La rédaction

C’est grâce au mooc Il était une fois la littérature jeunesse que j’ai découvert ce livre. Quand je l’ai trouvé à la bibliothèque j’ai tout de suite voulu me faire ma propre opinion. Blandine et Laurette l’ayant emprunté au même temps, nous nous somme lancé dans une lecture commune.

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Une dictature militaire vue à travers les yeux d’un enfant qui cherche à comprendre les événements dont il est témoin : un album extrêmement subtil et fort.

⇒ fiche pédagogique et extrait à découvrir sur le site des édition Syros

Alors que les enfants du quartier jouent au football dans la rue, le père de Daniel, un ami de Pedro, est arrêté sous leurs yeux parce qu’il est contre la dictature. Un peu plus tard, un militaire vient dans l’école de Pedro, et demande aux élèves de décrire ce qui se passe le soir chez eux, les discussions, les visites… Que va raconter Pedro, dont les parents luttent eux aussi contre le pouvoir des militaires ?Toute l’intelligence de cet album, c’est d’adopter d’un bout à l’autre le point de vue d’un jeune garçon qui, en posant des questions, mais surtout en observant et en interprétant les non-dits, esaie de décrypter la réalité qui l’entoure. Pour autant, le lecteur ignore ce que Pedro sait exactement au moment où il se met à écrire sa rédaction. D’où l’incroyable suspense qui sous-tend la seconde partie de l’album, jusqu’à la dernière page… où l’on apprend qu’il faut décidément faire confiance aux enfants. (source : Syros)

La Rédaction est publié une première fois en 1998 sous forme de nouvelle. Antonio Skarmeta en 1998, auteur Chilien née dans les années 40, y dénonce la dictature militaire qui prends le pourvoir au Chili dans les années 1970 (voir l’article de Yomu-chan La littérature de l’exil du Chili). Le texte est ensuite illustré par Alfonso Ruano, dessinateur espagnol. La version française proposé par Syros date de 2007. L’album est recommandé par le ministère de l’éducation nationale pour les élèves du cycle 3.

J’avoue que ma première impression était assez mitigée. D’un côté je n’aime pas trop les illustrations d’Alfonso Ruano. Je n’aime pas le style mais surtout je les trouves trop figées. Mais je dois reconnaître qu’en revanche la mise en scène de l’image est toujours intéressante. Avec le texte j’ai eu un sentiment un peu équivalent : ce qu’il raconte est intéressant mais je n’aime pas du tout le style. C’est trop simplifié, à vouloir utiliser un vocabulaire simple, compréhensible pour les enfants on tombe dans une sorte de caricature, je trouvais que ça ne sonnait pas vrai. Les enfants ne parlent pas si simplement et les adultes ne leur parlent pas comme ça non plus. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gênait. Je n’aime pas quand on parle aux enfant comme si c’était des imbéciles. Je préfère utiliser des mots compliqués quitte a expliquer. Ici j’ai trouvé que le langage était trop simplifié, stylisé, ça me met mal à l’aise. Les phrases sont trop courtes. Cela enduit une drôle d’ambiance. Mais c’est peut-être, surement même, l’effet recherché. Peut-être, par cette parcimonie de mots, l’auteur cherche a montrer le non dit et les silences qui en disent long. Mais il m’a fallu un moment pour accrocher. En revanche j’ai trouvé la chute excellente. C’est là que tout prend son sens.

⇒ à lire aussi les avis de Blandine et Laurette

 

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5 réflexions au sujet de « La rédaction »

  1. A ton inverse, j’ai aimé ces phrases courtes.
    Comme s’il ne fallait pas trop parler, économiser les mots, pour ne pas attirer l’attention, et surtout, en dire le moins possible. Comme si la compréhension devait se faire dans les mots cachés, non dits.
    La chute est très forte!

    1. Ma première impression a été justement le rejet de cette façon de parler. ensuite, au moment d’écrire ma chronique je me suis dit que surement l’auteur avait voulu signifier le non-dit par cette façon de s’exprimer en phrases courtes. Mais, si j’ose dire, il était déjà trop tard pour moi, je n’avais pas accroché à la première lecture.

  2. Ton avis est intéressant Bidib, en particulier sur la façon dont on s’adresse aux enfants mais autre temps, autre pays, autres mœurs … et puis, que dirions-nous aujourd’hui à nos enfants si nous vivions une dictature, si nous avions à leur expliquer l’inexplicable ? Je crois que je préfèrerais aussi préserver ma fille … cela me fait penser à La vie est belle. Qu’ont les enfants à gagner à comprendre par le menu cette insoutenable vérité, en tout cas dans l’instant ???
    Encore merci pour ce partage.

    1. Bien sur il faut remettre dans le contexte historique mais il y a tout de même une façon de s’exprimer dans le livre qui m’a mis mal à l’aise.
      Si je prends justement l’extrait cité dans ton article : « Les enfants ne sont contre rien. Les enfants sont simplement des enfants. les enfants de ton âge doivent aller à l’école, beaucoup travailler, jouer et être gentils avec leurs parents, dis sa maman. » J’ai l’impression qu’on s’adresse à un enfant de maternelle et non pas à un enfant de 9 ans. Et il n’est pas question ici de non dit mais d’infantilisation. C’est quelques chose qui personnellement m’a toujours dérangé. Quand j’étais gamine et qu’on me disais je t’expliquerais quand tu sera grande ça me mettais en rage.
      Le contexte n’est pas du tout le même (époque, pays et surtout situation politiques complètement différente) mais il se trouve justement que Mimiko a 9 ans et avec les élections elle m’a posé plein de question sur pourquoi nous ne voulions pas de Marine Lepen comme président. Je ne lui ai pas répondu « les enfant ça fait pas de politique, c’est gentil avec maman et tais-toi » j’ai essayé de lui expliquer le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme etc. Je ne pense pas qu’elle ai tout compris mais dans les grandes lignes en tout cas.
      Après, c’est ma façon de faire. D’autres préfèrent préserver l’enfant de ses problèmes là et je comprends. Mais je ne partage pas cette vision. Du coup malgré la différence d’époque et de contexte, c’est quelques chose qui m’a dérangé dans la lecture de cet album. Après, j’ai trouvé la chute très intéressante. L’album est intéressant mais il y avait une trop grande distance entre l’histoire et moi pour que je m’identifie. Je n’ai pas trouvé ça aussi fort que j’espérait. Quand à ma fille, elle n’a même pas eu un regard pour ce livre, du coup je n’ai pas pu échanger avec elle ou voir sa réaction.
      Ta comparaison avec La vie est belle est intéressante. Je n’ai en effet pas du tout eu la même réaction en voyant ce film. Le père tente aussi de préserver l’enfant de la réalité mais ce n’est ni par le silence, ni en évitant de répondre aux questions. Il crée une réponse complètement loufoque, mais il répond. Tu vois ce que je veux dire ?
      Après ce sont deux œuvres très différentes, c’est un ensemble qui a joué. Les images de La rédaction ne me parlent pas non plus, du coup je suis resté à distance du récit. Je n’ai pas été touché.

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