Pink Diary, un shôjo français

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais vous parler d’un shôjo. Et pour cette première chronique shôjo je n’ai pas choisi n’importe lequel ! Ce dont je vais parler aujourd’hui c’est d’un shôjo français. Et oui, français.

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Si le mot manga sert simplement à désigner la bande-dessiné au Japon. Par sa particularité, le manga est un style à part entière qui attire de plus en plus d’auteurs dans le monde. Bien sûr nous avons vu l’influence du manga sur le manhwa coréen, dont certains auteurs se contentent d’en copier le style pour répondre à la demande du marché. Mais aujourd’hui, le manga attire également des jeunes auteurs occidentaux. Dans certaines bandes dessinées française on sent la forte l’influence du manga, comme par exemple dans Nanami, ou encore l’immeuble d’en face. Si sur le site de l’éditeur, ce dernier est présenté comme un manga français, je ne partage pas cet avis, cela reste différent. Mais le titre dont je vais parler aujourd’hui est un authentique Manga français. Alors, sans plus attende, entrons dans le vis du sujet.

Résumé :

Kiyoko, lycéenne de 16 ans, ne parle plus à Tommy, un amis d’enfance, depuis 4 ans car il a déçu tous les espoirs qu’elle fondait sur leur relation. Mais voilà que Tommy et sa petite amie vont étudier dans le même lycée que Kiyoko et son frère jumeau. Alors que Tommy rêve de reformer le trio de choc du passé. Kiyoko s’entête, Sashiko devient la victime de harcellement dont seul Keinji, frère de Kiyoko, semble s’apercevoir. Et ce n’est que le début des problèmes ! S’en suivront complications sur complications.

Ce que j’en pense :

Avant tout commentaire je me dois de préciser que le shôjo et moi… c’est pas vraiment le grand amour. Les histoires à l’eau de rose, ne m’attirent pas vraiment, je ne suis pas fleur bleu, pas romantique pour un clou… et par conséquence je n’en lis que très rarement. Disons quand le hasard (ma fille) en pose devant moi, ma curiosité me pousse à les lire. J’en ai donc lu assez peu.
J’ai vu pas mal d’anime type shôjo mais, ça fait longtemps que je m’en abstient, sauf rares exceptions (Natsume Yuujinchou) car franchement les « je t’aime, moi non plus », j’en ai vite marre.

Alors pourquoi parler d’un shôjo ? Pour en dire du mal ? Ben non, justement ! Le titre et la couverture rose avec des petit cœurs me donnerais presque la nausée, mais bon, il était posé juste devant moi. Et puis je savais que l’auteure était française, du coup j’ai pas résisté à la tentation d’y jeter un œil.

numérisation0038Je dois dire que ce premier tome ne m’a pas franchement donné matière à abandonner mes à priori sur le genre. Une héroïne qui fait d’une petite déception amoureuse de l’enfance, la fin du monde… franchement j’ai passé l’âge (à vrai dire, je ne l’ai jamais eu, mais ça c’est une autre histoire…). Mais le dessin m’a plus, très épuré. Sans tous ces surplus typiques du shôjo avec étoiles, bulles, roses et autre fleurs à profusion. Le dessin me ferais d’ailleurs plus penser à un shônen qu’à un shôjo. Plus clair, plus simple, plus dynamique. Puis les petites caricatures des personnages de Jenny sont à croquer. Du coup l’histoire m’a laissé complètement insensible, mais la dynamique de l’ensemble : dessin, cadrage, scénario, ont fait que fini le premier tome j’ai machinalement commencé le deuxième, sans même m’en rendre compte.

Et, en avançant dans la lecture, j’ai commencé à vraiment aimer ce que j’étais en train de lire. L’intrigue devient moins basique, moins niaise aussi. On est plus sur le « petit chagrin d’amour qui est une fin du monde », mais des problèmes de plus en plus graves se greffent sur l’histoire de départ : harcèlement, blessures psychologiques profondes, anorexie, et même tentative de suicide. Du tragique en veux-tu en voilà. Mais bien que le scénario devienne de plus en plus tragique (voire même un peu trop, l’auteur s’acharne sur ses pauvres personnages !) le traitement n’est jamais tragique. Je dirais même que les petits problèmes du départ sont traité de façon plus grave que les gros problèmes qui s’en suivent.

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Il y a un bel effort de traitement psychologique des personnages, même si on peu se demander si tous les tarés de la ville ne se sont pas donné rendez-vous dans le même lycée, tant il y a d’ados à GROS problèmes. Entre la petite Sashiko au lourd passé qui devient victime de harcèlement. Akemi son bourreau, jeune fille tyrannique et dangereuse, d’une cruauté peu vraisemblable, Yuki fidèle bras droit pas très bien dans sa tête non plus (je vous dis pas pourquoi, sinon, il y a plus de suspens ^-^) il y a une belle brochette de personnages déséquilibrés. Finalement, le trio de départ se relève le plus normal, aussi peut-être le plus mur, capable de prendre du recul et de chercher des solutions.

Tout au long de l’histoire les personnages évoluent énormément et si Jenny à un talent, outre celui de nous offrir un joli dessin très agréable à regarder, c’est de nous maintenir en haleine. Le scénario, objectivement et à posteriori ne casse pas vraiment des baraques, mais une fois le nez dedans, on reste scotché et on enchaîne les volumes les uns après les autres, jusqu’au dernier. « Quoi ? Déjà fini? » se dit-on après avoir refermé le huitième et dernier tome.

numérisation0039Alors oui, j’ai aimé un shôjo. Peut-être est-ce justement parce que l’auteure est française qui cela m’a paru plus mature. Enfin, mature n’ai pas vraiment le mot. je dirais moins mièvre, moins fleur bleu. On en est plus au stade du premier baiser (même s’il y en a, c’est un shôjo, tout de même). L’auteure n’hésite pas à aborder des sujet graves tel que l’anorexie, tout un gardant un esprit optimiste de fond.

J’ai trouvé que c’était un bon manga. Pas hyper profond, ni un chef d’oeuvre. Mais franchement un très bon manga qu’on lit avec beaucoup de plaisir. Même si à la fin il n’en reste pas grand chose d’autre que le fait d’avoir passé un bon moment.

Fiche technique :

Auteur : Jenny

Éditeur : Delcourt

Volumes : 8 (terminé)

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