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Summer Wars

Aujourd’hui c’est cinéma avec le challenge un mois au Japon et comme la semaine dernière, je vous propose un film d’animation.

Summer Wars (サマーウォーズ,) est un film de Mamoru Hosoda, studio Madhouse, sorti au Japon en 2009.

Dans un monde légèrement futuriste où un système en ligne permet à la fois de jouer, communiquer, faire ses courses, ses démarches administratives… Tout est connecté à Oz. Kenji Koiso, un lycéen passionné de math, est engagé par une de ses camarades de lycée d’un an son aîné pour un petit job d’été. Comment refuser un service à la belle Natsuki. Le voici embarqué pour la campagne, dans la demeure familiale de Natsuki, une vielle famille samouraï ayant peut-être perdu de sa superbe, mais qui en garde tout l’esprit. La jeune fille a amené Kenji pour qu’il joue le fiancé devant son arrière grand-mère qui fête ses 90 ans. Mais alors que la famille prépare la fête d’anniversaire, un virus pirate Oz en commençant par l’avatar de Kenji. Le virus sème une sacrée pagaille, mais il en faut plus pour effrayer le clan Jinnouchi. Les voici parti en guerre contre Love Machine, un virus joueur et dangereux.

J’aime beaucoup ce film, il y a de l’émotion, du suspens, de l’humour et une très bonne ambiance. La famille Jinnouchi est excellente et on a vraiment envie d’aller s’incruster dans cette fête d’anniversaire.  La famille est nombreuse et chacun à son caractère. Pour parler comme les vrais, le chara design est très bien réussi. Ce que j’aime dans ce film, c’est vraiment l’ambiance générale. L’animation et la détermination du clan est un régal.

L’histoire est aussi intéressante. En dehors de la guerre à proprement parler contre le virus, on s’interroge sur le risque d’un monde ultra connecté. Si Oz n’existe pas encore, notre réalité n’est finalement pas très loin que ça de ce système. Avec internet, les réseaux sociaux, les déclarations en ligne, les gps jusque dans nos téléphone… Le risque qu’une Love Machine vienne nous attaquer n’est finalement pas de la science fiction.


Souvenirs de Marnie

Sortez vos mouchoir ! Le films dont je vais vous parler aujourd’hui va vous arracher une petite larme ou deux. En tout cas moi j’en avais plein les yeux.

Souvenirs de Marnie (思い出のマーニー) est un film des studio Ghibli sorti en 2014 et réalisé par Hiromasa Yonebayashi. Le film s’inspire du roman jeunesse When Marnie Was There de Joan G. Robinson, l’un des 50 livres jeunesse recommandés par Miyazaki (lien).

Anna, une jeune fille adoptée à beaucoup de mal à s’intégrer aux autres et se referme de plus en plus sur elle-même. Sa mère adoptive, inquiète pour elle à cause de ses crises d’asthmes, décide de l’envoyer au bord de la mer chez un couple d’ami. Des gens simple et généreux qui accueillent Anna a bras ouvert. Sur le bord de la mer elle peut profiter du grand air et profiter de la solitude. Dans le paysage, un vieux manoir à l’abandon attire son attention. Là elle rencontre Marnie, une jeune fille de son âge, aux yeux bleu et aux cheveux blond. Leurs rencontres doivent rester secrètes. C’est ainsi que chaque jour elle se rencontrent pour passer de bon moments ensemble. A moins que… Marnie n’existe pas ! Amie imaginaire, fantôme ? Nous ne saurons pas le fin mot de l’histoire avant la fin du film.

J’ai beaucoup aimé ce film, surtout après l’avoir vu plusieurs fois. La première fois ne sachant pas de quoi il en retourne, j’étais moins émue, je cherchais à comprendre. Quand nous l’avons re-regardé, j’ai pu en apprécier tous les non- dit. Ce film me touche beaucoup, l’histoire est émouvante, mais au delà de l’histoire en elle même (« qui est donc Marnie ? ») c’est le portrait d’une préadolescente en plein conflit intérieur que nous livre Hiromasa Yonebayashi. Tiraillé entre ses sentiments envers sa mère adoptive et le doute, le manque de confiance en soi et la peur de l’abandon. Des sentiments qu’éprouvent tous les enfants à un certain âge. Anna se réfugie dans l’imaginaire et dans la solitude, pourtant c’est son imaginaire et sa relation avec cette jeune fille qui semble ne pas exister qui va lui permettre d’enfin s’ouvrir aux autres. Une histoire à la croisée des chemins entre introspection et récit de fantôme avec une chute pour le moins inattendue.

Une chouette histoire et un beau film, mais pas pour les tout petits, s’ils peuvent en apprécier l’esthétique, l’histoire est assez complexe à comprendre.

pour aller plus loin : un dossier très complet sur Buta connexion

En tout cas moi j’ai eu envie de lire le roman (je viens de le commander j’espère arriver à le glisser dans ma prochaines lectures assez rapidement).

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Et vous, avez-vous vu ce film ? Qu’en pensez-vous ?

Kwaïdan

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Film de Masaki Kobayashi (1964)

Prix spécial du jury – Festival de Cannes 1965

Titre original : 怪談 (Kaidan)

Scénario : Yôko Mizuki, d’après le recueil de kaidan (histoires de fantômes japonaise) écrit par le poète irelandais Lafcadio Hearn (1850-1904) et publié peu avant sa mort sous le nom de Kwaïdan ou Histoires et études des choses étranges. Ce recueil regroupe différentes histoires du folklore japonais.

Musique : Tôru Takemitsu

La version intégrale dure 188 minutes et est composé de 4 histoires différentes. Jugé trop long pour  la sortie en salle, c’est une version raccourcie qui fut mise en circulation. Dans cette version il manque le deuxième conte.

La version intégrale est disponible en DVD (vostfr) chez Wild Side Video : link

Synopsis :

Les cheveux noirs

Un samouraï devenu pauvre, abandonne sa femme et part chercher fortune en se remariant à la fille d’un homme riche. Tourmenté par le souvenir de sa première femme, il va revenir dans son ancienne maison plusieurs années après l’avoir quittée.

La femmes de neiges :

Un nuit de tempête 2 boucherons rencontrent une terrifiante femme qui tue le plus vieux et consent à laisser le jeune en vie à condition qu’il ne raconte jamais cette histoire à personne. Des années plus tard, alors qu’il est avec sa charmante épouse, il en oublie sa promesse.

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Hoïchi sans oreilles :

Là où eu lieu naguère la bataille de Dan-no-Ura opposant les Genji aux Heiké, vit un jeune moine aveugle. Joueur de biwa, son tallent pour raconter l’épopée des Heiké (Heike Monogatari) est si grand qu’il attire l’attention des fantômes du clan déchu.

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Dans un bol de thé :

Un samouraï aperçoit le reflet d’un homme dans le bol d’eau qu’il s’apprête à boire. Pour ne pas montrer sa peur le samouraï boit l’eau. Le soir, alors qu’il est de garde, l’homme dont il a aperçu le reflet apparaît devant lui.

Mon avis :

Pour être tout à fait honnête, après 5-10 minutes de film je me suis demandé pourquoi est-ce que je regardais ça. La réponse se trouve à l’arrière de la jaquette du DVD :

Kwaïdan est un monument du cinéma fantastique signé Masaki Kobayashi, un des plus grands esthètes du cinéma japonais.

Si on s’intéresse au cinéma japonais, on se doit de regarder quelques classiques, non? Et puis c’est tout de même le prix spécial du Jury du Festival de Cannes de 1965 !

Donc, quoi qu’il arrive, j’étais résolue à voir ce film. Je vérifie la durée… Quoi ?! 3h !! Pourquoi? (T_T) Allez, courage !

J’ai tenu bon et ai regardé les 3h de film dans leur version intégrale et bizarrement j’ai aimé. Je dis bizarrement parce que, tout du long, je ne remarquait que les détails déplaisant. Mais, une fois le film fini, je ne regrettais pas de l’avoir vu.

Des 4 histoires je n’ai pas aimé la première. Le jeu des acteurs est trop théâtral : longues poses lors des dialogues, postures figées, regard au loin (ta femme est prostré à tes pied, mec, pourquoi tu regarde la porte ?)… Mais également l’histoire elle même, sans parler des cheveux noir en eux-même dont l’effet n’est pas très bien réussi. Mais bon, faut remettre le tout dans son conteste, c’est un film des années 60, on peut pas trop demander au niveau réalisme et effets spéciaux. Bon, ok. Mais là, je me suis tout de même dit, si les 3 heures sont comme ça, pauvre de moi !

La deuxième histoire commence. Tempête de neige et… ciel peint ? Je regarde mieux. Oui, oui c’est bien ça, le ciel est une peinture. Étrange, surprenant, mais intéressant… La musique, stridente, dont le but est sans doute de faire monter le suspens et rendre la scène angoissante, est si désagréable à l’oreille que franchement on ne sent pas vraiment l’angoisse monter, mais plutôt la douleur. Là encore ça demande un peu de volonté pour rester devant son écran. Mais, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, la scène « angoissante » se termine et la  musique se calme. Finalement cette deuxième histoire est pas mal. Et le jeu des acteurs beaucoup plus agréable.

Troisième histoire. Ah! Là, c’est vraiment intéressant ! L’histoire en elle même est bien tournée, avec un scénario intéressant : des fantômes qui veulent encore et encore écouter le chant de leur défaite. Et les procédés de réalisation sont remarquables. Finalement je ne regrette plus du tout de m’être accroché. La voix du compteur narre la bataille de Dan-no-Ura alors que la caméra défile au dessus d’une fresque épique ou d’une teinture brodée. Puis prise de vue réelle, la mer, les vagues… Encore la peinture. Enfin des acteurs. Un moine aveugle. Celui-ci suivra sans le savoir un  fantôme et chantera chaque nuit pour  l’empereur Antoku et le clan Heiké. On voit alors la court majestueuse se transformer sous nos yeux en groupe de fantômes transpercées de flèches. Leurs métamorphose au fur à mesure du chant est impressionnante. Le musicien, aveugle, ignore tout de ce qui l’entoure.

La dernière histoire, c’est pas mal, mais il n’y a là rien de bien particulier à noter.