Archives de catégorie : littérature jeunesse

Au cochon porte-bonheur

cochon porte bonheur

Au cochon porte-bonheur

Kim Jong-ryeol

illustrations de Kim Suk-kyeong

2006

traduction de Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Picquier jeunesse – 2013

Un étrange magasin s’est installé dans la ville d’Azalée. Une publicité dans les boites aux lettres annonce :

« Azaléens ! La chance vous attend au Cochon porte-bonheur. Venez nombreux et emportez l’article de votre choix sans débourser un sou. Parole de Cochon porte-bonheur ! »

On a beau râler et dénoncer la probable supercherie, personne ne résiste à la tentation de gagner quelque chose. La convoitise attire bientôt tous les habitants de la ville, mais d’étranges phénomènes semble accompagner l’arrivé du mystérieux Cochon porte-bonheur.

/!\ avis avec spoiler /!\

« Chacun souhaite que la chance lui sourie. Mais la plupart des êtres humains ne savent pas se satisfaire du peu qu’ils ont. Et comme ils en réclament toujours plus, ils la font fuir. »

Voilà ce que Kim Jong-ryeol dennonce dans cet étrange conte surréaliste où les gens, poussé par leur avidité se transforment peu à peu en cochons. Cette métamorphone n’est pas sans me rappeler la scène où les parents de Chihiro se transforment en porc dans le film de Miyazaki Le voyage de Chihiro. Je me souviens qu’à l’époque la scène aviat fortement impressioné ma fille. Ici  aussi l’enfant assiste impuissant à la transformation de ses parents.

La fin du récit reste ouverte et aucun happy end ne vient rassurer le jeune lecteur. Ce conte sonne comme un avertissement : il ne tient qu’à nous de prendre en main notre vie et éviter de ceder à la tentation et à la convoitise, à nous de préserver ce qui est vraiment important.

Un petit livre qui se lit en une heure, pour les jeunes lecteurs peut-être, mais qui plaira sans doute aux grands.

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Féline – Bu Hui-ryeong

Après deux light-novel japonais (Le gardien de l’esprit sacréN°6) c’est au tour de la littérature jeunesse coréenne d’être à l’honneur sur Ma
petite Médiathèque.

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Féline

Bu Hui-ryeong

2006

traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Picquier jeunesse

2009 pour la traduction française

Lire un extrait

Ce roman c’est la vie d’un chat de gouttière qu’il nous raconte. Il est écrit  à la première personne. Le héros est un jeune chat que sa mère, l’estimant assez grand pour survivre par ses propres moyens, a abandonné. Apeuré et seul, il doit apprendre à sourvenir seul à ses besoins, chercher de la nouriture et se défendre des gros matous bien plus dangereux que les humains.

Alors qu’il est en quête de nourriture dans un parc, il y rencontre une jeune fille pas comme les autres. C’est le coup de foudre au premier regard ! Serait-elle ce que, dans le monde des chats, on appelle un homme-chat ?

La fille fouilla dans sa poche et en sorti quelques petits anchois séchés qu’elle me tendit. Pour la première fois de ma vie, je mangeai à même la main d’un humain. Elle était douce.

Tout en humectant les anchois de ma salive avant de les saisir entre mes canines, je pris une décision : J’allais l’apprivoiser.

Si Minet a le coup de foudre, Minyeong ne semble pas vouloir s’intéresser à lui. Réussira-t-il à la séduire et rester au près d’elle ?

Dans l’avant propos, l’auteur s’adresse à ses jeunes lecteurs dans ces termes :

Le souhait que je voudrais exprimer dans mon roman, c’est que vous appreniez à grandir pour devenir aussi autonomes que les chats. Même si ce n’est pas toujours facile !

C’est bien de cela qu’il est question dans ce court roman : le chemin vers l’émancipation que doit entreprendre tout adolescent. Tout comme Minet, à la fois personnage principal du roman et narrateur subjectif, la jeune Minyeong doit apprendre à laisser sa mère lui échapper et commencer à prendre soin d’elle-même. C’est ensemble que le jeune chat et l’adolescente vont parcourir la route qui mène à l’indépendance.

Le style de l’auteur est très plaisant. Elle nous offre un texte à la fois facile à lire et subtile. Bien qu’il s’adresse à des jeunes lecteurs j’ai pris un réel plaisir à lire ce roman. Les personnages sont très attachants, tout particulièrement le jeune chat qui jette sur les humains qui l’entourent un regard à la fois tendre et critique. Le fait de montrer les humain à travers les yeux de chat, permet de prendre un certains recul.

Quand on aime quelqu’un, c’est normal d’avoir envie de rester près de lui. J’étais sûr qu’elle avait de l’affection pour moi. Alors pourquoi avait-elle fait cela? Cela voulait-il dire que chez les humains le cœur et la tête ne fonctionnent pas en harmonie ? Pour quelle raison ?

Il arrive parfois que les humains se montrent plus sages que nous, mais pas toujours. Sur deux points, ils sont particulièrements bêtes. Tout d’abord, ils sont incapables d’oublier le passé. Ensuite, ils s’inquiètent à l’avance de l’avenir. Du coup, ils ratent le plus important : le présent. Ils ignorent la valeur de ce qu’ils possèdent. Ils désirent toujours ce qu’il ne peuvent pas
obtenir. Quelle bêtise !

La vie de chat nous est raconté avec beaucoup de détails : la chasse, la litière, la pluie… mais l’auteur sait comment captiver notre attention et ne jamais rendre le récit ennuyeux. Il s’agit du premier roman de l’auteur et je trouve qu’il est particulièrement réussi. J’espère que d’autres de ses romans seront traduit prochainement en français. Comme je l’ai dit plus haut, ce livre s’adresse aux jeunes lecteurs mais il plaira tout autant aux moins jeunes.

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N°6 ~ le light-novel

N°6 T1

Et bien, j’ai mis un an pour passer de l’intention de lire du light-novel à l’action. Et là, paf ! en l’espace d’un mois, 2 ligh- novel chroniqué ! J’en mets du temps pour démarrer, mais une fois lancée on ne m’arrête plus Hahaha!

Avec N°6 on est toujours dans la catégorie light-novel mais on change de registre. Si Le gardien de l’esprit sacré est un roman fantastique à ambiance vieil empire japonisant, ici nous somme dans du SF.

 Résumé :

Aster fait partie de l’élite de la cité N°6, son QI exceptionnel lui vaut cette place dans la haute société de la cité. Un soir, alors que la tempête fait rage, un inconnu entre dans la chambre d’Aster. Le jeune garçon est blessé et Aster décide de le soigner et de le cacher alors qu’il s’agit d’un criminel en fuite. Cet acte lui coutera sa place dans la haute société. C’est ainsi que la vie de Aster sera bouleversé le jour de ses 12 ans. Le temps passe et Aster ne cesse de penser au garçon qu’il a sauvé.

Quelques années plus tard, Aster est devenu gardien de parc, son chemin croisera à nouveau celui du Rat, le jeune fugitif. Alors qu’Aster se retrouve impliqué dans une histoire de morts suspectes, le Rat vient payer sa dette. La vie du jeune homme changera à un point qu’il n’aurais jamais pu l’imaginer.

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N°6 est une série en 9 tomes écrite par Atsuko Asano entre 2003 et 2011 et illustré (couvertures) par Toru Kageyama. Les éditions du Rocher ont publié entre 2008 et 2009 les 5 premiers tomes dans la collection Jeunesse. La traduction est de Momori Machida et Jean-Charles Vidal. Aurons nous droit à la suite ? Le dernier tome paru en français datant de 2009, j’ai bien peur que la suite ne voit jamais le jour dans nos contrés.

Mon avis sur les 5 premiers tomes :

Tout comme pour Le gardien de l’esprit sacré, je connais ce titre par son adaptation en série animée. La série, m’avais beaucoup plu et j’ai tout de suite eu envie de lire le roman. Mais, quand j’ai vu que la traduction s’arrêtait au tome 5 j’y avais renoncé. Pourtant, quand je suis tombé sur le tome 1 pour une bouchée de pain, j’ai pas pu résister, je me suis procuré les 5 volumes disponibles d’occaz.

Tout d’abord quelques mot sur le style et l’écriture. Le texte est très simple, facile à comprendre et à suivre. Beaucoup de dialogues, des phrases courtes et des scènes très visuelles. Le premier tome m’a même paru un peu trop simplet dans la façon d’écrire. Je trouvait qu’il manquait un peu de sophistication. Mais l’intérêt du scénario nous donne envie de poursuivre la lecture. Et je dois dire que j’ai trouvé les tomes suivant plus agréables du point vu littéraires, même si on reste dans une écriture simple.

No.6L’intérêt du livre, vous l’aurais compris, ne réside pas dans la qualité du texte, mais plutôt dans son scénario, complexe et intéressant. Nous somme dans une société futuriste où nombreux des défauts de nos sociétés actuelles ont été poussét à l’extrême. Les personnages sont attachants et donnent envie de les suivre dans leurs péripéties. Aster, le naïf, va devoir se durcir s’il veut pouvoir survivre à Bloc Ouest. Au même temps, sa présence va adoucir le terrible Rat, qui, sous ses allures impitoyables, caches un cœur tendre. On est curieux de voir comment chacun d’entre eux va se transformer, comment va évoluer leur relation entre amour et amitié. Les personnages secondaires sont également attachant, notamment Loueur-de-chien, jeune dresseur des chiens qui a été élevé par une chienne dans une meute de chiens errants. J’aime beaucoup ce personnage qui, malgré la dureté dûe à cette vie de misère, garde un côté enfantin qu’il cherche à réprimer.

Par delà les aventures des personnages, cette série offre également une intéressante critique de notre société. Dans les travers de la cité n°6, on peut y voir l’exagération des travers de nos propres sociétés. N°6 vit dans dans le luxe grâce à l’exploitation des zones périphériques où les gens vivent dans la plus grande précarité. Comment ne pas y voir un parallèle avec les grand états riches tel que le japon, les Etats-Unis mais aussi la France qui s’enrichissent en exploitant les matières premières et la mains d’oeuvre pas chère de nombreux pays sous-développé où règne la misère.

Si l’auteur à tendance parfois à en faire un peu trop, elle nous permet, tout en nous divertissant avec une belle aventure, de réfléchir à notre propre société et ses dérives. La cité n°6, par son système hyper surveillé et sécurisé m’a notamment fait penser à 1984 de George Orwell. Si nous ne somme pas ici dans un livre la même qualité, le regard que Asano porte sur la société n’est pas sans intérêt. Le problème, je l’ai dit, c’est qu’elle en fait trop. En voulant donner à son récit une allure de plus en plus dramatique elle en perd en vraisemblance. Le tome 5 nous offre des scènes d’une grande violence mais le récit en perd  en réalisme et en logique. En cela, la série est fidèle au roman. En la visionnant j’ai éprouvé le même sentiment. Au lieux d’être touché ou troublé par cette envolée de violence et de tragique, je me suis dit que c’était du n’importe quoi et que cela ne tenais plus la route. L’auteure se contredit elle-même. Difficile de vous expliquer pourquoi sans révéler des éléments clé du récit. Faudra me croire sur parole ou lire le roman pour comprendre ce que je veux dire.

                           n-6-t4.jpg  n°6

Malheureusement, la traduction française a été stoppé au tome 5 et je ne saurais donc jamais comment l’auteur arrive à se sortir des contradictions qu’elle crée dans ce tome. J’espérais pouvoir lire la suite en anglais, mais pour le moment seuls les 4 premiers tomes ont été traduits dans cette langue. Bien que le texte soit plutôt simple, je suis loin d’avoir le niveau nécessaire pour pouvoir le lire en version originale ! Et je dois avouer que malgré ses défaut, l’histoire est assez prenante pour que j’ai envie de connaître la suite.

Chaque tome se termine par une lettre de Atsuko Asano. Procédé que l’on retrouve régulièrement dans la littérature japonaise, notamment dans les manga et que je n’ai jamais vu dans un livre français. C’est intéressant, on fait connaissance avec l’auteure, on découvre comment l’oeuvre à vue le jour, quels étaient ses motivations,  ses difficultés. J’aime bien se côté intimiste qui se crée entre l’auteure et ses lecteurs.

N°6 est la seule série de Asano Atsuko traduite en français. Cette série est actuellement adapté en manga par Hinoki Kino, 7 tomes sont déjà paru au Japon. Le manga n’est pas licencié en France.

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Vous avez lu cette série ? Laissez-nous vos impressions.


Edit :

 Jade à partagé, en commentaire, le lien d’une pétition pour réclamer la suite du roman.

L’idée est amusante, même si le ton de la pétition est un tantinet agressif, j’ai signé avec plaisir puisque, après tout, si la suite été publié je la lirais à coup sûr !

Si vous aussi vous avez aimé le roman et voulez voir sortir la fin et/ou le manga signez aussi : c’est par ici

Qui sait, si on est assez nombreux cela pourrait bien marcher 🙂

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Le balai des sorcières

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Pourquoi les sorcières volent sur des balais magiques ? Voilà une question à laquelle ce petit album répond avec beaucoup d’humour.

C’est Ramina Grospoil, une sorcière dont tout le monde se moque à cause du gros poil qu’elle a sur le nez, qui construit le premier afin de venir en aide à une pauvre sorcière en danger. Son courage et son inventivité seront récompensé : elle créera une usine de balais et plus personne ne se moque de son poile.

Un petit album qui fait rire Mimiko, mais qui moi me laisse assez indifférente.

Pourquoi j’en parle ? Ben c’est Mimiko qui a choisit ce livre pour Ma petite Médiathèque (^_^)

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Pour vous Mimi à choisi Yumi

Aujourd’hui c’est férié, j’en profite pour partager un bout de Ma petite Médiathèque avec Mimi-chan. Plutôt que de parler de ses livres quand elle est pas là, je la met à contribution. C’est elle qui choisi quel livres méritent une place ici.

Aujourd’hui elle a choisi une Kokeshi d’Annelore Parot : Yumi

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Résumé : 

Yumi est une petite kokeshi mignonne à croquer. Après qu’on l’ai aidé a choisir son kimono, elle nous invite à la suivre pour retrouver sa meilleure amie Sakumi. Les deux kokeshi vont choisir un costume pour se rendre à une fête déguisée organisée par leur amie Kimi. A la fête quel régal il y a des sushi, des sashimi, riz, thé… tout est mélangé faut retrouver ce qui est bon à manger.
Puis on se quitte et Yumi va se coucher. Oyasuminasai, Yumi.

Ce qu’en pense Mimi  (et moi) :

Mimiko adore cet album interactif. Les images sont super mignonnes et très colorées, les pages aux diverses formes invitent à l’exploration. On cherche le bon kimono, les déguisement, sushi… on fait souffler le vent sur les cerfs-volants. A chaque fois c’est n’est pas qu’une histoire à écouter mais un jeu.

« et là, c’est écrit quoi ? »

« aligato »

« c’est en attaché ? »

« non, en japonais »

Parce que par ci par là sont inséré quelques mot en japonais. Dommage qu’il n’y ai pas toujours la prononciation…

Si Mimiko s’amuse, j’avoue que moi aussi. Je trouve les dessins très mignon et je trouve dans cet album de quoi partager avec elle ma passion pour le Japon.

Yumi détail

Le kokeshi plaisent aussi à Yomu-chan (^_^)

Et pour les petites fan de kokeshi, il y a même un site avec tout plein d’info :

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またね (^_^)

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Le garçon qui voulait devenir un être humain

le-garcon-qui-voulait-devenir-un-etre-humain-T1.jpg le garçon qui voulait devenir un être humain T2 le garçon qui voulait devenir un être humain T3

Titre VO : Videre mod nord

Auteur : Jørn Riel

éditions Gaïa (2002 pour la traduction française)

Traduction de Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet

1980

Livre 1 : Le Naufrage

Livre 2 : Leiv, Narua et Apuluk

Livre 3 : … et Solvi

 

Résumé :

Nous somme vers l’an mil et Leiv, un jeune viking islandais rêve de venger son père, tué par Thorstein. Afin d’assouvir sa vengeance, Leiv se glisse discrètement sur le bateau de Thorstein qui part s’installer au Groenland. Ce n’est qu’en pleine mer qu’il est découvert. Trop tard pour faire demi tour. Fatigué par le cycle sans fin des vengeances et attendri par le jeune âge du garçon, Thorstein lui propose une trêve. Leiv devra attendre d’avoir les bras aussi long que ceux de son adversaire avant de pouvoir le défier. En attendant ce jour, Thorstein prendra soin du garçon.

Mais avant que le bateau n’ai pu atteindre les côtes du Groenland et la nouvelle colonie, le convoi est pris dans une tempête et Leiv fait naufrage. C’est Apuluk et Narua, deux jeunes inuit, qui le retrouveront encore en vie échoué sur une plage. Les deux enfants décident de l’adopter et c’est ainsi que de nouvelles aventures commenceront pour le jeune Leiv, loin de sa terre natale. Aventures qui feront de lui un « être humain ».

Ce que j’en pense :

Riel nous entraîne dans un joli conte épique où Leiv et ses deux amis inuit, Narua et Apuluk, auront à vivre de nombreuses aventures et verrons plusieurs fois leur vie menacée. Ensemble ils affronterons les danger de la vie sur cette terre de neige et de glace, la chasse, les voyages, mais aussi les dangereux viking et les pirates anglais. Ensemble ils vont grandir, mûrir et devenir des adultes. Dans cette quête initiatique, Leiv devra choisir son chemin, et il prendra celui des « êtres humains ».

Alors que la bibliothèque mettait en avant la littérature nordique, mon regard est tombé sur ce roman au département jeunesse. Le titre m’a immédiatement fait penser au film l’enfant qui voulait être un ours dont je vous ai parlé récemment. Et je ne me suis pas trompée puisque, ici aussi, il est question de inuits. Mais, si le titre me rappelle le film, qui s’inspire des légendes inuits, l’histoire elle, n’a rien à voir.

Ce n’est pas seulement à cause de la ressemblance avec le film, que ce titre à attiré mon attention. Vouloir devenir un être humain est assez étrange, non ? Ne le somme-nous pas déjà ? Voilà une question qui, à elle seule, me donnait envie de lire ce roman. Peut-être savez-vous déjà ce que ce titre sous-entend. Si ce n’est pas le cas, je ne vous en dirais rien ! Histoire de vous donner envie de lire cette trilogie qui vaut bien le détour.

Bien qu’à la bibliothèque le livre était présenté comme un roman jeunesse, il plaira aux jeunes et moins jeunes, pour peu qu’on aime les voyages initiatiques et la découverte d’autres cultures. Écrit dans le style de récit traditionnel des légendes du nord, l’histoire se divise en 3 livres, et chaque chapitre est introduit par un petit paragraphe qui nous annonce ce qui vas se passe.

La Tempête

… où Leiv fait preuve d’un certain manque d’expérience, mais se sort malgré tout d’un mauvais pas grâce à Narua…

 Il y a beaucoup d’aventure, mais ce que j’ai, peut-être, préféré c’est découvrir la vie chez les inuits. L’auteur en donne, une vision trop positive, quelque peu idéalisé, mais à l’entendre nous raconter, on aurait bien envie d’aller vivre avec eux.

Les enfants n’avaient aucune notion du temps. Ils dormaient quand ils étaient fatigués, jouaient souvent dehors en pleine nuit, mangeaient quand ils avaient faim, et travaillaient quand ils en avaient envie. C’était peut-être pour cette raison que les enfants inuit grandissaient et devenait des être humains joyeux et heureux de vivre.

[…]

« Chez nous on ne réveille jamais quelqu’un qui dort » […] « parce que […] quand nous dormons, nous mourrons un petit peu. Quand tu dors, ton âme part en voyage, et si on réveille ton corps au mauvais moment, il n’est pas sûr que ton âme puisse retrouver son chemin »

 Aller chez les inuit oui, sauf peut-être pour le froid… et la nourriture !

On les invita à manger autant qu’il le pouvait de nombreux mets délicieux qu’on leur avait préparé.

Et il y avait là de quoi remplir l’estomac ! Il y avait de la viande de renne séchée, de la viande de phoque dans de nombreuses préparations, fraîche, pourrie, bouillie ou séchée. Il y avait des petits poissons que l’on nomme capelans, des guillemots bouillis, du saumon, des mergules confit, des myrtilles marinées dans l’huile de poisson et le contenu d’un estomac de renne.

Un vrai repas de fête ! Vous reprendrez bien un peu de phoque pourri ?

Ok, les repas de fête ne font pas vraiment saliver, mais le bouquin, enfin, les 3, sont succulent et je vous les recommande chaudement.

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Un vent d’Afrique souffle sur les albums jeunesse

Pour cette chronique livres jeunesse, j’ai mis Mimi-chan à contribution. Je lui ai demandé de me choisir dans sa bibliothèque un livre parmi ses préférés. Elle a choisit deux titres : Homme de couleur ! de Jérôme Ruillier et Mon lion de Mandana Sadat. Est-ce une pur hasard, une simple coïncidence ? Je ne sais pas, mais le fait est que je trouve ça amusant que les deux livres aient comme un parfum d’Afrique, c’est pourquoi j’ai décidé d’en parler dans un seul et même article.

Mon lion est une histoire sans parole où l’on voit un petit enfant rencontrer un lion sur des dunes. L’enfant et le lion rouges se lient d’amitié et font un voyage, vivent une aventure. A la fin de la journée, le lion dépose l’enfant près de sa citée. Chacun des deux amis retournant dans son univers. Pourtant, la nuit venue, il se rendrons visite en rêve. Les illustration sont stylisées, avec une prédominance de couleur chaudes : jaunes, rouges et orangés, l’ensemble à un côté épique et fantastique qui plaît beaucoup à Mimi-chan.

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Homme de couleur ! s’inspire d’un compte africain et commence ainsi :

Moi, homme noir, quand je né, j’étais noir

Toi, homme blanc, quand tu es né, tu était rose

C’est sur ce même modèle de phrase qu’on voit l’homme blanc changer de couleur au fil des pages : bleu de froid, vert de peur, rouge au soleil… Alors que l’homme noir est toujours noir.

Ce petit livre se conclu par

Et tu m’appelles homme de couleur !

ou un petit bonhomme à la bouille ronde et noir fait fasse à un bonhomme arlequin.

homme de couleur détail

Les illustrations sont simples, mignonnes, douces et rigolotes. Personnellement, j’en comprends (et partage) le message. Cependant j’ai trouvé cela assez difficile de lire à ma fille pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais appelé un noir « un homme de couleur » ni d’ailleurs un blanc « un blanc ». Je ne fait jamais de distango de couleur en parlant des gens. Et si elle me demande pourquoi une personne à la peaux de telle ou telle couleur, je me contente de lui expliquer qu’il existe plusieurs pigmentation de peaux, tout comme plusieurs couleurs de cheveux. Elle ne peut pas, par conséquent, comprendre le message de cette histoire. Pourquoi est-ce que l’homme noir dit à l’autre « tu m’appelle homme de couleur » ? Comment lui expliquer ? D’autant plus que l’utilisation du « tu » pourrait lui faire songer que c’est à elle que l’homme noir s’adresse…

Et, en effet, elle aime ce livre, surtout pour ses illustration rigolotes, mais elle a toujours un air un peu perplexe à la fin. Aujourd’hui elle me demande, en montrant l’homme « blanc » de toutes les couleurs de la dernière page : « pourquoi il a pas de noir ? »


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Mon lion

Mandana Sadat

2004

Éditions autrement

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Homme de couleur !

Jérôme Ruillier

1999

Éditions bilboquet

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T’choupi va à l’école

Cet article fait écho à la chronique que Hérisson nous proposait dans le Challenge Je lis aussi des albums 2013. Avec Tchoupi et Herisson, il était question de chiffres et de lettres. Les Tchoupi de Mimi-chan tournant autour du thème de la rentrée à l’école.

Tchoupi rentre à l'école  Tchoupi à l'école

 Tchupi est grand maintenant et il va aller à l’école. Au début, il a un peu peur mais on fait tellement de choses intéressantes qu’il ne voit pas le temps passer.

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 Mimi-chan a reçu ces deux albums dans une petite mallette alors qu’elle entrait à peine à l’école maternelle. Un cadeau de sa tata qui lui aura bien fait plaisir. Un an plus tard on les lit encore régulièrement.

l’un des albums, Tchoupi à l’école, intègre des images au texte ce qui permet aux petits de faire semblant de lire avec papa ou maman, et de comprendre le mécanisme de la lecture. Depuis, Mimi-chan me demande de montrer du doigt les mots que je prononce. Et si j’oublie de mettre en marche le « curseur », gare à moi ! Elle suit attentivement mon doigt qui défile sous les mots et j’ai pas intérêt à en oublier un.

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Quant à moi, pour être tout à fait honnête, je déteste lire Tchupi. Je trouve ça inintéressant au possible et je n’aime pas vraiment le dessin, qui d’ailleurs est assez différents d’un album à un autre. Cela parle du quotidien des enfants et ils aiment retrouver tout ce qui leur est familier. Pour moi ça manque de fantaisie et je m’ennuie. Mais force est de constater que Mimi-chan adore. Et puis ça se lit super vite, alors c’est idéal pour les soir où on n’est pas vraiment motivé.

logoalbums2  Challenge Je lis aussi des albums 2013

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L’autre bout du monde

On retourne au Japon avec ce nouvel album jeunesse qui n’est pas pour autant japonais. L’autre bout du monde était un album tout désigné pour Mimi-chan.

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Au moment de se coucher, Victoire demande à sa maman de lui raconter une histoire. Celle-ci va lui parler d’un petit garçon qui habite

 A l’autre bout du monde, de l’autre côté de la Terre
qui est toute ronde […] dans un joli pays qui a pour nom le Japon.

 Au fil des pages, la maman compare les scènes du quotidien d’un pays et de l’autre : le bain, le couché, le repas…

Ah ! La page du repas ! Celle-là, c’est la préféré de Mimi-chan, qui, immanquablement frémit de joie et d’inquiétude. Pourquoi le petit garçon n’est pas sur une chaise, comme Victoire (l’héroïne)et Mimi-chan ? C’est ainsi que l’on mange au Japon, assis sur un coussin devant une table basse. « Moi aussi, je veux manger comme ça ! » s’exclame, enthousiaste, la petite Mimi.

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Ah! Si seulement, ma chérie… Moi aussi je rêve secrètement de supprimer chaise et table haute de ma salle à manger… Les chat ne font pas de chien, c’est là une certitude.

L’autre bout du monde est un joli album qui permet aux enfants de découvrir un mode de vie différent du leur, leur ouvre les yeux sur le monde et plus particulièrement sur le Japon. Les illustrations de Ye Xin sont très jolie et douces avec leurs couleurs pastel. Et, même si ça fait un peu vieillot (publié en 1987), c’est très agréable à regarder. Le texte de Michèle Kahn, en revanche, est parfois drôlement tourné et pas très fluide. Les phrases sont simples mais l’ensemble n’est pas toujours très clair. Les différents tableaux (repas, bain…) n’étant pas relié entre eux, on se sent un peu perdu.

logoalbums2  Challenge lecture sur Délivrer des livres

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Le chat aux millions de vies

Aujourd’hui c’est d’un album jeunesse japonais que je vais vous parler : Le chat aux millions de vies de Sano Yôko.

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Il était une fois un chat qui vécut

des millions de vies.

Il était mort des millions de fois

et avait revécu des millions de fois.

C’était un magnifique chat tigré.

Des millions de personnes avaient aimé ce chat

et des millions de personnes avaient pleuré

chaque fois qu’il était mort.

Le chat, lui, n’avait jamais pleuré.

C’est ainsi que commence le livre. Tout de suite on est dans une drôle d’ambiance. Il est question ici de mort et même de plusieurs mort. Car ce chat renaît, encore et encore, mais dans aucune de ses vies il ne connais le bonheur. Il a été le chat d’un roi, mais il n’aimait pas le roi ; le chat d’un marin, mais il n’aimait pas la mer ; le chat d’un cirque mais il n’aimait pas le cirque…

Une autre fois, le chat ne fut le chat de personne.

C’était un chat de gouttière.

Pour la première fois, le chat était son propre maître.

Le chat s’aimait beaucoup.

C’est là qu’il rencontre une belle chatte blanche et, pour la première fois, il va aimer. Ensemble il fondent une famille. Dans cette vie le magnifique chat tigré va connaître l’amour, le bonheur et le deuil. Pour la première fois il va pleurer. Et pour la dernière fois il va mourir.

Certains trouveront cette histoire morbide, triste, étrange… moi j’aime beaucoup. Je la trouve un peu triste mais aussi très belle. Et puis la mort cela fait partie de la vie et c’est une façon comme une autre d’aborder le thème. On retrouve dans cette histoire pour enfant une philosophie toute bouddhiste qui ne conviendra pas à tout le monde. Ceux qu’y sont sensibles aimeront ce livre.

Le texte est accompagné de très jolies aquarelles de l’auteur.

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Titre VO : 100万回生きたねこHyakumankai ikita neko

Auteur : Sano Yôko (佐野 洋子)

Traduction : Mina Ozawa et Corinne Quentin

Édition Philippe Picquier, dans la collection Picquier Jeunesse (link)

1ère parution : 1977 aux édition Kodansha

Version française édité en 2009



Je me suis procurée le texte de la version originale.

Si vous êtes intéressé, laissez-moi un commentaire, je la posterais dans un article distinct pour ne pas surcharger celui-ci.

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