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Du shôjo, mais oui, pourquoi pas !

Fin 2012, alors que Ma petite Médiathèque venait tout juste d’avoir un an, à l’heure de faire un premier bilan, je décidais que la découverte du shôjo, et plus généralement du manga féminin, deviendrait un des objectif de 2013.

La première étape fut mon inscription sur le forum du Club Shôjo où j’espérais trouver quelques bons conseils. J’y trouvais bien plus que de simples conseils : une équipe super sympa. De quoi me motiver dans cette aventure, pour laquelle j’étais un peu réticente.

4 mois plus tard, un contribution bien modeste au forum (1 fiche shônen, 1 fiche seinen et 1 yaoi), quelques challenges et discussions diverses et variés, voilà que je reçois une invitation pour participer à un événement interblog. L’idée est sympa et je suis ravie.

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Oui mais voilà, le thème en est bien sûr le shôjo (entendre par là le manga pour filles/femmes au sens large). Et plus précisément :

Quelles sont les caractéristiques d’un bon shôjo selon toi ? Qu’est ce qui t’intéresse dans les shôjo ?

 Que vais-je bien pourvoir dire alors que je connais si mal ce genre de manga ? Mais qu’à cela ne tienne. Nico Robin me suggère alors d’expliquer pourquoi la découverte du shôjo fait partie de mes objectifs pour cette année.

Question intéressante, que je ne me suis pas vraiment posé. Voilà l’occasion rêvé de faire le point sur mes motivations et mon avancé dans ce monde hostile du shôjo.

Amour, sentiments et eaux de rose !

Hostile, oui, j’ai bien dit hostile. Le rose, l’amour, le romantisme, les larmes, les « je t’aime, moi non plus »… ça fait peur ! Alors j’invente plein d’excuses : c’est trop fleur bleue, c’est niais, c’est pas intéressant, j’ai passé l’âge… Enfin, c’est pas les excuses qui manquent pour se passer de shôjo. Mais voilà, j’ai mauvaise conscience ! Non parce que j’en ai lu combien de shôjo pour juger ?

Ben… c’est à dire que… heu… 3. Peut-être 4…

C’est pas avec ça que je vais pouvoir me faire une idée ! Parler sans connaître, j’aime pas ça. Voilà donc ma première motivation : lire du shôjo pour savoir si vraiment c’est pas fait pour moi.

Puis, il suffit de se poser la question 5 minutes pour ce rendre compte que sous le terme générique de shôjo se cachent des styles, genres et sous-genres très différents les uns des autres. Tout n’est pas bon à prendre, mais je suis sûre qu’en cherchant bien je peux trouver chaussure à mon pied dans le manga pour femme.

Le but de mon explorations est donc de :

1 – découvrir les différentes facettes du shôjo

2 – trouver du bon manga pour femme, loin des clichés et des amourettes lycéennes (parce que là, j’ai vraiment passé l’âge ! Enfin, je l’ai jamais eu cet âge là, mais ça c’est une autre histoire)

3 – Accepter la femme qui est en moi et apprécier des lectures romantiques

Dora l’exploratrice

Armée de mon petit sac à dos, d’une carte (le club shôjo et son forum) et de Babouche (plusieurs Babouches même) je suis donc partie explorer un univers qui flore bon l’œstrogène.

Cela fait 4 petits mois d’amour et … Difficile de se passer de seinen. Malgré ma bonne volonté, les visites en librairie se terminent souvent par un seinen ou deux. Mais ces derniers temps j’ai été une bonne élève. Ma wish-liste shôjo est passé de 0 à plusieurs tomes, et quelques bonnes et moins bonnes lectures ont suivi.

Comme dit le proverbe : « doucement, mais sûrement » !

Alors, verdict ?

J’ai tenté le shôjo ultra classique des amourettes lycéenne (et le shôjo harem) avec Five et là c’est sûr, ce manga là, très peu pour moi ! J’ai même pas trouvé ça drôle, comme c’était le cas par exemple de Palais de Park So Hee (sunjung manhwa à la trame classique mais traité avec beaucoup d’humour). J’ai d’abord cru qu’il s’agissait là d’un très mauvais manga du genre, mais, à en lire d’autres critiques plutôt positives, j’en déduit que c’est juste moi qui aime pas. Voilà ! Et là, je n’ai fait que confirmer mes à priori négatifs.

Mais il ne faut jamais s’arrêter sur un échec ! Je continue à explorer.

Grâce à des conseils avisés et le hasard des offres d’occaz j’ai acheté River’s Edge de Kyoko Okazaki. Bien que celui-ci soit classé comme seinen par l’éditeur français, il s’agit à l’origine d’un josei (manga pour femme). Loin des stéréotypes, des amourettes et des cliché à l’eau de rose, River’s Edge dépeint des ados tourmentés. Ici l’accent est mis sur leur mal de vivre et sur la perversité d’une société qui les oppresse. Les personnages sont réalistes et intéressant. Alors que le dessin me rebutait un peu, j’ai finalement été ravie de découvrir une autre facette du manga pour femme, plus sérieux, plus mûr et proche du genre de seinen que j’aime lire. D’ailleurs, qu’il s’agisse d’un josei ou d’un seinen ce titre plaira autant aux hommes qu’au femmes, bien moins aux jeunes filles en mal d’amour.

Objectif 1 et 2 atteint ! Ce one-shot montre bien que le manga pour femme ce n’est pas que des histoires édulcorées et ça me plaît.

J’ai continué à n’aventurer dans le josei avec un album très différent, je dirais même à l’extrême opposé de River’s Edge : Romance d’outre-tombe de Natsumi Sumeragi. Une relecture. C’est un des premier josei que j’ai lu, il y a quelques années. A l’époque il m’avais laissé indifférente. Retombée dessus par hasard, je me suis dit que c’était l’occasion de m’y replonger avec un regard nouveau.

Objectif 3 atteint ! Parce que ici, côté romance on est bien servi. Et j’ai aimé ça !

Ai-je attrapé le virus shôjo ?!

Les symptômes ne sont pas encore là, ma wish liste compte toujours une majorité de seinen, quelques josei et peu de shôjo. Mais on peut voir qu’une certaine contamination c’est opéré. Je n’ai plus les mêmes à priori. Et si on me parle shôjo je ne m’enfuis plus à toute jambes. Il y a un certain genre de shôjo auquel je n’adhère pas vraiment : les romances trop stéréotypée qui traînent en longueur, les shôjo harem qui se ressemblent beaucoup les uns les autres…

Eh ! Mais t’avais pas dit que t’en avais lu que trois ou quatre ?!

Oui, c’est vrai, j’en ai lu très peu (maintenant ça fait plus que 4 ^^). Mais ce que je ne vous ai pas dit c’est que, avant de me mettre à lire des manga, j’ai regardé énormément d’animes, parmi lesquels nombreux était destiné à un public féminin, dans des styles très divers allant du magical girl au school life, des histoires d’amour mignonnettes aux relations incestueuses, du gentil shonen-aï aux hard yaoi… Bref j’ai tout testé (ou presque).

Si je connaissais donc déjà les thématiques du shôjo, ce que je veux découvrir, c’est la version écrite : la narrative et le graphisme du shôjo, différents de ceux du shonen ou du seinen.

La suite des aventures de Dora au pays du shôjo ? Pour la semaine shôjo, j’ai décidé de concocter dans les jours qui viennent un petit panier de manga spécial shôjo.

Non mais ça va pas du tout ça ! Le thème c’est « les caractéristique d’un bon shôjo »!!

Ben… à cette question j’y répondrais l’année prochaine, peut-être…

Et vous, lisez-vous des shôjo ?

Que les shôjoadict n’hésitent pas à me laisser des bons conseils pour mes futures lectures œstrogénique.


La semaine Shôjo chez les copains :

Yaoi Cast => Qu’est-ce qu’un bon yaoi ?

Le Chapelier Fou => La semaine du Shôjo chez le Chapelier Fou

La médiathèque d’ivan isaak => La semaine du shôjo

Club Shojo => Les caractéristiques d’un bon shôjo

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Salon du livre Paris – Rencontre avec les auteurs de Cesare

Le moins qu’on puisse dire c’est que Ki-oon a mis le paquet pour promouvoir sa série Cesare, dont le tome 2 sortait juste avant le salon. Son auteur, Fuyumi Soryo, et le superviseur historique de la série, Motoaki Hara, étaient invités. Après une séance de dédicace que j’ai loupée de justesse, enfin d’après le programme j’étais à l’heure, mais faut croire que le programme… en tout cas je me suis fait gentillement renvoyer. Pour une fois que je fait l’effort de demander une dédicace (T-T), on m’y reprendra pas :p

Mais je ne suis pas rancunière et j’ai très envie d’écouteur l’auteur et son acolyte lors de leur conférence qui débute peut de temps après mon renvoi du stand Ki-oon. Très beau stand, soit dit en passant, avec de nombreux dessin de Fuyumi Soryo. J’ai pris plein de photos, vous en voulez ?

Les photos ! les photos !

Oui, je fait les questions, réponses, ça serait trop long d’attendre des vraies réponses :p

Cesare au stand Ki-oon :

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Rencontre avec Fuyumi Soryo et Motoaki Hara :

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Fuyumi Soryo est une mangaka qui a déjà plus de 30 ans de carrière. C’est pour payer ses études de mode qu’elle participe à un concours de manga et commence ainsi sa carrière. Compte tenu de son style graphique et des besoins du marché, ses éditeurs la poussent à produire du shôjo. Ce n’est que plus tard , une fois le marché du seinen bien en place qu’elle s’essayera a ce genre plus mature. En France on peut lire d’elle Mars, un shôjo écrit en 1996 disponible chez Panini, ES Eternal sabbath, un seinen de 2002 disponible chez Glénat, et bein sûr Cesare, commencé en 2006 et toujours en cours. C’est pour nous présenter cette dernière série, dont le deuxième tome vient de sortir aux éditions Ki-oon que l’auteur était cet année au Salon du Livre, accompagnée de Motoaki Hara, superviseur historique de la série. Motoaki Hara est spécialiste de la littérature et de l’histoire italienne, professeur à l’Université des arts libéraux à Tokyo et à l’Université d’Ochanomizu, il travaille en se moment à une nouvelle traduction de la Divine Comédie de Dante. Étudiant, il obtient une bourse qui lui permet d’aller étudier en Italie à l’Université de Ca’ Foscari de Venise.

La rencontre qui suivra, animée par Remi de Bodoï, prendra une allure de téléphone arabe, voir même de dialogue de sourd, avec des réponses souvent à côté de la plaque. Est-ce que l’auteur ne veux pas répondre? Est-ce qu’il y a un petit problème de traduction ? Les questions ne sont-elle pas assez explicites ? Peut m’importe la raison, je ne vais pas ici faire une retranscription précise.

Fuyumi Soryo nous parle de son travail :

Après avoir expliqué que, si elle a surtout travaillé sur du shôjo ce n’est pas par choix personnel, mais plutôt orienté par ses éditeur, Fuyumi Soryo nous dit avoir depuis longtemps été intéressé par le seinen. Et depuis longtemps elle souhaité mettre en scène une histoire qui se déroulerais durant la Renaissance italienne, période qui l’intéresse depuis ses études d’art. Mais le style shôjo ne s’y prêtant pas, elle met se projet en réserve pour plus tard. C’est tout d’abord à Leonard De Vinci qu’elle pense. Met ce personnage fait déjà l’objet de nombreuses biographie, raconter ça vie n’aurait rien de « révolutionnaire ». Alors qu’elle fait des recherches sur De Vinci, elle découvre Cesare Borgia. Ce personnage l’intrigue par les opinions contradictoires qu’elle lit sur lui. La complexité du personnage attire son attention, mais les recherches s’avèrent difficiles. L’éditeur lui conseille alors de contacter Motoaki Hara, spécialiste de Machiavelli [auteur du Prince, Cesare Borgia ayant servi de modèl à Machiavelli].

C’est avec la complicité de Motoaki Hara qui étudie les différentes sources et lui expliques les tenant et les aboutissant des divers événement historique qu’elle construit son scénario. Concernant la psychologie des personnages elle fait un profiling. Si, grâce au travail de Motoaki Hara, elle tente d’être fidèle aux fait historique, elle avoue que cette partie du travail incombe à son superviseur. Son travail à elle est de donner de l’émotion au lecteur, pour ce faire, elle n’hésite pas à inventer des personnages pour rendre l’histoire plus intéressante, tout en cherchant à rester réaliste. Ce soucis de réalisme se retrouve également dans le dessin qui est très documenté. Pour dessiner la chapelle sextine, par exemple, M. Hara lui a fournit plusieurs archives décrivant les diverses évolutions de la chapelle.

A la question « pensez-vous que le manga soit un bon moyen de démocratiser la connaissence » elle répond que son travail est d’écrire, de divertir, elle ne se pose pas cette question.

Fini le jeu de question réponse, Fuyumi Soryo quitte la baquette pour s’installer à la table de dessin (enfin ce qui aurais du être une table à dessin et ne l’été pas). Pendant que l’entretien continue avec M. Hara, elle nous gratifie d’un joli portrait de Cesare.

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Monsieur le superviseur :

M. Hara est très agréable, souriant et bavard. Après nous avoir expliqué que étudiant il aimait les manga, il nous dit avoir d’ailleurs utilisé les séries fleuves pour comprendre la façon de raconter une histoire longue, ce qui lui aurait servi, prétend-t-il, à analyser la Divine Comedie. Et deviné quoi ? il était fan de Slam Dunk !

Rémi retente le coup avec sa question sur la démocratisation de la connaissance, pour avoir l’avis de l’historien. Si M. Hara pense que le manga peut être un beau moyen, mais avoue qu’il ne travaille pas sur Cesare pour que son histoire soit connue, ce n’est pas le but poursuivi. Et oui, véracité historique ou pas, avec Cesare on est dans le divertissement pur.

Si M. Soryo nous a expliqué la façon dont le travaille avec Motoaki Hara s’articule : il fournit les documents et archives historiques illustrant tel ou tel détail et elle s’en sert pour élaborer son scénario, dans cette seconde partie de l’entretien, Rémi cherchera a savoir ce que le fait de travailler comme superviseur de manga à changé dans sa vie d’historien. M. Hara avouera alors que le fait de travailler avec Fuyumi Soryo a changé ça façon de percevoir les choses, car il avait avant une vision trop linéaire, trop  concentrée d’appréhender l’histoire. Grâces aux question de la mangaka et à son rendu final il visualise maintenant l’histoire en 3D, il en a une vision plus étendue.

Et là, faut que je vous avoue, avec Tenger nous en somme resté bouche bée ! Un historien qui a une vision étroite ? Qui dit ne pas s’intéresser au background ?! Heu… mais c’est quoi cet historien !! Et en effet, Rémi à beau répéter le mot historien à tout bout de chant, M. Hara est professeur de littérature, pas d’histoire. Peut-être est-ce là l’explication ? Parce que un historien qui ne s’intéresse pas au contexte et à la vie quotidienne de l’époque qu’il étudie, ça ce peut pas ou alors c’est que c’est un mauvais historien.

Et j’en vien à la dernière question : « êtes-vous critiqué par vos collègues? » Oui, bien sûr. Il s’explique nous dissant que l’interprétation qu’il donne est controversé, chose plutôt normal pour un personnage historique énigmatique. Mais étant donné ces réponses précédente, j’ai quand-même des doutes sur ces qualité professionnelles.

Enfin, ce qui nous importe, c’est la qualité du manga, non ? Et ben… je l’ai toujours pas lu !

Et quand ce sera fait, je me garderais bien de critiquer le travail de M. Hara, car moi, en renaissance italienne, j’y connais rien 🙂

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Pandora Hearts, le shonen de ces demoiselles

Encore une lecture que je dois au Challenge de février du Club Shojo, shonen en provenance de la bibliothèque privé de A-chan.

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Titre VO : パンドラハーツ

Auteur : Mochizuki Jun

Éditeur VO : Square Enix

Année première édition : 2006

Éditeur FR : Ki-oon

Nombre de tomes : 17/19 (toujours en cours au Japon)

Résumé :

Oz est le riche héritier d’une des quatre famille ducales qui détiennent le pouvoir dans le pays. Il s’apprête, le jour de ses 15 ans, à passer la cérémonie du passage à l’âge adulte. Mais la cérémonie ne se passe pas comme prévu. D’étranges personnages encapuchonné vont manipuler Gil, le valet de Oz, et envoyer ce dernier dans l’Abysse, une étrange dimension parallèle où sont envoyé les grands criminels. Pourquoi Oz est-il envoyé dans l’Abysse ? Quel crime a-t-il pu commettre ? Lui-même n’en a aucune idée.

Une fois dans l’Abysse, il va rencontrer une jeune fille : Alice. Celle-ci est une chain, soit unes des ces étranges et dangereuses créatures qui vivent dans l’Abysse. Elle va passer un pacte avec Oz pour que tout deux puissent s’échapper de l’Abysse.

Une fois dehors, ils seront récupéré par l’organisation Pandora, qui traque les contractant illégaux. Oz et Alice vont collaborer avec Pandora en échange de leur aide pour retrouver la mémoire d’Alice et aider Oz a comprendre pourquoi il a été envoyé dans l’Abysse.

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Mon avis :

A priori c’est pas mon genre. J’irais pas le choisir dans une librairie. Mais tout comme avec Five, j’ai voulu profiter du Challenge du Club Shojo pour sortir de mes lectures habituelles et fouiller dans la bibliothèque de A-chan, qui m’a d’ailleurs aidé à choisir quelques titres.

Avec Five je testais le shôjo life-school. Ici on est dans le shônen fantastique pour filles. Heu… mais les shonen, ce n’est pas les manga pour jeunes garçons ? Si, en principe. Mais bien sûr, beaucoup de filles lisent aussi. Et pour elles, il en  existe des particulièrement bien adapté : le shonen gothico-fantastique. Pourquoi est-ce que je prétends qu’il s’agit d’un shonen pour filles ? Tout simplement parce qu’on y trouve tout le fan service. Si le ecchi allie action, humour et petite culotte pour le plus grand plaisir de ces jeunes messieurs, ici on à la belle brochette de bishonen pour séduire ces demoiselles.

Mais Pandora Heart ce n’est pas QUE du fan service. L’ambiance m’a tout de suite fait penser à Black Buttler, autre shonen gothico-fantastique dont les demoiselles raffolent. Tout comme dans ce dernier, on retrouve ici une ambiance vieille Europe, un héros en culotte courtes, un serviteur aux cheveux noirs et une intrigue fantastique. Mais la comparaison s’arrête là. L’intrigue est bien différente et ne manque pas d’intérêt.

Si le début est un peu lent à se mettre en place, l’intrigue devient intéressante dès la fin du premier tome. En tout cas suffisamment intéressante pour qu’on ai envie de lire la suite. Suite qui, fini par se complexifier de plus en plus. Peut-être même un peu trop. Très vite on retombe dans des longueurs. Ce qui peut en décevoir certains. On aurait envie d’entre plus vite dans le vif du sujet.

Les références à la littérature occidentale y sont nombreuses, Alice, Oz, les lapin et j’en passe mais toutes ces références sont jetées là, pelle-mêle, sans donner vraiment du sens. En tout cas moi je n’en ai vu aucun.

Si je taquine les lecteurs et lectrices de ce style de manga, en l’appelant shônen pour filles, il est évident que les garçons en lisent aussi (non je précise parce que sinon il y en a qui vont se fâcher). Les premiers volumes n’était as une lecture désagréables, mais au bout des 3 tomes que j’ai lu, l’histoire en est toujours au même point. On a une révélation, et quelle révélation : tout le monde s’en doute dès le début… Pour le reste l’intrigue n’avance pas. Pour ces raison, je ne m’achèterai pas suite, mais si on devait me la prêter je les lirais sans doute 😉

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Un vent d’Afrique souffle sur les albums jeunesse

Pour cette chronique livres jeunesse, j’ai mis Mimi-chan à contribution. Je lui ai demandé de me choisir dans sa bibliothèque un livre parmi ses préférés. Elle a choisit deux titres : Homme de couleur ! de Jérôme Ruillier et Mon lion de Mandana Sadat. Est-ce une pur hasard, une simple coïncidence ? Je ne sais pas, mais le fait est que je trouve ça amusant que les deux livres aient comme un parfum d’Afrique, c’est pourquoi j’ai décidé d’en parler dans un seul et même article.

Mon lion est une histoire sans parole où l’on voit un petit enfant rencontrer un lion sur des dunes. L’enfant et le lion rouges se lient d’amitié et font un voyage, vivent une aventure. A la fin de la journée, le lion dépose l’enfant près de sa citée. Chacun des deux amis retournant dans son univers. Pourtant, la nuit venue, il se rendrons visite en rêve. Les illustration sont stylisées, avec une prédominance de couleur chaudes : jaunes, rouges et orangés, l’ensemble à un côté épique et fantastique qui plaît beaucoup à Mimi-chan.

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Homme de couleur ! s’inspire d’un compte africain et commence ainsi :

Moi, homme noir, quand je né, j’étais noir

Toi, homme blanc, quand tu es né, tu était rose

C’est sur ce même modèle de phrase qu’on voit l’homme blanc changer de couleur au fil des pages : bleu de froid, vert de peur, rouge au soleil… Alors que l’homme noir est toujours noir.

Ce petit livre se conclu par

Et tu m’appelles homme de couleur !

ou un petit bonhomme à la bouille ronde et noir fait fasse à un bonhomme arlequin.

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Les illustrations sont simples, mignonnes, douces et rigolotes. Personnellement, j’en comprends (et partage) le message. Cependant j’ai trouvé cela assez difficile de lire à ma fille pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais appelé un noir « un homme de couleur » ni d’ailleurs un blanc « un blanc ». Je ne fait jamais de distango de couleur en parlant des gens. Et si elle me demande pourquoi une personne à la peaux de telle ou telle couleur, je me contente de lui expliquer qu’il existe plusieurs pigmentation de peaux, tout comme plusieurs couleurs de cheveux. Elle ne peut pas, par conséquent, comprendre le message de cette histoire. Pourquoi est-ce que l’homme noir dit à l’autre « tu m’appelle homme de couleur » ? Comment lui expliquer ? D’autant plus que l’utilisation du « tu » pourrait lui faire songer que c’est à elle que l’homme noir s’adresse…

Et, en effet, elle aime ce livre, surtout pour ses illustration rigolotes, mais elle a toujours un air un peu perplexe à la fin. Aujourd’hui elle me demande, en montrant l’homme « blanc » de toutes les couleurs de la dernière page : « pourquoi il a pas de noir ? »


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Mon lion

Mandana Sadat

2004

Éditions autrement

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Homme de couleur !

Jérôme Ruillier

1999

Éditions bilboquet

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Bidib en photographe d’art

Le temps d’une journée passée sur la La Rochelle, je me suis transformée en photographe d’art. Non, pas en artiste, juste en photographe… L’artiste c’est Ilaria Simonetta, sculptrices.

Pour l’occasion Ma petite Médiathèque se métamorphose en galerie d’art et vous propose une jolie expo bucolique.

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Vous pouvez retrouver ces photos et beaucoup d’autres sur le blog d’Ilaria Simonetta

elle est aussi sur Facebook et Google +

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Salon du livre – le seinen et l’avenir du manga

La conférence originairement prévue sur la revue Garo, s’est transformé en débat sur le seinen et sa place dans le marché du manga, qui depuis deux ans connais des difficultés. Encore peu exploité en France, le manga seinen, s’adressant à un public plus âgé, peut-il rebooster le marché ? voilà la question qui était posé aux invité par Claude Leblanc (Zoom Japon). Pour lui répondre étaient invité Stéphane Duval des éditions Lézard Noir, Sam Souibgui des éditions Komikku et Rémi , chroniqueur sur BoDoï.

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De gauche à droite : Stéphane Duval (Lézard Noir), Claude Leblanc (Zoom Japon), Rémi (BoDoï) et Sam Souibgui (Komikku)

Ce que j’ai trouvé très intéressant dans cette rencontre, c’est l’approche très différente des deux éditeurs, qui tous deux travaillent sur le marché du seinen. Komikku s’adresse au lecteurs de manga, proposant des séries dans leur format original. Leur cible les lecteurs de manga ayant commencé avec des séries shônen et shôjo et qui en vieillissant recherchent des titres plus mûr ainsi que le public manga adulte pour qui l’offre est insuffisante (me sentirais-je visée ? mmm… je dois dire que certains titres de leur catalogue me tentent bien ^^). C’est donc en gardant à l’esprit leur cible qu’il recherchent des titres plus adultes tout en restant ouvert sur l’offre, puisque, comme le fait remarquer Sam Souibgui, le seinen est un genre très vaste ou l’on trouve à la fois des titres simples (baston de base avec plus de sang et moins de vêtements que dans le shônen) et d’autres plus complexes, voire intéllo. De son côté Stéphane Duval nous explique que les manga publié par le Lézard Noir ne sont pas présenté comme manga, mais au même titre que les autres bande dessinée qu’ils publient. D’ailleurs il souligne que les lecteurs de leurs manga sont essentiellement des amateur de BD franco-belge. Un lectorat fidèle qui les suit.

Les deux éditeurs ne ciblent donc pas le même public. Leur travail éditorial est également très différent. Le Lézard Noir propose des manga seinen qu’on pourrait qualifier de manga d’auteur, des ouvrages faisant partie du patrimoine et, d’une certaine manière, considéré comme intellectuels. Afin de faciliter la compréhension de ces oeuvres, très ancrées dans la culture nipponne, ils font un important travail de contextualisation. L’accent est mis sur l’échange culturel, citons le travail fait sur Le vagabond de Tokyo ou encore  Poisson en eaux troubles qui sort en avril.

Komikku propose des seinen contemporains, plus faciles d’accès, ne nécessitant pas ce même travail de contextualisation. Pour Sam Souibgui, il faut miser sur le marketing. Pour lui les bonnes campagnes marketing sont indispensables afin de permettre aux titres de trouver leurs lecteurs, celui-ci étant souvant submergé par une offre trop abbondante. Trop de bon titre sortent en « mode ninja » et passent complétement inapperçu malgré leur qualité.

Autre aspect intéressant soulevé : les rythmes de publications. Lors de son petit exposé de chiffres, Rémi fait remarquer que le top trois des ventes du manga (trois shônen bien sûr : One Piece, Fairy Tail et Naruto) arrivent au niveau de la publication japonaise. Il en est de même pour une majorité de seinen, leur publication française à rapidement rattrapé la publication japonaise. Ce qui pour Sam Souibgui est une grave erreur éditoriale. Un public adulte est capable d’attendre plus longtemps le titre qu’il apprécie. Les albums seinen sorte au Japon à un rythme bien plus lents que leur traduction française. Pour Sam, les éditeurs sont en train de « se tirer une balle dans le pied » en habituant le public à des parutions trop rapides. Il cite en bon exemple les Vacances de Jésus et Bouddha, qui parait tous les 6 mois.

A ce propos je vais me permettre un petit aparté personnel car je partage cet avis. Les vacances de Jesus et Bouddha est un titre que je suis. Je les ai tous acheté sauf le tout dernier. J’apprécie mais ce n’est pas non plus une de ces oeuvres où fini un tome on veut immédiatement lire la suite. Pour ce genre de manga, un rythme de parution lent me parait essentiel. Si un nouvel album m’avait été proposé chaque mois, je ne les aurais sans doute pas acheté. Une parution lante convient parfaitement à ce type de seinen, dont chaque tome peut être lu indépendamment des autres. L’exemple est parfait. Fin de l’aparté « opinion personnelle ».

Enfin, est abordée la question du numérique. Et là, les réponses m’ont bien fait sourire. A noter avant tout que, pour le moment, les éditeurs japonais veulent garder les doits sur le numérique, même si celui-ci n’est du coup pas exploité en France. Mais, la question qu’on pourrait se poser est : est-ce que le public suivrait, si une telle offre était proposé ? Le premier à rebondir sur la question est Stéphane Duval. Le numérique ne l’intéresse nullement. Pour lui, le papier c’est une histoire d’amour. Il aime aller à l’imprimerie, l’odeur de l’encre a quelque chose d’érotique… Non, non, je blague pas ! Je cite. On l’aura compris entre Stéphane et le papier ce n’est pas près de s’arrêter. Si Sam est moins voluptueux (quoi que) dans sa façon de parler du papier, le fond reste le même. Selon lui, le marché du manga papier en France a encore des beaux jours devant lui, car autant en France qu’au Japon on aime le livre, on aime le papier, « c’est presque charnel ». On y revient. Et oui les éditeurs français sont amoureux du papier. Et c’est pour notre plus grand bonheur, car nous aussi, n’est pas ?

Mais amoureux ou pas du papier, Sam nous avoue penser au numérique. Cependant il fait remarquer que le fait de ne pas imprimer une oeuvre, ne fera pas beaucoup baisser le prix, car il reste les droit d’auteur, la traduction, la mise en page, le lettrages…. Enfin, j’avoue quand même que je ne comprends pas pourquoi la différence du prix entre une oeuvre papier et une numérique n’est pas plus importante. J’aurais pensé, moi, que le prix serait beaucoup plus intéressant en numérique.

C’est sur cette note numérique que la conférence c’est terminé. Pour conclure je dirais que je l’ai trouvé intéressante, que les deux éditeurs m’ont plu (dans leur façon de parler bien sûr) et que j’étais ravie d’enfin mettre un visage sur Rémi, dont j’ai souvent lu les chroniques manga. Je ne peux que remercier les intervenants et aussi Mackie, sans qui je n’aurais pas trouvé la conférence.

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Le Salon du Livre Paris – J2

Après une soirée d’ouverture à la drôle d’ambiance où j’ai pu constater que, si on vaut manger et boire à un vernissage faut se servir comme un sauvage, parce que si vous attendez qu’on vous propose quelque chose, vous avez le temps de mourir de faim, j’ai attendu le samedi pour retourner au Salon.

Cette fois c’est seule que je m’y suis rendue. Et je ne me suis même pas perdue dans le métro ! Aucun portillon ne s’est bloqué, aurais-je réussi a exorciser la malédiction ? Ou tout simplement compris comment faire tourner cette machine infernale sans la bloquer… Quoi qu’il en soit, je suis arrivée Porte de Versaille, en un seul morceau et même pas stressée. C’était sans compter sur la foule qui s’amassait déjà devant les portes d’entrée qui venaient à peine de s’ouvrir. Désespérément je cherche une entrée « presse » (ah ! c’est trop la la classe d’avoir un badge presse!). finalement je découvre que « l’entrée presse » consister à gruger la queue au même portillon que tout les autres…

DSC09463J’ai encore un heure devant moi pour flâner seule, j’en profite pour retourner sur le stand de Nobi Nobi ! où je n’ai fait qu’un brève halte jeudi soir. Cette maison d’édition je ne la connais que de nom, mais elle me semble faite sur mesure pour Ma petite Médiathèque. De beaux albums jeunesse, venu du Japon, faut absolument que je m’y intéresse de plus prêt.

Choisir UN album était un sacré dilemme. Finalement, après de longues hésitations et discussions, j’ai fini par acheter 1000 vents, 1000 violoncelles. Le dessin est superbe et le violoncelle est mon instrument préféré… J’espère qu’il plaira à Mimi-chan et A-chan aussi. Il y avais bien d’autres livres qui me tentaient, mais j’ai pris sur moi. J’ai été raisonnable.

Un autres stand un peu plus loin me tend ses bras. Ce sont les Editions Fei. Discrètement je me glisse au côté d’une maman qui regarde, avec son fil, les album de Yaya. Attentive, j’écoute la promo que en fait la charmante femme derrière le stand. J’ai découvert Yaya pour la première fois l’année dernière au Festival d’Angoulême où dans une petite yourte on pouvait découvrir de nombreux dessins de la série et rencontrer les auteurs. Je ne les ai pas vu, ils était caché derrière une foule de fan… Mais l’histoire de cette série avait attiré mon attention. D’autant plus qu’il s’agit d’une période historique à laquelle je me suis intéressé de près, celle de la Chine occupée par le Japon dans les années 30. Le dessin tout en rondeur, très doux, aux allures myazakienne, semble contraster avec la dureté de l’époque et je suis très curieuse du resultat que cela peu donner. J’hésite, j’hésite… Mais c’est finalement le graphisme du Juge Bao qui aura raison de moi. La retenue étant de mise, je n’achète qu’un seul album. Je repart, mais non sans noter les références du magnifique recueil Au bord de l’Eau, une très belle idée cadeau pour ma cousine préférée.

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Il est déjà 11 heures passée, le moment de rejoindre Mackie. Le rendez-vous est devant le stand Ototo. Je le reconnais de loin, facile, il dépasse d’une tête la foule. Après les présentations en due et bonne uniforme, on rentre dans le vif du sujet. « ah! cette série est très bien… » « Moi j’ai acheté jeudi le premier tome de… » « blablabla… » On passe en revue presque tout le stand Ototo, chacun y allant de son petit commentaire perso. Au passage Mackie me fait la promotion de Samidare, qui, faut que je l’avoue, me donne la même impression que Spice & Wolf. Tout le monde en dit le plus grand bien, mais le dessin me laisse de marbre. Eh ! J’ai donné sa chance à Spice & Wolf (acheté sur ce même stand jeudi dernier), Samidare attendra !

DSC09464.JPGFini avec Ototo, direction les édition L’iroli (joli nom pour une maison d’édition). L’accueil est chaleureux. A tour de rôle chacun me présente une partie de leur travail. Je n’achète rien, mais je prends beaucoup de note. Tout ça m’a l’air très intéressant et quand les gens son sympa en plus, ça donne envie. Deux collection attirent plus particulièrement mon attention : des recueil de haïku trilingue (français, espagnol, anglais) et les recueil de micronouvelles ou haïbun (on m’explique qu’il s’ajit d’un texte en prose comprenant au moins un haïku). Ces dernier recueil m’intéressent car il s’agit des nouvelles ayant gagné le concours organisé chaque année sur un thème différent. Le Thème pour 2014 : Au fil de l’eau (link). Tandis que je discute avec Isabel Asunsolo, Hanniet Marc fait mon portrait (et celui de Mackie, que vous pouvez voir dans son compte-rendu de la journée de samedi) en quelques coup de crayon. Très ressemblant. J’adore. Mais je ne vous le montrerais pas aujourd’hui, j’ai pas de photo.

Après une pause déjeuner minipizza insipide, on attaque l’après-midi conférence. Et heureusement Mackie est là, beaucoup mieux informé que moi. Car j’ai eu beau feuilleter le programme j’y ai rien vu ou presque. 13h30 nous somme sur la scène numérique pour une conférence, dont le thème aurais du être la revue Garo mais qui, selon la rumeur, traitera de seinen… C’est ne sachant pas trop sur quoi cela va vraiment porter qu’on s’assoir au premier rang et, jetant un oeil derrière nous on se sent désolée à l’idée d’une salle bien vide. Si une conférence sur garo aurait sans doute était très intéressante. Les échanges autour du thème « le seinen, l’avenir du manga ? » n’est pas inintéressant. Comme d’autres l’ont fait remarquer, un amalgame est fait entre seinen au sens large et un certain type de seinen, plus mature, et manga d’auteur est fait. Mais enfin, on comprends très bien de quoi ils veulent parler. Le plus intéressant, à mes yeux, était de confronter l’approche très différente des deux éditeurs présents. On reviendra plus en détail sur le contenu des débats dans un futur billet.

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Stéphane Duval (Lézard Noir), Claude Leblanc (Zoom Japon), Rémi (BoDoï) et Sam Souibgui (Komikku)

La conférence est suivie d’une remise de prix organisé par Zoom Japon. Les gagants 2013 sont :

Côté manga :

 Les enfants de la mer publié chez Sarbacane.

Personne est là pour retirer le prix. Dommage, j’ai adoré ce manga, en tout cas le tome 1. Je n’ai toujours pas eu l’occasion de lire la suite.

Côté roman :

Pickpocket de Nakamura Fuminori publié aux Édition Philippe Piquier.

Éditeur et traductrice sont là pour recevoir le prix. Moi, je m’étale pas sur le sujet. Je n’ai pas lu le livre et je ne connais pas l’auteur.

Quartier libre jusqu’à 15h30. Mackie en profite pour me présenter du monde (ah! que c’est bien d’être accompagné d’un senpai!). C’est ainsi que je fait la connaissance de Rémi de BoDoï, dont j’ai l’habitude de lire les critiques manga (comme je pense que nous avons un peu près les même goût, ses critiques sont souvent déterminante pour ma liste « futur achat »). Plus loin sur le stand Ki-oon nous croisons Pazu. Mackie en bon senpai, insiste : faut vraiment que je m’inscrive sur Sama !

(Depuis, chose faite, grâce, d’ailleurs à Pazu en personne puisque au mot barbare « flux RSS » j’ai paniqué. Et oui, il me faut pas grand chose ^^)

De rencontre en rencontre, de stand en stand, séparé par la foule puis réunis à nouveau. Nous nous retrouvons, Tenger est là aussi, devant la Grande Scène à 15h30 pour la rencontre avec Fumyumi Soryo et Motohaki Hara, respectivement l’auteur et le consultant historique de  Cesare, publié chez Ki-oon.

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Vous vous souvenez du Monsieur japonais éhontement snobé le jeudi soir ? Et ben, c’était M. Motohaki Hara… no comment !

La rencontre avait quelque chose d’étrange. Les réponses étaient souvent à côté de la plaque, la communication via interprète semblait quelque peu brouillée. Mais somme toutes c’est sympa et comme je ne connais pas l’auteur, c’est toujours intéressant d’en savoir un peu plus.

Finie la conférence Mackie est accaparé par ses nombreuses connaissances, avec Tenger on en profite pour se défiler discretos, sinon il va encore me présenter plein de monde, j’arriverais pas à suivre ! Non plus sérieusement, je veux simplement faire un tour du côté des autres éditeurs, je sature un peu du manga square. Nous avions le secret espoir d’y trouver une foule moins dense. Qu’elle ne fut notre erreur ! Il ne fallu pas plus de 5 minutes pour que entraîné par la foule (et oui j’ai la chanson dans la tête depuis tout à l’heure) nous soyons séparé et perdue. Après une tentative veine de retrouver ma complice, j’abandonne. C’est sans espoir. J’erre seule. Je me fait refourguer un abonnement au Courrier international et c’est déjà l’heure du rendez-vous Inoue ! Ah ! Je vais pouvoir retrouver mes complices et… tout le monde arrive tard, on n’a des places qu’au fond et encore tous dispatché à droite et à gauche… Je ne sais pas si c’est la fatigue, la trop haute concentration d’être humain vivants, les hordes des fan… Mais franchement cette rencontre, j’ai eu du mal. Les réponses étaient téléphonées, nous n’avons rien après. Tout avais déjà été dit dans des interview bien plus intéressantes. Et surtout, SURTOUT les fan… My God !! Sont-il seulement au courant que depuis Slam dunk Inoue a une vie ? Non parce que, je sais pas, depuis il a fait des truc vachement bien, comme Real par exemple… Non, on en parle à peine. Seul Slam dunk existe. Enfin, heureusement qu’Inoue a beaucoup de prestance et qu’en plus il est beau gosse, au moins en en profite. Quant aux questions, je sais pas, un problème d’incompatibilité d’onde sonore. J’ai rien capté. Je n’entendais que les réponses. On ce fait passer le mot : « il faut regarder un reportage passé sur CNN » ça sera bien plus instructif. (Désolé Mackie, je retrouve pas le lien)

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Moi j’en peux plus ! J’ai ma dose. Je quite le salon, heureuse mais épuisée.

Merci Mackie d’avoir si bien prix soin d’une kôhai (^_^)

Plus de photo ? C’est par ici => Album Facebook

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Salon du livre Paris – tribulations de Bidib à la capitale

On est VIP ou on ne l’est pas ! Et c’est avec mes gros sabots que je suis allée à cette soirée d’ouverture.

Le voyage a bien commencé. J’avais négocié pour partir plus tôt du bureau et me voilà dans le TGV La Rochelle-Paris de 11h29. Une fois installée je me dis : « tiens, je vais envoyer un texto à Tenger pour lui dire que je suis bien dans le tr… »

Put***, il est où mon téléphone ? J’étais pourtant sure de l’avoir en partant !

J’ai eu beau fouiller mon sac à plusieurs reprises, arpenter le wagon à 4 pattes, on sais jamais… Rien n’y a fait. Pas de téléphone.

Mon téléphooooneeee…. bouaaaaa!!! Le beau Black Berry qu’on venait à peine de me donner, avec les photos de mes gosses dedans et… et… MON TELEPHOOONE !

Non, c’est pas comme si j’allais à Paris, dans un salon plein de gens, où je dois rencontrer des personnes que je n’ai jamais vu et dont je n’ai que le prénom et le numéro de téléphone !

Panique pas ! Tu vas pas laisser un téléphone te gacher ton week-end ! Ce n’est qu’un téléphone

La méthode Coué à marché et je suis restée zen, dégoûtée mais zen. Quelques heures plus tard (La Rochelle – Poitiers, le TGV le plus lent de France) j’étais à Montparnasse. Tenger est là, nous nous somme retrouvées sans besoin du téléphone (ouff). Métro, RER, les portails qui bloquent (la malédiction du métro me poursuit, à chaque fois j’ai droit), on arrive chez elle, je dépose mon barda et c’est reparti : métro, RER…

Porte de Versaille ! On y est ! Et même en avance ! J’avais jamais mis les pieds, là bas…

Enfin on entre. J’ai fait une fausse manip en envoyant le billet à Tenger, qui, ne se rendant compte de rien à imprimé le mauvais truc. Le gar de la sécurité qui veut absolument que j’avance et moi qui veut à tout pris récupérer ma Tenger. La foule qui tente de nous séparer, le gar de la sécurité qui fait peur… On se serais cru dans un film. Enfin une âme charitable qui tend une invite à Tenger (peut-être voulait-il seulement qu’on avance, mais, merci Monsieur !)

Nous y somme ! Je ne commettrais pas mon passage à l’accueil… Si, je commente :

Avec mes gros sabots j’avais l’air d’un con… ma mère…

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Vieille paysanne à la ville

Peut-être aurais-je du ramener un fromage de chèvre de ma Gâtine profonde, ça aurais eu l’air plus authentique…

Enfin, il parait que avant moi personne n’a demandé : « alors, ça se passe comment ? »

J’ai eu envie de répondre aux charmantes demoiselles de l’accueil et de l’espace presse qui m’ont regardé comme si je débarqué de la planète mars, que si la seule réponse possible est « démerde toi » (pas en ces termes, ça va de soi), elle sont payé pour quoi faire ? Non parce que moi, pauvre provinciale inculte, j’avais cru que c’était pour aider les gens perdu comme moi…

Je sent les rires moqueur de Tenger, devenue parisienne (elle dément) et habituée du Salon du Livre dans mon dos.

Bon ok ! Je me démerde. Au moins j’ai un plan…

En attendant 18h, pour la visite guidée (vous en saurez plus dans un prochain billet), on en profite pour se faire l’expo Garo entre nous tant qu’il n’y a personne. Et il y a vraiment personne. On en a bien profite.

Visite du manga square. Halte au stand Ototo/Taifu. Tenger s’éloigne effrayée par tant de « truc de fille« . Moi, depuis le temps que je zieute quelques titre de leur catalogue, je décide de passer à l’acte. Et quel honneur ! La première vente du salon c’est moi ! (Je ne doute pas que de nombreuses autres suivront). Moi je repart satisfaite, avec mon portefeuille qui me réprimande et Tenger qui se moque.

Le monsieur (à qui évidemment je n’ai pas demandé son nom, trop stupide, ou trop timide, c’est au choix, que je suis) était très sympa. Sur le stand un gar (dont l’identité restera pour moi un mystère, encore) parle de sa prochaine chronique qui va sortir. Ils discutes, les deux M. X, de Spice & Wolf. Le gar a l’air emballé, il a mis la note maximale…

C’est pas bien d’écouter au portes, je sais… Si j’avais été moins timide, j’aurais pris part à la conversation, mais, que voulez-vous, plus facile à dire que à faire… J’écoute.

Tout le monde en parle bien de ce manga, moi il me tente pas vraiment. Enfin je l’entends dire (M. X2) que c’est beaucoup mieux que la version animé. Ting! (alarme qui retenti dans mon cerveau). Finalement je devrais peut-être lui donner ça chance à cette série… J’ai craqué et ai ajouté le tome 1 à ma liste. Et j’ai même pas le nom du gar pour lui en vouloir si j’aime pas T-T

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Faut vraiment que j’apprenne à parler aux gens. Je passe à coté de très intéressantes discussions sur des thèmes qui me passionnent…

On continue la visite du salon, du manga square. Plusieurs haltes chez Ki-oon. Leur stand est superbe. Le plus beau, avec plusieurs planches et peintures de Cesare. Si le titre avait attiré mon attention sur la toile, l’expo à eu raison de moi et j’ai acheté le tome 1. La nana à la caisse m’assure que j’ai fait un très bon choix. On verra ça.

Là je croise même des japonais qui me causent. J’ai rien compris. Je sourie bêtement faisant des courbettes de la tête, je n’ose pas les dévisager pour ne pas être impolie et je m’en vais.

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Ce n’est qu’une fois dans mon lit que je me dit que c’était peut-être l’auteur et que je l’ai complètement snobé. Bibib-power !

On flâne, on se fait phagocyter par la foule. On esquive, on s’échappe… on est rattrapé. Mais qui diable c’est cette célébrité qui bloque le passage avec cet agglomération de corps humains compactes autour. Non mais, on aimerais bien visiter le salon, nous…

Nous n’auront jamais le fin mot de l’histoire. Qui était là ? Mystère, et on s’en fout. Nous en préfère les allées dégagées ou l’on peut, à loisir, profiter des étalage de livres. Ce qui, d’ailleurs, à ma grande surprise, fait un peu tache dans le décor. Les gens qui sont là, surtout à partir de 19 heures, semblent plus absorbé par leurs coupes de champagne (ou autre truc à bulles) et leur rencontres mondaines que par les livres et les expo auxquelles ils bloquent l’accès. Le sommum fut un stand de je ne sais plus quel editeur où une bande de « belles personnes » fume.

Fume ? Mais c’est pas interdit ?! Non là vraiment je sature. Le bruit, la foule, les « belles personnes« … On a notre dose, on reviendra demain, peut-etre qu’il aura plus de gens intéressé par les livres…

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Moi, au milieu des belles personnes, je ressemblais à ça !

Tenger c’était plutot ça :

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« Mo’ li ammazzo tutti ! »

Avant de partir, un traducteur passionné aura tout de même réussi à me refourguer un livre de contes écossais, écris fin XIX. Lui, j’ai son nom ! Si j’aime pas, je vais pouvoir me plaindre ^^

Suite des aventures de Bidib à la capitale dans le prochain épisode.

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Romance d’Outre-Tombe

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One-shot de Natsuki Sumeragi regroupant 3 contes :

L’histoire du Temple Shuzen (après l’histoire originale de Kidô Okamoto) :

La fille d’un sculpteur de masques rêve d’entrer au service d’un noble. Son rêve se réalise quand le Shogun Yori-ié Minamoto l’amène avec lui. Mais le rêve sera de courte durée, le Shogun, victime de complot, connaîtra une fin tragique.

L’ogre de Sôzudono :

Le frère cadet d’un dignitaire de la cour utilise une légende locale qui prétend qu’un ogre vit à Suzudono pour assassiner son frère aîné et hériter de son poste. Mais le fils de ce dernier n’est pas dupe.

Romance d’outre-tombe (d’après Liang Sha-bo et Zhu Ying-tai) :

Ying-tai, jeune fille de bonne famille veut partir étudier, mais cela est impossible pour une femme. Sa ténacité finira par convaincre son père de la laisser partir, déguisée en homme, mais pour un an seulement. A l’école elle se liera d’amitié avec un jeune homme. Leur amitié va se muer en amour, mais ce n’est pas ce que la famille de Ying-tai avait prévu pour elle.

De la romance oui, mais d’outre-tombe…

 Le dessin de Natsuki Sumeragi est superbe. Elle nous amène dans le Japon des « samouraïs de l’Est », à la cours de Heian et même dans la Chine des Tang. Un voyage réussi. Les histoires sont classiques, mais très bien réalisées. C’est beau, émouvant et même terrifiant (l’histoire de Yori-ié est vraiment terrible!).

Une lecture très agréable qui ouvre une porte vers la culture classique japonaise et chinoise et donne envie d’en savoir plus. Le dessin, à l’instar des histoires, est très classique. Cependant il est très beau, très doux, les visages androgynes et les tenues sont d’une très grande élégance. Si la première et la dernières histoires s’inspirent de récits existant, l’ogre de Sôzudono est une création de Natsumi Sumeragi et je la trouve très bien construite. Bien que très courte, la chute est excellente.

La première lecture de ce manga (il y a longtemps, alors que je découvrait à peine les manga) ne m’avait pas spécialement marqué. J’en gardais un souvenir assez vague. A la relecture, je l’ai beaucoup plus apprécié et ai très envie de découvrir les autres manga de l’auteur.

natsuki_sumeragi.jpgNatsuki Sumeragi



Le coin des curieux :

L’histoire du temple Shuzen :

Ici la mangaka s’inspire directement d’une pièce de kabuki : Shuzenji monogatari (修善寺物語). Cette pièce, écrite en 1908, eu un grand succès et fit connaître son auteur, Kidô Okamoto (岡本 綺堂) (1872-1939) qui, par la suite écrivit de nombreuses pièces de kabuki mais également des roman policier. Il est connu pour sa série Les enquêtes de l’inspecteur Hanshishi, ambienté dans le Japon féodal d’Edo.

De cet auteur très prolifique, les Éditions Philippe Picquier, proposent Fantômes et kimonos et Fantômes et samouraïs. Pour en savoir plus, aller sur le site de l’éditeur : link

La pièce de Kidô, Shuzenji monogatari, s’inspire à son tour de la vie de Minamoto Yoriie (源 頼家(1182-1204), deuxième shogun du bakufu de Kamakura. Celui-ci avait été envoyé en exil au Temple de Shuzen ou il fut assassiné en 1204, alors qu’il n’était âgé que de 22 ans. Le meurtre fut commandité par son propre grand-père qui usurpa le pouvoir de shogun. Dans le musé du Temple (toujours existant de nos jour) on peut voir un masque qui, selon la légende, représente le visage de Yoriie déformé par la mort, il fut empoisonné.

Yoriie-s-mask.jpgMasque de Minamoto Yoriie

Sources : Shuzenji Temple

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Furari, le cartographe qui marche

furari - vue de Edo

Avec Furari, on retrouve Taniguchi tel qu’on le connaît. Un homme marche et regarde autour de lui. Ici c’est un géomètre cartographe qui arpente les rues d’Edo. Il compte ses pas pour mesurer les distances et, chemin faisant, il observe les paysages, fait des rencontres, s’identifie aux animaux qu’il croise et tente de voir le monde à travers leurs yeux l’espace d’un instant.

Furari n’est pas une surprise, on y retrouve des thèmes que l’auteur traite ailleurs. Tout de suite on pense à Le Promeneur, qui, de façon différente nous montre les rues de la même ville, devenue depuis Tokyo. Les deux marchers, s’ils ne partagent pas la même époque, ni le même but, ont en commun la capacité de s’émerveiller des petits détails que le paysage urbain leur offre.

Furari signifie « au gré du vent », nous c’est au gré des pages qu’on découvre la ville d’Edo et le mode de vie de l’époque. Ce qui ajoute un plus pas inintéressant au lecteurs curieux de l’histoire japonaise. On y découvres des paysages qui rappellent les estampes Ukiyo-e et tout particulièrement celles de Hiroshige.

                 furari - le milan  Hiroshige-Utagawa-Sun

Dans le Milan dessiné par Taniguchi on reconnais tout de suite celui de Hiroshige (Cents Vue de Edo)

Plus loin on voit également des renards qui me rappellent une autre estampe de Hiroshige.

Autre pan de la culture japonaise que ce manga nous fait approcher : la poésie et plus particulièrement les haiku. Avec notre cartographe marcheur, nous faisons la connaissance d’un jeune poète du nom de Issa. Issa est un célèbre poète japonais (1763-1828). Ici Taniguchi le met en scène alors qu’il n’est pas encore connu. Les deux hommes parleront poésie, puis, ensemble ils s’interrogeront sur le mode de vie des poètes, qui eux aussi marchent, voyageant pour faire connaître leur art.

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Si la rencontre avec Issa est très intéressante, celle avec un vieux cerisier, une libellule, ou un pêcheur ne le sont pas moins. A chaque chapitre une nouvelle marche, une nouvelle rencontre.

Un manga comme Taniguchi sait les faire, tout en poésie, rempli de petits riens, un vrai plaisir à lire.

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Titre VO : ふらり

Auteur : Jirô Taniguchi

Éditeur VF : Casterman, collection écriture

Éditeur VO : Kôdansha

Prépublication : Morning

Année : 2010

Type : seinen

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