. Le dernier tome d’une série
  50. Au contenu scientifique

British mysteries 2016_2.jpg

Atmosphère thriller et/ou fantastique so british

roman
BD/manga
Musique

challenge WWI

Projecteurs sur la première guerre mondiale :


voisins voisines 2018

Je me suis inscrite un peu en retard mais j’avais déjà quelques billet à proposer 🙂

Norvège : Le bonhomme de Niege

Irlande : Mon père est parti à la guerre

Suède : On se revoit quand ?


Les mois à thème

Février

explorer l’histoire Afro-américaine au mois de février

Cuisine
Art

BD

Mars

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air

(re)découvrir les contes d’ici de d’ailleurs

J’ai déjà posté un récap de toutes les participations dans ce billet de clôture. voici les billet que j’ai proposé moi-même :

 

Share

Le diable aux trois cheveux d’or (en trois services)

D’un conte trois coup ! Je vous propose 3 versions du conte des frères Grimm : le Diables aux trois cheveux d’or.

Dans un village, dans une famille très pauvre, né un petit garçon coiffé, un garçon de la chance. Une sorcière qui passe par la prédit qu’à 14 ans il épousera la fille du roi. Mais le roi ne l’entends pas de cette oreille là et décide de se débarrasser du bébé en le jetant dans la rivière. Mais le bébé est trouvé et élevé par le meunier et son épouse.

L’année de ses 14 ans, le roi passe par hasard chez le meunier et découvre que le garçon est toujours en vie, il imagine alors un stratagème pour tuer le garçon. Son plan échoue encore et quand il rentre au château il découvre que le jeune homme a épousé sa fille. Furieux il envoie le garçon chercher les 3 cheveux d’or du diable, sûr que celui-ci ne réussira jamais à revenir de l’enfer. Mais le garçon de la chance à plus d’un tour dans son sac et il reviendra avec mes 3 cheveux d’or et bien plus encore.

une bande dessinée

Commençons avec une version en bande dessinée de Cécile Chiacault publié par Delcourt.

Image associée

Cécile Chicault propose le conte dans sa forme classique. Le dessin, de 1999, date un peu mais ça reste agréable à lire. Cela m’a justement fait penser à certaines bd jeunesse que je lisais gamine par l’ambiance et le graphisme.

La série compte 6 contes des frères Grimm. Je n’ai lu que celui-ci, étant tombée par hasard sur le tome d’occasion.

Une lecture que j’ai trouvé sympathique parce que je ne connaissais pas ce conte mais qui ne me marquera pas dans le temps.

sur le site des éditions Delcourt

Cécile Chicault

une version audio :

Si vous ne connaissez pas encore se compte vous pouvez rapidement le découvrir grâce à cette version audio lue par Nathalie Mussard, une voix agréable et une lecture sans chichi.

J’en avait trouvé une autre version avec plusieurs voix et pour le coup plein de chichi (bruitages divers et variés), je trouvais cette version marrante mais Mimiko ne l’a pas aimé. Elle a préféré la versions ci-dessus. Elle n’a pas du tout aimé les effets sonores de cette deuxième version audio

J’ai trouvé ces version en cherchant la version originale du conte puisque je l’ai découvert avec la bande dessinée. En là je suis aussi tombé sur un dessins animé.

un dessin animée :

Simsala Grimm est une série animée allemande qui reprend les contes des frères Grimm en 52 épisodes de 25 minutes. Je connaissais cette série par l’un de ses épisodes que ma fille avait en dvd. Je ne suis pas franchement fan, le graphisme est assez banal et l’animation grossière. Sans parler du fait que les contes sont assez librement adapté. Dans les 3 cheveux d’or du diable on passe sur tous le préliminaire, la naissance de l’enfant et la raison pour lequel le rois veux s’en débarrasser. Du coup on comprends pas bien pourvoir il voudrait le faire exécuter.

La série a néanmoins le mérite de faire découvrir des contes traditionnels.

Résultat de recherche d'images pour "Dessin animé des contes de Grimm"


  chut les enfants lisent

 

Share