Sekai-ichi Hatsukoi

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui on va parler yaoi ! Jeunes âmes sensibles passé votre chemin.

… non, en fait c’est pas vraiment la peine, c’est bien du boys love, mais avec Sekai-ichi Hatsukoi on est dans du soft. Pas vraiment de quoi choquer les âmes sensibles dans cet anime plutôt fleur bleu.

Commençons pas le commencement. L’histoire. Du classique, rien de bien original dans cette intrigue qui tourne autour d’un couple principal : Onodera et Takano.

Les deux hommes se sont rencontré au lycée et sont sorti ensemble quelques mois. Mais, à cause d’un gros malentendu, Onodera a subitement disparu laissant Takano profondément blasé. Onodera aussi, qui, à l’époque s’est senti rejeté, est devenu un homme blasé, incapable de tomber amoureux.

Dix ans plus tard, Onodera intègre une nouvelle maison d’édition, il avait demandé le département littérature mais se retrouve au département shôjo manga. Une autre mauvaise nouvelle l’attend : le chef du département n’est autre que Takano, ce premier amour qu’il tente d’oublier depuis 10 ans. Celui-ci est toujours amoureux de lui et a bien l’intention de séduire Onodera à nouveau. Onodera, de son côté, veut à tout prix éviter une relation intime avec lui.

 

Comme dans la plupart des yaoi, il n’y a que des personnages masculin et, bien sûr, tous sont gay. Enfin, non, il y a ceux qui disent qu’il ne le sont pas mais qui tombent quand même amoureux d’un autre homme. Bref, il n’y a que des hommes qui aiment des hommes dans tout le département shôjo manga. Ainsi, après le couple principal Onodera/Takano, on voit fleurir d’autres amours masculines.

Il y a d’abord Yoshino Chiaki, mangaka, et Hatori Yoshiyuki, éditeur. Les deux hommes sont amis d’enfance. Yoshino est particulièrement naïf et ne voit rien des sentiments que Hatori éprouve pour lui. Puis, une fois que Hatori a fait sa déclaration, Yoshino ne voit rien aux sentiments qu’éprouve pour lui son meilleur ami Yuu. Et se retrouve pris au piège dans un triangle amoureux dont il ne capte rien du tout. Il est tellement naïf que c’est agaçant. A se demander comment un mec qui écrit des histoires romantiques toute la journée ne voit rien dans la vrai vie… Bref ce couple est on ne peut plus classique. Un cliché maintes fois revu dans le yaoi avec un uke ultra naïf et un seme taciturne, toujours sérieux.

Le troisième (et dernier de la première saison) couple est composé par Kisa Shôta, éditeur de 30 ans assumant parfaitement son homosexualité, et Yukina Kô, jeune vendeur au département shôjo d’une librairie où Kisa a l’habitude de se rendre. Tout commence par Kisa qui craque pour le beau visage de Yukina. Il en est tout déboussolé. Et quand le beau gosse l’embrasse dans un café. Pouf! Par magie, l’homo plein d’assurance qu’il était se transforme en un collégien fébrile et hésitant T_T Et oui, encore plus cliché que le précédent couple.

Dans les saison suivante de nouvelles jolies fleures écloront dans le champ des amours de la maison d’édition. Mais, je ne vais pas tous les énumérer ici.

Vous l’aurais compris, cet anime ne brille pas par son originalité. En tout cas pour ce qui est des relations humaines. Les couples sont très cliché, tous comme les personnages qui ont des caractères et des comportements stéréotypé. Le stéréotype va jusqu’à se retrouver dans le graphisme, les seme font tous une tête de plus que les uke qui, eux,  se doivent d’être petits, mignons, hésitant, gêné, rougissant et à qui ont doit toujours force la main. Même Onodera, qui a un sale caractère et n’hésite pas a se rebiffer contre ses supérieurs et tout particulièrement contre Takano, fini toujours par rougir et se laisser entraîner malgré lui.

Autre cliché très employé dans la série : la jalousie. La confiance ne semble pas tellement de mise ici, et les malentendu sont monnaie courante.

Par ailleurs, on se trouve en présence d’adultes, déjà intégré au monde du travail. On pourrait s’attendre alors à une certaine maturité des personnages et une psychologie travaillé. Mais ici tous ces grands garçons se comportent comme de jeunes adolescents en proie au bouleversement hormonal. La psychologie… il y en a. On se cesse de faire des incursions dans l’esprit de ces hommes qui hésitent, qui se cherchent. Sauf que leur réflexion est aussi resté au stade du lycée. C’est bien normal de se poser des questions, surtout quand on découvre qu’on est amoureux de quelqu’un du même sexe. Mais là, j’ai pas trouvé leur comportement ou leur questionnement mature pour deux sous. Et tout cela tourne en rond, n’avance guerre. Au bout de plusieurs épisodes les personnages sont toujours en proie aux même doutes.

Là vous commençais peut-être à vous demander pourquoi diable je prends autant de temps pour vous parler d’une série que je n’ai pas aimé ?

La réponse est simple : j’ai aimé cette série. J’ai regardé les deux saison et les OAV, tout ça en à peine 3 jours : )

Mais pourquoi ?

C’est cliché à mourir, c’est vrai. Mais c’est quand même très marrant. Il y a beaucoup d’humour. Les gag marchent bien, on s’amuse et on ne se prends pas la tête. C’est frais, c’est léger, ça fait du bien de se mettre en mode girly et de se détendre.

Mais l’humour n’est pas le seul atout de cette série qui brille par son ambiantation. En effet toute la série se déroule dans une maison d’édition et plus particulièrement au sein du département shôjo manga. Contrairement à beaucoup de série où l’on ne voit jamais (ou presque) travailler les personnages, ici le travail occupe une place centrale. On en apprends autant sur le métier d’éditeur et sur le processus de publication des manga que sur les sentiment personnels des personnages. Et ça c’est très intéressant. On sent bien la tension et le stress qu’implique chaque mois la sortie de la revue. Le speed du bouclage, les difficulté de dernière minute, les relations entre mangaka et éditeur… Tout le côté professionnel est très réaliste et vient contrebalancer les personnalités trop puériles des personnages.

Un mot sur le graphisme qui, en revanche, lui est plutôt original. Je ne le trouve pas particulièrement beau, mais il a le mérite des nous offrir quelque chose de différent. Les visages sont plutôt anguleux et les corps longilignes. Le chara design semble d’ailleurs accentuer le côté anguleux, déjà présent dans le travail de la mangaka. On a des explosions de lumières brillantes, fleurs et autres kitchtitudes emprunté au shôjo, mais cela cadre bien avec le contexte et est souvent utilisé dans un but d’autodérision. Parce que oui, c’est kitch, mais c’est pleinement assumé et détourné. Toutes ses fleurs et lumières sont là plus pour nous faire rire que pour nous faire rêver ou soupirer.

Pour finir, une petite fiche technique :

Titre original世界一初恋 
Réalisateur : Kon Chiaki
Studio : Studio Deen
année de production : 2011
Idée original : manga éponyme de Nakamura Shungiku
Chara design : Kikuchi Yoko
Nombre d’épisodes : 2 saison de 12 épisodes chacune + 2 OAV
Ni la série, ni le manga ne sont licencié en France.
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