La rédaction

C’est grâce au mooc Il était une fois la littérature jeunesse que j’ai découvert ce livre. Quand je l’ai trouvé à la bibliothèque j’ai tout de suite voulu me faire ma propre opinion. Blandine et Laurette l’ayant emprunté au même temps, nous nous somme lancé dans une lecture commune.

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Une dictature militaire vue à travers les yeux d’un enfant qui cherche à comprendre les événements dont il est témoin : un album extrêmement subtil et fort.

⇒ fiche pédagogique et extrait à découvrir sur le site des édition Syros

Alors que les enfants du quartier jouent au football dans la rue, le père de Daniel, un ami de Pedro, est arrêté sous leurs yeux parce qu’il est contre la dictature. Un peu plus tard, un militaire vient dans l’école de Pedro, et demande aux élèves de décrire ce qui se passe le soir chez eux, les discussions, les visites… Que va raconter Pedro, dont les parents luttent eux aussi contre le pouvoir des militaires ?Toute l’intelligence de cet album, c’est d’adopter d’un bout à l’autre le point de vue d’un jeune garçon qui, en posant des questions, mais surtout en observant et en interprétant les non-dits, esaie de décrypter la réalité qui l’entoure. Pour autant, le lecteur ignore ce que Pedro sait exactement au moment où il se met à écrire sa rédaction. D’où l’incroyable suspense qui sous-tend la seconde partie de l’album, jusqu’à la dernière page… où l’on apprend qu’il faut décidément faire confiance aux enfants. (source : Syros)

La Rédaction est publié une première fois en 1998 sous forme de nouvelle. Antonio Skarmeta en 1998, auteur Chilien née dans les années 40, y dénonce la dictature militaire qui prends le pourvoir au Chili dans les années 1970 (voir l’article de Yomu-chan La littérature de l’exil du Chili). Le texte est ensuite illustré par Alfonso Ruano, dessinateur espagnol. La version française proposé par Syros date de 2007. L’album est recommandé par le ministère de l’éducation nationale pour les élèves du cycle 3.

J’avoue que ma première impression était assez mitigée. D’un côté je n’aime pas trop les illustrations d’Alfonso Ruano. Je n’aime pas le style mais surtout je les trouves trop figées. Mais je dois reconnaître qu’en revanche la mise en scène de l’image est toujours intéressante. Avec le texte j’ai eu un sentiment un peu équivalent : ce qu’il raconte est intéressant mais je n’aime pas du tout le style. C’est trop simplifié, à vouloir utiliser un vocabulaire simple, compréhensible pour les enfants on tombe dans une sorte de caricature, je trouvais que ça ne sonnait pas vrai. Les enfants ne parlent pas si simplement et les adultes ne leur parlent pas comme ça non plus. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gênait. Je n’aime pas quand on parle aux enfant comme si c’était des imbéciles. Je préfère utiliser des mots compliqués quitte a expliquer. Ici j’ai trouvé que le langage était trop simplifié, stylisé, ça me met mal à l’aise. Les phrases sont trop courtes. Cela enduit une drôle d’ambiance. Mais c’est peut-être, surement même, l’effet recherché. Peut-être, par cette parcimonie de mots, l’auteur cherche a montrer le non dit et les silences qui en disent long. Mais il m’a fallu un moment pour accrocher. En revanche j’ai trouvé la chute excellente. C’est là que tout prend son sens.

⇒ à lire aussi les avis de Blandine et Laurette

 

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Pasta de Gianpaolo Pagni

Album ou livre de recette ? La pasta de Gianpaolo Pagni est un peu les deux. Un livre tout calibré pour cette journée spécial de mariage entre le mois italien et le challenge des livres en cuisine.

couverture La Pasta - HD

L’originalité de ce livre c’est le contraste entre des recette présenté de façon très classique (liste d’ingrédients, méthode point par point) et les illustrations très minimalistes et plus proche de la peinture que de la photo culinaire.

Comme le titre l’indique, ce livre met à l’honneur les pâtes. On commence avec l’incontournable sugo di pomodoro (sauce tomate) en version concentré de tomate, et tomates fraîches, suivi de la recette pour faire ses propres pâtes fraîches (pasta fresca all’uovo, pasta fresca di semola), avant d’attaquer des recettes savoureuses : spaghetti, lasagne, penne, cannelloni, trenette… il y a même la recette pour préparer ses propres gnocchi ! après ça, le premier qui dit je veux des nouilles je le met au petit coin ! 😉

Pas de panique, si les titres des recettes sont bien en italien, le texte lui est en français. Rien que de lire les titre de chaque recette j’en salive, ça me rappelle plein de souvenir.

Un joli livre que je conseille à tous les amoureux de l’Italie et de sa cuisine, simple mais tellement savoureuse. ♥

Publié chez l’ampoule.

Retrouvez Gianpaolo sur son site , sa page facebook et instagram.


 

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Morphosis, l’appli qui nous explique

Aujourd’hui avec Mimiko on va vous parler d’un appli pour tablette : Les Saisons – Morphosis.

 Les Saisons - Morphosis – Capture d'écran

J’ai découvert cette appli sur le site Super Julie. J’ai tout de suite aimé le graphisme et je l’ai chargé pour Mimiko qui a son tour l’a beaucoup aimé.

L’appli s’inspire du film Les saison de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

C’est simple, à la porté de tous, éducatif et amusant à la fois. L’enfant y apprends beaucoup de chose sur l’évolution de l’environnement de l’âge de Glace à nos jours tout en interagissant avec la narration. Le Design est très sympa.

Mimiko vous a fait une petite vidéo pour vous donner envie (sa toute première vidéo sur youtube ! un rêve qui se réalise 😉 ):

Mimoko :

Je l’ai fini et je l’ai vraiment adoré 🙂

Il vous apprendra beaucoup de choses. Moi j’ai beaucoup appris mais il faudra que des fois que je révise.

 Les Saisons - Morphosis – Capture d'écran

Vous avez vous aussi envie de découvrir cette appli éducative ? Elle est disponible du google store et itunes.

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La volière Dorée

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Voici le dernier venu de la collection Animax 2016/2017 de l’école de loisir que Mimiko reçoit à l’école. A peine est-il arrivé à la maison que nous l’avons lu. Autant Mimiko que moi-même étions subjuguées par la couverture. Ne la trouvez-vous pas magnifique ?

Si la couverture laisse à penser à une histoire naturaliste, c’est en fait un conte très cruel qui nous est raconté. La petite princesse, que vous pouvez apercevoir sur la couverture, est extrêmement gâté et capricieuse. elle possède cent et une volières dans lesquelles elle collectionne les plus beaux oiseaux du monde. Mais c’est demande sont de plus en plus difficiles à contenter, réclamant des oiseaux sortis tout droit de son imagination, la princesse tranche la tête de tous les serviteurs qui n’arrivent pas à la contenter. Quelqu’un arrivera-t-il à calmer cette furie ? On commence vraiment à en douter. Mais un conte trouve toujours un moyen et ici, comme dans tout les conte, une solution viendra. Sauf que, surprise ! La fin est ouverte et multiple. Il n’y a pas de véritable chute. On nous donne plusieurs possibilités en nous laissant entendre que peut-être la véritable fin est toute autres.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Tout d’abord pour ses illustrations qui sont simplement superbes. Puis pour le jeu de mise en page très dynamique et ludique. Les typographies changeantes rendent le texte d’autant plus vivant. Quand à l’histoire elle est terrible mais c’est une belle histoire. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre avec Mimiko, qui était vraiment choqué par le comportement de cette princesse gâtée.

En savoir un peu plus sur cet album :

Carll Cneut est un auteur illustrateur belge dont de nombreux livres ont déjà été publié en France. Pour ma part je le découvre avec La volière Dorée et je suis vraiment sous charme de ses illustrations.

Pour suivre son actualité abonnez-vous à sa page facebook et instagram

Carll Cneu sur le site de l’école des loisirs

La volière dorée est accompagné d’un livre de coloriage. Je trouve cette idée très sympa.

Anna Castagnoli, née en France de parents italiens, est aussi auteur illustrateur. Ici elle signe le texte.

Dans son enfance elle a beaucoup voyagé et ses livres en font autant puisqu’elle publie aussi bien en France qu’en Belgique, Italie et Espagne où elle vit maintenant.

Retrouvez Anna Castagnoli sur le site de l’école des loisir ou suivez-là directement sur son site et sa page facebook

Le texte original, La voliera d’oro, date de 2014. La version française est proposé une première fois par l’école des loisir en 2015 (nous nous possédons la réédition en couverture souple de la collection Animax de 2017). Le livre est également publié en flamand par De Eenhoorn (toute première édition de l’album en 2014), mais aussi en espagnol et en polonais.


 chut les enfants lisentL’image contient peut-être : ciel, plein air, eau et texte

couleur
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L’édition généraliste au XX° siècle : Les éditions du Seuil ~ by Yomu-chan

Bien le bonjour,

Voici la suite de notre révision sur la bibliologie du XX° siècle 😉 Cette fois nous allons parler des éditions du Seuil.


A- Naissance

1. Une maison catholique

C’est une maison d’édition créée au cœur de l’entre-deux guerres, en 1935. Les gens à son origines sont assez inattendu dans le monde du livres, il s’agit de gent malades qui prône une re-christianisation de le France, il y a là une volonté religieuse et politique. Se sont des gens qui ont une vision gauchiste de la religion, ils défendent une forme d’humanisme chrétien. Il voient leur maison d’édition comme un lieu d’hébergement et de réflexion culturelle.

Les deux fondateur sont Jean Bardet et Paul Flamand, sous la coupe de l’abbé Plaquevent.  La maison connaît d’abord une période de tâtonnement. Ces catholique fervents  tout juste tombés dans le monde du livre sont en train d’apprendre leur métier sans avoir beaucoup de moyens. Se sont la plupart du temps des publication à compte d’auteur qui ne rencontre pas un très gros écho.  Jusqu’en 1939 se sont des publications encore très confidentielles qui ne touchent pas un large public.

Pendant la guerre la maison est une coquille vide et ne publie rien. Mais à la libération elle décide de se relancer avec une nouvelle ligne éditoriale. Un peu catholique, elle garde l’idée d’un développement spirituel par la réflexion et le débat. Ils prônent toujours des valeurs d’un catholicisme humain mais ouvrent de nouvelles collections qui s’écartent un peu des terres strictes de la religion. Par exemple la collection Terre Vive, dans la quelle sont publier des essais. C’est une maison d’édition de la pensée qui propose des textes de réflexion sur la réflexion de reconstruction du monde d’après-guerre.

Mais le Seuil doit se confronter à la rude concurrence, pour l’instant elle reste une maison de récupération, une maison secondaire.

Paul Flamand et Jean Bardet

2. Premiers succès

Son succès fonctionne surtout grâce à sa manière particulière de travail, qui s’apparente plus à un journal, avec des équipes de rédaction très collectives où le débat et la discussion ont toujours leur place.

Le premier vrai succès de la maison c’est Don Camillo, qui se décline en plusieurs livres et qui connaîtra de nombreuse adaptation. Il s’agit d’un livre qui allie christianisme et progrès, un terrain de possible entente entre des pensées différentes, qui en 1951 fait écho à la guerre froide. Les recettes reçues suite au succès de ce livre permettent aux éditions du Seuil de prendre de l’ampleur.

B- Maison reine des sciences humaines

1. Centre production des livres de sciences humaines

Les éditions du Seuil font de plus en plus parler d’elles. C’est surtout dans le domaine des sciences humaines qu’elles réussissent. La philosophie, l’histoire, les sciences humaines en générale, etc.  La maison a été le refuge des grands de l’avant-garde de l’après-guerre, notamment avec le structuralisme de Philippe Sollers qui créera la revue Tel Quel et la collection du même nom.

2. Collection « Cadre Vert »

En revanche la maison peine à se développer dans le domaine de la littérature, et c’est pourtant là qu’une maison d’édition gagne en noblesse. Il y a bien la collection le Cadre Rouge, mais cela reste des publication d’auteurs de second ordre.

Il y a par contre la collection Cadre Vert, une collection de littérature étrangère. C’est une belle collection, avec de beaux livres, mais c’est un domaine on la concurrence est déjà très forte.

3. La route du « Tiers-mondisme »

La maison parvient à compenser en faisant le choix bénéfique de miser sur des publication appartenant à tout les mouvements tiers-mondiste. Notamment la décolonisation, le Seuil s’engagera contre la présence de la France en Algérie.  Dans ce même mouvement la maison se fait le lieu d’accueil d’une vague d’auteurs francophone venus des anciennes colonies, ils deviendront les auteurs phares de la maison. Il y a une vraie cohérence dans la ligne éditoriale des éditions du Seuil, et elles décrocheront même un prix Goncourt.

C- Les années 1980

1. Claude Cherki et rachat de marques

A partir des années 70 la maison se fait figurante à côté des grandes entreprises. Elle va alors chercher Claude Cherki, très conscient des faiblesses du Seuil et qui va tout faire pour développer son indépendance. Il développe son système de distribution. Et la maison devient de plus en plus forte dans les livres grand public.

2. Vente de la maison et mécontentement du monde du livre

En 2004 la maison est vendu à Hervé De La Martinière qui est un éditeur remarqué qui fait de beaux livres et qui cherche à développer son côté généraliste. Il n’aura plus vocation de défendre la pensée humaniste et il va orienter les publications du Seuil vers des livres de plus en plus commercial. Mais de nombreux salariés sont mécontent et quitte la maison. Aujourd’hui les éditions du Seuil suivent une évolution commerciale mais reste encore un peu la maison des sciences humaines.

 

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L’édition généraliste au XX° siècle : Les éditions de Minuit ~ by Yomu-chan

Salut !

Encore un article dans la série consacrée à l’édition française du XX° siècle 🙂 Aujourd’hui nous allons parler des éditions de Minuit !


A- Une naissance dans la clandestinité

1. 1940, Pierre de Lescure et Jean Bruller

Les éditions de Minuit voient le jour durant l’occupation allemande. C’est une maison d’édition clandestine qui est née de la volonté de continuer à produire une littérature française, d’un refus des productions imposées par les allemands. Ainsi elles vont publiés des textes invoquant des valeurs interdites par l’occupant. La naissance des éditions de Minuits a vocation d’acte de résistance, on y voit une forme de patriotisme.

C’est Pierre De Lescure, un écrivain lié à la maison Gallimard et Jean Buller, un artisan du livre, qui décident de créer cette maison d’édition clandestine. Se sont deux acteur du monde littéraire, qui y ont leur place mais qui ne sont pas particulièrement connu.

Pierre De Lescure

2. Vercors

Le 1° livre qu’ils publie est Le silence de la mer, de Vercors (qui est en fait le pseudonyme de Jean Bruller qui se convertit à l’écriture), c’est un livre qui raconte l’installation des des allemands en France. Il commence à être publié et diffusé vers l’étranger (au Canada, aux USA et au Royaume-Uni). Les livres sont confié à quelques personnes de confiances et distribué de la main à la main. C’est un succès et les français commence à entendre parler de ce livre alors qu’ils n’ont pas pu le lire.

Jean Bruller : Vercors

3. Diffusion et impression clandestine

Grâce à l’écho créer autour de Le silence de la mer, les gens commence à entre parler des éditions de Minuit. Et cela facilite leur prochaine opération. De nombreux auteurs rattachés à Gallimard publieront chez eux.

Ils réussissent à confier leurs textes à un imprimeur de confiance. Les relectures étaient faites dans l’imprimerie pour qu’ensuite les feuillets soient répartis dans les appartements des amis de la cause pour être brochés. Le papier provenait des chutes de papier des autres éditeurs, chaque cahier avait un papier différent. Ce qui fait qu’en terme d’objet ce n’était pas de très beaux livres. Ils ont tous été republié après la guerre pour palier à ce manque d’esthétisme et car ils étaient tous imprimés en très peu d’exemplaires.

En 1943 certains libraires commence même à diffuser certains livres des éditions de Minuits à des personnes de confiance.

B- Au tournant de la 2° GM

1. A la libération

En 1944 le succès est énorme, Vercors se fait connaître et devient une figure de la résistance. Il est nommé à l’épuration des lettres et cherchera à faire tomber Gallimard, sans succès.  Les éditions de Minuit sont vu comme celles qui ont sauvé la littérature française sous le joug de l’occupant allemand.

Après la guerre ils continuent a publier des livres dans cette veine de résistance, des textes d’héroïsme dans les maquis, etc. Mais suite aux horreurs de la guerre les gens n’ont plus forcément envie de lire ça, ils ont envie des livres anglo-saxon, d’une littérature de divertissement. La maison d’édition décline un peu.

2. Recherche de fonds et arrivée de Jerôme Lindon

Entre Jean Bruller et Pierre De Lescure rien ne va plus. Le premier voit grand alors que le second avait imaginé cette maison d’édition en réponse à la nécessité de résister, la guerre étant finie il ne voit plus l’intérêt de continuer. De Lescure quitte alors les éditions de Minuit. Et Bruller n’arrive pas à les relancer.

Après ça Bruller embauche un jeune typographe : Jérôme Lindon. Ce dernier est issu d’une riche famille juive de résistant. Il prend de plus en plus de place dans l’entreprise. A un moment de difficulté financière Bruller lui demande si sa famille ne serait pas intéressée pour acheter des parts. Finalement ils en viennent à en posséder la plus grosse partie, et à un moment de désaccord Br uller se voit obligé de partir. Lindon se retrouve donc dirigeant des éditions de Minuit à 20 ans à peine.

C- Les années 50-60

1. Changement de ligne éditoriale et Beckett

Le jeune Lindon décide de changer de ligne éditoriale. Il décide de miser sur une littérature avant-garde. 

Un jour il reçoit un manuscrit, un de ces manuscrit qui change la vie : un texte de Samuel Beckett. Ainsi les éditions de Minuit deviennent l’éditeur de Beckett en France. Inutile de dire que c’est un succès.

2. Le Nouveau Roman

Dans  les années 1953-54 Lindon défend un nouveau mouvement littéraire : le nouveau roman. Il publie Alain Robbe-Grillet. Il prône ainsi une nouvelle esthétique pour le roman, se sont des livres sans intrigue . Il publiera aussi Samante et Dumas.  Effectivement aujourd’hui les éditions de Minuits sont connue comme le « laboratoire » du nouveau roman, et on associe les travaux de cette maison d’édition à ce mouvement littéraire.

 

D- Les années 1980

1. La relance

Dans les années 80 la maison connaît une relance spectaculaire : Lindon reçoit de nouveaux manuscrits comme Le méridien de greenwich en 79, qui remettent  au goût du jour l’intrigue et trame policière (jean echnoz). Il publie aussi J-P Toussaint. Se sont des  livres jugés  plus lisibles que les autres autant avant-gardistes que le nouveau roman.

2. Marguerite Duras et L’amant

Gros succès  avec la publication de l’amant de Duras, qui  obtient un Goncourt et qui se vend à 1 million d’exemplaires, ce qui engendre beaucoup d’argent.

3. Les combats de Lindon

Lindon se fait plus militant dans les années 80. Il fait du combat  du prix unique du livre son cheval de guerre. Cela attire bonnes relations avec les libraires.

On peut dire que les éditions de Minuit se sont illustrer par leur réussite dans les nombreux combats qu’elles ont mené. Et qui est a félicité pour son choix de ne pas se développer et qui occupe un rôle de figurant à côté des grosse entreprise d’édition comme Gallimard. Elle reste une maison d’édition très attaché au patrimoine culturel de la France. 

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SAO – Alicization beginning (tome 5)

Me revoilà avec du light-novel ! J’espérais avoir le temps de présenter ce roman pour le mois japonais mais j’ai une petite semaine de retard ^^’ moi et ma lenteur de lecture T_T Allez, c’est pas grave, comme on dit : « mieux vaut tard que jamais 😉

Aujourd’hui je vous présente un nouveau tome de la séries Sword Art Online, publié chez Ofelbe. Une de leur première licences, publié en gros volumes regroupant chacun 2 tomes japonais. Nous vous avons déjà présenté le premier tome 1 ici et ici.

Résultat de recherche d'images pour "sword art online roman"Pour ceux qui auraient la flemme de lire ces 2 article je plate vite fait le décor de la série : dans le premier tome de nombreux joueurs se retrouvent pris au piège dans un jeu vidéo, une nouvelle technologie de réalité virtuelle étonnamment réaliste où le joueur est littéralement plongé, laissant son corps inerte dans son lit. Alors que de nombreux joueur se jettent sur cette nouveauté, un cauchemar les attend ! Le créateur du jeu vient de le piéger. Il ne pourront se déconnecter qu’une fois la partie terminée. Il y a alors ceux qui paniquent, ceux qui s’organisent, ceux qui perdent toute notion de réalité n’hésitant pas à tuer leur camarades pour qui la mort virtuelle signifie aussi mort réelle. Au milieu de tout cela, Kirito, l’épéiste noir, beau et ténébreux, quoi que plutôt gringalet, solitaire et joueur vétéran particulièrement doué, qui a tout du stéréotype du personnage shonen. Mais l’écriture de Reki Kawahara est plaisante et dynamique, on lui pardonne très vite l’excès de stéréotype dans la construction de ses personnages.

J’avais trouvé la lecture de la première partie du tome 1 très agréable et pas prise de tête. En revanche, une fois l’aventure conclue je n’éprouvais aucun besoin de prolonger la lecture, ni de retrouver l’univers et les personnages de SAO. La deuxième partie du premier tome comporte d’ailleurs des incohérences avec la première et je m’en lassais assez vite.

Intrigée par cette inégalité entre la première et la seconde partie du premier volumes, j’ai voulu retenter l’expérience avec le tome 5 qui débute un nouvel arc (comprendre une nouvelle aventure avec un nouvel univers pour le même héro).

Mais alors qu’en est-il des tomes 2 à 4 ? Ben… je ne les ai pas lu ^^’

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L’avantage avec ce genre de roman, c’est que les light-novel sont pré-publié sous forme de feuilleton dans des magazine (voir sur des site internet) ce qui fait que les auteurs écrivent de façon a rester compréhensibles par celui qui découvre la série déjà en cour de publication. Si la lecture de toute la série ouvre des portes de compréhension supplémentaires (on connait bien tout les personnages et les clins d’œils aux épisodes précédents sont nombreux) le fait d’avoir loupé un pan de la vie de Kirito ne nous empêche pas de suivre cette nouvelle aventure.

L’auteur nous fait même des petits rappel pour que l’on puisse si retrouver, quand les personnages apparaissent, une breve présentation permet de les resituer ou de comprendre dans quel contexte le héro les a rencontré. J’ai donc compris qu’après avoir réussi à sortir du premier piège, Kirito a continué à explorer d’autres univers visuels dans lesquels ils a encore vécu de dangereuses aventure, déjoué de machiavéliques machinations et rencontré d’autres joueurs. Cela suffit pour commencer ce nouvel arc.

Avec Alicization Beginning, la réalité virtuelle va encore plus loin et devient plus vraie que réalité. Ce n’est plus un univers numérique dans lequel la conscience du joueur est projeté, mais une véritable réalité alternative dans laquelle l’âme du joueur évolue. L’âme ? Oui, une très complexe explication pseudo-scientifique nous est donné pour nous expliquer comment l’âme d’une personne peut être envoyé dans cet univers. Je ne suis pas sûre d’avoir bien suivi toutes les explications mais j’ai trouvé ça très intéressant comme passage car il pousse à se poser des questions sur ce qu’est la réalité. Ne vous êtes-vous jamais demandé si votre vie n’était en fait que le rêve de quelqu’un d’autre ? Gamine je m’imaginais souvent n’être que la fiction crée par un autre. J’aimais m’effrayent en me disant que tout ce qui pour moi était réel n’était finalement qu’une illusion. Avec Alicization beginning on est en plein dans ce délire.

Kirito se retrouve piégé (encore une fois, il a vraiment pas de bol) dans l’Underworld, mais il est le seul a être conscient qu’il s’agit d’une réalité virtuelle crée par une obscure entreprise de la réalité. Pour les gens qu’il y croise, l’Underworld est la réalité. Une situation finalement très différence de celle du premier tome où tous les joueurs savent qu’ils sont dans un univers virtuel et où les pnj (personnages non joueur) sont limité et se distinguent des vrais humains.

Dans l’Underworld tous semblent posséder une âme humaine. En cela je trouve que ce nouvel univers de SAO se rapproche d’avantage de l’univers de Log Horizon.

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illustration de Abec

Mais revenons un peu sur ce cinquième tome. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est changement de points de vue qui s’alternent d’un chapitre à l’autre. Deux univers évoluent parallèlement : la réalité et l’Underworld. Mais aussi le focus du narrateur, parfois Kirito s’exprime à la première personne, parfois c’est un narrateur extérieur mais qui se place du point de vue de tel ou tel autre personnages, nous faisant découvrir les choses tel qu’il les voie, nous faisant entendre leur voix intérieur. Ce va-et-vient d’un univers à l’autres, d’un point de vue à un autre offre une bonne dynamique, un rythme de lecture particulier et plaisant. Ce qui est assez extraordinaire c’est que les ambiances entre réalité et monde virtuelles sont vraiment différente, dans le premier cas on est dans un univers proche du notre mais futuriste, dans le deuxième c’est plutôt une ambiance héroïc-fantasy aux costumes moyenâgeux. Et les deux fonctionnent bien. Passer de l’un à l’autre donne aussi un peu de fraîcheur. Quand le décor moyenâgeux commence à vous ennuyer vous êtes propulsé en 2026. Et dès que les explications pseudo-scientifiques commencent à vous ennuyer vous voilà de retour au pays des dragons, trolls et autres féeries. On oscille vraiment entre sf et héroïc-fantasy.

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illustration de abec

Les personnages restent assez stéréotypé mais ont peut-être gagné en maturité par rapport au premier tome, cela se ressent moins. Sauf peut-être dans leur sexualisation. J’entend par là la façon dont sont traité les personnages féminins et masculins, répondant à des critères plutôt archaïques. Des petites phrases tel que « Tizée et Léonie laissèrent échapper des petits cris d’excitation, typiques chez les adolescentes de leur âge » se glissent ici et là, hérissant tous mes poils. Je les entends pousser des « kyaa! » typiques certes, mais non des adolescentes de cet âge, mais plutôt de l’image que les manga/anime japonais donnent des adolescentes de cet âge. J’ai jamais poussé des petit cris typiques pour une tartelette, perso. L’ensemble est vraiment très type anime, même sans l’aide des illustrations qui accompagnent le texte il serait impossible d’imaginer les personnages du roman comme de vraies personnes, on les visualise tel que des héros de dessin animé. Ce qui doit d’ailleurs faciliter l’adaptation en manga et en amine de la série.

manga, publié chez Ototo

Dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture, il y a plein de rebondissements, de nombreux personnages. Comme j’ai dis plus haut, j’ai apprécié le changement de décor et de point de vue permanent. C’est agréable et léger, avec une pointe de réflexion non désagréable (même si le chapitre avec les explications mériterais peut-être d’être un peu raccourcis). Une bonne lecture détente qui m’implique pas forcement d’avoir lu le reste de la série, tout en apportant aux fans de l’univers de nombreux clins d’œils.

Si cette redondance due la à la sérialisation permet de raccrocher au récit en cours de route, il a tout de même un désavantage au cours de la lecture d’un seul et même tome. Par exemple, ici, on nous explique l’origine de l’épée de Kirito à chaque fois qu’elle apparaît dans le récit, or nous avons lu le chapitre où il se procure cette épée puisque elle est dans ce même tome, inutile de nous le rappeler toutes les 50 pages. Une redondance qui en font un gros volume dont je pense une bonne centaines de pages pourrait être supprimé afin d’alléger l’ensemble. Ceci dit, l’écritures  de Reki Kawahara est suffisamment dynamique pour que cela ne soit pas trop encombrant comme répétitions.

Envie d’embarque dans ce nouvel univers virtuel ?

Sword Art Onlin – Alicization beginning

tome 5

auteur : Reki Kawhara

illustrations : abec

Ofelbe

fiche sur le site de l’éditeur

lire un extrait


Merci aux éditions Ofelbe pour cette lecture


Pour finir je partage ce fan-art que je trouve trop mignon

くすぐり攻撃/トフ
SAO fan-art de トフ
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L’édition généraliste au XX° siècle : Robert Denoël, le challenger ~ by Yomu-chan

Bonjour !

Nouvel article pour continuer ma série sur l’édition française au XX° siècle. Aujourd’hui on va parler de Robert Denoël.


A- Les débuts

1.  Brève Biographie

Robert Denoël est né en 1902, il est belge. Il arrive à Paris dans les années 20 avec l’idée de réussir dans le domaine littéraire. Il se lie vite avec beaucoup d’artiste surréaliste durant cette période d’explosion artistique. Il travaillera même dans une galerie d’art. Là il rencontrera  Eugène Dabit, un de ses ami peintre qui souhaiterait passer du pinceau à la plume.

2. Sa double boutique et la vie de salon

En 1927 il ouvre une double boutique : à la fois librairie et galerie. Celle-ci se trouve dans un quartier chic où se passe la vie artistique et festive du Paris d’entre deux guerres. La vie du livre est rythmée par celles des salons. Il se lance dans l’édition de livres d’art assez cher destinés à un public de bibliophiles, il travaille notamment avec des artiste tel que Antonin Artaud.

Robert Denoël

3. Eugène Dabit & Louis-Ferdinand Céline

Robert Denoël publie l’ouvrage de Eugène Dabit son ami peintre : Hôtel du Nord, une littérature prolétarienne qui est le vrai premier succès de la maison d’édition, il décroche d’ailleurs le prix de  littérature populiste.  Le succès oblige même une réimpression du livre.

Entre temps il s’associe avec Bernard  Steel, un riche américain qui fournit les fonds pour l’entreprise. Il s’agit donc d’une double marque durant les années 30 : Denoël et Steel.

Un jour il reçoit un manuscrit sans nom qui lui semble être une promesse de succès. Effectivement il décide de publier au nez et à la barbe de Gallimard,  Voyage au bout de la nuit de Céline. C’est un début de rivalité entre les deux maisons. Le livre est un succès si bien qu’il est pressenti pour le prix Goncourt mais dans la nuit avant la remise du prix Gallimard aurait intrigué pour que se soit son livre qui gagne.

B- Dans les années 30

La maison connait le succès dans cette décennie. Même si Bernard Steel la quitte à la fin des années 30  pour fuir la France (en effet ce dernier était juif). Finalement en 1936 la maison s’appellera seulement Editions Denoël. La maison d’édition décroche de nombreux prix, c’est une maison « challengeuse« , elle attaque Gallimard sur tout les plans. D’ailleurs elle publiera Aragon avant que celui-ci aille chez Gallimard.

C- 2° Guerre Mondiale & ses publication

1.  Ses publications

Après la défaite de 1940, il poursuit sur sa lancée et s’associe avec un éditeur allemand pour de l’argent. Il est plutôt en accord avec les idées prônées par le régime de Vichy.  Même s’il a des relations compliqué avec Céline il lui reste fidèle et va même publier ses pamphlets antisémites. Il lance une nouvelle collection : les Nouvelles Editions Française (NEF) dans laquelle on trouve des ouvrages dirigés par Montandon, du genre Comment reconnaître un juif ? 

Robert Denoël est un homme qui aime l’argent, un opportuniste décomplexé. Il vend tout ce qui se vend et ce qui plaît à l’occupant. Il publie un best-seller de l’occupation : Les décombres, de Louis Rebatet en 1942 (se sont les mémoires d’un fasciste). En clair Denoël publie une littérature de la défaite et de la collaboration.

2. Répercutions

Durant l’été 1944 Denoël prépare sa défense car il sait qu’il va devoir rendre des comptes sur ses activités et ses publications durant l’occupation. Finalement il est innocenté de façon personnelle mais sa maison d’édition reste poursuivie. 

D- Fin de la maison d’édition

Il rencontre Jeanne Loviton, qui sera sa maîtresse, il la croit son alliée pour le sortir de ses affaires de justice puisqu’elle est avocate. Elle l’aide à préparer sa défense. Mais un soir alors qu’il se rendait au théâtre avec cette dernière, Robert Denoël est assassiné d’une balle dans le dos. Un pneu de leur voiture aurait crevé et alors qu’elle se rendait seule au spectacle tandis que lui essayait de réparer la roue il se serait fait tirer dessus. Mais il y a des choses un peu obscure dans ce meurtre qui n’a jamais été élucidé. 

Jeanne Loviton en profite pour sortir un document de cession des parts de l’entreprise pour elle-même, la maison passe donc entre ses mains. Malgré une tentative de défense de la part de la femme et de l’enfant de Denoël elle reste détentrice de l’entreprise qu’elle s’empresse d’aller revendre à Gallimard.

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L’édition généraliste dans la 1° partie du XX° siècle : Bernard Grasset, grand concurrent de Gallimard ~by Yomu-chan

Bonjour bonjour,

alors voici le deuxième article de cette série destinée à l’édition française du XX° siècle, il sera consacré à Bernard Grasset.  Vous pouvez retrouver l’article sur Gallimard : ici !


Bernard Grasset fut le grand concurrent de Gallimard, de tout temps il a essayé de faire barrage à la NRF sans jamais y parvenir vraiment. Il sera resté dans l’histoire du livre pour sa grande inventivité commerciale. Si il a en commun avec Gaston Gallimard d’être issu de la bourgeoisie de province et d’avoir un don naturel pour dénicher de très bon texte, tout le reste les opposent : Bernard Grasset était un personnage « tout feu, tout flamme », réputé pour être quelque peu bipolaire, souffrant de grandes dépressions mais aussi de grands moment d’euphorie. Malgré cela, les deux hommes se respectaient beaucoup et durant l’entre-deux guerre il leur arrivait souvent de déjeuner ensemble. Les auteurs publiés par Grasset étaient soit ceux qui n’avaient su trouver grâce chez Gallimard, soit ceux qu’il avait lui même révélé avant de se les faire « piquer » par son concurrent, ils n’ont eu de cesse de se voler mutuellement leurs auteurs.

Bernard Grasset

A- Début de carrière

1.Ses débuts

Originaire de Montpellier, Bernard Grasset monte à Paris après des études de Droit. Il souhaite réussir dans les lettres. Il créer sa maison d’édition en 1907.  Il mène une vie de Bohème, qui l’amènera à faire la rencontre de nombreux artiste. Et notamment de Henry Rigal, qui toutes les peines du monde à faire publier son livre : Mounette.

2. 1° publications

C’est donc Mounette qui sera le premier livre édité par la maison d’édition de Bernard Grasset. Mais cela se fera à compte d’auteur (c’est à dire que c’est l’auteur qui lève les fonds pour assurer les coûts de la publication). Ce sera un peu la spécialité de Bernard Grasset que de publié à compte d’auteur.

Il cherche ensuite à lever de l’argent pour avoir les moyens de porter plusieurs auteurs. Et petit à petit arrive dans sa maison André Malraux, Giraudoux, Mauriac,etc.

Il connaît son premier succès en 1910. Et décroche un prix Goncourt avant même Gallimard en 1910-1911 avec Chateaubriand. C’est ce prix qui fait comprendre à Grasset que ce qui compte c’est de créer un écho journaliste autour du texte, afin de faire parler du livre pour que celui-ci se vende.

3.Vie de salon & Marcel Proust

Prenant soin de se montrer afin de se créer un important réseau Bernard Grasset fréquente beaucoup de salons littéraires. C’est dans l’un d’eux qu’il fera la rencontre de Marcel Proust. Ce dernier vient d’écrire le premier volume de A la recherche du temps perdu et a envoyé son manuscrit au comptoir d’édition de la NRF mais André Gide l’a refusé (effectivement Proust était malade et confiait la rédaction de ses manuscrit à son aide de chambre mais qui faisait beaucoup de fautes. Le manuscrit était donc assez illisible et Gide n’a pas su y voir la beauté géniale qu’on lui connaîtra).  Intrigué par cet homme Bernard Grasset lui propose de publié son livre à compte d’auteur.  Et il a eu raison car se fut un énorme succès ! Après ça la maison Gallimard se mord les doigts d’avoir refusé le texte.

Marcel Proust

B- Après la première Guerre Mondiale

1.Une maison d’édition en sommeil mais qui a acquis de nouvelles techniques

Durant la première Guerre Mondiale il a été enrôlé (contrairement à Gallimard) et a de ce fait perdu Proust qui s’est laissé charmer par les excuses de son concurrent pour le récupérer. C’est un coup dur pour Grasset.

Mais dès son retour de la Guerre il relance sa maison en lançant le 1° Best Seller d’après-guerre avec Maria Chapdelaine roman de Louis Hémon.

2. Travail de promotion des livres & importance de cerner le public visé

Grasset se révèle un véritable stratège de la guerre éditoriale. Afin de faire parler de son livre il en envoie des exemplaire gratuit à des personnes qu’il a identifié comme pouvant faire la promotion de son livre.  Il utilise aussi des technique de bluff, et d’exagération dans ses publicités pour exalter la foule : ses lancements coûtent des fortunes. Mais ça marche.

Les années 20 sont l’apogée de Bernard Grasset. Il sait faire événement et lancer des auteurs à succès. Il est le premier à se lancer corps et âme dans la communication.  Il arrive à maintenir perpétuellement une sorte d‘écho médiatique autour de sa maison d’édition.

Il nous faut parler de l’énorme succès de Le diable au corps de Raymon Radiguet qui fait l’objet d’un lancement extrêmement audacieux. L’auteur est à l’époque très jeune et Grasset utilise le fait qu’il ne soit pas encore majeur comme un excellent argument de vente. Mais ce fait est quelque peu rabaissé par la critique littéraire qui juge que c’est un argument racoleur et qui manque d’intérêt littéraire. Cependant un scandale autour du jeune homme se créer puisqu’on lui prête une relation amoureuse avec Jean Cocteau. Et si Grasset apprécie que l’on parle de son auteur il ne veut pas que le livre soit un succès uniquement grâce au scandale des potins. Ainsi il lance la première publicité au cinéma de l’histoire du livre !  Il se met en scène avec son auteur. Et ce sera une réussite. Le livre est un succès de librairie.

Après ces réussites Grasset se lance dans une carrière de moraliste et publie des articles dans plusieurs journaux et revues. Il est devenue une figure importante parmi les intellectuels français et n’a pas de mal à imposer ses traits d’esprit.

Raymond Radiguet

3. 1930 défense des éditeurs & combat pour la propagation de la lecture

Le problème de Grasset c’est qu’il se prend à son propre jeu et il va intervenir de plus en plus souvent dans les années 30.

La maison d’édition vit une période difficile entre 1929 et 1935 : la famille de Grasset tente de s’emparer de la maison, sous prétexte qu’il n’est plus capable de la gérer (il a la santé fragile et doit se faire soigner en clinique). Finalement même si la maison a perdue de sa superbe il récupère son pouvoir en 1935 et tente de relancer la maison.

Il s’engage dans un combat pour la défense des éditeurs.  En effet le gouvernement est en train de lancer un projet pour raccourcir les droits d’auteurs post mortem. Selon lui c’est un scandale qui signerait la fin des maisons d’édition, car cela les pousserait à la faillite et les rendrait frileuse à miser sur de jeunes auteurs. Finalement ce projet est abandonné en 1938 (car la France à d’autres problèmes un peu plus important à ce moment là). Mais Grasset le prend comme une victoire personnelle et n’a de cesse de se positionner comme un réformiste de l’édition.

C- Deuxième Guerre Mondiale & Occupation allemande

1. Se range du côté de l’occupation

Grasset est très nationaliste, et s’il est choqué par la défaite de la France il se range tout de même du côté du Maréchal Pétain q’il considère comme capable de « redresser la France ». Il n’est pas pro-nazi mais selon lui une victoire allemande est plus profitable qu’une victoire anglaise. Et il va publier des textes dans la même veine que ses idées. Il porte la faute sur les français et la décadence des partis politique (il pense notamment au PCF), indirectement c’est une littérature à démoraliser les français. C’est une littérature de la collaboration.  Il va se mobiliser de manière assez imprudente pour faire valoir son point de vue (il s’affiche notamment dans des interview).

Il fait partie des éditeurs qui collabore pour continuer de travailler et de publier. Il sera nommé Responsable du livre par le régime de Vichy (une responsabilité quasi ministérielle). Et comme les ventes de livres sont plutôt tonique durant l’occupation (les gens ont besoin de se divertir) Grasset y voit un moment opportun pour améliorer le système.

2.Problème à la libération

Comme on peut s’y attendre, Grasset est l’un des premiers à devoir rendre des comptes à la libération. Il est emprisonné en 1944. Et pendant se temps il y a toute une campagne d’accusation qui se fait dans les médias, on publie des lettres affligeantes qu’il a envoyé à des hauts dirigeants du régime de Vichy.  Mais Grasset ne sait pas comment se défendre puisqu’il est persuadé d’avoir été de bonne foi et d’avoir choisit une voie favorable à la France.

3.Maison « sauvée », mais les auteurs la désertent

Finalement comme la maison n’a pas publié de texte pro-allemand elle a le droit d’être relancée à la fin des années 40. Mais Bernard Grasset reste poursuivit à titre personnel et souffre d’une très mauvaise réputation d’éditeur. Les auteurs quitte la maison. Dans les années 50 il perd un procès contre Montherlant qui veut briser son contrat.  Il va aller vendre sa maison d’édition à Hachette en 1954. Il meurt en 1955 et c’est son neveu Bernard Privat qui va tenter de relancer la maison sous l’hégémonie d’Hachette.

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