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3 grammes ~ Jisue Shin

La semaine dernière je vous ai parlé de Massacre au pont Nogunri, un magnifique manhwa retraçant un tragique épisode de la guerre de Corée. Aujourd’hui je vous propose à nouveau un manhwa tout ce qu’il y a de plus sérieux : 3 grammes de Jisue Shin.

Dans ce récit autobiographique l’auteur nous raconte sa lutte contre le cancer des ovaires, : comment elle découvre sa maladie, le traitement, le long séjour à l’hôpital, la peur puis la rémission.

Le dessin, assez simpliste, n’est pas franchement attirant. Et il m’a fallu quelques pages pour entrer en empatie avec l’héroïne. Finalement l’auteur malgré la simplicité de son trait arrive à nous faire ressentir ses émotions.

Le titre se lis très rapidement. Les pages sont très aérées, le texte très court. On sent plus qu’on ne comprends et c’est par l’émotionnel que Jisue Shin partage son expérience. Elle n’est pas intellectualisé. Elle nous dit son histoire, ses peur et puis l’espoir, celui de la rémission.

Je n’ai pas était transporté par cet album, je n’ai pas été surprise ou choquée, le graphisme de Jisue Shin n’est pas remarquable, mais son témoignage est touchant et plein d’espoir. Un message : ne pas baisser les bras face à la maladie.

Publié chez Cambourakis en 2012

Pour connaitre le travail de Jisue Shin vous pouvez visiter son site.

A lire aussi les avis de David, Yvan


Je vous ai parlé en revenant du festival d’Angoulême 2014 de l’exposition Fleurs qui ne fanent pas consacré aux femmes de réconfort coréenne. Jisue Shin y a participé avec la fresque ci-dessous

photo de Hadrien Chidiac pour Bodoï  (j’ai perdu la mienne T_T)

 

manhwa
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La gigantesque barbe du mal

C’est à l’équipe k.bd que je dois cette nouvelle lecture commune. J’aimais beaucoup la couverture et j’ai eu envie d’en savoir plus. J’avoue avoir eu un peu peur la première fois que j’ai tenu la BD entre mes main, mais finalement je ne regrette pas.

 

J’ai trouvé cette BD très drôle. Avec beaucoup d’humour et par une histoire complètement surréaliste Stephen Collins dépeint ces banlieues aseptisées où pas un brin d’herbe ne dépasse. Tout y est propre et ordonné. Cette hantise du chaos ne cacherait-elle pas une grande peur ?

Dave, un employé de bureau glabre qui fait son travail sans se poser de questions et sans comprendre vraiment ce qu’il fait, voit ça vie chamboulée le jour ou son unique poil se met à pousser, pousser jusqu’à devenir une énorme barbe envahissant tout Ici : c’est la gigantesque barbe du mal.

 

Le thème des banlieues aseptisées, du trop grand ordre qui s’y trouve, de la peur que cela engendre n’est pas une nouveauté. On a pu voir de nombreuses fictions se construire autour de ce point de départ. En bande-dessinée je pense notamment au manga Soil de Atsuki Kaneko qui part également de d’une banlieue trop parfaite pour être vraie pour créer un triller au allures entrecroisée de roman noir et récit sf. Si le surréalisme est toujours là, la façon dont Kaneko et Collins s’approprient un thème commun est très différente. Le seul point commun entre les deux BD est le décor de départ : rues aux haie parfaitement coupée, parterres fleuri impeccables, petites maison toutes identiques… 

Avec la gigantesque barbe du mal on a une histoire surréaliste très paisible. Il arrive quelque chose d’incroyable à Dave, mais il encaisse le coup dans le plus grand calme. Tout comme le récit qui dans un dessin très clair, tout en nuances de gris montre la ville d’Ici qui petit à petit, d’abord par de petit détails que personne ne remarque, se métamorphose sous l’emprise de la gigantesque barbe. Une métamorphose veine. L’ordre fini toujours par réabsorber le chaos et le récit se conclue d’une façon assez étrange me laissant un peu sur ma faim, un peu déçue que tout cela ne mène finalement nulle part. Un récit somme toute très fataliste, ne nous laissant pas beaucoup d’espoir quant à notre avenir, celui de notre espèce je m’entends.

Malgré tout j’ai beaucoup aimé cette bd qui m’a fait sourire, un peu réfléchir et qui malgré sa fin plutôt pessimiste à su me porter de la quiétude à travers son dessin et ses couleurs (ou plutôt devrais-je dire ses non-couleurs!).

La gigantesque barbe du mal

Stephen Collins

2014

Cambourakis

à lire aussi les avis de Kiba-chan et Mo’

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