Emma, une romance victorienne

Aujourd’hui je vais vous parler d’un manga d’amour. Et non, ce n’est pas un shôjo ! Les seinen aussi ça parle d’amour. Emma est une série en 10 tomes publié d’abord en format poche chez Kurokawa, puis en grand format (sens lecture français) chez Ki-oon. Kaoru Mori commence cette série en 2002 dans le magazine Comic Beam.

 

C’est dans l’Angleterre victorienne, fin XIX, en pleine révolution industrielle que se déroule l’histoire. Le point de départ et celui d’un quelconque roman d’amour : un jeune bourgeois d’une très riche famille tombe amoureux d’une jolie soubrette. Mais hélas, à cet époque là plus encore qu’aujourd’hui (quoi que), les classes sociales sont hermétiques et chaqu’un doit respecter son rang. Le père de Williams attend de lui qu’il se marie à une jeune noble. Quant à Emma, elle fait bien que son amour est impossible et préfère s’éloigner pour moins souffrir. Mais le destin à ses raison que la raison ignore, à moins que se ne soit l’amour….

 

Des 10 tomes de la série, je n’en ai lu que 4. Alors, vous demenderez-vous, peut-être, pourquoi en parler maintenant, avant d’avoir fini la série ? La raison est simple. Cette série je l’ai emprunté et je n’ai pas l’intention de m’acheter la suite. Pour ma collection privé je dois faire des choix, mais cela ne veut pas dire que cette série ne mérite pas qu’on en dise quelques mots.

J’ai beaucoup entendu parler d’Emma, notamment à la sortie de la deuxième publication chez Ki-oon. On en disait beaucoup de bien, et, pour qu’on en ressorte une édition en grand format et tout et tout, c’est que ça doit être drôlement bien. Connaissant déjà son manga Bride Stories, je m’attendais à quelque chose de similaire, mais dans un autre décor. Or je n’avais pas vraiment fait attention. La série Emma est antérieure à Bride stories. Si le dessin de Kaoru Mori est déjà beau, il n’a pas encore la sophistication de Bride stories. C’est bien, dessiné, c’est joli, mais cela n’a rien exceptionnel (exception faite du chapitre 27 ❤).

ça c'est une belle femme !
ça c’est une belle femme !

Quant à l’histoire, le structure est aussi très différente de Bride stories. Dans ce dernier se succedent plusieurs histoires sans véritable fil conducteur entre elles, si ce n’est la présence de personnages communs. Alors que dans Emma, on suit un couple de protagoniste tout au long de leur déboires amoureux. Et là est peut-être une partie du problème.

Le point de départ de cette série est des plus banal : un soubrette et un gentilhomme, un amour impossible. Bon, comme c’est Kaoru Mori qui l’écrit cela reste très agréable à lire. Cependant l’histoire n’avance pas assez vite. L’intrigue stagne, on fait des grands apartés sur la vie des uns et des autres sans grande importance, le fait que William s’ennuie au bal ou comment Emma lustre la rampe d’escalier n’apporte pas grand chose au récit, contrairement à ce que nous dit Kaoru Mori dans ces post face 😉

c’est important pour l’histoire

Ce qui fait que la lecture des deux premiers tome n’est pas désagréable mais laisse assez indifférent. A partir du troisième tome l’intrigue prends un tournant de plus en plus mélodramatique avec la séparation des deux amants. On se croirait dans une pièce à la Shakespeare, mais ça n’en a pas l’intensité dramatique. En effet, si la vie des deux amoureux n’est pas sans souffrance, moi je n’ai pas versé une seule larme. Je ne me suis jamais sentie vraiment émue par le destin des deux protagonistes.

Ayant les 4 premiers tomes sous mon nez, j’ai tout de même poussé la lecture jusque là et, finalement, arrivé à la fin du tome 4, j’avais fini par me prendre au jeu ! Si j’avais l’opportunité de lire la suite, je me laisserais vontier tenter (mais pas au point de vouloir passer à la caisse).

Et vous, avez-vous lu cette série ? Quels sont vos impressions ?

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6 réflexions au sujet de « Emma, une romance victorienne »

  1. J’ai découvert Kaoru Mori il y a quelques années et j’étais tombé sous le charme, alors quand Kurokawa a sorti le manga, je l’ai de suite acheté.
    Par contre je ne suis pas du tout d’accord, contrairement à toi la structure entre Emma et Bride stories est exactement la même. Il y a une alternance entre scénettes du quotidien et l’histoire avec un fil conducteur quand les deux ne se mélangent pas. Dans Emma il s’agit de la romance d’Emma et de William coupée de passages sur le journal d’époque, le changement de papier peint, achats, scènes de bal…. Bride stories idem : la relation Amir/Karluk que l’on voit évoluer sur fond de guerres de clans et de trouble avec les russes, entrecoupée de scènes sur la fabrication du pain, la broderie, la chasse, tailler le bois….alors certes on passe d’un couple à un autre grâce à Smith qui sert de conducteur et en même temps permet à nous lecteurs de nous immerger dans ces cultures avec son regard d’occidental.
    On se retrouve avec un schéma similaire de deux couples dont la relation est mise à l’épreuve : l’un à cause du fossé de la condition sociale, l’autre l’âge mais aussi pour des questions de relation de clans/mariages. Bride stories s’intéresse aussi à des histoires autres que celle « 1ere » puisqu’on croise d’autres couples mais on raconte aussi les histoire des neveux et nièces de Karluk, Pariya…tous plus ou moins reliés au couple principal, idem dans Emma.
    Sans doute que le succès de Bride stories vient en partie du fait de son univers, qui nous est plus exotique que l’Angleterre Victorienne (qui nous est plus familière) et nous donne plus à voir par une forme de contemplation. De plus, les choses se règlent de manière moins discrètes et plus violentes, plus marquantes d’un côté. Emma ne fait pas « épique », c’est un autre genre d’action. Personnellement, je suis fan de cette période anglaise donc Emma m’a charmé, autant que Shirley. En plus de cela, on change du type de maid que l’on croise dans les mangas habituellement pour un style plus réaliste.
    Ce qui charme surtout avec la façon de narrer les histoire de Mori, c’est sa capacité à évoquer le quotidien, les détails, en les magnifiant. L’intime, le détail, fait partie de l’histoire mis en avant grâce à son trait. De même qu’elle s’attache à raconter l’histoire de personnages secondaire, voir tertiaire, quant ils n’ont pas carrément fait un caméo comme le montre les 3 derniers volume de la série.
    Quand j’entends dire qu’Emma est « moche », voir mal dessiné par rapport à Bride stories ça fait quand même mal d’entendre des inepties pareilles. Le trait a certes évolué (encore heureux), moins rond et les détails sont plus marquant (cf les costumes) mais il était loin d’être affreux à la base.
    J’aime énormément Bride stories mais Emma tient une place particulière dans mon coeur.

    1. à la réflexion, je partage plutôt ton point de vue. En me relisant, je me suis dit que la scène du bal ou le lustrage de la rampe d’escalier faisait très « bride stories » si j’ose dire. Comme je dis je n’ai lu que les quatre premier volumes de Emma, je ne peux donc que donner mes premières impressions et pas critiquer la série dans son ensemble. J’ai également lu 4 tomes de Bride stories et en 4 tomes j’ai trouvé que Emma, bien que rempli d’aparté, offrait un récit beaucoup plus homogène que bride stories. A la lecture je ne l’ai pas ressenti de la même façon. Ce n’est qu’au moment de relire ma critique que j’ai trouvé qu’il y avait, au fond, une certaine similitude entre les structures des deux récit (quelques temps se sont écoulé entre le moment ou j’ai écrit cet article et celui où je l’ai posté…)
      Si Bride stories m’a plus séduit c’est, comme tu dit, pour son côté exotique. L’Angleterre victorienne en soit ne m’intéresse pas vraiment, tout comme les histoires d’amour…
      Le côté exotique de Bride stories, met par ailleurs en valeur le dessin de Mori par les tenues et décors très détaillés. Dans Emma le dessin est très beau (il ne me semble pas avoir dit le contraire) mais il n’a pas l’exubérance de Bride stories. C’est beau, c’est agréable mais ça ne m’a pas foutu une claque comme le premier tome de Bride stories. Au même temps, maintenant je connais l’auteur et son style graphique donc il n’y a pas plus la surprise d’une première rencontre. Je trouve que dans Emma les décors sont plus sobres. Mais j’ai aussi apprécié le côté réaliste de la soubrette 😉
      Tout cet ensemble de chose font que Emma propose un univers pour moi moins séduisant que Bride stories. Que se soit l’exotisme des contrées lointaines, les épiques chevauché à travers la steppe… j’ai tout de même préféré la contemplation d’une sculpture en bois au lustrage d’une rampe d’escalier 🙂
      Et j’ai eu, peut-être à tort, le sentiment que dans bride stories les histoire d’amour ne sont que prétexte au récit, alors que dans Emma elle en est le pivot central. Et comme histoire d’amour, il y a pas plus classique. Alors que l’histoire Amir/Karluk propose une approche beaucoup plus originale en inversant l’âge des marié dans un mariage arrangé où le plus souvent l’homme est beaucoup plus âgé que la femme. J’ai trouvé cette inversion originale et amusante. Dans Emma tout est très classique. Du moins dans les 4 tomes que j’ai lu…

  2. Emma dans le fond de l’histoire n’a rien de très original, rien n’y est extraordinaire, Mori reste dans le réalisme (avec quelques excentricités avec Hakim notamment). C’est une histoire comme on pouvait en trouver ou en lire à l’époque. Tu verra Tasha voir sa famille ou faire des achats, Hakim et william jouaient au tennis… Ca permet de mettre l’époque en fond, d’approfondir des liens ou des traits de personnalités. C’est un mélange entre tranche de vie et histoire dans l’Histoire. La simplicité d’Emma est plus visible que celle de Bride stories qui a juste une apparence plus compliquée par l’artifice des beaux costumes et de l’action plus marquée mais qui est exactement la même chose dans le fond.
    Mais c’est ce que j’aime dans cette simplicité de récit, il y a comme une forme de calme et de plénitude. Puis c’est dans l’air du temps avec Downton Abbey (c’est pas la même période certes).
    Pour le dessin, ce n’est pas toi que je visais spécialement mais cela fait suite à des commentaires que j’ai pu lire/entendre ça et là de personnes ayant lu Emma après Bride stories aient ayant trouvé le dessin vilain, ce que je trouve très exagéré.
    Effectivement le soin du détail est plus mis en avant grâce à l’univers de Bride stories (ses costumes, décors…) mais je pense que si Mori avait (re)dessiné Emma maintenant son style se rapprocherait plus de ça. Il suffit de voir les 3 derniers tomes d’Emma, ça foisonne de vie et de détails. C’est sur que deux personnages à cheval qui contemplent la grande steppe à quelque chose de plus exotique à nos yeux que deux femmes de chambres fumant sur le toit un soir d’hiver (pour ma part ça équivaut mais c’est une question de sensibilité personnelle).
    Dans Bride stories Mori s’éparpille un peu plus dans différentes directions, tout en sachant où elle va, et explore plus de pistes que dans Emma je trouve. Après ça vient peut être d’un ressenti personnel de ne pas avoir eu certaines choses plus approfondies dans Emma alors que je l’aurais voulu.
    Bref, tout ça pour dire que je peux comprendre que la période Victorienne ne soit pas le fantasme de tout le monde, que certains personnages nous sont plus attachant que d’autres… mais que j’ai du mal à saisir quand j’entends qu’Emma est trop simple (dans son dessin, comme son histoire) comparé à Bride stories alors que Kaoru Mori n’a rien changé à sa formule (encore une fois ce n’est pas toi que je vise spécifiquement 🙂 ).
    Enfin tout ceci n’enlève rien à la qualité du trait de Mori et son amour pour les femmes avec des formes (surtout en bunny girl ou en maid).

    1. ah! c’est sur que les femmes dessinées par Kaoru Mori, elles sont magnifiques !!
      Au fait, avec Emma, c’est surtout à partir du quatrième tome que j’ai commencé à vraiment entrer dans la série. Malheureusement pour moi c’est aussi le dernier que j’ai lu. J’espère avoir bientôt l’occasion de lire la suite. Le premier trois tome m’avaient laissé assez indifférente. Disons que je trouvais ça joli et bien raconté mais que ça ne me touchait pas personnellement. Après, tout est question de sensibilité. Moi les histoire d’amour, même tragiques, me laissent de marbre alors qu’il suffit de parler de guerre pour que je chiale comme une madeleine…
      En tout cas, Kaoru Mori est incontestablement une mangaka donc il faut se souvenir 🙂
      En dehors de Brides stories et Emma, y a-t-il d’autres manga d’elle publié en France ?

      1. Il y a eu Shirley publié par Kurokawa qui ne faisait qu’un tome. C’est le même genre d’univers qu’Emma mais avec pour héroïne Shirley une fillette de 13 ans qui est une petite maid adorable au service d’une femme tenant un café. Il n’y a pas de fil conducteur à part les scénettes du quotidien de Shirley et de sa patronne (si tu n’as pas aimé Emma astiquant les lustres, tu vas sans doute pas apprécier Shirley). Kaoru Mori a dessiné Shirley avant ou à peu près au début d’Emma donc le style n’est pas encore aussi affirmé et détaillé qu’actuellement.
        Elle a d’ailleurs repris les histoires de Shirley, sous le nom de Shirley Madison quelques chapitres (6 au total) ont été publié en 2006 puis en 20013. On peut voir le changement graphique. Shirley Madison n’a pas été publié en France par contre.
        Dans l’ensemble Kaoru Mori n’a pas publié grand chose (violets blossom -une histoire courte-, et un recueil de nouvelles) m’enfin ceci dit je ne désespère pas de voir le reste de son travail publié chez nous.

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