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Cuba père et fils

Jacques et Pierre Ferrandez sont père et fil, tous deux dessinateurs. Ensemble ils sont parti à Cuba, une première fois en en juillet 2007, puis une seconde fois fin 2007 après l’annonce du retrait du pouvoir de Fidel Castro. De leurs voyages est né cet album qui allie une courte bd, des photos, des dessins et des croquis ainsi que de nombreuses information sur Cuba et la vie des cubains.

Ce qui est intéressant avec cet album c’est le mélange de genres à la fois bd, carnet de voyage et guide touristique c’est un peu l’album à tout faire sur Cuba. La bd d’une trentaine de page raconte une tranche de vie. On y fait la connaissance de Ronald, un jeune cubain qui se sert de sa vieille voiture hérité de son père pour promener les touriste et se faire quelques CUC (monnaie utilisé par les touristes) et de son père, ancien révolutionnaire mis au banc par les siens qui revient pour récupérer la vieille voiture. Dans la rencontre entre le père et le fils ce sont 2 Cuba qui s’affrontent : celui de la révolution et de la résistance face au géant américain incarné par le père qui malgré les problèmes croit toujours aux idéaux de la révolution et le nouveau Cuba, celui des jeunes incarné par Ronald qui rêve d’Amérique et qui reproche aux révolutionnaires l’état de pauvreté du pays où tout le monde doit user du système D pour pouvoir subvenir à ses besoins.

Après cette incursion dans la vie de 2 générations cubaines, Pierre et Jacques nous racontent le Cuba qu’ils ont visité. Sous forme de dictionnaire, on découvre les principales villes, les principales activité, de nombreux aspects de la vie quotidienne. De informations historiques, géographiques et politiques mais aussi leur vécu, leur rencontres, leurs expériences. Le Cuba qu’ils ont découvert en 2007. Cette partie est illustré à la fois de photo et de croquis et dessins des deux auteurs. C’est intéressant mais un peu long. J’avoue avoir sauté quelques paragraphes.

Une bonne introduction pour qui souhaite comme moi s’intéresser à Cuba sans rien y connaitre.


Lu dans le cadre du mois cubain

janvier 2017 – Cuba
sphère familiale
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Par chemin de terre

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C’est sur le chemin de fer que j’ai savouré Par chemin de terre de Guillaume Miot, carnet de voyage retraçant le périple de Gaya  à vélo à travers le monde.

Je pars plein d’utopie. Je pars avec l’envie de confronter mes rêves à la réalité du monde tel qu’il est. Finis les filtres des lectures, des écrans, et des hauts parleurs ! A moi la liberté, à moi le monde !

Parti de la Baie de la Somme, Guillaume, alias Gaya, traverse d’abord l’Afrique, puis l’Inde et l’Asie du Sud-Est, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avant de débarquer en Amérique du Sud et revenir chez lui en faisant un détour par l’Irlande et l’Ecosse. Un périple de  de plus de 46.000 km parcouru à vélo. Le but de son « éco-cyclette » n’étant pas seulement le voyage (le plus écologique possible) mais aussi d’aller à la rencontre de divers projets écologiques de par le monde.

[…] »éco-cyclette » ! Le mariage de l’écologie et de la bicyclette ! J’avais ouvert un dictionnaire pour lire la définition exacte du préfixe « éco » : « du grec oïkos qui signifie maison, habitait ». C’était exactement ça : l’écocyclette, ma maison à deux roues. Une maison écologique. Une vrai « auto-mobile ! » Avec la trace des pneus sur la terre comme seule empreinte… Une calligraphie dessinant une histoire sur le parchemin de Terre…

[…]

Demain, je quitterais la France. Et plus que ça ! Je ne fuis rien, je vais vers… J’abandonne seulement deux courses : celle à l’argent, et celle au temps. Je déserte le rang de ces luttes. Elles ne me parlent pas. Existe-t-il autre chose que la compétition permanente dans laquelle on vit, dès le plus jeune âge, dans nos sociétés occidentales ? Existe-t-il à travers le monde des modes de vie basés sur l’entente, la compréhension et la coopération ? Est-ce trop utopique d’y rêver ? Ma petite expérience  de vie m’a pourtant prouvé que des choses existent, en France et ailleurs. Je ne doute pas qu’aux quatre coins du monde, des femmes et des hommes développent des initiatives positives, créatives, humanistes et écologiques pour s’épanouir, individuellement et collectivement. C’est vers ces gens que je souhaite aller, et donner la parole aux sages, qui refusent la fatalité en plantant des petites graines d’espoir, aux quatre coins du monde. « Un arbre qui tombe peut faire beaucoup de bruit, une forêt en germination n’en fait aucun » disait Gandhi. Modestement mais sûrement, c’est cette forêt en germination que je veux prendre le temps d’écouter, pour mieux en relayer la musique grâce à notre petite association. Pour mettre en lumière les jeunes pousse de l’ombre. Pour les encourager dans leur croissance et former un poumon vert par-delà les frontières…

Dans ce livre, Guillaume Miot nous raconte ce long voyage de plus de 5 ans et nous livre ses impressions sur les divers pays traversés, le tout en seulement 212 pages, écrite dans un style très agréable, riche en jeu de mots et références, vivant et bien rythmé.

Je ne suis pas une lectrice de carnets de voyages. Non pas que cela ne m’intéresse pas, mais, chacune de mes précédentes tentatives se soldait par un échec, l’ennui venant me cueillir des le premier chapitre, voir les premières pages. Quand mon voisin est venu me présenter ce livre, c’est avec quelques réticences que j’ai accepté de le lire. Pourtant, dès les premières pages, tous mes doutes se sont évanouis. Je me suis plongé dans ce livre sans retenue, accompagnant ainsi mes trajet quotidiens (4 heures de transports en commun, ça laisse du temps pour lire) des voyages oh combien plus exotiques et passionnants de Guillaume.

Si ce livre ne m’a rien appris de nouveaux, il m’a beaucoup fait réfléchir. Au fil des observations auxquelles se livre l’auteur, je revenais sur mes propres idées, argumentant pour moi-même tel ou tel point. Bien que je partage l’opinion de l’auteur, le livre est propice à la réflexion. Et j’ai souvent fait des pauses pour réfléchir sur l’écologie, la condition humaine, les modes de vies, etc…

Étrangement, j’étais submergé par de très fortes émotions alors que le texte n’est pas particulièrement émouvant. En parcourant les chemins aux côté de Gaya, j’avais le sentiment de me trouver moi-même à des milliers de Km de ma propre route. Ce constat n’étant pas accompagné de regrets, mais plutôt de nostalgie. Nostalgie non pas d’un lieu, puisque je ne connais pas la plus part des pays traversé par l’auteur, mais d’un mode de pensée, voir même d’un mode de vie plus en accord, peut-être, avec ma nature profonde. C’est sans doute pour cela que ce livre m’a autant touché. Je n’avais pas le sentiment de lire les aventures lointaines d’un inconnu, mais d’écouter un vieil ami me raconter son voyage après une longue absence. Une lecture qui invite au dialogue (intérieur) avec l’auteur. Car, si je partage les grandes lignes de sa pensée, il y a biens de points sur lesquelles nous vues divergent, plus sur la forme que sur le fond.

Drôle de hasard, c’est après la traversée amazonienne, tout comme Hilomi, compagne de voyage de Guillaume, que j’ai commencé à me lasser du voyage.

A noter que le livre est entièrement fait main, ce qui fait de chaque volume un objet unique. La totalité des bénéfices de vente sont reversé à l’association Terre de Rêve pour la réalisation de projets écologiques. Si vous aimez les voyages et la nature, je vous conseille vivement ce beau livre auquel je ne ferais qu’un reproche : j’aurais aimé trouver en annexe les références des différents centres/associations et autres projets écologiques cités tous au long du livre.

Le texte est également disponible en ligne, gratuitement.

Pour en savoir plus : Par chemin de terre

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