Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

Roma - Chiesa di Sant'Andrea al Quirinale.jpg

La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

Kushi, une aventure dans la steppe mongole

Kushi, est la petite dernière du catalogue bd des éditions Fei. Dans le même petit format que La balade de Yaya (13x18cm) et avec toujours Golo Zhao au dessin Kushi nous amène aussi en Chine mais cette fois dans les steppe mongole des années 80. Au scénario Patrick Marty.

Kushi est une petite mongole qui vit avec la vieille chamane du village. Elle  est brillante mais très indépendante et s’attire les foudres d’un homme d’affaire véreux qui la voit comme une menasse. En effet Kushi est toujours là pour défendre la steppe et sa nature quand le bandit tente de piller ses ressources. Malgré son attachement à la steppe et le bien fondé de ses mots, Kushi n’est pas soutenue par les villageois qui voit en elle une petite sauvageonne. Ils préfèrent écouter le chef qui pourtant magouille lui aussi avec le bandit. Heureusement Kushi peut compter sur quelques alliés.

Dans ce premier tome on fait connaissance avec la jeune fille et son entourage avant de la voir partir à l’aventure. Le tome se termine par le début d’une grande aventure qui mènera Kushi à traverser la steppe fleurie en compagnie de sa chienne fidèle.

Une jolie bd qui nous parle de l’importance de sauvegarder les traditions et l’environnement, un combat qui se heurte à des gens sans scrupules qui ne cherchent que le profit et qui au nom du progrès nuisent à leur propre environnement.

Mais c’est aussi un conte d’aventure qui fera rêver le petit lecteur lui fessant découvrir les paysages somptueux de la steppe mongole.

Niveau dessin on retrouve la rondeur et la douceur de Golo Zhao mais je le trouve un peu trop lisse, trop propre. Je préféré l’aspect un peu brouillon de Yaya. J’aime bien son petit format à l’italienne (où plutôt à la chinoise)

le petit mot de Mimiko : J’ai aimé la fille et sa chienne. Et j’ai aimé l’histoire. J’ai envie de lire la suite. Moi je préfère le dessin de Kushi à celui de Yaya.

BD jeunesse pour les 9-12 ans (et plus si affinité)

sur le site de l’éditeur

à lire aussi les avis de Mo et Johanne

Merci aux éditions Fei pour cette lecture.


avec devine qui vient bloguer

top ten tuesday #13

Photo

Rendez-vous hebdomadaire créé par The Broke and the Bookish et repris par  Frogzine. 30Chaque semaine un top ten sur un thème imposé.


Les 10 personnages que vous embarqueriez dans votre équipe en cas d’apocalypse

Je ne sais pas si je vais en trouver 10 mais dès que j’ai lu le thème j’ai pensé à Shiroe de Log Horizon. Il serrait un allié redoutable.

J’embarquerais aussi Idgie de Beignets de tomates vertes pour sa bonne humeur, sa force de caractère et son incroyable débrouillardise. Avec une fille comme ça dans l’équipe l’apocalypse n’a qu’à bien se tenir.

Ensuite j’ai pensé à Chen de Chinaman, faut un homme droit et honnête bon pour la castagne pour défendre l’équipe. Et comme un c’est pas assez je prends aussi Ryô Saeba de Angel Heart, pas sur que « droit » et « honnête » lui conviennent pas pour la castagne il y a pas mieux et au fond il a bon cœur.

Comme vieux sage je choisie Kenzo Okada de Je ne suis pas mort parce qu’un homme capable de survivre seul dans la forêt ça peut être très utile !

Ken de Le chef de Nobunaga pour la cuisine. Faut bien manger ! Et un homme avec autant d’inventivité et d’adaptabilité avec l’expérience des cuisine de guerre ça sera surement utile.

Torakichi de père et fils nous sera très utile aussi avec ses talents d’herboriste quitte à embarque avec nous son fils.

J’embarque également Mikoshiba de Le maître des livres. Quoi un bibliothécaire ? Spécialisé en littérature jeunesse en plus ! Ben quoi, un gars qui s’y connais en littérature jeunesse aura sans doute de tas idées géniales pour s’en sortir et des tas d’histoires à nous raconter pour remonter le moral des troupes.

Et pour la fin le meilleurs : Jésus et Bouddha ! Et ouais, je suis comme ça moi. Je les prends dans Les vacances de Jésus et Bouddha 😉

Avec une équipe comme ça je devrait pas trop mal m’en sortir 🙂

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Gomorra ~by Yomu-chan

Bonjouuuur ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman d’un genre bien particulier : la narrative non-fiction. Objet d’étude de mes cours de littérature, je me suis passionnée pour ce type de lecture. Je vous en donne un premier aperçu avec cette modeste analyse de Gomorra. J’espère avec le temps de vous livrer d’autres chroniques sur cette narrative non-fiction (il faudra peut-être que je fasse un petit billet pour expliquer ce que c’est ^^’)

Info livre :

Gomorra est une oeuvre de Roberto Saviano, auteur italien.  Le livre fut édité pour la première fois en Italie par les éditions Mandadori, puis en France en 2007 par Gallimard (le traducteur est Vincent Raynaud). Le livre, suite à son grand succès a été traduit dans plus de 40 langues.

Je voulais vous dire un mot sur ce titre « Gomorra », qui a priori ne veut rien dire mais qui est en fait lourd de sens. Il s’agit effectivement d’un judicieux mélange de « Camorra » (organisation mafieuse napolitaine) et de « Gomorrhe » (dans la bible : ville détruite par les feux sacrés à cause de ses mauvaises mœurs).  Titre qui prend tout son sens quand on lit l’ouvrage, vous le comprendrait plus bas 😉

Résumé de l’œuvre :

Gomorra est un long reportage sur la camorra, organisation mafieuse napolitaine. En fait sur environ 450 pages l’auteur décrit le système du crime organisé en Italie. Il en dépeint la hiérarchie, et explique explicitement où et comment elle exerce son influence. C’est quelque chose de nouveau, car si on sait tous que la mafia existe et qu’elle représente le crime (la drogue et le meurtre) on n’a pas forcément conscience de l’emprise qu’elle peut avoir sur un pays et les conséquences que cela a sur une population. Ainsi Roberto Saviano entreprend de démêler les fils complexes d’une telle organisation. Il structure son livre en 11 chapitres, chacun axé sur un domaine relatif à la mafia, et c’est comme ça qu’il fait un panorama assez exhaustif de toutes les activités de la camorra.

Il explique logiques et mécanismes, met en évidence les lieux clés des activités criminelles, donne des noms, raconte des anecdotes, et met en lumière la vie infernale des habitants de Naples et ses environs qui subissent ça depuis des décennies.

thèmes abordés :

Ce qui est intéressant avec Gomorra c’est que l’auteur s’attaque à une entité déjà bien connue : La mafia (surtout italienne). Le crime organisé a en effet donné lieu à plein de mythes, tant à travers diverses personnalités (des parrains charismatiques), qu’à travers des récits d’aventures, d’amours, etc… Pourtant ici Roberto Saviano s’acharne à montrer ce qu’il y a derrière cette image médiatique de la mafia (sans la démentir tout autant, car cela reste une part de la vérité). Mais il met surtout en avant les vraies problématiques du milieux. En mettant des coups dans l’image aventureuse et l’idée un peu embellie de la mafia, il montre que leur seule axe c’est le profit, le profit, toujours le profit. Et cela ne passe pas toujours par des domaines très glamour (comme le sont les cartels de la drogues et les complot d’assassinat, qui existe bel et bien mais ne sont pas tout) : par exemple une grande partie des capitaux de la camorra passe à travers les constructions immobilières, ou le traitement des déchets.

A côté de ça, comme je l’ai déjà dit, Saviano met un point d’honneur à traiter les conséquences de la présence d’une telle organisation. Car si les guerres de clans donnent lieu à des assassinats de mafieux par des mafieux, ces derniers ne sont pas les seules victimes. On relève beaucoup d’autres morts, parmi les civils, directement liés à la camorra. Et sans que cela aille toujours jusqu’à la mort, les gens évoluant dans un climat empoisonné par la mafia, vivent un véritable enfer, économique et social.

Genre littéraire :

Indéniablement Gomorra appartient à la narrative non fiction. On parlera souvent de “roman documentaire” pour désigner l’œuvre. Et si l’auteur lui-même s’identifie à Truman Capote initiateur de ce mouvement, il y a quelques point dans ses choix d’auteurs qu’il faut étudier pour comprendre quelle définition Roberto Saviano donne à ce genre de littérature.

Effectivement, Truman Capote fait l’apologie d’un journalisme où l’auteur doit-être invisible. Et pourtant Saviano veut son livre comme un vrai témoignage. Mêlant anecdotes informatives et intimité.

C’est certes un ouvrage d’information, mais auquel il donne plus de profondeur en y ajoutant le vivant et donc les sentiments, les siens surtout puisqu’il en est l’auteur et le narrateur.

Il pense son livre comme le fruit de son combat personnel contre la camorra. Et ce point est intéressant car c’est ce qui donne à l’ouvrage son aspect romanesque. Sans quoi Gomorra ne serait qu’une longue liste de nom, et de structure, et il nous serait difficile de comprendre l’impact réel que cela a dans la vie des gens. Selon moi le choix que fait Saviano de s’intégrer au récit, s’inscrit dans une véritable démarche engagée. Roberto Saviano a une définition du journalisme, en tout cas du roman narrative non fiction, qui diverge un peu de celle de Capote, puisqu’il affirme à plusieurs reprise dans son livre qu’il ne peut faire ce qu’il fait en étant étranger au système qu’il décrit. Il fait la promotion d’un journalisme de terrain et de présence (dans le texte).

Dans un article du Monde on peut lire ces mots de Roberto Saviano : « Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction,  je me suis donc inspiré du genre « nonfiction novel » de Truman Capote. J’ai utilisé la liberté et l’indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d’être une fuite de la réalité, comme elle l’a souvent été pour beaucoup d’écrivains du sud de l’Italie, et devient l’instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable. »

l’écriture, le style :

Gomorra n’est pas un livre facile à lire. Bien qu’il aborde des thèmes très intéressants, qui touchent à la fois notre émotivité et notre conscience de citoyen. Il reste un ouvrage très dense pas très digeste, de mon point de vue.

Bien que Roberto Saviano y intègre des anecdotes intrigantes ou émouvantes, la plus grosse partie du livre est constituée d’informations. On peut avoir des pages entière de noms, de définition d’un système hiérarchique, de l’état économique de tel ou tel domaine ou autres choses pas toujours facile à comprendre du premier coup. L’auteur utilise aussi beaucoup de termes techniques, ou ne cesse de citer des sources. Heureusement des notes sont souvent ajoutées en bas de pages (d’ailleurs des fois ces notes font la moitié de la page). Le texte est aussi bourré de références littéraires et cinématographiques. Pas toujours facile de suivre.

Place et intérêt de l’œuvre dans la production de l’auteur :

Il faut parler et de la place que prend Gomorra pendant son processus d’écriture et après sa publication.

D’abord Roberto Saviano s’implique énormément dans l’écriture de ce livre. Il dédie plusieurs années de sa vie à son enquête. Et s’introduit profondément dans l’univers qu’il cherche à décrire. D’abord il est né au cœur du territoire de la camorra et l’a vu à l’oeuvre durant toute sa jeunesse, et quand sa colère envers l’organisation devient trop forte il décide dans une démarche volontaire d’aller traquer les informations pour en comprendre le fonctionnement et ainsi nous le décrire dans son livre. C’est pourquoi il va travailler sur les chantiers de la camorra, il va travailler sur le port, il va être serveur lors de leurs mariages, etc. Et quand la guerre des clans éclate, il va jusqu’à se munir d’une radio connectée à celles de la police et se rend sur les lieux des meurtres pour voir les victimes de ses yeux.

Parlons ensuite de l’impact qu’à eu le livre une fois publié. Il a été un succès national et international. Suite à ça l’auteur est beaucoup sollicité pour des discours, des rencontres publiques, pour animer des émissions TV, etc… Puis en 2008 Gomorra est adapté au cinéma dans un film qui va représenter l’Italie aux Oscar. Et enfin le livre et son auteur donnent naissance à une série TV, en plusieurs saison (en France diffusées par canal+ ).

Gomorra, en plus d’être un best-seller international (ce qui veut dire qu’il a un véritable impact social), prend aussi une place énorme dans la vie de son propre auteur. Puisque celui-ci est depuis sa parution placé sous protection policière. Ce livre, souvent qualifié de “livre coup de poing” se place comme une provocation faite à la mafia et à son immense pouvoir, faisant ainsi de Roberto Saviano une cible, souvent menacée de mort. L’auteur est donc devenu un symbole de la lutte contre la camorra, et devient une vraie personnalité publique. Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano doit repenser l’organisation de sa vie qu’il ne maîtrise plus vraiment. Effectivement la protection policière impose un rythme de vie particulier et secret, privant l’individu d’une vie sociale “normale”. Depuis maintenant 10 ans, Roberto Saviano a cessé d’être seulement lui, il est maintenant obligé d’exister en tant que “l’auteur de Gomorra” et doit donc supporter toute les responsabilités que cela implique : si ça signifie qu’il est un auteur mondialement connu, et qu’il a symbolisé une avancée dans la lutte anti-mafia, ça fait aussi de lui un homme traqué dont l’existence et les choix ont forcément un impact publique. Il est souvent discrédité; par des hommes qu’on peut facilement soupçonné d’être en lien avec la mafia, notamment Berlusconi. Il a d’ailleurs aussi été accusé de plagiat, ayant réutilisé des articles de journalistes dans son livre.

Roberto Saviano lui-même avoue dans plusieurs interview et dans certains articles qu’il regrette avoir écrit Gomorra, pas pour ce qu’il représente mais pour l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de ses proches.

Si l’auteur parle de regrets, il semble tout de même apprécier travailler son image médiatique. Je dis ça en pensant aux innombrables photos de lieu où il adopte presque toujours une pose d’individu torturés et mystérieux. XD

 

Mais toute l’ampleur que prend le phénomène Gomorra dans la vie de son auteur nous fait nous poser une question intéressante sur la narrative non fiction : ce ne sont pas seulement des livres, mais aussi le fruits de recherches, et d’existence de véritable individus. Et quels place leur donne-t-on, à la fois dans leur livre et dans la réalité après la publication de ce dernier ?

avis perso :

Comme dis plus haut j’ai eu du mal à le lire, sombrant souvent en crise aiguë de sieste après une dizaine de page. Mais cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire j’ai aimé aborder ces sujets importants.  Si il est un peu long à décoller, le livre sait manier un certain équilibre entre info pure et dure et sensibilisation. Ce n’est pas un véritable récit (dans le sens où ça ne suit pas une chronologie particulière, pas de développement autour de personnages principaux, pas de suspens) mais un bon outils de compréhension du système, qui arrive tout de même à utiliser certains code du roman pour le rendre accessible et agréable parfois.

Aléas : jeu-concours anniversaire – le deuxième tirage au sort

Hola ! Lors des concours anniversaire une marée de participants a déferlé sur Ma petite Médiathèque. Mais je suis toujours sans nouvelle de certains participants ayant gagné un tome d’Aléas. Après plusieurs relance j’ai donc décidé de faire un deuxième tirage au sort.

Voici les heureux gagnants :

  • Ajay Luxor
  • Annie
  • Julien
  • Pak

Si vous avez la chance d’être l’un de ces élus, envoyez moi vite un mail (bidib.mapetitemediatheque [@] gmail.com) avec vos coordonnées pour recevoir le livre 😉

Pour en savoir plus sur le livre c’est par ici

C’est lundi que lisez-vous ? #62

Rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading?par One Person’s Journey Through a World of Book et repris par Galleane.

En quoi consiste ce rendez-vous ? C’est très simple il suffit de répondre à 3 questions :

  1. Qu’avez-vous lu la semaine passée ?
  2. Qu’êtes-vous en train de lire ?
  3. Que allez-vous  lire ensuite ?

Les lectures de Bidib

J’ai lu

Le dernier numéro de Kaizen que j’ai trouvé très intéressant.

une bd pour le mois cubain du challenge Amérique latine. Ma chronique sera en ligne à la fin du mois.

J’ai aussi lu le premier tome de Kushi, la nouvelle bd de Golo Zhao et Patrick Marty.

Je lis

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

Après un premier chapitre riche en cadavre la cadence à bien changé dans les chapitres suivant où l’on fait connaissance avec les protagonistes et la ville. Toujours agréable à lire j’avance tranquillement dans ma lecture.

Cuba, nouvelles et contes d'aujourd'hui par Hasson

Toujours sur la thématique de Cuba, je lis chaque soir une ou deux contes de ce recueil 🙂

Je lirais

Les lectures de Yomu-chan

J’ai lu

Je lis

Je lirais

je sais pas encore, il faut déjà que je finisse ce que j’ai commencé !

Les lectures de Mimiko

J’ai lu

 Chi une Vie de Chat 12

Je lis

Le feuilleton de Thésée : La mythologie grecque en cent épisodes par Szac

Je lirais

 


C’est lundi on fait le point :

sur le blog depuis début janvier :

le top 10 des articles les plus fréquentés :

  1. 5 ans ça se fête #concours 3
  2. 5 ans ça se fête #concours 1
  3. 5 ans ça se fête #concours 4
  4. 5 ans ça se fête #concours 2
  5. La Befana vien di notte
  6. In These Words – le tueur, le psychiatre et le sexe
  7. La Reine des Neiges
  8. Des yôkai et des manga
  9. Des yôkai et des anime
  10. Sword Art Online vs Log Horizon

Les années passées nous parlions de :

2016

 

2015

  

 

2014

romain-et-augustin-un-mariage-pour-tous---romain-et-augustin-un-mariage-pour-tous-16457  

2013

Amer-beton.jpg zetman

piano-forest.jpg Les-enfants-d-Icare.jpg

2012

kazemakase.jpg tokyo-godfather-affiche.jpg norakuro.jpg

je-ne-suis-pas-mort.jpg c-est-un-livre.jpg

projet 52-2017 #semaine 2 ~ boissons chaudes

c’est avec une semaine de retard que je commence cette session 2017 du projet 52-2017. Pour la peine je vous offre un verre… enfin… une tasse bien chaude de vin rouge. Et oui ! c’est encore la saison du vin chaud. Moi j’adore. Mais en trouver du bon c’est pas facile. Je pourrais essayer de m’en faire mais… l’odeur du vin chaud à la maison j’en connais un qui aimera pas ça. Et puis ça rajoute au côté festif du vin chaud que de le boire ailleurs. Et justement cette année j’ai découvert un bon spot du coup j’en profite 🙂

faite le plein de boissons chaudes chez Ma

#CoulissesDuBlog – objectifs 2017

Des bonnes résolutions je n’en prends plus. De toute façon je ne m’y tiens jamais. Encore la semaine dernière je me suis dit que ça serait bien de me remettre au sport puis… je me suis recouché 😂

Mais des objectifs pour le Blog j’en ai quelques uns.

Tout d’abord j’aimerais tenir mes rendez-vous hebdomadaires  :

  • #Clundiquelisezvous pour faire le point sur nos lectures
  • Participer plus souvent au top ten tuesday
  • Et cette année j’aimerais aussi participer au rendez-vous littérature jeunesse du mercredi avec « Chut les enfants lisent« 
  • Et enfin le projet 52-2017 avec une photo tous les dimanches

Puis il y a de nombreux challenges dans lequel se je me suis lancé. Ceux chez mes camarades :

  • Je lis aussi des album au quel je participe pour la cinquième  année consécutive  (que le temps passe vite) et qui est toujours un plaisir de partage avec les blogueuses mais aussi (et surtout) avec Mimiko ma petite dernière.
  • Il viaggio pour partir à la (re)découverte del’Italie. Ce sera ma troisième année.
  • Le challenge Petit Bac au quel je participe pour la première fois pour partager toujours plus de lectures, découvrir de nouveaux blogs et me motiver pour descendre ma PAL

Puis il y a les challenges que j’animé sur Ma petite Médiathèque et que j’aimerais voir grandir :

  • Des livres en cuisine qui pour sa troisième année à fait peau neuve et devient un challenge annuel, ouvert à tous et qui invite nos livres en cuisine
  • Aux couleurs du Brésil, un challenge perpétuel que j’ai créé il y a un moment et qui dépérit gentiment faute de participants (et de participation de ma part)
  • Enfin il y a le challenge Amérique du sud – Amérique latine initié par Eimelle et que j’ai repris début janvier. Je suis très motivée mais on ne peux pas dire que j’ai beaucoup de retours pour le moment

Il y a aussi les #CoullissesDuBlog que je commence avec ce billet. L’idée de parler du blog et non pas de mes lecture me plaît assez, j’espère trouver le temps et l’inspiration pour y participer régulièrement.

Quel autre objectif pour 2017 ?

Voir Yomu-chan écrire plus souvent pour ce merveilleux blog qu’est Ma petite Médiathèque 😊 mais je sens qu’elle est bien partie pour ! Espérons que ses études lui laissent assez de temps. J’aimerais aussi voir Mimiko participer mais… j’ai peu d’espoir. À moins que je ne lui créé une rubrique jeu vidéo. ..

Pour ce qui est de mon implication dans le blog,  outre les rendez-vous hebdomadaire et les challenges, j’aimerais trouver le temps de publier quelques nouveaux articles pour la rubrique le coin écolo, parler un peu plus de cinéma et proposer régulièrement des balades. Pour les lectures je ne m’en fait pas. Je sais qu’il y en aura plein 😁

Voilà, c’est tout. Et c’est déjà pas mal !


« Cet article fait partie de l’événement interblogueurs #CoulissesDuBlog créé par Mia, du blog Trucs de Blogueuse. Chaque semaine, je publie un article où je vous donne les dessous de mon blog.

Pour lire les autres participations, allez sur ce lien : http://www.trucsdeblogueuse.com/coulissesdublog2

Vous pouvez également participer à cet événement, voici les conditions : http://www.trucsdeblogueuse.com/evenement-coulisses-du-blog-2017 »

Nulle part a Niort

quatrième de couverture :

Si la salle du conseil municipal de Niort avait été une église, le citoyen aurait pu y jouer de l’orgue. De son perchoir, il avait une vue panoramique sur l’ensemble de la nef… Une scénographie prémonitoire qui aurait comme anticipé l’irrémédiable déclin du politique… Une scénographie limpide comme toutes les mises en scène religieuses car chacun sait que les croyants ne sont pas là pour réfléchir. Les élus de la majorité étaient donc disposés en fer à cheval, le regard tourné vers l’autel. Ainsi, aucun ne pouvait échapper à la vigilance du mâle dominant. Le choix du fer à cheval avait aussi l’avantage de dégager une fosse centrale réservée à l’opposition… Avec un rapport de force qui ne laissait aucun doute sur l’issue de la célébration… Trois douzaines d’élus majoritaires encerclaient neuf élus d’opposition… Avec une telle disposition, chaque messe municipale s’achevait nécessairement par l’absolution…

C’était un soir d’hiver. Je rentrais à Niort par le train. Ma semaine de travail se terminait et je me souvenais de cette affiche aperçue sur la caisse de la librairie où j’ai mes habitudes. Elle annonçait une rencontre avec un écrivain niortais pour le vendredi en question. Je m’y rendai donc par pure curiosité n’ayant ni lu ce livre, ni aucun autre de l’auteur.

Une fois sur place j’ai acheté le livre et profité de la présence de l’auteur pour me le faire dédicacer. Tant qu’à rencontrer un auteur, autant lire son bouquin me disais-je. Mais secrètement je m’attendais à ne pas aimer. J’avais cru comprendre qu’il était question de politique et moi et la politique… j’avais peur de trouver cela fort ennuyeux.

Et ben non !! Dès le début je l’ai trouvé très sympa à lire. J’aime la façon dont le livre est écrit, avec beaucoup de dialogues qui le rendent très vivant. Le style est très plaisant, fluide. Je l’ai lu à une vitesse incroyable, moi qui suis d’ordinaire si lente ! C’était un vrai plaisir.

Quand à l’histoire, elle n’est finalement pas ennuyeuse du tout. Ecrit à la façon d’un roman policier, on se prend bien vite au jeu et on enchaîne les pages sans presque se rendre compte qu’il n’est pas question de crime, mais plutôt de nous montrer les rouages du pouvoir politique local.

Il y a un grand nombre de personnages, le Maire, les élus locaux, les journalistes… Nicolas Marjault réussi à tous les rendre vivants. Ce ne sont pas que des noms, mais des personnalités que l’on rencontre.

Vivant, vivant… je n’ai que ce mot à la bouche, mais c’est ce que j’ai retenu de ce livre. Les personnages parlent et évoluent de façon très cinématographique. On les voit vraiment. Et c’est exactement le genre de littérature que j’aime. Je veux voir l’histoire que je lis.

Bref une très bonne découverte et un agréable moment de lecture. Peut-être pas un livre qui me marquera dans le temps mais un très bon moment passé.

Mais ce livre parlera-t-il a ceux qui ne connaissent pas la ville de Niort ?

Si s’était amusant de retrouver des lieux qui me sont connu, je ne trouve pas que son aspect local et eu un grand impact sur ma lecture. Cela aurait très bien pu être ailleurs.

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