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Brève cohabitation

Brève cohabitation est l’un des dernier manhwa  que j’ai lu et il ne m’a pas laissé indifférente. Au premier abord la couverture m’a intrigué mais aussi un peu repoussé.

C’est pas très engageant cet énorme cafard ! Et pourtant…

Le graphisme de Jang Kyung-sup n’a rien de particulièrement remarquable, le dessin est assez simple, stylise et très réaliste mais il n’est pas désagréable à regarder. J’ai très vite plongé dans l’histoire et le dessin colle parfaitement à l’ambiance générale du récit.

Mais que nous raconte Jang Kyung-sup ? Une étrange histoire dont bien des facettes ont dû m’échapper. Il y est question d’un homme, de solitude, d’insectes… Un récit surréaliste où un jeune homme incapable de supporter une trop grande solitude décide de vivre avec un cafard. Sans doute Jang Kyung-sup utilise cette drôle d’histoire pour critiquer une société en perte de repères où un grand nombre de jeune se retrouve seul dans des grandes villes déshumanisées et qui, comme notre héros, cherchent à se raccrocher à n’importe quoi pourvu de ne pas sombrer. A moins que ce ne soit pas tout simplement un fou ? Où alors c’est l’histoire d’un insecte qui cherche par tout les moyens à échapper à sa condition d’insecte pour devenir humain. Et qui dans sa quête d’humanité devient de plus en plus inhumain.

Mais que représentent au juste les insectes ? Je suis pas sure d’avoir vraiment tout compris à cette histoire, au message qu’elle cache. Mais j’ai été comme happé par le récit qui finalement est très humain. J’ai grimacé de dégoût, j’ai souris, j’ai réfléchi et finalement j’ai le sentiment d’en être ressortie nourrie, enrichie. L’histoire est très étrange et en rebutera plus d’un. Moi j’ai été conquise et j’en suis la première surprise. Ce manhwa m’a beaucoup parlé, je trouve sa réflexion très intéressante et il y a de très bon passages. J’ai beaucoup aimé certains dialogues. Sa forte connotation symbolique et métaphorique le rend parfois très énigmatique mais je me dis que c’est pas grave de ne pas avoir tout compris dès la première lecture, ça me permettra d’en découvrir de nouvelles facette à la relecture.

Un titre que je conseille, mais pas à tout le monde : ça passe ou ça casse.

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Goggles ~ Tetsuya Toyoda

Depuis le temps que j’avais envie de lire ce manga, la lecture commune partagé avec les membre de l’équipe de k.bd était le moment rêvé pour me lancer, enfin. Cette couverture simpliste m’avait intrigué. Il était temps d’en découvrir le contenu.

Ce one-shot regroupe 6 histoires courtes pré-publiées entre 2003 et 2012. 6 tranches de vies parfois drôles, parfois tristes, toujours touchantes.

L’album tire son titre d’une des nouvelles, écrite en 2003. Dans cette histoire, deux hommes qui partagent un appartement se retrouvent à s’occuper d’une petite fille abandonnée par le père et maltraité par la mère. Cette dernière, très sensibles, avait trouvé refuge auprès de son grand-père, quand celui-ci décède, un amis de son père en prends la charge en attendant une meilleure solution.

Cette nouvelle est très touchante. La petite Hiroko, renfermée dans son silence ne laisse rien paraître de son malheur. Quand aux deux hommes qui se retrouvent à s’occuper d’elle, il ne sont pas de sa famille, ils ne savent pas trop quoi faire et pourtant ils lui tendent la main. Une main salvatrice. C’est dans la simplicité que cette histoire est touchante. Pas de pathos, pas de larmes, juste des gens ordinaire qui font ce qu’ils peuvent.

Une autre nouvelle m’a beaucoup plu, la première du recueil : Slider. Cette-ci prend des accents plus surnaturel avec l’intervention de 2 kami. Je l’ai trouvé amusante, surtout pour son trio d’héros idiots.

Les 6 histoires ensemble font de cet album un moment agréable. Le dessin sobre de Tesuya Toyoda s’accorde parfaitement avec ces tranches de vie tout en retenue. Un belle album que je suis heureuse d’avoir dans ma collection. Pourtant les éloges faites par Taniguchi sur le bandeau qui ornait mon exemplaire me semblent bien exagérées. Je ne ressors pas de cette lecture particulièrement bouleversée.

→ à lire aussi les avis de Mo’, Choco et Seetmadonna

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Fragments d’amour

Kiriko Nananan, encore une auteure de manga pour femme dont j’ai beaucoup entendu parler et que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. Et voilà que, le jour même où j’en parle avec une bibliothécaire, je découvre, un étage plus haut, au rayon jeunesse, un de ses manga. Je trouve qu’il aurait plus été à sa place chez les adultes, mais bon…

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Aux éditions Sakka, collection Auteurs

Ce one-shot regroupe plusieurs histoires courtes parues entre 1997 et 2003 dans divers magashiToutes mettent en scène des jeunes femmes ou jeunes hommes amoureux…

Les prises de tête amoureuses c’est pas trop mon truc, alors, sur le fond, ce manga ne m’a pas vraiment touché. En revanche, sa forme m’a beaucoup marqué. Le dessin de Nananan est très particulier. Très vide. Il n’y a presque pas de décors, quand il y en a il est très sobre, superpositions de taches et d’ombres. La pluspart du temps on a des gros plan sur des personnages dans des cases complétement blanche. L’ambscence casi totale de trame de fond en est presque trublante. Le dessin lui-même est très minimaliste, les visages sont esquissé en quelques traits. Si je les ai trouvé très beaux, il sont si peu détaillés, que j’ai parfois du mal à distinguer les hommes des femmes. Le cadrage à également attiré mon attention. Ce ne sont pas toujours les visages qui
sont mis en scène, mais les mains ou autres parties du corps. La gestuelle devient alors très expressive, presque plus que les traits du visage.

Quant au texte, là encore, il est exploité de façon originale. Aux dialogues dans les bulles, Nananan privilégie le texte posé à même la case, retranscrivant les pensée intimes du personnages ainsi mis à nu. L’auteure nous plonge, l’espace de quelques pages, dans la plus grande intimité de ses personnages, qu’elle sait rendre très touchant.

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Quelques mots sur le fond, tout de même. Toutes les histoires montrent des jeunes gens aux prises avec l’amour. Des filles volages, des amours à sens unique, des jeunes qui se cherchent, qui tâtonnent… Des histoires pas toujours faciles, parfois douloureuses, rarement heureuses, mais qui sont toujours traité avec beaucoup de tendresse. Si certaines auteures de shôjo prennent plaisir à torturer à outrance leurs personnages, j’ai eu l’impression que Nananan les aime. Chaque histoire se termine sur l’espoir d’un avenir meilleur.

J’ai été vraiment séduite par le travail de Nananan et la beauté de ses dessins épurés. J’aimerais maintenant la découvrir dans un manga plus long. Blue me tente depuis un moment déjà.

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Ristorante Paradiso

One-shot de Ono Natsume, ce seinen pré-publié en 2006 dans le mangashi  Manga Erotics F, de l’éditeur Ohta Shuppan, est disponible en français dans la collection  Big Kana.

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Résumé :

Nicoletta a 21 ans et décide de se rendre à Rome pour révéler son existence au mari de sa mère qui ignore que cette dernière a un enfant d’un précédent mariage. Nicoletta ne peut pas pardonner à sa mère de l’avoir laissé à la garde de ses grand-parents et de ne s’être jamais occupée d’elle. Elle est prêté à se venger mais quand elle découvre le restaurant Casetta dell’orso et Laurent, le patron, elle hésite. Elle laisse une chance à sa mère, un sursis. Elle fait pression sur cette dernière afin d’intégrer la cuisine du restaurant comme apprenti y voyant là une chance de se lancer dans la vie active, mais surtout pour se rapprocher de Claudio, serveur doux et gentil, d’âge mûr. Serait-elle amoureuse ?

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Claudio

L’anime :

Ristorante Paradiso est aussi un anime. Série TV de 11 épisodes de 22 minutes sortie en 2009, réalisé par Kase Mitsuko et le studio David Production.

 Mon avis :

C’est par le biais de l’anime Ristorante paradiso que j’ai pour la première fois fait la connaissance d’Ono Natsume, de son univers et son dessin. J’avais, à l’époque, beaucoup aimé cette série par son originalité et l’ambiance qui s’en dégage. Quelques temps plus tard je découvrais un autre anime tiré d’un de ses manga que j’avais aimé plus encore. Pourtant, ce n’est que récemment que j’ai fini par sauter le pas et m’acheter ses manga. Faut dire que j’aime qu’il y ai un part de mystère dans ce que je lis, ayant vu la série, j’avais peur de m’ennuyer.

Suffisamment de temps est passé entre le moment où j’ai vu l’anime et celui ou j’ai lu le manga. Si je connaissez déjà l’histoire, j’étais ravie de retrouver les personnages qui m’avaient plu et aussi découvrir, pour de vrai cette fois, le travail de la mangaka.

Son dessin est très original et bien différent du dessin typique du manga avec les grand yeux et tout ça. Les traits de Ono Natsume semblent brouillon et la première fois j’ai trouvé ça un peu moche. Finalement, la surprise passé, je me rends compte que plus je lis ses manga plus j’aime son dessin, ses traits confus et l’air un peu perdu, dans le vague de ses personnages, leur nonchalance. Ce qui me marque dans les manga d’Ono  c’est l’ambiance un peu décalé qu’elle nous propose.

Mais revenons à Ristorante Paradiso. Ce que j’aime de ce manga c’est tout d’abord son originalité. On a une jeune femme qui se cherche et qui va vivre ses premiers émois amoureux. Un thème somme toute très banal, qu’Ono exploite à merveille en nous surprenant. Les « beaux gosses » ne sont pas ici des bishonen imberbes mais des hommes, des vrais, des vieux. Ils ont des rides, des lunettes et des cheveux gris. Ils sont mariés, divorcés et même grand-pères. Mais cela ne les prive pas de charme et c’est grâce à leur air de gentleman et la bonne cuisine que le restaurant Casetta dell’orso attire autant de clientes. Elles aussi pour la plupart d’âge mûr.

Et Nicoletta dans tout ça ? La jeune femme va trouver sa voie, la cuisine, mais aussi découvrir les émois d’un premier amour. Lucide, elle se demande si ce qu’elle éprouve pour Claudio, beaucoup plus âgé qu’elle, c’est bien de l’amour. Comment sait-on qu’on est amoureux ?

En dehors de cette romance hors des sentiers battus, ce manga propose une relation mère/fille intéressante. Olga est une très mauvaise mère. Elle a laissé son enfant pour pouvoir se remarier. Pourtant elle est une femme touchante qui réussi a nous séduire et a séduire sa fille devenue femme. Si leur relation n’a quasiment pas existé quand Nicoletta était enfant, elles apprennent à se connaître, à se comprendre et même à s’apprécier. L’évolution de leur relation est intéressante, touchante et positive.

De tout le manga se dégage une ambiance très positive, douce-amère, avec son lot de difficultés, de moment de tendresse et de joie. Ono Natsume sait rendre ses personnages vivant. Ce n’est pourtant pas sans fantaisie, l’auteur ajoute des petites touches d’humour décalé comme la lubie d’Olga qui craque complètement pour les hommes d’âge mûr à lunette, et pour son plus grand plaisir, le port des lunettes est obligatoire pour le personnel du restaurant.

Un one-shot très réussi, offrant une belle palette de personnages touchant que l’on a envie de suivre un peu plus longtemps. Et ça tombe bien ! Pour reprendre les personnages de Ristorante Paradiso, Ono Natsume a écrit en 2007 une série en 3 tomes intitulé Gente (également disponible chez Kig Kana).

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Fiche Ristorante paradiso sur le forum du Club Shôjo

Fiche Ristorante paradiso sur Manga-News

Plus d’images sur Tumblr (ça me donne envie de m’en créer un)

Envie d’avoir un autre avis ? Vous pouvez lire ce qu’en pense Lulu (Le café) ici. A lire également l’avis de Rémi I. sur BoDoï.

J’espère qu’avec tout ça j’ai réussi à vous donner envie, parce que c’est une très bon manga qui vaut vraiment le coup !

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River’s edge

C’est suite à un appel lancé sur la page facebook de Ma petite Médiathèque dans lequel je demandais quelques conseils concernant des lectures shôjo que j’ai lu River’s edge.

Quel est le rapport entre le shôjo et River’s edge ? A vraie dire il y en a aucun, ou presque. La conversation est passé du shôjo au josei et du josei à Okazaki Kyokô qu’on m’a présenté comme « la mère du josei ». Une mangaka a connaître.

Du coup, ben je suis allée voir ce qu’elle avait écrit, parmi ses titres, le résumé de celui-ci m’a intrigué et en plus, je l’ai trouvé d’occaz. Ni une, ni deux j’ai commandé et deux jours plus tard je faisait la connaissance de Okazaki Kyokô (enfin, de son travail).

Une fois le manga chez moi, en l’ajoutant à ma collection sur Manga News, j’ai découvert qu’il s’agit d’un seinen. J’ai cru un instant que pour mon objectif « découverte du manga pour femme » c’est raté, mais finalement c’est bien un josei qui a été intégré à la collection Seinen de l’éditeur français.

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Résumé :

3 adolescents qui n’ont rien en commun vont se retrouver réuni par un étrange secret : la découverte d’un cadavre sur les berges de la rivière derrière le lycée. Ces trois adolescents sont confronté à la dureté de la vie chacun d’une façon différente, chacun doit faire face à ses propres difficultés. La complicité que crée le partage de ce secret leur offre un moment de répit.

Ce que j’en pense :

Le dessin est pas joli, je dirais même plus, il est moche. Très simple, stylisé, peu soigné… Et j’avoie que ça m’a un peu rebouté quand on m’a parlé de cette mangaka. Mais on m’avait assuré que les histoires valent vraiment le coup, j’ai fait confiance et passé le cap de cette première impression négative. Et j’ai bien fait. Parce que c’est pas joli mais le style de Okazaki Kyokô se marie très bien avec le scénario de ce manga. A l’instar de son coup de crayon, les personnages sont des ados brouillons, pas fini et pas très jolis jolis.

Dans River’s edge pas d’héroïnes candides aux grands yeux brillants, mais des filles paumées qui couchent, qui fument, il y en a même qui vomissent après chaque repas.
Pas de jeunes lycéens courageux défendant de nobles valeurs de camaraderie non plus. Non, ici, il y a des garçons violents qui prennent plaisir à tabasser leur camarade et Yamada, le souffre douleur, qui reçoit des coups sans rien dire, un petit copain qui couche avec la meilleur amie de sa copine… Que du joli monde ! River’s edge nous décrit des jeunes dont le mal de vivre sonne sans doute plus vraie que ces romance où le courage et la perseverance l’importent toujours. Ici pas de nobles valeurs, pas de héros ou de héroïnes.

Dans le lycée que Okazaki nous décrit, on n’a pas vraiment envie d’y aller. Elle ne nous fait pas regretter notre jeunesse non-plus. En cela je la trouve juste. Car oui, l’adolescence c’est pas tout rose, c’est pas toujours facile et pour certains c’est carrément dur. Les personnage que la mangaka nous donne à voir sont plausibles. Ils sont mal dans leur peau, ils sont pressés de passer à autre chose, ils veulent être ailleurs.

River’s edge n’est pas pour autant un triste tableau noir. S’il nous montre des personnages en mal de vivre, il est aussi plein d’espoir car ces même personnages sont plus fort qu’il n’y parait et on sait qu’ils vont s’en sortir. Ils suffit de tenir bon, encore un peu, et de grandir.

Et au final, il ne reste rien de cette première impression que le dessin de Okazaki peut laisser au début, on fini même par l’aimer. D’ailleurs, chose étrange, le trait m’était familier, cela me faisait vaguement penser quelques chose que j’aurais déjà lu, mais je n’arrive pas à savoir de quoi il s’agit. En tout cas c’est le premier manga de Okazaki Kyokô que je lis. A la réflexion, l’ambiance de River’s edge me rappelle  Déviances de Tôme Kei, qui bien que moins violent, montre des ados tout aussi désabusé. Dans le dessin aussi on trouve quelque chose de similaire.

Petite anecdote : en cherchant des infos sur le net je suis tombé sur un film américain de 1986 qui s’intitule River’s edge et où il est question d’ados et d’un cadavre sur les rives d’une rivière. L’histoire du film n’a en elle même rien à voir avec celle de Okazaki, mais je trouve que cela fait beaucoup de coïncidences pour un simple hasard, non ?

 

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Titre VO : リバーズ・エッジ

Auteur : Okazaki Kyokô (岡崎京子)

Publication au Japon : Takarajimasha – 1994

Editeur Fr : Casterman, collection Sakka

one-shot

 

=> Carolus en parle aussi et c’est sur le Furum du Club Shôjo que ça se passe.


Vous avez des conseils, des suggestions ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou un message sur la page Facebook de Ma petite Médiathèque.

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Histoires courtes de Naoki Urasawa

Kana, dans sa collection Sensei, nous offre un recueil de 568 pages regroupant les histoires courtes que Urasawa Naoki (浦沢直樹) a réalisé avant sa première série longue.

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 J’ai craqué pour sa couverture ! Ce crocodile est bien trop intrigant pour passer à côté sans le remarquer ! Cela faisait plusieurs fois déjà que je le regardé sans oser me l’offrir, alors quand mon chéri m’a amené dans le rayon manga pour mon anniversaire, je me suis laissée tenter.

Cet album réuni 28 histoires courtes, une préface Karyn Poupée et une interview de Urasawa. Sur les 28 histoires il y en a de plus ou moins réussi, de plus ou moins drôles. Les sujets traités sont très variés, ainsi que le ton, très léger pour certaines histoires (Take), plus grave pour d’autres (Shinjuku Luluby).  Bien que certaines histoires m’aient plues, je
suis assez déçue de l’ensemble. Après avoir lu deux ou trois histoires je me lassais et j’ai mis du temps à tout lire. Ceci dit, je dois garder à l’esprit que, d’un part ce sont ces premiers travaux, normal qu’il tâtonne et que tout ne soit pas de la même qualité, d’autres part ce sont des histoires qui ont été faites pour être lu séparément et non les unes à la suite des autres, leurs univers sont très différents les uns des autres et ne s’enchaînent pas toujours très bien.

Je pense que cet album s’adresse en priorité aux connaisseurs, aux fans de Urasawa. Ce recueil n’a pas grand intérêt en tant que qualité de manga, les histoires sont sympa mais sans plus. Alors qu’il se relève sans doute très intéressant pour les fans de Urasawa, curieux de découvrir ses premiers travaux. Quant à moi, j’ai abordé le manga de Urasawa avec se recueil et je pense que c’est une erreur. On parle de lui comme d’un génie, et je n’ai rien trouvé de génial dans ces histoires courtes. Sans doute aurais-je du commencer par un de ses grands succès…

Quelques mot sur Urasawa Naoki :

Urasawa est né en 1960 à Fushu, dans la préfecture de Tokyo. Depuis son enfance il dessine des manga, mais il n’envisage pas d’en faire son métier et, après le lycée, il étudie l’économie à l’université. Finies ses études, il postule chez Shogakukan pour un poste d’éditeur. Il se rend à l’entretien avec quelques unes de ses planches. On lui conseille de participer à un concours de jeunes auteur. Il suit le conseil et reçois le prix de meilleur jeune mangaka pour son histoire Return (1981).

On retrouve cette histoire courte dans le recueil Histoires courtes de Naoki Urasawa, page 203. Je trouve que c’est une des les plus touchantes du recueil.
Un jeune homme vole pour manger dans une ville appauvrie par une guerre. Il rencontre un robot-soldat ennemi endommagé qui à perdu la mémoire. Ce dernier se prend d’affection pour le jeune garçon et le suit partout.

Suite au prix remporté, il est engagé comme assistant. En 1983 il publie sa première histoire courte dans un supplément de Big Comic dédié à Golgo 13 : Beta !

On retrouve Beta ! dans le recueil sous le titre Trop classique ! Cette histoire m’a laissé un peu perplexe.

En 1986 il commence sa première histoire longue en collaboration avec Kazuya Kudô : Pineapple Army pré-publié jusqu’en 1988 dans Big Comic Original. La série compte 8 volumes au total. Le premier volume de la série a été publié en version française par Glénat. Mais la publication a été stoppé.

Cette même année il commence une nouvelle série : Yawara ! pour Big Comic Spirits, où la série paraîtra durant 7 ans. Elle compte 29 volumes au total, elle a été adapté en anime, film et même jeu vidéo. Grâce au succès de cette série il publira 2 one-shot : Dancing policeman ( 1987) et N.A.S.A. (1988) dont les chapitres avaient été pré-publié dans Big Comic en 1984.

On retrouve Dancing Policeman dans le recueil Histoires courtes en 7 chapitres, de Take : 1 – singing policeman (p.21) à Take : 7 swimmxing Policeman (p.153).  Urasawa y met en scène un jeune policier plus intéressé par les jolies filles et son groupe de rock que par son travail. C’est amusant et très léger. On retrouve dans le recueil également N.A.S.A. divisé en 2 parties , partie 1 page 315 et partie 2 page 337. Dans cette histoire on fait la rencontre d’un étrange retraité qui qui rêve de faire un voyage dans l’espace. Il entreprend de construire avec ses compagnons une navette spatiale privée.

De 1988 à 1994 il publie également dans Big Comic Original la série Master Keaton. Cette série fera au final 18 volumes. En 1998 elle a été adapté en anime de 39 épisodes. La VF de l’anime est disponible chez IDP Home video, collection Taïfu Video.

Pressé par ses éditeurs de faire une série sur le sport, il commence en 1993 Happy !. Cette série sera pré-publié dans Big Comic Spirits jusqu’en 1999. 23 volumes seront publié au total au Japon. La version française est en cours chez Panini Manga, 10 tomes sont déjà disponibles.

Parallèlement il publie dans Big Comic Original la série Monster (1994 – 2002). Cette série qui compte 18 volumes en tout remportera de nombreux prix dont un en France au Festival d’Angoulême en 2003. La version française est publié chez Kana. En 2004 la série a été adapté en anime (VF dispo chez Kaze).

C’est en 1999 qu’il commence son plus grand succès : 20th Century Boys (22 tomes) suivi de 21th Century Boys (2 tomes). Il recevra le prix de meilleure série au Festival d’Angoulême en 2004. La version française du manga est publié chez Panini Manga. La série a été adapté en film live par Tsutsumi Yukihiko en 2008.

Urasawa, grand fan de Ozamu Tezuka se lance dans l’adaptation d’une aventure de Astro boy : Pluto, série qui sera pré-publié dans Big Comic Original de 2000 à 2009 et compte 8 tomes au total. La version française de Pluto est publié par Kana.

Depuis 2008 il travaille sur la série Billy Bat pour la maison éditrice Kodansha. La série est pré-publié dans Mornig magazine. Aujourd’hui, la série, toujours en cours, compte déjà 8 tomes. La version française sera proposé par Pika, le tome 1 sortira en mars 2012.

Urasawa a toujours dessiné pour un public adulte, il n’a jamais fait de shônen. Ceci dit, le classement des manga par âge et sexe qui est très directif au Japon, est plutôt récent, tel n’était pas le cas dans les années 60-70. Lui même a grandi en lisant des manga destiné à un public plus adulte alors qu’il était encore écolier, c’est ce type de manga qui l’ont le plus marqué, c’est dans ce sens qu’il travaille comme il nous le dit dans l’interview que l’on trouve à la fin de Histoires courtes.

Me voilà bien instruite sur sa bio maintenant ! Dès que possible, je m’attaquerais à Monster. Suite au prochain rendez-vous (^_^)

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Une longue route

une longue route

Connaissant ma passion pour les manga, ma mère m’a ramené, d’une de ses escapades bruxelloise, ce superbe one-shot (un seul volume) de Fumiyo Kouno. Je ne connaissais pas du tout cette mangaka et je dois remercier ma mère ainsi que le libraire qui l’a conseillé pour ce joli cadeau.

Côté technique : Une longue route est un seinen, dans le genre tranche de vie. La vesrion française est publié par Kana dans la collection « Made In ». Titre original :  長い道 (nagai michi).

Résumé :

Sôsuke et Michi forment un drôle de couple. Lui, il n’arrive pas à garder un job, court après les jolies filles et se retrouve toujours sans un rond. Elle, elle lui a été envoyé par son père. Ce dernier a gagné la main de Michi pour son fils un soir de beuverie. Michi n’a rien des jolie filles sexy qui plaisent à Sôsuke, mais les voilà mariés. Elle est gentille, il ne peut pas la mettre à la porte… C’est ainsi qu’il commencent leur vie commune. Petit à petit ils vont s’habituer l’un à l’autre.

Critique :

Un dessin sobre, tout en douceur qui nous séduit par sa simplicité. Des personnages atypiques, drôle et attachant. Une longue route est un de ces manga où il ne se passe rien mais qui nous font passer un très agréable moment.

 

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Quelques mots sur l’auteur :

Fumiyo Kouno est née en 1964 à Hiroshima. Après avoir arrêté ses études à l’université de Hiroshima elle part vivre à Tokyo ou elle commence à travailler comme assistante d’un de ses ami, devenu mangaka. C’est en 1995, avec Machikado Hana Dayori (non disponible en français) que sa carrière de mangaka décolle. elle continuera a travailler comme assistante tout en produisant ses propres manga.

Une longue route s’inspire d’un manga du même nom du mangaka Yu Takita, pionnier du genre manga autobiographique. Son manga Nagai michi (indisponible en VF) raconte le quotidien calme d’un couple. Ayant beaucoup apprécié ce manga, Fumiyo Kouno a voulu faire la même chose, mais au fil des page son manga a pris une tournure bien différente de celui de Yu Takita, notamment sur la personnalité de ses personnages principaux.

Deux autres des ses œuvres sont disponibles chez Kana : Pays des cerisiers (one-shot), récit bouleversant sur la tragédie d’Hiroshima, et Pour Sanpai (2 volumes) ou un sexagénaire veuf découvre le carnet où sa femme a noté tout ce qui pourrait lui être utile, des goût de sa petite fille, aux recettes de cuisine. Tous deux sont des seinen.

Un quatrième manga de Fumiyo Kouno est disponible en français, c’est un manga pour enfant (kodomo) publié chez Glénat : Koko, one-shot mettant en scène la vie d’une jeune collégienne qui adopte un coq.

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Fumiyo Kouno était à Paris le 4 mars 2012, dans le cadre de Planète Manga au Centre Pompidou. A cet occasion l’equipe de Manga News a pu la renconter, vous pourais lire l’interview sur leur site : link

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