River’s edge

C’est suite à un appel lancé sur la page facebook de Ma petite Médiathèque dans lequel je demandais quelques conseils concernant des lectures shôjo que j’ai lu River’s edge.

Quel est le rapport entre le shôjo et River’s edge ? A vraie dire il y en a aucun, ou presque. La conversation est passé du shôjo au josei et du josei à Okazaki Kyokô qu’on m’a présenté comme « la mère du josei ». Une mangaka a connaître.

Du coup, ben je suis allée voir ce qu’elle avait écrit, parmi ses titres, le résumé de celui-ci m’a intrigué et en plus, je l’ai trouvé d’occaz. Ni une, ni deux j’ai commandé et deux jours plus tard je faisait la connaissance de Okazaki Kyokô (enfin, de son travail).

Une fois le manga chez moi, en l’ajoutant à ma collection sur Manga News, j’ai découvert qu’il s’agit d’un seinen. J’ai cru un instant que pour mon objectif « découverte du manga pour femme » c’est raté, mais finalement c’est bien un josei qui a été intégré à la collection Seinen de l’éditeur français.

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Résumé :

3 adolescents qui n’ont rien en commun vont se retrouver réuni par un étrange secret : la découverte d’un cadavre sur les berges de la rivière derrière le lycée. Ces trois adolescents sont confronté à la dureté de la vie chacun d’une façon différente, chacun doit faire face à ses propres difficultés. La complicité que crée le partage de ce secret leur offre un moment de répit.

Ce que j’en pense :

Le dessin est pas joli, je dirais même plus, il est moche. Très simple, stylisé, peu soigné… Et j’avoie que ça m’a un peu rebouté quand on m’a parlé de cette mangaka. Mais on m’avait assuré que les histoires valent vraiment le coup, j’ai fait confiance et passé le cap de cette première impression négative. Et j’ai bien fait. Parce que c’est pas joli mais le style de Okazaki Kyokô se marie très bien avec le scénario de ce manga. A l’instar de son coup de crayon, les personnages sont des ados brouillons, pas fini et pas très jolis jolis.

Dans River’s edge pas d’héroïnes candides aux grands yeux brillants, mais des filles paumées qui couchent, qui fument, il y en a même qui vomissent après chaque repas.
Pas de jeunes lycéens courageux défendant de nobles valeurs de camaraderie non plus. Non, ici, il y a des garçons violents qui prennent plaisir à tabasser leur camarade et Yamada, le souffre douleur, qui reçoit des coups sans rien dire, un petit copain qui couche avec la meilleur amie de sa copine… Que du joli monde ! River’s edge nous décrit des jeunes dont le mal de vivre sonne sans doute plus vraie que ces romance où le courage et la perseverance l’importent toujours. Ici pas de nobles valeurs, pas de héros ou de héroïnes.

Dans le lycée que Okazaki nous décrit, on n’a pas vraiment envie d’y aller. Elle ne nous fait pas regretter notre jeunesse non-plus. En cela je la trouve juste. Car oui, l’adolescence c’est pas tout rose, c’est pas toujours facile et pour certains c’est carrément dur. Les personnage que la mangaka nous donne à voir sont plausibles. Ils sont mal dans leur peau, ils sont pressés de passer à autre chose, ils veulent être ailleurs.

River’s edge n’est pas pour autant un triste tableau noir. S’il nous montre des personnages en mal de vivre, il est aussi plein d’espoir car ces même personnages sont plus fort qu’il n’y parait et on sait qu’ils vont s’en sortir. Ils suffit de tenir bon, encore un peu, et de grandir.

Et au final, il ne reste rien de cette première impression que le dessin de Okazaki peut laisser au début, on fini même par l’aimer. D’ailleurs, chose étrange, le trait m’était familier, cela me faisait vaguement penser quelques chose que j’aurais déjà lu, mais je n’arrive pas à savoir de quoi il s’agit. En tout cas c’est le premier manga de Okazaki Kyokô que je lis. A la réflexion, l’ambiance de River’s edge me rappelle  Déviances de Tôme Kei, qui bien que moins violent, montre des ados tout aussi désabusé. Dans le dessin aussi on trouve quelque chose de similaire.

Petite anecdote : en cherchant des infos sur le net je suis tombé sur un film américain de 1986 qui s’intitule River’s edge et où il est question d’ados et d’un cadavre sur les rives d’une rivière. L’histoire du film n’a en elle même rien à voir avec celle de Okazaki, mais je trouve que cela fait beaucoup de coïncidences pour un simple hasard, non ?

 

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Titre VO : リバーズ・エッジ

Auteur : Okazaki Kyokô (岡崎京子)

Publication au Japon : Takarajimasha – 1994

Editeur Fr : Casterman, collection Sakka

one-shot

 

=> Carolus en parle aussi et c’est sur le Furum du Club Shôjo que ça se passe.


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