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Brendan et le secret de Kells [BD]

À l’occasion de la Saint Patrick, je vous proposais un voyage aux pays des fées irlandaises. J’avais pensé vous présenter un recueil de contes, mais finalement j’ai choisi la courte série de bandes dessinées jeunesse Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore. L’occasion pour moi de vous reparler du film aussi.

brendan et le secret de kellsJ’ai déjà consacré 2 articles au film d’animation :

J’ai adoré ce film. Tout m’y a plu. Le graphisme, l’histoire, la bande sonore. C’est un régal et si vous ne l’aviez pas encore vu, je vous invite à lire mes vieilles chroniques et à voir le film.

Mais aujourd’hui on parle BD ! Le film a été adapté en une courte série de 2 tomes. Cette bande dessinée reprend l’histoire du film y ajoutant quelques détails sur le passé de Brendan (surement des scènes qui ont été coupées au montage), il reprend exactement la même histoire et bon nombre d’images. On retrouve donc tout à fait l’ambiance du film, l’animation en moins. Ayant adoré le film, j’ai pris plaisir à retrouver les personnages et l’ambiance sur papier, mais il m’a manqué quelque chose. Le film à un graphisme et une dynamique très particulière qui m’avait beaucoup plus. Et si cela est aussi très joli sur papier j’ai trouvé la mise en page ne rendais pas assez bien la dynamique du film, même si on y retrouve certains aspects.

Tout comme le film, le dessin de la BD s’inspire beaucoup à la fois des motifs celtiques traditionnels et des enluminures du moyen âge, ça foisonne de détails et de couleurs. C’est très chouette.

Et avec cette histoire on se familiarise à la fois avec le folklore irlandais et son histoire.

Nous sommes au IX siècle, l’Irlande fait face à de nombreuses attaques vikings. Croyances païennes et fois chrétienne si côtoient. La ville de Kells se fortifie dans l’espoir de résister aux Vikings. Aidant un grand maître enlumineur veut faire de Brendan son disciple, mais l’abbé de Kells, oncle de Brendan, ne veut pas en entendre parler. Dans sa quête Brendan fait la connaissance de Aisling, une fée, vestige d’anciennes croyances en voie de disparition. Bien qu’il soit lui même jeune moine, il se lie d’amitié avec la fée et ensemble ils doivent faire face au prince des ténèbres : le Crom Cruach.

Cette histoire s’inspire de fait historique réel et de légendes irlandaises. Le livre de Kells existe vraiment, Saint Colomba, l’île de Iona et l’abbaye de Kells aussi (pour en savoir plus allez voir le coin des curieux dans mon article sur le film). Quant au Crom Cruach, je vous invite à lire ma chronique pour en apprendre plus sur cette légende.


→ Tomm Moore (twitter)

→ sur Amazon ou dans votre librairie préférée


Voilà pour ce qui est de ma petite incursion en pays gaélique. Avez-vous d’autres légendes irlandaise à nous proposer ?


 

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Le lutin des tombes [Contes et légendes d’Irlande]

Dès les premières discussions avec Hilde à propos de contes et légendes à proposer pour le challenge Halloween, j’ai tout de suite pensé aux contes breton et irlandais qui regorgent d’histoires à vous hérisser les poils, pleine de fantômes et autres créatures inquiétantes. De plus le folklore celtique me semblait le plus approprié pour Halloween. Mais impossible de remettre la main sur le recueil de contes breton ou j’avais lu une histoire terrible avec fantôme et cimetière. Je suis donc parti chercher d’autres histoires et le recueille Contes et légendes d’Irlande de George Dottin (terre de brume éditions) est parfait pour ce mois d’octobre.

Couverture Contes et légendes d'Irlande

conte et cimetière

Pour le rendez-vous cimetière de cette seconde semaine de challenge, j’ai choisit de vous raconter l’une des histoire découvertes dans ce receuil : Le lutin des tombes. Je vous la livre ici avec mes mots et mon interprétation. À chaque conteur son style.

Un fermier avait trois fils. Tout fort et vigoureux et bon travailleurs, mais l’aîné dépassait ses frères en beauté et toutes les jeunes filles du village en étaient amoureuses.

Un soir le jeune homme se promène le long du cimetière avec deux de ces filles. Pour s’amuser, il jette un bâton dans cimetière et il dit : « j’épouserais celle qui me rapportera le bâton ». La première, effrayée ne le pris pas au sérieux. La seconde, en revanche, savait qu’elle avait bien peu de chances de pouvoir l’épouser, ses parentes étaient modestes et elle n’aurait pas pas de dote. Avec toutes les filles des gros fermiers qui voulaient épouser le beau garçon, ce bâton était sa seule chance de marquer quelques points.

Elle décide alors de rentrer dans le cimetière pour retrouver le bâton. Quelle idée, alors qu’il fait déjà nuit ! Autant chercher une aiguille dans une botte de paille. Elle cherche, elle cherche, mais au bout d’un moment elle se décourage et décide de laisser tomber et repart vers la sortie du cimetière, mais là une étrange créature l’attend : le Pûca. Effrayée elle court à l’autre bout du cimetière, mais des qu’elle arrive à l’autre portillon, le lutin est là. Elle court encore, mais à chaque fois le lutin la devance. Effrayée et épuisé elle fini par se laisser tomber au sol.

-Tu ferais mieux de rester tranquille, je ne te laisserais pas sortir avant le lever du jour ! lui lance le Pûca. Que fais-tu là au milieu de la nuit ?

-Le garçon que j’aime à lancé un bâton et promis d’épouser celle qui le ramènerait, répond la jeune fille.

-Il t’a abandonné ici en laine nuit. C’est mal ce qu’il t’a fait. Mais je te promets qu’il ne recommencera pas ! Porte-moi à sa maison.

Effraie la jeune femme n’ose pas contredire le Pûca. Elle le prend sur son dos et le porte à la maison du jeune homme. Comme par magie, la porte s’ouvre.

-Assieds-moi près du feu, ordonne le Pûca.

Elle le pose au coin du feu, docile.

-Prends ce pot et remplis-le de farine d’avoine.

Elle s’exécute.

-Assieds-moi à côté du garçon. À l’heure qu’il est, il dort tranquillement avec ses frères.

La jeune femme pose le pûca avec le pot de farine à côté du garçon qui étrangement ne se réveille pas.

Le Pûca tire un couteau de sa poche et tranche la gorge du garçon ! Dans le pot de farine il récupère le sang et demande la jeune fille de le ramener au coin du feu. Effrayée, elle n’ose pas lui désobéir. Une fois assis, il lui ordonne de partager avec lui le potage fait de farine et de sang.

Dégoûtée, la jeune femme feint de manger et glisse, en vérité, le mélange dans une poche de son écharpe.

-Tu es une bonne fille, lui dit-il en fin, quand ils ont fini le potage. Si tu m’avais désobéi, je t’aurais coupé la gorge, mais tu ne l’as pas fait. Pour te récompenser, demande-moi ce que tu veux.

-Comment ramener le garçon à la vie ? Demanda-t-elle.

-Et bien, il aurait suffi d’enduire la gorge du défunt avec le mélange que nous avons mangé. Mais il n’y en a plus. Ramène-mi au cimetière maintenant.

La jeune fille silencieuse ramène le Pûca, là où elle l’avait croisé la première fois puis retourne lentement au village.

Le jour se lève et dans la maison du garçon tout le monde se réveille. Horreur ! Leur fils ainé est sans vie, la gorge tranchée.

Quand la jeune fille arrive sous le pas de leur porte, tous sont en larmes.

-Que me donneriez-vous si je ramène votre fils à la vie ? leur demanda-t-elle.

La famille bien sûr, était prête à tout leur donner, pourvu qu’elle leur ramène leur fils.

Elle entre dans la chambre, enduit la gorge du garçon avec le mélange de farine et de sang qu’elle avait cachés dans son écharpe et le garçon reprends vie. En échange elle n’avait demandé qu’une chose, devenir sa femme.

Le Pûca

Le Pûca est une créature folklorique celtique qu’on retrouve sous différentes formes : un cheval noir, un bouc, une sorte de gros lapin… Il peut également prendre forme humaine. Il peut porter bonne ou mauvaise fortune selon son humeur. On le retrouve sous différentes formes et noms aussi bien en Irlande qu’au pays de Galles, en Cornouailles…

Contes et légendes d’Irlande de George Dottin

Je ne l’ai pas lu entièrement, j’ai glané quelques contes par-ci, par-là. Surtout ceux avec des fantômes, challenge Halloween oblige. Les histoires que j’ai u sont toutes très sympas. En revanche le style de l’écriture est vieillot et les tournures des phrases sont parfois étranges donnant un accent particulièrement désuet à l’ensemble. Parfait pour les amateurs de vintage.  La fin de chaque conte on en note les sources.

sur le site des éditions Terre de Brume

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George Dottin (1863-1928) était spécialiste de langues et littérature celtique. Il a écrit de nombreux ouvrages sur cette civilisation. Il était professeur à l’université de Rennes.


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