Archives mensuelles : août 2013

Katori Shintô Ryû : les premiers kata de ken

Aujourd’hui, dans la série d’articles consacrés au Katori Shintô Ryû, nous allons reparler de ken-jutsu.

Dans un précédent article nous avons vu que le ken-jutsu (technique au sabre) est une des nombreuses disciplines étudiées dans le Katori Shintô Ryû. Et aussi la première abordée par les budoka.

Les 4 premiers kata de ken-jutsu sont indispensable au passage du premier dan. J’ai essayé de trouver des vidéos intéressantes montrant ces 4 premiers kata et de comprendre ce que leurs noms veulent dire (ce qui est pas toujours évident). Je vous invite à laisser en commentaire des liens vers d’autres vidéo ou à donner plus de précisions sur les kata et leur noms. Moi je suis loin d’avoir les compétences pour me lancer dans leur analyse.

Itsutsu no tachi:

Itsutsu no tachi est le premier kata de kenjutsu que l’on apprends. La vidéo qui suit n’est pas de très bonne qualité mais elle est intéressante  tout d’abord parce que c’est Otake Sensei, l’actuel shihan (maître instructeur). Puis parce que, après avoir vu l’exécution du premier kata, on le revoit avec un des partenaire en armure. Otake sensei explique le pourquoi de certains mouvements comte tenu de l’armure. En effet, nous l’ovons vu, le Katori Shintô Ryû est une école ancestrale qui utilise des techniques employées par les samouraï au combat, il est fait pour pouvoir se pratiquer en armure, contrairement à d’autres arts martiaux plus récents qui ont d’autres types de contraintes, comme par exemple
les règles de compétitions.

Itsutsu no tachi : 五津之太刀

= いつ(つ): cinq

= つ : havre, port. Je me demande si ce kanji est utilisé ici pour remplacer le hiragana  つ de
itsutsu, qui signifie 5  (tout comme le kanji 
之 remplace la particule の) ou bien s’il est ici pour sa signification.

太刀 : (tachi) épée longue

Comment traduire le nom de ce kata ? « L’épée longue au 5 ports » ? J’aurais tendance à pencher vers les « 5 mouvements à l’épée longue ».

Nanatsu no tachi:

Nanatsu no tachi est les deuxième kata de kenjutsu. Dans la vidéo ci-dessous on retrouve Otake sensei. Dans la première partie la vidéo montre le kata à vitesse réelle puis, le même kata est montré au ralenti pour une meilleure distinction des différents coups.

 Nanatsu no tachi 七津之太刀

= なな(つ): sept

 = つ : havre, port. Comme ci-dessus, on peut supposer que le kanji remplace le hiragana つ, 

太刀 : (tachi) épée longue

Si tout à l’heure on pouvait parler de 5 mouvements, ici on aura la même chose avec 7.

Kasumi no tachi :

Troisième kata de kenjutsu au nom énigmatique. Même principe que la vidéo précédente, ici encore le rallenti nous permet de mieux visualiser les mouvements du kata.

 

Kasumi no tachi 神集之太刀

神 = かみ : dieux, divinité

集 = しゅう : rassembler 

太刀 : (tachi) épée longue

Là, je ne m’hasarderais pas à tenter de donner une traduction au nom de ce kata…

Hakka no tachi :

Et voici le dernier kata de cette première série avec une vidéo tiré de la même série. Malgré leur pauvre qualité d’image, je trouve ces vidéos très intéressantes.

Hakka no tachi 八神之太刀

八 = はち huit

神 = かみ dieu

太刀 = たち épée longue 

Voilà un autre kata au nom énigmatique, s’agit-il de 8 dieux ? Ou, comme dans les deux premier kata, le chiffre 8 est là pour nous signaler que le kata se divise en 8 temps ? 

Pour finir, je vous propose de visioner la première partie du reportage d’où sont tiré 3 des vidéo ci-dessus. On peut y voire les 4 premier kata de ken à vitesse normale puis les kata suivants, y compris les kata à 2 sabres où avec seulement le sabre court.

-_-_-_-_-
quelques précision apporté par Step (commentaire sur overblog) :
« no tachi » signifie simplement que le kata se pratique debout
Bon les traductions maintenant: Pour commencer « no tachi » signifie bêtement ici que le kata vas se pratiquer en position debout. Par exemple un blocage avec la main qui supporte la mune quand on est agenouillé se nomme « suwari no tori » alors qu’en position debout ça devient « tachi no tori ».
Itsutsu no tachi = Les cinq techniques de sabre (base)
nanatsu no tachi = Les sept techniques de sabre (base)
Kasumi no tach = Les techniques divine rassemblé (combat de proximité)
Hakka no tachi = Les huit techniques de sabre (combat de distance)
Step

En route vers l’île infernale

J’avais repéré ce manga dès sa sortie. Je l’avais même feuilleté dans une librairie, mais ça ne m’avait pas vraiment attiré. Il dégageait un peu trop de testostérone à mon goût. Du « gros seinen qui tache », sang et baston, c’est pas pour moi, me suis-je dit.

Il y a quelques semaines je tombe sur un concours organisé par les éditions Komikku, en partenariat avec le Journal du Japon. Ayant ententu bien parler du manga, j’ai eu envie de participer et, qui sait, avoir ainsi l’opportunité de me faire ma propre idée sur ce titre. Incroyable mais vrai : j’ai gagné ! Me voilà donc en route pour l’île infernale. Préparez-vous, je vous amène.

l-ile-infernale.jpg

De quoi parle ce manga :

Mikoshiba est à la recherche de l’assassin de sa famille. Pour le retrouver il va jusqu’à tuer cinq hommes, ce qui lui voudra la peine maximale : le bannissement sur l’île infernale, zone sans foi ni loi où l’on déporte les pires criminels depuis que la peine de mort à été abolie au Japon.

Et alors, j’en pense quoi ?

Une chose est sûre : c’est viril à souhait. Mais là où je croyais avoir à faire à un bête manga de baston entre mâles alpha j’ai trouvé une intrigue plus complexe.

Le postulat de départ est assez classique. Le thème de l’île où l’on rejette ceux qui n’ont plus leur place dans la société est assez récurent. On prétend que c’est un lieu sans foi ni loi, mais finalement ce lieu déserté par les autorité d’Etat est régie par ses propres règles, sa propre hiérarchie. Ce point de départ m’a de suite fait penser à Suicide Island. Les raisons pour lesquelles les protagonistes se retrouvent exilées dans une île différent (c’est bien plus original dans Suicide Island) mais on y retrouve des thématiques communes. Je pense également à l’anime Jyu Oh Sei.

Bien que le thème ne soit pas d’une grande originalité, Yusuke Ochiai réussit à créer un scénario intéressant. Plus que les péripéties de Mikoshiba sur cette île infernale, c’est son passé qui nous intrigue. Pourquoi Sasaki, son ancien ami, a assassiné sa famille ? Nous sommes aussi intrigué par la personnalité de Mikoshiba qui n’a pas hésité à tuer cinq innocents pour se faire envoyer sur cette île infernale. Et pour ne rien gâcher, le tome se termine sur un cliffhanger donnant envie d’ouvrir de suite le tome 2.

Côté forme, je ne suis pas fan de ce type de dessin que je trouve trop brut. Ceci dit, il est plutôt bien réalisé et colle parfaitement au récit, lui donnant une dimension plus sauvage encore, plus cruelle aussi. Un peu trop parfois, ce qui nuit au réalisme de l’histoire, mais ça c’est un défaut récurant dans la manga en général qui en fait souvent trop. Dans l’esthétique de Ochiai, ce que j’ai le plus apprécié, ce sont ces paysages. Si nous somme parfois frappé par le précision quasi photographique des décors de certains mangaka, j’ai apprécié le côté esquisse des décors dans l’île infernale, et plus particulièrement la forêt. On retrouve cette particularité dans la couverture avec une île tout en dégradé de vert. Quant aux traits du héros, je les trouve exagérément agressifs. Tête qu’il trimbale tout du long du manga, à se demander comment il fait pour ne pas avoir de crampes à force de froncer les surcils. Mais dans l’ensemble les visage des personnages sont plutôt bien dessiné et très expressifs.

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C’est sûr qu’après  Le loup de Hinata, ça me change ! On est loin du joli
minois efféminé de Hijikata. Dans l’île infernale, même le héros n’est pas un beau gosse. Comme quoi, dans le seinen, on trouve de quoi sattisfaire tous les goûts.

Verdict :

Un tome 1 qui ne revèle pas de réelles surprise mais qui sait nous donner envie de lire la suite et, vu que la série se termine en trois tomes, j’ai bien l’intention de m’acheter le tome 2. A voir si le manga tient ces promesse.

Fiche technique :

l'île infernale T1

Titre VO : 天獄の島 (Tengoku no shima)

Auteur : Yusuke Ochiai

2009

Type : seinen

Genre : suspense, drame, action

Editeur VO : Nihon Bungeisha

Prépublication : Comic Break

Editeur VF : Komikku éditions

nombre de volumes : 3/3 (terminé)

EXTRAIT

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Le loup de Hinata

Ce manga m’a été conseillé suite à mon article  Quand l’anime nous parle d’histoire (1). Dans ce premier volet, en effet, je m’intéressais à la période du Bakumatsu et de la Restauration Meiji. A cette époque le Japon en fini avec le système féodal basé sur le pouvoir du Shôgun et des Daimyo, et se modernise.

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C’est justement à la période Bakumatsu que se déroule le récit du manga Le loup de Hinata. Ce manga raconte le genèse du  Shinsengumi, milice en charge de la protection de Kyoto et qui prit part activement au conflit qui opposa les partisans de l’Empereur aux partisans du Shôgun lors de la guerre civile qui divise l’élite du pays à la fin du XIX siècle. Dans Le loup de Hinata, il est pas encore question du Shinsengumi, mais on y découvre comment le capitaine et le vice capitaine de ce dernier en sont venu à diriger cette célèbre milice.

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Le récit commence à l’an 3 de l’ère Bunkyû (1863), les samouraï du Rôshigumi se rendent à Kyoto où le Shôgun a été appelé par l’Empereur. Leur mission est d’assurer la protection du Shôgun durant son séjour dans la capitale impériale. S’en suivent de nombreuses intrigues politiques, alliances et conflits internes. Kondo et Hijikata, tous deux d’origine paysanne, voient en cette période trouble une opportunité pour devenir des hommes importants. Quand le Shôgun quitte Kyoto pour retourner à Edo, ces derniers, avec d’autres rônin, décident de rester sur Kyoto. Leur milice, le Seishû Rôshi gumi, sera dirigé par Serizawa et Kondo. Seulement la vision de ce que doit être un samouraï et la façon de diriger la milice des deux hommes diverge de plus en plus. Serizawa devient à obstacle aux ambitions de Kondo et Hijikata, qui ont une vision très idéaliste du samouraï.

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À ceux qui cherchent des manga d’action, avec de vaillant samouraï brandissant leur katana dans des combat sanglants…. je déconseille ce titre. Ce n’est pas que le sang ne coule pas, mais on voit plus souvent les « vaillants samouraïs » boire et courir la gueuse que combattre. Il y a bien plus d’alcool que de sang, plus d’intrigues politiques que d’action. Et là, se pose le deuxième problème, comment suivre les enjeux de ce qui se joue quand on ne connais pas l’histoire du Japon et plus particulièrement les événements qui s’y déroulent au XIX siècle ? Et bien, moi qui ai un peu étudié la période, j’ai eu beaucoup de mal à m’y retrouver. On rencontre une profusion de personnages historiques dont je me souvenais vaguement du nom, mais de là à tous comprendre… Après, on peut aussi le lire comme s’il s’agissait d’une pure fiction, sans s’intéresser au côté historique. Mais là, le manga risque de se révéler un peu ennuyeux par son manque d’action.

Quelques mots sur la forme : le dessins m’a tout de suite fait penser à un shôjo. La profusion de beaux gosses et les traits efféminé de Hijikata, les décors à peine esquissé, les gros plan sur les personnages sont autant de caractéristique que l’on retrouve traditionnellement dans le dessin shôjo et contrastent avec l’environnement purement masculin et viril des samouraïs, ainsi qu’avec l’intrigue politique. Si bien qu’on ne sait pas trop comment on doit prendre ce récit : sérieusement ou à la légère.

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Pour revenir sur le dessin, je l’ai trouvé plutôt joli et agréable à l’œil, mais un peu trop « classique », trop typé bishônen (parfait pour du yaoi). Un peu de bishônen n’est pas pour me déplaire, mais, comme je disais plus haut, cela cadre assez mal avec le sujet, ou plutôt avec la façon dont le sujet est traité ici, puisque Shinsengumi rime souvent avec bishônen. Je pense notamment à l’anime Hakuoki.

Pour conclure je dirais que Le loup de Hinata est un manga assez agréable mais je comprends aisément que sa commercialisation ai été stoppé, car pour le public français il est assez peu intéressant. Ou plutôt il doit intéresser fort peu de personne. Pour ma part, je ne le conseillerais qu’au passionné d’histoire japonaise.

Fiche technique :

Titre VO :  ひなたの狼

Auteur : Saitô Misaki

type : seinen

genre : historique, samouraï (chambara)

année : 2004

nombre de volumes : 5/5 série terminée (commercialisation stoppée)

Editeur VO : Gentôsha

Prépublié dans : Comic Birz

Editeur VF : Kami

Traducteur : Thomas Guillemin

Les éditions Kami ont depuis fermé leurs portes, mais on peut encore trouver leurs mangas d’occasion. Quant à l’auteur, Saitô Misaki, deux autres de ses manga sont traduits en français : Taimashin, le carnet de l’exorciste (au dessin seulement) et Drog-on, deux seinen.

Pour la petite anecdote, l’auteur à aussi écrit un yaoi : Ultra panic. Bien évidemment il n’est pas licencié en France et je n’ai pas non plus trouvé de scan.