Archives de catégorie : manga – BD – comics

L’immeuble d’en face

Après une première version de 80 pages auto-produite, L’immeuble d’en face est publié par La Boite à Bulle en 3 tomes dans la collection contre-jour.

l'immeuble d'en face

Tome 1 paru en 2004, sélectionné pour le Festival International de la Bande-dessinée d’Angoulême en 2005

Tome 2 paru en 2007

Tome 3 paru en 2010

Résumé :

Tout au long de ses trois tomes ont apprend à connaître les locataires de cet immeuble de Lille. On les suit dans leurs tribulations du quotidien : promenade du chien, tasse de thé, rencontres sur le palier, querelles d’amoureux… la vie aussi vraie que nature. Au rez-de-chaussé vit une mère célibataire enceinte, au premier un couple d’âge mûr avec leur gros chien et au dernier étage un jeune couple d’étudiants.

Mon avis :

L’éditeur présente le premier tome de la série comme un « manga à la française qui devrait séduire les amateur aussi bien de shojo que de roman graphique« . Moi je trouve que le travail de Vanyda est bien plus qu’un « manga à la française« . Elle a su créer son propre style à mi chemin entre le manga et la BD franco-belge.   Son coup de crayon est tout de suite reconnaissable. Dessin noir et blanc au trait fin, simple et expressif. Si on retrouve parfois quelques mimique et une mise en page qui rappellent le manga, le dessins est très loin des standards du shojo. On sent plus l’influence des manga dans les dialogues que dans le dessin. Si je devait comparer cette BD à un manga j’aurais plutôt parlé de seinen dans le genre tranche de vie, car il y a aucun ingrédient du shojo. Pas de romance, mais la vrai vie de couple avec leur interrogation, leur haut et leur bas.

Les personnages ont une belle profondeur et sont très attachants. Le jeune couple prédomine, avec leur amis par le nombre de pages qui leurs sont accordé, sans doute dû à l’âge de l’auteur. Les scènes de la vie quotidiennes sont touchante de vérité .

Raconté comme ça, on pourrait s’attendre à quelque chose de plutôt ennuyeux, mais pas du tout ! Il y a peut-être pas de grande aventure, d’énigme à résoudre ou d’intrigue amoureuse tordue. Mais on se prends d’affection pour ces personnages, on a envie de les suivre, de les voir évoluer, grandir, vieillir… On enchaîne les trois tomes et à la fin on se dit « oh non, déjà fini! », on aurais voulu rester dans cet immeuble encore un peu plus longtemps.

Une très bonne BD, un auteur à retenir.

-_-_-_-_-_-

Du même auteur :

Trilogie Celle que … publiée chez Dargaud.

On suit Valentine, une jeune ado qui se cherche. Un univers peut-être un peu plus shojo, puisque on se retrouve au collège, puis au lycée. Une très bonne BD aussi. L’influence du manga y est beaucoup plus présente, surtout par de nombreuses références. Les personnages sont très bien traité et même si j’ai quitté le lycée depuis… longtemps ^^, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette trilogie que je vous conseille également.

Vanyda a également collaboré avec F. Duprat sur L’année du dragon. Comme je ne l’ai pas lu, je n’en dirais pas plus.

Share

Moi, 20 ans, diplômée, Motivée… EXPLOITEE

Je suis tombée sur cette BD en flânant au rayon BD adulte de la Médiathèque. La couverture avec « jeune maso en solde » m’a fait rire alors je l’ai pris… et j’ai pas été déçue

couv-yatuu-couv

Yatuu (alias Cindy Barbero), l’auteur, est une jeune diplômée en Art et Communication, fière de sa réussite elle part à la recherche d’un emplois et trouve… un stage. L’énième stage ! Cette fois dans une agence de pub dont la spécialité semble être l’exploitation du jeune stagiaire motivé.

Dès les premières pages j’étais pliée en deux !! Et oui, j’avais l’impression de me revoir à la fin de mon stage, il y a deux ans. À choisir entre rire et pleurer… j’ai choisit d’en rire. Et Yatuu à l’art et la manière d’illustrer ce que nous avons tous ressenti, jeunes diplômés, à la fin de nos stages (sauf les quelques rares chanceux qui, eux, ont été embauchés T_T).

planche-yatuu-2-copie-1

Petit message à l’intention des lecteurs, jeunes diplômés qui ont encore 20 ans (ce qui n’est plus mon cas) : L’avenir idéal (p. 52-53) ce n’est pas qu’un cauchemar !! C’est la réalité !!! Sigh !! Sob !! T_T

Vous avez un diplôme en poche, vous cherchez ou avez cherchez un taf ? Alors vous ne pourrez que vous reconnaître dans les mésaventures de Yatuu.

Un dessin simple, sympathique et très expressif qui va droit au but. De l’humour à revendre. J’ai adoré cette BD. C’est hilarant et ça défoule.

yatuu-.jpg

L’aventure de Yatuu en BD a commencé sur son blog, crée en décembre 2009. En juin 2011, les déboires de la jeune stagiaire sortent en version papier avec jolie couverture cartonnée chez 12BIS pour notre plus grand plaisir !

En 2012 elle sort une nouvelle BD : Génération mal logé. Je vais l’ajouter à ma liste de cadeaux (^_^)

Share

Le promeneur

Manga de Jirô Taniguchi (dessin) et Masayuki Kusumi (scénario), publié par Casterman en 2008.

le-promeneur.jpg

Résumé :

Uenohara, employé dans une petite entreprise de Tokyo, aime se perdre et se promener dans les différents quartiers de Tokyo, laissant le hasard guider ses pas. Au fil de ses promenades improvisées il fait d’étonnantes petites découvertes : magasins insolites, rue à l’allure d’autre fois, de vieux amis, ou encore une excellente échoppe de ramen. Comme nous le dit M. Uenohara lui même :

« Même en marchant au hasard, je tombe toujours sur des endroits intéressants »

« l’idéal c’est de se promener avec nonchalence »

Chaque chapitre est une nouvelle promenade, une nouvelle découverte.

  • Première promenade : L’Ampoule Edison
  • Deuxième promenade : Les Socques de Shinagawa
  • Troisième promenade : Le Bouquiniste
  • Quatrième promenade : La Fête des hippies
  • Cinquième promenade : Les concombres amers au milieu de la nuit
  • Sixième promenade : Le Chien t la balle
  • Septième promenade : Le Quartier de l’Harmonica
  • Huitième promenade : Les Gâteaux de Mejiro

Avec une interview de Jirô Taniguchi qui conclu l’album.

le-promeneur-extrait.jpg

Mon avis :

Cet album est publié à la mode européenne : sens de lecture occidental, grand format, couverture cartonnée afin de séduire les amateur de BD qui ne se sont pas encore laisser tenter par le manga. Si j’aime les manga en format original, il faut dire que l’oeuvre de Taniguchi s’accommode très bien du format à l’occidental. On dit, d’ailleurs, de lui qu’il est le plus européen de mangaka. Chez Taniguchi par de sortie de case, de coupes transversales et autres mises en page fantaisistes communes dans les manga. Ici les cases sont bien ordonnées, le dessin et propre et « sage ». On ne trouve pas non plus onomatopée exagérée chez Taniguchi, mais un texte proprement installé dans les petites bulles. La mise en page rappelle celle des BD franco-belge, exception faite du dessin noir et blanc.

Côté graphisme, le dessin de Taniguchi est très propre, réaliste et agréable. Seule critique que je pourrais lui faire c’est que ses personnages se ressemblent tous un peu, ils ne sont pas assez identifiés. On a parfois l’impression de se retrouver face au même personnage, alors qu’il s’agit de 2 personnes différents, loin d’avoir le même age.

Côté scénario, ce manga est un hommage à la contemplation. On savoure avec plaisir les flânerie du héros. Le manque d’action ne rend pas cet album ennuyeux, loin de là. Cet univers contemplatif est bien loin des scénario explosif si répandu dans le manga et ça fait du bien, ça change. Ici on marche, assis sur notre fauteuil, dans les rue de Tokyo et on s’émerveille au côté du héros devant une simple paire de socque ou un vieux puits toujours en fonction.

Après avoir lu Le promeneur, on a envie d’aller se balader, « marcher au hasard » et se laisser séduire par le décor et les petit plaisir du quotidien. Je suis une grande marcheuse. Dès que les distances me le permettent, je ne me déplace que à pieds. Mais contrairement à M. Uenohara, je marche dans un but précis avec une destination et un temps défini, ce qui ne m’empêche pas de profiter du paysage. Mais, après avoir lu le promeneur, j’ai une autre image de la promenade sans but. Cet album me donne envie de sortir et marche, tout simplement .

Excellent album a mettre entre toutes les mains

Idéal pour s’initier à la lecture du manga

Share

L’envolée sauvage

L’envolée sauvage, BD publié par Bamboo éditions, collection Grand Angle en 2006 (T1) et 2007 (T2)

Scénario : Laurent Galandon

Dessin et couleurs : Arno Monin

l-envolee-sauvage-T1.jpg
T1 : La Dame Blanche
l-envolee-sauvage-t2.jpg
T2 : Les Autours des palombes

Résumé :

Simon est orphelin et juifs. Passionné par les oiseaux, il vit avec d’autres enfants chez un prêtre dans la campagne française. Mais nous somme en 1941 et l’antisémitisme fait rage, venant s’immiscer jusque dans son quotidien. Menacé il devra quitter la campagne pour Paris, où il se cachera quelques temps. Quand les rafles commencent, il décide de quitter Paris avec un groupe d’enfants juifs. Mais c’est seul qu’il trouvera refuge chez une femme aveugle qui vit seule avec son fils handicapé, dans la montagne. Découvert par la milice, il devra encore fuir. Cette fois il décide de rejoindre la résistance, mais se fera arrêter après avoir tué plusieurs miliciens. Déporté, il rencontrera la jeune Ada, dans le train qui les mène au camp de concentration.

Mon avis :

C’est par hasard, en flânant au rayon BD de l’espace jeunesse de notre médiathèque municipale que je suis tombée sur le tome 1. J’ai été attirée par la couverture et le dessin de Monin. J’ai feuilleté quelques page et l’histoire m’a paru intéressante, alors j’ai décidé de l’emprunter. Je n’ai pas été déçue !

Le premier tome tiens ses promesses. Le dessin est intéressant et agréable, le scénario captivant. Simon, le personnage principal, est très attachant. Il ne sera pas épargné par son époque, victime de l’antisémitisme il rencontrera pourtant des personnes de bon cœur qui l’aideront et le soutiendrons. L’histoire de Simon permet au jeunes lecteurs (et aux moins jeunes aussi) d’en apprendre plus sur cette époque sombre de l’histoire de France et de ce qui ça impliquait pour une partie de la population. Ce n’est pas tellement qu’on apprends des choses. Les auteurs ne donnent pas beaucoup de données historiques, mais on vit la vie du petit Simon et on se rends compte de ce qu’on du vivre bon nombre de juifs français pendant cette période.

En dehors du sort des juifs on voit aussi une France divisée. Il y a ceux qui haïssent les juifs et collaborent avec les allemands et ceux qui résiste, de façon plus ou moins forte contre ce mouvement. Sans entrer dans le récit historique, l’envolée sauvage nous donne matière à réflexion.

Le deuxième tome m’a paru un peu bâclé par rapport au premier. Peut-être l’histoire aurais mérité d’être un peu plus travaillé. Peut-être que le public visé étant jeune, les auteurs n’ont pas voulu trop en faire sur les camps de concentration. Je ne serais dire, mais personnellement j’ai trouvé ce deuxième tome un peu moins intéressant et la fin un peu énigmatique. Mais il garde les qualités du premier tome, autant du point de vue du dessin, que de celui de faire réfléchir sur l’histoire, ici sur les camps de concentration et leur atrocité.

J’ai beaucoup apprécié l’univers de ces deux auteurs. Une BD qui vaut le détour.


Edit :  j’ai écrit cette chronique en 2012, à l’époque je pensait que la série ne compté que deux tomes d’où ma perpléxité concernant la fin. Normal, la série fait 4 tomes ! Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire la suite mais je vais m’y intéresser bientôt


pictosingelionpetit
BD Boum – Prix du Conseil Général (2007) Mention spéciale du Jury Œcuménique de la BD (2014)
Share

Manga : petit guide de lecture pour néophytes

Cet article fait suite à un premier qui présentait un bref historique du manga au Japon, l’arrivée du manga en France ainsi que les genres de manga les plus connus : Le Manga

Ici je présenterai les principales caractéristiques du manga. Ce petit guide de lecture s’adresse principalement aux néophytes qui n’ont pas l’habitude d’en lire.

Les fans, quant à eux, sont déjà habitués à ce qui fait la particularité de la bande-dessiné japonaise. Cependant, si certains passionnés veulent participer à l’amélioration de cet article, qu’ils n’hésitent pas à me faire part de leur suggestions.

Bonne lecture à tous !

-_-_-_-

Noir et blanc :

La première différence qui frappe, c’est le fait que le manga est entièrement publié en noir et blanc, contrairement à la plupart de BD occidentales.

Si le manga est en noir et blanc c’est d’abord pour des raison économiques. En effet, les manga sont prépubliés dans des revues hebdomadaires, mensuelles ou trimestrielles, à raison d’un chapitre par numéro. Ces revues sont vendues à des prix très bas, alors qu’elle font entre 200 et 300 pages. Afin de pouvoir garantir des prix toujours bas à leur lecteurs, les maison d’éditions réduisent au maximum les coûts de publication. On utilise du papier et de l’encre de mauvaise qualité et les dessins sont en noir et blanc. Seules les publicités sont en couleur, ainsi que la couverture et les premières pages de la série phare du moment.

Quand les séries ont du succès en prépublication, elle sortent en tomes. Ces albums sont imprimés avec du papier de meilleure qualité, mais le dessins d’origine est conservé. Il reste en noir et blanc, bien qu’il arrive que quelques pages soit coloriés et imprimés sur du papier glacé au début du tome. 

Ce manque de couleur est un peu perturbant au départ, surtout si on est habitué à lire des BD très colorées, mais on s’y fait très vite.

     Magazine :

weekly-shonen-jump.jpg

 Weekly  Shonen Jump N°16 de 2012 – prix : 240 yen soit environ 2,18€      

 Album : 

Q.E.D.-I.jpg

 Q.E.D. tome I –  prix : 420 yen = 3.80€

En France, un manga se vend entre 6.50€ et 15€

 -_-_-_-

Sens de lecture :

Les premiers manga publiés en France ont été modifiés afin de correspondre à notre sens de lecture, c’est la cas, par exemple, de Akira de Katsuhiro Ôtomo, sorti en 1989 chez Glénat.

Cependant la très grande majorité des manga publiés actuellement conservent le sens de lecture original. Au Japon on lit de droite à gauche. Le manga commence là où le livre occidental se termine. À l’intérieur d’une page, la lecture se fait suivant la même logique.

Schéma de lecture :    

  schéma lecture manga

Exemple tiré de Je ne suis pas mort de Hiroshi Motomiya. J’ai numéroté les case afin de monter le sens de lecture :

      je ne suis pas mort page 

Cependant, certains aménagements ont dû être apportés car, en version originale le texte dans les bulles est écrit verticalement. Il est parfois nécessaire de modifier la forme des bulles pour y faire loger le texte horizontalement.

ken-first-of-the-blue-sky.jpg

Extrait de Ken -Fist of the Blue Sky en VO

S’adapter au sens de lecture inversé demande un peu plus d’effort. Certaines personnes sont vraiment troublés par cette disposition. Personnellement je m’y suis très facilement adapté et j’en connais, autour de moi, qui ont tellement pris le plis du sens inversé qu’il leur arrive de commencer un roman par la dernière page 

  -_-_-_-

Mise en page :

La mise en page dans le manga est d’une très grande souplesse, elle s’adapte à la situation représentée. On peut facilement passer d’une disposition orthogonale classique (comme dans l’extrait de Je ne suis pas mort  que l’on vient de voir) à des configurations beaucoup plus décoratives.

Un page se compose généralement de 6/7 cases. Selon les situations, les vignettes peuvent être étirées en longueur ou en hauteur, couper la page obliquement ou prendre un aspect de puzzle.

Devil-Devil-detail.jpg

Extrait de Devil, Devil de Yûki Miyoshi, ici les cases sont étirées verticalement.

 nausicaä

Ici une page de Nausicaä de Hayao Miyazaki, les cases sont étirées horizontalement et coupées obliquement.

L’effet d’éclatement de la structure de la page est accentué par les « sorties de page » : vignettes à bord perdu, personnages couvrant toute la hauteur de la page/demi page, hors case.

Certaines vignettes peuvent occuper toute une page, voire une double page.

  -_-_-_-

Traitement graphique :

Nous l’avons vu, des mises en pages très variées se côtoient dans un même manga. De la même manière plusieurs styles graphiques peuvent cohabiter dans une même page, voire dans une même case. Alors que la BD occidentale se distingue par l’homogénéité du style dans le traitement de l’image.

Parmi ces différences de traitement de l’image, parlons tout d’abord de la différence entre les décors, souvent très minutieux, au réalisme photographique, et les personnages plus sommaires. Notons que les mangaka (auteurs de manga) travaillent avec des assistants qui s’occupent des décors. Très souvent ceux-ci travaillent à partir de photo.

Cette différence et plus ou moins marqué selon les auteurs. Elle est particulièrement saisissante chez Asano Inio, comme on peut le voir sur cette vignette extraite de La fin du monde avant le lever du jour. Ici les décors sont extrêmement réalistes.

la-fin-du-monde-avant-le-lever-du-jour-2.jpg

On peut également trouver des différences de traitement graphique entre les personnages d’une même histoire. C’est le cas de Bonne nuit Punpun, autre manga de Asano, dont la version française est sortie en janvier 2012. Dans ce manga il y a une immense différence de traitement graphique entre les personnages. Asano va jusqu’à représenter Punpun, le personnage principal ainsi que les membre de sa famille sous une forme stylisée rappelant vaguement un oiseau.

punpun.jpg

Par ailleurs, dans les manga, les personnages prennent parfois des grimaces grotesques, des postures étranges ou sont carrément stylisés, se transformant en simples silhouettes blanches. Ces déformations ont pour but de souligner certaines émotions comme la surprise, la gène, la peur, l’excitation, la colère… détonant parfois avec le fond de l’histoire très sérieux. Elle peuvent surprendre, ou même paraître incompréhensible pour un lecteur non familier des codes du manga.

  -_-_-_-

Texte et « bande son »:

Les bulles sont relativement moins nombreuses que dans les bandes-dessinées européennes, les récitatifs sont quand à eux pratiquement absent.

Parfois les explications historiques et scientifiques interrompent le récit et sont accompagné de dessins à valeur de documentaire, cette méthode a été très employé par Tezuka. C’est le cas, par exemple, dans son manga L’histoire des 3 Adolf. Dans cette série en 4 volume, de nombreux chapitres commencent par des explications historiques, n’ayant pas un rapport direct avec le déroulement de l’histoire. Cela permet aux lecteurs de mieux appréhender le contexte dans lequel évoluent les personnages.

Quant aux flash-back, ils se font sous forme de dessins sans éléments verbaux explicatifs.

Par ailleurs, la proportion de cases muettes et plus importante. Soit qu’il n’y ai pas de bulle, comme c’est le cas de la planche extraite de Nausicaä que nous avons vu plus haut. Soit par des bulles remplies de points de suspension traduisant les moment d’hésitation dans les échanges.

Kskm-detail.jpg

Extrait de Karate shoukoushi kohinata minoru de Baba Yusushi

En revanche, la « bande son » du manga est bien plus riche que celle des bandes dessinées occidentales. Pour les actions bruyantes, les onomatopées peuvent aller jusqu’à dépasser la case dans le sens du mouvement de l’engin/personnage qui les produits.

MasterKeaton.jpg

Extrait de Master Keaton de Urasawa Naoki

Mais la caractéristique du manga est de sonoriser les phénomènes plus discrets tel que la pluie qui tombe, un froissement d’étoffe… éléments qu’un auteur occidental ne songerais pas à sonoriser.

Même certaines actions silencieuses sont sonorisées : les onomatopées viennent souligner des émotions (gêne, surprise, attendrissement…) et remplacent nos signes de ponctuation.

 Tennis no Ouji-sama

Extrait de Prince du tennis de Konomi Takeshi

En effet la langue japonaise est pauvre en signes de ponctuation. En revanche, elle est riche en onomatopées. Celles-ci ne servent pas uniquement à reproduire des bruits, elle donnent naissance à des véritables mots : les giongo (mot imitant un son) et les gitaigo (mot imitant un état). Par exemple l’onomatopée dokidoki reproduit le son des battement du cœur, mais il signifie également être nerveux.

  -_-_-_-

Biographie :

Thierry Groensteen, L’univers du manga, Casterman, réédition de 1996.

La première version de ce livre est sortie en 1991 à l’occasion du 18ème Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Le Japon y était, pour la première fois, l’invité d’honneur. 

 

Share

L’Attrape-livres

l-attrape-livres.jpg
Textes de François Rivière et dessins de Frédéric Rébéna
François Rivière est un journaliste, biographe et écrivain, mais aussi scénariste pour bandes-dessinées. Frédéric Rébéna est illustrateur pour la presse et l’édition. Ensemble ils ont écrit cet album dont la couverture à de suite attiré mon attention.
Grâce à ce « roman graphique », c’est en image qu’on découvre l’histoire de la maison d’édition Robert Laffont, depuis sa création en 1941 à Marseille par le jeune Laffont, alors âgé de 24 ans, jusqu’en 2011.
L’idée est originale et pas dépourvue d’intérêt. C’est une façon amusante d’en apprendre plus sur cette maison d’édition. Le livre ne faisant que 91 pages, on n’entre pas dans les détails. Mais les étapes clé et l’esprit de la maison d’édition y sont. À mon goût, les auteurs ont opté pour la bonne longueur, avec trop de détails, cela aurais pu vite devenir ennuyeux. Alors que là, j’ai tout lu avec plaisir.
J’ai été impressionnée par la couverture de ce livre, et c’est ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Pourtant je ne suis pas très sensible au style de Rébéna. En lisant les premières pages j’ai d’ailleurs pensé « c’est mal dessiné… » Très vite je me suis rendue compte que son dessin n’avait que l’apparence d’un dessin peu réussi ou peu travaillé. Ce qui m’a le plus frappé c’est sa capacité à rendre d’un un dessin si simple la personnalité et la caractéristique de chaque personnage, tous étant, à l’exception du poète Arion, des personnes bien réelles.
Bien qu’étonnée par le talent de Rébéna, j’avoue avoir une préférence pour les dessins plus travaillés, plus précis. Mais ce n’est qu’une question de goût personnel. Dans son ensemble, je trouve l’oeuvre très intéressante. Je ne suis pas habituée à ce style d’ouvrage, je trouve qu’il vaut le détour.
Retrouvé L’attrape-livres sur le site de Robert Laffont : link
Share

La catastrophe de Fukushima vue par Shohei Manabe

Shohei Manabe, mangaka connu pour la série Ushijima, a été, comme beaucoup de ses compatriotes, profondément bouleversé par les événement du 11 mars 2011 qui ont touché son pays. Après le séisme, avec d’autres dessinateurs il se rends à Fukushima pour une séance de dédicace et, en dessinant les portrait des enfants réfugiés, il est impressionné par leur regards. C’est ainsi que né l’idée de créer une courte histoire pour rendre hommage aux victimes. Le scénario prends ces sources dans un voyage qu’il effectue à Fukushima, six mois après le séisme, pour se documenter. Alors que les tokyoïtes semblent très préoccupé par la radioactivité dans les aliments, il ressent chez les gens de Fukushima qu’il rencontre une certaine résignation. De ces constats née Même paysage, histoire à la fois émouvante et très réaliste, au graphisme impeccable.
Shohei Manabe s’intéresse ici à « la vie après le 11 mars », pas aux événements tragiques sur lesquels il ne revient pas. C’est avec beaucoup de justesse que Shohei Manabe nous parle du dilemme qui touche de nombreux habitants de la région de Fukushima : rester ou partir. Dans Même paysage on voit Hiroshi, un jeune homme, retourner sur sa terre natale avec sa fille. Hiroshi a quitté son village juste après la catastrophe avec sa femme et sa fille, pour s’installer à Tokyo. Pour la première fois depuis la catastrophe, il revient rendre visite à sa famille restée sur place.
Kana, éditeur de sa série Ushijima, nous offre l’intégralité de cette histoire traduite en français.
Retrouvez également l’interview du mangaka sur le site de Kana : link
Share

Le visiteur du sud : un manhwa peu ordinaire

visiteur-du-sud-T2.jpg

Le visiteur du sud – Le journal de Monsieur Oh en Corée du Nord de Oh Yeong Jin publié par  les Éditions Flblb, n’est pas un manhwa comme les autres.

Oh Yeong Jin est technicien du bâtiment d’une entreprise sud coréenne. Un jour son entreprise l’envoie superviser un chantier en Corée du Nord dans le cadre d’un accord de coopération entre les deux gouvernements coréens. Mais Oh Yeong Jin est aussi auteur de bande-dessinée ! A son retour en Corée du Sud, il met en image ses souvenirs du chantier. Cela donne un manhwa au style très caricatural, mettant en scène monsieur Oh en Corée du Nord. Les courts sketch d’une ou deux pages sont regroupé en 2 tomes. Entre les différentes histoires sont insérées quelques infos supplémentaires qui permettent au lecteur de mieux comprendre de quoi il est question. C’est avec beaucoup d’humour que Oh Yeong Jin nous illustre le choc de culture entre les employés du Sud et les ouvriers nord-coréens.

Le dessins est très stylisé. Les personnages ont des visages en forme de demi-lune et les paysages sont simplement esquissé. Les cases sont séparées horizontalement est verticalement par de grossier trait noirs. On est ici dans la caricature pure et dure.

Mon avis :

Je ne peux pas dire que j’ai adoré cet oeuvre, ou que je soit fan du travail de Oh Yeong jin, mais cela tient plus de mes goûts personnels que de la qualité de l’oeuvre. En effet je ne suis pas une adepte des caricatures et j’en lit peu souvent. Néanmoins ce manhwa m’a beaucoup intéressé pour deux raisons. Tout d’abord par son style, très loin du simili-manga au quel l’on réduit souvent, mais à tort, le manhwa. Le visiteur du Sud nous permet de découvrir une autre facette du manhwa coréen peu connue en France. Puis aussi par son contenu, qui bien qu’empreint d’humour, est très instructif quand aux relations des deux Corée et plus encore sur la façon dont les coréens des deux pays se perçoivent les uns les autres.

 VISITEUR2-page13

Pour en savoir plus retrouvé le visiteur du Sud sur le site des Editions Flblb : link

Prix Asie – ACBD (2008)
Share

Couleur de peau : miel

Je préparais un article sur le manhwa (Et le Manhwa, alors ?) quand, flânant dans les rayons BD jeunesse de notre médiathèque municipale, je suis tombée sur couleur de peau : miel de Jung. Jung, ça sonne coréen, alors j’ai cru tomber sur un manhwa. Je n’avais pas totalement tord, Jung c’est bien un nom coréen. Mais il ne s’agit pas du tout d’un manhwa, c’est une BD belge !! Et oui, Jung est un enfant coréen, adopté par une famille belge. Dessinateur de BD, il décide en 2007 de revenir sur sa propre histoire, celle d’un enfant coréen adopté, dans cette BD autobiographique.
couleur-de-peau-miel-tome-1.jpg

Résumé :

Le petit Jung fouille les poubelles pour trouver de quoi manger, quand un policier le trouve et l’accompagne dans un orphelinat. L’orphelinat de grand’ma Holt. A l’âge de 5 ans il sera adopté par une famille belge qui a déjà 3 enfants. Dans le premier tome il nous raconte l’orphelinat, l’arrivée dans un nouveau pays et sa nouvelle famille, comment le petit coréen deviendra un petit belge. Le tome 2 raconte son adolescence, la recherche d’identité et la souffrance qu’il éprouve d’être un enfant adopté (et donc abandonné par sa mère biologique), jusqu’à l’acceptation de lui-même tel qu’il est, avec sa double identité.
miel02_small.jpg
Jung envisage d’écrire un troisième et dernier tome après son retour en Corée. A la fin du deuxième tome il s’approche de son pays d’origine par un voyage au Japon. Mais il n’a pas pu, à cette occasion, sauter le pas et aller à la rencontre de ces racines. Maintenant il se sent prêt pour cette aventure. Il nous racontera ce voyage dans le dernier tome de la série. Je l’attend avec impatience.
 couleur-de-peau-miel-tome-2.jpg
Ces 2 premiers tomes ont été adapté pour le cinéma. L’adaptation, mélange de prises de vues réelles et d’animation, sortira le 6 juin 2012 en France. Elle est co-réalisé par Jung et Laurent Boileau.Si le titre Approuved for adoption a été provisoirement envisagé par l’auteur, le film sortira finalement sous le titre de Couleur de peuau : miel.

Mon avis :

Mon regard à été attiré vers cette bande-dessiné, tout d’abord par le nom de l’auteur, puisque, comme je l’ai dit, je travaillais sur le manhwa. Mais aussi par la couverture. Le dessin est d’une incroyable douceur, mêlée de malice. Cet enfant couleur miel qui nous regarde avec de petits yeux malicieux tout en tenant cet pancarte avec  nom, numéro et date de naissance m’intriguait. C’est alors que j’ai décidé d’ouvrir l’album et, sur le rabat de la couverture j’ai lu :
Nous devrions remercier grand’ma Holt d’avoir crée des orphelinats, des hôpitaux, de nous avoir trouvé des familles… et pourtant …
Pourtant, à l’heure actuelle, je ne sais toujours pas si je dois la remercier ou la détester.
Nous sommes deux cents milles Coréens adopté à travers le monde.
C’est beaucoup trop.
Ceci a fini par me convaincre, j’ai emprunté le premier volume. Le surlendemain je venais chercher le deuxième tome avec la ferme intention de parler de cette magnifique bande-dessinée.
cdpm.png
Cet histoire m’a interpellée pour 2 raisons, la première, plus superficielle, est que, étant moi-même très intéressée par la culture asiatique j’aime lire tout ce qui peut m’en apprendre davantage sur la culture des différents pays d’extrême orient. La deuxième raison, bien plus profonde, touche ma sensibilité de mère, ma sensibilité d’être humain. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours pensé : « le jours où je serais assez grande pour avoir des enfants, j’aimerais en adopter un ». Pourquoi ai-je toujours eu ce désir en moi, encore vivant aujourd’hui ? Je ne sais pas trop. Je me disais sans doute que j’aurais de l’amour à offrir et que tant d’enfants sont abandonnés ou ont perdu leurs parents… Est-ce une vision naïve et enfantine? Toujours est-il que le point de vue de l’enfant adopté que nous offre Jung dans cette bande-dessinée autobiographique m’a beaucoup intéressé. Bien que l’adoption vienne le plus souvent d’un bon sentiment, l’enfant ne le vit pas comme un événement heureux et toute sa vie il continue de se poser des questions sur les raisons qui ont poussé ses parents biologiques à l’abandonner.
La force de cette bande-dessinée est de nous faire réfléchir sur des sujet graves tout en gardant beaucoup d’humour. On y retrouve une fratrie des plus espiègles en laquelle tout et un chacun peut s’identifier. J’y ai trouve beaucoup d’anecdotes qui m’ont rappelée ma propre enfance, malgré le fait que mon enfance et ma famille aient été très différentes de celles de l’auteur.
Par ailleurs j’ai trouvé la réflexion sur le déracinement et la double identité très intéressant. Ce sentiment dépasse les frontière du sujet de l’adoption pour englober d’autres situation telle que la mienne, celle d’un enfant immigré qui doit aussi apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture, se faire une place dans un pays où il est considéré comme un étranger. Le regard des autres, le sentiments d’avoir été déraciné, le fait d’être devenu un étranger dans son pays d’origine… ce sont des sentiments que j’ai également connu. Jung sait parfaitement les mettre en lumière et nous les montrer en toute simplicité.
cdpm2.jpg
Après avoir lu couleur de peau : miel je me suis souvenue d’une anecdote survenue peu de temps après mon arrivée en France, durant ma dernière année de collège. Je m’étais fait une amie. Nous nous retrouvions tous les midi pour manger ensemble. J’aimais beaucoup cette fille. Elle était d’origine asiatique et avait été adopté. Un jour je lui ai demandé « tu es de quel pays? » Ma question l’a choquée. Très vexée elle m’a répondu qu’elle était française et à partir de ce jour un grand froid c’est installé entre nous. Ce jour là, par une simple question j’ai perdu une amie. Je me suis longtemps demandé pourquoi elle s’était fâchée. Moi, en posant cette question, je pensais « tu es comme moi, tu n’est pas d’ici ». Maintenant je me dis qu’en entendant ma question elle a peut-être compris : « tu n’es pas comme moi, tu n’est pas d’ici ».

Quelques mots sur Jung :

Né à Seoul en 1965, puis adopté par une famille belge en 1971. Il étudiera aux Beau Arts de Bruxelle section illustration avant de se lancer dans la bande-dessinée comme dessinateur.
Il collabore en 1991 avec le scénariste Ryelandt Martin pour la série Yasuda, publié chez Hélyode. Toujours avec Ryelandt, il publie en 1997 le premier volume de la série : La fille et le vent chez Delcourt.
En 1999 il commence une nouvelle série avec une nouvelle scénariste, Jee-Yun : Kwaïdan. Ensemble ils publient  Okiya en 2006 puis Kyoteru en 2008, toujours chez Delcourt.
Pour couleur de peau : miel il travaille seul sans scénariste. C’est en 2007 que le premier tome  est publié dans la collection Qadrant de la maison d’édition Soleil, suivit du tome 2 en 2008.
En 2009 il sort un artbook de dessins érotiques : Frôlement.
Bien que le style de ses bande-dessinées soit diffèrent de l’univers de couleur de peau : miel, série sur laquelle il a travaillé seul, on retrouve dans tous ses travaux des thèmes qui lui sont chers : l’Asie, l’abandon, l’identité, le déracinement… comme le fait remarquer lui-même lors d’une interview réalisé en 2009 à l’occasion de la sortie de Frôlement.
BD Boum – Prix Région Centre (2008)
Share

Histoires courtes de Naoki Urasawa

Kana, dans sa collection Sensei, nous offre un recueil de 568 pages regroupant les histoires courtes que Urasawa Naoki (浦沢直樹) a réalisé avant sa première série longue.

Histoires-courtes-urasawa-kana m

 J’ai craqué pour sa couverture ! Ce crocodile est bien trop intrigant pour passer à côté sans le remarquer ! Cela faisait plusieurs fois déjà que je le regardé sans oser me l’offrir, alors quand mon chéri m’a amené dans le rayon manga pour mon anniversaire, je me suis laissée tenter.

Cet album réuni 28 histoires courtes, une préface Karyn Poupée et une interview de Urasawa. Sur les 28 histoires il y en a de plus ou moins réussi, de plus ou moins drôles. Les sujets traités sont très variés, ainsi que le ton, très léger pour certaines histoires (Take), plus grave pour d’autres (Shinjuku Luluby).  Bien que certaines histoires m’aient plues, je
suis assez déçue de l’ensemble. Après avoir lu deux ou trois histoires je me lassais et j’ai mis du temps à tout lire. Ceci dit, je dois garder à l’esprit que, d’un part ce sont ces premiers travaux, normal qu’il tâtonne et que tout ne soit pas de la même qualité, d’autres part ce sont des histoires qui ont été faites pour être lu séparément et non les unes à la suite des autres, leurs univers sont très différents les uns des autres et ne s’enchaînent pas toujours très bien.

Je pense que cet album s’adresse en priorité aux connaisseurs, aux fans de Urasawa. Ce recueil n’a pas grand intérêt en tant que qualité de manga, les histoires sont sympa mais sans plus. Alors qu’il se relève sans doute très intéressant pour les fans de Urasawa, curieux de découvrir ses premiers travaux. Quant à moi, j’ai abordé le manga de Urasawa avec se recueil et je pense que c’est une erreur. On parle de lui comme d’un génie, et je n’ai rien trouvé de génial dans ces histoires courtes. Sans doute aurais-je du commencer par un de ses grands succès…

Quelques mot sur Urasawa Naoki :

Urasawa est né en 1960 à Fushu, dans la préfecture de Tokyo. Depuis son enfance il dessine des manga, mais il n’envisage pas d’en faire son métier et, après le lycée, il étudie l’économie à l’université. Finies ses études, il postule chez Shogakukan pour un poste d’éditeur. Il se rend à l’entretien avec quelques unes de ses planches. On lui conseille de participer à un concours de jeunes auteur. Il suit le conseil et reçois le prix de meilleur jeune mangaka pour son histoire Return (1981).

On retrouve cette histoire courte dans le recueil Histoires courtes de Naoki Urasawa, page 203. Je trouve que c’est une des les plus touchantes du recueil.
Un jeune homme vole pour manger dans une ville appauvrie par une guerre. Il rencontre un robot-soldat ennemi endommagé qui à perdu la mémoire. Ce dernier se prend d’affection pour le jeune garçon et le suit partout.

Suite au prix remporté, il est engagé comme assistant. En 1983 il publie sa première histoire courte dans un supplément de Big Comic dédié à Golgo 13 : Beta !

On retrouve Beta ! dans le recueil sous le titre Trop classique ! Cette histoire m’a laissé un peu perplexe.

En 1986 il commence sa première histoire longue en collaboration avec Kazuya Kudô : Pineapple Army pré-publié jusqu’en 1988 dans Big Comic Original. La série compte 8 volumes au total. Le premier volume de la série a été publié en version française par Glénat. Mais la publication a été stoppé.

Cette même année il commence une nouvelle série : Yawara ! pour Big Comic Spirits, où la série paraîtra durant 7 ans. Elle compte 29 volumes au total, elle a été adapté en anime, film et même jeu vidéo. Grâce au succès de cette série il publira 2 one-shot : Dancing policeman ( 1987) et N.A.S.A. (1988) dont les chapitres avaient été pré-publié dans Big Comic en 1984.

On retrouve Dancing Policeman dans le recueil Histoires courtes en 7 chapitres, de Take : 1 – singing policeman (p.21) à Take : 7 swimmxing Policeman (p.153).  Urasawa y met en scène un jeune policier plus intéressé par les jolies filles et son groupe de rock que par son travail. C’est amusant et très léger. On retrouve dans le recueil également N.A.S.A. divisé en 2 parties , partie 1 page 315 et partie 2 page 337. Dans cette histoire on fait la rencontre d’un étrange retraité qui qui rêve de faire un voyage dans l’espace. Il entreprend de construire avec ses compagnons une navette spatiale privée.

De 1988 à 1994 il publie également dans Big Comic Original la série Master Keaton. Cette série fera au final 18 volumes. En 1998 elle a été adapté en anime de 39 épisodes. La VF de l’anime est disponible chez IDP Home video, collection Taïfu Video.

Pressé par ses éditeurs de faire une série sur le sport, il commence en 1993 Happy !. Cette série sera pré-publié dans Big Comic Spirits jusqu’en 1999. 23 volumes seront publié au total au Japon. La version française est en cours chez Panini Manga, 10 tomes sont déjà disponibles.

Parallèlement il publie dans Big Comic Original la série Monster (1994 – 2002). Cette série qui compte 18 volumes en tout remportera de nombreux prix dont un en France au Festival d’Angoulême en 2003. La version française est publié chez Kana. En 2004 la série a été adapté en anime (VF dispo chez Kaze).

C’est en 1999 qu’il commence son plus grand succès : 20th Century Boys (22 tomes) suivi de 21th Century Boys (2 tomes). Il recevra le prix de meilleure série au Festival d’Angoulême en 2004. La version française du manga est publié chez Panini Manga. La série a été adapté en film live par Tsutsumi Yukihiko en 2008.

Urasawa, grand fan de Ozamu Tezuka se lance dans l’adaptation d’une aventure de Astro boy : Pluto, série qui sera pré-publié dans Big Comic Original de 2000 à 2009 et compte 8 tomes au total. La version française de Pluto est publié par Kana.

Depuis 2008 il travaille sur la série Billy Bat pour la maison éditrice Kodansha. La série est pré-publié dans Mornig magazine. Aujourd’hui, la série, toujours en cours, compte déjà 8 tomes. La version française sera proposé par Pika, le tome 1 sortira en mars 2012.

Urasawa a toujours dessiné pour un public adulte, il n’a jamais fait de shônen. Ceci dit, le classement des manga par âge et sexe qui est très directif au Japon, est plutôt récent, tel n’était pas le cas dans les années 60-70. Lui même a grandi en lisant des manga destiné à un public plus adulte alors qu’il était encore écolier, c’est ce type de manga qui l’ont le plus marqué, c’est dans ce sens qu’il travaille comme il nous le dit dans l’interview que l’on trouve à la fin de Histoires courtes.

Me voilà bien instruite sur sa bio maintenant ! Dès que possible, je m’attaquerais à Monster. Suite au prochain rendez-vous (^_^)

Share