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Eclat(s) d’âme – tome 2

Je vous ai récemment parlé du premier tome d’Éclat(s) d’âme. La semaine dernière, je suis allé faire un tout en librairie, je n’ai pas résisté au plaisir de m’offrir le deuxième tome. Et une fois n’est pas coutume, je vais ici représenter la série et plus particulièrement ce deuxième tome.

Eclat(s) d'âme T.2

Dans le premier tome (lire ma chronique ici), nous découvrions un jeune lycéen dont l’homosexualité est révélée contre sa volonté. Prix de panique, le jeune homme décide de se suicider. Mais avant qu’il ait pu sauter, une rencontre inattendue va lui faire découvrir un autre chemin. C’est avec ce personnage principal qu’on découvre un « salon de discussion » où se retrouvent des personnes d’âges différents sous la protection, pourrait-on dire, d’une étrange femme que tout le monde appelle « notre hôte ».

Le premier tome se focalise surtout sur Tasuku et son coming out forcé. On y découvre également deux autres habitués du salon de discussion également homosexuels. Cette rencontre permet à Tasuku de mieux appréhender sa propre homosexualité. D’autres habitués du salon de discussion apparaissaient, mais on ne s’attardait pas trop sur eux. Ce deuxième tome se focalise sur Shûji, un enfant de primaire qui se réfugie dans le salon de discussion afin de pouvoir se travestir. Sans trop savoir encore quelle est sa propre orientation sexuelle, Shûji ressent le besoin de s’habiller en fille et il ne peut le faire que dans ce lieu.

Après avoir abordé le thème de l’homosexualité, nous continuons dans ce deuxième tome à explorer les diverses sexualités et genres. J’ai trouvé ce deuxième tome touchant. Tasuku tente de se lier d’amitié avec Shûji. Il est maladroit et ses tentatives pour lui tendre une main amicale ne sont pas toujours une réussite, mais il essaye d’aider son camarade, et aussi de comprendre.

Il y a une scène qui m’a particulièrement marqué. Tasuku tente, afin d’aider son jeune ami, de lui coller une étiquette. Mais Shûji n’est qu’un enfant. Faut-il lui mettre une étiquette ? Va-t-il mieux se comprendre grâce à cela ? La réflexion sur les « étiquettes sexuelles » ne dure que deux pages, mais j’ai trouvé ça intéressant que ce soit abordé. On veut toujours tout étiqueter, mais ce n’est pas si simple. Chaqun est unique et si on peut en effet se reconnaitre dans telle ou telle orientation sexuelle, les étiquettes ont quelque chose que je trouve extrêmement restrictif.

Je me souviens avoir lu un article, sur MadmoiZelle il me semble, qui tentait de donner une définition de toutes les catégories sexuelle ou de genre. J’avais été impressionnée par le nombre de termes disponibles. Au début, je trouvais ça étrange d’avoir autant de mots. Est-ce que cela a vraiment une importance d’être aussi subtil ? J’avais envie de répondre « non » quand tout à coup au milieu de la liste je me suis trouvé. Un mot que je n’avais jamais entendu avant (et que j’ai oublié depuis), mais dont la définition correspondait à ce que je ressens. Et finalement, ça m’a fait plaisir de découvrir qu’il y avait un mot et donc d’autres gens comme moi. Autrement dit que je n’étais ni bizarre ni seule. En même temps j’ai oublié ce mot et je ne me définis jamais comme telle.

J’aurais aimé que la question des étiquettes soit plus longuement traitée, mais le sujet reviendra peut-être dans les tomes suivants.

Visuellement, ce deuxième tome offre moins de planches remarquables que le précédent, mais cela reste très agréable à regarder. J’aime le style  de Yuhki Kamatani. Il est très typé manga, c’est plutôt classique, mais il y a un petit quelque chose que j’aime beaucoup.

Bref un bon deuxième tome qui confirme mon envie de suivre la série.

Eclat(s) d’âme tome 2 sur le site d’Akata

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Éclat(s) d’âme

J’avais repéré ce titre avec les sorties de février. Dans un premier temps, c’est la couverture et le titre qui m’avait intrigué, puis le pitch m’a séduit. Je suis toujours intéressé par la question de l’identité sexuelle et l’acceptation de soi. Je l’avais cherché dans ma librairie bd, mais ils ne l’ont soit pas commandé, soit pas assez commandé parce que j’y suis passé plusieurs fois sans le voir. Je n’étais pas encore sûre de vouloir le commander (j’aime bien feuilleter un album avant de l’acheter), mais les nombreux éloges et photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux ont fini par me convaincre. Et quand je l’ai vu dans la librairie BD que fréquente Yomu-chan à Bordeaux, je n’ai pas trop hésité. Mais le risque, quand un titre reçoit trop de critiques positives, c’est d’en être en fin déçu. Alors qu’en est-il avec ce premier tome d’Eclat(s) d’âme de Yuhki Kamatani, sorti chez Akata?

Tout d’abord un mot sur le dessin que j’ai beaucoup aimé. Il est délicat et offre quelques planches particulièrement belles. La mise en scène est claire, la lecture très agréable.

Qu’en est-il du contenu ? Franchement, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai aimé le départ de l’histoire qui nous place du point de vue subjectif du héros, Tasuku, profondément troublé par la révélation de son homosexualité à l’école contre son gré et qui ne voit pas d’autre issue que le suicide. Une petite touche fantastique mène le héros vers ce lieu de rencontre où il peut trouver un refuge et ainsi échapper à ses pensées macabres. Cette pincée de mystère qui entoure la jeune femme qui interrompt son suicide, je ne l’ai pas trouvé désagréable, même si c’est peut-être un peu trop flou. Qui est cette femme au caractère vraiment étrange ? En serons-nous plus dans les prochains tomes ?

Si dans ce premier tome l’histoire se focalise surtout sur le Tasuku, on y côtoie aussi deux jeunes adultes, également homosexuels. S’ils ont plus de maturité et donc plus de recul sur la question de leur homosexualité que notre jeune héros, le sujet n’en reste pas moins difficile. On y aborde la question du coming out, est-il plus facile de vivre son homosexualité en secret ou en plein jour ? Des questions que les jeunes adultes n’ont pas encore tout à fait fini de se poser et qui font aussi réfléchir notre héros sur sa propre position. Le tout est raconté avec un ton assez léger, mais on ne fait pas l’impasse sur la profonde angoisse que nos héros peuvent ressentir. J’ai beaucoup aimé les deux jeunes adultes parce qu’ils sont très positifs. Plein d’énergie et de beaux projets (ils travaillent pour une association qui réhabilite de vieilles maisons détériorées et rien que ça, j’adore) et essayent d’aborder la vie de façon positive malgré leurs difficultés présentes et passées.

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Dans ce lieu de rendez-vous, on aperçoit d’autres personnages, mais sur eux on n’apprend pas grand-chose dans ce premier tome. Tout ce que l’on sait c’est que tous ceux qui se retrouvent là ont un jour eu envie d’en finir avec la vie.

À la fin du premier tome, j’avais envie de continuer l’aventure, de voir le héros mûrir et s’assumer, mais aussi de découvrir ces autres personnages secondaires.

Suis-je donc aussi enthousiaste que les avis que j’ai glanés sur les réseaux sociaux ? Non. J’ai trouvé ce manga très agréable, un beau dessin, un sujet intéressant, une lecture plaisante, des personnages attachants. Mais pas non plus de quoi en faire un plat. Pour moi c’est un bon manga, pas un chef d’oeuvre. À voir si la suite me fera changer d’avis.

⇒ à lire aussi les avis de Bobo et Meloku

sur le site d’Akata


 Challenge un max de BD en 2018

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