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Bellini, Michel-Ange, Le parmesan – L’épanouissement du dessin à la Renaissance

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Catalogue de l’exposition inaugurale du cabinet d’art graphique du musée Condé, Domaine de Chantilly, ce livre met à l’honneur le dessin de la Renaissance. Croquis et études de prestigieux artistes cité en titre : Bellini, Michel-Ange et Le Parmesan, sont accompagnés de dessins d’autres artistes de la Renaissance italienne. Une très belle collection qui donne envie de découvrir l’exposition.

Si la qualité du papier et de l’impression est à la hauteur des œuvres présentées, je regrette la forme du catalogue qui donne à voir dans un premier temps tous les dessins sans aucune indication, puis toutes les explications, obligeant le lecteur à un va et vient incessant entre les pages. J’aurais préféré que la description soit proposé après chaque illustrations.


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Geo Histoire : Florence et les Médicis

C’est peut-être étrange d’écrire un article sur une revue, mais j’ai pris tant de plaisir à lire le Geo Histoire n°23 dédié à la famille Médicis que j’avais envie de partager.

J’ai trouvé la lecture de ce numéro passionnante. Non seulement c’est écrit de façon a ne jamais être ennuyeux mais en plus j’y ai appris pleins de chose sur les Médicis mais aussi sur les nombreux artistes de la Renaissance Florentine que la famille pris sous son aile.

Les article ne suivent pas toujours un ordre chronologique et il est parfois un peu difficile de s’y retrouver (ils portent tous les mêmes prénoms !) mais un petits cahier pédagogique à la fin fournis un arbre généalogique détaillé qui permet de s’y retrouver.

La thématique est exploré 14 article plus un cahier pédagogique, de quoi satisfaire les plus curieux.

Le premier article, Ce que Florence doit aux Médicis, nous met dans l’ambiance avec de magnifiques œuvres d’artistes de la Renaissance florentine tel que  Botticelli, Michel-Ange, Michelozzo di Bartolomeo, Brunelleschi… A travers ces exemples on plonge dans l’ambiance d’une Florence capitale des Arts, ce qui ne peut que donner envie de prendre le premier avion direction le centre ville et ses musés .

#botticelli par lui-même. C’est qu’il était plutôt bel homme 🙂

Une photo publiée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Botticelli, c’est la première fois que je vois à quoi il ressemble ^^ Plutôt bel-homme vous ne trouvez pas ?

On poursuit la découvert avec un entretien avec Jean-Yves Bouriaud : Machiavel inspire encore les politiques. Un entretient très intéressant qui donne envie de lire le bouquin de Bourriaud, Machiavel aux éditions Perrin. Je savais qui était Machiavel, en revanche j’ignorais qu’il était florentin.

On me dit souvent que je suis machiavélique. Je crois que c’est vrai. 🙂 #machiavelli

Une photo publiée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Je dois avoir quelques part son Prince qu’il faut que je relise.

L’article suivant est très instructif : Au commencement était la banque. Si je connais la famille Médicis pour son influence sur la cité de Florence, j’ignorait comment ils étaient arrivés au pouvoir. J’étais persuadée qu’il s’agissait d’une vieille famille noble. Il n’en est rien. C’est l’argent (et beaucoup de talent diplomatique et politique) qui a amené les Médicis à gouverner la cité de Florence. Leur fortune commence avec la création d’une banque par Jean de Médicis, dit Bicci, en 1397.

Bicci par Agnolo Bronzino

Nouveau cahier d’artistes avec L’âge d’or de l’art florentin, car si la famille Médicis a beaucoup d’argent elle n’hésite pas à en dépenses pour entretenir les meilleurs artistes de l’époque. On retrouve ici quelques œuvres décryptées. Botticelli, Antonio del Pollaio, Ghirlandaio, Verocchio, Filippo Lippi, et Michel-Ange sont de la partie.

Je savais que Da Vinci était un grand artiste, je ne savais pas qu’il était beau gosse !

Suite logique, après avoir parlé de quelques artistes et de leur œuvres, on a un portrait de Laurent le Magnifique, l’un des plus grand mécène de son époque.

Laurent le Magnifique par Verrocchio (1480)

Le surnom de Magnifique n’a rien à voir avec la beauté, cela signifie « celui qui fait de grandes choses ». Et si Laurent n’était pas vraiment beau, il aimait beaucoup le beau. Non seulement il entretiens des artiste mais il leur passe beaucoup de commande pour sa collection privé comme pour la ville.

On continue avec un petit focus de seulement 2 pages sur Léonard de Vinci, pas assez pour en apprendre beaucoup sur lui mais suffisamment pour vous donner l’eau à la bouche. J’aimerais lire un livre sur sa vie. Vous avez des conseils ?

Continuons à explorer la famille Médicis avec A la conquête du Vatican et les 2 papes Médicis. Pas vraiment de super papes ! Plus intéressés par le pouvoir et l’argent que par la conduite spirituelle de l’église… C’est d’ailleurs au talent diplomatique de Léon X qu’on doit la division des chrétien entre catholiques et protestant. Tout commence avec l’excommunication de Martin Luther qui avait protesté contre le commerce des indulgences (rémission des péchés en échange d’argent). Clément VII en rajoute une couche en excommuniant Henri VIII, roi d’Angleterre, nouveau schisme en vue.

Léon X par Raphaël

Quittons Rome pour retourner à Florence. Sous le joug du fou de Dieu, où comment Florence tombe sous l’influence de Savonarole, un dangereux fanatique.

Nous revenons ensuite aux Médicis avec A mort les Conjurés ! où l’on nous raconte comment Laurent (pas encore Magnifique) échappe à un complot dans lequel son frère trouve la mort et la répression sanglante qui suivra la conjuration des Pazzi.

Pour rester sur une thématique sanglante suivra un bref portrait de Jean des bandes noires, le seul Médicis qui se distinguera en tant que guerrier.

L’Italie au XV siècle

Avec Ils ont changé le monde ! Ce sont les scientifiques qui trouvent protection chez Médicis : André Vésale, Filippo Brunelleschi, Paolo Toscanelli, Galileo Galiei… Puis nous découvrirons un livre qui amorce une ère nouvelle : De la nature de Lucrèce (50 avant J.C.) redécouvert au XV siècle par un certain Poggio Bracciolini.

Pour la petite anecdote j’ai passé mon enfance dans un village toscan nommé Terranuova Bracciolini qui se trouve être la ville natale de Poggio. J’ai parfois le sentiment que le monde est vraiment petit ! Le Terranuova de mes souvenir ne garde rien de cette époque, ce n’était pas un village très joli…

vue de Terranuova Bracciolini

Et Florence perdit son âme… Déclin de la famille Médicis et du rayonnement de Florence. La branche cadette de la famille Médicis prends les rennes de Florence et c’est le début de la fin.

Petit portrait de Lorenzaccio qui inspira une pièce de Musset.

affiche de 1896 de Mucha, Sarah Bernhardt dans le rôle de Lorenzaccio

On fini avec un petit cabinet de curiosité : collection d’objets d’art que la dernière des Médicis légua à la ville.

La revue conclue son très beau dossier avec un cahier pédagogique : Les clé pour comprendre. Frise chronologique, arbre généalogiques et portrait.

vue de Florence, il Duomo à droite et le Palazzo Vecchio à gauche

Si vous aussi vous voulais en savoir d’avantage sur l’age d’or de la cité florentine, courrez vite chez le marchand de journaux, le numéro est encore en kiosque.


Florence et sa Renaissance vous intéressent ? A lire aussi Arte, un manga à la Renaissance et La conspiration des miroirs


 

 

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Arte, un manga à la Renaissance

Voici mon premier billet rentrée littéraire, et je vous parle manga. Parce que justement après la rentrée il faut se changer les idées avec quelques lectures légères. Attention, légère mais pas stupide 😉

Je vais donc vous parler du premier tome de Arte, un nouveau seinen de Kei Ohkubo paru fin août chez Komikku.

lire un extrait

Arte, jeune fille d’une famille de petite noblesse florentine du début du XVI, est éprise de peinture. Ce qu’elle aime c’est dessiner, son père l’a toujours encouragée dans cette voie et lui a permis de prendre des cours auprès de différents instructeurs. Mais maintenant que son père est mort, sa mère veut à tout prix qu’elle cesse avec ses lubies et qu’elle s’inquiète de ce qui est vraiment important : trouver un mari !! Avec la mort du père la famille risque de se retrouver sans le sous et la mère pourra alors difficilement constituer une dote permettant un beau mariage, voilà pourquoi il faut se dépêcher. Mais Arte n’a que faire d’un beau mariage, ce qu’elle veut s’est devenir peintre. Une fille, et de bonne famille en plus, dans un atelier de peintre ? Mais vous n’y pensez pas ! Rien ni fait, elle veut tentes sa chance. C’est ainsi qu’elle se met à parcourir tous les ateliers de Florence en vain jusqu’à ce que ses pas la mènent à l’atelier de Léo, peintre solitaire travaillant sans apprenti. Plus encore que son talent, c’est la ténacité de la donzelle qui séduit le beau et ténébreux Léo. Celui-ci décide, contre toute attente (enfin pas la notre, celle de l’héroïne) de la prendre comme apprenti. C’est ainsi que commence une nouvelle vie de dur labeur pour Arte qui devra faire sa place dans un monde d’homme.

Si vous suivez ce blog vous avez l’habitude de me voire contredire les avis enthousiastes. Arte ayant reçu son lot d’éloges à sa sortie elle ne va pas échapper à cette tradition. Je l’ai trouvé très plaisant à lire mais pas de quoi s’extasier ! Faut dire que je ne m’extasie que très rarement, voire jamais…

Revenons à Arte. Pourquoi je ne m’extasie pas. Parce qu’il n’y a là rien d’étonnant, de révolutionnaire ou de particulièrement original, les ingrédients indispensable à l’enthousiasme me semble-t-il. Est-ce à dire qu’il n’y a rien qui vaille la peine dans ce titre ? Mais pas du tout ! Je précise juste qu’il n’est pas nécessaire de s’extasie dès qu’on nous sort un bouquin sympa. Si on fait bien sa sélection et qu’on se montre exigent on fini par lire pratiquement que des livres sympa. Arte en fait partie.

Si le cadre peut paraitre original (quoi que pour moi très familier ^^) le dessin de Kei Ohkubo est en revanche très classique. Joli, soigné, avec un beau travaille sur les détails, mais il est un peu trop « mignon » et naïf à mon goût.

Et naïf l’est aussi le propos. Je m’explique : l’auteur utilise un contexte historique et géographique lointain pour traiter d’un sujet qui reste (malheureusement) toujours d’actualité : la discrimination des femmes dans le monde du travail. Oui, je pense que le sujet n’est pas tellement l’art mais plutôt le désir d’Arte de s’imposer dans un métier qu’on lui interdit à cause de son sexe. Elle refuse d’être l’esclave de son mari. Très beau discourt, beau personnage à la forte personnalité, qui a la naïveté et la fugue de la jeunesse. Là dessous rien à redire. Ce qui me dérange c’est l’amalgame que l’auteur fait entre femme et femme de bonne famille, le métier de peintre et le travaille tout court. A en croire Kei Ohkuro aucune femme ne travaillait au XVI. Soyons sérieux, les femmes et les filles de paysans, de boulanger, de tavernier et que sais-je encore travaillaient comme tout un chacun ! Il y a même des métiers exclusivement féminin comme sage-femme, fileuse, brodeuse… Il n’y a que les femmes d’ascendance noble qui pouvaient se permettre de passer leurs journées à se tourner les pusses ! Voire une femme pousser une charrette avec des planches de bois ne devait étonner personne, ce qui est étonnant c’est que ce soit une femme noble qui le fasse. Dans les campagnes les fermières devaient soulever des charges bien plus lourdes que celles d’Arte et manier les outils sans doute aussi bien que leur mari. Cette généralisation donne un côté surfait au contexte historique qui par ailleurs est assez bien travaillé. On voit par exemple Arte se déguiser en homme pour assister à une dissection. Il est vrais que les femmes n’avaient pas le droit d’assister à ces scènes, ni de s’inscrire à l’académie pour y apprendre l’anatomie et le nu.

Passons sur cette tendance typiquement mangaèsque à vouloir toujours trop en faire, disons que c’est pour appuyer son propos (au risque de le rendre moins réaliste) et concentrons nous sur l’histoire et les personnages. Là encore, s’ils sont très plaisants, ils n’offrent aucune surprise (du moins dans ce premier tome). Arte va a l’encontre de la pensée de son époque en voulant s’émanciper et vivre par elle même dans un monde où la femme appartient littéralement à l’homme. Il lui faut du courage et aussi un brin de folie pour s’entêter dans cette voie. Sa forte volonté mêlée de naïveté et d’inconscience la rendent sympathique et touchante. Elle est jolie, elle est drôle , passionnée… enfin c’est une héroïne de manga quoi ! Elle se caractérisent presque toutes par la force de leur volonté. En cela Arte ne se distingue pas particulièrement de ses collègues. Parlons de Léo, beau et ténébreux, gentil et brusque, attentionné mais dur… bref aussi cliché que sa donzelle. Tout comme leur relation qui fini par prendre l’inévitable chemin de la relation entre les deux personnages principaux d’une histoire. Et là j’étais un peu déçue. Pour quoi ajouter du cliché au cliché ? Une belle relation maître-élève aurait été plus intéressante et surtout aurait d’avantage servi le propos de la femme libéré qui a soif d’indépendance. Or ici il semblerait qu’aucune femme, même la plus déterminée, ne puisse échapper à la romance l’eau de rose.

C’est cette accumulation de lieux communs qui ont gâché mon enthousiasme face à ce titre qui par ailleurs propose un cadre très intéressant et peu traité : la renaissance italienne et sa vie quotidienne. Ceci dit le manga reste très plaisant à lire. Comme j’ai dit plus haut le dessin est très joli et soigné, les personnages sont sympathiques et touchants. Et si les grandes lignes de l’aventure n’étonne en rien, l’intérêt (selon moi) réside surtout dans la découverte de la vie dans le Florence du XVI siècle et du fonctionnement des ateliers de peintre. Si nous connaissons tous des grands noms de peintre de l’époque, que savons nous de la façon dont ils travaillaient ? Un jolis titre qui ne vous étonnera peut-être pas mais qui vous amènera faire un beau voyage. Envie d’embarquer ?

challenge 1% – sortie fin août – lecture 1/6

Le coin de curieux :

Florence

Le manga prend comme décor le Florence du XVI siècle, en Italie… mais connaissez-vous Florence ? Non ? Faut absolument y aller !! Je vais pas ici m’étaler mais je vous met une toute petite vidéo de 4 minutes rien que pour vous donner un aperçu.

J’ai pris plein de photos lors de mes derniers voyages, si un de ces jours je trouve le temps je vous ferais peut-être un article.

Florence début XVI (Lucantonio degli Uberti)

Les femmes peintre de la renaissance italienne.

Si les femmes exerçant le métier de peintre étaient rares, elle n’étaient pas pour autant inexistante. J’ai fait quelques recherches pour découvrir quelques collègues d’Arte :

Artemisia Lomi Gentileschi (Rome 1593 – Naples 1652)
autoportrait

Artemisia Gentileschi est celle dont l’oeuvre m’a le plus séduite. Fille de peintre (Orazio Gentileschi) elle apprend la peinture dans l’atelier du paternel  elle signe son premier tableau dès l’âge de 17 ans : Suzanne et les vieillards. Ne pouvant pas accéder au Beaux-Arts réservé aux hommes, son père l’envoie en apprentissage chez un autre peintre, Agostino Tassi, qui la viole. S’en suit un procès durant lequel est elle est torturé pour vérifier ses dires (c’était sympa à l’époque d’être une femme). Cette terrible expérience marque sa peinture d’où ressort une certaine violence. Peu après la fin du procès, son père la marie à un modeste peintre de Florence où elle s’installe en 1614. Elle est la première femme à intégrer l’Académie de dessin de Florence. A Florence elle est sous la protection des Medicis. Malgré son succès elle est criblée de dette à cause de son maris et décide de quitter Florence à la mort de Cosme II, son protecteur. Après un retour à Rome, elle s’installe à Naples où elle meurt vraisemblablement emporté par la peste.

Judith décapitant Holopherne – 1612-14

 

Liviana Fontana (Bologne 1552 – Rome 1614)
Autoportrait au clavecin – 1577

Avant Artemisia d’autres femme ont excercé le métier de peintre. C’est le cas de Liviana Fontana, originaire de Bologne, qui comme Artemisia était fille de peintre. Elle a aussi appris la peinture dans l’atelier de son père avant d’en épouser un autre (Severo Zappi), elle commence à signer des œuvres sous le nom de son mari avant que celui-ci ne cesse son activité de peintre pour devenir l’assistant de sa femme. Comme beaucoup de femmes peintres elle se fait un nom comme portraitiste mais chose moins commune elle reçoit également d’autre commande comme des scène mythologiques. Elle fut nommée peintre de la cour par le pape Clément VIII qui la fit venir à Rome.

portrait d’une femme nobme – 1580
Sofonisba Anguissola (Crémone 1535 – Palerme 1625)
autoportrait – 1556

En remontant encore un peu le temps on tombe sur Sofonisba, contrairement aux deux précédentes peintres, sa carrière se cantonna à la production de portrait mais je la trouve intéressante par sa ressemblance avec Arte. Alors que les deux précédentes femmes sont née de père peintre et on grandi dans un atelier (seule façon pour une femme de pouvoir y entrer à l’époque) Sofonisba est née dans une famille de petite noblesse et elle est encouragé par son père à étudier les arts qui la fait étudier auprès de divers peintres. Là ressemblance s’arrête là. Son père, tel un véritable agent essaye par tous les moyen de faire connaitre et reconnaître le talent de sa fille et lui obtient enfin une place à la cour du roi d’Espagne où elle devient dame de compagnie de la reine à qui elle enseigne le dessin. A cause de son statut de dame de compagnie et noble elle ne peut ni signer ni vendre ses toiles (choses que peuvent faire les peintre de court). Elle reçoit néanmoins une belle rente qui sera bien sûr encaissée par le père puis par le frère (faut pas déconner, c’est qu’une femme ! Vive l’égalité des droits à la renaissance…). A la mort de la reine elle se marie deux fois et continue de peindre jusqu’à sa mort. Contrairement aux deux précédentes peintres bien que très talentueuse et reconnue pour son art Sofonisba n’exercera jamais le métier de peintre comme on l’entend à l’époque.

portrait de famille – 1557

Elisabetta Sirani (Bologne 1638 – 1665)

autoportrait – 1658

Elisabetta est fille de peintre. Elle étudie dans l’atelier paternel avec ses sœurs avant de reprendre et diriger l’atelier quand le père, atteint d’arthrite, est obligé d’arrêter la peinture. Elle ouvre son atelier aux femmes, chose inconcevable à l’époque (ça on avait bien compris, mais c’est pas les exceptions qui manquent 😉 ). Devenue apprentie à 13 ans, elle reçoit non seulement des commandes de portrait mais aussi pour des œuvres religieuses et mythologiques. Elle mourut très jeune sans s’être marié.

allégorie de la musique – 1659

Il en existe bien d’autres, mais je vais m’arrêter là. N’hésitez pas à partager vos trouvailles

Sources :

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La conspiration des miroirs

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La conspiration des miroirs

Giulio Leoni

traduit par Nathalie Bauer

éditions 10-18

Collection Grand détective

2008

Quatrième de couverture :

Août 1300. Dans un marais proche de Florence, un bateau de guerre est échoué sur la rive de l’Arno. À son bord, les marins semblent pétrifiés, saisis par la mort. Dans la cabine du capitaine, trois Sarrasins, à l’évidence empoisonnés. À leurs pieds, un engin mécanique en morceaux, et un parchemin indéchiffrable… En qualité de prieur de la ville, Dante est mandaté sur les lieux de cette scène étrange. Les indices s’accumulent, les pistes se multiplient, plongeant le poète dans des abîmes de perplexité. Que signifie ce motif octogonal qui revient sans cesse, tracé sur des parchemins ? Quelle est cette énigmatique machine qui semble obséder tout ce que l’Italie de la Renaissance compte de savants ? Et pourquoi le nom de l’empereur Frédéric II, dont la rumeur dit qu’il aurait été empoisonné, est-il mêlé à cette affaire ? Ce que Dante ignore, c’est qu’il vient de mettre le doigt dans un engrenage fatal, un complot impliquant les plus grandes figures du pouvoir florentin…

Mon avis :

L’intérêt de ce livre réside avant tout dans son ambiantation : Dante et la Florence du Moyen-Age. L’intrigue est, quant à elle, trop complexe, trop mystérieuse, trop métaphysique. Bref, j’y ai pas compris grand chose et elle n’a pas vraiment stimulé ma curiosité.

Le style a également la lourdeur de l’intrigue. C’est beau, c’est poétique mais c’est un peu trop pesant parfois. Si ce n’avait pas été Dante ou Florence, je n’aurais sans doute pas poussé la lecture jusqu’à la dernière page ! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier quelques tournures remarquables dont Leoni fleuri son texte.

On aurait dit qu’ils s’étaient donné rendez-vous dans l’attente d’un dernier pèlerin. Or c’était la Mort, la plus indésirable des hôtes, qui les avait rejoint. À moins qu’elle ne les eût précédés, sa face macabre dissimulé sous le visage de l’un d’entre eux, s’apprêtant à prendre la barre de leur vies dans cette tour délabrée comme elle l’avait fait un peu plus tôt sur le navire des trépassés.

Fouiller dans les livres d’autrui n’équivalait-il pas à fouiller dans son âme?

Mon incompréhension de l’intrigue vient sans doute de mon ignorance. Je n’ai que quelques vagues souvenir datant du collège sur l’histoire de l’Italie moyenâgeuse. Si ce livre m’a donné envie d’en savoir plus, je regrette qu’il n’ai pas su se mettre à la porté de tous par quelques notes en bas de page ou un petit lexique.


Le coin des curieux :

J’ai du me constituer un petit lexique pour mieux comprendre. Afin de vous éviter cette peine je partage donc le fruit de mon labeur.

Prieur

Dans le roman, on découvre que Dante est prieur de la ville de Florence. Je connaissais ce mot que j’associait à la hiérarchie des ordres religieux catholiques. Mais qu’est-ce que tout cela avait à voir avec Dante ? Et pourquoi « les prieurs de Florence » ?

Et bien voilà, si le terme désigne bien une distinction dans la hiérarchie religieuse, il est aussi utilisé au Moyen Age, dans de nombreuses communes italiennes, notamment à Florence, ville où se déroule l’intrigue. On nommait prieurs les membres du gouvernement de la ville. A Florence Palazzo Vecchio, qui se trouve sur la place de la Seigneurie, était avant nommé Palazzo dei priori.

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Palazzo Vecchio

Barigel

Dante se fait seconder dans ses enquêtes par le barigel et ses soldats. Mais qu’est-ce donc un barigel ? Je ne sais pas vous, mais moi je n’avais jamais entendu ce nom avant. Ce mot vient du latin médiéval et désigne l’officier préposé au service de police dans de nombreuses communes de l’Italie du Moyen Age. C’est le cas à Florence.

Gabelou

Ce mot désigne le douanier qui est chargé de la collecte de la gabelle, impôt sur le sel. Aujourd’hui on l’utilise comme synonyme de douanier.

Guelfes et Gibelins

Les guelfes et les gibelins sont deux faction politiques qui s’opposent dans l’Italie du treizième et quatorzième siècle. D’un côté les guelfes soutiennent le pape, de l’autre les gibelins appuient le pouvoir du Saint-Empire romain germanique.

Afin de mieux comprendre, il faudrait aussi en apprendre plus sur l’empereur Frédéric Ier (Barberousse) ou encore sur le pape Boniface, deux personnages historiques importants auxquels il est fait plusieurs fois allusion. Frédéric Ier se retrouve même au premier plan de l’intrigue, bien que l’histoire se déroule en 1300 et que l’empereur Frédéric soit mort en 1190. Mais là ça demande trop de travail et… j’ai pas envie :p

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Florence en 1300

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